Angre

Entité communale des Honnelles

Le territoire

Superficie:  600 ha

Altitude: de 40 m (le pont de la rivière) jusqu’à 100 m au sud dans le bois d’Angre

Situation géographique : Le territoire d’Angre est situé sur le versant sud de la vallée de la Haine à proximité du plateau du Haut-Pays (ou de Bavay). Le village s’est constitué dans un vallon creusé par la Grande Honnelle qui le traverse du sud-est vers le nord-ouest.

Cours d’eau : la Grande Honnelle qui reçoit sur le territoire d’Angre le ruisseau de Roisin-Angreau et le ruisseau Saint-Pierre venant d’Autreppe par Onnezies. Les sources sont nombreuses.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : Le versant était autrefois boisé, avec des clairières surtout en bordure de la rivière. Le bas du village était inondable et pouvait être marécageux. Il persiste aujourd’hui au sud-est le Bois d’Angre (150ha).

Nature du sol : argileux

Nature du sous-sol : pierre calcaire.

Préhistoire

Paléolithique moyen (Homo Neandertalensis) :

Quelques silex du moustérien (culture de l’homme de Neandertal) y auraient été ramassés (selon Denuit).

Néolithique (Homo Sapiens) :

Selon Théodore Bernier (XIXème siècle), suite à la découverte de silex taillés et polis (haches et grattoirs), il pourrait y avoir eu sur le territoire une implantation néolithique. Du côté de l’actuelle rue Grison (Gresium, Grisium signifie champ ou colline rempli de silex).

Antiquité gallo-romaine

Le même Théodore Bernier (Ann. Du cercle archéologique de Mons, 10 ; 1870-71) a trouvé des indices d’occupation du territoire à l’époque gallo-romaine aux lieux-dits « Champ  des Douze » et « champ des Fossés » (champs entre Angre et le hameau de Sebourquiaux à Sebourg). Il s’agissait vraisemblablement d’une exploitation agricole (possibilité d’une villa gallo-romaine), située près d’un chemin (diverticulum) reliant les chaussées Bavay-Tournai-Boulogne et Bavay-Utrecht). On y élevait peut-être des chevaux pour les transports militaires. Y auraient été trouvés des marteaux, un compas, des vestiges non précisés de villa.

Le chœur de l’église de Sebourquiaux aurait été bâti avec des débris de tuiles et de briques romaines de réemploi. Une nécropole, explorée en 1868-69, a révélé des pièces de monnaie (Trajan, Domitien), des fibules, des anneaux, des colliers, des urnes funéraires. Th. Bernier en conclut à un site romain important.

En 1990, selon un rapport de J. Dufrasne (Chroniques du Patrimoine Wallon, 1993), des travaux de terrassement au même endroit, en vue de la construction de hangars, ont permis de constater l’existence de trois fosses. Celles-ci n’ont pas été systématiquement fouillées, mais étaient remplies de gros blocs de silex et de tegulae (tuiles romaines). Ont également été trouvées des tessons de céramique commune, des coquilles d’huîtres, un petit disque en plomb ayant fait office de poids et l’extrémité d’un manche de poêlon en bronze (comme ceux qui étaient fabriqués à Capoue au Ier et au début du IIème siècle). Ces éléments indiqueraient une certaine aisance des propriétaires (importation d’huîtres et de vaisselle italienne) ainsi qu’une occupation au moins au IIème siècle. Aucune fouille systématisée n’a été réalisée, ce qui empêche toute conclusion sur l’importance de l’établissement.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Des tombeaux de cette époque ont été découverts en 1868 dans une propriété privée de la rue Ellizielle (Elusiau ou Elusiel en roman signifie « cercueil, cimetière »).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1075

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Angra (870 ?, 1075)
  • Angrogne (1135) ???
  • Dangre (1149, 1189)
  • Hougrogne (1250 Occitan-Provençal)
  • Angre (1138, 1153)
  • “civitas Ancra apud civitatem Montem” (la ville d’Ancri après la ville de Mons-1632)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • Angulum: angle, coin, sinuosité
  • Anger (germ) : prairie
  • Anager, du nom propre -> « Angera villa »
  • Anguarium ou Angaria: endroit où l’on élève des chevaux, occupation qui exista jadis (Chotin)

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: le chemin de Sebourg à Saint-Ghislain

sources d’eau ou cours d’eau: la Grande Honnelle et ses affluents

source de bois: les deux versants du village étaient boisés

proximité d’un lieu de pouvoir: le château d’Angre (probablement postérieur à la constitution du village).

Paroisse dédiée à Saint-Martin

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Bavay jusqu’en 1803, puis Dour

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné au chapitre épiscopal de Cambrai en 1075 par l’évêque Lietbert. Ceci est confirmé en 1148 par le pape Eugène III. Quant à la dîme, elle fut partagée entre ce même chapitre (7/8), l’abbaye de Saint-Ghislain (1/8) et une petite partie pour l’abbaye de Ghislenghien.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

  • La seigneurie principale, fief mouvant du comté de Hainaut
  • Le fief de Beaufort, partie du bois. Elle relevait des seigneurs de Quiévrain, qui le faisaient entretenir par des vassaux, dont un certain Jean de Beaufort (d’où le nom) au XIVème siècle
  • Le fief de Montroeul appartenait au seigneur de Montroeul, soit les Ligne, mais repassa dans les propriétés des seigneurs d’Angre
  • Le fief de Péruwelz relevait des seigneurs de Quiévrain

La seigneurie principale

Elle comprenait le village, avec son église, et une grosse partie de la campagne environnante, ainsi que le bois d’Angre, une résidence fortifiée « La Loquetière » et le moulin banal.

Les seigneurs y exerçaient toutes les justices. Le domaine était à l’origine une propriété des comtes de Hainaut.

Selon Th. Bernier, une famille d’Angre y exerça quelques droits féodaux sous la suzeraineté des comtes. On cite :

  • Simon d’Angre (1090, cité dans une charte de l’abbaye de Saint-Saulve)
  • Alix d’Angre, fille ou petite fille du précédent (1171)
  • Marie d’Angre, dame d’Angre, qui épousa Wauthier de Beaufort ( ?-1212)
  • D’autres personnages sont encore cités au XIIIème et XIVème siècle, portant le nom d’Angre (Tassart, Jean, Michel, Jacquemart) mais sans qu’ils n’aient exercé nécessairement les droits seigneuriaux.

Le nom d’un Beaufort pose cependant la question de savoir si ces personnages n’étaient pas simplement les tenanciers du petit fief de Beaufort.

Le comte Baudouin IV (1107-1171) donna les trois villages de Sebourg, Fayt et Angre à son fils Henri de Hainaut (v1152-apr1207).

Son fils Philippe de Hainaut-Sebourg (v1175-v1245) lui succéda en 1207. A la mort de ce dernier, sans postérité mâle, vers 1245, le domaine passa à sa sœur Isabeau de Hainaut-Sebourg.

La maison de Hennin-Liétard (1257-début XVème)

Isabeau de Hainaut-Sebourg (v1242-1302) épousa vers 1257 Baudouin I de Hennin-Liétard (1238-1288). Celui-ci était le fils du seigneur de Boussu et de Fontaine (-l’Evêque). Il hérita de Fontaine, alors que son frère Jean devenait seigneur de Boussu. Par mariage, il devint également seigneur de Sebourg, Angre et Fayt. Leur succédèrent:

  • Baudouin II de Hennin-Liétard (v1245-v1295), fils du précédent
  • Baudouin III de Hennin-Liétard (v1281-v1325), fils du précédent
  • Baudouin IV de Hennin-Liétard ( ?-apr1394), fils du précédent. Il mourut sans postérité et ses domaines allèrent à ses neveux.
  • Baudouin V de Hennin-Liétard ( ?-1399), neveu du précédent, sans postérité
  • Jean de Hennin-Liétard, frère du précédent
  • Baudouin VI de Hennin-Liétard ( ?-apr.1422), fils du précédent. Il vendit Angre à Guillaume de Sars.

Remarque

Selon Th. Bernier, Angre serait passé vers 1350 à Jean Musars ou Jehan Muissart (du  Sars ?) (cité dans les annales de l’abbaye de Saint-Ghislain comme seigneur d’Angre). Son fils Guillaume Muissart, écuyer et seigneur d’Herpigny, épousa en 1396 Clémence de Solesmes, fille de Gaspard de Solesmes, grand bailli de Cambrésis. Puis  Olivier de Solesmes (parfois écrit Colem ou Colesmes) lui succéda, peut-être époux de Jeanne Musars, sœur de Guillaume. Il était seigneur de fiefs à Ressaix. Il est compliqué de lier ces familles à l’histoire de la seigneurie principale. Peut-être n’étaient-ils seigneurs que d’un arrière-fief.

Famille de Sars

La famille de Sars est à l’origine celle qui possède la seigneurie de Sars (-la-Bruyère). Elle est en cour auprès des comtes de Hainaut depuis Guillaume I. Elle a donné quelques baillis du comté, des prévôts et des grands officiers durant le XIVème siècle. Elle se divisa en 1364 en une branche aînée, qui continua à détenir Sars, et une branche cadette avec Allard « le Lion » de Sars, prévôt du Quesnoy, de Maubeuge et gouverneur de Beaumont. Déjà seigneur de plusieurs domaines, il acheta aussi  la commanderie de Rampemont.

Guillaume de Sars (1370/1393 -1428/1438).   Guillaume de Sars est le fils aîné “d’Allard le Lion”. Il acheta Angre vers 1415. Lui succédèrent:

  • Guillaume de Sars (1370/1393, Valenciennes-1428/1438, Audignies). Prévôt du Quesnoy, grand bailli de Hainaut, gouverneur de Cambrai, il fut aussi conseiller et diplomate au service du duc Philippe « le Bon » de Bourgogne.
  • Eustache de Sars (1412-1438), fils aîné du précédent, mort sans postérité.
  • Jean de Sars (v1428-1448), frère du précédent
  • Georges de Sars (1420-1481, Valenciennes), son frère
  • Nicolas de Sars (1460-1494) fils du précédent, mort sans descendance
  • Sa tante, Jeanne de Sars, hérita de ses biens

La Maison de Roisin (milieu du XVème-1607)

Au milieu du XVème siècle, Jeanne de Sars épousa Baudry XII de Roisin (v1410-v1472), seigneur de Roisin et d’autres villages (Maurain, Blaregnies, …).

  • Baudry XIII de Roisin (avt1435-apr1455) est leur fils. Par sa mère, il hérita d’Angre, de Rampemont (qu’il revendit) et de la Flamangrie.
  • Baudry XIV de Roisin, (1489 ???-1535), fils du précédent. Gouverneur de la citadelle d’Ath
  • Baudry XV de Roisin ( ?-1545), fils du précédent. Il devint aussi seigneur d’Audregnies par mariage.
  • Baudry XVI de Roisin ( ?-1607), fils du précédent, mort sans postérité. Avec lui s’éteint la Maison de Roisin.

Ce sont les descendants de sa tante Jacqueline de Roisin (1500-1553), fille de Baudri XIV, qui vont hériter des domaines familiaux. Elle avait épousé Antoine de la Fosse. Ils eurent deux filles, dont l’aînée, Anne-Marie de la Fosse (1540- ?) avait épousé Robert de la Tramerie. 

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Famille de la Tramerie

Robert de la Tramerie (1535/1550-1612). Par son mariage avec Anne-Marie de la Fosse, il devint en 1607 seigneur de Roisin, d’Angre, d’Audregnies, de la Flamangrie, … Lui succédèrent:

  • François de la Tramerie (v1565-1612, soit la même année que son père), fils du précédent
  • Ignace-Philippe François Baudry de la Tramerie (v.1593 – v1640), frère du précédent
  • Jean François Ghislain de la Tramerie (v1635-1708 ?), fils du précédent. Il mourut sans enfant. La seule héritière vivante était sa cousine Marie-Hélène, fille de Ghislain, frère d’Ignace. Elle avait épousé Eugène de Sainte Aldegonde

Maison de Sainte Aldegonde (1708-1773)

Eugène de Sainte Aldegonde (v1640-apr1670) était le petit-fils de Philippe de Sainte-Aldegonde, grand bailli de Hainaut, qui se “distingua”, lorsqu’au service du duc d’Albe, il réprima dans le sang des huguenots qui avaient investi quelques villes, dont Mons et Valenciennes. Il fut aussi l’instigateur de nombreux bûchers pour sorcellerie et hérésie. Ce fut le cas à Angre et Roisin en 1565.

Eugène est comte de Sainte-Aldegonde et de Noircames. Il devint baron de Roisin en épousant Marie-Hélène de la Tramerie. Lui succédèrent:

  • Philippe Eugène de Sainte Aldegonde (1672-1707), fils du précédent
  • Louis Bon Joseph Ghislain de Sainte Aldegonde (1708/1714- 1769), fils du précédent
  • Philippe Louis Maximilien Ernest de Sainte Aldegonde (1747-1773), fils du précédent. Ce dernier n’a qu’une fille, Aglaé Charlotte Félicité (1773- ?), qui épousa Joseph de Louvencourt.

    Carte de Ferraris (XVIIIème)

 Famille de Louvencourt

Originaire de Picardie.

Joseph Marie François de Louvencourt (1770? – 1841, Roisin). Marquis de Louvencourt, il fut le dernier seigneur féodal de Roisin, Angre, Audregnies, … Il perdit ses droits en 1792/1794, mais garda ses propriétés, dont le château de Roisin. Pendant la Terreur, il fuit en Hollande puis en Allemagne. 

Evènements importants

Le village d’Angre était situé sur une voie importante venant de France. En effet, seuls deux ponts en pierre sur l’Aunelle existèrent jusqu’au XIXème siècle, celui de Quiévrain et celui de Marchipont. C’est pourquoi les armées empruntèrent le plus souvent ces voies de passage de préférence aux gués.

La campagne entre Marchipont et Angre offrait la possiblité à certains corps d’armées d’y établir leur camp et de réquisitionner les paysans, quand ce n’étaient pas pillages et saccages. 

En 1575, une compagnie d’hommes armés du village fut envoyée à Valenciennes pour y déloger les huguenots qui avaient pris le pouvoir dans la ville. Ils auraient été tous massacrés en chemin.

Des troupes espagnoles en 1651 sont passées en s’y montrant violentes. Les Français en 1655 et 1656 ont forcé les habitants à quitter leurs demeures. Ce fut encore le cas en 1674. Le village resta alors non habité pendant deux ans. Le clocher fut brûlé.

La proximité de la bataille de Malplaquet en 1709 a également fait fuir les habitants qui se réfugièrent à Valenciennes.

En 1746, l’armée autrichienne a campé à Angre et à Quiévrain. Ce qui entraîna de lourdes réquisitions de vivres affamant la population.

Du 1 décembre 1793 jusqu’au 14 février 1794, un détachement de cavalerie allemand s’établit à Angre. Puis d’autres unités allemandes ou hollandaises les remplacèrent.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemappes

Canton: Quiévrain, puis Dour

On note la plantation d’une « arbre de la liberté » en 1798 à la place du Préau.

Après la bataille de Waterloo, un régiment de Hollandais séjourna plusieurs mois à Angre.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)

Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique

Province: Hainaut

Arrondissement administratif: Mons

Arrondissement judiciaire: Mons

Canton: Dour

Entité communale depuis 1977: Honnelles

Le 2 septembre 1944, une colonne d’Allemands en recul fut attaquée à hauteur du cimetière d’Angre par des Résistants, qui continuèrent leurs tiraillements dans les jours suivants.

Economie

Angre est entouré de prairies et de champs au sol limoneux favorables à l’agriculture. Ce sont donc les exploitations agricoles et les industries dérivées qui dominèrent la vie économique et sociale du village au long des siècles. On cultive ou cultivait des céréales, du tabac, des légumineuses, des betteraves.

Angre s’est spécialisé dans la production de la chicorée. A la fin du XVIIIème siècle, celle-ci était utilisée pour son usage médical, mais quand au début du XVIIIème, sous Napoléon, les blocus économiques réduisirent l’importation du café, la chicorée fut utilisée comme substitut à celui-ci. De là date l’ancienne coutume de mélanger café et chicorée. 

Le premier à en produire à Angre fut Hubert Launois, agriculteur et bourgmestre, en 1808. Ses descendants continuèrent cette activité en la modernisant notamment par l’introduction d’une machine à vapeur (la première dans le Haut-Pays). En 1882, à la suite de l’inauguration de la ligne de chemin de fer, Louis Launois sortit la marque « La Locomotive ». Leur production était écoulée en Brabant, en Namurois et dans le Nord de la France. Après la première guerre, les Launois utilisèrent des camionneurs et des spécialistes de la torréfaction. Ils produisirent de la chicorée maigre dès 1933, plus appréciée par les consommateurs. Dégradation après la deuxième guerre. L’activité de cette entreprise s’arrêta au début des années ‘1960.

D’autres fabriques de chicorée naquirent à Angre (huit en tout) et dans les Hauts-Pays, notamment la firme Payen, née après 1918, qui torréfiait également le café. Elle ferma ses portes en 1968.

Angre s’est également signalée par

  • ses brasseries
  • son moulin à grains sur la Honnelle à la sortie du Bois d’Angre. C’était le moulin banal dans l’Ancien Régime. Il était à la limite des prairies du château seigneurial. Il est mentionné dès 1558, mais devait sans doute exister bien avant.
  • sa culture du tabac (jusqu’en 1918) et ses fabriques (4)
  • ses marchands de chevaux, notamment des petits chevaux importés de Russie, appréciés dans les charbonnages de la région. 

On fabriqua aussi à Angre :

  • des aiguilles à métier, à partir de 1825
  • des roues de moulin
  • des fleurs artificielles

Le sous-sol fut également exploité pour

  • sa pierre (voir le chapitre consacré à Roisin).
  • sa chaux (pour les fours qui ont existé au lieu-dit « champ des chaufours »)
  • sa marne

Au XIXème, on tenta, en vain de trouver de la houille à plusieurs reprises jusque 1860.

Exploitation du bois (famille Damée d’Angreau) qui était écoulé vers les mines, les scieries et l’Union Allumettière.

Voies de communication

A l’époque romaine, il existait un diverticulum qui reliait les deux chaussées romaines (Bavay-Tournai-Boulogne et Bavay-Blicquy-Mer du Nord). Il passait sur l’actuel territoire d’Angre. 

Au début du Moyen-Age, on trouvait un chemin qui allait du Quesnoy (ville fortifiée au XIIème siècle) à l’abbaye de Saint-Ghislain (fondée au VIIème siècle).

Longtemps, la voie principale fut le chemin qui descendait de Roisin, traversait Angreau et Angre, pour prendre la direction d’Audregnies et d’Elouges. Elle fut pavée entre 1846 et 1848 aux frais des communes en grande partie, du Hainaut et de l’Etat en moindre partie. Par la suite, les rues secondaires l’ont également été.

On passa la Grande Honnelle à gué jusqu’en 1771. On construisit alors une passerelle pour piétons qui fut emportée lors de grosses inondations en 1848. C’est de cette date qu’existe un pont en pierre.

Le chemin qui venait de Marchipont était important, car ce village était le seul avec Quiévrain à avoir un pont en pierres (permettant le passage de charrois et de convois) sur l’Aunelle. 

Le chemin de fer passa à  Angre, où un arrêt et une gare furent aménagés en 1882 sur la route allant à Onnezies. Il n’est plus en activité depuis 1960.

Un tramway fonctionna entre Quiévrain et Roisin.

Patrimoine disparu

Le Château de Lotier. Certains prétendent qu’il fut l’œuvre du comte Régnier Ier au Long Col (880-916), peut-être lorsqu’il défendait son petit comté contre les Vikings installés à Condé. Il est sans doute plus tardif et il n’est pas sûr qu’il ait servi de résidence principale aux seigneurs d’Angre qui en avaient d’autres (Sebourg, Valenciennes, Roisin, …). Un bailli les y représentait. Il appartint parfois à la famille des Baudour. Selon Th. Bernier, ce château était un quadrilatère avec quatre tours rondes d’angle et un donjon au milieu. Il aurait été démoli au XVIIème siècle et transformé en ferme : la cense de la Locquetière. Selon Th. Bernier, il aurait été édifié dans le domaine de la villa romaine, sur le versant occidental de la rivière (actuelle rue des Grisons ou  derrière). Les seigneurs avaient leur terrain de chasse à partir de la rue qui en porte encore le nom.

