Avesnes (famille d’)

Les premiers personnages font leur apparition sous Régnier V (1013-1039), Herman (1039-1050) et Richilde (1050-1083).

Première maison d’Avesnes

Wédric/Wéry « le Sor » (le roux) (v990-1066). Il serait le fils de Wédric de Morvois (962-1021), comte de Morvois (dans l’Aube). C’était un personnage ambitieux. Il prétendit être descendant de Gérard de Roussillon qui fut comte, entre autres, du Pagus de Brabant sous Lothaire Ier, puis qui en fut destitué par Charles le Chauve. Soit près de deux cents ans avant. (mes recherches pour tenter de faire un lien généalogique entre ces deux personnages n’ont pas abouti). Profitant de l’anarchie ambiante en Lotharingie et de la faiblesse des comtes de Brabant/Burbant, il se mit en tête de s’emparer de tout ce comté. Vers 1020. Son histoire est racontée par Jacques de Guise, mais contestée en partie par les historiens actuels. Il s’installe en tout cas à Condé, à Leuze, à Ramegnies, peut-être à Ville (-Pommeroeul). Il tente de le faire aussi à Chièvres, considérée comme chef-lieu de la partie occidentale de ce comté. Il échoue à Silly et à Alost. De Guise lui prête la prise de Lessines et de Grammont, mais ceci est aujourd’hui contesté. Au sud du Hainaut, il devint également maître de Landrecies. Il tenta aussi de s’imposer à Tournai, sur la rive droite de l’Escaut (quartier St Brice, avouerie des châtelains de Leuze).

Une telle avidité lui valut l’opposition des comtes de Hainaut qui avaient aussi des prétentions sur ce territoire. A cette époque, le Burbant était intégré à la marche d’Ename, mais l’autorité du marquis Herman était contestée par les comtes de Flandre et de Hainaut. Wédric finira par faire hommage au comte de Hainaut, Régnier V, qui lui céda finalement quelques-unes des places conquises : Leuze, Condé, Landrecies, peut-être Ville. De plus le comte lui céda des terres qui lui appartenaient du côté d’Avesnes-sur-Helpe.

« Le Sor » continua à résider à Leuze, mais ses descendants s’installeront à Avesnes, prenant le nom du lieu pour lui et ses descendants. Il est possible qu’une partie de ces faits puisse être attribuée à son fils Wédric « le Barbu ».

Le Sor épousa  Yolande de Gavere (1002-1049), fille de Rasse van Gavere, et peut-être sœur de Lodewijk van Gavere, ancêtre de la puissante Maison de Gavere, aussi active à l’est de l’Escaut.

Wédric/Wéry II d’Avesnes «le barbu » (v1020-v1075), fils du précédent. Seigneur d’Avesnes, de Condé, de Leuze, de Rameignies, et de Landrecies (peut-être de Ville). Il résida à Avesnes où il fit construire vers 1050 ou 1066 un donjon (aujourd’hui disparu) sur un éperon rocheux dominant la vallée de l’Helpe Majeure. Aussi turbulent que son père, il entra en conflit avec ses voisins, tentant d’agrandir son domaine. Il épousa Jeanne de Chièvres (v1028-v1072), fille de Rasse II de Chièvres, dont il eut:

  • Thierry, infra
  • Ida, infra
  • Gérard, qui partit pour la première croisade avec Godefroid de Bouillon, Eustache de Berlaimont et Gilles de Chin. Il mourut au siège d’Antipatride.
  • Aléide (v1050- ?), ép. Jean de Trazegnies
  • Berthilde (v1059, Avesnes-v1115), ép. Robert II de Péronnes

