Dour

Entité communale de Dour

Le territoire

Superficie: 1187 ha

Altitude:  de 50 m au nord jusqu’à 130m

Situation géographique : Le territoire de Dour s’est implanté sur le versant sud de la vallée de la Haine, en bordure du Haut-Pays (ou plateau de Bavay).

Cours d’eau : Ce versant de vallée est parcouru par plusieurs ruisseaux, dont certains ont joué un rôle dans la constitution du village primitif en se réunissant presque au centre de celui-ci, dans une petite cuvette, au lieu-dit « Locheniot », près de la Grand-Place.

  • Le Rieu Saussez. Il doit son nom à l’abondance de saules qui le longeaient. Il prend sa source au Préfeuillet, entre Dour et Wihéries, depuis la limite du hameau d’Offegnies avec le village de Blaugies. Il descend le coteau vers l’ancienne brasserie Cavenaile. Il coupe la route Dour-Athis-Bavay (rue du Préfeuillet). Il longe à Elouges le bois de Cocars, dont il prend le nom. Il en sort pour venir se jeter dans le Ruisseau d’Elouges au sud de ce village. Ce dernier est un affluent de la Haine.
  • Le Ruisseau Delval. Il traverse le centre de la cité. Il a été formé par la rencontre de trois ruisseaux au lieu-dit « Locheniot ». Le Rieu Declaret qui a sa source en haut des Plantis (aussi nommé “Rau Plantis Jacquette”). Il est rejoint par celui des Fondvarts, puis par le Ruisseau des Longprés au même endroit. Il prend alors le nom de ruisseau Delval et il descend jusqu’à l’ancienne gendarmerie où il alimentait les douves du château. Il devient le Ruisseau des Prés pour traverser le charbonnage de la Machine-à-feu  et devient le Séquisse avant d’entrer sur le territoire de Thulin où il va aller affluer dans la Haine.
  • Le Rieu de la Bonne Fontaine. Il vient du bois de Saint-Ghislain, entre Warquignies et Dour. Il descend au Cauderloo près de l’ancienne ferme de Morenfayt. Il continue à longer le bois de St-Ghislain pour rejoindre le ruisseau de Hanneton qui prend sa source dans ce bois.
  • L’Elwasmes longe la limite de Dour et de Blaugies, traverse Petit-Dour, puis le bois de Colfontaine vers Warquignies, Wasmes, Wasmuel et la Haine

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) :  Toute cette région était boisée jadis et fut défrichée à différentes périodes (gauloise, gallo-romaine, Moyen-Age et période moderne) avec l’extension de l’habitat. De cette forêt antique, il ne reste aujourd’hui, sur Dour, que le Bois de Saint-Ghislain à l’est de la commune. Il se continue dans la forêt domaniale de Colfontaine, vestige de la Grande Forêt Charbonnière antique. Le bois de Cocars se trouve en grande partie sur Elouges et en partie sur Dour.

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : affleurement de roches crayeuses et calcaires au nord-ouest; en profondeur se trouvent des grès, des schistes et des veine de houille.

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) : Un lieu-dit « Pierre levée » (ou Pierre Lée) pourrait évoquer un mégalithe, détruit plus tard.

Une herminette en pierre polie aurait été découverte (pas de précision – source A. Jouret selon un témoignage ancien – ramassée dans la rue A. Danhier).

Ages du fer : Les auteurs anciens évoquent la découverte d’ustensiles de l’âge du fer.

Antiquité gallo-romaine

Des fouilles ont été réalisées par Mrs Debove et Hecquet, dans la seconde partie du XIXème, lors du réaménagement de la place et de l’installation de la ligne de chemin de fer Dour-Bavay. Ils évoquent plusieurs établissements gallo-romains.

Une luxueuse villa romaine aurait occupé l’actuel quartier de Morenfayt (encore appelé Morandifagetum en 1240). On y aurait trouvé une monnaie d’Antonin.

Un autre établissement se trouvait dans le quartier du Petit-Hainin.

Pour le reste, on a trouvé sur le territoire de Dour

  • Quelques pièces de monnaies (Auguste, Faustine, soit du Ier siècle)
  • Des vestiges de cimetière romain et d’une habitation cossue, avec un bronze de Marc-Aurèle (sous le terril de la fosse St Charles, donc dans le quartier de Morenfayt)
  • Des restes d’un aqueduc entre Dour et le Mont d’Elouges, qui irriguait la villa romaine de cet endroit.
Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Sur le site de Morenfayt, des vestiges de cimetière franc ont également été trouvés. En 1870, Mr Hécquet a découvert sur le site Saint-Charles les restes de tombes franques. Deux sarcophages mérovingiens en pierre (un personnage aisé et son épouse) ont été mis à jour lors des travaux de reconstruction de l’église en 1842. Les objets qu’ils contenaient furent dispersés, à l’exception d’une fibule du VIème siècle décrite par Ch. Debove en 1878. On peut en déduire un habitat à proximité, à peu de distance du ruisseau Delval, berceau possible de l’actuelle localité.

Au lieu-dit « Tombois », on a retrouvé quelques éléments d’un habitat rural en 2003.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 965 (date de l’apocryphe des moines de Saint-Ghislain)

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Durnum
  • Durth (1110),
  • D’ours
  • Doure
  • Dors (1204)
  • Dours
  • Dour dès 1162/1224

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • Durotrignacs, une tribu celtique qui aurait pu fonder la cité, au IIème av.J.C.
  • Durnum qui signifierait passage à gué en latin ou colline en celtique
  •  Doury : source, courant d’eau (gaulois)
  •  Durodunum : colline aride et sèche

Ces références à des éléments géographiques sont plus plausibles, d’autant plus que le quartier de l’église, noyau du village originel, se trouvait au point de rencontre de trois ruisseaux, sur le site de Locheniot (supra).

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIème siècle.

L’histoire de l’origine de Dour est à la fois passionnante et compliquée. En effet, aux documents qui ont donné sujet aux livres qui lui sont consacrés, s’opposent beaucoup de contradictions et l’absence frustrante de nombreux éléments. On sait que les villages pour la plupart se sont constitués entre la fin du IXème siècle et le XIème siècle. Il n’y a pas d’indice déterminant qui permettrait d’affirmer une continuité entre l’habitat mérovingien et le village. Mais ce n’est pas impossible.

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de chaussée antique, ni de grande voie médiévale sur le territoire même, mais elles existent à proximité.

sources d’eau ou cours d’eau: les ruisseaux évoqués plus haut

source de bois: tout le versant était boisé

proximité d’un lieu de pouvoir: les fermes abbatiales et le château seigneurial

Paroisse dédiée à Saint-Victor

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Hornu, puis Bavay jusqu’en 1803, puis Dour

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 965 par l’évêque Autbert de Cambrai. En dépendaient les paroisses de Blaugies, Erquennes, Athis et de Elouges-au-Mont, ainsi que le fief d’Offignies. Cela voudrait dire qu’à cette date, une grande partie de Dour relevait déjà de l’abbaye, mais… les historiens, dans un document de cette époque, y ont vu un « faux » qui daterait plutôt du XIIème siècle. Ce qui ajoute à la confusion décrite ci-après sur les origines. Il pourrait en être de même du document de confirmation de l’appartenance de Dour, daté de 1118, signé par Odon de Tournai, évêque de Cambrai,  aux abbés de St-Ghislain : « Dour, avec églises et dépendances : Blaugies, Erquennes, Athis, Elouges et Monceau ».

