2. Géographie de la vallée de la Haine

Ce chapitre a pour objet de décrire le relief, le cours de la rivière et de ses affluents, le paysage naturel (avant qu’il ne soit modifié par les activités humaines), le sol et le sous-sol qui ont permis ces mêmes activités humaines.

Etymologie

Les anciennes mentions de la rivière Haine se présentent sous les formes successives: Hangna (936-957), Hainae (Xème), Hainam (1034), Hagna (Xème), Hagnam (Xème, 1158), Hagna (1040, 1096), Haina.

On écrit Hayne en France.
A l’époque romaine, elle se serait appelée Samara, « eau tranquille ».

Certains pensent que ce nom pourrait venir du mot celtique hen qui signifie « vieux » (vieille rivière ?). Pour d’autres, il pourrait venir de l’ancien germanique Hagino-, qui signifie « bois » ou « qui traverse les bois » (selon M. Gysseling). Cette hypothèse nous parait la meilleure vu le contexte géographique, comme vous le verrez ci-après.

Le relief

Comme l’a expliqué le chapitre précédent, il est le résultat de centaines de millions d’années d’évolution, où la croûte terrestre, qui correspondait au sol hennuyer, s’est façonnée par soulèvements, plissements, déformations, failles, submersions marines, sédiments, etc…

Le relief définitif de la vallée, depuis la source sur le plateau d’Anderlues jusqu’à sa confluence avec l’Escaut à Condé, ne semble pas plus vieux que 2 millions d’années, soit  dans la dernière ère Quaternaire, alors que des humains foulaient déjà le sol africain. On sait que dans les derniers 600.000 ans, des changements ont encore eu lieu (soulèvements, érosions, solifluctions violentes) pendant les périodes glaciaires Riss et Würm.

La Haine prend sa source sur un plateau, à une altitude proche des 200 mètres, sur le territoire d’Anderlues. Ce plateau est le prolongement vers le Hainaut du plateau brabançon et hesbignon, subsistance de l’ancien massif primaire du Brabant.

La Haine dévale d’abord assez rapidement vers le nord jusqu’à Carnières et Morlanwelz, puis oblique vers l’ouest, presque en ligne droite. La forte rupture de pente entre Anderlues et Morlanwelz est due à une faille géologique. Elle trouve son sillon sur le plateau brabançon-hennuyer, assez ondulé.

La vallée est étroite dans sa première partie. Elle doit contourner les collines de Mons par le nord, puis continue son chemin en direction de l’Escaut qu’elle rencontre à Condé. La largeur de la vallée s’accentue au fur et à mesure que l’on se rapproche du confluent et de la vallée de l’Escaut Moyen. Cette plaine alluviale de la Basse-Haine trouve son origine dans des affaissements qui ont eu lieu en profondeur.

La vallée de la Haine s’individualise par rapport aux reliefs voisins. Au nord, on monte en pente douce vers un plateau faiblement ondulé (Pays d’Ath – altitude 90-110m) qui la sépare de celle de l’Escaut. Les deux Dendre y prennent leur source avant de se rejoindre à Ath et d’aller retrouver l’Escaut au nord, à Dendermonde/Termonde. Ce plateau est relativement rectiligne d’ouest en est et est peu découpé par les affluents de la rive droite.

Au sud, la pente est plus raide vers le plateau de Bavay, encore appelé Hauts-Pays, au-delà duquel s’écoule la Haute-Sambre. On monte de 25-30m à plus de 110m en peu de kilomètres.
De ces deux flancs descendent des ruisseaux et des rivières qui viennent grossir le cours tranquille de la Haine, cours d’eau près desquels nombre de hameaux et de villages vont apparaître au Moyen-Age. Ceux du versant sud, surtout entre Mons et Condé, dévalent sur un dénivelé important (une centaine de mètres en quelques kilomètres). Ils le font après avoir creusé des petits vallons encaissés (Wasmes, Boussu-Bois, Montignies-sur-Roc, Angre et Roisin) qui mettent à nu en certains endroits les couches sous-jacentes du sol (houille, roche) .Sur le versant nord, le ruisseau de la Fontaine-Bouillante incise le relief à hauteur de Blaton, lit qui a été emprunté par le canal Blaton-Ath.

