Angre

Entité communale des Honnelles

Le territoire

Superficie:  600 ha

Altitude: de 40 m (le pont de la rivière) jusqu’à 100 m au sud dans le bois d’Angre

Situation géographique : Le territoire d’Angre est situé sur le versant sud de la vallée de la Haine à proximité du plateau du Haut-Pays (ou de Bavay). Le village s’est constitué dans un vallon creusé par la Grande Honnelle qui le traverse du sud-est vers le nord-ouest.

Cours d’eau : la Grande Honnelle qui reçoit sur le territoire d’Angre le ruisseau de Roisin-Angreau et le ruisseau Saint-Pierre venant d’Autreppe par Onnezies. Les sources sont nombreuses.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : Le versant était autrefois boisé, avec des clairières surtout en bordure de la rivière. Le bas du village était inondable et pouvait être marécageux. Il persiste aujourd’hui au sud-est le Bois d’Angre (150ha).

Nature du sol : argileux

Nature du sous-sol : pierre calcaire.

Préhistoire

Paléolithique moyen (Homo Neandertalensis) :

Quelques silex du moustérien (culture de l’homme de Neandertal) y auraient été ramassés (selon Denuit).

Néolithique (Homo Sapiens) :

Selon Théodore Bernier (XIXème siècle), suite à la découverte de silex taillés et polis (haches et grattoirs), il pourrait y avoir eu sur le territoire une implantation néolithique. Du côté de l’actuelle rue Grison (Gresium, Grisium signifie champ ou colline rempli de silex).

Antiquité gallo-romaine

Le même Théodore Bernier (Ann. Du cercle archéologique de Mons, 10 ; 1870-71) a trouvé des indices d’occupation du territoire à l’époque gallo-romaine aux lieux-dits « Champ  des Douze » et « champ des Fossés » (champs entre Angre et le hameau de Sebourquiaux à Sebourg). Il s’agissait vraisemblablement d’une exploitation agricole (possibilité d’une villa gallo-romaine), située près d’un chemin (diverticulum) reliant les chaussées Bavay-Tournai-Boulogne et Bavay-Utrecht). On y élevait peut-être des chevaux pour les transports militaires. Y auraient été trouvés des marteaux, un compas, des vestiges non précisés de villa.

Le chœur de l’église de Sebourquiaux aurait été bâti avec des débris de tuiles et de briques romaines de réemploi. Une nécropole, explorée en 1868-69, a révélé des pièces de monnaie (Trajan, Domitien), des fibules, des anneaux, des colliers, des urnes funéraires. Th. Bernier en conclut à un site romain important.

En 1990, selon un rapport de J. Dufrasne (Chroniques du Patrimoine Wallon, 1993), des travaux de terrassement au même endroit, en vue de la construction de hangars, ont permis de constater l’existence de trois fosses. Celles-ci n’ont pas été systématiquement fouillées, mais étaient remplies de gros blocs de silex et de tegulae (tuiles romaines). Ont également été trouvées des tessons de céramique commune, des coquilles d’huîtres, un petit disque en plomb ayant fait office de poids et l’extrémité d’un manche de poêlon en bronze (comme ceux qui étaient fabriqués à Capoue au Ier et au début du IIème siècle). Ces éléments indiqueraient une certaine aisance des propriétaires (importation d’huîtres et de vaisselle italienne) ainsi qu’une occupation au moins au IIème siècle. Aucune fouille systématisée n’a été réalisée, ce qui empêche toute conclusion sur l’importance de l’établissement.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Des tombeaux de cette époque ont été découverts en 1868 dans une propriété privée de la rue Ellizielle (Elusiau ou Elusiel en roman signifie « cercueil, cimetière »).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1075

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Angra (870 ?, 1075)
  • Angrogne (1135) ???
  • Dangre (1149, 1189)
  • Hougrogne (1250 Occitan-Provençal)
  • Angre (1138, 1153)
  • “civitas Ancra apud civitatem Montem” (la ville d’Ancri après la ville de Mons-1632)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • Angulum: angle, coin, sinuosité
  • Anger (germ) : prairie
  • Anager, du nom propre -> « Angera villa »
  • Anguarium ou Angaria: endroit où l’on élève des chevaux, occupation qui exista jadis (Chotin)

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: le chemin de Sebourg à Saint-Ghislain

sources d’eau ou cours d’eau: la Grande Honnelle et ses affluents

source de bois: les deux versants du village étaient boisés

proximité d’un lieu de pouvoir: le château d’Angre (probablement postérieur à la constitution du village).

