Genly

Entité communale de Quévy

Le territoire

Superficie: 474 ha

Altitude: dénivelé de 70  (nord) à 125 m (sud)

Situation géographique :  Le territoire se trouve en bordure nord du plateau de Bavay (Haut-Pays), plus précisément sur le versant méridional de la vallée de la Trouille.

Cours d’eau : Le village est parcouru par plusieurs ruisseaux descendant du plateau (ruisseaux des Rogneaux, de la Fontaine Foreuse, de Waya, à Cavins), tous affluents du By, lui-même se jetant dans la Trouille à Hyon.

C’est dans le vallon du ruisseau des Rogneaux que s’est constitué le noyau du village.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, craie, houille

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) :  Au « Champ des Plognes » (2004, CAW), on a ramassé un fragment de hache polie en silex de Spiennes.

Ages du fer : Des vestiges de l’âge du fer auraient été découverts (sans précision – Th. Bernier).

Antiquité gallo-romaine: 

Des vestiges de l’époque romaine ont aussi été trouvés (sans précision – Th. Bernier).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne): 

Non documenté.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1027

Certaines citations du IXème siècle sont à prendre avec précaution, car il semble qu’elles se rapportent à des localités dont le nom est proche (Genlis et Jeanlain en France).

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Genly (ou Genlij) à partir de 1181;
  • Genli, en 1024 (première mention du village) et 1172;
  • Gensy en 1447;
  • Jenly en 1456;
  • Genlis en 1648;

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • « Domaine de Gentilius » selon Albert Carnoy (1948)
  • « Domaine d’Eugène », de genius (Eugène) et li (domaine, propriété) selon Raould Harvengt . Ce denier réfute la thèse de Carnoy, considérant que le village se serait alors appelé « Genitly ».
  • « Propriété des Genilius » (Genilius étant un gentilice gallo-romain) selon Jean-Jacques Jespers.

Epoque de son apparition: Xème ou XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine Bavay-Asse-Utrecht

sources d’eau ou cours d’eau: les ruisseaux mentionnés plus haut

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Martin

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Mons

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye d’Anchin et au chapitre Saint-Géry de Cambrai

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Les domaines ont été assez nombreux au Moyen-Age sur le territoire de Genly. Ils furent sans doute attribués successivement soit par les rois mérovingiens soit ensuite par les comtes.

On sait que les chapitres (auparavant abbayes) de Mons (Sainte-Waudru et Saint-Germain), fondés au VIIème siècle, y possédaient un domaine (sans précision de la date de donation ni de la possibilité que ce domaine appartint à la famille de Waudru).

On sait aussi qu’un certain Widon et sa femme Gerberge (dont on ne sait s’ils étaient seigneurs des lieux) ont donné une partie de leurs terres et la moitié d’un moulin de Genly à l’abbaye de Saint-Ghislain.

Une partie du village à l’ouest faisait partie du domaine de Fliémet, accordé en 1142 par le comte Baudouin IV à l’Ordre des Templiers. Ces derniers y établirent une ferme (du Temple) à Frameries. Plus tard, en 1312, les possessions extra-françaises de l’Ordre furent transférés à l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devenus Ordre des Chevaliers de Malte au XVIème siècle.

D’autres parties du village furent encore attribuées aux abbayes d’Anchin (fondée en Ostrevent en 1079) et de Bélian à Mesvin (fondée en 1244).

Il exista aussi une seigneurie de Cantineau.

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

La seigneurie laïque “principale”

A côté de tous ces domaines, il existait une seigneurie dont il n’est pas simple de retracer la liste complète des seigneurs.

Un château seigneurial exista à certaines époques.

Avant 1628, il est difficile de trouver des seigneurs nommément cités comme tels. Il est possible que ce domaine fut dirigé par les comtes eux-mêmes ou qu’il fut détaché d’un domaine ecclésiastique évoqué ci-dessus.

On trouve mention au XVème siècle d’un certain Guillaume de Genly et de son fils Pierre. Sans plus de détail. La liste devient sûre et complète à partir de cette date.