Pour compléter  cette description du relief, on peut  mentionner la présence récente des terrils des XIXème et  XXème siècles, qui ont sans doute « sali » le paysage des communes houillères, mais qui aujourd’hui, pour la plupart, se sont transformés en biotopes verts naturels.

Le paysage

Il ne s’agit pas du paysage actuel, complètement transformé par les activités humaines, mais de celui que les hommes de la période néolithique ont connu il y a plus ou moins 7000 ans. Avant cela, le paysage a beaucoup varié selon le climat, glaciaire ou interglaciaire. Il y a 10-12.000 ans, ce climat s’est fortement adouci, est devenu tempéré, semblable à celui que nous connaissons aujourd’hui, avec des petites variations séculaires.

Ces hommes du néolithique sont arrivés dans nos régions pour s’y installer et pratiquer leur économie  basée sur l’agriculture et l’élevage. Ils y ont trouvé un fond de vallée marécageux, surtout à partir de Trivières. Mais de Morlanwelz jusqu’à Ville-sur-Haine, la rivière a creusé un vallon plutôt étroit. Au-delà, celui-ci prenait de la largeur, surtout à partir de Mons, pour aller se fondre finalement dans la large vallée de l’Escaut moyen. Le cours de la rivière y était lent, sinueux, quittant son lit en temps de fortes pluies ou de fonte des neiges. La rivière était peu profonde et laissait émerger çà et là des petits îlots entourés de bras de rivière et de marécages qui se mêlaient aux affluents. Ursindongus était un de ces îlots que le moine Ghislain choisit pour y établir son monastère. Et Mons Castrilocus était une colline enlacée entre Haine et Trouille. Quelques marécages, aujourd’hui, sont la résultante d’effondrements miniers du XXème siècle (Harchies, Strépy-Bracquegnies). Quelques sites ont conservé des noms qui rappellent ces temps anciens : roselière (roseauxs), jonchères ou joncquois (joncs), herbières, …

La vallée de la Trouille, dans sa partie finale, au bas de la partie nord du plateau des Hauts-Pays, présentait les mêmes aspects.
Plus tôt, lors des périodes interglaciaires du Paléolithique (après Mindel et Riss), de grandes crues couvrirent la Belgique et le nord de la France. Lors des différente décrues , se sont formés des replats sur les flancs des vallées correspondant à d’anciens lits de rivières. Les niveaux se sont alternativement élevés et abaissés. Les nappes fluviales se sont concentrées et enfoncées progressivement dans les vallées. Ainsi se sont succédé des phases d’alluvionnement et de creusement qui ont abouti à la formation de terrasses, les plus anciennes étant les plus élevées. C’est sur les terrasses les plus basses qu’on a trouvé des traces de passages de nomades paléolithiques (Spiennes, Mesvin, Saint-Symphorien, Haine-Saint-Pierre).

Au néolithique, les prairies humides du fond de vallée se prêtaient fort bien au pâturage des troupeaux de ces éleveurs. Pour cultiver, ils se sont installés à distance de la rivière et des endroits inondables. C’est également ce qu’ont fait les premiers villageois du Moyen-Age.

Les versants, au nord et au sud, étaient couverts de forêts et de bois où vivait une faune typique : cerfs, ours, loups, sangliers, … Les loups furent présents jusque vers 1830. Cette forêt était à la marge occidentale de la Grande Forêt Charbonnière (Carbonaria Silva, citée par Jules César), riche en espèces feuillues (chênes, hêtres, bouleaux, aulnes), qui s’est développée après la dernière période glaciaire et qui s’étendait du nord au sud de l’actuelle Belgique, principalement en son milieu, depuis les derniers affluents de l’Escaut au nord (Gette, Rupel), jusque dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et les Ardennes. D’ouest en est, elle allait de la Dendre à la Nèthe.

