Blaton

Entité communale de Bernissart

Le territoire

Superficie: 1042 ha. Autrefois, au Moyen Age, le territoire de la commune de Blaton était quatre fois plus étendu (Il était encore de 2319ha en 1833), parce qu’il comprenait des terres de quelques villages avoisinants (Bonsecours, Bernissart, Stambruges).

Altitude: La partie centrale du village (altitude 40m) occupe une vallée encaissée entre deux collines de bruyères, les Grandes Bruyères (55m) et le Mont des Groseilliers (65m).

Situation géographique :  Le territoire de Blaton se situe sur le versant nord de la vallée de la Haine.

Cours d’eau : Cette vallée correspond au cours du Ruisseau de la Fontaine Bouillante. Celui-ci prend sa source à Stambruges, traverse Grandglise, puis Blaton où il est en partie voûté et laisse aller une partie de ses eaux dans le canal Blaton-Ath, avant de poursuivre sa course à travers Bernissart et former le Courant Macou qui se termine dans la Haine à Condé à son confluent avec l’Escaut.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé sur le versant

Nature du sol : sablonneux

Nature du sous-sol : grès, pierre calcaire

Préhistoire

Lors de pérégrinations prospectives, Fr. André et S. Parent, ont dans les dernières décennies pu récolter du matériel préhistorique datant de différentes périodes, sur différents sites (« Petite Bruyère », « Grande Bruyère », « Mont du Crapaud », « Mont des Groseilliers ») :

  • Du paléolithique moyen (culture lithique moustérienne)
  • Du paléolithique supérieur
  • Du mésolithique
  • Du néolithique moyen
  • De l’âge du bronze

Essentiellement des outils de silex taillé : des burins, des fragments de haches polies, des grattoirs, des perçoirs, des pointes de flèches), ainsi que de la céramique grossière

Antiquité gallo-romaine

L’historien Jacques de Guyse (XIVème siècle) évoque la présence de deux temples romains sur le territoire de Blaton : le Fanum Mercurii, à proximité du Mont Brutus (Bonsecours ?) et Ablatonas, à proximité du « Haut-Bois ». Jules César, avant de mater la révolte des Eburons, aurait, selon lui, placé ses cohortes à Blaton et à Chièvres. Ces affirmations proviennent en fait d’interprétations des textes des Commentaires de Jules César et n’ont jamais reçu la moindre confirmation archéologique ni historique.

Une chaussée romaine, reliant Bavay à  Blicquy et la mer du Nord, passait à proximité sur l’actuel territoire de Grandglise. Certains évoquent des chaussées secondaires, dont une passerait au lieu-dit « Malot ». Il est possible que le vallon dans lequel apparut plus tard le village ait servi de point de passage entre la vallée de la Haine et d’autres vallées plus au nord et notamment vers Tournai, seule ville proche d’époque romaine, située au croisement d’une autre chaussée importante (Boulogne-Bavay-Cologne) et de l’Escaut. On aurait découvert à Antoing en 1867 des éléments ayant appartenu à cette chaussée secondaire.

On a découvert sur le territoire de Blaton des vestiges d’époque gallo-romaine.

  • Des substructions d’habitat sur le Mont des Groseilliers, parfois interprétées comme ayant appartenu à un castrum
  • Des substructions aussi là où la rue de Condé fut interrompue par le creusement du canal Pommeroeul-Antoing, au XIXème siècle). On y a évoqué une villa gallo-romaine nommée « Cerania ».
  • Au lieu-dit « Mury-Marais » (vers Basècles) : une nécropole gallo-romaine
  • En divers endroits du village et sur le « Haut-Bois » furent ramassées de nombreuses pièces de monnaie, s’étalant dans le temps entre la deuxième moitié du Ier siècle au début du IVème siècle (Néron, Faustine, Postumus, Gallien, Probus, Gallus et Constantin)
  • En 1857, dans la carrière « Duchâteau-Bougny » furent récoltés de nombreux objets : fioles en verre, bols, bouteilles, médailles, céramique dont de la sigillée importée
  • On a évoqué des fours à chaux de cette époque près du chemin de Condé
  • Une petite statuette en bronze d’une « Eve » (femme dénudée avec une pomme) fut ramassée par S. Parent en 1985.