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

A qui ce grand territoire couvert par Dour appartenait-il ? Aux comtes de Hainaut ? Aux moines de Saint-Ghislain? Ces deux puissances féodales de notre région possédaient au Couchant de Mons de grands domaines. On les appelait domaines fiscaux (ou royaux ou impériaux) pour les comtes. Les premiers comtes de la famille des Régnier se les étaient appropriés pour la plupart.

L’abbaye de Saint-Ghislain, si on se réfère à la tradition, a été dotée à l’origine de grands domaines  par les rois mérovingiens, dont Dagobert (VIIème siècle), puis par d’autres seigneurs régionaux (on cite un certain Elephas qui a fait don de Wihéries et d’une partie d’Elouges dans la première moitié du IXème). Ces dons n’étaient pas toujours consignés par écrit dans le Haut-Moyen-Age. De plus, les Vikings sont passés par là entre 880 et 890, pillant et détruisant ce qu’il y avait de plus riche, donc les grandes villas carolingiennes et les abbayes, et  … leurs documents écrits. Et enfin, l’histoire réelle de l’abbaye de Saint-Ghislain reste un grand mystère  entre sa fondation au VIIème siècle et sa « refondation » vers 930. Ce qui en est connu provient de textes hagiographiques écrits au milieu de ce Xème siècle, le plus souvent par des moines locaux. On n’a pas hésité à « réécrire » des documents, soi-disant disparus pendant les raids vikings. Quant aux comtes Régnier, ils ne se sont pas gênés pour tenter de devenir propriétaires des abbayes. Mais ces premiers comtes connurent bien des vicissitudes et l’exil (et la perte de leurs biens) en ce même dixième siècle.

La situation est donc très confuse au XIème siècle. L’abbaye possède alors de très vastes domaines, dont les territoires de Saint-Ghislain, Hornu, Wasmes, Warquignies, une partie de Boussu, une partie de Blaugies, Wihéries et une partie d’Elouges. Les comtes revendiquèrent une partie de ces territoires. Ils exerçaient leurs droits féodaux sur de nombreux villages alentour et en avaient cédé une partie à une famille proche, celle de Mons (peut-être châtelains de Mons), celle dont la plupart des membres s’appellent Gossuin ou Isaac. Ces Gossuin étaient au départ aussi seigneurs de Baudour. Mais on les retrouve au XIème et au XIIème à la tête de seigneuries voisines : Boussu, Hainin, Thulin, Dour,  Villerot, Hautrage et une partie de Ville-Pommeroeul. Entre les comtes, les Gossuin et les abbés de Saint-Ghislain, ce ne furent que conflits, toujours à propos de la délimitation des domaines.

Dour n’y échappa pas. On cite comme seigneurs de Dour deux personnages de cette famille, sans précision de date, ce qui complique un peu la tâche quand on essaie de les identifier. Avaient-ils juridiction sur l’ensemble du territoire de Dour ? Ou seulement sur une partie, le reste étant sous la dépendance des moines de Saint-Ghislain ? Difficile de le savoir.

C’est alors qu’apparut « de nulle part » un personnage qui va « tout régler » : Guillaume de Dour. On ne connaît apparemment pas ses origines. Etait-il un proche des comtes ? A l’époque il s’agissait de Baudouin IV de Hainaut, grand réformateur et bâtisseur en son comté. Etait-il un membre de la famille des Gossuin de Mons? Aucune généalogie ne l’indique. Guillaume de Dour était plus ou moins contemporain de Gossuin III, dont de Guyse dit qu’il était un des plus puissants seigneurs du comté à cette époque. Selon certaines sources, on le dit aussi seigneur de Thulin et d’Hainin. Or pour ces villages, on cite à cette période Gossuin III de Mons. De plus, il est certain qu’une des filles de ce dernier, Rose de Mons, hérita de Hainin et que par son mariage avec Etienne de Denain, elle donna souche à la célèbre famille de Haynin.

Alors qui est ce Guillaume, « le bienvenu » pour l’évêque de Cambrai et les moines de Saint-Ghislain ? Car ce personnage, sans doute chevaleresque dans l’esprit de l’époque, est allé combattre en Angleterre, se mettant au service du roi Etienne, en conflit avec d’autres membres de sa famille pour le trône. Il était accompagné d’autres chevaliers hennuyers.  « Sentant sa mort prochaine », il légua une grande partie de son domaine de Dour à l’abbaye de Saint-Ghislain. Et cela, oralement, sans document écrit, contrairement aux règles et coutumes de ce XIIème siècle. Puis il mourut là-bas. Le roi et l’archevêque de Canterbury  informèrent par lettre l’évêque de Cambrai de ce leg. Ce dernier transcrivit lui-même  la donation. Il semble qu’il n’y ait pas eu de contestation. L’abbaye « régna » ainsi sur la plus grande partie du village de Dour (voir plus loin).

La descendance de Guillaume et les familles qui succédèrent à la sienne se contentèrent d’un petit domaine au nord du village.

Conclusion ? On a l’impression que cet épisode ne faisait que consacrer un fait acquis, mais qu’il fallait régler officiellement, à savoir que l’abbaye de Saint-Ghislain possédait déjà la plus grande partie du village, en continuité avec ses domaines voisins. Les comtes et leurs féodaux ne contrôlaient probablement qu’une partie du village en continuité de leurs domaines de Thulin, Hainin et Boussu. C’est une hypothèse, peut-être hasardeuse, mais qui permet de comprendre les origines un peu floues du village de Dour.

Les seigneuries féodales de Dour

Elles étaient plusieurs, certaines ecclésiastiques et d’autres laïques :