Forêt Charbonnière à la période franque (déjà réduite)

Elle a souvent servi de frontière. Ainsi , entre Nerviens et Eburons lors de la période gauloise; les Nerviens l’ont d’ailleurs colonisée et en grande partie défrichée. A l’origine, elle était nettement plus étendue que sur la carte ci-contre qui date de la fin de la période gallo-romaine, alors qu’elle avait déjà subi de grands défrichements. Elle fut d’ailleurs coupée en deux (nord et sud du sillon Sambre-et-Meuse) par la chaussée romaine Bavay-Cologne aménagée dans les dernières décennies avant J.C. Au Vème siècle, elle séparait les Francs Saliens (capitales : Tournai et Cambrai) des Francs Ripuaires (capitale : Cologne). Plus tard, sous les Mérovingiens, elle sépara l’Austrasie de la Neustrie.

Puis ce fut la Haine elle-même qui servit de frontière entre les comtés (pagus) de Hainaut et du Brabant primitif (ou “Burbant”) jusque 1050, avant de devenir un axe central dans la constitution du comté médiéval de Hainaut, auquel elle donna son nom.
De part et d’autre de la Haine, cette forêt était quasi continue sur les versants et les plateaux. Les villageois au Moyen-Age ont continué à la défricher. Cette opération fut beaucoup plus intense à partir de la fin du XVIIIème siècle lors de  l’industrialisation, surtout sur le versant sud.
Ce nom de ” Forêt Charbonnière” vient du fait qu’elle constituait une source importante de charbon de bois, bien avant qu’une partie fût exploitée pour son charbon de houille. Le charbon de bois était utilisé pour chauffer les relais (le long des chaussées) et les postes militaires en ville, à l’époque romaine.

Les premiers agriculteurs vivaient en lisière de celle-ci, profitant du bois pour leurs constructions et pour le chauffage. Ils y trouvèrent, surtout au sud, des terres limoneuses arables favorables à leurs semis et plantations. Au nord, les terrains étaient plus sablonneux (landes, bruyères). On y élevait des moutons du côté de Ghlin-Maisières-Casteau.
De cette grande forêt, il  reste aujourd’hui quelques vestiges. Au nord de la Haine, de Bonsecours jusqu’à Saint-Denis-en-Broqueroie, en passant par Blaton, Stambruges, Hautrage, Baudour et Maisières.  Sur ces terrains sableux, on trouve plutôt des pins. Au sud ,dans les bois de Colfontaine, de Saint-Ghislain (à Dour) et d’Angre-Roisin, ainsi que dans la Forêt de Mormal en France, les arbres y sont plutôt des feuillus (chênes, hêtres, érables).

Le sol

Comme on vient de le dire, le sol était plus sablonneux au nord de la vallée et plus limoneux au sud de celle-ci.

Dans le fond humide de la vallée, on  trouve des alluvions amenées par la rivière et ses affluents.

La couverture minérale du sol sur les versants et sur les plateaux est essentiellement la résultante des dépôts sédimentaires éoliens qui se sont constitués lors des périodes glaciaires où les vents froids et secs étaient particulièrement violents, parcourant de grandes étendues de toundras sans obstacles forestiers. Ce sont des loess (ou limons) favorables aux cultures. Au nord de la vallée, ces limons recouvrent mal les sables déposés à diverses périodes. Ce sont des sols peu favorables à l’agriculture et encore aujourd’hui relativement boisés.

Le sous-sol

Celui de Wallonie, et donc celui de la vallée de la Haine, est particulièrement complexe. Il est principalement constitué de sédiments marins qui se sont déposés depuis plus de 600 millions d’années au gré des nombreuses transgressions marines qui ont recouvert le sol de la Basse-Belgique et de la moitié occidentale de l’actuel Hainaut.
Lors de la constitution de la chaîne varisque (ou hercynienne) au Carbonifère, des plissements de terrain au nord de celle-ci, donc en Wallonie, ont créé une grande faille presque continue d’est (Allemagne) en ouest (Nord de la France) et qui prend le nom de « Faille du Midi » dans le Hainaut. La vallée de la Haine s’est constituée parallèlement à cette faille. Dans ce secteur, deux types de couches se côtoient et se chevauchent, celles du Dévonien (grès) et celles du Carbonifère (houille).