Thierry I d’Avesnes (v1050-v1106, assassiné), fils du précédent. Seigneur d’Avesnes, de Condé, de Leuze, de Rameignies, de Landrecies et de Ville. La terre d’Avesnes fut érigée en pairie héréditaire vers 1076, par la comtesse Richilde. Suite à des dégâts sur ses terres par des soldats de la garnison de Maubeuge, Thierry décida d’attaquer le comte Baudouin II de Hainaut. En 1093, il s’empara des villes de Maubeuge et de Mons, les saccagea, ainsi que les monastères de Sainte Aldegonde et de Sainte Waudru en 1093. Il finit assassiné par Isaac de Berlaimont en 1106, lors d’une chasse dans la forêt de Mormal. Il avait épousé en 1085 Ada de Roucy et de Montdidier, veuve en premières noces de Godefroy de Guise et en secondes noces de Gauthier, seigneur d’Ath. À la suite d’un lien de consanguinité entre lui et son épouse (cousin au quatrième degré), il dut se séparer de sa femme. Pas de descendance.  La seigneurie passa à sa sœur, Ide. Sauf celle de Ville qui fut donnée aux Strépy-Harchies voisins.

Maison d’Avesnes-Oisy

Ida/Ade d’Avesnes (1050-1075), sœur de Thierry, héritière des seigneuries sus-dites ou plutôt ses descendants. Elle épousa Fastré I d’Oisy (v1050, Oisy- ?), fils d’Hugues d’Oisy-Douai et d’Adèle de Cambrai. Avoué de Tournai (1050-1092) où ils ont fondé le couvent pour femmes de l’abbaye St Martin. Ils eurent:

  • Gossuin d’Oisy, infra
  • Fastré II, infra

Gossuin d’Oisy « le Borgne » ( ?-1120), fils du précédent (d’autres sources en font un neveu).  Seigneur d’Avesnes, de Condé, de Leuze, de Rameignies et de Landrecies. Gossuin fortifia la ville de Condé sans l’autorisation du comte de Hainaut. Il mena une vie tumultueuse faite de rapines et même de méfaits sur les terres de l’abbaye de Haumont.  En 1114, le comte de Hainaut partagea le domaine de Condé en deux. Une partie (« le château », au confluent de la Haine et de l’Escaut) revint aux Avesnes. L’autre (« seigneurie du Propriétaire ») alla à une famille qui prit le nom de Condé (voir histoire de Condé). Il épousa Agnès de Ribemont. A la fin de sa vie, il prit l’habit de moine à l’abbaye de Liessies, ainsi que son épouse Agnès de Ribemont qui se fit religieuse. Pas de postérité. Ses biens sont hérités par son frère Fastré.

Fastré II d’Oisy ( ?1070-1127), frère du précédent. Seigneur des fiefs hérités de son frère.  Avoué  et châtelain de Tournai. Il épousa Richilde d’Avesnes, fille de Thierry ( ???), dont il eut:

Gauthier Ier/Walter  (Baudouin) « Pulechel «  « le Beau » d’Avesnes (1110-1147), fils de Fastré d’Oisy.  Vicomte (avoué) de Tournai. Seigneur d’Avesnes, de Condé, de Leuze, de Rameignies, et de Landrecies. Il abandonna le nom d’Oisy pour adopter définitivement celui d’Avesnes. Il épousa Ide de Mortagne (fille d’Evrard de Mortagne, châtelain de Tournai). Ils eurent au moins trois fils :

  • Thierry, époux de Richilde (ou Ermengarde) de Mons, mort avant son père
  • Nicolas, infra
  • Evrard, évêque de Tournai (décédé vers 1190). 

Nicolas I d’Avesnes dit « le Beau » (1129-1171), fils du précédent. Seigneur d’Avesnes, de Condé, de Leuze, Rameignies, et de Landrecies (à partir de 1147). Il fit reconstruire le castrum de Condé au confluent de l’Escaut et de la Haine. En 1150 il épousa Mahaut/Mathilde de la Roche (fille du comte Henri I de La Roche). Ils eurent trois enfants :

  • Jacques, infra
  • Fastré, avoué de la Flamengrie
  • Ide ( ?-1205), qui épouse en 1150 Enguerrand de Saint-Pol, puis Guillaume IV, seigneur de Saint-Omer.