Patrimoine actuel

Eglise St Martin. Je n’ai pas de précision quant aux édifices précédents. Elle fut reconstruite au XVIème siècle, mais incendiée par les troupes espagnoles en 1674. Les habitants durent cacher les cloches. A nouveau reconstruite à la fin de ce siècle, elle fut agrandie vers 1725 par l’architecte montois Claude de Bettignies. Il a conservé le clocher gothique du XVIème avec ses cloches de 1603. Les nefs ont été agrandies au XVIIème, puis restaurées en 1914-18. Le mobilier est riche. Il est constitué principalement de :

  • Statue de St Martin-catéchumène, bois sculpté polychrome, XVème
  • Statue de l’Ange gardien, XVIIIème, d’Antoine Gillis, sculpteur de Valenciennes
  • Autels lambrissés Louis XV et Louis XVI – stalles aussi
  • Christ aux Outrages, à l’extérieur, XVIIème
  • Boiseries de 1741 (autels, stalles)

Chapelle St Roch (route de Marchipont, au point culminant), 1849. Une table d’orientation a été érigée à proximité.

Le site du « Caillou-qui-Bique » (dans le bois d’Angre). Il s’agit d’un rocher en équilibre assez précaire, constitué d’un poudingue, c’est-à-dire d’un amas de galets de quartz et de quartzite, liés par de l’oxyde ferreux argileux dans une pâte rouge et dure de nature argilo-siliceuse, et érodés par la Honnelle qui passait à ses pieds. D’autres amas existent de part et d’autre de la rivière. Le cours de celle-ci est assez inégal dans le bois et recèle de gouffres et de tourbillons dangereux. Ces roches qui affleurent ici ont été constituées à l’ère primaire, au dévonien. Ce lieu fut sujet de nombreuses légendes, vu le caractère pittoresque du site. Pour rappel il n’y a pas de grotte dans le coin. Elles n’existent que dans les terrains calcaires (comme en bord de Meuse et de ses affluents).

Personnages locaux célèbres

Théodore-Antoine Bernier (1843, Angre – 1893, Angre). Issu d’une famille de cultivateurs, il devint peintre en bâtiments. Autodidacte, il étendit sa culture et se fit embaucher dans une librairie à Mons. Passionné d’histoire et d’archéologie, il s’intéressa à sa région et participa à de nombreuses fouilles, notamment pour le cercle archéologique de Mons. Il écrivit le “Dictionnaire historique des Communes de Hainaut”, 1879, 1891. Il participa à la recherche et au rassemblement des archives provinciales et paroissiales en Belgique. Il créa un hebdomadaire “la Frontière du Hainaut”, édité à Quiévrain, en 1888.

Charles-Théodore Bernier, son fils (1871, Angre – 1950, Angre). Dessinateur, graveur et aquafortiste.  Formé à l’Académie de Mons. Participa au concours de Rome où il obtint un deuxième prix. Etudia à l’Ecole des Beaux Arts de Paris. Participa à certains Salons de Paris. Ami de Verhaeren. Caractéristique de son art: netteté du trait, vérité de l’expression et du regard (très bon dans les portraits), souci du détail. Un monument lui est dédié depuis 1908 à Angre, dû au sculpteur Elie Raset.

 Bibliographie

Recherches historiques sur le village d’Angre, Th. Bernier, 1875, Ed. Dequesne-Masquillier, Mons

 

Leval-Trahegnies

Entité communale de Binche

Le territoire

Superficie: 776 ha

Altitude:  de 130 m (centre) à 190 m (est)

Situation géographique : le territoire est situé sur le versant sud de la vallée de la Haine, en bordure du plateau séparant les vallées de la Haine et de la Sambre.

Cours d’eau : des petits rus, dont celui  du Plat Fossé, le Riau, le Petit Fossé

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, schiste, houille

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) :

On aurait trouvé au lieu-dit « la Courte » un gisement de silex néolithique.

Ages du fer : 

Des fouilles, entre 1905 et 1914, au lieu-dit « la Courte », ont permis de découvrir des tombes celtes de la période de la Tène (groupe de la Haine, IIIème siècle) avec une goupille d’essieu, trois anneaux de rênes, des céramiques. Ce qui évoque l’inhumation d’un seigneur guerrier sur un char.

Antiquité gallo-romaine

La chaussée romaine Bavay-Cologne passe au nord-ouest du village. Mais cette période n’est pas documentée quant à des vestiges.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Selon le Polyptique de Lobbes de 868, cette abbaye possédait le domaine. Saint-Ursmer en aurait obtenu la propriété du roi lui-même, soit au VIIème siècle.

Deuxième Moyen-Age – le village

Nous sommes mal documentés sur l’origine du village. Deux noyaux villageois se sont constitués, Leval et Trahgenies, de part et d’autre du « Riau ».

Première mention: 868

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Traignies, 868 (Polyptique de l’abbaye de Lobbes)
  • Vallis, 1159-1181
  • Leval, 1265, Trahegnies, 1265
  • Trasneias, XIIème
  • Vallis, Traygnies, 1444

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • Leval est en rapport avec la situation géographique de cette partie du village.
  • Trahegnies pourrait dériver de Trajectum, en latin : « pont, passage ».

Epoque de son apparition: au XIème ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine

sources d’eau ou cours d’eau: ruisseaux mentionnés ci-dessus

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisses dédiées à:

  • Saint-Pierre à Leval – dont la collation de la cure fut attribuée au chapitre de Lobbes/Binche. Burchard, évêque  de Cambrai confirma en 1126 la cession faite à l’église Notre-Dame et à St-Ursmer à Lobbes par son prédécesseur Gérard de l’autel de Leval
  • Saint-Martin à Trahegnies – qui relevait du chapitre Notre-Dame de Cambrai

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneuries et fiefs

Comme pour beaucoup de villages des environs, qui entraient dans les possessions de l’abbaye de Lobbes, ces deux villages seraient passés par la suite dans les domaines des comtes de Hainaut et plus particulièrement dans la prévôté de Binche.

Selon un cartulaire de 1265, les comtes y exerçaient les droits seigneuriaux par l’intermédiaire d’un maire, d’un sergent et d’échevins. Nous ne savons pas s’ils relevaient chacun d’une seigneurie ou si une même seigneurie couvrait les deux villages. Il en est de même pour l’administration communale.  Trahegnies était-il simplement un hameau de Leval ?

Quelques personnages apparaissent, détenant les droits seigneuriaux, à partir du XIVème siècle. Fieffés ou acheteurs?

Le premier seigneur connu fut  Mahieus, sire de Leval, cité en 1304.

En 1486, la seigneurie était partagée entre Simon Prévôt et Gilles d’Esclaibes, seigneur d’Epinois. 

(De nouveau, plusieurs questions se posent. Les Esclaibes étaient-ils seigneurs depuis plus longtemps, comme à Epinois ? Quelle était la nature du partage entre ces deux familles ? Co-seigneurie ou séparation de Leval et Trahegnies. Plus de documentation serait utile.)

Les membres de la famille Prévôt qui furent seigneurs de Leval :

  • Guillaume Prévôt, bailli des fiefs de la prévôté de Binche (1554-1557)
  • Jean Prévôt, son fils
  • Jacques Prévôt, comte de Leval, 1626
  • Gabriel-François Prévôt, son petit-fils, relief en 1689
  • Joseph François Prévôt, relief en 1699

A partir d’une date non précisée, dans la première moitié du XVIème, apparaissent à la tête de la seigneurie de Leval des membres de la famille le Boucq, conseillers à la Cour de Mons:

  • Jean le Boucq, écuyer, chevalier de l’Ordre du Saint-Sépulcre, mort de retour de Terre Sainte
  • Jean le Boucq (avt1505-1557), fils du précédent
  • Jean le Boucq ( ?-1564), fils du précédent
  • Gilles le Boucq ( ?- ?), fils du précédent
  • Jean le Boucq ( ?-1643), fils du précédent, sans postérité
  • Charles Jacques le Boucq (avt1629-1652), frère du précédent
  • Philippe Louis le Boucq (1649-1720), fils du précédent. Il acheta en 1700 Mont-Sainte-Aldegonde et en 1689 Epinois, qui fut érigée en comté.
  • François Joseph Théodore le Boucq ( ?-1763), fils du précédent, sans postérité
  • Philippe Albert Léopold le Boucq (1699, Epinois – 1777, Epinois), frère du précédent
  • Dominique Alexandre Albert le Boucq ( ?-1789), fils du précédent
  • Charles Léopold le Boucq « d’Espinois » ( ?- ?), fils du précédent. Il perdit ses droits seigneuriaux en 1794.

    Carte de Ferraris (XVIIIème)

Il existait à côté de la seigneurie principale d’autres fiefs :

  • Un fief foncier tenu par l’abbaye de Lobbes
  • Des arrière-fiefs dépendant de la seigneurie principale : Hersies ou Herchies, Trieu de Leval,
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Binche
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Thuin
  • Arrondissement judiciaire: Charleroi
  • Canton: Binche
  • Entité communale depuis 1977: Binche
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Le village eut à subir les dommages des nombreuses guerres au cours desquelles la place forte de Binche était attaquée.

Economie

Agriculture

Moulin Stoclet, construit en 1795, qui fonctionna jusqu’au début d XXème

Charbonnages de la Société de Leval-Trahegnies

Patrimoine

Eglise St-Pierre (Leval). Elle fut reconstruite en 1776, par les chanoines du chapitre de St-Ursmer de Binche.

Eglise Saint-Martin (Trahegnies). Construite en 1892-1894. Endommagée par une tornade en 1966 et  effondrement du clocher en 1985. Elle fut désaffectée, puis abattue.

Chapelle de la Sainte-Vierge, au hameau de Trahegnies

Epinois

Entité communale de Binche

Le territoire

Superficie: 357 ha

Altitude: de 125 à 150 m

Situation géographique : Le territoire est situé sur le versant sud de la vallée de la Haine. Le village s’est établi au bord d’un petit vallon créé par la Samme.

Cours d’eau : le ruisseau du bois de Hoyau et la Samme

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé et marécageux – quelques étangs

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, houille

Préhistoire

Au lieu-dit « Ferme Wauthier » et dans le bois, auraient été trouvés des silex, taillés selon la méthode acheuléenne récente, au paléolithique inférieur.

Antiquité gallo-romaine

La même source évoque aussi des vestiges gallo-romains sans précision.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Le polyptique de l’abbaye de Lobbes de 886 mentionne le domaine d’Epinois dans ses possessions.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 868

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Spinetum, 868 (polyptique de l’abbaye de Lobbes)
  • Spinethum, 1124
  • Espinoit, 1181, 1299
  • Spinoit, 1265
  • Espinoit, 1347, 1355, 1357
  • Espinois, 1372
  • Espinoy

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

On pense que le nom vient du latin Spinetum, « endroit couvert de ronces et de broussailles épineuses ».

Epoque de son apparition: XI ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: en dehors des voies antiques et médiévales

sources d’eau ou cours d’eau: la Samme

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Sainte-Marie-Madeleine, dépendant à l’origine avec Binche de la paroisse de Waudrez. Lorsque Binche devint autonome, Epinois resta lié à Waudrez, avant d’être reliée à la paroisse de Buvrinnes en 1785.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné au chapitre épiscopal de Cambrai par l’évêque Burchard, ce qui fut confirmé en 1179 par le pape Alexandre.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneuries et fiefs

Le village appartenait au IXème siècle à l’abbaye de Lobbes. Un premier castrum aurait existé dès le Xème siècle à Spinetum sur les terres de l’abbaye de Lobbes.

Seigneurie principale

Elle était constituée d’un village à clocher, d’un château, de terres. Le seigneur y exerçait toute justice et ses droits seigneuriaux par l’intermédiaire d’un bailli, d’un maïeur et d’échevins.

Sur des terres devenues propriété comtale, cette seigneurie apparaît au XIIème siècle. Il est assez difficile d’établir une liste des seigneurs, tant les questions sont nombreuses quant à sa cohérence. D’autant plus qu’il existe d’autres Epinois… 

Les premières données connues font apparaître une certaine Marie d’Epinois qui serait aussi une Marie d’Esclaibes.

Eclaibes est aujourd’hui un village situé au sud de Maubeuge, donc en Hainaut.

Cette Marie serait la fille héritière d’un seigneur des deux lieux. On pourrait avancer l’hypothèse selon laquelle il existait dans la deuxième moitié du XIIème siècle une famille d’Eclaibes, sur laquelle les comtes pouvaient compter à une époque où ils mettaient en place des structures urbaines et défensives. Baudouin IV ou Baudouin V auraient pu donner le village d’Epinois à un membre de cette famille, dont Marie, indistinctement appelée d’Esclaibes ou d’Epinois, était l’héritière.

On cite parfois par la suite comme titulaires de la seigneurie d’Epinois des seigneurs de Houdeng. Selon Vander Elst, ils pourraient avoir été seigneurs d’Epinois-lez-Clerfayt et n’auraient rien à voir avec Epinois-lez-Binche. Cela paraît cohérent avec la suite.

  • Cette Marie d’Esclaibes épousa Raoul de Saultain/Saultaing, seigneur d’un village situé au sud-est de Valenciennes. Ce  personnage est cité seigneur d’Esclaibes et d’Epinois.
  • Ils eurent une fille, parfois appelée Claire, parfois appelée Ide de Saultaing, dame héritière des deux seigneuries. Elle épousa Philippe de Gavere, fils cadet de Rasse V de Gavere, seigneur de Chièvres. Ce chevalier aurait choisi de reprendre le nom, les armes et le cri de guerre des Esclaibes. Lui succédèrent, comme seigneur d’Eclaibes et d’Epinois :
  • Raoul I d’Esclaibes ( ?-1253, bataille de West-Capelle), leur fils
  • Raoul II d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Raoul III d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Raoul IV d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Jean d’Esclaibes (v1271- ?), fils du précédent
  • Gérard d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Fastré d’Esclaibes (v1360-v1415), fils du précédent, prévôt du Quesnoy
  • Jean II d’Esclaibes ( ?-1415, bataille d’Azincourt), fils du précédent
  • Gilles II d’Esclaibes (-apr1491), fils du précédent
  • Prévôt de Maubeuge, il n’est plus cité comme seigneur d’Esclaibes.
  • Gilles III d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Gilles IV d’Esclaibes ( ?-1532), fils du précédent, favori de Charles-Quint. Il semble correspondre à  Jacques d’Esclaibes, écuyer, dont on dit qu’il tenait la terre d’Epinois en fief lige de la pairie de Beloeil (relief en 1503). Ce détail est assez troublant, car il est à priori difficile de comprendre le pourquoi de cette dépendance. Mais elle est réelle, car elle prend de l’importance par la suite. Ce personnage n’avait pas de postérité.
  • Son frère Jean d’Esclaibes ( ?- ?) lui succéda.
  • Une généalogie mentionne comme successeur ensuite son fils Elie d’Esclaibes
  • Puis le fils de celui-ci, Pierre d’Esclaibes qui ne semble pas avoir eu d’enfant.
  • La seigneurie serait alors revenue à Charles d’Esclaibes, un fils naturel de Jean d’Esclaibes. Il en fit relief (attesta de la propriété) en 1581, mais ceci donna lieu à des contestations familiales. Finalement le bien fut attribué vers 1591 à la famille de Ligne, détenant la pairie de Beloeil, suzeraine d’Epinois.

Maison de Ligne

  • Lamoral Ier (1563, Beloeil-1624, Bruxelles) fut le bénéficiaire de cette décision. Il était prince de Ligne et du Saint-Empire, aussi prince d’Epinois, mais ce titre lui venait de son épouse et concerne un autre Epinois (département du Nord). Il était seigneur d’un très grand nombre de domaines.
  • Florent de Ligne (1588-1622), fils du précédent
  • Albert-Henri (1615-1641), fils du précédent
  • Claude-Lamoral I (1618, Beloeil-1679, Madrid), fils du précédent
  • Henri-Louis-Ernest de Ligne (1644-1702), fils du précédent

Le domaine d’Epinois fut éclissé de la pairie de Beloeil et vendu à la famille le Boucq.

Famille le Boucq

  • Philippe-Louis le Boucq ( ?-1721) acheta Epinois en 1689. Deux ans plus tard, il achètera Mont-Sainte-Aldegonde. Cette famille possédait déjà Leval-Trahegnies depuis le début de ce siècle. Lui succédèrent :
  • François Joseph le Boucq ( ?-1763), fils du précédent
  • Philippe Albert Léopold le Boucq ( ?-1777), fils du précédent. La terre d’Epinois fut érigée en comté.
  • Dominique Alexandre Albert le Boucq ( ?-1789)
  • Charles Léopold le Boucq. C’est avec ce dernier qu’en 1794 l’Ancien régime se termina.

Il existait aussi un Fief du bois de la Houssière, fief lige des comtes de Hainaut, tenu par des seigneurs qui dépendaient directement de ceux-ci.

La commune

On y suivait la coutume de Mons.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Binche

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)

  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Thuin
  • Arrondissement judiciaire: Charleroi
  • Canton: Binche
  • Entité communale depuis 1977: Binche
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Ce village, proche de Binche, a connu les affres des différentes guerres et sièges, à l’image du chef-lieu de la prévôté.

Economie

Longtemps elle reposa sur l’agriculture et l’élevage.

On exploita la houille au puits Saint-Georges, propriété des charbonnages de Leval-Trahegnies, puis de Ressaix.

Patrimoine

Eglise Sainte-Marie Madeleine. Elle est du XVème siècle en style gothique. Monuments funéraires des seigneurs du village. 

Château du comte d’Espinoy. Quatre tourelles octogonales. Une vue de 1590 (ci-dessus) démontre une forteresse imposante avec un donjon-porche, des tours, des douves et une basse-cour. Il fut transformé par les Le Boucq en château de plaisance. Une grande partie de l’édifice actuel date de 1708. En 1796, Charles Léopold le Boucq le céda à Joseph Antoine George, son métayer. Ses descendants gardèrent le château jusqu’en 1914. Plusieurs d’entre eux furent bourgmestres d’Epinois. Pendant la Première Guerre Mondiale, Léopold Alfred George partit pour l’Angleterre et vendit le château à un entrepreneur qui dépeça le bâtiment. Ce qui en reste fut acheté par Armand Bizet qui le restaura. Puis il passa à la famille Bogaerts.

Binche

Entité communale de Binche

Le territoire

Superficie: 77 ha

Altitude: entre 85 et 92 m

Situation géographique : le territoire est situé sur le versant sud de la vallée de la Haine. La cité s’est développée sur un escarpement rocheux, jadis entouré d’un bras de la Samme.

Cours d’eau : la Samme qui prend sa source à Buvrinnes et qui prend le nom de “Ruisseau de la Princesse” à la sortie de la ville.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Non documentée

Antiquité gallo-romaine

On pense qu’il existait sur la colline un camp romain à l’époque de la conquête de la Gaule et du Pays des Nerviens. C’est là que Quintus Cicero fut assiégé en -52. Il aurait été abandonné ensuite pendant plusieurs siècles.

On a trouvé dans un endroit non précisé au XIXème siècle un Bronze d’Alexandre Sévère (début du IIIème siècle). 

Il existerait à la « Cité Vandervelde » un ancien site gallo-romain (1km à l’ouest de la chaussée). Sans précision.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documentée

Deuxième Moyen-Age – le village

A l’origine, Binche et Epinois faisaient partie du grand domaine seigneurial de Waudrez, appartenant aux comtes. Sans doute un ancien domaine fiscal royal de l’époque franque.

Première mention: 1124

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Bincium, 1124 (charte de Burchard, évêque de Cambrai), 1182, 1193, 1200, 1229, 1248
  • Binzium, 1159, 1204, 1206, 1209
  • Bins, 1162, 1197, 1460
  • Binc, 1167, 1179, 1181, 1239, …
  • Binchium, 1177, 1246, 1258
  • Bince, 1179
  • Bains, XVIème
  • Beins, XVI, XVIIème
  • Binch, 1232, 1256, …., 1790

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

On pense que le nom latin Binchium dérive de Bincium, signifiant « colonie »

Epoque de son apparition: XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine proche

sources d’eau ou cours d’eau: la Samme autour d’un éperon rocheux

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: Binche s’est constituée à l’origine en citadelle

Paroisse dédiée à Saint-Ursmer. Les premiers paroissiens dépendaient de la paroisse de Waudrez. Il est possible qu’une petite communauté villageoise se développa à l’écart de Waudrez.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche (dès le XIIème siècle).