De l’ère primaire, on retiendra:

  • Les dépôts du Dévonien (416-359Ma) : des grès, des schistes et des poudingues. Surtout sur le versant sud (Angre, Roisin, Dour, Boussu-Bois, Montignies-sur-Roc, Eugies). Dans le bois d’Angre (Honnelles), ces roches affleurent encore du côté du “Caillou-qui-Bique”. A Rouveroy, ces roches sont riches en carbonate de cuivre (malachite, azurite).
  • Les dépôts du Carbonifère (359-299Ma) : ce sont les veines de charbon de houille qu’on retrouve sur les deux versants, moins profondes au sud qu’au nord, veines qui se situent dans des couches de grès et de schistes de la période précédente. Elles constitueront la base de l’économie  du Borinage (Couchant de Mons) et du Centre (Levant de Mons) à partir de la deuxième moitié du XVIIIème siècle. De cette époque date aussi le dépôt de roches calcaro-siliceuses dans la région d’Hautrage.

De l’ère secondaire, on mentionnera :

  • Au début du Crétacé (étage cénomancien), se sont déposés les grès et les marbres de la région de Bavay (Bellignies, Houdain, …), les grès rouges de Wihéries, Montignies-sur-Roc, Athis, Quévy et Havay.
  • Les dépôts calcaires du Crétacé (135-65Ma) sont essentiellement crayeux. Ces sédiments proviennent de la décomposition de coquillages marins. Ils sont particulièrement abondants à l’ouest et au sud de Mons : Obourg, Saint-Symphorien, Spiennes, Harmignies, Mesvin, Ciply, Cuesmes, Nouvelles, Noirchain, Genly, Asquillies … Ces dépôts crayeux sont également présents plus à l’est où ils sont, parfois plus profonds, parfois plus affleurants, comme à Morlanwelz. Ce sous-sol alimentait les fours à chaux. Le même phénomène se retrouve dans les Hauts-Pays (Montignies-sur-Roc). Ces craies sont riches en phosphates à Ciply et autour
  • À cette époque, se sont également déposées des argiles diverses au nord de la Haine, depuis Bernissart jusqu’à Baudour.

Les dépôts tertiaires sont évidemment les plus superficiels. Dans les régions crayeuses, à l’est et au sud de Mons, se forment au Paléocène des blocs de silex (transformation siliceuse) à Obourg, Spiennes et Harmignies, où les hommes du néolithique ont creusé des puits et des galeries pour l’exploiter à grande échelle. Cependant,  bien plus tôt, au paléolithique, des nomades de passage ont ramassé des galets de silex qu’ils ont taillés. A Spiennes déjà, à Maisières, à Haine-St-Pierre, Leval, Ressaix, Epinois. Dans les derniers siècles de notre ère, on recherchait encore ces silex pour en faire de la pierre à fusil et à briquet (Spiennes, Ciply, St Symphorien, Mesvin, Obourg, Maisières, Nimy, Baudour, Douvrain).

Au nord de la Haine, les nombreuses avancées marines ont laissé de grandes quantités de sables, étendues qui se sont couvertes de bois et de bruyères. On a parfois parlé de « Campine hennuyère » pour cette zone entre Peruwelz et Casteau. Ce sont des sables de l’étage Landénien ou Thanétien. Ils ont , en certains endroits, été exploités en carrières ou sablières (Stambruges). Les collines de Mons et alentours (Héribus, Panisel) ont été façonnées par la nature à cette époque.
A Baudour et dans la région qui l’entoure, on  a trouvé les matières qui ont servi dans les faïenceries. Les terres argileuses, plus abondantes dans cette région, ont alimenté les briqueteries et les fabriques de tuiles et de réfractaires, comme à Hautrage. A partir du XVIème siècle, on commença à remplacer dans les constructions des particuliers  les matières inflammables (bois, torchis, chaume) par des briques.

En certains endroits, comme à Blaton, Quevaucamps et même Grandglise, des grès recouvrent le sable.

