Athis

Entité communale des Honnelles

Le territoire

Superficie: 262 ha

Altitude: entre 110 et 125 m

Situation géographique : Athis, sur le versant sud de la vallée de la Haine, est situé à l’entrée du plateau du Haut-Pays (ou de Bavay)

Cours d’eau : le ruisseau de Fonteni (qui vient de Blaugies) le traverse d’est en ouest en creusant un petit vallon, avant d’aller se jeter dans la Petite Honnelle.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : argileux, rocailleux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Non documentée

Antiquité gallo-romaine

Les auteurs anciens évoquent des tombeaux romains (sans précision).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1008

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Astiches, Atiches, Astices – 1018 (diplôme de l’empereur Henri IV) et 1185
  • Astigiis, 1110 (charte d’Odon, évêque de Cambrai)
  • Asticies, 1119 (bulle du pape Calixte II) , 1183 (bref du pape Lucius III ), 1190 (Annales de l’abbaye de Saint-Ghislain, bref des papes Innocent et Urbain III)
  • Austichies, 1367
  • Astiches, 1406 et 1425
  • Astices, 1469, 1531
  • Astiches, 1534
  • Astice, 1541

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

Ce nom pourrait provenir du bas-latin Ategia, signifiant hutte, maisonnette. On en conclut à la possibilité d’un petit hameau de paysans ou de bûcherons à un endroit qui était couvert par la Forêt Charbonnière avant les grands défrichements.

Il existe un village d’Attiches dans le Nord de la France, dont la toponymie est semblable.

Epoque de son apparition: au Xème ou XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique sur le territoire (mais elles n’en sont pas très éloignées) ni de voie médiévale d’importance

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau de Fonteni

source de bois: tout le territoire était boisé

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Ursmer, abbé de Lobbes. Elle serait devenue dépendante de celle de Fayt-le-Franc à la fin du XIIème siècle. Elle ne devint autonome qu’en 1842.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: de Bavay jusqu’en 1803, puis de Dour

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1110 par Odon, évêque de Cambrai. 

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Malgré sa faible étendue, le territoire d’Athis était partagé en de plusieurs fiefs.

  • La seigneurie principale
  • Le fief de l’abbaye de Saint-Ghislain. La tradition prétend que ces terres firent partie des larges dons du roi Dagobert au moine fondateur légendaire de Saint-Ghislain (VIIème siècle). Mais comme pour les autres, aucun document ne l’atteste, parce que ceux-ci auraient disparu lors des raids vikings de la fin du IXème siècle. Les documents écrits par l’évêque Odon de Cambrai de 1110 auraient été falsifiés, ce qui a entraîné des conflits avec les comtes. Il y eut même recours devant l’empereur Henri qui ne prit pas partie. Cette seigneurie est encore citée en 1550.
  • La seigneurie du Ploych dépendait de celle de Quiévrain. Elle était essentiellement composée de bois, de terres de culture et de pâturages. Mais on lui connaissait une résidence fortifiée. On ne sait de quand elle date, mais elle releva (comme Quiévrain) des ducs d’Arenberg, avant d’être cédée aux seigneurs de Bellignies, puis au Du Sart de Molembaix au XVIIIème.
  • La seigneurie de Quentin de Ville (v1370-v1428), seigneur dAudregnies, citée en 1427. On ne sait le sort de cette terre ni avant ni après ce personnage.
  • La seigneurie des Communs Seigneurs, citée en 1439
  • le fief de l’abbaye Notre-Dame de Vicoigne à Raismes (Prémontrés) depuis le XIIIème. L’évêque de Cambrai confirma en date du 23/10/1275, la donation à l’abbaye de Vicoigne par Nicolas de Thulin de tous ses biens, sous réserve d’usufruit, situés à Athis, à Audregnies, Blaugies, Dour, Elouges et Erquennes. On connait un Nicolas de Thulin qui fut abbé de Crespin (1315-1321), (Histoire ecclésiastique du Diocèse de Cambrai).
  • Fief de l’abbaye du Val-des-Ecoliers de Mons (en fait un prieuré transféré en 1252 de Valenciennes à Mons).
  • Fief de l’abbaye St-Pierre d’Hautmont (également à Dour, Blaugies, Fayt-le-franc, Elouges), avec une cense achetée en 1630
  • fief de l’hôpital St Nicolas de Mons

La seigneurie principale d’Athis (Attiches, Astiches)

Elle posséda la haute justice et le contrôle de la commune d’Athis. Elle faisait partie, à l’origine de la féodalité, des domaines appartenant aux comtes de Hainaut. Elle fut donnée en fief à une famille qui prit le nom du village, puis elle passa dans les possessions de différentes familles. Nous manquons  de nombreux chaînons pour réaliser une liste complète et continue.