  • Un certain Guillaume de Rebreviettes ( ?, Mons-1633, Bruxelles) aurait acheté sur gage la seigneurie de Genly en 1628. Il était déjà seigneur d’Escaudoeuvres, mais était surtout connu comme écrivain. On lui doit une « Vie de Sainte Gertrude ».
  • Il décéda relativement jeune et célibataire, puisqu’il transmit son bien à son père Jean de Rebreviettes ( ?-1636) qui fut seigneur de Genly pendant trois ans.
  • Sa petite-fille Marie-Anne de la Marck en hérita en 1636, puis la revendit à son propre père François de la Marck, déjà seigneur de Baillencourt, qui la garda quatorze ans et s’en déshérita en 1656 au profit de Thomas de Trazegnies ( ?-1689, Genly).
  • Ce dernier fut bailli du Petit-Quesnoy et de Marpent. Il termina ses jours au château de Genly en 1689.
  • Sa fille Marie-Françoise de Trazegnies ( ?-1731) hérita de la seigneurie et la géra jusqu’en 1722. Elle avait épousé Jean-Claude Malapert (1644-1700), seigneur de Wartons, parfois cité comme seigneur de Genly dans certains documents.
  • En mai 1722, la « dame de Genly » céda son domaine à son fils aîné Jean-François Malapert ( ?-1722) qui la revendit aussitôt.
  • C’est Philippe de la Barre qui l’acheta.
  • La terre repassa ensuite en 1724 pour une raison inconnue aux mains de la famille Malapert en la personne d’Anne-Marie Malapert, sœur de Jean-François Malapert.
  • Trois ans après elle la revendait à un lointain cousin Adrien de la Barre « de Flandre » (Mons, 1699-1744). Ce dernier fut créé en 1726 « baron de la Barre ». Il fit construire le Pont Bisé et fut enterré avec son épouse Marie-Maximilienne de Vinchant dans le chœur de l’ancienne église Saint-Martin de Genly.
  • Sa fille Françoise de la Barre « de Flandre » (Mons, 1728-Ressaix, château de la Hutte, 1779) hérita de Genly en 1744 et l’administra jusqu’à 1760.
  • Elle épousa en 1748 Lamoral de Lattre « de la Hutte » (Ressaix, château de la Hutte, 1716-Mons, 1776), un échevin de Mons et conseiller au Conseil Souverain de Hainaut. Ils vécurent à Genly aussi et y furent inhumés dans l’église.
  • Charles-Antoine de Lattre « de la Hutte » (1754, Mons- 1801, Genly), leur fils, hérita du domaine. Il fut le dernier seigneur de Genly de 1776 à l’abolition des droits seigneuriaux par les révolutionnaires français en 1794.
  • À son décès en 1801, ses terres, le château et la ferme de Genly échurent à sa sœur Cécile de Lattre de la Hutte (1760-1809).

    Carte de Ferraris (XVIIIème)

La commune

Une charte-loi  fut accordée en 1322 par le comte Guillaume sur le modèle de celle de Mons. Ce qui pourrait plaider pour une seigneurie couvrant les habitants du village et gérée directement par les comtes.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Pâturages
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Pâturages
  • Entité communale depuis 1977: Quévy
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Nous avons peu d’événements rapportés s’étant déroulés sur le sol de Genly. Vu que le village se trouve sur un axe routier important jusqu’au milieu du XIXème siècle, il est probable qu’il y passa des armées qui ne voulaient pas que du bien aux Montois et aux villages proches.

Le 24 août 1914, au début de la gare, pendant la bataille de Mons, on eut à constater la destruction de six maisons et de la grange de la ferme « Jean Muchi » (située sur la place) par des obus allemands. L’église fut également endommagée.

Ce fut aussi le début de l’occupation allemande, alors que de nombreux réfugiés belges faisaient route vers la France empruntaient la route de Bavay, parmi lesquels on compta une dizaine de familles de Genly.

Le 8 novembre 1918, les Allemands évacuèrent Genly peu après avoir fait sauter le pont du Chemin de fer (rue Grande). Quatre maisons situées à proximité furent entièrement détruites lors de cette explosion.

Economie

Elle fut essentiellement agricole. Agriculture: céréales, betteraves. Elevage  bovin, chevalin, porcin, ovin

Une ferme avec un moulin à vent existait. Le « Moulin des Rogneaux » (rue du Dr Harvengt) fonctionnait dès le XIème siècle, puisque c’est de lui qu’il s’agissait lors du don à l’abbaye de Saint-Ghislain. Il aurait été abandonné au début du XIXème siècle. 

On note également un terril au nord-ouest du village, témoin des extractions houillères de Frameries. Il aurait été constitué au début du XXème siècle.

C’est une commune, anciennement vouée à l’agriculture, aujourd’hui semi-urbaine et résidentielle par son développement au XIXème et XXème siècle.

Voies de communication

Autrefois, la chaussée romaine Bavay-Asse-Utrecht le traversait du sud-ouest au nord-est. Quelques tronçons ont aujourd’hui disparu, surtout depuis la construction en 1840 de la route Mons-Bavay (N543).

Pour le reste, Genly était relié aux autres villages voisins par des chemins aujourd’hui aménagés (Frameries, Quévy, Bougnies, Noirchain).

Vers 1880, on a construit la ligne de chemin de fer 96A Mons-Hautmont-Paris qui traverse Genly du nord-ouest au sud-est et s’y arrête.

Patrimoine

Eglise St Martin. L’actuelle est de 1857-1858 et fut rebâtie en style néo-gothique.

Presbytère. Deuxième tiers du XVIIIème siècle.

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