On divise le sous-sol borain en trois massifs houillers :

  • Le Massif du Borinage, caractérisé par des veines de charbon faciles d’accès (Flénu, Jemappes, Quaregnon, Wasmes, Pâturages). Il s’agit de charbon “flénu” gras, qu’on utilisait pour un usage domestique, les briqueteries, les verreries et les fours à puddler
  • Le Massif de Grisoeul (Frameries-Pâturages), autour des mines de l’Agrappe et de l’Escouffiaux. L’extraction était très difficile, avec de fortes concentrations de grisou
  • Le Massif du Comble Nord, où les eaux souterraines y étaient très abondantes et la chaleur accablante: Bernissart, Rieu du Cœur, Nord de Flénu, Hensies-Pommeroeul

En fait, deux couches géologiques successives constituent les roches du houiller présentes dans le pli synclinal qui s’est produit à la fin de l’ère primaire :

  • Le Namurien, à la base, dépourvu de charbon, est constitué de grès schisteux (qu’on exploite encore à Hautrage)
  • Le Westphalien au-dessus, parcouru de veines de houille. Les plus anciennes et donc les plus profondes procurent des charbons pauvres en matières volatiles (charbons maigres), que l’on utilise dans les fours à briques ou à chaux. On en trouve plus dans le Bassin de la Basse-Sambre (vers Charleroi). Les veines plus récentes contiennent des charbons enrichis en gaz (demi-gras et gras), qui permettent d’atteindre de plus hautes températures, utilisés dans les fours à coke, les fours à fonte, les verreries et l’alimentation des machines à vapeur.Elles sont plus importantes à l’ouest (« flénu ») et … plus riches en grisou.

C’est évidemment le charbon de houille qui est à l’origine du développement industriel de toute la vallée. Ce combustible a attiré d’autres industries qui se sont réparties de façon inégale : sidérurgie, constructions métalliques, verreries, chimie.

Les roches ont été et sont encore exploitées, mais n’ont pas remplacé la vitalité industrielle de l’exploitation de la houille. On continue ainsi à extraire de l’argile à Hautrage pour les réfractaires, des craies à Obourg pour les cimenteries et des sables à Blaton et à Tertre.

La Haine et son réseau hydrographique

Un village s’implante sur des terres favorables à l’agriculture et à l’élevage, à proximité d’une source d’eau (sources, ruisseaux, rivières) et si possible d’un endroit boisé. La vallée de la Haine, par son fond humide (pour les prairies d’élevage), ses versants limoneux (pour l’agriculture) et boisés (pour la construction et le bois de chauffage), ses nombreuses sources et ruisseaux ont offert aux hommes la possibilité d’y fonder de nombreux villages. On trouve ci-après la description du réseau hydrographique et on se rend compte que la plupart des villages de la région répondent à ces critères. Quasi tous se sont établis à une distance variable de la rivière, afin de garder les pieds secs. Deux exceptions : Saint-Ghislain, fondé par des moines, sur un îlot (Ursidongus) émergeant du fond marécageux, et Condé au confluent. On pourrait peut-être y ajouter le château de Boussu, établi lui aussi sur une petite éminence peu éloignée de la rivière. Le village s’est cependant constitué un peu plus au sud.

La description qui suit est celle que l’on peut faire aujourd’hui en regardant une carte actuelle. Elle ne répond plus à ce qu’elle était il y a encore 2000 ans, tant les cours d’eau furent redirigés et canalisés depuis.

La Haine et ses affluents (calque d’une carte du XVIIIème siècle)

A l’origine de la Haine, on trouve plusieurs sources et ruisseaux nés sur le territoire d’Anderlues à une altitude de plus de 180m, à proximité du site « Planti », point le plus élevé (212m) de la Moyenne Belgique.

Sa longueur totale est de 60km et son bassin hydrographique est estimé à une superficie de 798km².

Ces ruisseaux dévalent vers le Nord dans un vallon encaissé en perdant rapidement de l’altitude et se réunissent à  Carnières (110-116m).

La Haine arrose alors successivement les villages suivants :

  • Morlanwelz (96m), où elle oblique vers l’ouest et reçoit les eaux de deux ruisseaux: l’Olive et le Ry du Bois.
  • Haine-Saint-Pierre (76m)
  • Haine-Saint-Paul (72m)
  • Saint-Vaast (56m)
  • Trivières (54m) – affluent : ruisseau de la Princesse, qui prend sa source à Buvrinnes, traverse, sous le nom de Samme, Epinois, Ressaix, Battignies, Binche, Waudrez et Péronnes-lez-Binche
  • Maurage (46m) – affluent : ruisseau des Estinnes, venant de Bray et des deux Estinnes, provenant de la confluence de plusieurs ruisseaux prenant leurs sources à Fauroeulx, Peissant et Vellereille-lez-Brayeux
  • Boussoit (42m) – affluent : ruisseau du Thiriau, venant d’Houdeng-Aimeries et d’Houdeng-Goegnies
  • Strépy-Bracquegnies
  • Ville-sur-Haine (40m)
  • Havré (40m)
  • Obourg (38m) – affluent : Aubrecheuil qui prend sa source au nord de Saint-Denis-en-Broqueroie
  • Contour de Mons par le nord-ouest (33m)
  • Nimy
  • Ghlin (30m) – affuent : le ruisseau d’Erbisoeul
  • Jemappes (28m) – affluent : la Trouille (infra)
  • Quaregnon et Wasmuel (25m) – affluent : le Rieu du Cœur qui prend sa source dans le bois à Eugies, traverse Pâturages avant d’atteindre Quaregnon où il se joint à l’Elwasmes qui vient de Blaugies par Petit-Dour, le bois de Colfontaine, Warquignies et Wasmes, où il reçoit le ruisseau de Colfontaine
  • Saint-Ghislain (22m) – affluents au nord du village : ruisseaux descendant de Baudour par Tertre (la Gronde, la Briserie). C’est à ce niveau que les îlots étaient les plus nombreux et étaient devenus des passages obligés d’une rive à l’autre.
  • Boussu (22m) – affluent : le Hanneton qui prend sa source dans le bois de Saint-Ghislain à Dour, où il reçoit le ruisseau de la Bonne-Fontaine, puis passe par Boussu-Bois et, autrefois, traversait Boussu en son milieu actuel
  • Hautrage (22m) au nord
  • Hainin au sud
  • Thulin au sud (22m) – deux affluents
    • Le Grand Séquisse, qui prend sa source sur les hauteurs de Dour, traverse le bourg sous le nom de ruisseau Delval, puis le ruisseau des Prés avant d’atteindre Thulin
    • Le Rieu d’Elouges, qui prend sa source à la limite Dour-Blaugies-Wihéries, porte le nom de Rieu Saussez à Dour, puis de ruisseau de Cocars, où il reçoit un ruisseau venant de Wihéries avant de traverser Elouges, puis Thulin
  • Montroeul-sur-Haine et Hensies au sud (20m)- affluents : ruisseaux des Préelles et du Roeulx, ainsi que de nombreux courants ou ruisseaux de drainage
  • Harchies – au nord
  • Saint-Aybert (18m) – affluent : Hogneau (infra)
  • Condé – confluence avec l’Escaut (18m). Le trajet final coïncide aujourd’hui avec celui du canal Pommeroeul-Condé.

Les altitudes mentionnées sont les moyennes pour chaque village traversé. On constate que la perte d’altitude est très importante entre les sources du plateau d’Anderlues et le premier village traversé, Carnières. La déclivité diminue au fur et à mesure que la rivière s’avance vers l’ouest. Elle devient minimale à partir de Mons.
En fait, depuis que la région a commencé à être peuplée par des populations agricoles, le cours naturel de la Haine n’a cessé d’être modifié. Pour lutter contre les inondations d’abord, et pour rendre son cours navigable (pour des petites embarcations plates), les hommes ont rehaussé les berges, réduisant la largeur du cours d’eau. Ces aménagements doivent probablement remonter aux derniers siècles avant J.C., et surtout aux Gallo-Romains dont on sait qu’ils transportaient des marchandises par cette voie. La situation est probablement restée comme cela pendant tout le moyen-âge. Le cours fut ensuite rectifié à plusieurs reprises jusqu’à la fin du XXème siècle et fut finalement canalisé. Ce qui n’a pas empêché quelques inondations majeures en aval de Saint-Ghislain, notamment lors de l’hiver 1925-1926. De plus, des effondrements miniers ont créé des dépressions marécageuses, encore présentes aujourd’hui, mais transformées en réserves naturelles ornithologiques.

