Fontaine-l’Evêque

Entité communale de Fontaine-l’Evêque

Le territoire

Superficie: 1144 ha

Altitude: 100 m

Situation géographique : le territoire est situé au sud du plateau brabançon dans le bassin hydrographique de la Sambre.

Cours d’eau : la rivière l’Ernelle, qui vient de Forchies et va vers Goutroux. Elle reçoit quelques ruisseaux dans le village : de la Charbonnière, du Bois, de Blanche Maison et de Belle-Fontaine, de la Babelonne, de Beaulieusart.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : la Forêt Charbonnière, dont il reste le “Bois de la Charbonnière” entre Fontaine et Goutroux.

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès (marbre), houille, pierre à chaux

Préhistoire

Une lame de silex, trouvée en 1929 près de l’étang de la panneterie de Beaulieusart, qui servait de grattoir ou de racloir.

Une autre lame a été trouvée en 1929 à proximité des anciens remparts au nord.

Antiquité gallo-romaine

Le territoire se trouvait à la limite orientale du territoire nervien. Selon Parée, il existait un oppidum dans le bois de la charbonnière dominant la vallée de l’Ernelle.

Il y aurait des vestiges d’une villa romaine à la limite de Forchies, au bord du ruisseau la Charbonnière, et des restes d’un cimetière romain, trouvé au Calvaire Mascaux en 1895 avec des monnaies de Néron.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

On a découvert des des sépultures franques, en 1856 avec des objets de bronze et des poteries.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 868 (polyptyque de Lobbes)

Toponymie (anciennes orthographes) :

Lerna Fontanis, 868

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

Le nom primitif de ce village était « Ernel aux Fontaines  », c’est-à-dire le « désert aux fontaines » et c’est en latinisant ce nom qu’il devint « Lerne », forme sous laquelle il fut cité en 868 dans le polyptyque de l’abbaye de Lobbes  (Lerna Fontanis).

  • Fontanis fait référence aux nombreuses sources sur son sol.
  • Lerna signifie peut-être « désert »
  • ou vient du celte Lederna voulant dire « rivière bouillonnante »
  • Herna signifie « pierre ». Li herna fontalis ? Pierre aux fontaines ?

Le nom de Fontaine  apparut seul dans un acte de 1212 et il n’a pris son surnom que vers 1260, lorsque Nicolas, évêque de Cambrai (1249-1272), eut donné cette terre à une de ses parentes.

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: le site primitif est à l’écart des grandes voies de communication antiques, mais y seraient passés des chemins médiévaux, notamment celui de Cambrai à Liège, passant par Binche et Anderlues.

sources d’eau ou cours d’eau: les sources et nombreux ruisseaux

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Saint-Christophe, dépendante à l’origine de la paroisse de Leernes. En 1246, les paroissiens de Fontaine désirèrent une paroisse propre. Ce qui fut approuvé par Guy de Laon, évêque de Cambrai, diocèse dont elle dépendait.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à ?

Avec le développement de la ville, on créa plus tard (date ?) une paroisse Saint-Vaast, dépendant cette fois de l’évêque de Liège et du doyen de Thuin.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneuries et fiefs

Le premier document écrit connu date de 868. C’est le cartulaire de l’abbaye de Lobbes où l’on trouve un inventaire de toutes leurs possessions. Le domaine de Lerna Fontanis était du nombre. Il s’agissait d’un don en 743 de Carloman, maire du palais d’Austrasie et frère de Pépin le Bref.

Au IXème siècle, Fontaine et Leernes ne formaient qu’une seule localité sous ce nom. Deux petites agglomérations de paysans s’y étaient constituées.  On sépara Fontaine de Leernes en 1234. La dénomination « Fontaine-l’Evêque » date de vers 1251. Du temps où le seigneur, Nicolas de Fontaine, devint évêque.

L’endroit était juste à la limite entre le comté de Hainaut et la principauté de Liège. Ce fut à la fois un avantage, car Fontaine put vivre longtemps en quasi autonomie. Mais cette situation amena toujours des conflits entre les deux provinces qui se disputaient la petite ville florissante.

La seigneurie principale

Si le domaine appartenait encore au IXème siècle à l’abbaye de Lobbes, comme ce fut souvent le cas, ce ne l’était plus le cas au XIème siècle. Entre-temps, les comtes de Hainaut se l’étaient appropriés. Ils créèrent alors un fief ample, dépendant de la cour féodale de Mons. Le village d’Anderlues en fut une dépendance.