Paroisse dédiée à Saint-Martin

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Bavay jusqu’en 1803, puis Dour

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné au chapitre épiscopal de Cambrai en 1075 par l’évêque Lietbert. Ceci est confirmé en 1148 par le pape Eugène III. Quant à la dîme, elle fut partagée entre ce même chapitre (7/8), l’abbaye de Saint-Ghislain (1/8) et une petite partie pour l’abbaye de Ghislenghien.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

  • La seigneurie principale, fief mouvant du comté de Hainaut
  • Le fief de Beaufort, partie du bois. Elle relevait des seigneurs de Quiévrain, qui le faisaient entretenir par des vassaux, dont un certain Jean de Beaufort (d’où le nom) au XIVème siècle
  • Le fief de Montroeul appartenait au seigneur de Montroeul, soit les Ligne, mais repassa dans les propriétés des seigneurs d’Angre
  • Le fief de Péruwelz relevait des seigneurs de Quiévrain

La seigneurie principale

Elle comprenait le village, avec son église, et une grosse partie de la campagne environnante, ainsi que le bois d’Angre, une résidence fortifiée « La Loquetière » et le moulin banal.

Les seigneurs y exerçaient toutes les justices. Le domaine était à l’origine une propriété des comtes de Hainaut.

Selon Th. Bernier, une famille d’Angre y exerça quelques droits féodaux sous la suzeraineté des comtes. On cite :

  • Simon d’Angre (1090, cité dans une charte de l’abbaye de Saint-Saulve)
  • Alix d’Angre, fille ou petite fille du précédent (1171)
  • Marie d’Angre, dame d’Angre, qui épousa Wauthier de Beaufort ( ?-1212)
  • D’autres personnages sont encore cités au XIIIème et XIVème siècle, portant le nom d’Angre (Tassart, Jean, Michel, Jacquemart) mais sans qu’ils n’aient exercé nécessairement les droits seigneuriaux.

Le nom d’un Beaufort pose cependant la question de savoir si ces personnages n’étaient pas simplement les tenanciers du petit fief de Beaufort.

Le comte Baudouin IV (1107-1171) donna les trois villages de Sebourg, Fayt et Angre à son fils Henri de Hainaut (v1152-apr1207).

Son fils Philippe de Hainaut-Sebourg (v1175-v1245) lui succéda en 1207. A la mort de ce dernier, sans postérité mâle, vers 1245, le domaine passa à sa sœur Isabeau de Hainaut-Sebourg.

La maison de Hennin-Liétard (1257-début XVème)

Isabeau de Hainaut-Sebourg (v1242-1302) épousa vers 1257 Baudouin I de Hennin-Liétard (1238-1288). Celui-ci était le fils du seigneur de Boussu et de Fontaine (-l’Evêque). Il hérita de Fontaine, alors que son frère Jean devenait seigneur de Boussu. Par mariage, il devint également seigneur de Sebourg, Angre et Fayt. Leur succédèrent:

  • Baudouin II de Hennin-Liétard (v1245-v1295), fils du précédent
  • Baudouin III de Hennin-Liétard (v1281-v1325), fils du précédent
  • Baudouin IV de Hennin-Liétard ( ?-apr1394), fils du précédent. Il mourut sans postérité et ses domaines allèrent à ses neveux.
  • Baudouin V de Hennin-Liétard ( ?-1399), neveu du précédent, sans postérité
  • Jean de Hennin-Liétard, frère du précédent
  • Baudouin VI de Hennin-Liétard ( ?-apr.1422), fils du précédent. Il vendit Angre à Guillaume de Sars.