 

La Trouille

  • Source : à Grand-Reng (commune d’Erquelinnes)
  • Elle passe en France, arrosant Villers-Sire-Nicole, puis revient en Belgique et traverse les communes suivantes:
  • Rouveroy
  • Givry – affluents : les ruisseaux de Haulchin, d’Aulnois, de Coury, des Prés à Rieux
  • Harmignies

    La Trouille à Harmignies
  • Spiennes
  • Hyon – deux affluents importants:
    • Le By
      • Source près de Malplaquet en France, entre en Belgique et traverse:
      • Blaregnies – affluents : les ruisseaux de Bury, de la Roulerie, du Bois de Blaregnies et des Saulois
      • Aulnois – affluent : le Louvroit
      • Bougnies
      • Asquillies
      • Nord de Noirchain – affluents : le Ruisseau du Temple venant de Frameries, ceux de Champré et de l’Harbée venant de La Bouverie, celui des Rogneaux venant de Genly par Noirchain
      • Mesvin
      • Ciply
      • Hyon, où il se jette dans la Trouille
    • La Wampe
      • Source : Goegnies-Chaussée – affluents : les ruisseaux du Barbet et de Malengreau
      • Quévy – affluents : les ruisseaux du Lombray et de la Fontaine de la Ville
      • Bougnies
      • Asquillies
      • Nouvelles
      • Harveng – affluent : des ruisseaux venant d’Havay, dont celui du Barbet
      • Hyon, où il se jette dans la Trouille
  • Mons – affluent : la Seeuwe qui descend de la colline.                                                                                                                                                                                                    Jadis, la Trouille passait au pied de la colline de Mons. Elle pénétrait donc dans l’enceinte de la ville médiévale et apportait de l’eau aux artisans, principalement aux tanneurs et aux foulons. Un embarcadère avait été aménagé au lieu-dit « Rivage » à la sortie de la ville, du côté de l’actuel Pont de Jemappes.
  • Jemappes – où elle se jette dans la Haine.

 

Le Hogneau (Honniau). Cette rivière prend le nom de Grande Honnelle dans son parcours belge.

  • Source : La Longueville, au nord de Bavay (144m), puis elle traverse :
  • Audignies
  • Taisnières-sur-Hon
  • Hon-Hergies, 
  • Houdain-lez-Bavay
  • Bellignies
  • Gussignies – affluent : le ruisseau de Bavay
    • Source : Locquignol, puis traverse : Bavay, Saint-Vaast, Bellignies, Bettrechies
  • Passe la frontière franco-belge près de l’ancienne gare de Roisin
  • Autreppe (75m)
  • Angre – affluent : le ruisseau de Roisin, dont la source est en France, qui traverse Roisin et son château, puis descend par le bas d’Angreau pour se jeter dans la Honnelle.
  • Baisieux
  • Quiévrain – affluent : la Petite Honnelle
    • Source : entre Gussignies et Malplaquet, puis traverse :
    • Bellignies,
    • Gussignies,
    • Erquennes,
    • Athis,
    • Rampemont,
    • Montignies-sur-Roc,
    • Audregnies,
    • Baisieux
  • Crespin – affluent : l’Aunelle
    • Source : Locquignol (Forêt de Mormal, au sud-est du Quesnoy), 156m, traverse :
    • Gommegnies,
    • Wargnies-le-Petit,
    • Wargnies-le-Grand,
    • Jeanlain,
    • Sebourg,
    • Rombies-et-Marchipont,
    • Quiévrechain (frontière franco-belge entre Sebourg et Crespin)
    • Confluent à Crespin, 23m
  • Thivencelle (14m) où Le Hogneau se jette dans la Haine

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