  • La seigneurie de l’abbaye de Saint-Ghislain (709ha). Elle existerait au moins depuis 1150, mais sans doute déjà auparavant. Elle couvrait près de la moitié du village dans sa partie sud-est, depuis la Grand-Place actuelle et la Grand-Rue jusqu’au lieu-dit « Plantis ». Depuis le chemin d’Offignies à l’ouest jusqu’au Bois de St-Ghislain et le Champ des Sarts (actuellement sur Hornu) à l’est. La partie « Boussu-Bois », qui s’étendait jusqu’au Cornet à Boussu, fut échangée en 1551 avec Jean de Hennin-Liétard, le comte de Boussu, contre les domaines de Fayt-le-Franc et de Wasmuel. Les abbés y exploitaient deux fermes qu’ils confiaient à des exploitants. La ferme de Morenfayt, située sur l’emplacement de l’ancienne villa romaine, leur appartenait aussi. Elle fut confiée au XIème à la famille de Warelle-De Behault par les abbés. Au XIIème, elle passa aux membres de la famille de Des Camps qui la tiendra jusqu’en 1789 et qui donna plusieurs maires héréditaires à la seigneurie de St-Ghislain. L’autre ferme était la « Courte de Dour ».
  • La seigneurie laïque  (220ha). Elle comportait un château et est décrite plus loin.
  • La seigneurie d’Offignies. Le nom fut écrit de différentes façons à travers les siècles : Offingies (965, diplôme de l’empereur Othon), Offignies, Offegnies, Offineoe (1018-1110). Des fouilles en 2004 ont permis de découvrir des vestiges d’un habitat (ou d’un bâtiment cultuel ?) remontant au IXème siècle. C’était la demeure ou la manse d’Offen ou d’Offus, selon les étymologistes. Elle s’étendait au sud du village, sur les hauteurs de Dour, sur Plantis-Jacquette. Un manoir ou une grande ferme s’y trouvait. Parmi les seigneurs, on cite un Helluin d’Offegnies, dans une lettre des annales de St-Ghislain vers 1190. Elle fut aussi occupée par la famille Warelle (qui donna des abbés à Saint-Ghislain). Cette famille, au XVème, se divisa en plusieurs branches, dont celle des Des Camps, qui donnera des mayeurs héréditaires à Dour. On trouve encore :
    • Jehan d’Offegnies, chef du magistrat de Mons en 1494
    • En 1536, Françoise d’Offegnies épousa Jean de Boussu. Elle était la fille de Jean, magistrat de Mons et de Catherine Des Camps.
    • Un Nicolas de Boussu, écuyer, fils de Jehan et de Françoise d’Offegnies épousa en 1563 Catherine Pottier.
    • Henri-Joseph Des Camps fut l’avant-dernier mayeur héréditaire de Dour, avant l’abolition par la Révolution.
  • La seigneurie de l’abbaye du Val-des-Ecoliers de Mons
  • La seigneurie des Dames d’Enghien
  • Des petits fiefs fonciers, cités à certaines époques, dont celui de Gilles de Houx (1403)

Les seigneuries de Dour et d’Offignies devaient ost et chevauchée, douzaines et sizaines, au comte. Le receveur comtal se trouvait à Elouges.

Il y avait également des enclaves de Hainin (le Petit-Hainin) et d’Elouges sur Dour qui disparaîtront en 1809.

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

La seigneurie “principale” laïque

Maison de Mons

On ne sait pas à partir de quand ils obtinrent de pouvoir exercer leurs droits féodaux sur les terres de Dour. On cite en général (il faudrait voir les documents originaux !) :

Isaac de Mons, probablement Gossuin II « Isaac » de Mons (v1070/1075-1122/1142), cité aussi comme seigneur de Baudour, probablement aussi de Boussu, Hainin et Thulin, cité également comme châtelain de Mons, de Valenciennes et de Beaumont (ce qui est contesté par l’historien Ernest Mahieu), et à ce tire comme seigneur d’Havré.

Gossuin de Valenciennes, probablement Gossuin III de Mons (1116/1120-v1177). Il a les mêmes titres et les mêmes domaines que son père.

Il existe un document où il est écrit que, vers 1124, Gossuin et son frère Isaac donnèrent à l’abbaye pour le salut de l’âme de leur mère tous les biens qu’ils avaient à Dour (champs, bois, terres). Ils s’en réserveraient l’avouerie et ne paieraient aucun droit de servitude. Leurs descendants n’en seraient que les défenseurs. Dans ces biens, étaient compris  le bois de St-Ghislain. Le problème, c’est que Gossuin III ne semble pas avoir eu d’héritier mâle à sa mort, qu’il est mort lui-même vers 1177 et qu’il était donc contemporain, et apparemment non parent de ce personnage évoqué plus tôt dans les origines du village et qui serait mort en 1155… Mystère !

Maison de Dour (s’écrivant souvent Dours)

Nous la faisons donc commencer avec ce mystérieux personnage, qui eut des descendants certains à Dour.

Guillaume de Dour (v.1110-v.1155). On le dit seigneur de Dour, Thulin et Hainin (voir réserves plus haut en ce qui concerne les deux derniers villages). En 1154/55, il partit en Angleterre pour servir la cause du roi Etienne de Blois. Avant de mourir, devant le roi et des témoins (Amand de Valenciennes, Baudouin de Ville, Hubert de Walcourt), il légua oralement la moitié de son domaine sur Dour à l’abbaye de St Ghislain, déjà collatrice de l’église. On ne connait pas le nom de son épouse. Ses successeurs furent:

  • Guy de Dour (v.1140- ?), fils du précédent. Il succéda à son père sur sa « petite » seigneurie.
  • Nicolas « Roger » ou « Royer » de Dour (v.1170-1209), fils du précédent. Il épousa Joye de Walincourt (v.1172- ?). Ses trois frères mourant sans postérité, Joye hérita de leurs biens et Walincourt entra dans la Maison de Dour. Ce village se situe au sud-ouest de Cambrai.
  • Jean I « Liesvins » de Dour-Walincourt  (v.1200-apr.1244), fils du précédent et seigneur de Walincourt et de Dour
  • Baudouin de Dour-Walincourt (v.1220-v1276), fils du précédent
  • Jean II de Dour-Walincourt « de Luxembourg » (v.1240/1250-apr.1306)
  • Baudouin « Buridan» lui succéda, mais mourut célibataire.
  • Jean III hérita de Walincourt à la mort de son frère, mais apparemment pas de Dours. La seigneurie de Dour n’est plus citée dans cette famille à partir de Jean III.

C’est aussi à cette époque que Nicolas de Fontaine, évêque de Cambrai de 1248 à 1272, connu comme un protecteur de l’abbaye de Saint-Ghislain, déclara que le vivier qu’il avait fait construire à Dour, près de Morenfayt, et le bois de Colfontaine, étaient propriété de l’abbaye, mais qu’il n’en avait obtenu l’usage que pour sa vie seulement.

Maison de Trazegnies

Le passage de la seigneurie de Dour de la famille de Dour à celle des Trazegnies parait également flou. Baudouin « Buridan » serait donc le dernier seigneur de cette famille. Il serait mort logiquement entre 1260 et 1307. Sans aucune certitude. Selon ce contrat de 1124 cité plus haut, il est possible que la seigneurie de Dour retourna au domaine comtal. Comme si elle avait été attribuée à Guillaume de Dour sous le statut d’apanage. Ceci se passa à l’époque de la comtesse Marguerite et du conflit entre Dampierre et Avesnes.

En 1251, Guillaume de Dampierre, second époux de Marguerite, fut tué dans un tournoi à Trazegnies. Cambier et Audin, dans leur livre, voient un lien avec un éventuel don de la comtesse aux Trazegnies. Pas sûr, d’autant plus que ce « don » pourrait se situer, selon les dates précitées, plus tard, soit encore sous Marguerite (1244-1278), soit sous son petit-fils Jean d’Avesnes (1280-1304).

Nous citons les seigneurs de Trazegnies à partir de cette période, sans avoir trouvé la précision dans leur généalogie selon laquelle ils furent également seigneurs de Dour.

  • Othon IV de Trazegnies ( ?-apr1300)
  • Gilles IV de Trazegnies (v1290-1318), son fils
  • Otton V (1280-1321), sans postérité
  • Jean I de Trazegnies (1308-1336), frère du précédent
  • Otton VI de Trazegnies ( ?-1384), fils du précédent
  • Anselme de Trazegnies (1360-apr.1418), fils du précédent.
  • Il n’a qu’une fille, Marie Anne de Trazegnies, qui épousa en 1414 Arnould de Hamal ( ?-1456). Leurs descendants garderont le nom de « Hamal-de Trazegnies).
  • Anselme II de Hamal dit de « Trazegnies » ( ?-1490), leur fils
  • Jean II de Hamal-Trazegnies (1438-1513), fils du précédent. Il épousa en 1463 Sibylle de Ligne (1436-1512). Ils ont deux enfants, dont Jean qui continuera la lignée des barons de Trazegnies.
  • Son frère Charles de Trazegnies hérita du domaine de Dour qu’il semble avoir vendu en 1473.