Remarque

Selon Th. Bernier, Angre serait passé vers 1350 à Jean Musars ou Jehan Muissart (du  Sars ?) (cité dans les annales de l’abbaye de Saint-Ghislain comme seigneur d’Angre). Son fils Guillaume Muissart, écuyer et seigneur d’Herpigny, épousa en 1396 Clémence de Solesmes, fille de Gaspard de Solesmes, grand bailli de Cambrésis. Puis  Olivier de Solesmes (parfois écrit Colem ou Colesmes) lui succéda, peut-être époux de Jeanne Musars, sœur de Guillaume. Il était seigneur de fiefs à Ressaix. Il est compliqué de lier ces familles à l’histoire de la seigneurie principale. Peut-être n’étaient-ils seigneurs que d’un arrière-fief.

Famille de Sars

La famille de Sars est à l’origine celle qui possède la seigneurie de Sars (-la-Bruyère). Elle est en cour auprès des comtes de Hainaut depuis Guillaume I. Elle a donné quelques baillis du comté, des prévôts et des grands officiers durant le XIVème siècle. Elle se divisa en 1364 en une branche aînée, qui continua à détenir Sars, et une branche cadette avec Allard « le Lion » de Sars, prévôt du Quesnoy, de Maubeuge et gouverneur de Beaumont. Déjà seigneur de plusieurs domaines, il acheta aussi  la commanderie de Rampemont.

Guillaume de Sars (1370/1393 -1428/1438).   Guillaume de Sars est le fils aîné “d’Allard le Lion”. Il acheta Angre vers 1415. Lui succédèrent:

  • Guillaume de Sars (1370/1393, Valenciennes-1428/1438, Audignies). Prévôt du Quesnoy, grand bailli de Hainaut, gouverneur de Cambrai, il fut aussi conseiller et diplomate au service du duc Philippe « le Bon » de Bourgogne.
  • Eustache de Sars (1412-1438), fils aîné du précédent, mort sans postérité.
  • Jean de Sars (v1428-1448), frère du précédent
  • Georges de Sars (1420-1481, Valenciennes), son frère
  • Nicolas de Sars (1460-1494) fils du précédent, mort sans descendance
  • Sa tante, Jeanne de Sars, hérita de ses biens

La Maison de Roisin (milieu du XVème-1607)

Au milieu du XVème siècle, Jeanne de Sars épousa Baudry XII de Roisin (v1410-v1472), seigneur de Roisin et d’autres villages (Maurain, Blaregnies, …).

  • Baudry XIII de Roisin (avt1435-apr1455) est leur fils. Par sa mère, il hérita d’Angre, de Rampemont (qu’il revendit) et de la Flamangrie.
  • Baudry XIV de Roisin, (1489 ???-1535), fils du précédent. Gouverneur de la citadelle d’Ath
  • Baudry XV de Roisin ( ?-1545), fils du précédent. Il devint aussi seigneur d’Audregnies par mariage.
  • Baudry XVI de Roisin ( ?-1607), fils du précédent, mort sans postérité. Avec lui s’éteint la Maison de Roisin.

Ce sont les descendants de sa tante Jacqueline de Roisin (1500-1553), fille de Baudri XIV, qui vont hériter des domaines familiaux. Elle avait épousé Antoine de la Fosse. Ils eurent deux filles, dont l’aînée, Anne-Marie de la Fosse (1540- ?) avait épousé Robert de la Tramerie. 

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Famille de la Tramerie

Robert de la Tramerie (1535/1550-1612). Par son mariage avec Anne-Marie de la Fosse, il devint en 1607 seigneur de Roisin, d’Angre, d’Audregnies, de la Flamangrie, … Lui succédèrent:

  • François de la Tramerie (v1565-1612, soit la même année que son père), fils du précédent
  • Ignace-Philippe François Baudry de la Tramerie (v.1593 – v1640), frère du précédent
  • Jean François Ghislain de la Tramerie (v1635-1708 ?), fils du précédent. Il mourut sans enfant. La seule héritière vivante était sa cousine Marie-Hélène, fille de Ghislain, frère d’Ignace. Elle avait épousé Eugène de Sainte Aldegonde

Maison de Sainte Aldegonde (1708-1773)

Eugène de Sainte Aldegonde (v1640-apr1670) était le petit-fils de Philippe de Sainte-Aldegonde, grand bailli de Hainaut, qui se “distingua”, lorsqu’au service du duc d’Albe, il réprima dans le sang des huguenots qui avaient investi quelques villes, dont Mons et Valenciennes. Il fut aussi l’instigateur de nombreux bûchers pour sorcellerie et hérésie. Ce fut le cas à Angre et Roisin en 1565.