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants): A la demande de la comtesse Yolende de Gueldre, l’autel de Waudrez et de ses dépendances (Binche et Epinois) fut donné en 1124 par l’évêque Burchard de Cambrai à son chapitre cathédral. Ce qui fut confirmé par le pape Alexandre III en 1180 et par le pape Lucius III en 1181.

A la fin du XIIème siècle, on vit naître deux autres paroisses, dépendant aussi du chapitre de Cambrai.  En 1409, le chapitre des chanoines de Lobbes vint s’installer à Binche.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneurie – la ville

Ce sont des terres qui appartenaient au comte de Hainaut qui y firent de fréquents séjours, car les environs étaient propices à la chasse. Elles servaient de dot aux filles aînées des comtes.

XIIème siècle

Binche fut détachée de Waudrez entre 1120 et 1127, sous la régence de Yolande de Gueldre, veuve du comte Baudouin III.

Binche se structura progressivement au début du XIIème, à partir d’une population de paysans et d’artisans. En 1147, Yolande de Gueldre, mère de Baudouin IV,  y fit installer une ville neuve et la fit entourer d’une première enceinte fortifiée (selon Gislebert de Mons).

La croissance de Binche fut rapide. L’enceinte sera encore prolongée vers le nord par son fils Baudouin IV « le Bâtisseur ». L’enceinte définitive fut longue de 2,5km et comporta 30 tours et 6 portes, dont il reste encore aujourd’hui la majorité, récemment restaurées à la fin du XXème siècle.

La cité reçut ainsi un statut de place forte qui va lui permettre de jouer un rôle militaire à l’avenir. Une garnison y fut installée. Les comtes y firent construire un château à l’extrémité méridionale, le “château de la Salle” qui devint leur résidence favorite (Castrum quod nominant Bins). Un châtelain remplaçait les comtes en leur absence. C’était un officier militaire, dont les pouvoirs s’étendaient sur les villages des environs regroupés en une châtellenie. A ses côtés, un prévôt avait un pouvoir civil.

A partir de 1221, un seul personnage, appelé prévôt, exerça les deux pouvoirs. La châtellenie devint « Prévôté de Binche ». Elle était constituée de 6 terres franches et abbayes, 44 villages, 20 hameaux et seigneuries, les villes de Binche et  de Fontaine-l’Evêque, ainsi que du bourg de Merbes-le-Château.

La ville de Binche fut gouvernée par un conseil composé d’un prévôt, de sept jurés et de six conseillers (« consaux »). Le prévôt était chargé par le comte de Hainaut des affaires civiles, militaires et judiciaires de la Prévôté. Les Jurés étaient choisis parmi les notables bourgeois, artisans, commerçants ou membres de professions libérales. Les Consaux représentaient les métiers.

On y vit en 1148 passer Saint Bernard de Clairvaux qui prêchait la croisade.

Dès 1167, la commune reçut des franchises communales. Des magistrats ou juges furent mis en place pour exercer la justice au nom du comte et de son prévôt. 

Une guerre en 1185 entre le comte de Hainaut, Baudouin V,  et le comte de Brabant, allié au prince-évêque de Liège, endommagea les lieux, mais la cité résista. On répara et on augmenta encore les moyens de défense. 

Binche, avec Mons, Valenciennes et Le Quesnoy confirmèrent le traité de paix de 1194 entre Baudouin V et Henri I de Brabant.

Afin de faire prospérer la ville,  Baudouin VI de Hainaut donne à Binche sa charte de privilèges communaux en 1198. Le commerce et l’artisanat vont alors prendre de l’ampleur, particulièrement l’industrie drapière et le commerce des grains.

XIIIème siècle

Les comtes gardèrent une forte mainmise sur la ville. Ils y résidèrent souvent, d’autant plus que les environs étaient propices à la chasse.

Une halle est construite en 1229. La grande enceinte semble avoir été construite en plusieurs chantiers (1289, 1308, 1321).

En 1225, on y vit passer le « faux Baudouin », un personnage qui se faisait passer pour le comte Baudouin VI, pourtant donné mort à la croisade en 1206. 

XIVème siècle

La ville était suffisamment prospère pour que des banquiers lombards s’y installent en 1304.

Un premier déclin fut provoqué par l’épidémie de peste qui traversa l’Europe en 1348-49, puis en 1398. La démographie chuta. Il fallut que le comte Aubert de Bavière et son fils Guillaume IV favorisent le repeuplement. Ils exemptèrent en 1399 les habitants du droit de morte-main et d’autre charges pour attirer la population servile des campagnes.

La ville servit de douaire (dot) aux filles aînées des comtes de Hainaut.

XVème siècle

En 1408, Binche reçut encore des privilèges exceptionnels du Comte Guillaume IV de Bavière.

En 1409, le chapitre des chanoines de St Ursmer fut transféré de Lobbes à Binche par l’évêque de Liège, Jean de Bavière. Ce qui fut approuvé en 1410 par le pape Jean.

En 1477, le douaire (dot de veuve) de Marguerite d’York, veuve de Charles le Téméraire, y fut entreposé.

A cette époque, la ville avait souffert des guerres engagées par le roi Louis XI de France. La misère était présente.

XVIème siècle

Les remparts devinrent obsolètes face aux nouvelles techniques de bombardement, mais la cité les conserva.

Lorsque Charles Quint nomma sa soeur, Marie de Hongrie, gouvernante des Pays Bas, il lui donna le domaine de Binche en fief. Elle y fit construire un palais en 1548,  sur les fondations du précédent (XIIIème, déjà remanié aux XIV et XVème, qui sera rasé ici pour la circonstance), faisant appel à l’architecte montois Jacques Dubreucq, fleuron de l’architecture Renaissance en Hainaut. De grandes fêtes en l’honneur de l’Empereur et de son fils Philippe furent organisées l’année suivante (“les Triomphes”), ainsi qu’à l’occasion de la visite de la Reine de France. Ce fut l’apogée culturelle de Binche.

En 1550, on y signa un traité de paix entre Charles-Quint et Marie Stuart, reine d’Ecosse (et catholique en ces temps d’anglicanisme triomphant en Angleterre). 

Malheureusement, ce château ne dura pas longtemps.  En 1554, les troupes du roi Henri II de France en firent le siège et y boutèrent le feu. En 1578, celles du duc d’Alençon et d’Anjou, ayant pris le parti des Calvinistes, achevèrent le travail de destruction.

On tenta bien d’en reconstruire une partie. Lors de ces sacs, les chartes de libertés de la ville disparurent. Le roi Philippe II les renouvela en 1589 (« Chartes et coutumes de la ville de Binche », ensemble de lois pour les habitants de Binche).

XVIIème siècle

Les archiducs Albert et Isabelle y firent leur joyeuse entrée en 1600, alors que le château était toujours en reconstruction. 

En 1622, les troupes de Mansfeld, qui passaient et ravageaient la région, épargnèrent Binche où les populations des alentours venaient se réfugier. La population déclina une nouvelle fois avec des épidémies en 1626 et 1636.

La ville eut alors trop à subir des guerres entre France et Pays-Bas pour que la prospérité se maintienne. En 1674, après la bataille de Seneffe, les troupes du maréchal de Luxembourg traversèrent la plaine de Binche et s’y livrèrent aux exactions de guerre.

Binche fut assiégée en 1675 par les troupes françaises de Louis XIV. Elle fut occupée, ce qui entraîna de lourdes réquisitions. Une partie des fortifications fut détruite. Le roi de France s’était emparé de toute la prévôté de Binche. En 1667, elle l’annexa au royaume de France, ce qui fut confirmé lors de la Paix d’Aix-la-Chapelle de 1668. Cependant le Traité de Nimègues de 1678 ramena la prévôté dans les Pays-Bas Espagnols.

Nouvelle occupation dès 1691. Les Français remirent partiellement en état les fortifications entre 1691 et 1697. Cependant, après leur départ, l’entretien devint trop coûteux et on décida de les démolir en 1704. Les pierres furent réutilisées ailleurs, notamment pour la construction de l’hôpital militaire royal de Mons. Aujourd’hui un parc de plaisance y est aménagé, mais des fouilles sont toujours en cours.

XVIIIème siècle

Les Français revinrent à nouveau. La garnison fut déplacée à Gosselies. En 1709, les troupes alliées se déployèrent non sans malheurs dans toute la région.

En 1746, de nouveaux assauts français, lancés par le roi Louis XV, vinrent saccager Binche et les environs.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Binche

A partir de 1794 et de l’occupation française révolutionnaire, des troupes furent souvent cantonnées dans la ville. Binche devint en 1793 chef-lieu de district, ensemble de 12 cantons. Puis elle devint chef-lieu d’un des 28 cantons du département de Jemappes.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Thuin
  • Arrondissement judiciaire: Charleroi
  • Canton: Binche
  • Entité communale depuis 1977: Binche

Ce fut la reprise économique. Extension de l’industrie de la confection.

Mais ce fut aussi la période où l’on démantela les remparts qui servirent de carrières de pierres pour d’autres constructions. Les six portes ont été détruites.

Economie

Binche, étant une ville, eut une économie urbaine, basée sur l’artisanat et le commerce.

Les productions agricoles venaient essentiellement de la campagne environnante. Les agriculteurs,  maraîchers et éleveurs venaient écouler leurs produits sur le marché.

On y vit se développer les habituels métiers des villes :

  • De la meunerie, dans des moulins à eau
    • De « Jean le Meunier » ou « Moulin de la Samme » à Buvrinnes
    • Moulin de Parchegnies, sur l’ancien territoire de Battignies, attesté au XIIIème
    • Moulin de Seluelle ou « moulin St-Paul », cité en 1256, jusqu’à 1856
    • Moulin de David, dès 1265 jusqu’au début XXème
    • Moulin de Dessous le Mont, Waudrez
  • Des tanneries
  • Des corroieries
  • Des brasseries

Mais c’est la draperie, très florissante aux XIII et XIVème siècles,  et plus tard la dentelle qui firent la prospérité de la ville. Il existe aujourd’hui un Centre de la dentelle et des métiers d’art, au Fuseau.

Patrimoine

http://www.binche.be/detentes-loisirs/tourisme/musees-visites-1 

Les remparts. Il reste aujourd’hui plus de 2km de fortifications datant du XII-XIVème siècle, ainsi que les 27 tours, restaurées. C’est en Belgique la seule enceinte fortifiée encore complète. On fouille actuellement le site des châteaux successifs.

Hôtel de ville. Il est du XIVème siècle, de style gothique (trois arcades). Il fut restauré au XVIème par Dubreucq, au XVIIIème par Dewez (1774), au XIXème par Langerock.

Beffroi à bulbe accolé à l’hôtel de ville.

Gare néogothique (1910, de Pierre Langerock; époque de grande prospérité dans la région)

Square Eugène Derbaix: statues des principales personnalités de la ville.

Collégiale St Ursmer (anciennement église Saint-Martin). Elles est du XIIème siècle et était voisine de l’ancien château. Elle fut bâtie à l’initiative du comte Baudouin IV, à l’origine sur le moutier Sainte Marie. Elle était à cette époque dédiée à la Vierge.

Elle fut agrandie vers 1409, après son érection en collégiale par le prince-évêque de Liège, qui y transféra le chapitre de l’abbaye St Ursmer de Lobbes. On y a apporté les reliques de St Ursmer, un évangéliste du VIIème, fondateur de l’abbaye de Lobbes. Elle allie de l’architecture romane et gothique, celle-ci à partir des travaux de 1409.

Elle fut endommagée pendant le siège de 1554 et en partie reconstruite. La tour porte les millésimes de 1583 et 1671 (dates de restauration). On y entre par un grand portail roman. Jubé Renaissance (1592, de Thierry Bidart). Chaire de vérité, avec le Christ et la Samaritaine. Mise au Tombeau, XVème. Trésor : reliquaires du XI et XIIème. 

Il exista jadis d’autres paroisses autour des églises Sainte-Croix et Sainte-Elisabeth. Elles furent rattachées à celle de Saint-Ursmer.

Chapelle St André, 1537, dans le vieux cimetière. De style gothique, avec ses stalles. Impressionnante voûte en berceau en bois de châtaigner. Peintures Danse Macabre.

Il existait un béguinage depuis 1020, dont les bâtiments furent cédés en 1598 aux Récollets. Une école d’éducation pour les filles y fut installée en 1822 par les religieuses du Sacré-Cœur.

On y trouvait aussi le Couvent des Sœurs Noires, fondé par Marguerite d’York en 1498.

Un collège fut créé en 1577 par des Prémontrés de Bonne-espérance. En 1727, les Augustins en prirent la direction.

Il existait plusieurs hôpitaux à Binche ;

  • St Pierre, bâti on ne sait quand (XIVème ?), endommagé par Henri II en 1554, reconstruit en 1567
  • St Jacques, fondé en 1450 et supprimé en 1703 par le roi Philippe V d’Espagne
  • Une maladrerie
  • Un hospice des orphelins

Musée du carnaval et du masque, dans l’ancien collège des Augustins datant du XIIIème. Collections régionales et internationales – ethnologie et traditions populaires

Les caves Bette. Bette est le nom du dernier occupant, négociant en produits coloniaux. Ce bâtiment servit par le passé de refuge pour les Moines de l’abbaye de Bonne Espérance. On y a aménagé aujourd’hui un Centre d’interprétation de l’histoire de la ville de Binche.

Folklore: le carnaval et les Gilles de Binche – http://www.carnavaldebinche.be/ 

Harchies

Entité communale de Bernissart

Le territoire

Superficie: 1077 ha

Altitude: de 15 à 35 m

Situation géographique : le territoire de Harchies est situé dans la vallée de la Haine sur son versant nord.

Cours d’eau : de nombreux rus affluents de la Haine

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : le sud devait être marécageux et le versant boisé (faisant partie de la forêt allant de Bonsecours à Saint-Denis-en-Broqueroye).

Nature du sol : sablonneux

Nature du sous-sol : grès, schistes, houille

Préhistoire

A l’époque où il n’y avait pas de villages ni d’infrastructures pour la circulation, la Haine, de part et d’autre de son cours, était un axe qui devait être emprunté par les hommes nomades du paléolithique et plus tard par les sédentaires du néolithique. A hauteur d’Harchies et de Blaton, il existe une zone de passage privilégiée vers les vallées situées plus au nord.

Néolithique

Mrs Parent et Dufrasnes ont inspecté à de nombreuses reprises le sol d’Harchies et y ont fait plusieurs découvertes (CAW).

Dans une zone au nord-ouest du village (lieux-dits « Le Catignier », « Vieille Voie », « Au-dessus du Rieu », « Couture du Coucou »/zoning industriel), ils ont (1985-2015) trouvé un important matériel lithique s’échelonnant du paléolithique moyen (culture du moustérien) à l’âge du bronze.

Neuf sites différents (2015) ont ainsi été prospectés. Y ont été trouvés :

  • de nombreuses (plus de 40) pointes de flèches en silex de divers types d’époque mésolithique finale et néolithique (type Spiennes ou Ghlin)
  • des couteaux
  • un fragment de poignard
  • des fragments de haches polies

Au sud du village, dans la zone « Etang de Préau » (2001, S. Parent) : pointes de flèches en silex, racloir, lames.

Dès le XIXème, on y avait déjà trouvé sur son sol des haches de silex, dont la spécificité n’est pas précisée.

Age du bronze :

Dufrasnes, 2010, champs à la sortie du village vers Blaton :

  • Un tranchet en bronze à languette (bronze final III)
  • un rasoir

En 1879, furent ramassés des « lingots » de bronze, en forme de côtes (comme dans le sud de la Belgique à la fin du bronze ancien et à Caix dans la Somme datant ici du bronze final).

Une nécropole avec des fragments d’épées de bronze a été individualisée (Bronze ancien ou moyen – S. Parent, 2006)

Ages du fer – Premier âge du fer (culture de Hallstatt). Sur le site de la « Maison Cauchies », Mr Leblois répertoria des indices d’une nécropole hallstattienne (Leblois 2011) (entre 825/800 et 725/700). Ces sépultures contenaient quatre épées de bronze brisées rituellement (1913, 1914, 1926, 1955), des bouterolles en fer, des objets de toilette (pincette à épiler, cure-oreille, rasoirs), ainsi que des éléments de parure rares (épingles, anneaux, bracelets).

Antiquité gallo-romaine

La chaussée romaine Bavay-Blicquy-Velzeke (Gand) traverse le village de Harchies du sud au nord.

Au sud, à Hensies-Malmaison et Pommeroeul sur la Haine, se trouvait un vicus et un embarcadère avec une zone artisanale. A peu de distance, au champ Franoë de Montroeul-sur-Haine, on a exhumé des vestiges d’un habitat avec un ou des ateliers. A Harchies, des découvertes du XIXème siècle mentionnent :

  • deux tumulus
  • des monnaies
  • des débris de vases

Plus récemment, ont été trouvés :

  • au lieu-dit « Au-dessus du Rieu » (nord-ouest du village, 1983) ce qui a été un établissement gallo-romain, dont témoignent des fragments de tegulae, des pierres étrangères au terrain, de rares tessons dont un fragment de coupe en terre sigillée importée de Gaule centrale, fin Ier-IIème siècle. Au même endroit, on avait trouvé au XIXème deux tuyaux de conduction de l’eau (Leblois, 1971/73). Ce site a malheureusement été perturbé par la construction du canal Nimy-Blaton.
  • Au « Hameau du Coucou » (Leblois, 2006): des tessons gallo-romains (d’autres avaient déjà été trouvés au même endroit en 1955-56 – de la seconde moitié du Ier siècle). Mais aussi beaucoup de céramique post-médiévale.
  • près de l’« Etang de Préau », dans un champ à l’ouest du village (S. Parent, 1986): des vestiges gallo-romains (fragments, de tuiles, céramique commune et sigillée, des substructions, fosse-dépotoir) de la première moitié du IIème siècle. Il semblerait qu’il y exista un établissement romain relativement prospère  depuis le milieu du Ier siècle jusqu’au milieu du IIIème, moment des premières invasions germaniques. Il est difficile de préciser s’il s’agissait d’une villa, mais les propriétaires pouvaient se permettre d’acheter de la céramique de luxe importée.
  • Sur les « Blanches Terres » (J. Dufrasnes, 1998) : traces d’occupation gallo-romaine (fragments de tuiles)
  • Sur le site « Les Sartis » (au sud du village, à proximité de la Haine – site essarté dans la seconde moitié du XIIIème, dans le hameau du Catillon, ayant eu une certaine importance au Moyen Age), (J. Dufrasnes, 2008). Traces discrètes gallo-romaines : tessons de céramique commune du IIIème siècle et sigillée d’Argonne de la fin du IIème, des fragments de tegulae, un fragment de meule, un sesterce de Faustine la Jeun(e décédée en 175). Ce site aurait été occupé entre la fin du IIème siècle et la fin du Haut-Empire. Il s’agissait d’un petit habitat modeste dans une zone humide peu propice à l’agriculture, mais propice à l’élevage, à 2km du vicus portuaire de Pommeroeul.
Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Des vestiges mérovingiens auraient peut-être été trouvés (J. Dufrasnes). Sans précision.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : ?

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :   Harchies  aurait tiré son nom de “arca” qui signifie “pont romain” construit à cet endroit ou encore une borne délimitant une propriété.
D’après Max Servais, Harchies  serait dérivé de Hariciacum : villa de Harico.

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine Bavay-Blicquy, un probable vieux chemin datant du néolithique longeant la Haine par le nord

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine

source de bois: à pied sec sur le versant commençait la forêt

proximité d’un lieu de pouvoir: le château seigneurial local

Paroisse dédiée à Notre-Dame

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1138 par Nicolas, évêque de Cambrai.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Harchies se situait dans un premier temps dans le Pagus du Brabant (Burbant ou comté de Chièvres), au nord de la Haine, avant d’être rattaché en 1049 au comté de Hainaut.

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

On trouvait sur l’actuel territoire de Harchies plusieurs seigneuries :

  • la seigneurie principale (infra)
  • la seigneurie du Préaux (infra)
  • le fief du Petit-Grandglise: un fief ample consistant en rentes seigneuriales, qui relevait de la cour féodale de Hainaut et appartenait, au XIXe siècle, aux comtes de Mérode  de Waroux.