Jacques Ier d’Avesnes « le Beau » (1152 – 1191, Terre Sainte), fils du précédent. Seigneur d’Avesnes, de Condé, de Leuze, de Ramegnies, et de Landrecies (à partir de 1171). Seigneur de Guise (par mariage en 1168). En 1156, il signa la Charte d’Hirson. Il participa aussi à la reconstruction des châteaux de Landrecies et de Condé. En 1170, il participa à la bataille de Carnières, engagé dans l’élite des chevaliers du Hainaut et au siège de Rouen. Ensuite, il se retourna contre le comte de Hainaut et se fit vassal du Roi Henri II d’Angleterre. Jacques d’Avesnes reçut la somme de 30 marks par an pour avoir fait hommage au roi d’Angleterre Henri II en 1172.  En 1174, Jacques d’Avesnes, fit assassiner l’évêque de Cambrai. Le comte de Hainaut, Baudouin V fit raser le château de Condé pour punir ce turbulent vassal, puis lui restitua. Jacques Ier prit le parti du comte de Flandre contre celui de Hainaut, son suzerain. En 1183, au retour d’une bataille contre le duc Henri III de Limbourg, le comte Baudouin V de Hainaut se trouva confronté à la révolte de Jacques d’Avesnes qui avait assassiné Gautier de Fontaine, crime commandité par Philippe d’Alsace, comte de Flandre. En 1184, Baudouin s’empara à nouveau du château. Sous la pression du roi Philippe-Auguste de France, Baudouin V dut restituer le château. En 1186, il participa à la signature d’un traité entre le comte de Hainaut et celui de Flandre. Deux ans après, il suivit Philippe d’Alsace, comte de Flandre, en partance pour la Terre Sainte avec sept mille hommes dont il reçut le commandement. Il participa au siège de Saint-Jean d’Acre, où il repoussa, avec le Roi Philippe-Auguste de France et le Roi Richard « Cœur de Lion » d’Angleterre, les troupes du sultan Saladin. Après le retour de Philippe-Auguste en France, il reçut le contrôle de l’aile droite de l’armée de Richard Cœur de Lion. Lors de la bataille d’Arsouf en 1191, il fut blessé mortellement. Il s’était marié avec Adèle/Ameline, dame de Guise (? – 23 Sep 1266).
Ils eurent:

  • Gautier II(1170 † 1244), infra  ==> lignée des seigneurs d’Avesnes
  • Bouchard (ca.1170 † 1244), infra  ==> lignée des comtes de Hainaut, Hollande et Zélande
  • Adélaïde D’Avesnes(~1180, 23 septembre 1216), ép. Engelbert IV d’Enghien.
  • Jacques II, seigneur de Landrecies, qui participa à la quatrième croisade en 1204.

Lignée des seigneurs d’Avesnes

Gautier/Walter II d’Avesnes (v.1170-1244), fils aîné du précédent. Seigneur d’Avesnes, de Leuze, de Condé, de Ramegnies, de Guise, de Landrecies, du Trélon. Par mariage, comte de Blois et de Chartres. Il scella la « charte du Hainaut » en 1200. Il combattit du côté français à la bataille de Bouvines en 1214.  Il partit ensuite à la 5ème croisade en 1218, où il fut fait prisonnier, puis libéré par les Templiers. Revenu, il entreprit à Guise des travaux de modernisation du château. Il construisit également un château à Englancourt. Il acheta Bohain-en-Vermandois en 1226. Il avait épousé en 1204 Marguerite (1170-1230), comtesse de Blois et de Chartres (fille de Thibaut V de Champagne et d’Alix de France), veuve d’Hugues d’Oisy, châtelain de Cambrai. Ils eurent :

  • Thibaut, mort jeune
  • Maried’Avesnes (1200-1241) qui épousa en  1225 Hugues I de Châtillon, (1196 † 1248), seigneur de Châtillon-sur-Marne, comte de Saint-Pol. Elle mourut avant son père en 1241, laissant plusieurs enfants dont Jean de Châtillon, l’aîné, qui hérita des seigneuries de Leuze, de Condé-Château, Ramegnies et de Landrecies.

Avesnes resta dans la famille des comtes de Hainaut dans une version. Peu probable. Il semble qu’Avesnes suive les autres seigneuries dans la  famille des Châtillon-St-Pol.

  • Isabelle, mariée à Jean, seigneur d’Oisy et de Montreuil

Lignée des comtes de Hainaut

Bouchard d’Avesnes (v.1182-1244), frère du précédent (qui détient tous les titres), mort la même année. Seigneur d’Etroeungt. Chantre et sous-diacre de l’église de Laon. Fait bailli de Hainaut (1212). 

Pour rappel, Baudouin VI de Hainaut (IX de Flandre) est parti à la quatrième croisade où il participa à la prise de Constantinople, où il fut nommé empereur de l’empire byzantin, mais mourut peu après. Il avait laissé ses deux filles, Marie et Marguerite, à Mons, mineures sous la tutelle de son frère Thierry « le Noble ». Celui-ci faillit à la tâche, ce dont profita le roi Philippe-Auguste de France pour les amener à Paris. A la seconde, Marguerite, il donna pour tuteur Bouchard d’Avesnes. 

Bouchard s’enhardit et envahit les domaines de son frère Gauthier, à qui il reprochait d’avoir recueilli la majorité de l’héritage paternel. Il envahit ensuite le comté de Flandre, qui relevait, ainsi que celui de Hainaut, de Ferrant de Portugal, que Philippe-Auguste avait donné en mariage à l’aînée Jeanne. Ceux-ci durent accepter le mariage de Bouchard et de Marguerite, bien que très jeune.

Bouchard combattit sous la bannière flamande à Bouvines en juillet 1214 contre le roi de France. À la suite de la victoire de celui-ci, le pape Innocent III, probablement sur le conseil du roi de France, déclara illégal le mariage de Bouchard et de Marguerite en 1215 et somma les époux de se séparer. Devant leur insoumission, il les excommunia.

Bouchard et Marguerite, qui ont déjà un fils, Baudouin († 1219), se réfugièrent dans le comté de Luxembourg où leur naquirent deux autres fils :

  • Jean I d’Avesnes(1218-†1257), infra
  • Baudouin d’Avesnes(1219-†1289), infra, ==> lignée des seigneurs de Beaumont 

En 1219, au cours d’un combat, Bouchard fut capturé par les hommes de sa belle-sœur Jeanne qui l’emprisonnèrent à Gand pendant deux ans. Pour obtenir sa libération, Marguerite dut accepter la dissolution de leur mariage. Bouchard partit alors en Italie où il combattit pour le Saint-Siège. Revenu en Flandre, selon certains, il aurait été décapité à Rupelmonde par ordre de la comtesse Jeanne. Selon d’autres, il vécut jusqu’en 1244. 

Entre-temps, Marguerite se remaria en 1223  avec Guillaume III de Dampierre, noble fidèle à la France. Celui-ci mourut en 1231, laissant un fils : Gui. La comtesse Jeanne, veuve de Ferrant de Portugal, mourut en 1244, la même année que Bouchard d’Avesnes. Comme elle n’avait pas d’enfant, sa sœur Marguerite lui succéda à la tête des deux comtés. Elle décida de faire de Gui de Dampierre (qui n’était pas l’aîné de ses enfants, mais les autres, les Avesnes, étaient issus du premier mariage annulé), son héritier. Ce qui déclencha un conflit entre les deux familles, Dampierre et Avesnes, pour la succession des deux comtés. On fit appel au roi de France, à l’empereur et au pape. Il faudra l’intervention de Louis IX de France pour régler le problème : la Flandre (vassale de la France) aux Dampierre le Hainaut (vassal de l’empire) aux Avesnes. 

Jean Ier d’Avesnes (1218-1257), fils aîné de Bouchard et Marguerite. Considéré comme bâtard, puisque le fruit d’un mariage défendu et annulé. Sa vie se résuma à sa querelle contre Guillaume de Dampierre pour l’héritage des deux comtés. L’arbitrage de St Louis IX eu lieu en 1250 : à la mort de Marguerite, la Flandre irait aux Dampierre et le Hainaut aux Avesnes. Jean devenait ainsi l’héritier en Hainaut. Les nobles et les villes acceptèrent la décision royale.

Mais Jean d’Avesnes, mécontent de son sort, non seulement revendiqua le gouvernement réel de son Comté de Hainaut, alors que sa mère Marguerite vivait encore, ainsi que les territoires flamands relevant de l’Empire (l’ancien comté d’Alost avec Grammont, Bornhem). Il eut l’appui de son beau-frère, le comte de Hollande, celui du Duc de Brabant (oncle de sa femme), et d’Henri de Liège. Marguerite se rebiffa. Jean lui infligea une sévère défaite militaire. 

Peu après Guillaume de Hollande, beau-frère de Jean, fut élu roi des Romains (c’est-à-dire de Germanie). Il nomma Jean d’Avesnes comte de Namur. Devant tant d’appuis, Marguerite céda. Jean obtint du Pape, en 1249, l’annulation de sa bâtardise.

À partir de 1250, en se qualifiant d’héritier du Hainaut, Jean d’Avesnes, séjourna dans ce comté et passa de nombreux actes relatifs au gouvernement du comté. Il voulait plus, maintenant qu’il était considéré comme légitime, il revendiqua la Flandre. 

Malheureusement, le 6 juin 1251, Guillaume III de Dampierre décéda lors d’un tournoi à Trazegnies.  Son frère Guy lui succéda comme héritier présomptif de la Flandre. Les Dampierre accusèrent les Avesnes d’avoir commandité le crime. La guerre reprit entre les demi-frères.

Entretemps, Marguerite, endettée et acariâtre, se fit mal voir de ses nobles, d’autant plus qu’elle augmentait les impôts. Une guerre civile se développa en Hainaut, où Jean d’Avesnes était toujours soutenu par l’empereur, son beau-frère. Jean d’Avesnes en profita pour s’emparer, de quelques villes hennuyères, avec l’accord de celles-ci: Mons, Valenciennes, Ath, Soignies, Binche. Les troupes de Marguerite furent défaites à Westkapelle par celles de l’empereur, Guillaume de Hollande, en 1253. Celui-ci  investit Jean d’Avesnes des terres flamandes à l’est de l’Escaut (Alost, Waes, Quatre Métiers).

Marguerite alla à Paris en 1254 et tenta de vendre le Comté de Hainaut au frère du Roi, Charles d’Anjou, ce qu’il accepta de tout coeur en s’emparant de Valenciennes, puis de Bouchain, Berlaimont, Quesnoy, Mons, Ath et Soignies. Il échoua à Enghien défendu par Siger, cousin de Jean. Guillaume de Hollande intervint. Charles d’Anjou recula et rendit le Hainaut contre une forte indemnité versée par Marguerite. 

Saint-Louis, revenu de croisade, imposa à nouveau la paix. Le 22 novembre 1257, les Dampierre renoncèrent définitivement au Hainaut. Jean mourut peu après, à la veille de Noël 1257, alors que sa mère, la comtesse, vivait toujours.

Il avait épousé en 1246 Adélaïde/Alix de Hollande, fille héritière de Florent IV, comte de Hollande et de Zélande. Ils eurent :

  • Jean II d’Avesnes et I de Hainaut (1248-1304), infra
  • Baudouin, vivant en 1299, infra
  • Bouchard de Hainaut (1251-1296), chanoine à Cambrai et Liège, prévôt de St-Lambert à Liège et à Maastricht, archidiacre de Louvain, évêque de Metz (1282-1296). Liaison avec X : Elisabeth de Hainaut, qui épouse en 1319 Steven van der Weyden
  • Guy de Hainaut (1253-1317), archidiacre, prévôt de St-Lambert, puis évêque de Liège, puis d’Utrecht. Liaison avec X : plusieurs bâtardes : Marie, Alix, Gertrude, …
  • Guillaume (1254-1296), évêque de Cambrai
  • Florent (v1255-1297), seigneur de Schiedam en 1268. Bailli de Hollande méridionale en 1271. Stadhouder de Zélande en 1272. Seigneur de Braine-le-Comte et de Hal en 1287. Il participa au tournoi de Chauvency en 1285. Il se mit au service de Charles II d’Anjou, roi de Naples . Connétable du royaume de Sicile. Vicaire général de Corfou de 1289 à 1290. Prince d’Achaïe et de Morée (par mariage), créé par le roi de Naples, Charles d’Anjou. Les époux s’installèrent en Morée et Florent négocia avec Byzance le traité de Klarentza en 1290. En effet, maintenant que les Angevins avaient été chassés de Sicile, la reconquête de l’empire latin de Constantinople devenait illusoire, ainsi que l’envoi en Morée de troupes de renfort. Aussi l’intérêt du nouveau prince était de mettre fin à la guerre qui ruinait la principauté. Mais la paix resta précaire et les Grecs s’emparèrent de Kalamata en 1293. Florent envoya une ambassade en protestation auprès d’Andronic II Paléologue et la place forte fut rendue à la Morée. En 1296, un notable grec s’empara du château de Saint-Georges, en Arcadie. Florent assiégea le château, mais mourut pendant le siège. Il avait épousé en 1289 Isabelle de Villehardouin ( ?-1312), princesse d’Achaïe, veuve de Philippe d’Anjou. Il en eut:
    • Mathilde (1293-1331), dame de Braine-le-Comte. Elle revendiqua le droit de ses parents sur l’Achaïe et Valenciennes en 1311. De trois mariages, elle n’eut pas de postérité.

  • Jeanne († 1304), abbesse deFlines
  • Marguerite, mariée à Baudoin de Péronne

Branche aînée des Avesnes descendant de Jean I, comte de Hainaut

Jean II d’Avesnes (1248-1304), fils aîné de Jean I. Petit fils de Bouchard et de Marguerite de Hainaut-Flandre. Il devint comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande  à la mort de sa grand-mère Marguerite de Hainaut, en 1278.  Il épousa en 1265/1268 Philippine de Luxembourg, fille d’Henri V. Douze enfants :