Eugène est comte de Sainte-Aldegonde et de Noircames. Il devint baron de Roisin en épousant Marie-Hélène de la Tramerie. Lui succédèrent:

  • Philippe Eugène de Sainte Aldegonde (1672-1707), fils du précédent
  • Louis Bon Joseph Ghislain de Sainte Aldegonde (1708/1714- 1769), fils du précédent
  • Philippe Louis Maximilien Ernest de Sainte Aldegonde (1747-1773), fils du précédent. Ce dernier n’a qu’une fille, Aglaé Charlotte Félicité (1773- ?), qui épousa Joseph de Louvencourt.

    Carte de Ferraris (XVIIIème)

 Famille de Louvencourt

Originaire de Picardie.

Joseph Marie François de Louvencourt (1770? – 1841, Roisin). Marquis de Louvencourt, il fut le dernier seigneur féodal de Roisin, Angre, Audregnies, … Il perdit ses droits en 1792/1794, mais garda ses propriétés, dont le château de Roisin. Pendant la Terreur, il fuit en Hollande puis en Allemagne. 

Evènements importants

Le village d’Angre était situé sur une voie importante venant de France. En effet, seuls deux ponts en pierre sur l’Aunelle existèrent jusqu’au XIXème siècle, celui de Quiévrain et celui de Marchipont. C’est pourquoi les armées empruntèrent le plus souvent ces voies de passage de préférence aux gués.

La campagne entre Marchipont et Angre offrait la possiblité à certains corps d’armées d’y établir leur camp et de réquisitionner les paysans, quand ce n’étaient pas pillages et saccages. 

En 1575, une compagnie d’hommes armés du village fut envoyée à Valenciennes pour y déloger les huguenots qui avaient pris le pouvoir dans la ville. Ils auraient été tous massacrés en chemin.

Des troupes espagnoles en 1651 sont passées en s’y montrant violentes. Les Français en 1655 et 1656 ont forcé les habitants à quitter leurs demeures. Ce fut encore le cas en 1674. Le village resta alors non habité pendant deux ans. Le clocher fut brûlé.

La proximité de la bataille de Malplaquet en 1709 a également fait fuir les habitants qui se réfugièrent à Valenciennes.

En 1746, l’armée autrichienne a campé à Angre et à Quiévrain. Ce qui entraîna de lourdes réquisitions de vivres affamant la population.

Du 1 décembre 1793 jusqu’au 14 février 1794, un détachement de cavalerie allemand s’établit à Angre. Puis d’autres unités allemandes ou hollandaises les remplacèrent.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemappes

Canton: Quiévrain, puis Dour

On note la plantation d’une « arbre de la liberté » en 1798 à la place du Préau.

Après la bataille de Waterloo, un régiment de Hollandais séjourna plusieurs mois à Angre.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)

Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique

Province: Hainaut

Arrondissement administratif: Mons

Arrondissement judiciaire: Mons

Canton: Dour

Entité communale depuis 1977: Honnelles

Le 2 septembre 1944, une colonne d’Allemands en recul fut attaquée à hauteur du cimetière d’Angre par des Résistants, qui continuèrent leurs tiraillements dans les jours suivants.

Economie

Angre est entouré de prairies et de champs au sol limoneux favorables à l’agriculture. Ce sont donc les exploitations agricoles et les industries dérivées qui dominèrent la vie économique et sociale du village au long des siècles. On cultive ou cultivait des céréales, du tabac, des légumineuses, des betteraves.