Un habitat d’une certaine importance (probable villa) exista donc pendant une bonne partie de la période gallo-romaine.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Une communauté franque habita sur le sol de Blaton. En témoignent :

  • Une mention dans un acte daté de 652 (nous n’avons pas connaissance du contenu de celui-ci)
  • Une nécropole mérovingienne fouillée au Mont St-Antoine (1937, 1965-1966, 2008), où furent retrouvés des dépôts funéraires : 50 tombes avec armes, poteries et parures (VIIème)
  • Des objets divers de cette époque ramassés en divers endroits : des vases encens sous l’église de Blaton, une céramique médiévale au « Coron Courtil », des bracelets, urnes, fusaïole, scramasaxe

On ne peut pas affirmer une continuité entre l’habitat romain et l’habitat mérovingien. A cette époque, Blaton était situé à proximité d’axes reliant quelques grands centres reconnus à l’époque, outre ceux évoqués à l’époque romaine :

  • Condé-Chièvres
  • Mons et Saint-Ghislain – Tournai

Dans un paragraphe plus bas, nous rapportons quelques évènements qui se seraient passés à Blaton, selon l’historien Jacques de Guyse (XIVème siècle) qui rapportait des textes plus anciens aujourd’hui disparus. Ces événements, s’ils s’avèrent exacts, signifieraient qu’il exista à Blaton une résidence appartenant aux rois mérovingiens (fisc royal) ou à une famille aristocratique proche de ceux-ci (on y évoque Sainte Aye, deuxième abbesse de Mons et parente de Sainte Waudru).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 652

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Ablaton, 652 (ACSS  Belgii)
  • Ablatonae, 880 (d’après de Guyse)
  • Via Platonis, 1040, première mention officielle dans un diplôme de l’empereur Henri III (« P » en place de « B »).
  • Blaton, chartes de 1139, 1143, 1155, 1175, 1184, 1212
  • Balto
  • Blatum, 1140, 1177, 1180 (bulle du pape Lucius III)
  • Blathum, 1151, 1157, 1183, 1186 (bulle du pape Urbain III)
  • Blathon (1175)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • Ablatonas, nom gallo-romain à suffixe celtique, provenant de Ablatum signifiant « détruit, renversé », destructions pouvant être attribuées à Jules César ou aux Barbares…
  • Blato-duno, contracté en Blattuno – le radical signifierait « fleur »
  • Baldum, blé, fleur de farine
  • Ablatonis (latin) transformé ensuite en Ablatonas (= cabanes).
  • Ablato pouvant être un nom propre (selon Chotin), celui d’un ancien seigneur du lieu

Epoque de son apparition: Par rapport à ces habitats d’époque mérovingienne, il est difficile de placer la période où une communauté villageoise s’est concentrée sur le territoire.

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine à Grandglise, les chemins médiévaux évoqués lus haut

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau de la Fontaine Bouillante

source de bois: le versant de la vallée était boisé (forêt de Bonsecours à Saint-Denis-en-Broqueroye)

proximité d’un lieu de pouvoir: château local

Paroisse dédiée à tous les Saints

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres jusqu’en 1803, Péruwelz jusqu’en 1968, puis Beloeil

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1138 par Nicolas de Chièvres, évêque de Cambrai. Blaton est ensuite cité dans plusieurs actes papaux confirmant cette possession : Innocent II (1139), Lucius III (1183), Urbain III (1186), Célestin III (1191), Innocent IV (1252, après une contestation de Jacques de Condé).

En 1701, les abbés de St-Ghislain abandonnèrent la dîme et l’obligation d’entretenir le lieu.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): châtellenie d’Ath

Le village, implanté au nord de la Haine, a pu faire partie à l’origine du Pagus de Brabant (Burbant, comté de Chièvres). Il semble que lorsque l’empereur Othon créa la marche de Valenciennes, Blaton y était incorporée, avant d’être réunie vers 1050 au comté de Hainaut.