Maison Pottier

Cette famille est originaire de la région de Soignies, où elle s’est enrichie par la pierre de Soignies et  d’Ecaussines, puis elle s’installa à Mons. Elle a fourni des militaires et des magistrats. Les Pottier acquirent par achat la propriété de Dour. Cette famille au XVIème siècle s’installera à Dour pour fuir les troubles de la Réforme. Elle aurait également détenu un fief à Thulin (11 huittelées). Sont cités:

  • Toussaint Pottier « de Dour » ( ?, Liège – apr.1468). Seigneur de Dour, probablement par achat à Charles de Trazegnies vers 1473.
  • Jehan Pottier de Dour (v1485-v.1525), fils du précédent. De ses enfants, c’est sa fille Catherine Pottier de Dour qui héritera de Dour.
  • On cite aussi un Gilles Pottier, seigneur de Dour, cité en 1558 et en 1563. Il pourrait avoir été le fils aîné de Jehan Pottier, à qui il aurait succédé.

Famille Le Prince

  • Guillaume Leprince (v.1513-v.1573). Il était le fils d’Eustache Le Prince, marchand de pierres et échevin à Arquennes. Lui-même était architecte et maître de carrières à Feluy et Ecaussinnes. Il devint bourgeois de Mons et seigneur de Dour en épousant Catherine Pottier de Dour (v.1523, Mons -1563, Mons), dame de Dour.
  • Jacques Leprince (1543-1622, Ecaussines-Sainte-Aldegonde), fils du précédent
  • Guillaume-Charles le Prince (1608, Mons- ?), fils ou petit-fils du précédent
  • Josse-Alexandre Le Prince « du Chastel », fils du précédent. Il mourut célibataire à Mons en 1684 et la seigneurie passa à son frère.
  • Charles Maximilien Le Prince
  • Jean François Leprince « du Chastel »
  • Charles Joseph Leprince. A cause d’ennuis financiers en 1726, il céda Dour à Nicolas Joseph Poisson.

Famille Poisson

  • Nicolas Joseph Poisson acheta Dour en 1726. En 1732, il entra en conflit avec l’abbé de St Ghislain quant aux limites de leurs juridictions propres. Vieux conflit en réalité. On plaça, de commun accord, des bornes aux limites conclues des deux domaines.
  • Augustin Poisson ( ?-1783, Dour). En 1774, le seigneur de Dour vendit le bois d’Epinois au frère Benoit de l’ermitage des Cocars.
  • Charles Antoine Xavier Poisson. En 1789, il vendit Dour à Pierre Ignace Joseph de Royer.

Famille De Royer

Elle était originaire de Neuville-sous-Huy, mais fixée en Hainaut vers 1566. Elle prendra ici le nom de « Royer de Dour ». Ils étaient apparentés aux seigneurs d’Offignies.

Pierre Ignace Joseph de Royer (1718, Soignies -1795, ? – inhumé à Elouges, chapelle des Cocars). Il était le fils de Jean François de Royer ( ?-1737, Soignies), avocat à la Cour Souveraine du Hainaut, maire et greffier de police de Soignies, puis bourgmestre de Soignies (1692-1737). Pierre Ignace fut aussi avocat de la Cour Souveraine du Hainaut et bourgmestre de Soignies (1737- ?). Il devint seigneur de Dour par achat à la veille de la Révolution Française en 1789.

Le régime seigneurial fut aboli le 26 novembre 1792. Il perdit tous les droits et revenus liés à sa seigneurie. Il mourut en 1795 et fut inhumé dans la chapelle des Cocars. Il eut plusieurs enfants, dont Jean-Jacques de Royer de Dour (1753, Mons-1838, Bruxelles – inhumé à Elouges). Ce dernier avait été fait baron en 1787. Il conserva le château et les biens immobiliers. Il devint maire de Dour en 1812 toujours sous le régime napoléonien et bourgmestre plus tard dans le Royaume des Pays-Bas. Son second fils, Charles de Royer, devint colonel des Gardes civiques du canton de Dour, puis bourgmestre de 1819 à 1858. Il fut également député en 1852 et en 1856. C’était un libéral, qui lutta notamment contre les cumuls abusifs. Il fut inhumé aussi dans la chapelle des Cocars.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
La commune

Des échevins sont attestés à Dour depuis 1291. Chaque seigneurie avait son mayeur et ses échevins dont les fonctions étaient judiciaires, fiscales et administratives. Ensemble ils agissaient pour la communauté (le village, la paroisse).  Jusqu’au début du XVème siècle, ils se rassemblaient devant l’église ou sous le clocher. Ils firent alors construire une halle, attestée dès 1403. Elle se situait à l’angle de la rue des Berceaux et de la rue Tranquis (actuelles rue Estiévenart et rue du Marché), en face de l’église.

En 1733, suite à un arrêt du Conseil Souverain des Pays-Bas de …1686, les deux seigneuries (laïque principale et abbatiale) furent priées d’établir chacune leurs lois et offices respectifs, suite aux nombreux conflits qui émaillaient leur coexistence. Joseph II à la fin du siècle exigea une centralisation de toutes les activités administratives locales. Des travaux furent entrepris pour aménager la vieille halle en « maison commune ».

Le hameau de Petit-Dour

Il s’est développé au lieu-dit « La-Haut ». Il existait déjà en 1326, mais c’est la révolution industrielle et l’augmentation de la démographie qui en firent un gros hameau. Une paroisse y fut alors fondée au XIXème, avec une église, dédiée à Saint-Joseph. Elle était desservie par le curé voisin de Blaugies.

Evènements importants sur le sol de Dour

En 1055, Baudouin I, comte de Flandre et de Hainaut, en conflit avec l’abbaye de Saint-Ghislain, vint ravager les villages où se situaient les fermes de l’abbaye de St-Ghislain (Blaugies, Boussu, Dour).

Les guerres de religion

En 1572, les protestants Orangistes, qui tentaient de prendre le pouvoir dans les villes, pillèrent des églises, dont celle de Dour, ce qui entraîna la disparition des archives.

La situation des protestants à Dour est évoquée dans le paragraphe consacré au temple de Dour (infra).

Période française (1794-1814)

Département: Jemappes

Canton: Dour

En 1795, les Révolutionnaires abolirent définitivement les droits féodaux.

Dour devint chef-lieu de canton et reçut une Justice de Paix le 29 novembre 1801.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Dour
  • Entité communale depuis 1977: Dour

En avril 1814, après la défaite de Napoléon lors de sa campagne de Russie, les troupes alliées chassèrent les Français des Pays-Bas. Un premier traité de Paris, le 30 mai, engloba le canton de Dour dans le département français du Nord, arrondissement d’Avesnes. Ce fut le cas aussi pour Merbes-le-Château, Beaumont et Chimay.