Fontaine devint une baronnie du comté de Hainaut.  Elle prit assez rapidement des formes urbaines.  Plusieurs familles se succédèrent à la tête de cette seigneurie.

Famille de Fontaine

La première prit le nom du lieu.

Gilles I « Gillon » de Fontaine (1030- 1073) est le premier seigneur connu, nommé sans doute par la comtesse Richilde de Hainaut et son mari Baudouin I de Flandre. Lui succédèrent :

  • Gilles II de Fontaine (1050-1097), fils du précédent.  Deux de ces fils, Guy et Foulques, moururent lors de la première croisade. L’aîné lui succéda.
  • Gauthier I de Fontaine (1085- ?), fils du précédent
  • Gauthier II de Fontaine (1110-1183/1186, Aulne), fils du précédent
  • Gauthier/Wauthier III de Fontaine (1145, Fontaine – 1235, Fontaine), fils du précédent. Par son mariage, il devint aussi seigneur de Boussu, d’Hautrage, de Villerot et d’une partie de ville (-Pommeroeul).
  • Son fils Nicolas de Fontaine ( ?-1272) lui succéda. Mais ce dernier s’engagea dans une carrière ecclésiastique, où il fut successivement chanoine à Cambrai, archidiacre à Valenciennes, prévôt à Soignies et enfin évêque à Cambrai. Le pape lui confia une mission diplomatique dans le conflit Avesnes-Dampierre quant à l’héritage controversé des deux comtés de Flandre et de Hainaut.
  • Il confia ses seigneuries à sa sœur Mahaut de Fontaine-Boussu ( ?-1274).

Maison de Hennin-Liétard

  • Baudouin II de Quincy « de Hennin-Liétard » (v1202-1259). Seigneur de Quincy, il était devenu seigneur de Hénin-Liétard en épousant Marie, dame de ce village situé aujourd’hui à Hénin-Beaumont (Nord). Il n’en eut pas d’héritier. Il abandonna le nom de Quincy.
  • Il épousa en secondes noces vers 1225 Mahaut de Fontaine-Boussu ( ?-1274). Désirant partir à la Septième croisade (avec le roi Louis IX « le saint » de France), il vendit les terres de Hennin. Il fut fait captif avec le roi là-bas, mais revint en 1254 pour mourir en 1259. Sa veuve hérita en 1272 des biens de son frère, comte-évêque de Cambrai. Deux de leurs enfants se partagèrent les deux seigneuries de Boussu et Fontaine. Jean I hérita de Boussu.
  • Baudouin I de Hénin-Liétard (1238-1288) devint seigneur de Fontaine par héritage maternel. En épousant Isabeau de Hainaut, fille de Philippe de Hainaut, seigneur de Sebourg, Angre et Fayt, aussi frère du comte Baudouin V de Hainaut, il devint seigneur de ces lieux. Lui succédèrent :
  • Baudouin II de Hennin-Liétard (v1245-v1295), fils du précédent
  • Baudouin III « Gérard » de Hennin-Liétard (v1281-v1325), fils du précédent
  • Baudouin IV de Hennin-Liétard ( ?-apr1394), fils du précédent – sans postérité
  • Baudouin V de Hennin-Liétard ( ?-1399), neveu du précédent – sans postérité
  • Jean I de Hennin-Liétard ( ?-1415, à la bataille d’Azincourt), frère du précédent
  • Baudouin VI de Hennin-Liétard ( ?-apr.1422), fils du précédent. Il vendit Angre.
  • Baudouin VII de Hennin-Liétard ( ?-apr.1458), fils du précédent
  • Jean II de Hennin-Liétard ( ?-avt 1514), fils du précédent. Il vendit Sebourg.
  • Baudouin VIII de Hennin-Liétard ( ?- 1529), fils du précédent. Il semble qu’il y ait ici deux versions, à moins qu’il y ait eu une co-seigneurie.
  • Anne de Hennin-Liétard (1510-1587), fille de Baudouin VIII, qui épousa en 1532 Jacques de Croÿ, comte de Solre-le-Château.
  • Leur fils Antoine de Croÿ aurait hérité de Fontaine. Il n’eut pas de postérité. Après ?
  • Jean II de Hennin-Liétard aurait légué Fontaine, non pas à son fils Baudouin VIII, mais à la sœur de celui-ci, Jacqueline de Hennin-Liétard, ce qui permet le passage aux autres familles connues.

