Blaregnies

Entité communale de Quévy

Le territoire

Superficie: 768 ha

Altitude: de 125 m à 150 m

Situation géographique : à la bordure nord du plateau de Bavay (Haut-Pays)

Cours d’eau : Plusieurs ruisseaux (de Bury, de la Roulerie, du Bois de Blaregnies, des Saulois) affluents du By qui traverse le village du sud au nord en une petite cuvette et qui est canalisé par endroits.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (ancienne Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, craie

Préhistoire – Antiquité gallo-romaine – Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : ?

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : ?

Epoque de son apparition: vers le Xème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine Bavay-Asse-Utrecht

sources d’eau ou cours d’eau: les ruisseaux cités plus haut

source de bois: la région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ferme-château seigneuriale

Paroisse dédiée à Saint-Géry

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Maubeuge jusqu’en 1803, puis Pâturages

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Lobbes

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Nous n’avons connaissance que d’une seigneurie.  Celle-ci était un domaine qui appartenait au comté-évêché de Cambrai. C’était donc une enclave dans le comté de Hainaut. Elle était une des douze pairies du Cambrésis, ce qui pourrait signifier que le seigneur du lieu était très ancien. 

Cette situation perdura jusqu’à la fin du XIIIème siècle. Un conflit surgit alors sur l’appartenance de la seigneurie, entre le comte Jean d’Avesnes et l’évêque Guillaume de Cambrai. Une sentence arbitrale en 1288 transféra la seigneurie de Blaregnies dans le comté de Hainaut. 

Au Xème siècle, il existait une famille de Blaregnies qui détenait les droits seigneuriaux dans le village, sans doute propriétaire du domaine. Vers l’an mille, l’héritière était Begge de Blaregnies (v980- ?).

Famille de Roisin

Elle épousa Baudry I de Roisin (v976/980- ?), premier seigneur attesté de Roisin, lui-même chevalier banneret (baron) au service du comte de Hainaut. Il est parfois dit que la famille de Wargnies a possédé Blaregnies. En fait, les Roisin furent aussi seigneurs de Wargnies. Lui succédèrent :

  • Allard II de Roisin (v990/avt1007-1049), fils du précédent
  • Baudry II de Roisin (v1040- ?), fils du précédent
  • Allard III de Roisin ( ?- ?), fils du précédent, mort sans postérité
  • Baudouin ou Baudry III de Roisin (v1070- ?), frère du précédent
  • Baudri IV de Roisin (v1110- ?), fils du précédent
  • Baudri V de Roisin  (v1140-), fils du précédent
  • Baudry VI de Roisin (v1158-v1208), fils du précédent
  • Baudry VII de Roisin (1195/1200-v1271), fils du précédent
  • Baudry VIII de Roisin (1226-1274), fils de Baudry VII
  • Gilles Ier (v1234-1320/1332), deuxième fils de Baudry VII
  • Baudry IX de Roisin (v1260/1270-v1318), fils de Baudry VIII ou de Gilles I selon les sources
  • Allard III de Roisin ( ?-1308), deuxième fils de Baudry IX), mort sans postérité
  • Baudry X de Roisin (v1298-v1348, Valenciennes), frère aîné du précédent
  • Jean de Roisin (v1320/1323-1378), fils aîné du précédent, pas d’héritier mâle
  • Evrard de Roisin (v1330-1394 ou 1412), troisième fils de Baudry X
  • Sa fille Marie de Roisin hérite de la seigneurie de Blaregnies.

Maison de Barbençon

Il s’agit d’un village près de Beaumont qui constituait un alleu au début de la féodalité et dont les seigneurs occupèrent de hautes fonctions au service des comtes. Barbençon était une des douze pairies du comté de Hainaut.

  • Marie de Roisin avait épousé Guy « l’Ardennais » de Barbençon ( ?-apr1439), d’une branche cadette.
  • Il est possible qu’il en ait doté sa fille Marie de Barbençon «  de Blaregnies » (1402- ?) qui a épousé Jacques III de Thiant.
  • Blaregnies se retrouva dans les possessions d’une autre branche cadette « Barbençon-Werchin » en la personne de Jean IV de Barbençon (1402-1470), seigneur de Werchin (avec le titre de sénéchal de Hainaut), de Jeumont, de La Longueville, …
  • Blaregnies suivit alors la lignée :
  • Jean V de Barbençon ( ?-1472), fils du précédent, sans postérité
  • Jacques III de Barbençon ( ?-1478), frère du précédent
  • Nicolas de Barbençon-Werchin (v1470-1513), fils du précédent
  • Pierre de Barbençon-Werchin (v1497-1556/1557, Tournai), fils du précédent
  • Dont la fille Yolande de Barbençon (1521-1593) hérita des domaines paternels.