Après Waterloo, un deuxième Traité de Paris en 1815 ramena ces cantons dans le nouveau Royaume des Pays-Bas sous la souveraineté de Guillaume d’Orange, en province de Hainaut, dans l’arrondissement de Mons. Ce qui fut officiel le 20 novembre.

Dour fut élevé au rang de bourg en 1814.

Les Journées de septembre 1830

En 1830, le bourg envoya un détachement de révolutionnaires à Bruxelles. 130 volontaires partirent le 25 septembre, emmenés par Louis Cambier. En chemin, ils furent accompagnés par ceux de Wasmes, de Quaregnon et de Pâturages. Puis plus loin par ceux d’Ath. 330 hommes arrivèrent à Bruxelles le 27 septembre au matin, mais les Hollandais avaient abandonné le parc la nuit précédente. Les Dourois furent affectés à la garde du Palais royal et de l’hôtel de Meeus. Ils revinrent à Dour le 11 octobre et furent reçus triomphalement par la population.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, les ouvriers dourois participèrent peu aux grands mouvements de révolte sociale.

Economie

Exploitations agricoles

Longtemps, l’activité principale des Dourois se concentra essentiellement sur l’agriculture. Il y avait les grandes fermes, notamment celles liées à l’abbaye et aux seigneuries et fiefs. Il y avait à côté des petites fermes sur des « tenures »,  tenues par des manants, agriculteurs libres travaillant sur une parcelle du domaine seigneurial contre un cens, des redevances et des corvées.

Entreprises liées au secteur agricole

Les moulins

« Le Moulin Mollet », à vent d’abord. On sait qu’il appartint au début du XIXème siècle à Célestin Bourrez. Ce dernier le vendit en 1836 à François Mollet, un négociant dourois. En 1852, il y installa une machine à vapeur et fit démolir le moulin à vent. Sa veuve, Philippine Vilain, le céda en 1870 à son fils, Jean-Baptiste Mollet, qui l’agrandit et le fit raccorder à la gare charbonnière entre 1884 et 1898. Lui succéda Emile Mollet. Le bassin de la propriété servait à la fois de bassin de décantation et de bassin de natation pour la population de Dour avant la construction du Belvédère. La farine était livrée aux boulangeries par véhicules hippomobiles.

Moulin Mollet

A partir de 1910, le moulin travailla “à façon” : les fermiers et les particuliers venaient y moudre leurs rations. Au décès d’Emile Mollet en 1921, le moulin fut vendu et fut créée la « Société Mollet-Segard », qui devint en 1941 la «  S.A. des Moulins et Magasins agricoles ». En 1945, les activités du moulin furent interrompues jusqu’à l’arrivée de Monsieur Edouard Trémont. Il continua l’activité du moulin « à façon » de 1947 à 1951, puis il passa à un niveau industriel à partir de 1952. En 1972, les installations furent reprises par les SA Engrais Semaille à Dour pour en faire des entrepôts.

Les brasseries

  • « Brasserie de la Court ». Elle fut créée par l’une des fermes abbatiales de Saint-Ghislain.
  • « La Brasserie Cavenaile ». Elle fut créée à l’origine, en 1836-1838, par les frères Defrise au « Champ des Onze ». Elle s’appelait alors la « Brasserie du Rieu Saussez ». Elle fut rachetée par Emile Cavenaile en 1872, puis reprise par son fils René en 1897. Celui-ci procéda à une diversification des produits : plusieurs types de bières, denrées à basse fermentation et distillerie de liqueurs. Il devint propriétaire de nombreux estaminets à Dour et dans la région (une quarantaine). L’établissement fut raccordé à la gare charbonnière. Il acheta en 1904 le site de Tapatout n°6 avec sa tour Malakoff qu’il transforma en site de loisirs « le Belvédère » (infra). Il acquit aussi en 1912 la Brasserie de la Court à Dour. Puis la fermeture des charbonnages entraînèrent le déclin. En 1963, la famille revendit la brasserie à la société Artois de Louvain.

On trouva également des tanneries à Dour.

Exploitation de la houille

Le bassin houiller de Dour était un des plus riches de la région. On pense que l’on découvrit et commença à exploiter le charbon de houille en surface  dès le XIIIème siècle. Des documents, datés de 1248 et 1274, l’attestent en évoquant les « carbenières ».  Le seigneur de Dour et l’abbé de Saint-Ghislain, respectivement sur leurs domaines, attribuaient des concessions à de riches particuliers qui creusaient le sol. Ces concessionnaires devaient à leur seigneur le cens (la location du site) et le contre-cens (une part du bénéfice). Ils engageaient des ouvriers locaux, le plus souvent des agriculteurs, qui partageaient leur temps entre travaux des champs et activités minières, selon les saisons.

L’exploitation houillère fut d’abord assez réduite. Les besoins en charbon n’étaient pas énormes pour l’usage domestique où l’on privilégiait le bois de chauffage, mais celui-ci commença à se faire rare. Au XVIIIème la demande commença à venir aussi de l’industrialisation naissante. C’est alors que se développa ce qui allait devenir l’occupation quasi la plus importante des Dourois jusqu’au début du XXème siècle.

Le charbon était particulièrement abondant sous le sol de la commune et dans les communes avoisinantes (Boussu-Bois, Hornu, Warquignies, Elouges). Les puits de mines se multiplièrent. On améliora le matériel. On aménagea les infrastructures de transport.

En 1795, il existait à Dour huit maîtres de fosse. Par la suite, les concessionnaires se regroupèrent en sociétés, d’autant  que des groupes financiers apportaient du capital pour leur développement. On compta ainsi jusq’à douze exploitations.

La S.A. des Charbonnages unis de l’ouest de Mons rassembla en une seule société en 1868 la “Société Belle-Vue-Baisieux”, dont la majorité des puits se trouvaient sur Elouges, et divers charbonnages de Dour et Boussu-Bois. Les puits exploités à Dour étaient:

N°2 « Belle-Vue » (1796-1877) dans le bois d’Epinois. On y déplora deux coups de grisou , le 3 août 1831 et le 11 janvier 1862 qui ont fait respectivement 36 et 25 morts. Après la fermeture en 1877, les bâtiments servirent d’atelier pour les réparations du matériel d’extraction des autres puits. En 1890, on y installa un lavoir destiné spécialement au traitement des charbons avant leur transformation en coke dans les 80 fours situés au même endroit ainsi que dans ceux du N°4 Grande-Veine et du N°8 Belle-Vue de la même Société.

N°6 « Belle-Vue N°6 » ou « Tapatout N°6  ou de l’Auvergnies » (1786-1882) et « Tapatout n°4. Situé entre le chemin des Croix et la rue  de France, il appartint d’abord à la Société Sainte-Croix et Sainte-Claire de Boussu.  Le bâtiment principal contenait la machine d’extraction avec chevalement. Il était du type « Tour Malakoff », construite en 1865. Le site fut raccordé au chemin de fer industriel. Un accident en 1871 fit 6 morts, écrasés par une rupture câble. Il fut racheté en 1904 par la brasserie Cavenaile qui le transforma en restaurant (« Le Belvédère ») avec site de loisirs (tennis, piscine).

