Ellignies-Sainte-Anne

Entité communale de Beloeil

Le territoire

Superficie: 1108 ha

Altitude: entre 55 et 62 m

Situation géographique : Le territoire s’étend sur le plateau qui sépare les vallées de la Haine et de la Dendre.

Cours d’eau : ?

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : sablonneux, argileux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) : 

Vers 1870, sous l’église en réparation, on a découvert sous les parties du XIIème siècle d’énormes blocs qui évoquèrent, pour le curé d’alors, des éléments d’une enceinte mégalithique. Aucune fouille n’a été réalisée et il est probable que ces substructures soient celles d’un bâtiment précédent. 

Un grattoir d’époque mésolithique a été trouvé en 1998, sur la butte d’Ellignies, entre la chaussée romaine et la route d’Ellignies à Beloeil.

Des éléments d’origine néolithique ont également été ramassés à divers endroits, essentiellement des outils en silex de type haches, grattoirs, perçoirs, percuteurs, et notamment en 1995, au lieu-dit « L’Epinette »  (une hache polie).  Selon L. Demarez, certains de ces outils appartiendraient à la culture de Rössen, qui se situe entre le néolithique ancien et moyen.

Ages du fer :  Léon Demarez a identifié un habitat de la culture de La Tène. En 1995, à la rue de l’Alouette, une fosse de la période de La Tène ancienne (entre 400 et 300) a révélé des silex et de la céramique (domestique et plus fine).

Antiquité gallo-romaine

Sainte-Anne est traversée par la chaussée romaine Bavay-Blicquy. 

Dès le XVIIIème siècle, on a dégagé des substructions de bâtiments et du matériel gallo-romain (vases, urnes, statuettes en bronze, monnaies). 

Lors des travaux du TGV en 1994-1995, au sud-est du village, on a mis à jour sur un hectare des vestiges d’un site gallo-romain, en bordure de rivière dans un milieu humide. Soit des éléments de construction, de la céramique sigillée et commune (abondante vaisselle domestique), datant des Ier et IIème siècle. On pense qu’une villa romaine y a existé.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : ?

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : ?

Ce village est composé de trois noyaux d’habitat :

  • Ellignies
  • Sainte-Anne, qui se trouve sur le tracé de la chaussée romaine Bavay-Blicquy
  • Robersart

Ces trois hameaux-villages sont alignés sur un axe routier reliant Leuze à Beloeil, d’origine médiévale.

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine antique et le chemin médiéval de Saint-Ghislain à Leuze

sources d’eau ou cours d’eau: deux ruisseaux (leur nom?)

source de bois: toute la région était boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: le château seigneurial de Beloeil

Paroisse dédiée à Notre-Dame

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné en 1103 au chapitre Notre-Dame de Condé par Manassès, évêque de Cambrai. Mais en 1186, le pape Urbain III la transféra à l’abbaye de Saint-Ghislain qui acquit en 1216 les dîmes détenues par Nicolas de Condé et Gérard de Jauche.

L’abbaye de Vicogne recevait aussi une partie des dîmes.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): châtellenie d’Ath

Seigneuries et fiefs

Il semble que le territoire était divisé entre deux seigneuries :

  • La plus grande partie du territoire appartenait aux seigneurs de Beloeil, connus depuis le XIème siècle. Ce fief a donc appartenu successivement aux trois familles de Bailleul, Condé, Ligne.
  • une seigneurie d’Ellignies, dont on ne sait si elle était un arrière-fief de la première, un fief comtal ou un alleu. Elle fut tenue entre le XIIème et le XIVème siècle par la famille d’Ellignies, dont on connait :
    • Hunulphe d’Ellignies, chevalier, qui s’asservit à l’abbaye de Saint-Ghislain
    • Baudouin et Herbrand d’Ellignies, qui se croisèrent en 1201.
    • Wauthier d’Ellignies, chevalier, cité en 1258 comme témoin d’une vente
    • Thierry d’Ellignies, cité en 1368

D’autres familles leur succédèrent par la suite :

  • De Carnin
    • Baudouin de Carnin, chevalier, qui épousa Jeanne, héritière d’Ellignies, fille de Thierry d’Ellignies. Fondateur en 1367 d’une chapelle dans l’église d’Ellignies
  • Du Chasteler de Moulbaix
  • De Tour et Taxis
  • Pierre de Ponthieu, bourgeois d’Ath, par achat
  • Mesnage

    Carte de Ferraris (XVIIIème)
La commune

Les paysans du village reçurent une charte au début du XIVème.

On mentionne une première école en 1701 par les Sœurs de Saint-François de Sales, issues d’une congrégation de religieuses enseignantes, fondée à Ath et inspirée des idées de Fénelon, archevêque de Cambrai.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Quevaucamps
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Quevaucamps
  • Entité communale depuis 1977: Beloeil
Economie

Elle repose uniquement sur le secteur agricole :

  • Agriculture : céréales, colza, lin, plantes fourragères, légumineuses, potagères
  • Pâturages pour l’élevage.
  • Trois moulins, dont le « Vieux Moulin », à vent, construit avant 1340 à la limite de Tourpes, et ayant disparu en 1941. C’était le moulin banal de la seigneurie de Beloeil-Ligne. Il fut racheté par la famille Beghin vers 1790 et passa ensuite à la famille Van den Daele-Delyvine.
  • Une brasserie.
  • Une tannerie.
  • Le travail de la laine
Patrimoine

Eglise de la Sainte-Vierge. L’actuelle date de 1871, reconstruite en style gothique, en briques et grès de Grandglise. La tour de l’ancienne église, du XVIème siècle, a été conservée. Statuaire riche : galerie au-dessus du porche, Pietà gothique en pierre polychromée (XVIème), un groupe avec Saint-Nicolas et des enfants, en bois (XVIIIème). Dalles funéraires.

 

Chapelle Sainte-Anne, de 1843 en style gothique. Armoiries de Ligne sur le pignon.

 

 

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