Il est d’ailleurs possible que ce domaine comtal ne fut attribué à un personnage (et sa descendance) par intermittence, le domaine revenant au comte à la mort du dernier descendant mâle sans héritier mâle (système de l’apanage). Les bénéficiaires de tels fiefs sont en général des membres de la famille comtale soit des barons proches de ceux-ci.

Famille d’Athis (Attiches)

L’époque (XIIème siècle) où apparait cette famille correspond à celle où des domaines comtaux voisins furent également attribués (Fayt-le-Franc, Angre, Autreppe, Blaugies, …).

Régnier/Rainier d’Attiches ( ?-apr1190). Cité comme chevalier et seigneur d’Athis. Le premier mentionné, il pourrait bien être le premier à avoir reçu du comte les droits seigneuriaux sur le fief principal d’Athis. Cité en 1179 comme témoin dans une charte d’asservissement de quelques serfs à l’abbaye de St-Ghislain par Gossuin de Ville.

Hugues d’Attiches, peut-être fils du précédent. Chevalier et seigneur d’Athis. Grand panetier de France. Cité en 1190 comme témoin d’une charte de Saint-Ghislain. 

On connait peu de choses des autres membres de cette famille pour le XIIème et la première moitié du XIIIème siècle. Sont cités, sans que l’on sache s’ils étaient titulaires de la seigneurie :

  • Jean d’Astices, cité en 1277 dans un cartulaire du Hainaut
  • Robert d’Athis, écuyer, cité en 1277 et 1284
  • Guillaume d’Astichescité comme chevalier et seigneur d’Athis (le dernier portant ce nom). Il est encore cité vers 1350. Il n’eut apparemment qu’une fille, Marguerite d’Astiches, qui épousa un membre de la famille d’Auberchicourt.
  • On cite encore en 1400 Jean d’Athis, écuyer, qui épousa Jéromette de Fontaine-Wicart.

La Maison d’Athis n’est plus citée par la suite.

Famille d’Auberchicourt (Aubercicourt)

Cette seigneurie se trouvait en Ostrevant et était fidèle au comte du Hainaut. Elle posséda à un certain moment la seigneurie de Bernissart. Elle est assez mal documentée quant aux seigneurs d’Athis.

Eustache d’Auberchicourt  était le fils de Gilles d’Auberchicourt, écuyer, bailli de Busigny et de Prémont, et d’Agnès de Louvegnies. Il épousa  vers 1350  Marguerite d’Astiche et devint seigneur d’Athis. Il est difficile de préciser qui est ce personnage. Il existe à la même époque un Eustache d’Auberchicourt,  fils de Nicolas II d’Auberchicourt de la lignée de Bugnicourt. Il était chevalier. Il fut gouverneur de la ville de Mons en 1362. Puis, en pleine Guerre de Cent Ans, il se mit au service du roi d’Angleterre, pour lequel il participa à de nombreuses « chevauchées » dans l’ouest de la France. Il est cependant signalé comme époux d’Isabelle de Julich/Juliers, mariage célébré en Angleterre. Il serait mort en 1372 à Carentan. Est-ce le même personnage ?

Selon une source généalogique, il aurait eu un fils, François d’Auberchicourt, chambellan du duc de Bourgogne, mort en 1410, date à laquelle semble apparaître Athis chez les Luxembourg. Selon une autre source, il aurait eu deux fils, Nicolas et Jean, qui auraient fait une carrière militaire en Angleterre et s’y seraient mariés.