N°7 « Belle-Vue N°7 »  (1837-1936), rue des Canadiens. Il fut le premier charbonnage borain éclairé à l’électricité grâce à une dynamo de type Dulait. Il connut aussi plusieurs coups de grisou: un le 2 juillet 1861 qui fit 12 morts et un autre en 1874  (9 morts). Le site se trouve actuellement dans le complexe industriel des Câbleries, fermé en 1992.

La S.A. Grande du Bois de Saint-Ghislain :

N°1 « Sauwartan » (1820-1938), au coron du Bois. Seul charbonnage borain qui possédait un châssis à molettes en béton, construit en 1927 par l’entreprise Crombez de Wasmes. Dans la grande veine à l’Aune, 57 mineurs périrent le 22 mars 1847. Neuf autres le 19 novembre 1880. On trouve encore quelques vestiges abandonnés, dont le châssis à molettes et le terril.

Puits n°2

Trou à Dièves ou puits n°3 de la Grande Veine

La S.A. du Charbonnage de la Machine à Feu de Dour établie dans une zone entre Dour, Elouges et Boussu (rue C. Moury et du Petit-Hainin)

N°1 « Grande Machine à feu » (1866-1954), entre la gare et le Petit-Hainin. Ce site est devenu célèbre aujourd’hui pour son festival-rock. Dans le premier quart du XIXème, on y annexa des fours à coke. Ils étaient installés à l’arrière du site, en bordure de la ligne de chemin de fer Saint-Ghislain-Quiévrain-Roisin, à proximité de la gare de Dour. On y déplora des coups de grisou en 1891 (21 morts), en 1872 (14) et en 1888 (32).

N°2 « Frédéric » (1672-1932), du prénom du baron de Mecklembourg qui en fut actionnaire. Situé à la rue de l’Enfer. La veine du Grand Lucquet était déjà exploitée en 1672. Coups de grisou en 1872 (4 morts), 1874 (14 morts) et 1888 (32 morts).

Puits Sainte Thérèse (abandonné précocement)

Puits Saint-Côme (id)

Puits St Antoine (id)

La S.A. des Chevalières et Midi de Dour réunis (1196ha)

N°1 « Sainte Catherine » (1791-1961), rue Henri Pochez (Plantis). Il s’agit d’une concession attribuée en 1791 par le baron de Royer. Un coup de grisou le 11 novembre 1863 fit 17 morts. Un autre en février 1865 (57 morts à l’étage 443). Le grisou qui s’alluma ensuite en surface entraîna un foyer d’incendie dans le bâtiment de la machine, brûla les ouvriers, fit sauter le toit et mit le feu au câble d’extraction. En 1921, un “coup d’eau”, provoqué par la communication des travaux avec ceux du vieux puits abandonné du Longterne-Trichères, inonda l’ensemble des installations. Terrils. Anciens bureaux (1920). Corons.

« Puits Saint-Charles », rue Henri Pochez, terril

« Puits Simon »

Puits Sainte Eléonore”

Puits n°4

Une partie des terrains a été reconvertie en centre sportif. Une autre, celle du puits n°1, a acceuilli une entreprise de constructions métalliques.

Société Longterne-Trichères

  • Puits n°1 St Victor (abandonné précocement)
  • Puits n°2 Avaleresse (idem)
  • Puits n°3 Ste Barbe
  • Puits n°4 St Auguste

Ces puits connurent plusieurs catastrophes : 1793 (5 morts), 1800 (6), 1853 (27), 1860 (3).

Société Sainte Croix/Sainte Claire »

  • Puits Sainte Croix (v1785- ?), sur Dour, près de Boussu-Bois. Construction d’un grand bâtiment en 1816 pour une machine à vapeur. Il fut mis à l’arrêt et transformé en maisons d’habitation en 1853 par le baron de Royer de Woldre. Persistance de bâtiments restaurés : coron, maison du directeur.
  • Puits Sainte-Henriette

Société l’Escouffiaux »

  • Sahutiaux

Les premiers puits fermèrent dès 1880, puis le mouvement continua entre les deux guerres. Dans les années 1950, eut lieu la fermeture de la « Société des Charbonnages Unis de l’Ouest de Mons », suite au plan de récession de la CECA. La Société de la Grande Machine à Feu ferma en 1954. Le puits Sainte-Catherine fut le dernier à fermer en 1961, comme Longterne-Ferrand à Elouges. 

Les entreprises liées à l’exploitation houillère

Plusieurs de ces entreprises furent créées par des familles protestantes au XIXème.

On trouva sur le territoire de Dour :

  • Des fours à coke
  • Des fonderies
  • Des minoteries
  • Fabriques de machines à vapeur

Les corderies et câbleries

Dès le XVème siècle, on trouvait déjà à Dour des cordiers fabriquant des câbles en fil de chanvre utilisés dans les mines. Jean-Baptiste Harmegnies créa en 1810 un atelier de corderie à la rue Neuve. Son fils, Jean-François, installa en 1845 (ou 1854) un atelier de fabrication de cordages en chanvre. Il déposa des brevets d’amélioration de ses produits : système de couture de cordes plates en chanvre et en aloès, puis un dispositif de câbles ronds et plats en métal. 

La demande était importante pour les mines. Devenue trop petite, l’usine fut transférée en face sur un terrain de 2 ha. Puis son fils aîné, André, bourgmestre de 1901 à 1921, modernisa l’entreprise qu’il relia au réseau ferré privé de l’Ouest de Mons, puis de l’Etat en 1963 jusque 1987. Il fonda « la Corderie Mécanique André Harmegnies et frères ». L’usine devint en 1905 : « La S.A. des Corderies Harmegnies de Dour ».

A cette époque, on développait le secteur de l’électricité, d’où un besoin accru de fil électrique, ce qui entraîna un nouvel essor. La suite ne fut qu’une série d’innovations techniques. L’entreprise fusionna en 1922 avec les « Conducteurs électriques de Bruxelles », ce qui aboutit à une nouvelle société : « Câbleries et Corderies du Hainaut à Dour ». Le fil et le câble électrique devenaient la production la plus importante, au détriment des anciennes cordes en textile qui furent abandonnées. On continua en développant des câbles spéciaux en métal et on diversifia la production.

Après la 2ème guerre mondiale, l’usine se reconvertit dans la production de matières thermo-plastiques : lignes aériennes de haute tension, câbles téléphoniques (« Télécâble »). C’est une époque de plein essor. L’entreprise fusionna avec « Séneffoise Times » pour produire des câbles électriques pour l’industrie automobile. On continua à diversifier : les câbles à fibre optique pour la télédistribution à partir de 1972 (« Opticâble »), les tubes en acier ferritique pour le marché des supra-conducteurs (« filiale Dour Métal).

L’entreprise est alors à son apogée : 900 ouvriers et employés ! En 1987, on entreprit son déménagement du centre de Dour vers le zoning. En 1988, l’usine fut rachetée par les  « Câbles de Lyon ». Ce fut la fin de la structure familiale originelle, mais non de la renommée industrielle malgré la concurrence.