Famille de Hamal

  • Jean de Hamal ( ?-1533), déjà baron de Vierves, devint seigneur de Fontaine-l’Evêque après avoir épousé en secondes noces Jacqueline de Hennin-Liétard ( ?-1560). Gentilhomme à la chambre de Charles Quint, il devint par la suite gouverneur de Bois-le-Duc.
  • Ils eurent une seule fille Marie Valentine Clémence de Hamal ( ?-1596), qui, à sa troisième noce, épousa Jean II d’Argenteau (avt1540-1590).
  • Leurs deux enfants ne semblent pas avoir porté le titre de seigneur de Fontaine-l’Evêque. Le domaine a sans doute été vendu.

Famille de Herzele

Fontaine passa dans cette famille par achat.

  • Il semble que ce soit Philippe de Herzelles ( ?-1597), seigneur de Lillaere, qui l’acquit.
  • Lui succédèrent ses trois fils, Antoine de Herzelles, Philippe de Herzelles et Gabriel de Herzelles. Aucun n’a eu d’enfant.
  • Leur sœur en hérita.

Maison de Rodoan

  • Charles-Chrétien de Rodoan (avt1593- 1653), par mariage en 1617 avec Alardine de Herzelles ( ?-1637). Leur succédèrent :
  • François Gabriel de Rodoan ( ?-1639), fils du précédent, mort sans postérité.
  • Philippe Albert de Rodoan (avt1620- ?), frère du précédent
  • Michel Luc Camille de Rodoan (avt1654-1702), fils du précédent
  • Michel Camille Joseph ( ?- ?), fils du précédent, mort sans postérité. 
  • Antoine Adrien Joseph de Rodoan (v1698-1756), frère du précédent
  • Adrien François Isidore Joseph de Rodoan ( ?-1761), fils aîné du précédent. Il fut créé en 1755 comte Rodoan de Forchies la Marche.
  • Charles Amour Joseph Jean Népomucène François Régis (1759- ?). Ce chambellan de l’empereur d’Autriche fut le dernier seigneur féodal de Fontaine-l’Evêque. 

    Carte de Ferraris (XVIIIème)
La commune

Wauthier de Fontaine en 1212 accorda à ses sujets de Fontaine une charte reprenant un règlement écrit des droits seigneuriaux et des rapports avec les bourgeois (libertés, privilèges, …). Celle-ci fut confirmée en 1422 par Baudouin de Hennin et resta en vigueur jusqu’en 1794.

Le village s’était rapidement urbanisé dès le XIIème siècle, ce qui lui valut une charte urbaine. 

Le commerce et l’artisanat se développèrent. Une maison de ville fut bâtie sur la place. On instaura un marché sur cette place, par laquelle passait la route qui allait de Liège à Cambrai, route empruntée par les marchands allemands et français. On organisa des foires. La cité fut fortifiée au XIIe ou au XIIIe siècle sur un périmètre de 2800 m. Les seigneurs y avaient leur château. Un atelier de sculpture est mentionné.

Les bourgeois de Fontaine-l’Evêque se sentaient autonomes par rapport aux autorités liégeoises et hennuyères qui se disputaient la possession de la ville. On n’envoyait pas de députés aux Etats de Hainaut ni de Liège. On ne leur payait pas d’impôts. Le seigneur battait monnaie et exerçait la justice, indépendamment des prévôtés.

Les conflits furent interminables. Il fallut attendre 1757 pour que l’impératrice Marie-Thérèse, de façon autoritaire, après une brève occupation militaire, ne place définitivement la ville en Hainaut et dans la prévôté de Binche.

Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

1146 – Saint-Bernard, voyageant entre Liège et Cambrai s’arrêta à Fontaine. Il y fit des miracles. Une chapelle a été édifiée à proximité pour rappeler le fait. Aujourd’hui disparue depuis la fin du XIXème.

1313 – la ville fut choisie comme lieu de réunion pour arbitrer les contestations entre le Hainaut et Liège. 

1395 – conflit entre les deux provinces – révolte locale. Les magistrats locaux formèrent une confédération avec les 13 villes de la Principauté liégeoise qui promettaient assistance.

1408 – révolte de ces villes contre le prince-évêque Jean de Bavière. Le seigneur de Fontaine soutenait l’évêque de Liège, d’où une guerre locale entre le châtelain et les vassaux. Les  bourgeois brûlèrent le château et les gens d’armes s’en prirent à la ville. Incendie de la maison de ville. Disparition de la charte de 1212. 

1441 – Baudouin VII de Hennin reconnut la souveraineté de la Principauté. Mais les querelles continuèrent.