Seigneuries

Le village, comme dit plus haut, beaucoup plus étendu qu’aujourd’hui, fut le siège d’une seigneurie importante qui faisait partie des six pairies de Valenciennes. Cela signifie que ses titulaires faisaient partie de l’entourage des comtes. A de nombreuses époques, ce furent les comtes eux-mêmes.

Outre le territoire de Blaton, son seigneur exerçait ses droits féodaux sur d’autres villages :

  • Une partie de Bernissart (jusqu’en 1601)
  • Grandglise (jusqu’en 1545)
  • Quevaucamps (id)
  • Wadelincourt (de 1381 à 1545)
  • Feignies, près de Maubeuge (id)
  • Le hameau de Préaux
  • Stambruges (qui serait passé aux Condé, puis aux Ligne)
  • Dosies
  • Le Maisnil (France)

Le chroniqueur Jacques de Guyse, d’après les traditions fabuleuses, fit de cette commune une ville qui disputait le premier rang à Cambrai.

Les seigneurs de Blaton

Les premiers seigneurs mentionnés sont tardifs, ce qui laisserait penser que les territoires évoqués plus haut faisaient partie d’un grand domaine que les comtes de Hainaut possédaient en propre et où ils exerçaient directement leurs droits féodaux. Une résidence, peut-être fortifiée, y accueillit à l’époque de la comtesse Richilde au XIème siècle, des hôtes importants.

Il semble que ce soit à partir du milieu du XIIème siècle qu’ils les donnèrent en fief à des familles qui s’y succédèrent, tout en se réservant le droit de se les réapproprier, si l’on s’en tient à la liste des seigneurs qui se succédèrent. 

Maison de Caudry

Ce sont les premiers seigneurs de Blaton. Caudry était une seigneurie du Cambrésis. On est assez mal documenté sur cette famille qui devait être proche du pouvoir comtal. Sans doute pour services rendus à celui-ci, obtinrent-ils le grand fief de Blaton. Le moine Pierre d’Oultreman, dans son Histoire de Valenciennes, en 1688, cite quelques seigneurs de Caudry sans préciser lequel pourrait avoir été le premier à posséder Blaton et ses dépendances.

Il semble que ce soit Arnould de Caudry « de Blaton ». Cité en 1143, soit à l’époque où le comte Baudouin IV « le Bâtisseur » organisait militairement et économiquement son comté en y faisant construire des fortifications et en créant des villes nouvelles. Il était pair de Valenciennes. Le premier château lui semble dû, construit à proximité de l’église actuelle. Cette installation pourrait donc s’inscrire dans la politique comtale de défense du comté, d’autant plus que nous sommes ici assez près de l’Escaut, au-delà duquel se trouvait le comté de Flandre, vassal du roi de France, considéré alors comme ennemi. Sont également cités dans les décennies qui suivirent :

  • Nicolas de Caudry, cité en 1137, 1154, 1160 et 1184 dans des actes d’asservissement.
  • Adam de Caudry (1207)

En l’absence des seigneurs, un bailli les remplaçait.

Maison de Hainaut

Lorsque le comte Baudouin VI/IX de Hainaut et de Flandre partit pour la quatrième croisade, où il fut élu empereur de Constantinople et où il laissa la vie en 1205, il nomma son frère, Philippe le Noble (1175, Valenciennes-1212), comte-marquis de Namur (1195-1212), comme régent du comté et tuteur des deux jeunes filles du comte, les futures Jeanne et Marguerite « de Constantinople ».

C’est un personnage assez troublant. Selon d’Oultreman, historien de Valenciennes, il se serait emparé du château et de la seigneurie de Blaton en 1203 et en aurait chassé les Caudry. Il résida souvent au château de Blaton. Il épousa en 1210 à Valenciennes la fille du roi de France Philippe-Auguste (suzerain de la Flandre). Il laissa à celui-ci la tutelle des deux filles. Il semble qu’il ait eu beaucoup de péchés à se faire pardonner, puisque, tombé malade en 1212, il fit de grandes pénitences et donna beaucoup de ses biens, avant de se retirer dans le château comtal de Valenciennes où il mourut peu de temps après. 

