Erquennes

Entité communale des Honnelles

Le territoire

Superficie:  395 ha

Altitude: 125-130 m

Situation géographique : le territoire est situé sur le versant sud de la vallée de la Haine, sur le plateau du Haut-Pays.

Cours d’eau : Il est traversé par la Petite Honnelle que rejoignent quelques ruisseaux.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : argileux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire – Antiquité gallo-romaine – Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1018

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Harcana, 1018
  • Hercana, 1055
  • Erkenne, 1186
  • Yerkenne, 1254
  • Ierkane, 1367
  • Yerkane, 1406
  • Erkanne, 1425
  • Erquenne, 1469
  • Erkenne, 1531

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

Peut-être du celtique « Hercana », qui fut une déesse de la terre. A moins que ce ne soit le “pays des arcs” (selon Hocq). Ou le village près de l’arche (Carnoy) d’un pont romain sur le ruisseau Favart.

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique et médiévale d’importance

sources d’eau ou cours d’eau: la Petite Honnelle

source de bois: la Forêt Charbonnière

proximité d’un lieu de pouvoir: la ferme abbatiale

Paroisse dédiée à Saint-Ghislain

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Bavay jusqu’en 1803, puis Dour

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1110 par Odon, évêque de Cambrai. En réalité au début, elle était partagée avec l’abbaye de Crespin, mais un conflit entre les deux institutions fit céder en 1204 l’abbé Arnould de Crespin, qui de plus avait besoin d’argent pour partir à la croisade.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Il semble qu’à l’origine, sur le territoire d’Erquennes, on ait eu deux grands domaines :

  • L’un appartenait aux comtes de Hainaut et provenait sans doute des domaines royaux francs que les comtes s’approprièrent dès la fin du IXème siècle
  • L’autre appartenait à l’abbaye de Saint-Ghislain qui prétendait le détenir d’un don fait par le roi Dagobert à l’abbé fondateur au VIIème siècle. Ce qui entraîna des contestations, car les abbés au XIème et XIIème siècle ne pouvaient le prouver par des documents écrits…qui auraient disparu lors des pillages vikings du IXème siècle. Les évêques de Cambrai, protecteurs de l’abbaye, confirmèrent pourtant ce don, notamment Odon de Cambrai en 1110. Les comtes s’y opposèrent, malgré les plaintes des abbés auprès de l’empereur Henri III (qui ne prit pas position), malgré tous les arguments avancés par les abbés. En fait, cette contestation ne concernait pas seulement le domaine d’Erquennes, mais bien d’autres de la région (autour de Boussu et Dour) où étaient contigus ceux de l’abbaye et ceux des comtes.

La seigneurie laïque

Selon Cambier et Audin, la seigneurie laïque d’Erquennes fut attribuée, au XIIème siècle,  à des membres de la famille de Mons (comme Dour, Boussu, Hainin et Thulin). Ils citent

  • Gossuin « Isaac » de Mons
  • Gossuin III de Mons

Ce dernier, à sa mort, n’avait plus que des filles, dont certaines héritèrent de terres (Baudour, Boussu et Hainin). Dour fut confié à Guillaume de Dour. Pour ce qui est d’Erquennes, ou bien les comtes reprirent à leurs charges les droits féodaux, ou bien ils les cédèrent à une autre famille. Celle qui est citée est celle de Biévène (ou Bever), commune de l’actuel Brabant Flamand. On sait que les personnages de cette famille étaient des hommes de fief des seigneurs d’Enghien. Ceux-ci détinrent, comme la famille de Mons citée plus haut, le titre de châtelain de Mons et de domaines qui étaient liés à cette charge, à savoir Havré et ses dépendances (Ghlin, Havay, Goegnies-Chaussée). On peut donc se poser la question de savoir si ce fut aussi le cas d’Erquennes. Et dans ce cas, les Enghien se seraient fait représenter localement par la famille Bievène. Le problème, c’est que l’on n’a pas beaucoup de renseignements à leurs propose.

Le seul personnage connu est Pierre Biévène, cité en 1301.    