1465 – Philippe le Bon, en guerre contre la Principauté, envoya des troupes défendre la ville contre les Liégeois. Il y laissa une garnison.

1502 – Marguerite d’York, veuve de Charles le Téméraire, confirma les droits de la ville.

1554 – les troupes d’Henri II incendièrent le château et l’église Saint-Christophe. 

1604 – pillage par des compagnies de Hollandais – l’église St-Vaast servit d’écurie pour les chevaux.

1608 – les troupes espagnoles se comportèrent de la même façon.

1629 – installation d’un couvent de religieuses Récollectines de Philippeville ; elles instruisirent les jeunes filles de la noblesse. 

1652 – campement de troupes françaises – réquisition de fourrage

1653 – arrivée de Récollets qui ouvrirent un couvent (endroit de l’actuel hôtel de ville et parc communal, sur un terrain d’Albert de Rodoan) avec une église et un collège pour humanités.

1693, après la bataille de Neerwinden, le maréchal de Luxembourg, commandant l’armée française, fit le siège de Charleroi. Une partie de l’armée campa à Fontaine, où elle se livra à des pillages et la dévastation des deux couvents. Ils y tinrent une garnison jusqu’en 1697 (paix de Rijswijck), lorsqu’il s’est agi de restituer la ville à l’Espagne. Nouveaux ravages au départ des troupes.

1698 et 1709  – grandes famines

1736 – démolition d’une partie des remparts sur ordre du seigneur (corvée)

1757 – jusqu’ici les conflits continuaient entre les deux provinces. L’impératrice Marie-Thérèse rattacha Fontaine définitivement au Hainaut.

1752 – nouvel hôtel de ville (actuel Palais de Justice) pour remplacer celui qui s’était écroulé avec son beffroi en 1712. 

1768 – ouverture d’une halle aux grains pour combattre la famine.

1789-1790 – Fontaine envoya des patriotes lors de la révolution brabançonne contre Joseph II.

1792 – durant les six semaines de la campagne de Sambre-et-Meuse, on connut prise et reprise de Fontaine par les Autrichiens et les Français. Du plateau de l’Espinette, les généraux français Pichegru et Charbonnier allèrent incendier Aulne, Lobbes et Mariemont.

1794 – reprise par les austro-hollandais, puis perte, puis reprise, puis encore perte.

Le 21 juillet 1794 – plantation de l’arbre de la Liberté

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Fontaine-l’Evêque

1795 – installation à Fontaine du siège du tribunal correctionnel de Thuin, jusqu’en 1798. Les couvents servirent d’écuries aux français. Le château seigneurial fut dévasté. 

La municipalité française de Fontaine accorda au comte Charles de Rodoan de vendre et d’exploiter le bois pour payer ses impôts et réparer le château.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Charleroi
  • Arrondissement judiciaire: Charleroi
  • Canton: Fontaine-l’Evêque
  • Entité communale depuis 1977: Fontaine-l’Evêque

En juin 1815, avant la bataille de Waterloo, la commune dut abriter une armée prussienne. On installa une kommandantur à l’hôtel de ville. 

En septembre 1830, Fontaine envoya 28 volontaires à Bruxelles. Ils gardèrent une prison et combattirent Place Royale le 26 septembre, puis continuèrent en direction d’Anvers.

1914-1918

21 août – arrivée de soldats cyclistes français. Certains installèrent une garnison entre Leernes et Fontaine pour attendre les Allemands qui arrivèrent le 22 par milliers venant de Goutroux. Combat acharné des Français. Un hôpital avait été installé à Fontaine pour les blessés allemands et français. Une autre bataille eut lieu à Anderlues.

Puis, avec l’occupation on assista à des réquisitions, des famines, des déportations et des prises d’otages.

La libération eut lieu avec l’arrivée des Anglais et des Canadiens le 12 novembre 1918, soit le lendemain de l’Armistice.

1940-1944

Les premiers bombardements eurent lieu les 11 et 12 mai 1940. On vit le passage de troupes françaises en route  vers le front et celui des civils dans l’autre sens. Beaucoup d’habitants choisirent de s’exiler vers la France.  Les Allemands entrèrent le 13 mai dans une ville quasi vide.

Occupation – rationnements – couvre-feu – prisonniers et travail obligatoire – résistance (sabotages).

Le retrait allemand débuta au début septembre 1944. Les premières troupes américaines de libération arrivèrent le 4 septembre.