    D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Maisons de Melun, de Ligne et de Croÿ

  • Hugues de Melun (1520-1553), prince d’Epinoy, seigneur d’Antoing, devint, en épousant Yolande de Barbençon, seigneur de Werchin (et sénéchal de Hainaut), de Blaregnies, … A sa mort en 1553, les biens et titres de son épouse restèrent dans les mains de celle-ci jusqu’à sa mort en 1593.
  • Ils passèrent, par sa fille Anne-Marie de Melun, dans les mains de Lamoral I de Ligne (1563-1624).
  • Blaregnies passa à sa fille Yolande de Ligne (1585-1611) qui épousa en 1599 Charles-Alexandre de Croÿ (1581-1624), marquis d’Havré.
  • Leur fille Marie-Claire de Croÿ (1605-1664) hérita de tous leurs biens et titres qu’elle transmit à son mari Charles Philippe de Croÿ, son cousin, marquis de Renty. Celui-ci revendit Blaregnies.

Famille Franeau (Hyon)

  • Philippe François de Franeau-Hyon (1596 – ?), gentilhomme au service des archiducs Albert et Isabelle, déjà seigneur de Hyon, Gommegnies et d’Attre. Il acheta Blaregnies.
  • Philippe François de Franeau-Hyon (1634-1681), fils du précédent
  • Albert Michel Joseph de Franeau-Hyon (1669-1725), fils du précédent
  • François Philippe Joseph de Franeau-Hyon (1702- 1755), fils du précédent
  • François Ferdinand Joseph (1738-1792, Attre), fils aîné du précédent, mort sans postérité
  • François de Franeau (1739-1802), frère du précédent

Il est dépourvu de ses droits de seigneurie en 1794 par les Révolutionnaires français. La terre d’Hyon est vendue comme bien privé. Blaregnies et Attre semblent être allés à sa sœur Catherine qui a épousé Edouard du Val de Beaulieu « baron de Blaregnies ».

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Pâturages
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Pâturages
  • Entité communale depuis 1977: Quévy
Economie

Elle fut agricole. On peut encore voir aujourd’hui quelques grandes fermes anciennes, dont la « Ferme de Blaregnies ». De nombreuses petites fermes et maisons rurales du XVIIIème et du début XIXème composent le village actuel en son centre et dans la campagne environnante.

Il exista une ferme avec un moulin à eau au nord du village sur le By. Le moulin a disparu, mais on peut encore voir le logis du XIXème.

On rechercha de la houille sans succès au XVIIIème.

Voies de communication

La chaussée romaine de Bavay-Asse passe à l’ouest du village. Elle permettait d’aller à Mons, capitale du comté de Hainaut.

La rue principale s’est sans doute constituée le long du ruisseau lors de la création du village vers le Xème siècle. Un chemin le reliait à la chaussée romaine et se prolongea jusqu’à Sars. D’autres menaient vers les villages et hameaux  voisins (Genly, Quévy-le-Petit, Aulnois).

Par Malplaquet, on rejoignait l’autre chaussée romaine (Bavay-Cologne) qui permettait d’aller vers Cambrai, dont dépendit Blaregnies à l’origine de la seigneurie, ou vers Roisin, seigneurie avec qui elle fut liée).

Patrimoine

Eglise St-Géry. Bâtie en style gothique hennuyer au milieu du XVIème (nef, charpente de 1565, chœur avec croisée d’ogives de 1559). Agrandie au milieu du XVIIIème (bas-côtés). Clocher du XVIIIème. Christ en pitié de 1626 dans le porche. Mobilier du XVIIIème Entourée d’un cimetière.

Elle était située sur un chemin du pèlerinage de Compostelle. Des motifs décoratifs font référence au saint (coquille Saint-Jacques).

Presbytère. De style tournaisien de la fin du XVIIIème.

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