Autreppe

Entité communale des Honnelles

Le territoire

Superficie: 149 ha

Altitude: de 75 m (la rivière) jusqu’à 115 m (“Passe-Tout-Outre”)

Situation géographique : Ce village, situé au sud de la vallée de la Haine, à la limite du plateau du Haut-Pays, s’est constitué sur le versant ouest de la vallée de la Grande Honnelle. Il est de plus creusé par le ruisseau qui porte son nom.

Cours d’eau : le ruisseau d’Autreppe prend sa source en France, de l’autre côté de la frontière, traverse le village et va affluer dans la Grande Honnelle en contre-bas du village.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : argileux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) : On y aurait ramassé des outils en silex au XIXème siècle.

Ages du fer :  Les auteurs anciens écrivent que le site était habité dès l’âge du fer. Sans précision.

Antiquité gallo-romaine

En haut de l’actuel village, passe la chaussée romaine Bavay-Blicquy-Mer du Nord. Au Passe-tout-Outre, à la limite de Gussignies (« Champ des Combes »), on a découvert en 1852 des vestiges évoquant une villa romaine (Cambier-Audin).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Un cimetière franc mérovingien, au même “champ des Combes” a été fouillé et a ramené des armes, des grains de colliers, un petit vase et une médaille en bronze (découverte en 1854).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Altrepia (dans le faux des abbés de St Ghislain)
  • Autrepe
  • Autreppe
  • Otreppe

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

On pense que le nom du village dérive du latin Alte (haut) ou Alter (autre) -> Alta Appia ou Alta Ripa = hautes rives (correspondant au ruisseau encaissé).

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine Bavay-Blicquy

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau d’Autreppe

source de bois: tout le versant était boisé

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Louis. C’était une dépendance de celle de Gussignies, dont le curé venait célébrer les offices et prélever la dîme. En 1803, elle fut rattachée à celle d’Onnezies.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Bavay jusqu’en 1803, puis Dour.

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Crespin. 

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Malgré la faible superficie du village, on compta, à côté de la seigneurie principale, d’assez nombreux fiefs, dont la plupart étaient des terres et des bois. Les propriétaires en étaient :

  • L’abbaye de Crespin
  • L’abbaye de Saint-Ghislain
  • La famille des Roisin
  • Le seigneur de Gussignies, dont le château était peu éloigné
  • Un fief de la famille de Termicourt
  • Un fief de la seigneurie de Chimay
  • Un fief-hameau du Petit Quiévrain) qui dépendait de la seigneurie de Quiévrain.

La seigneurie principale

Elle est très peu documentée. Elle a une histoire assez parallèle à celle d’Angreau, dont les seigneurs furent les mêmes à partir du XVème siècle. Elle a appartenu à plusieurs familles successives. 

La première prit le nom du village : la famille d’Autreppe. Pour laquelle je n’ai trouvé aucun renseignement, ni noms, ni dates.

Il est probable qu’elle n’ait pas géré longtemps sa seigneurie, car apparait dès 1136 un membre (non cité) de la famille de QuaroubleCette famille est encore présente au milieu du XVème siècle, en la personne de Guillaume de Quarouble  (v1375-1422/1447), en celle de son fils Jean de Quarouble et le fils de celui-ci, Allard de Quarouble.

Puis apparaissent pour la première fois les seigneurs d’Angreau dans les personnages suivants, non datés :

  • Jean d’Angreau et d’Autreppe ( ?-1466)
  • Gérard et Louis d’Angreau, ses fils, dont on ne sait s’ils furent seigneurs d’Autreppe.

    D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Pour la suite, reportez-vous au chapitre d’Angreau. Vont se succéder les familles suivantes :

  • Van den Eeckhoute 
  • Beth/Bette (des échevins de Gand)
  • De Croix

C’est avec le dernier de ceux-ci que se termina l’Ancien régime et ses droits féodaux.

Comme pour Angreau, il est possible qu’Autreppe et Gussignies appartinssent à l’origine au domaine comtal et que les comtes à divers moments les cédèrent en fief à certains personnages, sous le statut de l’apanage ou non. Nous manquons de précision à ce sujet.

La commune

Les habitants d’Autreppe et de Gussignies ne formaient qu’une seule commune avec un mayeur commun.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemappes

Canton: Dour

A partir de 1794, Autreppe devint une commune à part entière du département de Jemappes, puis à partir de 1814 de la province du Hainaut.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)

  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Dour
  • Entité communale depuis 1977: Honnelles
Economie

Elle fut essentiellement agricole. Les vergers étaient nombreux et on fabriqua à Autreppe du cidre et des pâtes de pommes. 

On nota au XIXème et au début du XXème siècle un commerce de denrées coloniales (café, huile, maïs, sucre, pétrole, …) qui arrivaient par la gare de Roisin.

Autreppe est connue surtout par ses carrières de marbre, de grès et de pierre de construction, ainsi que pour une production de pierre à chaux. Ces carrières étaient situés dans le bas du village en bordure de la Honnelle, à la limite d’Angre et Roisin (voir le chapitre Roisin). On y compta 18 tailleurs de pierre.

Patrimoine

Eglise St Louis. Elle fut construite en 1856. C’est le premier sanctuaire. Elle fut restaurée après 1918.

Ferme Houzeau (angle de la rue Chevauchoir et route Bavay-Quiévrain). Construite au XVème siècle, la plupart des bâtiments actuels datent de 1827.
Devenue auberge.

 

 

 

 

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