Il n’avait pas, à son décès, d’héritier. Sa sœur, Yolande de Hainaut, qui avait épousé Philippe de Courtenay, hérita du marquisat de Namur. Quant à la seigneurie de Blaton, elle retourna probablement dans les possessions des comtes de Hainaut.

Maison d’Enghien

On ne sait pas très bien quand, une des comtesses, Jeanne ou Marguerite, à moins que ce ne fût le premier fils de cette dernière, Jean I d’Avesnes, usurpant alors ses droits en ces temps troublés de luttes entre les Avesnes et les Dampierre, donna en fief Blaton et ses dépendances à la famille d’Enghien.

En 1254, lorsque Marguerite, en guerre contre les Avesnes, chercha à donner son comté de Hainaut à Charles d’Anjou (frère du roi de France Louis IX), Sohier I d’Enghien (v1205-1261) lui refusa l’hommage. Sohier était lié familialement à Jean I d’Avesnes. C’est une explication, pas une certitude. A son décès, Sohier partagea ses domaines. C’est ainsi qu’un des fils cadets, Arnould I d’Enghien (v1227-avt1295), devint seigneur de Blaton et de ses dépendances. Lui et ses descendants servirent les Avesnes. Lui succédèrent :

  • Arnould II ( ?-1315),  fils du précédent
  • Arnould III (v1285-1323), fils du précédent. Pour des problèmes de dette, il s’est vu enfermer par Amauri de Melun. Le comte de Hainaut négocia sa libération.  Il décéda sans postérité masculine en 1323 ou 1324. Ses possessions revinrent à la famille comtale, selon un acte signé par Gérard de Liedekerke et Marguerite de Cantaing, mère du décédé. 

Maison de Hainaut (1324-1333)

  • Guillaume I « le Bon » d’Avesnes (1304-1337) était alors comte de Hainaut. Il céda la seigneurie de Blaton à son beau-frère, Philippe V de Valois, roi de France. Celui-ci le rétrocéda en 1328 à son neveu, Guillaume II d’Avesnes, le fils de Guillaume I et futur comte.
  • En 1333, ce même Guillaume II rendit le fief à son père, Guillaume I. Et dans le même acte, celui-ci le repassa au comte de Flandre, Louis I de Nevers (1304-1346) gendre de Philippe V.

Histoires de famille et surtout d’alliances importantes en ces temps troublés où se prépare la Guerre de Cent Ans entre France et Angleterre.

Maison de Flandre (1333-1545), puis de Bourgogne et d’Autriche

Les comtes de Flandre furent un temps vassaux des comtes de Hainaut pour ce fief de Blaton. Ce qui donna lieu à des contestations. Après la mort de Louis de Nevers en 1346, la comtesse Marguerite, qui avait hérité de son frère Guillaume II le comté de Hainaut et épousé Louis de Bavière, saisit la seigneurie de Blaton. Mais elle fit des propositions à Louis II de Male (1346-1384) nouveau comte de Flandre, qui récupéra le bien de son père.

Les mariages qui vont suivre vont faire passer le comté de Flandre dans un premier temps et le comté de Hainaut dans un second temps dans le giron des ducs de Bourgogne d’abord, puis des archiducs d’Autriche ensuite. Furent donc considérés comme comtes de Flandre et seigneurs de Blaton :

  • Philippe I « le Hardi » de Bourgogne (1342-1404), dès 1369, par mariage avec Marguerite de Male, héritière de Flandre.
  • Jean I « sans Peur » de Bourgogne (1371-1419), dès 1405
  • Philippe II « le Bon » de Bourgogne (1396-1467), dès 1419. Ce dernier devint aussi comte de Hainaut en 1433.
  • Charles I « le Téméraire » de Bourgogne (1433-1477), dès 1467
  • Marie de Bourgogne (1457-1482) qui a épousé Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche (1459-), dès 1477.

Divers personnages

En récompense pour services rendus aux archiducs Maximilien, Philippe « le Beau » et Charles-Quint, la seigneurie de Blaton fut confiée à de fidèles serviteurs.

  • En 1480 à Jean de Salazar, conseiller des ducs de Bourgogne, avant son retour en Espagne, en récompense de services rendus à Maximilien et Marie. 
  • En 1497 à Philippe de Bourgogne (v1450-1498, Bruges), fils d’Antoine, bâtard de Bourgogne, et donc petit-fils de Philippe le Bon. Amiral de Flandre, gouverneur d’Artois Seigneur également de La Roche, de Beveren et de la Veere. Chevalier de la Toison d’Or. Et enfin évêque d’Utrecht en 1510, raison pour laquelle il remit Blaton à son suzerain.
  • En 1510 à Jean de la Croix, receveur-fermier des terres et seigneuries de Blaton. Ce qui fut approuvé en 1516 par Maximilien d’Autriche.
  • En 1515 à Charles de Lannoy (1482-1527), seigneur de Senzeilles, officier de Charles Quint. On lui attribue la capture du roi François I de France à la bataille de Pavie en 1524. A sa mort en 1527, la seigneurie de Blaton revint dans les propriétés du souverain régnant.

Maison d’Espagne

En 1527, Charles Quint (1500-1558) était souverain des Pays-Bas, archiduc d’Autriche, roi d’Espagne, empereur de Germanie et… seigneur de Blaton (et de bien d’autres lieux !). Ce souverain décida alors de partager le grand domaine de Blaton.

En 1545, il donna à Philippe de Croÿ, duc d’Aerschot, et à son fils aîné Charles, prince de Chimay : Quevaucamps, Granglise, Feignies et Wadelincourt, pour être tenues en un seul fief, sous le nom de « seigneurie de Quevaucamps », à relever du comte de Hainaut, en échange de Landrecies, où l’empereur comptait améliorer les fortifications aux frontières du royaume de France, avec qui il était en guerre. 

Le reste du territoire, soit Blaton, le hameau de Préaux et une partie de Bernissart, constitua un fief nettement plus petit et probablement de moindres revenus. Continuèrent à le gérer :

  • Philippe II d’Espagne (1527-1598), à partie de l’abdication de son père Charles-Quint en 1555
  • Les archiducs Isabelle d’Espagne (1566-1633) et son époux  Albert d’Autriche (1559-1621) en tant que gouverneurs des Pays-Bas espagnols à partir de 1598.

Personnages divers

  • En 1627, Isabelle d’Espagne, devenue veuve, vendit la seigneurie de Blaton à Don Carlos Colonna, diplomate au service de son frère, le roi Philippe III d’Espagne. Puis par ventes successives, le domaine passa à :
  • Albert de Mérode (v1620-1655), dès 1644. Comte de Mérode, Waroux et baron d’Harchies.
  • Jérôme Albert de Mérode (1648-1695), fils du précédent. Militaire au service du roi d’Espagne, il vendit à son tour Blaton en 1682 à des membres de la famille La Cattoire, soit :
  • Ghislain François de la Catoire ( ?- ?), cité comme seigneur de Blaton
  • Jean-Henry-François de la Catoire (1688-1750), frère ou neveu du précédent. Ecuyer, seigneur de Blaton et d’autres lieux (Rameignies). Il épousa en 1722 à Blaton Anne Hoyois (1699-1752), dont il eut plusieurs enfants. Il est probable qu’à la mort de leur mère, ils aient revendu le domaine.
  • On mentionne aussi un Joseph de la Cattoire, cité en 1728 comme écuyer et seigneur de Blaton.

Maison de Croÿ

En 1718, Alexandre de Croÿ acheta déjà le Haut-Bois.

Blaton (partie belge du domaine qui s’étendait aussi en France dans le bois de Bonsecours) fut acheté en 1752 par Anne Emmanuel de Croÿ (1718-1784), duc de Croÿ, prince de Solre, également seigneur de Condé et de Bernissart et officier au service des rois de France. 

Il transmit son héritage à son fils Anne Emmanuel Ferdinand François de Croÿ (1743-1803). C’était un grand chasseur qui aimait séjourner à Blaton et chasser le sanglier dans la forêt de Bonsecours. C’est lui qui fit tracer « l’Allée Royale » dans cette forêt, depuis le Mont des Groseillers jusqu’au château de l’Hermitage à Condé.

Il fut le dernier seigneur féodal de Blaton.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Péruwelz
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Tournai
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Péruwelz
  • Entité communale depuis 1977: Bernissart
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Selon de Guyse (historien du XIVème siècle, qui ne pratiquait pas la critique historique sur les écrits antérieurs à son époque,  y compris les récits légendaires) :

628         Assassinat de Brumulphe, neveu de sainte Aye, deuxième abbesse de Mons, par des généraux de Dagobert.

673         Assassinat du maire du palais Ebroïn par un rival.

885         Sac et pillage d’un castrum en 885 par les Vikings.

Ces évènements signifieraient que Blaton était le siège d’un palais mérovingien d’une certaine importance en Neustrie, peut-être sur un domaine fiscal (royal).

1048      Séjour de la suite du pape Léon IX et de la comtesse Richilde à Condé et Blaton. C’est sans doute vraisemblable et cela tendrait à prouver qu’il existait dès cette époque une résidence comtale sur un domaine appartenant aux comtes.

1072      Attaque du village de Blaton (et sans doute de la résidence comtale) par Robert le Frison, en guerre contre la comtesse Richilde. 

1096      Les prédicateurs de la première croisade furent de passage à Blaton. 

1184      Le comte Baudouin V, en guerre contre le duc de Brabant, plaça une garnison au château de Blaton. 

1186      Une grosse tempête endommagea fortement l’église et des habitations.

V1300   Mariage de Marie d’Enghien, fille du seigneur Arnould II d’Enghien, dame de l’Escaille, avec Robert le Borgne, seigneur de Robersart, tué en 1328 à Cassel.

1348      La grande peste passa et laissa à Blaton comme dans toute l’Europe un nombre impressionnant de victimes.

1402      Un incendie ravageur brûla presque toutes les maisons du village.

1422      Passage des garnisons de Guise, venant de Bavay et pillant Blaton, tout en laissant 80 morts dans la population (épisode dans la Guerre de Cent Ans).

1478      Occupation de Blaton par les troupes de Louis XI, en guerre contre Marie de Bourgogne. Elles  dévastèrent toute la région en pillant les châteaux de Ville, Harchies, Stambruges, Bernissart et Blaton.

1576      Une épidémie mystérieuse fit 140 morts dans le village.

De 1579 à 1584, toute la région fut livrée aux belligérants des guerres de religion : huguenots des républiques calvinistes de Tournai et d’Audenarde, troupes espagnoles et wallonnes, mercenaires allemands. En 1580, les Tournaisiens pillèrent les villages de Péruwelz, Blaton et environs. Période difficile pour les paysans incapables de cultiver leurs champs. Des incendies ravagèrent le château, l’église et de nombreuses maisons. 

1625      De grosses inondations, suite à des pluies torrentielles, eurent lieu. 

1792      Le 23 octobre, une garnison autrichienne, établie à Blaton, repoussa une avant-garde des troupes françaises du général Demouriez. Ces dernières venaient de l’Hermitage et s’avançaient dans l’Allée Royale vers Blaton. Des renforts autrichiens stoppèrent encore ces avancées pendant trois jours, avant de décrocher et de laisser les soldats français s’installer à Blaton et obliger la population à les loger et les nourrir. Ils prirent ensuite la direction de Jemappes, malgré quelques escarmouches locales avec des régiments wallons.

Par la suite, plusieurs habitants de Blaton s’illustrèrent dans les armées wallonnes, puis napoléoniennes.

1798      Le curé Debay refusa de prêter serment à la République Française et se fit confisquer sa cure. Il dut se cacher dans le village. Les biens ecclésiastiques furent vendus comme biens publics ou confisqués.

1914      Fin août, on vit des uhlans allemands à cheval investir le village et se livrer au pillage. L’occupation qui suivit vit son lot de réquisitions et de déportations. Un camp de prisonniers fut aménagé. Un autre camp d’exercices le fut aussi pour les soldats allemands à la Grande Bruyère.

1918      Lorsque les Allemands se retirèrent, ils se livrèrent à des destructions (moulin de la Petite Bruyère, minage de ponts). Blaton fut libérée le 9 novembre par des Anglais.

1940      Le 13 mai, les environs de la gare furent bombardés. La population évacua vers la France. Des soldats français qui reculaient se livrèrent aussi à quelques pillages, avant l’arrivée des Allemands. L’occupation connut comme ailleurs ses déportations, réquisitions, ravitaillements, des faits de résistance et des sabotages.

1944      Le maïeur collaborateur fut assassiné en juillet. Le 4 septembre, les troupes américaines délivraient le territoire. 

En 1984, Bernissart et Feignies jumelèrent.

Economie

Longtemps, l’agriculture fut l’activité principale des villageois (cultures des céréales, du  houblon au XVIIème siècle, des plantes médicinales).

Du sous-sol, on a extrait le grès (« pierre de sable »), depuis au moins le XVIIIème siècle, pour la construction de routes, de maisons et de murs de clôture en pierre sèche.

Au XIXème siècle, on trouvait à Blaton :

  • Des fours à chaux (déjà cités en 1777)
  • Des fours à coke, reliés au charbonnage de Bernissart
  • Une fabrique de tuyaux et de pannes
  • Des usines textiles et bonneteries
  • Un moulin à scier le marbre en 1833.

Le sous-sol de Blaton fut aussi exploité par les charbonnages de Bernissart.

Voies de communication

Longtemps Blaton dépendit des vieilles routes citées plus haut. 

Des canaux furent creusés :

  • Antoing-Pommeroeul, 1826, pour contourner les taxes douanières imposées par les Français après 1815 sur le canal de Mons-Condé, indispensable à l’exportation du charbon borain.
  • Blaton-Ath (vers la Dendre canalisée), 1868
  • Nimy-Blaton-Péronnes, 1951-1955

Le chemin de fer reliait Mons à Tournai et à Ath. Des gares furent construites en 1865 et 1883, et réaménagées en 1960.

La route de Quevaucamps fut pavée en 1886.

Blaton fut desservie par une autoroute en 1971-1973.

Patrimoine

Restes d’un ancien châteauIl fut érigé probablement au XI ou XIIème siècle, peut-être sur une ancienne résidence fortifiée plus ancienne. Il se trouvait sur un terrain proche de l’ancienne maison communale. Il fut restauré entre 1394 et 1402, puis encore en 1433. Il fut pillé en 1579 par les huguenots et incendié avec le village en 1582. Il disparut avant la Révolution. Il fut remplacé par la maison communale en 1740 et par des habitations.

Eglise de tous les Saints. Une des plus anciennes du Hainaut, construite à la fin du XIème-début XIIème siècle, époque des premiers seigneurs et de la naissance du bourg, pour remplacer un ancien oratoire devenu trop petit. Elle est en style roman scaldien et gothique précoce. On y a utilisé les moellons de grès local et de Grandglise. Son plan est en croix latine à trois nefs de six travées. Il persiste des éléments romans primitifs: voûte sous le clocher, le transept avec voûte en berceau. Le reste est couvert d’une charpente en bois. La nef comporte des arcs brisés annonçant la transition roman-gothique. On y trouve des chapiteaux “tournaisiens” à feuilles stylisées (palmes, coeur). Le choeur, autrefois gothique, fut restauré en néo-roman et agrandi en 1872-1876. La tour carrée de la croisée, assez élancée pour un édifice roman, date du XIIIème siècle et fut surélevée aux XV-XVIème. On y ajouta une flèche et un bulbe au XVIIème. D’autres restaurations eurent lieu au XXème siècle. La dernière, effectuée en 1953-63, lui a rendu ses lignes originales à la nef centrale et au transept. Décoration intérieure:

  •  des niches gothiques (1490) avec statues St Pierre et St Paul
  •  Crucifix en bois XVIème
  •  diverses statues, dont St Christophe et St Roch, en bois polychrome, XVIIème
  •  reliquaire de St Fortunat, 1732

Chapelle de la Grande Bruyère

Maison communale (ancienne). Elle fut construite en 1740 ou 1773. Elle fut restaurée en 1873 et 1930.

Un hôpital a existé à Blaton, cité en 1593.

Ainsi qu’une léproserie.

 Bibliographie

Blaton, son histoire, …, Louis Sarot, Syndicat d’initiative

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