Economie

Jusqu’au XIXème siècle, Fontaine-l’Evêque connut une économie urbaine, faite d’artisanat et de commerce. L’agriculture et l’élevage se faisaient hors de la ville et alimentaient le marché de celle-ci. On décrit:

  • des brasseries
  • des moulins le long de l’Ernelle
  • une tannerie
  • une savonnerie
  • une entreprise de filage du lin
  • une fabrique de tabac en carotte

Deux marchés étaient organisés chaque semaine et deux foires par an.

Mais Fontaine s’est surtout distingué par ses clouteries dès le XIIIème siècle. On comptait encore 17 forges en 1764. Cette activité eut à souffrir des baisses d’exportation vers la France après 1814. Puis on constata une bonne reprise et une modernisation de l’outil après 1830, avec l’ouverture de nouveaux ateliers et de nouvelles forges. La ville détint le quasi-monopole de cette activité en Belgique jusqu’en 1914. Le déclin commença à partir de la crise de 1929. Cette sidérurgie fut reprise par les “Forges de la Providence” de Marchiennes-au-Pont en 1953. On la transforma en tréfilerie. Puis ce fut la fusion avec Cockerill-Ougrée en 1967. On fabriqua aussi des chaînes.

Une verrerie fonctionna à Leernes de 1438 à 1559. Puis elle émigra vers Jumet et Lodelinsart.

On exploita également

  • des carrières de pierre: du marbe blanc veiné de rouge.
  • des carrières de pierre à chaux, avec des fours à chaux dès le XVIIème, avec un fort développement au XIXème, avant le déclin après 1918. On connut cependant une reprise d’une carrière par les Frères Stenuick après 1950 avec une modernisation.

Exploitation du charbon

La première concession connue date de 1756, octroyée par le baron Michel Camille de Rodoan dans le bois de la Charbonnière. Quelques fosses appelées « cayats » fonctionnèrent dans la première moitié du XIXème siècle.

Mais la véritable exploitation commença à partir de 1866, qui aboutit en 1874 à la création de la « SA des Charbonnages de Fontaine-l’Evêque ». Elle s’agrandit avec la concession de Beaulieusart (1869) et celle de Leernes-Landelies (1872). En 1871, elle fut racccordée à la gare de Fontaine puis à celle d’Anderlues. On creusa de nouveaux puits et on construisit des corons ouvriers. On déplora deux coups de grisou, l’un en 1888 (14 morts) et l’autre en 1889 (5 morts). Cette industrie déclina à partir de 1930. Il y eut bien une petite reprise après la guerre, mais le déclin reprit jusqu’à la fermeture en 1964.

Les autres fabriques :

  • chandelles
  • d’armes de luxe
  • de serrures
  • chaudronnerie
Les voies de communication
  • Route Mons-Binche prolongée en Charleroi-Binche, pavée en 1810, sous Napoléon.
  • Puis en 1814 chaussée pavée vers Gosselies par Forchies pour écouler les productions locales vers le nord.
  • 1843 – route pavée Anderlues à Courcelles
  • 1864 – chemin de fer ligne n°112 Piéton-Marchienne-au-Pont (passagers et marchandises)
  • Gare privée du charbonnage
  • Voies vicinales
    • 90 : Charleroi-Fontaine-Binche-Mons
    • 30 : Charleroi-Fontaine-La Louvière
    • 92 : Charleroi-Fontaine-Anderlues-Thuin
    • 79 : Fontaine-Forchies-Trazegnies
Patrimoine

L’ancien château féodal fut construit par les premiers seigneurs de Fontaine sur un rocher entre l’Ernelle et la Babelonne. Il y avait une forge à proximité. Il fut vendu en 1852 par les Rodoan ruinés. Une démolition partielle eut lieu en 1928.

Eglise Saint-Vaast. Elle s’appelait chapelle de Boegnies en 1211. Détruite, elle fut reconstruite en 1785.

Eglise Saint-Christophe. La première fut construite en 1245 et dédiée au patron des voyageurs sur cette voie importante Cambrai-Liège.

Actuel hôtel de ville

Ancien couvent des Récollets, transformés en château par François Haussy (avocat, sénateur, ministre de la Justice en 1847) au XIXème.

Couvent des Sœurs de Sainte-Marie. Installé en 1847 pour enseignement. 

Bibliographie

Histoire de la ville de Fontaine-l’Evêque, J. Parée, 1986, on line: http://www.bivort.com/histoire/Histoire%20Fontaine-l’Ev%C3%AAque.pdf 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *