Baisieux

Entité communale de Baisieux

 

Le territoire

Superficie: 747 h

Altitude: 33 m( place) à 42 m (haut du village à l’est)

Situation géographique : Baisieux s’est installé dans la vallée de la Haine (rive gauche) et dans celle des deux Honnelles, au pied du Plat-Pays. 

Cours d’eau : les deux Honnelles (Grande et Petite) qui se rejoignent en aval à l’entrée de Quiévrain.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : le bas du village était marécageux et reste inondable, entouré de prairies humides, alors que les versants étaient boisés

Nature du sol : alluvionnaire et limoneux

Nature du sous-sol : grès, houille, pierre à chaux

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) : 

Selon les auteurs du XIXème siècle, des silex taillés du néolithique ont été retrouvés sur le territoire.

Antiquité gallo-romaine

Non documentée

Premier Moyen-Age (période franque mérovinienne et carolingienne)

Non documenté

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 965

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Basiacum (charte de 965)
  • Baisiacum (1018)
  • Basiacum (1034)
  • Baseium (1056)
  • Basium (1111)
  • Basiu (1186)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

bas peut signifier “marais, basses-eaux” et – basi (latin) = fosse, marécages. Baisieux était un village souvent envahi par les eaux des deux Honnelles

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine antique Bavay-Blicquy-Gand passait tout à l’est du village. Vers le VIIIème siècle, un chemin, partant de Famars (près de Valenciennes) et se dirigeant vers Estinnes, passait par Marchipont, puis Baisieux (par un tracé disparu), puis par Carochettes allait vers Elouges, Boussu, Hornu, Quargenon, Ciply, Harmignies, …

sources d’eau ou cours d’eau: les deux rivières

source de bois: sur les versants

proximité d’un lieu de pouvoir: le château de Quiévrain, puis celui de Baisieux.

Paroisse dédiée à Sainte-Aldegonde (soeur de Waudru – elle a fondé l’abbaye de Maubeuge). Un pèlerinage y fut organisé.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Bavay, puis Dour

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Crespin qui la partageait avec le couvent des Trinitaires d’Audregnies.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs. Le territoire fut partagé (peut-être à des périodes  différentes, entre

  • une seigneurie principale (infra)
  • un fief avec une ferme appartenant à l’abbaye de Crespin
  • un fief de la Motte, relevant des seigneurs de Quiévrain
  • une Cense des Prés, ayant appartenu depuis le XIVème siècle à la famille “des Prés” (ou “des Pretz” ou “Despretz”, liée à celle de Quiévrain

Liste des seigneurs de la seigneurie principale

Très tôt ce village s’est trouvé dans les propriétés des seigneurs de Quiévrain qui y exercèrent leurs droits féodaux (cens, taxes, corvées). Ces seigneurs étaient des barons au service des comtes de Hainaut. Ceci est documenté depuis au moins le XIIIème siècle.

Le seigneur de Quiévrain avait fait bâtir un château, ou tout au moins une demeure ou une ferme fortifiée, à Baisieux. Elle fut occupée par des seigneurs-châtelains, vassaux de Quiévrain.

Th. Bernier signale un Jacques (et/ou Jean) Maugret (ou Maugré), titulaire de la seigneurie de Baisieux, vers 1300. Le château porta le nom de Château Maugré/Maugret.

Par la suite, on trouve dans la généalogie de la famille de Quiévrain des personnages, seigneurs d’autres lieux, qui naissent ou décèdent à Baisieux, sans que l’on sache s’ils étaient considérés comme seigneurs de Baisieux. Parmi eux:

  • Jean Gillon de Quiévrain (v1310-1378), également seigneur de Bois-de-Lessines
  • Gilles de Quiévrain (1342-1378), son fils
  • Guillaume des Prêts de Quiévrain (1371-1423), fils du précédent
  • Simon des Prêts (?-?), renseigné comme écuyer de Baisieux, fils du précédent
  • Catherine Despret de Quiévrain qui épousa Jacques I Mouton, seigneur d’Harchies

On ne peut tirer aucune conclusion de ceci, car ces personnages peuvent

D’Adrien de Montigny (XVIème)

être considérés soit comme seigneurs de Baisieux, vassaux de ceux de Quiévrain (Aspremont, Lalaing, de Croÿ), soit comme propriétaires de la cense des Prés, soit les deux.

En 1635, la seigneurie appartenait à Louis de Senaughière, écuyer.

De gros éclaircissements doivent être faits sur cette question, d’autant plus que d’autres personnages de la famille étaient seigneurs de Quiévrechain (dont il est difficile de trouver une liste complète de seigneurs) et que leur château (actuel Château Braque) se trouvait … au Petit-Baisieux, hameau qui appartenait alors à Quiévrechain, avant d’être rattaché à Baisieux (infra).

Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

C’est au château de Baisieux qu’en 1364, Siger II, seigneur d’Enghien vint se réfugier. L’époque était trouble. On était en pleine guerre de Cent Ans entre Français et Anglais. Les comtes et barons de nos régions se devaient de prendre position entre les deux partis. Le roi Edouard III d’Angleterre, époux de Philippa de Hainaut, fille du comte, revendiqua le Hainaut. Aubert de Bavière était alors régent du comté, remplaçant son frère Guillaume, devenu dément. Les vassaux du comte oscillaient également entre les divers partis. A Quiévrain, le seigneur Simon II de Lalaing était un fidèle du comte, dont il fut grand bailli. Parmi les opposants au comte, il y avait ce Siger (ou Sohier) d’Enghien. Il vint assiéger le château de Quiévrain. L’église adjacente fut en partie incendiée. Poursuivi, Sohier vint ensuite se réfugier dans le château de Baisieux, où il fut finalement arrêté. Il fut emmené et emprisonné au Quesnoy, résidence-forteresse des comtes, où il fut décapité. D’autres seigneurs de la région intervinrent aussi dans ce conflit, du côté du comte, comme Baudri de Roisin, Gérard de Ville et Jean de Werchin.

Le château fut encore occupé en 1396 par le comte Aubert lui-même, puis en 1426 par sa fille, la comtesse Jacqueline de Bavière, en conflit à l’époque avec le duc Philippe le Bon de Bourgogne.

Dans les siècles suivants, Baisieux et son château vécurent bien des vicissitudes. Ainsi, lors des guerres religieuses du XVIème siècle, le château fut  rasé en 1578 par le duc d’Alençon et d’Anjou, frère du roi de France. Les Orangistes l’avaient appelé à la rescousse pour régner en place du roi Philippe II d’Espagne. Maurice de Nassau s’était emparé de Mons et les Espagnols commençaient à y mettre le siège. Après avoir été repoussé, d’Alençon commit divers pillages et dévastations dans la région, toujours occupée par ses troupes. Les châteaux de Baisieux et d’Elouges furent sérieusement endommagés. 

En aout 1655, le village fut entièrement détruit par les troupes françaises du roi Louis XIV, église et château compris, ceci après le siège de Condé. 

Carte de Ferraris (XVIIIème)

Le 29 octobre 1792, une bataille s’y déroula où les Belgo-Autrichiens du comte Sztaraj battirent l’avant-garde française de Dumouriez. Ce qui n’arrêta cependant pas celui-ci qui emporta une victoire décisive quelques jours après à Jemappes. 

Lorsque les Autrichiens repoussèrent les Français hors du pays, ils poussèrent plus avant en France. Lors du siège de Valenciennes, en 1793, la ferme Poisson, derrière l’église de Baisieux, servit d’hôpital. Lors de deuxième invasion française révolutionnaire, un incendie brûla une grande partie du village en juillet 1794.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemappes

Canton: Quiévrain

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Dour
  • Entité communale depuis 1977: Quiévrain

Le 21 août 1914, les Allemands, venant de Thulin et Saint-Ghislain se heurtèrent à des Anglais venant de Rombies. Ils se retirèrent par le même chemin, via Marchipont, en faisant sauter le pont.

Durant la guerre 1914-1918, beaucoup de Basigomiens furent déportés (72, y compris le bourgmestre Ansiau qui mourut en captivité).

Lors du recul allemand à la fin de la guerre, le 8 novembre 1918, des bombardements d’obus au gaz firent 25 victimes. Plus de 50 maisons furent endommagées.

Economie

La richesse d’un village comme Baisieux, ce sont ses prairies et ses surfaces cultivables. Toujours, jusqu’au XIXème siècle, ses habitants vécurent de l’agriculture et de l’élevage. Les anciennes grosses fermes ayant résisté au temps sont :

  • Celle du Maïeur Madeleine, près de l’église, ayant appartenu jadis à l’abbaye de Crespin, et dont les bâtiments actuels, datés de 1795, conservent encore une tour-colombier
  • La ferme Hoyau, 36, rue de Bavay, de la fin du XVIIIème aussi
  • Ainsi que la ferme Scouvemont, dans la rue du même nom, datant du XIXème.

Des entreprises artisanales, liées à l’activité agricoles, s’y développèrent.

  • Une sucrerie au XIXème siècle à Carochette.
  • Deux brasseries au XIXème
  • Un Moulin à eau, XVIIème
  • Deux fabriques de chicorée (XIXème)

On relève aussi

  • la présence de fours à chaux au XVIème siècle.
  • Une poudrière

En 1836, on tenta aussi d’y exploiter la houille, mais le projet fut vite abandonné, car les couches n’étaient pas régulières et les puits se remplissaient vite d’eau.

Cependant le charbonnage de Belle-Vue à Elouges poussa ses galeries sous le sol du village. Dans le petit coron de l’Avaleresse, à la limite d’Audregnies, se trouvait le puits n°12. Il reste quelques murs en ruines.

Baisieux est aujourd’hui avant tout un village résidentiel et son bâti s’est étendu jusqu’à l’entrée de Quiévrain.

Patrimoine

Eglise Ste Aldegonde. C’est aujourd’hui un bâtiment construit en 1830 en style semi-classique. Il a conservé le clocher et le porche de 1759. Comme mobilier, on trouve :

  • Un Christ en Croix
  • Une statue de Ste Aldegonde en bois polychrome, du XVIIème
  • Trois tableaux venant de l’abbaye des Trinitaires d’Audregnies: Baptême du Christ, Martyre de St Adrien, Martyre de St Etienne

Chapelle Notre Dame des bons remèdes, 1876 (don de la famille d’Arenberg)

L’ancienne maison communale date de 1880.

La place a été réaménagée en 1911 lors du recouvrement partiel de la Petite Honnelle.

Le Petit-Baisieux

Ce hameau n’a pas toujours fait partie du village de Baisieux. Il était le siège de la seigneurie de Quiévrechain qui y avait son château.

Ce « Château Bracq » actuel date de 1769 et fut construit par le seigneur Jean de Colins. On y entre par une drève de peupliers. Le bâtiment de style classique Louis XVI est entouré d’un parc avec un étang alimenté par un courant d’eau. Bracq était le nom de la famille qui le racheta en 1903.

Lorsque le Traité de Nimègue en 1678 détermina de nouvelles frontières entre la France (de Louis XIV) et les Pays-Bas Espagnols, Quiévrechain, devenue française, garda son domaine seigneurial en-deçà de l’Aunelle.

Ce n’est qu’en 1779, par le second Traité des Limites, que l’on simplifia le tracé des frontières, faisant de l’Aunelle/Anneau la limite entre France et Pays-Bas. Du même coup, le Petit-Baisieux devenait un domaine « belge » sous seigneurie française (de Quiévrechain). La seigneurie disparaissant avec la Révolution, Petit-Baisieux fut rattaché au village de Baisieux.

Au XIXème et au XXème, ce hameau était essentiellement habité par quelques agriculteurs, mais surtout par des mineurs travaillant à Quiévrechain. Une cité ouvrière y fut même construite à l’entrée du hameau, à droite, en venant du village de Baisieux.

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