  • Jean « sans Merci » de Hainaut (v1265/1268-1302, avant son père). Comte d’Ostrevent et  seigneur de Beaumont par apanage. Fiancé à Blanche de France, fille du roi Philippe III, en 1296. Mort à la bataille des Eperons d’Or
  • Henri de Hainaut ( ?-1303, avant son père), chanoine à Cambrai
  • Marguerite de Hainaut ( ?-1342), qui épousa en 1298 Robert II d’Artois, comte d’Artois
  • Alix de Hainaut ( ?-1317), ép. 1290 Roger Bigod, comte de Norfolk – sans postérité
  • Isabelle de Hainaut ( ?-1305), qui épousa en 1296 Raoul II de Clermont, S. de Nesle (mort à Courtrai en 1302)
  • Jeanne de Hainaut, religieuse à Fontenelles
  • Guillaume 1er, infra ( ?-1377), comte de Hainaut
  • Jean d’Avesnes « de Beaumont » (1288-1356), seigneur de Noordwijck, Gouda, Schoohoven.  Seigneur de Beaumont en 1344. Châtelain de Valenciennes, où il est inhumé. Comte de Soissons et seigneur (pair) de Chimay (par mariage). Il fortifia Chimay. En 1326 il fut aux côtés du futur Édouard III d’Angleterre, qu’il aida à prendre le trône de ce royaume, après avoir dirigé une expédition qui amènera à la déposition du roi Édouard II d’Angleterre. En 1328, Jean de Beaumont combattit aux côtés du roi de France Philippe VI de Valois à la bataille de Cassel. Il se rendit l’année suivante à Amiens, lors de l’hommage d’Édouard III au roi de France et s’interposa comme arbitre entre les deux monarques. Il remplaça régulièrement son frère Guillaume en Hollande (1286 † 1337), souvent absent de sa terre, comme gouverneur. En 1340, il fut régent des comtés de Hollande et de Zélande pour le compte de son neveu Guillaume IV de Hollande (Guillaume II de Hainaut). Les Français étant venus ravager le pays de Chimay et Beaumont, en piller et en brûler les villes et villages, Jean de Hainaut envahit les provinces ennemies à la tête de 1000 hennuyers. Il incendia Segni, Martelles, Regnier, Wes, Maubert Fontaine, Aubenton. Un tel fait d’armes lui valut une excommunication dont il ne fut relevé que l’année suivante, le samedi après Noël. Jean de Hainaut, après avoir soutenu longtemps les Anglais, devint homme du roi de France le 21 mars 1346 et lui sauva la vie à la bataille de Crécy. En 1345, il mena une expédition en Frise avec son neveu. À la bataille de Warns en Frise, le 26 septembre 1345, Guillaume fut tué, alors que son oncle réussit à s’échapper. Jean réclama son droit de succession sur les trois comtés de Hollande, Zélande et Frise, mais la succession alla à sa nièce, la sœur de Guillaume IV, Marguerite II comtesse de Hainaut, de Hollande et de Zélande qui était mariée, depuis le 25 février 1324, à Louis IV de Wittelsbach (1282 † 1347), duc de Bavière, roi des Romains en 1314, puis sacré empereur Louis IV en 1328. Jean de Beaumont quitta alors les Pays-Bas et rentra. Jean de Beaumont fut encore aux côtés de Philippe VI de Valois, quand le roi de France tenta vainement de faire lever le siège de Calais. Par la suite, Jean de Beaumont résidera à la cour de Marguerite Ire de Bourgogne, fille cadette du roi Philippe V le Long et de la comtesse Jeanne II de Bourgogne et d’Artois. Il encouragea les lettres. On peut penser, en particulier, que c’est avec ses recommandations que Jean Froissart, issu d’une famille de Beaumont fixée à Valenciennes, se présenta, encore tout jeune vers 1337, à la cour de Philippa de Hainaut, sa nièce, épouse d’Édouard III d’Angleterre, où il devint poète et historien officiel. Jean de Beaumont décéda à Valenciennes le 11 mars 1356, et fut enseveli dans le couvent des Cordeliers. Jean de Beaumont a eu un fils bâtard. De son mariage en 1307/1317 avec Marguerite de Soissons de Nesle (1306-1350), fille d’Hugues de Soissons, il eut:
    • Jean, mort jeune
    • Jeanne d’Avesnes (1323-1350) de Hainaut, comtesse de Soissons, dame de Chimay et de Beaumont. Fiancée en 1326, elle épousa en 1336 Louis I de Châtillon ( ?-1346, Crécy), comte de Blois et de Soissons, seigneur d’Avesnes, fils de Guy de Châtillon et de Marguerite de Valois ==> postérité Châtillon-Blois. En secondes noces, elle épousa en 1347 Guillaume « le Riche » (1324-1391) de Dampierre, marquis de Namur. Elle avait succédé à sa mère comme comtesse de Soissons et dame de Chimay en 1350. Elle mourut de la peste entre le 16 et le 31 décembre de la même année et fut enterrée près de son premier époux dans l’église conventuelle de Guiches.
  • Waleran, prince de Morée
  • Marie (v1280-1354), qui épousa Louis de Bourbon « le Grand », seigneur (puis duc) de Bourbon, comte de la Marche, …
  • Simon de Hainaut
  • Mathilde de Hainaut, abbesse de Nivelles
  • Nombreux bâtards
  • A son frère Baudouin (infra), il avait donné Beaumont en apanage.

Guillaume 1er d’Avesnes, dit le Bon, (1287-1337), fils de Jean I, comte de Hainaut. Comte de Hainaut et de Hollande-Zélande-Frise de 1304 à 1337. Comte d’Ostrevant. Il épousa en 1305 Jeanne de Valois (v1294-1352), fille de Charles de Valois. Qui termina sa vie comme religieuse à Fontenelles. Ils eurent:

  • Jean de Hainaut ( ?-1316)
  • Guillaume, infra
  • Marguerite de Hainaut (1311-1356, Le Quesnoy), infra
  • Philippa de Hainaut (1311, Valenciennes – 1369, Windsor) qui épousa en 1328 Edouard III d’Angleterre (1312-1377), fils d’Edouard II et d’Isabelle de France
  • Jeanne de Hainaut (v1315-1374) qui épousa en 1334 Guillaume V de Julich/Juliers, comte puis marquis de Juliers, puis ensuite en secondes noces Baudouin III de Thiennes
  • Agnès de Hainaut ( ?-apr1327)
  • Isabelle/Elisabeth (v1323-1361), qui épousa en 1354 Robert de Dampierre-Namur, Seigneur de Beaufort-sur-Meuse et de Renaix
  • Louis de Hainaut (1325-1328)

Guillaume II de Hainaut-Avesnes (1308-1345), fils du précédent. Comte de Hainaut et de Hollande-Zélande-Frise. Il épousa avt 1334  Jeanne de Brabant, duchesse de Brabant et de Limbourg, marquise d’Anvers, comtesse de Louvain et de Boulogne, dame de Malines (1322-1406), fille de Jean III de Brabant, dont il eut:

  • Guillaume, mort jeune
  • Enfants illégitimes

Sa sœur lui succéda.

Marguerite de Hainaut-Avesnes (1311-1356).  Comtesse de Hainaut et de Hollande de 1345 à 1354 – abdique lorsqu’elle devint impératrice de Germanie après avoir épousé en 1324 Louis IV Wittelsbach (1282-1347), duc de Bavière, roi d’Italie (1327), empereur de Germanie (1328). 

Cette branche aînée d’Avesnes s’éteint. Le Hainaut, la Hollande et la Zélande passent dans la descendance de Louis de Bavière.

La branche cadette, décrite ci-après, s’était déjà arrêtée en 1293. 

Branche cadette des Avesnes descendant de Baudouin

Baudouin d’Avesnes (v.1219, Avesnes ou Houffalize ou Luxembourg-1289, Le Quesnoy), fils cadet de Bouchard et de Marguerite de Constantinople. Frère de Jean I (supra) et reconnu aussi plus tard comme légitime (et non bâtard). Il fut fait chevalier. Par apanage, il reçut de sa mère la seigneurie de Beaumont en 1246. Il aurait écrit ou commandité une Chronique universelle. Il participa aussi aux conflits, aux côtés de son frère Jean I, contre sa mère et les Dampierre. En 1287 Baudouin d’Avesnes vendit Dunkerque et Warneton ( ???) au comte Guy de Dampierre. Il fonda une chapelle chez les cordeliers de Valenciennes, où il fut inhumé. Il institua dans cette ville une fête marchande le jour de la Saint-Mathieu. Il épousa Félicité de Coucy, fille de Thomas II de Coucy et de Mahaut de Rethel dont il eut deux enfants:

  • Béatrice d’Avesnes (1242/1245, Beaumont-1321, Valenciennes) qui épousa Henri VI « Lion » de Luxembourg (1250-1288), comte de Luxembourg. Mère d’Henri VII qui deviendra empereur de Germanie. Fondatrice du couvent Notre-Dame de Beaumont en 1310 où elle entra comme religieuse, y termina ses jours et y fut inhumée.
  • Jean d’Avesnes (1243 /1250- 1283, avant son père). Seigneur de Beaumont. Ecuyer. Il épousa en 1268 Agnès de Valence, dame de Danfalize et de Lusignan, dont:
    • Baudouin d’Avesnes ( ?-1299),seigneur de Beaumont. Pas de postérité. Beaumont fut transmis à son cousin Jean, frère du comte Guillaume Ier (supra).
    • Mahaut d’Avesnes (1292, Avesnes-1354, Walincourt), qui épousa Jean II de Walincourt

1299 – fin de la branche cadette

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