La seigneurie principale

Harchies fut une baronnie au service des comtes de Hainaut, devant à ceux-ci hommage et soutien à la guerre (ost). Les familles qui ont fait fonction de seigneurs de Harchies sont :

  • celle de Strépy (aussi appelée de Strépy-Harchies) qui a également détenu Ville, Pommeroeul, Hautrage, Audregnies et Bellignies (jusque vers 1440)
  • celle des Mouton de Harchies, par achat (jusque vers 1600)
  • celle des Mérode (jusqu’en 1793)

Maison de Strépy (-Harchies)

Le premier seigneur connu semble être Allard I « le Grand » de Strépy (v1040/1050- ?) mentionné, comme les autres membres de sa famille, parmi les conseillers et chevaliers barons des comtes, et notamment au milieu du XIème siècle, à l’époque de la comtesse Richilde, de son époux Baudouin I et de leur fils Baudouin II. Il n’est pas sûr qu’Harchies fut un alleu (propriété familiale) de cette famille. Il s’agit plus probablement d’un fief attribué pour services rendus, probablement détaché d’un grand domaine comtal (anciennement royal) qui comprenait à proximité la grande seigneurie de Blaton (donnée à la même époque aux de Caudry), la petite seigneurie de Bernissart (donnée plus tardivement aux Auberchicourt d’Ostrevent) et les domaines attribués à la famille de Mons (Hautrage, Villerot, Baudour, Boussu, Hainin, Dour).

Lui succédèrent :

  • Hugues de Strépy (v1090/1100-1121), fils du précédent. Vers 1106, il lui fut attribué aussi la seigneurie de Ville par Baudouin III.
  • Allard II de Strépy (v1120/1130-apr1136), fils du précédent
  • Allard III de Strépy (v1150-1175), fils du précédent. Par mariage, il devint également seigneur d’Audregnies.
  • Baudouin III de Strépy (1140-v1200), fils du précédent. Ce preux chevalier se mit au service du roi de France Philippe-Auguste contre l’Anglais Richard Cœur-de-Lion.
  • Allard IV de Harchies (v1170-apr1224/1234), fils aîné de Baudouin. L’exemple-type du chevalier médiéval, qui participa à la Quatrième Croisade (avec le comte Baudouin VI/IX), à la guerre contre Philippe-Auguste, qui se mit au service du comte Ferrand et du roi d’Angleterre Jean-sans-Peur, notamment en Normandie – fut-il présent à Bouvines en 1214 ?. Il partit aussi à la Croisade contre les Cathares, aux côtés de Simon de Montfort en 1213. Par mariage, il devint également seigneur de Quévy et à ce titre pair du Hainaut.
  • Gérard 1er de Strépy (ou Allard dit « Gérard ») (v1220/1230- apr.1265), fils du précédent
  • Arnould I de Strépy (1240, Harchies- ?), fils du précédent
  • De ses deux fils, Arnould II de Strépy-Harchies (1265, Harchies – apr1314) hérita d’Harchies, alors que son frère Gérard hérita de Ville, de Pommeroeul, d’Hautrage et d’Audregnies. 
  • Arnould III de Strépy-Harchies ( ?-1339), fils du précédent, devint grand bailli de Hainaut.
  • Jehan  I de Strépy-Harchies (v1310-1355), fils du précédent, également grand bailli de Hainaut et diplomate au service du comte Guillaume II d’Avesnes.
  • Jacques 1er de Strépy-Harchies ( ?- ?). Il n’eut pas d’héritier et vendit la seigneurie de Harchies vers 1440 à Jacques Mouton

Famille des Mouton de Harchies (même liste généalogique)

  • Jacques I Mouton « de Harchies » (V-1497).  Bourgeois de Tournai, déjà titulaire de la seigneurie de Tourcoing, qu’il revendit, il aurait fui le royaume de France et se serait réfugié en Hainaut où il obtint le titre de bailli des bois du Hainaut et s’acheta les seigneuries de Harchies, dont il releva le château de ses ruines, et de Bellignies.
  • Jean Mouton de Harchies, fils du précédent. Il n’eut pas de descendance.
  • Jacques II Mouton de Harchies ( ?- ?), neveu du précédent. Il servit le duc Philippe « le Bon » de Bourgogne, par ailleurs seigneur de Blaton. Il n’eut pas non plus de descendance.
  • Gérard I Mouton de Harchies (v1485- ?), petit-fils de Jacques I par une branche cadette. Seigneur de Harchies et de Bellignies par héritage, il devint encore seigneur de Sars (-la-Bruyère) par mariage.
  • Gérard II Mouton « de Sars »  de Harchies, fils du précédent
  • Charles I Mouton de Harchies ( ?-apr1563), fils du précédent
  • Charles II Mouton de Harchies ( ?-apr1600/1638), fils du précédent. A sa mort, il lui restait deux filles, dont l’une, Marguerite Mouton était dame héritière de Harchies.

    D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Famille de Mérode

Elle est originaire de Rhénanie-Wesphalie en Allemagne, connue dès le XIIème siècle. Avec le temps, elle s’est divisée en plusieurs branches. C’est dans celle des Mérode-Waroux que l’on trouve les propriétaires d’Harchies.

  • Jean I de Mérode ( ?-1630/1635). Comte de Mérode et de Waroux (près de Liège), il devint seigneur de Harchies en épousant Marguerite Mouton de Harchies. Lui succédèrent :
  • Jean II ( ?-1633), fils du précédent, mort sans postérité
  • Ernest de Mérode (v1595-1665/1677), frère du précédent
  • Albert Eugène Joseph de Mérode (v1620-1655), fils du précédent
  • Jérôme  de Mérode (1648-1695, Cadix), fils du précédent, mort sans descendance
  • Adrienne Ernestine de Mérode ( ?-1723), sœur du précédent. Héritière entre autres de Harchies, célibataire et sans enfant, elle légua ses domaines à un membre issu de la branche cadette des Mérode-Westerloo.
  • Jean Philippe Eugène de Mérode (1674-1732). Il était également seigneur de Grandglise.
  • Philippe Maximilien Werner Mathias de Mérode (1729-1773), fils du précédent
  • Guillaume Charles Ghislain de Mérode (1762-1830), fils du précédent. 

En 1794, il perdit tous ses droits seigneuriaux. Il resta propriétaire de certaines terres, où il fit effectuer des sondages à la recherche de houille entre 1804 et 1808. Sans succès.

La Seigneurie de Préau

Il s’agit d’un hameau de 85ha avec étangs, au sud-ouest du village et en grande partie sur Bernissart. Il y existait une chapelle annexée à un manoir seigneurial, alimentée par les dîmes de plusieurs villages voisins. C’était un fief ample tenu du comte du Hainaut qui entrait dans la grande seigneurie de Blaton (voir ce chapitre).

Il fut tenu par plusieurs familles consécutivement :

  • la Maison d’Enghien
  • La maison comtale de Hainaut
  • la maison de Werchin, dont les membres titulaires détenaient le titre de sénéchal de Hainaut
  • la maison de Barbençon
  • la maison de Melun-Epinoy
  • la maison de Ligne
  • celle peu connue d’Amberchies ( ?)

Famille d’Enghien

Arnould 1er d’Enghien (v1227-avt1295), fils de Sohier I d’Enghien, partisan des Avesnes dans la querelle opposant ceux-ci aux Dampierre pour l’attribution des comtés de Flandre et de Hainaut. Il semble que ce soit Jean I d’Avesnes (fils de Bouchard et de la comtesse Marguerite, père du futur comte Jean II d’Avesnes) qui aurait attribué les domaines liés à la grande seigneurie de Blaton à un fils cadet des Enghien. Lui succédèrent :

  • Arnould II d’Enghien ( ?-1315), son fils
  • Arnould III d’Enghien (v1285-avt10/1323), fils du précédent. Il eut une fin de vie malheureuse, car il fut emprisonné pour dettes, semble-t-il. Le comte Guillaume I « le Bon » en 1323 négocia sa libération, probablement en échange de ses seigneuries qui revinrent donc dans le domaine comtal.

Maison comtale de Hainaut

Il est assez difficile de suivre la lignée des seigneurs de Préaux. Il serait logique qu’elle suive celle de Blaton, dont ce hameau est une dépendance. Auraient ainsi été titulaires du Préaux (voir Blaton pour plus de détails):

  • Guillaume I « le Bon » d’Avesnes (1304-1337), comte de Hainaut.
  • Philippe V de Valois, roi de France, son beau-frère
  • Guillaume II d’Avesnes, fils de Guillaume I, futur comte, neveu du précédent
  • Louis I de Nevers (1304-1346), comte de Flandre, gendre de Philippe V. Histoires de famille et surtout d’alliances importantes en ces temps troublés où se prépare la Guerre de Cent Ans entre France et Angleterre.
  • Louis II de Male (1346-1384), fils du précédent et comte de Flandre
  • Philippe I « le Hardi » de Bourgogne (1342-1404), gendre du précédent, duc de Bourgogne et comte de Flandre.

Maison de Werchin

On ne sait pas quand la seigneurie de Préaux fut détachée du grand domaine de Blaton. En tout cas, c’était attesté en 1410. Pour rappel, les Werchin (village au sud de Valenciennes) détenaient par héritage le titre honorifique (mais rémunéré) de sénéchal de Hainaut. En fin de XIVème siècle, ils étaient liés par plusieurs mariages avec les Enghien. Ont pu être seigneurs de Préaux :

  • Jacques II de Werchin ( ?-1383)
  • Jean II de Werchin ( ?-1415), fils du précédent, tué à la bataille d’Azincourt, sans postérité. Ses biens passèrent successivement à sa sœur Jeanne de Werchin ( ?-1442), décédée sans enfant, puis à son autre sœur Philippotte de Werchin.

Maison de Barbençon-Werchin

Philippotte de Werchin épousa en 1399 Jean III de Barbençon-Jeumont (1354-1415), d’une lignée cadette de la famille de Barbençon (près de Beaumont), proche des comtes. Lui-même seigneur de plusieurs domaines, dont Roubaix, Jeumont et Erquelinnes, il hérita par mariage de la seigneurie de Werchin et du titre de sénéchal de Hainaut qu’il transmettra à ses descendants. Au service des ducs de Bourgogne, il fut Grand Bailli de Hainaut et chambellan du duc Jean « sans Peur » de Bourgogne. C’est probablement ce dernier qui l’en fieffa. Leur succédèrent :

  • Jean IV de Barbençon-Jeumont (1402, Verchain-1470), leur fils. Chambellan du duc Philippe « le Bon » de Bourgogne.
  • Jean V de Barbençon ( ?-1472), fils du précédent, resté célibataire
  • Jacques III de Barbençon ( ?-1478), frère du précédent
  • Nicolas de Barbençon-Werchin (v1470-1513), fils du précédent
  • Pierre de Barbençon-Werchin (v1497-1556/1557, Tournai), fils du précédent. Celui-ci n’a que trois filles qui se répartirent l’héritage.

Maison de Melun

Hugues de Melun-Antoing (1520-1553). Prince d’Epinoy, connétable de Flandre au service de Charles-Quint, chevalier de la Toison d’Or, il devint en 1545 par mariage avec Yolande de Barbençon-Werchin (1521-1593) seigneur de Werchin et de Préaux, ainsi que sénéchal de Hainaut.

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Maison de Ligne

Lamoral I de Ligne (1563-1624) épousa Anne-Marie de Melun ( ?-1634), héritière de Werchin et de Préaux. Aux nombreux titres et domaines déjà tenus par la famille (prince de Ligne et du Saint-Empire, prince d’Amblise, baron de Beloeil, seigneur de Stambruges, Ville et Pommeroeul, Thulin, Montroeul-sur-Haine, Hautrage, …), ce mariage ajouta Werchin et Préaux, ainsi que le titre de sénéchal de Hainaut. Ses successeurs furent :

  • Florent de Ligne (1588-1622), fils du précédent
  • Albert-Henri de Ligne (1615-1641), fils aîné de Florent de Ligne – sans postérité
  • Claude-Lamoral I de Ligne (1618, Beloeil-1679, Madrid), frère du précédent
  • Henri-Louis-Ernest de Ligne (1644-1702), fils du précédent
  • Antoine Jospeh Ghislain (1682-1750), fils du précédent – sans postérité
  • Claude Lamoral II (1685-1766), frère du précédent
  • Charles-Joseph Lamoral de Ligne (1735, Bruxelles – 1814, Vienne), fils de Claude-Lamoral II.  Il fut le dernier seigneur féodal de la Maison de Ligne.

Préaux redevint un hameau, dont les terres appartinrent au XIXème siècle à la famille Flescher.

Evènements importants

Le château de Harchies fut détruit en 1478 par les troupes françaises de Louis XI.

La commune

Les habitants de Harchies auraient obtenu une charte d’échevinage dès 1386.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemapes

Canton: Quevaucamps

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Quevaucamps
  • Entité communale depuis 1977: Bernissart
Economie

Elle est essentiellement agricole, surtout sur les terres plus fertiles du nord du village. 

Exploitation de la houille

Entre 1804 et 1808, des sondages furent effectués à l’initiative du comte de Mérode, sans succès à cause des inondations incessantes du puits. 

Deux puits d’extraction fonctionnèrent plus tard, après avoir dominé ce gros inconvénient par un système de congélation du sol et des pompes à vapeur:

  • Puits n°1, démarré en 1899
  • Puits n°2, en 1900

Le Coron du Charbonnage fut bâti à proximité, avant 1904. Fermeture des deux puits en 1968. Vestige : le puits du coron. Ouverture d’un Musée de la Mine et de la Mémoire ouvrière dans un ancien atelier.

Patrimoine ancien

Château-fort. Ses origines sont peu connues. Il fut rebâti en 1444, puis pris et détruit par Louis XI en 1475. Il fut reconstruit au XVIème par Jacques de Harchies et plus tard par les Mérode. Il fut à nouveau détruit en 1675.

Patrimoine actuel

Eglise Notre-DameLe clocher actuel date de 1762, mais le reste fut reconstruit en 1836. Monument funéraire de Jacques de Harchies

Les marais de HarchiesRéserve naturelle classée.

Bibliographie

La seigneurie de Harchies, par Thierry Harchies (blog), 2005

Blaton

Entité communale de Bernissart

Le territoire

Superficie: 1042 ha. Autrefois, au Moyen Age, le territoire de la commune de Blaton était quatre fois plus étendu (Il était encore de 2319ha en 1833), parce qu’il comprenait des terres de quelques villages avoisinants (Bonsecours, Bernissart, Stambruges).

Altitude: La partie centrale du village (altitude 40m) occupe une vallée encaissée entre deux collines de bruyères, les Grandes Bruyères (55m) et le Mont des Groseilliers (65m).

Situation géographique :  Le territoire de Blaton se situe sur le versant nord de la vallée de la Haine.

Cours d’eau : Cette vallée correspond au cours du Ruisseau de la Fontaine Bouillante. Celui-ci prend sa source à Stambruges, traverse Grandglise, puis Blaton où il est en partie voûté et laisse aller une partie de ses eaux dans le canal Blaton-Ath, avant de poursuivre sa course à travers Bernissart et former le Courant Macou qui se termine dans la Haine à Condé à son confluent avec l’Escaut.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé sur le versant

Nature du sol : sablonneux

Nature du sous-sol : grès, pierre calcaire

Préhistoire

Lors de pérégrinations prospectives, Fr. André et S. Parent, ont dans les dernières décennies pu récolter du matériel préhistorique datant de différentes périodes, sur différents sites (« Petite Bruyère », « Grande Bruyère », « Mont du Crapaud », « Mont des Groseilliers ») :

  • Du paléolithique moyen (culture lithique moustérienne)
  • Du paléolithique supérieur
  • Du mésolithique
  • Du néolithique moyen
  • De l’âge du bronze

Essentiellement des outils de silex taillé : des burins, des fragments de haches polies, des grattoirs, des perçoirs, des pointes de flèches), ainsi que de la céramique grossière

Antiquité gallo-romaine

L’historien Jacques de Guyse (XIVème siècle) évoque la présence de deux temples romains sur le territoire de Blaton : le Fanum Mercurii, à proximité du Mont Brutus (Bonsecours ?) et Ablatonas, à proximité du « Haut-Bois ». Jules César, avant de mater la révolte des Eburons, aurait, selon lui, placé ses cohortes à Blaton et à Chièvres. Ces affirmations proviennent en fait d’interprétations des textes des Commentaires de Jules César et n’ont jamais reçu la moindre confirmation archéologique ni historique.

Une chaussée romaine, reliant Bavay à  Blicquy et la mer du Nord, passait à proximité sur l’actuel territoire de Grandglise. Certains évoquent des chaussées secondaires, dont une passerait au lieu-dit « Malot ». Il est possible que le vallon dans lequel apparut plus tard le village ait servi de point de passage entre la vallée de la Haine et d’autres vallées plus au nord et notamment vers Tournai, seule ville proche d’époque romaine, située au croisement d’une autre chaussée importante (Boulogne-Bavay-Cologne) et de l’Escaut. On aurait découvert à Antoing en 1867 des éléments ayant appartenu à cette chaussée secondaire.

On a découvert sur le territoire de Blaton des vestiges d’époque gallo-romaine.

  • Des substructions d’habitat sur le Mont des Groseilliers, parfois interprétées comme ayant appartenu à un castrum
  • Des substructions aussi là où la rue de Condé fut interrompue par le creusement du canal Pommeroeul-Antoing, au XIXème siècle). On y a évoqué une villa gallo-romaine nommée « Cerania ».
  • Au lieu-dit « Mury-Marais » (vers Basècles) : une nécropole gallo-romaine
  • En divers endroits du village et sur le « Haut-Bois » furent ramassées de nombreuses pièces de monnaie, s’étalant dans le temps entre la deuxième moitié du Ier siècle au début du IVème siècle (Néron, Faustine, Postumus, Gallien, Probus, Gallus et Constantin)
  • En 1857, dans la carrière « Duchâteau-Bougny » furent récoltés de nombreux objets : fioles en verre, bols, bouteilles, médailles, céramique dont de la sigillée importée
  • On a évoqué des fours à chaux de cette époque près du chemin de Condé
  • Une petite statuette en bronze d’une « Eve » (femme dénudée avec une pomme) fut ramassée par S. Parent en 1985.

Un habitat d’une certaine importance (probable villa) exista donc pendant une bonne partie de la période gallo-romaine.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Une communauté franque habita sur le sol de Blaton. En témoignent :

  • Une mention dans un acte daté de 652 (nous n’avons pas connaissance du contenu de celui-ci)
  • Une nécropole mérovingienne fouillée au Mont St-Antoine (1937, 1965-1966, 2008), où furent retrouvés des dépôts funéraires : 50 tombes avec armes, poteries et parures (VIIème)
  • Des objets divers de cette époque ramassés en divers endroits : des vases encens sous l’église de Blaton, une céramique médiévale au « Coron Courtil », des bracelets, urnes, fusaïole, scramasaxe

On ne peut pas affirmer une continuité entre l’habitat romain et l’habitat mérovingien. A cette époque, Blaton était situé à proximité d’axes reliant quelques grands centres reconnus à l’époque, outre ceux évoqués à l’époque romaine :

  • Condé-Chièvres
  • Mons et Saint-Ghislain – Tournai

Dans un paragraphe plus bas, nous rapportons quelques évènements qui se seraient passés à Blaton, selon l’historien Jacques de Guyse (XIVème siècle) qui rapportait des textes plus anciens aujourd’hui disparus. Ces événements, s’ils s’avèrent exacts, signifieraient qu’il exista à Blaton une résidence appartenant aux rois mérovingiens (fisc royal) ou à une famille aristocratique proche de ceux-ci (on y évoque Sainte Aye, deuxième abbesse de Mons et parente de Sainte Waudru).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 652

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Ablaton, 652 (ACSS  Belgii)
  • Ablatonae, 880 (d’après de Guyse)
  • Via Platonis, 1040, première mention officielle dans un diplôme de l’empereur Henri III (« P » en place de « B »).
  • Blaton, chartes de 1139, 1143, 1155, 1175, 1184, 1212
  • Balto
  • Blatum, 1140, 1177, 1180 (bulle du pape Lucius III)
  • Blathum, 1151, 1157, 1183, 1186 (bulle du pape Urbain III)
  • Blathon (1175)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • Ablatonas, nom gallo-romain à suffixe celtique, provenant de Ablatum signifiant « détruit, renversé », destructions pouvant être attribuées à Jules César ou aux Barbares…
  • Blato-duno, contracté en Blattuno – le radical signifierait « fleur »
  • Baldum, blé, fleur de farine
  • Ablatonis (latin) transformé ensuite en Ablatonas (= cabanes).
  • Ablato pouvant être un nom propre (selon Chotin), celui d’un ancien seigneur du lieu

Epoque de son apparition: Par rapport à ces habitats d’époque mérovingienne, il est difficile de placer la période où une communauté villageoise s’est concentrée sur le territoire.