Angre s’est spécialisé dans la production de la chicorée. A la fin du XVIIIème siècle, celle-ci était utilisée pour son usage médical, mais quand au début du XVIIIème, sous Napoléon, les blocus économiques réduisirent l’importation du café, la chicorée fut utilisée comme substitut à celui-ci. De là date l’ancienne coutume de mélanger café et chicorée. 

Le premier à en produire à Angre fut Hubert Launois, agriculteur et bourgmestre, en 1808. Ses descendants continuèrent cette activité en la modernisant notamment par l’introduction d’une machine à vapeur (la première dans le Haut-Pays). En 1882, à la suite de l’inauguration de la ligne de chemin de fer, Louis Launois sortit la marque « La Locomotive ». Leur production était écoulée en Brabant, en Namurois et dans le Nord de la France. Après la première guerre, les Launois utilisèrent des camionneurs et des spécialistes de la torréfaction. Ils produisirent de la chicorée maigre dès 1933, plus appréciée par les consommateurs. Dégradation après la deuxième guerre. L’activité de cette entreprise s’arrêta au début des années ‘1960.

D’autres fabriques de chicorée naquirent à Angre (huit en tout) et dans les Hauts-Pays, notamment la firme Payen, née après 1918, qui torréfiait également le café. Elle ferma ses portes en 1968.

Angre s’est également signalée par

  • ses brasseries
  • son moulin à grains sur la Honnelle à la sortie du Bois d’Angre. C’était le moulin banal dans l’Ancien Régime. Il était à la limite des prairies du château seigneurial. Il est mentionné dès 1558, mais devait sans doute exister bien avant.
  • sa culture du tabac (jusqu’en 1918) et ses fabriques (4)
  • ses marchands de chevaux, notamment des petits chevaux importés de Russie, appréciés dans les charbonnages de la région. 

On fabriqua aussi à Angre :

  • des aiguilles à métier, à partir de 1825
  • des roues de moulin
  • des fleurs artificielles

Le sous-sol fut également exploité pour

  • sa pierre (voir le chapitre consacré à Roisin).
  • sa chaux (pour les fours qui ont existé au lieu-dit « champ des chaufours »)
  • sa marne

Au XIXème, on tenta, en vain de trouver de la houille à plusieurs reprises jusque 1860.

Exploitation du bois (famille Damée d’Angreau) qui était écoulé vers les mines, les scieries et l’Union Allumettière.

Voies de communication

A l’époque romaine, il existait un diverticulum qui reliait les deux chaussées romaines (Bavay-Tournai-Boulogne et Bavay-Blicquy-Mer du Nord). Il passait sur l’actuel territoire d’Angre. 

Au début du Moyen-Age, on trouvait un chemin qui allait du Quesnoy (ville fortifiée au XIIème siècle) à l’abbaye de Saint-Ghislain (fondée au VIIème siècle).

Longtemps, la voie principale fut le chemin qui descendait de Roisin, traversait Angreau et Angre, pour prendre la direction d’Audregnies et d’Elouges. Elle fut pavée entre 1846 et 1848 aux frais des communes en grande partie, du Hainaut et de l’Etat en moindre partie. Par la suite, les rues secondaires l’ont également été.

On passa la Grande Honnelle à gué jusqu’en 1771. On construisit alors une passerelle pour piétons qui fut emportée lors de grosses inondations en 1848. C’est de cette date qu’existe un pont en pierre.

Le chemin qui venait de Marchipont était important, car ce village était le seul avec Quiévrain à avoir un pont en pierres (permettant le passage de charrois et de convois) sur l’Aunelle. 

Le chemin de fer passa à  Angre, où un arrêt et une gare furent aménagés en 1882 sur la route allant à Onnezies. Il n’est plus en activité depuis 1960.

Un tramway fonctionna entre Quiévrain et Roisin.