Famille de Luxembourg-Saint-Pol

Il s’agissait d’une lignée cadette descendant des comtes de Luxembourg.  La seigneurie d’Athis, comme d’autres de la région (Onnezies, Montignies-sur-Roc), semble apparaître dans leurs nombreuses possessions à la fin du XIVème ou au début du XVème siècle. C’est à cette époque que Jean II de Luxembourg, comte de Ligny et de St-Pol, épousa Marguerite d’Enghien, héritière de la branche aînée des Enghien. Est-ce elle qui leur apporta ces seigneuries ? Ont-elles été attribuées ou vendues par les comtes aux nouveaux seigneurs ? A partir de ce mariage, les membres de cette famille qui se succèdent sont :

  • Jean II de Luxembourg-St-Pol (1370-1397), époux de Marguerite d’Enghien
  • Pierre I de Luxembourg-St-Pol (1390-1433), fils du précédent
  • Isabelle de Luxembourg-St-Pol ( ?-1472), fille du précédent, qui reçut Athis en héritage en 1419.
  • Mais cette seigneurie repassera en 1448 à son frère Louis de Luxembourg-St-Pol (1418-1475). Ce personnage fut à la fois au service du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, et à celui du roi de France, Louis XI. Accusé de haute trahison, il fut exécuté en 1475 et ses biens confisqués.

C’est ainsi que Charles le Téméraire et sa fille Marie de Bourgogne furent quelques années à la tête de la seigneurie d’Athis, avant que cette dernière ne la restitue au fils de Louis, Pierre II de Luxembourg St-Pol (v1440-1482). A la fin de sa vie, il n’a plus que trois filles vivantes et partage ses domaines entre elles.

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Maison de Clèves

Françoise de Luxembourg-St-Pol ( ?-1523), fille du précédent, épousa Philippe de Clèves (1456-1528), fils d’Adolphe II de Clèves et petit-fils du duc de Bourgogne, Jean-sans-Peur. C’est un ami d’enfance de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. Duc de Ravenstein. Seigneur de Wijnendaele. Seigneur d’Athis, par mariage.  Capitaine-général de Flandre. Amiral des Pays-Bas. Conseiller de Maximilien de Habsbourg. Puis, lors de la révolte des villes contre les visées centralisatrices de Maximilien, il prit le parti des rois de France, Charles VIII puis Louis XII. Il devint vice-roi de Gênes. Il avait épousé en 1485 Françoise de Luxembourg-Saint-Pol ( ?-1523), héritière d’Athis. Ils n’eurent pas d’enfant. Il laissa ses biens à l’empereur Charles Quint en 1528 (à moins qu’ils ne furent “récupérés” par celui-ci comme dans le système des apanages. Ce dernier en fit don à Jean de Hennin-Liétard en 1540.

Maison de Hennin-Liétard

Jean V de Hennin-Liétard (1499-1562). C’est un ami d’enfance de Charles Quint, il fut le premier comte de Boussu. Il épousa Anne de Bourgogne, une descendante de Philippe le Bon, dont il eut de nombreux enfants. La terre d’Athis fut attribuée à sa fille Eléonore de Hennin-Liétard (1548-1603).

Maison de Roisin

Baudry XVI de Roisin ( ?-1607), de par son mariage avec Eléonore de Hennin-Liétard, devint donc seigneur d’Athis. Tous deux moururent après leurs trois enfants. 

Il est possible qu’il ait cédé Athis à son frère Jean de Roisin en 1593, mais celui-ci aussi mourut sans postérité. Les nombreux territoires de la famille Roisin allèrent en grande partie chez les descendants de sa tante Jacqueline de Roisin.

Maison de Busignies

Athis se retrouva dans les possessions de Jean de Busignies, sans doute par achat en 1610. Il était seigneur de Laval et receveur général des aides (impôts) du Hainaut. Il n’eut que des filles. C’est Marguerite de Busignies qui hérita d’Athis.

Maison de  la Tenre (Deltenre ou Deletenre)

Jean-Baptise Deletenre ( ?-1644), fils d’Antoine Deletenre et de Marie le Brun. Il devint seigneur d’Athis par mariage avec Marguerite de Busignies.  Jean-Baptiste de le Tenre, demeurait plus souvent à Mons, dans son hôtel de la rue des Clercs, qu’à Athis. Il détenait de nombreux fiefs, sièges de rentes, sur Athis (diverses terres, la seigneurie et le moulin d’Athis), Neuville, Landrecies, Le Quesnoy, Mons, Horruette et Horlebecq (Enghien), etc.,..

Antoine-Ignace de le Tenre, fils du précédent.  Seigneur d’Athis. Il résida et fut inhumé à Athis.

  1. Ep.  1657 Jolente Payen
  2. Ep. Claire-Thérèse de Lattre, dame de Warin
    1. Thérèse-Ernestine-Agnès de le Tenre (1672-), héritière. 

Maisons de Reding

Henri Sébastien de Reding Biberegg (1662-1694/1725, Mons). Il est originaire de Suisse. Il fut capitaine des Gardes Suisses, puis devint officier au service du roi de France. Il fut adoubé chevalier. Il devint seigneur d’Athis par mariage avec Thérèse-Ernestine-Agnès de le Tenre (1663/1672-1700). Ils furent inhumés tous les deux à Athis. Ils eurent:

  • Marie-Thérèse (1697-), hérite d’Athis
  • Justine-Henriette (1698-), hérite de Warin, ép. Alexandre de Franeau

François-Antoine de Reding de Biberegg (1691-1763, Valenciennes), fils de Josef Anton von Reding von Biberegg. Il devint seigneur d’Athis par mariage en 1718 avec sa cousine Marie-Thérèse de Reding.   Il était brigadier des armées du roi de France. Il fut créé chevalier de Saint-Louis. Il renouvela en 1739 le cartulaire de la terre et seigneurie d’Athis, lui permettant de percevoir le droit seigneurial sur les ventes. Ils eurent:

  • Marie Constance Félicité de Reding de Biberegg, ép. Louis d’Anterroches
  • ? Charles Auguste, infra

Charles Auguste de Reding (v1730-avt1797), fils probable du précédent. Seigneur d’Athis et de Warin. Il épousa Louise Poleresky, dont il eut:

Eléonore de Reding (1767-1812), fille du précédent. Elle devint héritière d’Athis en 1790. Les droits seigneuriaux furent abolis par les Révolutionnaires français en 1792. En 1793, le château d’Athis fut acheté par Jean-Jacques-Joseph de Royer de Dour.

Carte de Ferraris (XVIIIème)

Période française (1794-1814)

Département: Jemappes

Canton: Dour

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Dour
  • Entité communale depuis 1977: Honnelles

Economie

Comme dans toute la région, elle fut essentiellement consacrée à l’agriculture. Il existe encore aujourd’hui quelques anciennes grosses fermes.

On a la notion d’un moulin banal à vent qui existait avant 1563 et qui disparut avant 1833. Il appartenait aux seigneurs des lieux. Il existait aussi un tordoir à huile dès le XVème siècle.

On y vit des tisserands, du XVI au XIXème siècle. Ainsi que des saboteries, encore présentes dans la première moitié du XXème.

Il y eut des fours à chaux.

En 1896, un tramway venant de Boussu, desservait Dour, Blaugies, Erquennes et Athis. Le chemin de fer n’y passa jamais.

Patrimoine

Le château, disparu (“de Ploich” ou Ploych). Il dépendait de la seigneurie de Quiévrain. Il fut rebâti au XVIIème et tomba ensuite en ruines, inhabité au XIXème. Il en subsiste une chapelle adossée à une ferme, près de la cure.

Chapelle de la seigneurie du Ploych (ci-contre) rue du Grand Coron (Fin XVème-début XVIème)

Eglise St Ursmer. Le plan est celui d’une église-halle (les trois nefs sont d’égale hauteur). La tour et la nef centrale, du XIIIème, sont romanes. Le chœur et le chevet à abside triple, du XVIème, sont gothiques. Les nefs latérales sont disproportionnées comme dans les églises halles. Elle fut voûtée en bardeaux gothiques à la fin du XVème ou au début du XVIème siècle. Mobilier :

  • Statue de St Ursmer, en bois doré, XVIème
  • Fonts baptismaux en pierre bleue du XVème
  • Cloche de 1781
  • Pierres tombales des seigneurs d’Athis du XVIIème :
    • Ignace de Tenre (décédé en 1674) et son épouse Isabelle-Yolende Payen
    •  Yernaut (1631)

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