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine à Grandglise, les chemins médiévaux évoqués lus haut

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau de la Fontaine Bouillante

source de bois: le versant de la vallée était boisé (forêt de Bonsecours à Saint-Denis-en-Broqueroye)

proximité d’un lieu de pouvoir: château local

Paroisse dédiée à tous les Saints

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres jusqu’en 1803, Péruwelz jusqu’en 1968, puis Beloeil

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1138 par Nicolas de Chièvres, évêque de Cambrai. Blaton est ensuite cité dans plusieurs actes papaux confirmant cette possession : Innocent II (1139), Lucius III (1183), Urbain III (1186), Célestin III (1191), Innocent IV (1252, après une contestation de Jacques de Condé).

En 1701, les abbés de St-Ghislain abandonnèrent la dîme et l’obligation d’entretenir le lieu.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): châtellenie d’Ath

Le village, implanté au nord de la Haine, a pu faire partie à l’origine du Pagus de Brabant (Burbant, comté de Chièvres). Il semble que lorsque l’empereur Othon créa la marche de Valenciennes, Blaton y était incorporée, avant d’être réunie vers 1050 au comté de Hainaut.

Seigneuries

Le village, comme dit plus haut, beaucoup plus étendu qu’aujourd’hui, fut le siège d’une seigneurie importante qui faisait partie des six pairies de Valenciennes. Cela signifie que ses titulaires faisaient partie de l’entourage des comtes. A de nombreuses époques, ce furent les comtes eux-mêmes.

Outre le territoire de Blaton, son seigneur exerçait ses droits féodaux sur d’autres villages :

  • Une partie de Bernissart (jusqu’en 1601)
  • Grandglise (jusqu’en 1545)
  • Quevaucamps (id)
  • Wadelincourt (de 1381 à 1545)
  • Feignies, près de Maubeuge (id)
  • Le hameau de Préaux
  • Stambruges (qui serait passé aux Condé, puis aux Ligne)
  • Dosies
  • Le Maisnil (France)

Le chroniqueur Jacques de Guyse, d’après les traditions fabuleuses, fit de cette commune une ville qui disputait le premier rang à Cambrai.

Les seigneurs de Blaton

Les premiers seigneurs mentionnés sont tardifs, ce qui laisserait penser que les territoires évoqués plus haut faisaient partie d’un grand domaine que les comtes de Hainaut possédaient en propre et où ils exerçaient directement leurs droits féodaux. Une résidence, peut-être fortifiée, y accueillit à l’époque de la comtesse Richilde au XIème siècle, des hôtes importants.

Il semble que ce soit à partir du milieu du XIIème siècle qu’ils les donnèrent en fief à des familles qui s’y succédèrent, tout en se réservant le droit de se les réapproprier, si l’on s’en tient à la liste des seigneurs qui se succédèrent. 

Maison de Caudry

Ce sont les premiers seigneurs de Blaton. Caudry était une seigneurie du Cambrésis. On est assez mal documenté sur cette famille qui devait être proche du pouvoir comtal. Sans doute pour services rendus à celui-ci, obtinrent-ils le grand fief de Blaton. Le moine Pierre d’Oultreman, dans son Histoire de Valenciennes, en 1688, cite quelques seigneurs de Caudry sans préciser lequel pourrait avoir été le premier à posséder Blaton et ses dépendances.

Il semble que ce soit Arnould de Caudry « de Blaton ». Cité en 1143, soit à l’époque où le comte Baudouin IV « le Bâtisseur » organisait militairement et économiquement son comté en y faisant construire des fortifications et en créant des villes nouvelles. Il était pair de Valenciennes. Le premier château lui semble dû, construit à proximité de l’église actuelle. Cette installation pourrait donc s’inscrire dans la politique comtale de défense du comté, d’autant plus que nous sommes ici assez près de l’Escaut, au-delà duquel se trouvait le comté de Flandre, vassal du roi de France, considéré alors comme ennemi. Sont également cités dans les décennies qui suivirent :

  • Nicolas de Caudry, cité en 1137, 1154, 1160 et 1184 dans des actes d’asservissement.
  • Adam de Caudry (1207)

En l’absence des seigneurs, un bailli les remplaçait.

Maison de Hainaut

Lorsque le comte Baudouin VI/IX de Hainaut et de Flandre partit pour la quatrième croisade, où il fut élu empereur de Constantinople et où il laissa la vie en 1205, il nomma son frère, Philippe le Noble (1175, Valenciennes-1212), comte-marquis de Namur (1195-1212), comme régent du comté et tuteur des deux jeunes filles du comte, les futures Jeanne et Marguerite « de Constantinople ».

C’est un personnage assez troublant. Selon d’Oultreman, historien de Valenciennes, il se serait emparé du château et de la seigneurie de Blaton en 1203 et en aurait chassé les Caudry. Il résida souvent au château de Blaton. Il épousa en 1210 à Valenciennes la fille du roi de France Philippe-Auguste (suzerain de la Flandre). Il laissa à celui-ci la tutelle des deux filles. Il semble qu’il ait eu beaucoup de péchés à se faire pardonner, puisque, tombé malade en 1212, il fit de grandes pénitences et donna beaucoup de ses biens, avant de se retirer dans le château comtal de Valenciennes où il mourut peu de temps après. 

Il n’avait pas, à son décès, d’héritier. Sa sœur, Yolande de Hainaut, qui avait épousé Philippe de Courtenay, hérita du marquisat de Namur. Quant à la seigneurie de Blaton, elle retourna probablement dans les possessions des comtes de Hainaut.

Maison d’Enghien

On ne sait pas très bien quand, une des comtesses, Jeanne ou Marguerite, à moins que ce ne fût le premier fils de cette dernière, Jean I d’Avesnes, usurpant alors ses droits en ces temps troublés de luttes entre les Avesnes et les Dampierre, donna en fief Blaton et ses dépendances à la famille d’Enghien.

En 1254, lorsque Marguerite, en guerre contre les Avesnes, chercha à donner son comté de Hainaut à Charles d’Anjou (frère du roi de France Louis IX), Sohier I d’Enghien (v1205-1261) lui refusa l’hommage. Sohier était lié familialement à Jean I d’Avesnes. C’est une explication, pas une certitude. A son décès, Sohier partagea ses domaines. C’est ainsi qu’un des fils cadets, Arnould I d’Enghien (v1227-avt1295), devint seigneur de Blaton et de ses dépendances. Lui et ses descendants servirent les Avesnes. Lui succédèrent :

  • Arnould II ( ?-1315),  fils du précédent
  • Arnould III (v1285-1323), fils du précédent. Pour des problèmes de dette, il s’est vu enfermer par Amauri de Melun. Le comte de Hainaut négocia sa libération.  Il décéda sans postérité masculine en 1323 ou 1324. Ses possessions revinrent à la famille comtale, selon un acte signé par Gérard de Liedekerke et Marguerite de Cantaing, mère du décédé. 

Maison de Hainaut (1324-1333)

  • Guillaume I « le Bon » d’Avesnes (1304-1337) était alors comte de Hainaut. Il céda la seigneurie de Blaton à son beau-frère, Philippe V de Valois, roi de France. Celui-ci le rétrocéda en 1328 à son neveu, Guillaume II d’Avesnes, le fils de Guillaume I et futur comte.
  • En 1333, ce même Guillaume II rendit le fief à son père, Guillaume I. Et dans le même acte, celui-ci le repassa au comte de Flandre, Louis I de Nevers (1304-1346) gendre de Philippe V.

Histoires de famille et surtout d’alliances importantes en ces temps troublés où se prépare la Guerre de Cent Ans entre France et Angleterre.

Maison de Flandre (1333-1545), puis de Bourgogne et d’Autriche

Les comtes de Flandre furent un temps vassaux des comtes de Hainaut pour ce fief de Blaton. Ce qui donna lieu à des contestations. Après la mort de Louis de Nevers en 1346, la comtesse Marguerite, qui avait hérité de son frère Guillaume II le comté de Hainaut et épousé Louis de Bavière, saisit la seigneurie de Blaton. Mais elle fit des propositions à Louis II de Male (1346-1384) nouveau comte de Flandre, qui récupéra le bien de son père.

Les mariages qui vont suivre vont faire passer le comté de Flandre dans un premier temps et le comté de Hainaut dans un second temps dans le giron des ducs de Bourgogne d’abord, puis des archiducs d’Autriche ensuite. Furent donc considérés comme comtes de Flandre et seigneurs de Blaton :

  • Philippe I « le Hardi » de Bourgogne (1342-1404), dès 1369, par mariage avec Marguerite de Male, héritière de Flandre.
  • Jean I « sans Peur » de Bourgogne (1371-1419), dès 1405
  • Philippe II « le Bon » de Bourgogne (1396-1467), dès 1419. Ce dernier devint aussi comte de Hainaut en 1433.
  • Charles I « le Téméraire » de Bourgogne (1433-1477), dès 1467
  • Marie de Bourgogne (1457-1482) qui a épousé Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche (1459-), dès 1477.

Divers personnages

En récompense pour services rendus aux archiducs Maximilien, Philippe « le Beau » et Charles-Quint, la seigneurie de Blaton fut confiée à de fidèles serviteurs.

  • En 1480 à Jean de Salazar, conseiller des ducs de Bourgogne, avant son retour en Espagne, en récompense de services rendus à Maximilien et Marie. 
  • En 1497 à Philippe de Bourgogne (v1450-1498, Bruges), fils d’Antoine, bâtard de Bourgogne, et donc petit-fils de Philippe le Bon. Amiral de Flandre, gouverneur d’Artois Seigneur également de La Roche, de Beveren et de la Veere. Chevalier de la Toison d’Or. Et enfin évêque d’Utrecht en 1510, raison pour laquelle il remit Blaton à son suzerain.
  • En 1510 à Jean de la Croix, receveur-fermier des terres et seigneuries de Blaton. Ce qui fut approuvé en 1516 par Maximilien d’Autriche.
  • En 1515 à Charles de Lannoy (1482-1527), seigneur de Senzeilles, officier de Charles Quint. On lui attribue la capture du roi François I de France à la bataille de Pavie en 1524. A sa mort en 1527, la seigneurie de Blaton revint dans les propriétés du souverain régnant.

Maison d’Espagne

En 1527, Charles Quint (1500-1558) était souverain des Pays-Bas, archiduc d’Autriche, roi d’Espagne, empereur de Germanie et… seigneur de Blaton (et de bien d’autres lieux !). Ce souverain décida alors de partager le grand domaine de Blaton.

En 1545, il donna à Philippe de Croÿ, duc d’Aerschot, et à son fils aîné Charles, prince de Chimay : Quevaucamps, Granglise, Feignies et Wadelincourt, pour être tenues en un seul fief, sous le nom de « seigneurie de Quevaucamps », à relever du comte de Hainaut, en échange de Landrecies, où l’empereur comptait améliorer les fortifications aux frontières du royaume de France, avec qui il était en guerre. 

Le reste du territoire, soit Blaton, le hameau de Préaux et une partie de Bernissart, constitua un fief nettement plus petit et probablement de moindres revenus. Continuèrent à le gérer :

  • Philippe II d’Espagne (1527-1598), à partie de l’abdication de son père Charles-Quint en 1555
  • Les archiducs Isabelle d’Espagne (1566-1633) et son époux  Albert d’Autriche (1559-1621) en tant que gouverneurs des Pays-Bas espagnols à partir de 1598.

Personnages divers

  • En 1627, Isabelle d’Espagne, devenue veuve, vendit la seigneurie de Blaton à Don Carlos Colonna, diplomate au service de son frère, le roi Philippe III d’Espagne. Puis par ventes successives, le domaine passa à :
  • Albert de Mérode (v1620-1655), dès 1644. Comte de Mérode, Waroux et baron d’Harchies.
  • Jérôme Albert de Mérode (1648-1695), fils du précédent. Militaire au service du roi d’Espagne, il vendit à son tour Blaton en 1682 à des membres de la famille La Cattoire, soit :
  • Ghislain François de la Catoire ( ?- ?), cité comme seigneur de Blaton
  • Jean-Henry-François de la Catoire (1688-1750), frère ou neveu du précédent. Ecuyer, seigneur de Blaton et d’autres lieux (Rameignies). Il épousa en 1722 à Blaton Anne Hoyois (1699-1752), dont il eut plusieurs enfants. Il est probable qu’à la mort de leur mère, ils aient revendu le domaine.
  • On mentionne aussi un Joseph de la Cattoire, cité en 1728 comme écuyer et seigneur de Blaton.

Maison de Croÿ

En 1718, Alexandre de Croÿ acheta déjà le Haut-Bois.

Blaton (partie belge du domaine qui s’étendait aussi en France dans le bois de Bonsecours) fut acheté en 1752 par Anne Emmanuel de Croÿ (1718-1784), duc de Croÿ, prince de Solre, également seigneur de Condé et de Bernissart et officier au service des rois de France. 

Il transmit son héritage à son fils Anne Emmanuel Ferdinand François de Croÿ (1743-1803). C’était un grand chasseur qui aimait séjourner à Blaton et chasser le sanglier dans la forêt de Bonsecours. C’est lui qui fit tracer « l’Allée Royale » dans cette forêt, depuis le Mont des Groseillers jusqu’au château de l’Hermitage à Condé.

Il fut le dernier seigneur féodal de Blaton.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Péruwelz
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Tournai
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Péruwelz
  • Entité communale depuis 1977: Bernissart
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Selon de Guyse (historien du XIVème siècle, qui ne pratiquait pas la critique historique sur les écrits antérieurs à son époque,  y compris les récits légendaires) :

628         Assassinat de Brumulphe, neveu de sainte Aye, deuxième abbesse de Mons, par des généraux de Dagobert.

673         Assassinat du maire du palais Ebroïn par un rival.

885         Sac et pillage d’un castrum en 885 par les Vikings.

Ces évènements signifieraient que Blaton était le siège d’un palais mérovingien d’une certaine importance en Neustrie, peut-être sur un domaine fiscal (royal).

1048      Séjour de la suite du pape Léon IX et de la comtesse Richilde à Condé et Blaton. C’est sans doute vraisemblable et cela tendrait à prouver qu’il existait dès cette époque une résidence comtale sur un domaine appartenant aux comtes.

1072      Attaque du village de Blaton (et sans doute de la résidence comtale) par Robert le Frison, en guerre contre la comtesse Richilde. 

1096      Les prédicateurs de la première croisade furent de passage à Blaton. 

1184      Le comte Baudouin V, en guerre contre le duc de Brabant, plaça une garnison au château de Blaton. 

1186      Une grosse tempête endommagea fortement l’église et des habitations.

V1300   Mariage de Marie d’Enghien, fille du seigneur Arnould II d’Enghien, dame de l’Escaille, avec Robert le Borgne, seigneur de Robersart, tué en 1328 à Cassel.

1348      La grande peste passa et laissa à Blaton comme dans toute l’Europe un nombre impressionnant de victimes.

1402      Un incendie ravageur brûla presque toutes les maisons du village.

1422      Passage des garnisons de Guise, venant de Bavay et pillant Blaton, tout en laissant 80 morts dans la population (épisode dans la Guerre de Cent Ans).

1478      Occupation de Blaton par les troupes de Louis XI, en guerre contre Marie de Bourgogne. Elles  dévastèrent toute la région en pillant les châteaux de Ville, Harchies, Stambruges, Bernissart et Blaton.

1576      Une épidémie mystérieuse fit 140 morts dans le village.

De 1579 à 1584, toute la région fut livrée aux belligérants des guerres de religion : huguenots des républiques calvinistes de Tournai et d’Audenarde, troupes espagnoles et wallonnes, mercenaires allemands. En 1580, les Tournaisiens pillèrent les villages de Péruwelz, Blaton et environs. Période difficile pour les paysans incapables de cultiver leurs champs. Des incendies ravagèrent le château, l’église et de nombreuses maisons. 

1625      De grosses inondations, suite à des pluies torrentielles, eurent lieu. 

1792      Le 23 octobre, une garnison autrichienne, établie à Blaton, repoussa une avant-garde des troupes françaises du général Demouriez. Ces dernières venaient de l’Hermitage et s’avançaient dans l’Allée Royale vers Blaton. Des renforts autrichiens stoppèrent encore ces avancées pendant trois jours, avant de décrocher et de laisser les soldats français s’installer à Blaton et obliger la population à les loger et les nourrir. Ils prirent ensuite la direction de Jemappes, malgré quelques escarmouches locales avec des régiments wallons.

Par la suite, plusieurs habitants de Blaton s’illustrèrent dans les armées wallonnes, puis napoléoniennes.

1798      Le curé Debay refusa de prêter serment à la République Française et se fit confisquer sa cure. Il dut se cacher dans le village. Les biens ecclésiastiques furent vendus comme biens publics ou confisqués.

1914      Fin août, on vit des uhlans allemands à cheval investir le village et se livrer au pillage. L’occupation qui suivit vit son lot de réquisitions et de déportations. Un camp de prisonniers fut aménagé. Un autre camp d’exercices le fut aussi pour les soldats allemands à la Grande Bruyère.

1918      Lorsque les Allemands se retirèrent, ils se livrèrent à des destructions (moulin de la Petite Bruyère, minage de ponts). Blaton fut libérée le 9 novembre par des Anglais.

1940      Le 13 mai, les environs de la gare furent bombardés. La population évacua vers la France. Des soldats français qui reculaient se livrèrent aussi à quelques pillages, avant l’arrivée des Allemands. L’occupation connut comme ailleurs ses déportations, réquisitions, ravitaillements, des faits de résistance et des sabotages.

1944      Le maïeur collaborateur fut assassiné en juillet. Le 4 septembre, les troupes américaines délivraient le territoire. 

En 1984, Bernissart et Feignies jumelèrent.

Economie

Longtemps, l’agriculture fut l’activité principale des villageois (cultures des céréales, du  houblon au XVIIème siècle, des plantes médicinales).

Du sous-sol, on a extrait le grès (« pierre de sable »), depuis au moins le XVIIIème siècle, pour la construction de routes, de maisons et de murs de clôture en pierre sèche.

Au XIXème siècle, on trouvait à Blaton :

  • Des fours à chaux (déjà cités en 1777)
  • Des fours à coke, reliés au charbonnage de Bernissart
  • Une fabrique de tuyaux et de pannes
  • Des usines textiles et bonneteries
  • Un moulin à scier le marbre en 1833.

Le sous-sol de Blaton fut aussi exploité par les charbonnages de Bernissart.

Voies de communication

Longtemps Blaton dépendit des vieilles routes citées plus haut. 

Des canaux furent creusés :

  • Antoing-Pommeroeul, 1826, pour contourner les taxes douanières imposées par les Français après 1815 sur le canal de Mons-Condé, indispensable à l’exportation du charbon borain.
  • Blaton-Ath (vers la Dendre canalisée), 1868
  • Nimy-Blaton-Péronnes, 1951-1955

Le chemin de fer reliait Mons à Tournai et à Ath. Des gares furent construites en 1865 et 1883, et réaménagées en 1960.

La route de Quevaucamps fut pavée en 1886.

Blaton fut desservie par une autoroute en 1971-1973.

Patrimoine

Restes d’un ancien châteauIl fut érigé probablement au XI ou XIIème siècle, peut-être sur une ancienne résidence fortifiée plus ancienne. Il se trouvait sur un terrain proche de l’ancienne maison communale. Il fut restauré entre 1394 et 1402, puis encore en 1433. Il fut pillé en 1579 par les huguenots et incendié avec le village en 1582. Il disparut avant la Révolution. Il fut remplacé par la maison communale en 1740 et par des habitations.

Eglise de tous les Saints. Une des plus anciennes du Hainaut, construite à la fin du XIème-début XIIème siècle, époque des premiers seigneurs et de la naissance du bourg, pour remplacer un ancien oratoire devenu trop petit. Elle est en style roman scaldien et gothique précoce. On y a utilisé les moellons de grès local et de Grandglise. Son plan est en croix latine à trois nefs de six travées. Il persiste des éléments romans primitifs: voûte sous le clocher, le transept avec voûte en berceau. Le reste est couvert d’une charpente en bois. La nef comporte des arcs brisés annonçant la transition roman-gothique. On y trouve des chapiteaux “tournaisiens” à feuilles stylisées (palmes, coeur). Le choeur, autrefois gothique, fut restauré en néo-roman et agrandi en 1872-1876. La tour carrée de la croisée, assez élancée pour un édifice roman, date du XIIIème siècle et fut surélevée aux XV-XVIème. On y ajouta une flèche et un bulbe au XVIIème. D’autres restaurations eurent lieu au XXème siècle. La dernière, effectuée en 1953-63, lui a rendu ses lignes originales à la nef centrale et au transept. Décoration intérieure:

  •  des niches gothiques (1490) avec statues St Pierre et St Paul
  •  Crucifix en bois XVIème
  •  diverses statues, dont St Christophe et St Roch, en bois polychrome, XVIIème
  •  reliquaire de St Fortunat, 1732

Chapelle de la Grande Bruyère

Maison communale (ancienne). Elle fut construite en 1740 ou 1773. Elle fut restaurée en 1873 et 1930.

Un hôpital a existé à Blaton, cité en 1593.

Ainsi qu’une léproserie.

 Bibliographie

Blaton, son histoire, …, Louis Sarot, Syndicat d’initiative

Bernissart

Entité communale de Bernissart

Le territoire

Superficie: 546 ha

Altitude: de 20 m à 70 m

Situation géographique : le territoire de Bernissart est situé dans la plaine de la vallée de la Haine, à proximité de l’embouchure de celle-ci dans l’Escaut. Il monte légèrement en pente vers le nord.

Cours d’eau : la Haine, les ruisseaux de la Fontaine Madame, de la Fontaine Bouillante, du Fraity, de la Marnière, et les courants de drainage

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux, prairies humides, bosquets de peupliers, saules. Le versant était boisé.

Nature du sol : alluvionnaire, sablonneux

Nature du sous-sol : grès, houille

Préhistoire

Le village est avant tout réputé pour la découverte de squelettes fossiles d’iguanodons (iguanodon Bernissartensis) en 1878 par les mineurs de la fosse Sainte-Barbe à 322m de profondeur. 

Trente squelettes complets vieux de 125 millions d’années. (http://bernissart.fpms.ac.be/histoire.htm.Ils mesuraient 5m de haut et 10 mètres de long. Ils datent du Crétacé (ère secondaire), période où la région ressemblait à un vaste marécage tropical avant de s’effondrer et d’emprisonner sous forme de fossiles et de charbon tous les éléments vivants qui se trouvaient en surface. On y a également retrouvé les fossiles de 2000 autres spécimens d’animaux variés.

Des archéologues au XXème siècle ont ramassé des indices de présence humaine lors de la préhistoire :

  • Lieux-dits « Le Catignier », « Au-dessus du Rieu » et « Vieille voie » (vers Harchies). Nombreux artefacts en silex (1982-1999, S. Parent). 
    • Certains éclats et nucleus pourraient dater du paléolithique
    • Une pièce en silex du mésolithique (maglemosien) ou néolithique ancien et une hache-marteau en bois de cerf
    • Néolithique : hache polie en silex de type Spiennes, herminette de silex polie, éclats, armature de flèche, grattoirs
  • Autres endroits non précisés
    • Fragment de hachette polie en grès (1994, J. Dufrasnes) du néolithique final
    • Pointes de flèches, couteau (2000, id)

Age du bronze 

Des vases et des objets en bronze (dont un rasoir) furent découverts (site?)

Ages du fer

De la période Hallstatt (premier âge du fer): des débris de céramique et un rasoir de bronze.

De la fin de la période de La Tène: une monnaie nervienne (rameau type C)

Antiquité gallo-romaine

Le territoire de Bernissart est situé à peu de distance de la chaussée Bavay-Blicquy-Flandre, pas très loin non plus du vicus portuaire d’Hensies-Pommeroeul.

Un site gallo-romain (1995/1998, J. Dufrasnes) a été découvert au sein d’une plaine marécageuse « Marais ». Des vestiges d’une petite construction (tuiles, imbrices) ont été trouvés à proximité du ruisseau Le Grand Courant. On a aussi ramassé en divers endroits:

  • Des tessons de céramique commune, un vase gallo-romain découvert dans un champ au nord-est de la chapelle Saint-Roch (2015)
  • Un sesterce de l’époque des Antonins (IIème siècle)
  • Un trésor monétaire du IIIème siècle (époque de l’empereur Gordien).
  • Des fragments de meules.

Il est assez difficile sur ces quelques éléments d’apprécier la nature de l’habitat, sans doute une exploitation agricole gallo-romaine.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

On a découvert un fragment de fibule mérovingienne (2004, J. Dufrasnes) à 400m de la voie romaine Bavay-Blicquy (VII-VIIIème siècle) et une autre d’époque carolingienne. Pas d’autre trace d’occupation humaine.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1247  (sans doute plus tardive que la fondation de la communauté villageoise).

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Bernesart
  • Bernifsart

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

Nous n’avons pas d’indication sur la signification du nom :

  • Berni-  = ?
  • -sart = endroit défriché

Epoque de son apparition: entre le XIème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine qui passe à Harchies, des chemins médiévaux vers Condé et Valenciennes.

sources d’eau ou cours d’eau: la rivière et les rus

source de bois: le versant boisé

proximité d’un lieu de pouvoir: le château seigneurial

Paroisse dédiée à Notre-Dame, attestée entre 1191 et 1254

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné:  Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain. Entre 1701 et 1735, cette abbaye fut condamnée pour avoir refusé de réparer l’église et tenté de renoncer à la dîme.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Les seigneuries

Le territoire de l’actuel village était partagé en trois seigneuries.

  • Une partie était incluse dans le grand domaine de Blaton et fut régie par les seigneurs successifs de celui-ci (voir chapitre Blaton).
  • Une autre, située au centre et au sud du village, était la seigneurie de Bernisssart (infra). Elle eut un château, construit au XIIIème siècle.
  • Quant à la seigneurie du Préau, décrite dans le chapitre d’Harchies, elle était située à la frontière des deux territoires.

La seigneurie de Bernissart

S’y sont succédé les familles suivantes :

  • Auberchicourt (XIII-1406)
  • Silly-Risoir (1406-1464)
  • De Failly (1464-1634)
  • Millendonck (1634-1716)
  • De Croÿ (1716-1791)

Famille d’Auberchicourt

Il s’agit d’un village situé entre Valenciennes et Douai, autrefois faisant partie du petit comté d’Ostrevent, qui fut rattaché au comté de Hainaut en 1163. Leur généalogie est assez difficile à reconstituer, surtout quand il s’agit d’attribuer à leurs titulaires la petite seigneurie de Bernissart.

Le premier seigneur cité est Jean d’Ostrevent (v1039, Auberchicourt- ?). Il était le fils cadet d’Anselme II de Ribemont, comte d’Ostrevent, qui possédait un domaine à Auberchicourt et qui était un fidèle compagnon de la comtesse Richilde de Hainaut et de son fils Baudouin II, avec qui il partit pour la première croisade où il mourut. Il est plausible que Richilde ou Baudouin II ait détaché une partie du village de Bernissart de leur grand domaine de Blaton pour être donnée en fief à un fidèle. Jean d’Ostrevent prit le nom d’Auberchicourt qu’il transmit à sa descendance. Il est cité comme seigneur d’Auberchicourt, de Bernissart et d’Hordaing. Il était l’oncle d’Etienne de Denain qui épousa Rose de Mons, dame de Hainin, et fut à l’origine de la famille de Haynin.

Sont cités alors quelques personnages de la famille, sans que l’on soit certain qu’ils furent seigneurs de Bernissart :

  • Jean de Bernissart (v1056- ?), fils de Jean ci-avant
  • Régnier d’Auberchicourt
  • Gauthier I de Douai (1080/1090-1158/1165), fils de Régnier. Châtelain de Douai. Attesté seigneur d’Auberchicourt, mais pas de Bernissart. 
  • Gauthier II d’Auberchicourt (1129/1139, Auberchicourt – 1209), fils du précédent. Lui et les suivants sont attestés seigneur d’Auberchicourt et de Bernissart.
  • Gauthier III d’Auberchicourt (1164, Auberchicourt – 1228), fils du précédent
  • Baudouin I « le borgne » d’Auberchicourt (1188, Douai – 1239), fils du précédent
  • Baudouin II d’Auberchicourt «de Douai » (1195/1215, Auberchicourt-1289), fils du précédent
  • Baudouin III d’Auberchicourt (1240/1245-1302), fils du précédent, tué à la bataille des Eperons d’or, au service du roi de France
  • Baudouin IV d’Auberchicourt « de Douai » « le Jeune » «  le Borgne » (1270/1280, Auberchicourt – 1326)
  • Baudouin V d’Auberchicourt « de Douai » (v1315-1381). 
  • Ce dernier seigneur eut trois filles, dont Marie d’Auberchicourt (1340-1401), héritière de Bernissart et du Risoir (château près d’Enghien). Elle eut une relation libre avec Philippe de Bourgogne « le Hardi » (1341-1404), fils du roi de France Jean II le Bon, duc de Bourgogne par apanage et devenu en 1369 comte de Flandre et… seigneur de Blaton.
  • Ce serait leur fils illégitime, Henri de Bougogne « du Risoir » (1360-1409) qui aurait hérité de la seigneurie de Bernissart, qu’il vendit en 1401.

Famille de Failly

C’était une famille montoise au service des comtes.

Jean « Husson » ou « de Mons » de Failly (v1360- ?, Bernissart). Chevalier, capitaine au château de Mons, compagnon d’armes du comte Guillaume IV de Bavière, il fut fieffé par ce dernier des terres de Failly (Fayt-lez-Manage) et de Bernissart. Certains prétendent qu’il serait un frère naturel du comte.

Lui succédèrent :

  • Jean I de Failly (v1385, Bernissart-), son fils
  • Michel de Failly (v1415, Bernissart- ?), fils du précédent
  • Guillaume de Failly (v1440- ?), fils du précédent
  • Jean II de Failly (1467, Bernissart- ?), fils du précédent
  • Jean III de Failly ( ?- ?), fils du précédent
  • Charles de Failly ( ?- ?), fils du précédent. Il acheta le village de Quevaucamps
  • Jean IV de Failly (1584, Bernissart-1633), fils du précédent
  • Jacques de Failly ( ?- ?), fils du précédent. Il lègua Bernissart à sa fille Marie de Failly.

Famille de Millendonck

Claude-Herman de Millendonck (1613-1658). Comte de Millendonck, seigneur de plusieurs villages, il le devint aussi pour celui de Bernissart en épousant en 1635 Marie de Failly

Louis-Herman de Millendonck (1642, Bernissart-1693), fils des précédents. Il n’eut qu’une fille, Marie Marguerite.

Maison de Croÿ-Solre

Philippe-Alexandre-Emmanuel de Croÿ (1676-1723). Il était prince de Croÿ et de Solre-le-Château, marquis du Quesnoy et seigneur de plusieurs domaines, dont Condé. Il le devint pour Bernissart en épousant Marie Marguerite Louise de Millendonck (1681-1768)

Leur succédèrent :

  • Anne-Emmanuel de Croÿ (1718-1784), leur fils. Celui-ci, à ses titres et domaines, ajouta Blaton qu’il acheta en 1752. Il était donc seigneur de Condé, Blaton et Bernissart.
  • Anne-Emmanuel-Ferdinand-François de Croÿ « Prince de Croÿ » (1743-1803), fils du précédent. Il fut le dernier seigneur féodal de Bernissart.

    Carte de Ferraris (XVIIIème)
La commune

Les habitants de Bernissart, s’ils dépendaient selon l’endroit où ils résidaient d’une des deux seigneuries, avaient cependant un échevinage commun avec un mayeur, situé à Blaton. Ceux de la seigneurie de Bernissart reçurent en 1466 une charte-loi du seigneur Guillaume du Failly.

En 1601, le village de Bernissart reçut un échevinage distinct de celui de Blaton.

En 1965, Bernissart et Harchies fusionnèrent.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemappes

Canton: Péruwelz (?)

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Tournai
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Péruwelz
  • Entité communale depuis 1977: Bernissart
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Le château et le village furent occupés par les troupes de Louis XI lorsqu’il assiégea Condé en 1478.

Economie

Les habitants de Bernissart vécurent longtemps uniquement de l’agriculture (céréales, plantes fourragères, colza, lin, pommes de terre,…). On y faisait de l’élevage sur les 80ha de pâturages communaux (wareschais). 

Des petites entreprises artisanales se développèrent en rapport avec cette activité agricole :

  • Un moulin à vent
  • Une sucrerie au XIXème (arrêtée en 1903).
  • Des fabriques de lingerie (XIXème)
  • Une fabrique d’instruments aratoires (XIXème).

Industrie houillère

En 1735, on exploitait déjà une quinzaine de fosses.

La Compagnie d’Anzin commença à exploiter le charbon de houille à partir de 1754 près de la frontière, à l’orée de la forêt de Bonsecours. Elle creusa un puits qui fut immédiatement inondé. Une machine à feu de Newcomen (1782-83) fut installée, pour combattre l’inondation constante des galeries minières. On atteignit la profondeur de 42m où on rencontra la première veine de charbon. Mais le coût de l’opération força à abandonner le site. Le bâtiment fut transformé en habitation par le seigneur des lieux, le duc de Croÿ, pour son garde-chasse.

L’exploitation reprit plus tard à quelques centaines de mètres de là. La gestion fut le fait de la « S.A. des Charbonnages de Bernissart ». On exploitait à proximité des canaux (Mons-Condé, Pommeroeul-Antoing, Blaton-Ath), des chemins de fer Blaton-Ath et Hainaut-Flandres. La concession s’étendait sous les communes de Blaton, Bernissart, Pommeroeul, Ville-Pommeroeul, Harchies, Grandglise, Stambruges et Péruwelz (2933ha). L’Ecole Moyenne de l’Etat occupe l’ancien bâtiment administratif, datant de 1920. D’autres bâtiments furent réaménagés en logements.

On compta cinq puits à Bernissart au nord du centre du village :

  • Puits Négresse n°1, 1841-1858 – profondeur 190m – il servit ensuite d’aérage du puits Sainte-Barbe
  • Puits du Moulin n°2 (1842 – 1863)
  • Sainte-Barbe n°3, 1845-1926 – profondeur 415/450m – le plus important, mais sujet à de nombreuses inondations – fermeture pour cette raison. C’est ici que furent faites les découvertes concernant les fossiles du crétacé.
  • Sainte-Catherine n°4, 1864-1914/18 – profondeur de 280m
  • Puits n°5, près du coron Lagache pour un ventilateur à force centrifuge.

Une ligne de chemin de fer industrielle relia tous les puits de Bernissart, d’Hensies et d’Harchies à la gare de Blaton. Il existait une gare, transformée elle aussi en habitation. La voie ferrée a été aménagée en piste cyclable jusqu’à Blaton.

Plusieurs corons (104 habitations), files de maisons presque semblables, furent construits pour loger les mineurs à proximité des sites miniers : coron Lagache, coron Perdu, cité Waters, coron Jaune, coron à l’Eau, coron d’en Haut, cité Carlier, cité Royer.

Les industries annexes :

  • Une cokerie
  • Une fabrique d’agglomérés, de briquettes et de boulets.

Les puits de Bernissart fermèrent entre 1913 et 1926.

Bernissart fut desservi par de bonnes voies de communication depuis le XIXème siècle :

  • Le canal Pommeroeul-Antoing, construit en 1826 pour dériver la houille du Borinage vers l’Escaut sans passer par la France qui imposait des frais de douane importants pour protéger ses mines
  • Le canal Blaton-Ath-Dendre
  • L’autoroute Liège-Tournai-Lille
Patrimoine

Eglise Notre-Dame

Il existait une église du XIIIème, construite sur les bords du fossé du château. Elle fut agrandie et restaurée en 1735, puis fut remplacée en 1876 par un édifice gothique. On y trouve la pierre tumulaire de Charles de Failly, seigneur de Bernissart, mort en 1620.

Château

Il fut construit au XIIIème, mentionné pour la première fois en 1267. En 1478, il fut assiégé et endommagé par les troupes de Louis XI. L’archiduc Maximilien le reprit après quelques mois. Il fut démoli en 1876. Il en reste quelques vestiges sur la place à côté de l’église.

Musée de l’Iguanodon

Collection de minéraux et de fossiles. La plupart des iguanodons ont été envoyés au Musée d’Histoire Naturelle de Bruxelles. Un d’eux a été prêté au musée local.

Jardin géologique – Dynolabyrinthe

Marais de Harchies, de Hensies et Pommeroeul

Ils couvrent 550ha. Dans une zone marécageuse au nord de la Haine, des étangs se sont constitués, provoqués par des effondrements miniers du sol dans la première moitié du XXème. Le domaine fut acheté dans les années ‘1970 par le Ministère de l’Education nationale et donné en gestion à l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique. Celui-ci y implanta un centre de recherches biologiques. C’est devenu une zone protégée, car ce lieu est exceptionnel pour la flore et la faune avec des biotopes différents (« Zone humide d’intérêt biologique » en 1994). On y admire le passage d’oiseaux migrateurs. 

 

La pompe à feu de 1782, restaurée en 2013-2014. Un lourd balancier en fonte sortait du haut de la façade. Il était relié à l’intérieur à un piston actionné par une machine à vapeur. A l’extérieur, il actionnait un système de pompage pour évacuer l’eau du puits de la mine voisine. Elle fut démontée peu de temps après et le bâtiment fut transformé en habitation.

Le terril Sainte-Barbe, boisé, à proximité de la dalle du puits comblé en 1949.

Le terril Sainte-Catherine, avec sa dalle

 Bibliographie

Bernissart et son château, Cécile & Gilbert Delfanne, 2004

Stambruges

Entité communale de Beloeil

Le territoire

Superficie: 829 ha (les trois-quarts sont couverts par les bois et les sablières)

Altitude: de 60 m (centre du village) à 75m

Situation géographique : le territoire se trouve sur le versant nord de la vallée de la Haine

Cours d’eau : le noyau du village se trouve dans une petite dépression créée par le ruisseau de la Fontaine Bouillante, affluent de la Haine, après sa traversée de Grandglise, de Blaton et de Bernissart.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : sablonneux (2/3 du village), argileux, rocailleux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Paléolithique moyen (Homo Neandertalensis) :

  • À la « Butte du  Calvaire » (Haubourdin, 1924-1932 ; André, 1981), il aurait existé une station moustérienne, endroit où des hommes de Neandertal taillaient ou utilisaient le silex pour en faire des outils. 
  • En 1992, à la « Sablière Brouillard » sur le Mont des Chèvres (R. Choquet, M. Van Assche), on a mis à jour tout un ensemble de silex (pièces et éclats) de la fin de cette culture moustérienne (typique du paléolithique moyen du bassin de la Haine). On y note des pièces obtenues par débitage de type Levallois (nucleus, lame, éclats, racloirs, bifaces du moustérien de tradition acheuléenne, pièces foliacées bifaciales). Il s’agissait probablement d’un camp de passage et non d’un site de débitage.

Paléolithique supérieur (Homo Sapiens) : 

  • Mr Desailly en 1929 plaidait pour un atelier aurignacien de taille du silex sur le territoire de Stambruges
  • A la « Mer de sable », Mr Haubourdin et Mr Demarez ont ramassé des lames en silex aurignaciens ou épipaléolithiques
  • Des éléments du stade Gravettien ont été découverts en 1984 (André).

Il s’agirait d’un des rares sites en Belgique de cette période correspondant au maximum glaciaire.

Mésolithique (Homo Sapiens) : 

  • Au « Mont Happart », entre Stambruges, Sirault et Hautrage, Mrs Haubourdin et Desailly ont ramassé des silex taillés correspondant à cette période (culture tardenoisienne).

Néolithique (Homo Sapiens) : 

Divers sites (Mont Happart, Butte du Calvaire, Argillières, Carnois, Royeux, Grande Couture) ont révélé des haches polies, des couteaux, des racloirs, des grattoirs et des flèches foliacées. Un alignement de pieux de chêne évoque un habitat.

Age du bronze 

Des sépultures à urnes ont été mises à jour.

Ages du fer :

On a même trouvé au lieu-dit « Royeux » un chenet en tête de cheval en terre cuite (période de La Tène)

Antiquité gallo-romaine

La chaussée romaine Bavay-Blicquy-Mer du Nord passe à proximité (Grandglise, Quevaucamps).

Des vestiges d’époque gallo-romaine ont été trouvés en divers endroits :

  • Au « Bois de Berlière » (ouest du village, Haubourdin, 1877), quelques vestiges d’habitat: meule, poteries, clous, tuiles
  • A la « Grande Couture » (ouest du village): tuiles, poteries
  • Au passage à niveau de la ligne Blaton-Ath (ouest): des substructions, une fibule en forme de phallus
  • A la « Terre Guerit » : un four de potier, des débris d’urnes et d’amphores, une pierre à aiguiser
  • Au lieu-dit « Ottée des Fées » (dans le bois, à l’est): un cimetière à incinération, comprenant des urnes avec des ossements, des grains de collier en verre bleu, une fiole en verre, des monnaies (1865-1880), des fragments de dolium
  • Lors de la construction du chemin de fer Blaton-Ath (1897) : un cimetière à incinération, avec des urnes avec ossements, de la céramique sigillée, des monnaies, un anneau en bronze
  • Au lieu-dit « Mortier Puchain » : des urnes avec cendres
  • Des vases en céramique sigillée (Vaes, 1942) ont été trouvés en plusieurs endroits
  • Un vase avec 170 pièces de monnaies (Gordien, Philippe, Postumus – soit le milieu du IIIème siècle) fut également exhumé

Un habitat gallo-romain a sûrement existé à l’ouest du village de Stambruges. Il est difficile sur base de ces éléments de définir son importance : villa ou ferme gauloise ? La présence de céramique sigillée (importée) est en général liée à des propriétaires aisés, mais l’absence (uniquement sur base des découvertes) d’hypocauste ou d’éléments décoratifs riches (marbres, statues, …) ne permet pas de conclure. Le « trésor » monétaire ne plaide pas non plus pour une durée d’habitat ayant dépassé les premières invasions barbares du IIIème siècle.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Etanbruge (1595)
  • Estambruges

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :  

Ce nom signifierait « étang des bruyères ».

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: les chemins médiévaux (Mons-Tournai; Chièvres-Condé).

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau de la Fontaine-Bouillante

source de bois: toute la région était boisée et recouverte de bruyères

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Servais, qui, au début, était une dépendance de celle de Harchies. Elle devint autonome au XIVème siècle.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1138 par Nicolas, évêque de Cambrai. 

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Il est probable que Stambruges se trouvait encore au XIIème siècle sur un domaine appartenant aux comtes de Hainaut. Ceux-ci constituèrent une grande seigneurie, comprenant Blaton, Wadelincourt, Quevaucamps, Grandglise, Stambruges, une partie de Bernissart, le hameau de Préaux, et d’autres villages plus éloignés. Ils la confièrent en fief à une famille noble qui leur était fidèle, celle des de Caudry.

Plus de détails se trouvent dans le chapitre consacré à Blaton.

Vers 1204-1205, en l’absence du comte Baudouin VI de Hainaut, parti à la croisade, son frère, Philippe « le Noble », marquis de Namur, alors qu’il assurait la régence au nom des deux filles mineures du comte, s’empara de cette seigneurie de Blaton. A sa mort, cette seigneurie resta dans les possessions personnelles des comtes, sauf Stambruges qui passa sous l’autorité des seigneurs de Condé, puis sous celle des Ligne. 

Il exista une résidence fortifiée à Stambruges, peut-être habitée par un représentant du seigneur (prévôt). On ne sait quand il fut construit. 

Maison de Condé

Stambruges a pu appartenir aux Condé vers 1212 ou un peu plus tard. A cette époque, le seigneur était Nicolas I de Condé (1171-1230) qui venait d’agrandir son domaine en épousant Isabeau de Morialmé-Bailleul (ancienne écriture de Beloeil).  Leurs descendants furent :

  • Jacques I de Condé (1195/1211-1259), fils du précédent
  • Nicolas II de Condé (1229/1231-1292/1293), fils du précédent
  • Guillaume I de Condé (1262/1275-1302), fils du précédent
  • Jean I de Condé (avt1304-1339, Venise), fils aîné du précédent – pas de postérité
  • Robert de Condé (1300-1359), frère du précédent
  • Jean II de Condé (1349-1391), fils du précédent – pas de postérité. Ses domaines allèrent aux descendants de sa tante Jeanne de Condé (1289/1291-1325), fille de Guillaume, sœur de Jean I et Robert.
  • Elle avait épousé Fastré III de Ligne (1280-1337). Ils eurent de nombreux enfants. Mais en 1391, à la mort de Jean II, seule Catherine de Ligne ( ?-1397) survivait. Elle était une des filles de Fastré III, s’était mariée à deux reprises et n’avait pas eu d’enfant. Veuve, elle se retira comme chanoinesse à Maubeuge et légua ses biens à ses neveux.

Maison de Ligne

Des neveux de Catherine de Ligne, c’est Jean II de Ligne (1361-1442) qui hérita de Beloeil. Il était fils de Guillaume de Ligne (1320-1387), frère de Catherine. Il avait hérité de son père Ligne et ses dépendances (Montroeul, Maulde). Il hérita de sa tante Beloeil et ses dépendances (Ellignies-Sainte-Anne, Stambruges). Par mariage, il devint aussi baron de Barbençon et pair de Hainaut. Il décida de faire de Beloeil sa résidence principale. Lui succédèrent :

  • Michel III de Ligne (1390-1468), fils du précédent. Il rédigea une charte-loi instituant la commune de Stambruges.
  • Jean IV de Ligne (1457 ?-1491), fils du précédent. C’est à partir de lui que les Ligne exercèrent de hautes fonctions pour les ducs de Bourgogne d’abord, pour les archiducs des Pays-Bas, les rois d’Espagne et empereurs de Germanie ensuite. On les vit chambellans, sénéchaux, ambassadeurs, officiers supérieurs, gouverneurs de villes et de provinces. Plusieurs devinrent chevaliers de l’Ordre de la Toison d’Or. C’est à cette époque, en 1477/78 que le château de Stambruges fut endommagé gravement par les troupes du roi Louis XI de France en guerre contre Charles le Téméraire.
  • Antoine « le Grand Diable » de Ligne (1474-1532), fils du précédent. Par mariage et par achats, il étendit son domaine.
  • Jacques de Ligne (1503-1552), au service de Charles-Quint dont il fut son chambellan et ambassadeur, vit sa baronnie de Ligne érigée en comté en 1545.
  • Georges de Ligne ( ?-1579), fils aîné du précédent.  Son fils Jean de Ligne, par mariage, fonda la lignée « Ligne-Arenberg ».
  • Son deuxième fils Philippe de Ligne (1533-1583) continua la lignée « Ligne-Beloeil ».

    D’Adrien de Montigny (fin XVIème)
  • Lamoral I de Ligne (1563-1624), fils du précédent, devint, sur ordre de l’empereur Rodolphe II, prince de Ligne et du St Empire.
  • Florent de Ligne (1588-1622), fils du précédent
  • Albert Henri de Ligne (1615-1641), fils aîné du précédent – sans postérité. Il est le fondateur de la bibliothèque de Beloeil, riche en manuscrits.
  • Claude Lamoral I de Ligne (1618-1679), frère du précédent
  • Henri louis Ernest de Ligne (1644-1702), fils du précédent
  • Antoine Joseph Ghislain (1682-1750), fils du précédent – sans postérité. En 1727, la commune perdit de grandes zones de pâture (Garenne, La Bruyère, Carnois, Mer) au profit du prince de Ligne, ce qui donna lieu à un conflit.
  • Claude Lamoral II (1685-1766), frère du précédent, qui embellit le château de Beloeil et son parc
  • Charles Joseph Lamoral (1735-1814), fils du précédent. Militaire, homme de lettres et érudit, ambassadeur, il servit les empereurs de Germanie. Il fréquenta toutes les cours européennes (Vienne, St-Pétersbourg, Versailles, Londres). Il côtoya les plus grands (outre les empereurs, Catherine de Russie, Frédéric II de Prusse), mais aussi les célébrités littéraires de son époque, avec qui il correspondait (Voltaire, Goethe, Madame de Staël, …). La Révolution Française vint mettre fin à tout cela. Il termina sa vie à Vienne en se consacrant à l’écriture, alors que tous ses pouvoirs féodaux sur ses nombreux fiefs furent abolis et que son domaine de Beloeil fut confisqué.

    Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Quevaucamps
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Quevaucamps
  • Fusion en 1963 avec Granglise
  • Entité communale depuis 1977:
Economie

La nature du sol permit les cultures de céréales, pommes de terre, camomille. L’élevage existait aussi, mais il y eut perte d’importantes zones de pâture en 1727 au profit du prince de Ligne. 

On mentionne deux moulins au XIXème siècle

  • Le moulin Patin sur le ruisseau (1845), actionné à la  vapeur dès 1870. Incendié en 1884
  • Le moulin Frison sur le même ruisseau

Exploitation du sous-sol.

On creusa à Stambruges :

  • Des carrières de grès et calcaire pour la fabrication de pavés et de moellons qui ont servi à bâtir quelques églises de la région et des habitations.
  • Des carrières de sable
  • De la pierre à chaux. Avec la présence de fours à chaux, cités en 1474
  • On préleva au sol de la terre pour fabriquer des produits réfractaires, au XIX-XXème siècle.

Industrie textile

Comme dans les villages voisins, on s’adonna à la bonneterie (tricots, jupons, vêtements d’enfant, couvertures, bas), organisée dans les maisons particulières d’abord, puis dans des ateliers. Ces produits, ainsi que le houblon et des toiles, étaient colportés par des marchands ambulants, les « Campenaires » au XIXème et XXème siècle.

Patrimoine

Eglise St Servais. Un bâtiment gothique fut incendié en 1828, dont il reste la partie inférieure du clocher.  Il fut rebâti en 1831-1834 en style toscan. Elle est le centre de pèlerinages à St Servais.

Chapelle de l’Erconpuch. Elle est dédiée à Notre-Dame des Bois. A proximité, se trouvait un robinier sur lequel étaient déposés des ex-voto (remerciements de grâces reçues pour des enfants). Il fut abattu par une tempête en 2009 et remplacé par un chêne à quelques mètres.

Maisons en pierre de sable.

La Mer de Sable. C’était autrefois un vaste étang emménagé de 40ha. Il fut asséché en 1852. Il était entouré de marais et de tourbières. Il persiste une vaste clairière de 15ha dans le bois du Carnoi, couverte depuis le XVIIIème d’une vaste étendue de bruyères où l’on menait paître le bétail. Cette étendue a servi de carrière. C’est aujourd’hui une réserve naturelle classée, mais aussi un but de promenade et de loisirs.

Il y eut à Stambruges un hôpital St Michel, dont nous n’avons pas de précision. 

Autrefois et de nos deux jours encore, il existe de nombreuses histoires et légendes mettant en scène des fées et des sorcières, ainsi que quelques manifestations festives sur ce sujet. Notamment sur deux sites : « le Rond des Sorcières » et « l’Ottée des fées ».

Quevaucamps

Entité communale de Beloeil

Le territoire

Superficie: 819 ha

Altitude: 60 m à 70 m (moyenne)

Situation géographique : le territoire est situé sur le versant nord de la vallée de la Haine

Cours d’eau : ?

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : sablonneux, argileux

Nature du sous-sol : grès, marbres, pierre calcaire, schistes

Préhistoire

Paléolithique supérieur (Homo Sapiens) : 

Quelques découvertes sans précision de dates et de lieux  ont été faites se rapportant au diverses cultures qui ont traversé les premiers temps de l’homo sapiens:

  • Culture aurignacienne : des lames et lamelles, des grattoirs, des pointes de harpon, des nuclei
  • Culture gravettienne : des lames à dos rabattu, un harpon
  • Culture solutréenne : pointes de flèches et de lances
  • Culture magdalénienne : des perçoirs, des percuteurs et des nucleus

Mésolithique – Néolithique (Homo Sapiens) :

En divers endroits non précisés ont été ramassés:

  • Des grattoirs, des faucilles, des perçoirs (selon CAW, 2009)
  • Des haches polies (Tourneur, CAW ; Verpoort, CAW)

En des endroits précisés :

  • Au « Champ de Haignois » (sortie de Quevaucamps vers Ellignies et à une centaine de mètres de la chaussée Bavay-Blicquy, en marge d’une zone marécageuse) : trois haches polies (Haubourdin, 1898 ; Braeckeleer, 1983 ; Cauwe, 1995) et un percuteur en silex (Verpoort)
  • A « La Bergette » (2010, M. Verpoort) : une hache polie de type Spiennes
  • Au lieu-dit « Le Lancier » : une hache polie du néolithique moyen
  • Aux « Marlières » : un éclat de silex
  • Sur le « Chemin des vaches » : des pointes de flèches en silex
  • Au « Moulin d’en Haut » : des pointes de flèches (J. Dufrasnes)

Age du bronze – Ages du fer :

  • Au lieu-dit « Rosuelles » : une hache à douille en bronze (v1910, E. Delhaye)
  • « Les Marlières » (1991, prospection): des fosses domestiques ont été individualisées qui contenaient du matériel de La Tène ancien : plus de mille tessons, des fusaïoles, une perle, un objet en bronze, des fragments de poids de métier à tisser, des fragments de meules). Pas d’habitat découvert.
  • A la Rue de Stambruges, une monnaie nervienne (potin rameau de type A) a été ramassée (CAW, 2017)
Antiquité gallo-romaine

Le village actuel de Quevaucamps est situé sur la chaussée romaine qui va de Bavay, via Blicquy, vers Gand et le littoral (d’où on ramenait du sel). Celle-ci est encore bien conservée à cet endroit. Elle fut bien explorée sur un tronçon en 1989. De nombreuses découvertes furent faites sur le territoire:

  • Des monnaies romaines, des vases, des urnes en divers endroits non précisés
  • Au « Bois de la Berlière » (nord-est du village, XIXème, Haubourdin) : un caveau funéraire, avec du mobilier : urne funéraire, monnaies, écuelle, assiette, cruche (fin Ier, début II), pièces de monnaie (naulum). Plus récemment (CAW 2017), une fibule du Ier siècle a été trouvée.
  • Au lieu-dit « Le Lancier » (est du village, 1990) : des traces d’occupation gallo-romaine en deux endroits distincts, le long de la chaussée Bavay-Blicquy : des tessons de céramique commune, de dolia, un gobelet en céramique sigillée, quelques rares fragments de tegulae, des sesterces (Antonin le Pieux, Faustine I, 141-161)
  • A l’est du « Le Lancier » (1990 , Dufrasnes) : d’autres traces d’occupation le long de la chaussée (tessons de céramique commune, de dolia, fragments de gobelet en sigillée, fragments de tegulae, un sesterce d’Antonin le Pieux
  • (où ?) 1993 : un fragment de meule en arkose
  • (où ?) : des fragments de fours de potier (fin IIème, début IIIème)

Les deux sites suivants, situés de part et d’autre de la chaussée romaine  au nord de l’actuel village ont donné des indices démontrant un habitat très structuré :

  • « Champs du Haignois » (sortie de Quevaucamps vers Ellignies, à une centaine de mètres à l’ouest de la chaussée Bavay-Blicquy, en marge d’une zone marécageuse (1987, de Braekeleer): un site gallo-romain d’une dizaine d’ares est désigné par de grandes quantités de tegulae, d’imbrices, des bases de colonnes en grès de Grandglise, des pierres. Il s’agit d’une construction gallo-romaine, pour laquelle on a aussi trouvé :
    • Des tessons de céramique Ier et IIème, y compris de la céramique sigillée (importée)
    • Quelques objets en bronze (cheville, anneau, cuillères, fibule),
    • Des monnaies (Hadrien, Trajan)

Il s’égit d’une probable villa imposante et somptueuse datant au moins du IIème siècle. 

  • « Les Marlières  (Paradis des Qu’vaux), à l’est de la chaussée. A proximité du site de la Téne (cité plus haut), un site qui mélangeait des indices des deux périodes (pouvant indiquer la continuation d’exploitation d’une ferme gauloise après la conquête romaine). Le nom du site vient de « marnières » ou « marlières », endroits où l’on extrayait de la marne. On y a trouvé :
    • Des statuettes en bronze de Mercure et de Mars, fin Ier – IIème siècle
    • Un puits romain à double cuvelage (fouillé par Mr Demarez)
    • Des tessons de céramiques (dont de la sigillée), fragments de meules
    • Des traces de foyer et de torchis
    • Des objets en fer (lance, rasette à pétrin)

Il pouvait s’agir d’un autre habitat ou plus probablement d’une dépendance du site précédent.

  • « Les Rosuelles » (où ?) : quelques traces d’habitation, d’après des fragments de céramique commune et sigillée, des tegulae, des fragments de plat en bronze, de meule en arkose. Une hache de bronze à emmanchement par douille du Ier siècle (découverte par E. Delhaye v.1900). A proximité :
    • Des statuettes (1845)
    • Une monnaie de Commode (1966)
    • Une meule laténienne (Rosuelles, 1985)
  • À la plage de sable ( 1968) : un puits romain profond de 6m, avec cuvelage en pierres de Basècles

En conclusion, de cette période on peut retenir un habitat gallo-romain relativement important sur l’actuel territoire de Quevaucamps, avec des vestiges en divers lieux plus ou moins éloignés l’un de l’autre, mais à proximité de la chaussée romaine. Sans doute une villa gallo-romaine d’un personnage relativement riche, au Haignois. Il est difficile de donner d’autres précisions sur les vestiges plus éloignés ni sur la persistance dans le temps. Probablement que ces habitats ont périclité puis disparu, comme beaucoup d’autres, au IIIème siècle lors de la grande crise économique de l’empire romain.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Au lieu-dit « Les Saudrillons », des fouilles (mal organisées) ont révélé des tombes d’époque mérovingienne du VIIème et VIIIème siècle (sur base de datation C14 d’ossements).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : ?

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

La signification du nom provient de « camp » ou « champ » de chevaux.

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine antique, les chemins médiévaux de Saint-Ghislain à Tournai et de Condé à Chièvres

sources d’eau ou cours d’eau: ?

source de bois: tout ce versant était boisé

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint Jean-Baptiste. Elle était une dépendance (secours) de celle de Stambruges. Les villageois suivaient la messe dans une chapelle, dédiée à St Jean-Baptiste, messe dite par le curé de Stambruges qui s’occupait du culte et entretenait les lieux grâce à la dîme (impôt en nature) prélevée dans chaque foyer.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1138 par Nicolas II, évêque de Cambrai. ce qui fut confirmé par une bulle du pape Lucius en 1183.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Comme pour les villages voisins (Stambruges, Grandglise, Wadelincourt), Quevaucamps se trouvait au XIIème siècle dans de vastes domaines qui appartenaient aux comtes de Hainaut. Tous ces villages avec une partie de Bernissart et de Harchies (Préaux) furent intégrés dans la grande seigneurie de Blaton et donnée en fief aux seigneurs de Caudry, une famille proche du pouvoir comtal.

Famille de Caudry

Issue d’un village du Cambrésis. Quelques-uns de ces seigneurs sont mentionnés dans le chapitre consacré à Blaton.

Comtes de Hainaut

Au début du XIIIème siècle, le comte Baudouin VI de Hainaut (IX de Flandre) partit à la Croisade (4ème) où il participa à la prise de Constantinople (1204). Il y fut choisi comme empereur et il décéda l’année suivante. Ayant laissé deux filles mineures, il donna la tutelle de celles-ci et la régence du comté à son frère Philippe « le Noble ». Ce dernier s’est emparé de la seigneurie de Blaton au détriment des Caudry. Par une charte de mars 1204, Philippe le Noble, céda aux habitants de Quevaucamps et de Grandglise le pâturage de cette localité contre une rente. Il mourut sans héritier et la seigneurie fut administrée par les comtes eux-mêmes jusqu’à la fin du siècle.

Maison d’Enghien

Jean d’Avesnes, fils de Bouchard d’Avesnes et de la comtesse Marguerite de Hainaut-Flandre, donna la seigneurie de Blaton et ses dépendances au fils cadet de Siger I, seigneur d’Enghien. Trois Arnould vont se succéder sur un quart de siècle. Le troisième ayant connu des vicissitudes, la seigneurie revint de nouveau à la famille comtale. Elle «  transita » un peu, puisqu’elle se retrouva aux mains du roi de France, Philippe V de Valois, puis dans celles des comtes Guillaume I et Guillaume II de Hainaut, avant d’être donnée au comte de Flandre, Louis de Nevers.

Maisons de Flandre, de Bourgogne et d’Autriche

En l’espace de deux siècles, la seigneurie de Blaton et ses dépendances vont être administrées par ceux qui porteront le titre de comte de Flandre, sans doute par l’intermédiaire d’un prévôt. Louis de Nevers et son fils Louis de Male furent les derniers comtes de Flandre à part entière. La fille héritière du deuxième, Marguerite de Male épousa le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi. Leurs descendants vont leur succéder: Jean-sans-Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne et son époux Maximilien archiduc d’Autriche, Philippe le Beau, leur fils et Charles Quint, leur petit-fils.

Dans le chapitre consacré à Blaton, tout ceci est repris plus en détail.

Maison de Croÿ

Le 16 décembre 1545, Charles Quint accorda à Philippe II de Croÿ (1496-1549), duc d’Aerschot, les terres et seigneuries de Quevaucamps, Grandglise, Fegnies, Wadelincourt, démembrées de la seigneurie de Blaton, pour être tenues en un seul fief à relever du comte de Hainaut, en échange de la ville et de la terre de Landrecies. Lui succédèrent :

Charles de Croÿ (1522-1551), fils du précédent, mort sans postérité

  • Philippe III de Croÿ (1526-1595), frère du précédent
  • Charles III de Croÿ (1560-1612), mort sans postérité. Son vaste domaine fut partagé.

Les de Failly

Il semblerait qu’en 1611, les terres de Quevaucamps passèrent dans les possessions de Charles de Failly, seigneur de Bernissart, probablement par achat. Lui succédèrent :

  • Jean IV de Failly (1584-1633), son fils
  • Jacques de Failly ( ?- ?), fils du précédent

Maison de la Barre

En 1667, Quevaucamps a été acheté par Philippe de la Barre (1614-1670). Il était le fils de Philippe de la Barre, seigneur de Maurage, d’Erquelinnes et député des Etats de Hainaut, issu d’une famille de magistrats enrichis. Chevalier. Lui succédèrent:

  • Philippe Ignace de la Barre (1649-1702)
  • François Léonard de la Barre (1699-1759)
  • Emmanuel Joseph de la Barre (1736-1793)

Quevaucamps a été vendu aux Ligne, mais la date n’est pas précisée.

Maison de Ligne

Claude Lamoral II de Ligne (1685-1766) est vraisemblablement l’acheteur du domaine de Quevaucamps. A cette époque, cette famille possédait dans la région Ligne (et Maulde), Beloeil (et Ellignies, Thumaide, …), Quevaucamps, Stambruges, Grandglise, Hautrage, Villerot, Baudour, Pommeroeul et Ville-Pommeroeul, Montroeul-sur-Haine et Thulin. Lui succéda:

Charles-Joseph Lamoral de Ligne (1735, Bruxelles – 1814, Vienne), fils du précédent

En 1792 et 1794, les pouvoirs féodaux furent abolis. Les titres seigneuriaux disparurent. Si Charles Joseph termina sa vie à Vienne, par la suite, sa famille put récupérer quelques biens confisqués dont le domaine de Beloeil et de vastes terres et bois dans la région.

En, 1768, la Grand-route vers Tournai fut pavée à l’initiative de l’impératrice Marie-Thérèse que Charles Joseph servit comme officier.

Période française (1794-1814)

Département: Jemappes

Canton: Quevaucamp devint chef-lieu de canton (19 villages), dépendant de la sous-préfecture de Tournai. 

Les habitants de la région furent enrôlés dans l’armée française pour se battre contre les Autrichiens, leurs anciens maîtres. Ils durent également fournir à l’armée française du foin, de céréales, de la viande, des chevaux et du charbon.

Sur le plan religieux, le village put obtenir une paroisse autonome en 1803, lors du Concordat qui la plaça aussi dans l’évêché de Tournai.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Quevaucamps
  • Entité communale depuis 1977: Beloeil

Quevaucamps est resté le siège d’une justice de paix.

La guerre 1914-1918 ne donna pas lieu à des combats sur son sol, mais les habitants durent subir les humiliations de l’occupation (déportations, réquisitions, ravitaillement).

Quant à la guerre 1940-1945, Quevaucamps fut le témoin d’un massacre le 4 septembre 1944 lors de la libération par les Anglais et les Canadiens.

Economie

L’agriculture et l’élevage furent longtemps les activités dominantes des habitants de Quevaucamps.  Jusqu’au XIXème, on pouvait trouver des champs à l’ouest de la Grand-Rue actuelle et des pâturages plus humides à l’est.

On trouva quelques entreprises liées à ce secteur économique :

  • Des moulins à grains (trois)
  • Une manufacture de tabac
  • Une fabrique de chicorée (Bertin, 1902-1966)
  • Des brasseries (Gosselin, XXème)
  • Du travail de l’osier (aux Rosuelles)

Le sol et le sous-sol du village de Quevaucamps permirent diverses exploitations. Extraction de :

  • Pierre à chaux, avec des fours à chaux jusqu’à 1958
  • De calcaire bleu et de marbre noir

Essor au XIXème  (entreprises Trivier, Roland):

  • De schistes pyriteux, d’alun, de couperose (riche en sulfate de fer).
  • Argile pour briqueteries

On trouvait aussi :

  • Des saboteries
  • Des fabriques d’engrais
  • Des bonneteries depuis le XVIIIème : serges, bas, tricots (ateliers familiaux jusqu’au milieu du XIXème, puis fabriques).

Toutes ces activités connurent un déclin accéléré dès la deuxième guerre mondiale. 

Le XIXème siècle vit l’aménagement de nouvelles voies de communication.

Voies vicinales :

  • Quiévrain – Mainvault (1843)
  • Saint-Ghislain – Stambruges – Quevaucamps

Chemin de fer (ligne Blaton-Ath)  – la gare (1903)

Patrimoine

Eglise St Jean-Baptiste. Bâtie en pierres de Grandglise et en dalles de marbre de Basècles, au XVIIIème siècle. L’actuelle fut agrandie en 1875. Croix gothique, XVIème. Retable en bois, peint, XVIIème.

Chapelles (Notre-Dame-de-Tongres, Saint-Joseph)

Le musée de la Bonneterie

Kiosque à musique, 1901

Bibliographie

Si Quevaucamps m’était conté… Catalogue de l’exposition

 

Blicquy

Entité communale de Leuze

Le territoire

Superficie: 910 ha

Altitude: 45-50 m

Situation géographique : le territoire se situe sur le versant sud de la vallée de la Dendre Occidentale

Cours d’eau :le Secours de la Dendre

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Mésolithique (Homo Sapiens) : 

Des éléments d’occupation ont été trouvés sur le site « Ville d’Anderlecht » correspondant au mésolithique.

Néolithique (Homo Sapiens) : au lieu-dit “Couture du Couvent”, des fouilles ont été effectuées depuis 1983 (Cl. Constantin et L. Demarez, puis I. Deramaix) qui ont permis d’y découvrir deux habitats successifs:

  • le premier datant du néolithique ancien. Un village de culture rubanée y aurait existé.
  • le second est un site fortifié du néolithique moyen de culture de Michelberg: une surface d’un diamètre de 950 mètres y était entourée d’une enceinte, soit un fossé large de six mètres et une palissade intérieure, interrompue par quatre entrées. A l’intérieur, on y a trouvé des fosses contenant des outils en silex (hache polie, ciseaux, grattoires, fragments de meule et de polissoir) et des tessons de céramique correspondant à cette culture.

A la limite entre Blicquy et Tourpes, on a trouvé en 1996 un couteau-racloir en silex du Grand-Pressigny (qui se trouve en Indre-et-Loire).

Age du bronze 

Au lieu-dit « Ville d’Anderlecht », on a découvert une nécropole à incinération appartenant à la « Civilisation des Camps d’Urnes » de la fin de l’âge du Bronze. 35 tombes ont été individualisées.

Ages du fer :

Au même endroit, une nouvelle occupation eut lieu à la fin du Second Age du Fer. Elle avait un caractère cultuel, car on y enfouissait des objets :

  • Des éléments de harnachement : mors de chevaux, anneaux passe-guide, appliques, bandages et cercles de moyeux de roues, clavettes
  • Des armements : épées, fer de lance, haches (datation : fin La Tène C2 et La Tène D1)
  • Des dépôts d’ossements humains avec lot monétaire (potins nerviens) avant ou juste après la conquête (rituel de fondation)

Antiquité gallo-romaine

Une chaussée romaine venant de Bavay traversait le territoire des actuels villages d’Aubechies et de Blicquy pour aller, à partir d’ici, dans deux directions : la mer du Nord (route du sel) et Gand-Velzeke (vicus sur l’Escaut). Comme les éléments des périodes précédentes sont assez abondants, il est possible que cette chaussée était plus ancienne et qu’elle fut réaménagée à l’époque romaine pour les besoins de l’époque (militaires et commerciaux).

Site gallo-romain

Dès le premier siècle de notre ère, une agglomération (vicus) s’est développée à proximité d’un grand sanctuaire. Celui-ci fut découvert en 1976 au lieu-dit « Ville d’Anderlecht » où se sont déjà succédé les occupations du mésolithique, de la fin de l’âge du bronze et du deuxième âge du fer. Il y eut donc une réappropriation du lieu par les Gallo-Romains d’un sanctuaire plus ancien de l’âge du fer. Ce sanctuaire fut probablement construit aux frais de la Cité des Nerviens. On y organisait des cultes et des fêtes en l’honneur d’un dieu tutélaire, probablement Mars. 

Reconstitution du sanctuaire

Dès l’époque d’Auguste et de Tibère, il y avait déjà ici un simple sanctuaire avec une cella en pierre sèche pour la fondation (technique gallo-romaine) et probablement des pans de bois et des hourdis de torchis pour le reste. On a trouvé à proximité des larges trous de poteaux de bois (120 trous). On évoque un “bois sacré”. 

Puis on réaménagea à la fin du premier siècle et au début du IIème. On construisit un grand fanum (temple à plan centré) de 20m de côté

  • Avec un déambulatoire de 20m de côté
  • Dans une enceinte trapézoïdale (Temenos = espace sacré délimité par une enceinte).

On y trouvait :

  • Deux portiques longitudinaux pourvus de colonnades (60m au nord et 83m au sud)
  • Un troisième portique en hémicycle (diamètre 50m)
  • Un bâtiment dans le prolongement de la galerie nord (tour ou pavillon d’angle) avec une fosse à offrande (ossements calcinés sacrificiels de bœufs, caprinés, oiseaux)
  • Un aqueduc alimentant un bassin central (pour des ablutions rituelles)
  • Des niches (pour statues)
  • Des chemins dallés : un central et deux perpendiculaires
  • Des bases de statues ou d’autels
  • Des fosses à offrandes avec dépôts cultuels 
  • A proximité : des fragments de statues en bronze grandeur nature, des statuettes de Mars et de Mercure

En annexe de ce temple, on trouvait :

  • Des thermes
  • Un cuisine (ou culina pour préparer des repas rituels) à la périphérie nord
  • Un théâtre à l’extérieur de l’enceinte cultuelle (IIème siècle, avec cavea et orchestra – la fondation était en pierre, le reste en bois – pouvant accueillir 5000 personnes),
  • Des ateliers de production de bronze, fer, céramiques
  • Une nécropole
  • un castrum romain

A quelle divinité ce sanctuaire était-il dédié ? Mars, Mercure, un culte impérial ? Ce n’est pas déterminé, car on manque de documents épigraphiques. 

Ce site connut un développement majeur au IIème et IIIème siècle. On vit l’installation à proximité de quartiers artisanaux et commerciaux (potiers, bronziers). Ce sanctuaire devait attirer une foule importante de pèlerins. Il s’étendait sur une superficie de 50ha au II-IIIème siècle.

Il fut abandonné progressivement dans la deuxième moitié du IIIème siècle.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Elle n’est pas documentée. Il est vraisemblable que le site fut définitivement abandonné lors de la grande crise politique et économique de la  seconde moitié du IIIème siècle. On ne décrit pas de villa romaine qui ait pu prolonger l’occupation des lieux, notamment au Bas-Empire et dans la période mérovingienne.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1084

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Belchi (1084 – Chartre de Baudouin II)
  • Bilchi (1101 – Chatre de Manassès)
  • Belchi (1108 – Chartre de Buchard, Evêque de Cambrai)
  • Bliki (1262 – sous le Pape Urbain II)
  • Blicquie (1663 – sous les coutumes de Valenciennes)
  • Bliquy (1691 – sur la carte du Chevalier de Beauraing sur le combat de Leuze)
  • Bliquy (1745 – sur la carte du siège d’Ath.

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : non documenté

Epoque de son apparition: XIème ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine

sources d’eau ou cours d’eau: la Petite Dendre

source de bois: la région était boisée

proximité d’un lieu de pouvoir:  peut-être l’abbaye d’Aubechies

Paroisse dédiée à Saint-Lambert

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye d’Aubechies en 1101 par Manassès, évêque de Cambrai. La suppression du monastère entraîna le transfert à abbaye de Saint-Ghislain.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): châtellenie d’Ath

Seigneuries et fiefs

Sur ce territoire relativement grand, on compta plusieurs seigneuries éparpillées dans le temps, issues du démembrement d’autres seigneuries :

  • La principale (ci-dessous)
  • Le fief d’Andricourt, pPossession des Ligne du XVIème au XVIIIème
  • Le fief d’Autreppe
  • Le fief de la Catoire
  • Le fief de Moulbaix
  • Le fief du Quesnoy
  • Le fief de Ridoux

La seigneurie principale

La terre de Blicquy appartenait aux seigneurs de Silly, une très ancienne baronnie dont les titulaires étaient des pairs du comté de Hainaut, très proches des comtes dès le XIème siècle.

Un document de 1095 mentionne que Blicquy et Moulbaix étaient des dépendances d’Aubechies. Il est possible que ce ne soit que la paroisse, mais l’histoire originelle des deux villages semble liée. Les habitants d’Aubechies étaient alors dirigés par une famille locale jusqu’à la dernière descendante héritière, Elizabeth d’Aubechies, qui devint dame chanoinesse à Sainte-Waudru en 1195. Le comte Baudouin V aurait alors donné le village à Othon de Trazegnies. Cette version des faits n’est pas certaine.

Famille de Silly-Trazegnies

Sur certaines listes généalogiques, les premiers seigneurs de Silly et de Trazegnies détenaient déjà Blicquy dès la fin du XIème siècle. Nous mentionnerons donc ceux-ci dès cette période jusqu’à plus amples informations.

Le premier seigneur connu de Blicquy fut Othon I de Blicquy (avt1092-v1136). Il aurait épousé vers 1105 Helvide de Silly, dame de Silly, et serait devenu le seigneur de ce domaine qui était une pairie du comté de Hainaut depuis peu.

  • Gilles Ier de Blicquy-Silly- Trazegnies (v1134 – 1161/1162) serait leur fils ou plus probablement leur petit fils. Il fut seigneur de Silly et pair de Hainaut, seigneur de Blicquy, Irchonwelz, Ath et Trazegnies. C’est lui qui décida de porter désormais le patronyme de “Trazegnies”. En 1148, le même comte, lors de son conflit avec Rasse de Gavre, seigneur de Chièvres, et le comte de Flandre, plaça des troupes à Blicquy pour dissuader ces personnages d’intervenir dans ses projets, qu’il réussit d’ailleurs.
  • Otton II de Trazegnies (v.1143/1150-1192), fils du précédent
  • Siger de Trazegnies (?-1184/1185), frère du précédent, seigneur de Blicquy
  • Wauthier Ier de Trazegnies (fils du précédent), seigneur de Blicquy
  • Agnès de Trazegnies, dame héritière de Blicquy, épousa Wauthier de Genlain

Nous perdons ensuite la lignée des seigneurs de Blicquy. Ce domaine serait-il retourné dans les possessions des Trazegnies? On le retrouve un peu plus tard chez Rasse de Ligne.

Maisons diverses

Rasse de Ligne (1340-avt1410), fils bâtard de Michel I de Ligne ( ?-1385/1387). Chevalier. Maire héréditaire de Kester en 1403. Il est renseigné comme seigneur de Blicquy, mais nous n’avons aucune date. Il épousa en 1361 Marguerite de Ham ==> Descendance Ligne de Ham. Il n’est pas sûr qu’un de ses descendants ait hérité de Blicquy.

Par la suite, les documents à notre disposition mentionnent que Blicquy est passé soit à la famille des Rubempré. Sans plus de précision. Nous retrouvons (dans des listes généalogiques) la trace de la seigneurie chez :

Jean de Lizac (?-?), seigneur de Blicquy. Ecuyer.  Prévôt héréditaire du Laonnois. Il épousa Antoinette de Moy de Sons, dont il eut Agathe de Lizac, dame héritière de Blicquy.

Elle épousa en 1478  Jehan de Crécy (?-?, XVème). Ecuyer de Philippe le Bon. Prévôt héréditaire du Laonnois.

Henry de Crécy ( ?-1543) devint seigneur de Blicquy De son épouse Yolinne Anne de Proisy, il eut trois enfants, dont François de Crécy ( ?-apr1602), qui hérita de Crécy et de Blicquy. Il prit malheureusement le parti de la France. Charles Quint lui confisqua Blicquy en 1552. Mais on mentionne cependant un de ses fils comme titulaire de la seigneurie. Peut-être avait-il retrouvé les biens familiaux.

Ce fils était Antoine de Crécy ( ?- ?) qui vendit Blicquy en 1594.

Famille de Hénin-Liétard

Louis de Hénin-Liétard (v1550- ?). Il était le descendant d’une branche cadette de Jean I (v1235-1300). Il était baron de Fosseux, seigneur de Cuvillers et donc de Blicquy par achat en 1594

Jean de Hénin-Liétard (v1590-1664), son fils, était aussi baron de Fosseux, seigneur de Cuvillers et de Blicquy. De son épouse Jossine de Dion, il eut plusieurs enfants, dont:

Maximilien de Hénin-Liétard (v1610-1681), baron de Fosseux, seigneur de Cuvillers et de Blicquy. Il épousa Françoise de Wignacourt, dont il eut:

Alexandre de Hénin-Liétard (v1650-1710), baron de Fosseux, seigneur de Cuvillers et de Blicquy. De son épouse Marie-Thérèse Valcque, il eut deux filles

  • Marie-Philippe (1690-1719), dame héritière de Cuvillers
  • Antoinette (1691-1715), dame héritière de Blicquy, qui épousa Jean-Philippe Petit mais n’eut pas de postérité. C’est donc sa soeur aînée Marie-Philippe qui hérita d’elle. Elle avait épousé:

Sylvestre de Prévost de Lapeyrière (1672-1752), seigneur de la Bastide et seigneur de Blicquy par mariage. Capitaine au régiment de Gervesay. Sa fille Marie-Reine hérita.

Carte de Ferraris (XVIIIème)

Famille du Roy

Jacques du Roy (1697-1765, Blicquy), seigneur d’Hauterive, devint seigneur de Blicquy par mariage en 1742 avec  Marie-Reine de Prévost de Lapeyrrière, dame de Cuvillers et de Blicquy. Il était pair du Cambrésis, colonel au régiment de Gondrin, chevalier de l’Ordre de Saint-Louis.

Sylvestre du Roy « de Blicquy » (1745, Mons – 1826, Blicquy), son fils, lui succéda comme seigneur de Blicquy, de Cuvillers et de Mourcourt. Il fut chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, capitaine au régiment de Dauphin. Il fut le dernier titulaire des droits féodaux. Ses descendants, qui continuèrent à résider à Blicquy, devinrent bourgmestres du village.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Chièvres
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai (ou Mons)
  • Canton: Chièvres
  • Entité communale depuis 1977: Beloeil
Economie

Elle est essentiellement agricole.

Patrimoine 

Couvent de Blicquy. C’était un hôpital dédié à St Julien, qui en 1358, était tenu par des religieuses augustines.

Tour de l’ancien château. Celui-ci fut détruit en 1478 par les armées de Louis XI.

Eglise St-Lambert. Construite en 1776 en style semi-classique. Dalles funéraires des seigneurs de Blicquy

 Références

https://fr.wikipedia.org/wiki/Blicquy

http://www.archeosite.be/fr/home/