Patrimoine disparu

Le Château de Lotier. Certains prétendent qu’il fut l’œuvre du comte Régnier Ier au Long Col (880-916), peut-être lorsqu’il défendait son petit comté contre les Vikings installés à Condé. Il est sans doute plus tardif et il n’est pas sûr qu’il ait servi de résidence principale aux seigneurs d’Angre qui en avaient d’autres (Sebourg, Valenciennes, Roisin, …). Un bailli les y représentait. Il appartint parfois à la famille des Baudour. Selon Th. Bernier, ce château était un quadrilatère avec quatre tours rondes d’angle et un donjon au milieu. Il aurait été démoli au XVIIème siècle et transformé en ferme : la cense de la Locquetière. Selon Th. Bernier, il aurait été édifié dans le domaine de la villa romaine, sur le versant occidental de la rivière (actuelle rue des Grisons ou  derrière). Les seigneurs avaient leur terrain de chasse à partir de la rue qui en porte encore le nom.

Patrimoine actuel

Eglise St Martin. Je n’ai pas de précision quant aux édifices précédents. Elle fut reconstruite au XVIème siècle, mais incendiée par les troupes espagnoles en 1674. Les habitants durent cacher les cloches. A nouveau reconstruite à la fin de ce siècle, elle fut agrandie vers 1725 par l’architecte montois Claude de Bettignies. Il a conservé le clocher gothique du XVIème avec ses cloches de 1603. Les nefs ont été agrandies au XVIIème, puis restaurées en 1914-18. Le mobilier est riche. Il est constitué principalement de :

  • Statue de St Martin-catéchumène, bois sculpté polychrome, XVème
  • Statue de l’Ange gardien, XVIIIème, d’Antoine Gillis, sculpteur de Valenciennes
  • Autels lambrissés Louis XV et Louis XVI – stalles aussi
  • Christ aux Outrages, à l’extérieur, XVIIème
  • Boiseries de 1741 (autels, stalles)

Chapelle St Roch (route de Marchipont, au point culminant), 1849. Une table d’orientation a été érigée à proximité.

Le site du « Caillou-qui-Bique » (dans le bois d’Angre). Il s’agit d’un rocher en équilibre assez précaire, constitué d’un poudingue, c’est-à-dire d’un amas de galets de quartz et de quartzite, liés par de l’oxyde ferreux argileux dans une pâte rouge et dure de nature argilo-siliceuse, et érodés par la Honnelle qui passait à ses pieds. D’autres amas existent de part et d’autre de la rivière. Le cours de celle-ci est assez inégal dans le bois et recèle de gouffres et de tourbillons dangereux. Ces roches qui affleurent ici ont été constituées à l’ère primaire, au dévonien. Ce lieu fut sujet de nombreuses légendes, vu le caractère pittoresque du site. Pour rappel il n’y a pas de grotte dans le coin. Elles n’existent que dans les terrains calcaires (comme en bord de Meuse et de ses affluents).

Personnages locaux célèbres

Théodore-Antoine Bernier (1843, Angre – 1893, Angre). Issu d’une famille de cultivateurs, il devint peintre en bâtiments. Autodidacte, il étendit sa culture et se fit embaucher dans une librairie à Mons. Passionné d’histoire et d’archéologie, il s’intéressa à sa région et participa à de nombreuses fouilles, notamment pour le cercle archéologique de Mons. Il écrivit le “Dictionnaire historique des Communes de Hainaut”, 1879, 1891. Il participa à la recherche et au rassemblement des archives provinciales et paroissiales en Belgique. Il créa un hebdomadaire “la Frontière du Hainaut”, édité à Quiévrain, en 1888.

Charles-Théodore Bernier, son fils (1871, Angre – 1950, Angre). Dessinateur, graveur et aquafortiste.  Formé à l’Académie de Mons. Participa au concours de Rome où il obtint un deuxième prix. Etudia à l’Ecole des Beaux Arts de Paris. Participa à certains Salons de Paris. Ami de Verhaeren. Caractéristique de son art: netteté du trait, vérité de l’expression et du regard (très bon dans les portraits), souci du détail. Un monument lui est dédié depuis 1908 à Angre, dû au sculpteur Elie Raset.

 Bibliographie

Recherches historiques sur le village d’Angre, Th. Bernier, 1875, Ed. Dequesne-Masquillier, Mons

 

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