Après lui, une nouvelle zone d’ombre apparaît. Celui qui, par la suite, est cité comme seigneur d’Erquennes est Jean de Castellois (1325-1396) qui en serait peut-être devenu le titulaire en épousant Marie-Jeanne Pipart, citée comme dame d’Erquennes, mais dont on ne semble pas connaître l’origine. La seigneurie est transmise à leur fils Collart de Castellois (v1350- ?). Celui-ci n’a qu’un fils, Jean, religieux (abbé d’Hasnon) et deux filles, dont l’une, Jeanne de Castellois, épousa Jean de Goegnies, transmettant Erquennes à cette famille.

Maison de Goegnies

Il s’agit de Houdeng-Goegnies et non de Goegnies-Chaussée.

  • Jean III de Goegnies était aussi seigneur de Fay, de Sotteville, du fief de Courteville à Elouges et du fief de Rampemont à Onnezies. Il devint seigneur d’Erquennes en épousant Jeanne de Castellois.
  • Guillaume de Goegnies ( ?-1543), fils des précédents.
  • Antoine de Goegnies (1505- ?), fils du précédent.
  • Jean IV de Goegnies (1535- ?), fils du précédent
  • Philippe de Goegnies ( ?- ?), fils du précédent
  • Antoine de Goegnies « de Vendegnies-aux-Bois » ( ?-1599), fils ou oncle du précédent
  • Antoinette de Goegnies (v1570- ?), dame héritière d’Erquennes. Elle épousa en 1592 Louis de Beaufort, chevalier, gouverneur du Quesnoy, officier.

Ils eurent Antoine de Beaufort/Beauffort (v1592-1642/1662), officier dans l’armée espagnole, qui mourut célibataire.

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Pierre Alexandre Raulx, cité comme seigneur d’Erquennes (1619-1653). Il pourrait n’être que le seul de sa famille à avoir été seigneur d’Erquennes. Il l’aurait acheté à Antoine de Beaufort vers 1642. Et l’aurait revendue à Jacques Aupaix, un cousin éloigné.

Jacques Aupaix (1626, Mons- ?), d’une famille montoise d’avocats. Il n’eut qu’une fille, Jeanne Françoise Aupaix, dame d’Erquennes (1639/1641, Mons-1691, Boussu-lez-Walcourt) qui épousa Alexandre François de Barbençon «  de Boussu », seigneur de Fontenelle et écuyer.

Erquennes passa ensuite à leur fille Jeanne-Françoise de Barbençon « de Boussu » (1674-1713), qui épousa Pierre Octave Desmanet (1660, Virelles – 1724), maître de forges, écuyer, seigneur de Boussu-lez-Walcourt, de Fontenelle, d’Erquennes par mariage. Cet héritage fut partagé entre leurs enfants.

Jean Octave Joseph Desmanet (v1698-1750, Chimay) obtint Erquennes. Il était aussi écuyer (1725) et maître de l’artillerie de la ville de Mons. Il épousa en 1727 Marie Ursule de Malapert de Motte, dame de Bray, dont il eut :

Maximilien Octave Joseph Desmanet (1729, Mons-1784, Thuin), seigneur d’Erquennes, qui épousa en  1764 Catherine le Rond. Ils eurent :

Philippe Joseph Eugène Desmanet (1767, Chimay – 1829, Fontaine), dernier seigneur d’Erquennes, membre des Etats Provinciaux du Hainaut (1816-1827)

Carte de Ferraris (XVIIIème)

En 1779, deux hameaux, jusque-là français, ceux de Ferlibray et de Ruinsette, ont été rattachés à Blaugies.

Erquennes détenait le bois de Fontenoy, aujourd’hui dépendant de Houdain.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Dour
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Dour
  • Entité communale depuis 1977:
Economie

Elle est dominée par l’agriculture et l’exploitation du bois. On y trouvait des scieries.

Patrimoine

Eglise Saint Ghislain  a été édifiée à la fin du XVIème siècle. Elle fut détruite partiellement en 1606 lors d’une tempête de Pâques. Elle est de style romano-gothique. Elle fut remaniée au XVIIIème. La tour est massive. Calvaire en bois sculpté, polychrome, fin XVIème, gothique. Statue de la Vierge avec enfant, XVIème.

 

 

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