Les constructions métalliques

« Ateliers Patte ». En 1865, un neveu de François Dorzée de Boussu fonda les « Ateliers et Fonderies Dorzée Frères » à Boussu-Bois. On déménagea l’entreprise en 1897 près de la gare de Dour avec la création des « Ateliers Patte » par Auguste Patte, qui demanda le raccordement à la ligne ferroviaire industrielle. Sur une superficie de 10ha, on pouvait trouver : une fonderie de cuivre, des ateliers de forge, d’ajustage, de modelage, de montage, de chaudronnerie. On y produisait du matériel roulant pour le chemin de fer, des pompes à gros débits, … L’entreprise s’arrêta de fonctionner avec la fermeture des charbonnages (Grande Machine à Feu) en 1957. En 1959, les Ets Gossuin-Laitem de Boussu acquirent les installations. Camille Gossuin céda les terrains à la société EGTA (« Entreprise Générale des Travaux d’Anderlecht ») en 1966 pour produire des éléments préfabriqués pour le SHAPE qui s’installait à Casteau. 

« Ets Basecq ». C’est l’exemple d’une grosse entreprise qui vendait du charbon et des matériaux de construction. Elle fut raccordée en 1938 à la gare de Dour jusque 1973.

Voies de communication

Il n’y eut pas de grandes voies romaines passant par Dour, mais l’existence d’au moins deux villas permet d’affirmer que des diverticules permettaient de les atteindre facilement, probablement par Wihéries et Audregnies où passait la chaussée Bavay-Blicquy-Mer du Nord.

Plus tard, sur un possible chemin antique, un autre chemin important, reliant Valenciennes (Famars) à Binche (Estinnes), passait au nord du territoire de Dour, desservant les communautés franques qui le bordaient. Lorsque l’abbaye de Saint-Ghislain fut fondée, peut-être au VIIème siècle comme le veut la tradition, et lorsqu’elle fut en possession des territoires de Dour, il est vraisemblable que des chemins permettaient de relier Dour à l’abbaye, soit par Boussu, soit par Hornu. 

Le noyau primitif du village de Dour se trouvait près de la Grand-Place, là où passait à ciel ouvert le ruisseau Delval. Puis l’habitat s’est étendu le long de l’actuelle Grand-Rue qui séparait en fait les deux seigneuries de Dour et de l’abbaye (voir plus haut). L’actuelle rue Maréchal Foch représentait la limite du bourg au XVIIIème siècle.

A parti du centre de Dour, un « chemin de Croix » partait vers le fief d’Offignies. Ce nom venait en fait de « Croÿ », se référant à un abbé de Saint-Ghislain, Pierre de Croÿ (1443-1454). Ce chemin prit aussi le nom de chemin de Thirissart.

Des chemins permettaient d’atteindre les villages voisins :

  • Vers Boussu à travers le bois (actuel Boussu-Bois)
  • Vers Elouges Centre (Au Val), via l’ancienne rue de Dour, actuelle rue des Andrieux à Dour
  • Vers Elouges-Monceau (Au Mont), par une « voie du prêtre » à travers le bois de Cocars, car il permettait au curé de Dour ou à son vicaire d’aller dire la messe dans cette paroisse qui dépendait de Dour.
  • Vers Thulin (chaussée de Belle-Vue)
  • Vers Hainin, par la « Voie des Morts », car l’actuel quartier du Petit-Hainin était autrefois un hameau de Hainin, selon le partage de Guillaume de Hainin en 1150. On y conduisait les morts à Hainin pour leurs funérailles.

Avec le développement industriel, l’habitat se densifia et il fallut améliorer les capacités de transport. Par la route, des chariots, remplis de charbon, descendaient vers la Haine, par Boussu, par Hainin et par Thulin. Ces chemins étaient impraticables par mauvais temps.

La prospérité houillère de Dour devint importante dans le premier tiers du XVIIIème siècle, grâce aux exportations, notamment vers la France (Bavay, Valenciennes, Cambrai et Douai). Le besoin se fit sentir d’améliorer le réseau routier.

La chaussée de Mons à Valenciennes fut terminée en 1750. Les mines de Boussu-Bois étaient déjà reliées depuis 1731 à la Haine. Elles profitèrent de ce nouvel axe routier. Les seigneurs de Dour en 1752 obtinrent de l’impératrice Marie-Thérèse l’autorisation d’aménager une route pavée et d’y percevoir des taxes de passage pour réunir les fonds nécessaires. Elle fut construite en plusieurs tronçons, reliant Boussu, par le Point du Jour, à la Grand-Rue de Dour. De là, plusieurs chaussées partaient vers Bavay par Athis (1769), vers Blaugies par Morenfayt, et vers Warquignies (1784).

Au XIXème siècle, le transport par chemin de fer prit beaucoup d’importance. Il servit d’abord aux entreprises. On aménagea une gare charbonnière au nord du village, à laquelle furent progressivement reliés les divers charbonnages et d’autres entreprises. Puis en 1873, fut créée une gare pour voyageurs et marchandises sur une ligne qui venait de Mons et qui se continua vers Elouges et Quiévrain. Une autre s’en détacha en 1882 à hauteur de Dour pour rejoindre Roisin et Bavay. 

Au début des années ‘1950, une route plus large relia Dour (Belvédère) au Saint-Homme à Thulin. Dans les années ‘1960, une autre s’en détacha à partir de la Taule d’Elouges pour aller directement vers Pommeroeul sans traverser le village de Thulin.

Il faut encore ajouter les lignes de tramway, reliant Mons à Dour par Boussu, et une autre reliant Quiévrain à Dour par Audregnies et Wihéries.

Patrimoine ancien

Le château seigneurial se situait au nord de la localité dans le domaine de la seigneurie principale, soit dans l’actuel parc communal. Il était juché sur une motte, entourée d’un fossé et d’une enceinte délimitant une surface d’un hectare. Sa date d’édification reste inconnue, elle se situe probablement à l’époque des premiers seigneurs, c’est-à-dire au milieu du XIIème siècle. Il n’est cependant signalé pour la première fois qu’en 1410. 

Il possédait des dépendances : une grange, une bergerie, une étable, un colombier et des jardins. Les douves étaient alimentées par le ruisseau Delval. Il aurait peut-être été détruit par les troupes du roi de France Henri II en 1554, car il ne figure pas sur une liste des châteaux du Hainaut de 1568. Par contre, en 1601, il est mentionné comme une « maison » entourée d’eau.

Il est à nouveau mentionné comme château au début du XVIIIème siècle, sans doute aménagé entre 1725 et 1728 par le seigneur Nicolas-Joseph Poisson. Il existait un petit bois à proximité, un étang et une fontaine. En 1789, le château, son parc et la seigneurie devinrent la propriété de Jean-Jacques de Royer, qui étendit sa propriété par des achats de lopins voisins jusqu’à l’actuelle Grand-rue où fut construite une nouvelle entrée (celle du parc actuel). Le château fut démoli en partie en 1859 et son étang remblayé. En 1866, le parc fut traversé par deux nouvelles rues : la rue du Parc et la rue à l’Eau (actuelle rue André Harmegnies). Emile de Royer vendit la propriété à Camille Defrise et au notaire Dominique Dupont. Délabré, le château fut démoli définitivement en 1883.

Des halles étaient attestées dès 1403. Elles furent démolies en 1844 lors de la reconstruction de l’église. Quelques structures furent redécouvertes en 2002 lors du réaménagement de la Grand-Place. A cette occasion on a retrouvé également des traces de l’ancien presbytère et d’un cimetière autour de l’église.

Patrimoine actuel

Eglise St VictorLa première église se trouvait sur le site du Locheniot. Elle aurait occupé l’emplacement d’un ancien autel païen. La paroisse et son église étaient communes aux trois grandes seigneuries de Dour. Une deuxième église fut construite vers 1200 et détruite en 1572 par les Orangistes de Louis de Nassau. Elle fut alors transférée sur le site actuel. Elle commençait à tomber en ruines en 1701, raison pour laquelle on décida de la remplacer par une nouvelle construction. Le clocher actuel date encore de 1701. L’ancienne église fut rasée en 1844. La nef actuelle date de cette époque. Elle est en style néoclassique. Mobilier :

  • Une Vierge du XVIIIème
  • Des autels et une chaire de vérité du XVIIIème
  • Les Fonts baptismaux sont ceux de l’église précédente.

Maison communale, 1844

Le Temple protestant – les protestants à Dour

Lors des conflits religieux du troisième quart du XVIème siècle, une forte immigration protestante vint s’installer au lieu-dit « Plucquoy », terre contestée entre l’abbaye de Saint-Ghislain et le seigneur laïque, territoire sans juridiction. Le seigneur de Dour leur évita les tracasseries. Mais les inquisiteurs, envoyés par l’abbaye, répandirent des placards pour dénoncer les mécréants. En 1566, la vague iconoclaste toucha la localité. La réaction fut terrible de la part des soldats Espagnols dans les cités où les Réformistes étaient implantés, comme à Valenciennes et à Dour. 

En 1659, l’abbé Jérôme Marlier de Saint-Ghislain décida de purger Dour de ses hérétiques. Il en chargea son frère Jacques, bailli. Celui-ci entama une enquête à la recherche de livres protestants. Il s’ensuivit des bannissements et des interrogatoires sous la torture. Certains quittèrent nos contrées pour aller se réfugier en Hollande ou en Amérique. Ce fut le cas pour Jessé de Forest, petit-fils de Jean Pottier. Il fit partie d’un contingent, notamment avec des gens de Wasmes, qui établit une colonie à l’embouchure de l’Hudson. Une autre vague de persécutions eut encore lieu en 1700.

En 1709, l’installation d’une garnison hollandaise à St Ghislain, donc calviniste, permit aux protestants de Dour de pratiquer leur culte. Mais en 1736, les persécutions  reprirent pour les  familles douroises. L’évêque de Cambrai envoya encore des missionnaires catholiques en 1747. Ils dramatisèrent la situation et de nouvelles persécutions eurent lieu (emprisonnements, bannissements).

Malgré tout, cette communauté s’étendit dans la région au début du XIXème siècle. Sous l’Ancien Régime, les Réformés du Borinage faisaient partie de « l’Olive », nom symbolique de l’Eglise rattachée au Synode des Eglises wallonnes de Hollande. La situation finit par s’améliorer en 1783 lorsque l’empereur Joseph II accorda la liberté religieuse.

Les protestants de Dour et de Wasmes s’organisèrent en 1787 et réclamèrent un temple. Jusque-là le culte se faisait dans des maisons particulières. Il organisèrent alors leur culte dans une grange de la cour de la Croisette. Ils firent appel au pasteur Jean de Visme qui, dès la promulgation des Articles Organiques par Napoléon en 1802, obtint la reconnaissance de deux oratoires. Son fils, Jonathan de Visme établit des Eglises qu’il confia à des adjoints, sous la juridiction de l’Union des Eglises (Eglise protestante de Belgique). Le temple de Dour, d’architecture néoclassique, date de 1837. Il fut bâti grâce à un financement hollandais, privé et royal, et le soutien de Guillaume Ier. A cette époque, c’était Jonathan de Visme, fils du précédent, qui officiait (1817-1866). Il fonda même une école qui disparut plus tard.

La Maison du Peuple. Au départ, il s’agissait d’un magasin installé dans un quartier populaire, celui du coron des Trichères, en 1901. C’était une boulangerie, car le pain était l’aliment de base de la classe ouvrière. S’y adjoignirent un magasin coopératif (épicerie, habillement), puis un cabaret, et enfin une salle de réunion. Le tout devenant trop exigu, on décida de construire; entre 1927 et 1929; le « Palais du Peuple » actuel, avec les mêmes services commerciaux, mais aussi une grande salle de réunion et un  cinéma (l’Eldorado) qui brûla en 1935 et sera reconstruit. Le tout en style Art Déco et dessiné par l’architecte Van Craenenbroeck. Une partie a été aménagée aujourd’hui en un grand magasin.

Le site du Belvédère. Il s’agit au départ d’un site charbonnier, exploité dès 1830 par M. Wauquier et Me Julia Thon.  Il fut vendu en 1865 à la « Société des Charbonnages Sainte Croix et Sainte Claire de Boussu », puis revendu en 1868 à la « Société des Charbonnages de l’Ouest de Mons » qui le modernisa en construisant un châssis à molettes et une salle des machines. On put alors aller chercher le charbon jusqu’à une profondeur d’environ 460 mètres. 

En 1880 le charbonnage de la « Grande Veine du Bois d’Epinois puits n°6 du Tapatout » ferma ses portes. Le charbonnage « Belle Vue » tout proche reprit l’entièreté du personnel et continua à exploiter les veines au départ de Belle Vue. La tour d’extraction et son puits, maintenus pour l’aérage, étaient déjà en voie de démolition en 1884.

En 1901, après l’arrêt total de l’exploitation des veines du Tapatout, la famille Cavenaile racheta le site ainsi que les ruines de la Tour Malakoff pour y installer une petite brasserie qui s’agrandit et prospéra. En 1910, les Cavenaile firent restaurer les ruines par l’architecte Pary pour y établir un hôtel. L’architecte y plaça des créneaux,  type de maçonnerie très courant dans la Ruhr, ce qui explique le nom de « Tour Malakoff » en souvenir de la longue résistance du Fort Malakoff lors du siège de Sébastopol pendant la guerre de Crimée. En 1927, cette petite entreprise devint « Société Anonyme Brasseries Cavenaile-Frères ». Elle employait alors 80 personnes.

Les affaires marchant très bien, les propriétaires décidèrent d’agrandir  l’entreprise et de se diversifier en créant une hôtellerie dans le corps de l’ancienne tour des machines. Ils aménagèrent un parc, un théâtre de verdure, des terrains de tennis, une piscine et un ballodrome. Le Belvédère devient un site de détente dans les années 50-60, on y organisa des fêtes de la bière avec orchestre et vedettes, mais aussi des tournois de tennis et de jeu de balle.

En 1967, les brasseries Cavenaile vendirent l’entièreté du complexe à l’État qui y installa un internat pour l’Athénée Royal de Dour. En 1982, le complexe fut fermé. Seule la piscine continuera à fonctionner encore quelques années, puis le Belvédère fut laissé à l’abandon. Après des travaux de rénovation entrepris entre 2011 et 2013, le site fut reconverti en centre sportif.

Bibliographie

Mémoire en images de Dour, Alain Jouret

La rénovation de la Grand-Place de Dour, Cécile Anseau, Annales du Cercle d’Histoire et d’Archéologie de Saint-Ghislain, Tome X, 2005

Seigneurs, mayeurs, maires et bourgmestres de Dour, Jeanne Quin, 1992

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *