Ghlin

Entité communale de Mons

Le territoire 

Superficie: 2146 ha – Altitude: de 28m (au sud) jusqu’à 89m (au nord du bois)

Situation géographique: le village de Ghlin est situé dans la plaine de la vallée de la Haine, au nord-ouest de Mons

Cours d’eau: la Haine, tout au sud, et son affluent, le ruisseau d’Erbisoeul, qui le traverse de part en part et qui joua sans doute un rôle dans l’économie du village. Les rus et fossés d’irrigation sont nombreux.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire): le fond de vallée était très marécageux. De nombreux endroits aujourd’hui portent encore une appellation qui rappelle ces marais. En remontant vers le nord, on se trouvait dans une zone boisée, dont il reste encore une partie, reste de la Forêt de Broqueroie, elle-même vestige de la Forêt Charbonnière.

Nature du sol: alluvionnaire/marécageux au sud et sablonneux au nord (ce qui ne se prêtait pas bien à l’agriculture).
Nature du sous-sol: un peu de houille dans le massif de  grès et de schiste, déposé à l’ère primaire, recouvert par une couche crayeuse au secondaire.

Préhistoire

Nous sommes peu documentés à propos des découvertes archéologiques. Au XIXème et début du XXème, on aurait trouvé des objets en silex non précisés (outils).

Une « pierre celtique » y aurait existé (dénomination aujourd’hui désuète et donc difficile à classer, sans doute un vieux menhir de la période néolithique).

Plus récemment, lors de l’aménagement du site industriel Ghlin-Baudour, au nord du village, on a découvert:

  • Des éclats de silex du paléolithique moyen obtenus par débitage Levallois, pratiqué par l’homme de Néandertal
  • Des objets en silex plus nombreux de la période néolithique (éclats, talon de hache polie, percuteur) principalement de la première partie (culture danubienne du rubané ou de celle de Blicquy).

On sait aujourd’hui que dans cette région, depuis Villerot et Baudour jusqu’à Ghlin, on extrayait du sol du silex que l’on taillait et qu’on appelait « silex de Ghlin ». Lors de la période suivante (culture de Michelsberg), ce silex fut supplanté par celui de Spiennes et d’Obourg, de meilleure qualité ou plus probablement plus facile à exploiter sur ces plateaux crayeux, plutôt que dans les terrains marécageux ghlinois.

On aurait au XIXème siècle (Duvivier) découvert des objets de l’âge du bronze dans des tombelles: javelot de bronze, une hachette en bronze.

Ainsi que des anneaux de fer de l’âge du fer (sans précision de période, plus probablement de celle de la Tène, car les objets en fer dans la région étaient rares lors de la période de Hallstatt).

Antiquité gallo-romaine

Un dépôt monétaire a été découvert en 1954 à 3km de la chaussée Bavay-Asse (à l’est du village). Il aurait été enfoui en 313 et était composé de 230 pièces : Dioclétien, Maximien Hercule, Constance Chlore, Maximien Galère, Sévère, Maximin (296-305 pour les plus anciennes) – frappées dans les ateliers trévire, lyonnais et londonien.

Nous n’avons pas trouvé mention d’une structure d’habitat romain sur le territoire de Ghlin. Mais l’historien Vinchant du XVIIème signale la découverte de tombes gallo-romaines contenant des monnaies et des céramiques.

Mr Houdart évoque des objets divers d’époque gallo-romaine découverts çà et là dans des champs, ainsi que des tumuli.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Il exista une petite nécropole mérovingienne, ce qui pourrait évoquer un habitat à cette époque qui n’aurait pas laissé d’autre trace. Il en existait de plus importantes à Cuesmes et Ciply.

Deuxième Moyen-Age – origine du village

Première mention: 974

Toponymie (anciennes orthographes)

  • Gelliniacum (974, infra)
  • Geslin (± 1175 ; 1185)
  • Gellin ou Ghellin (1179-80 ; 1180 ; ±1191 ; 1220 ; 1243)
  • Gelin (1189 ?)
  • Gerlin (1220)
  • Gellyn (1220)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom)

  • Gelliniacum (bas latin) : « basse-cour » (de gallina « poule ») signifierait donc « à la basse-cour »
  • Gelliniacum  du nom gallo-romain Gallinius,  signifierait « propriété des Gallinius ».
  • Glyn ou Gwlin (celtique) : vallée boisée

Epoque de son apparition: probablement le Xème siècle. Le village existait en 974, cité dans un acte de l’empereur Othon (don à l’abbaye de Crespin de cinq manses de terres agricoles, avec ses bois, ses fermes et ses serfs)

Facteurs ayant favorisé son émergence

voies de communication: il existait sur le territoire un chemin qui reliait Mons à Tournai et qui pourrait dater de la fin de la période franque

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau d’Erbisoeul et plusieurs petits rus

source de bois: tout le bois au nord du village

proximité d’un lieu de pouvoir: Mons

Paroisse dédiée à: Saint-Martin

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Mons

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné au chapitre épiscopal Saint-Géry de Cambrai au XIIème siècle

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Le vaste territoire de Ghlin faisait partie jadis du fisc royal (ou impérial) franc. Les comtes Régnier se l’approprièrent à la fin du IXème siècle. De ce grand domaine furent détachés plusieurs fiefs:

  • une seigneurie principale, décrite un peu plus loin
  • le fief de la Motte, qui comprenait des terres et un château, appelé parfois à tort “château de Milfort”, car situé dans la conscription du fief de Milfort, sans en faire partie
  • la seigneurie de Milfort (à l’ouest de l’église), fief lige relevant directement du comte. Il s’agissait de terres non bâties. Lors de la suppression de la féodalité, elle était la propriété de Pierre-Félix Maure, comte de Vinchant de Milfort, seigneur de la Haye, qui, à cette époue, possédait aussi le fief de la Motte. Il était de la famille de l’historien Vinchant. Le domaine passa ensuite dans les mains de plusieurs propriétaires successifs, avant de devenir un hôtel-restaurant.
  • un fief, attribué à l’abbaye de Crespin en 974
  • un fief, attribué à l’abbaye d’Anchin
  • des fiefs secondaires: celui du Moulineau, celui de la Picenière, celui du bois d’Arras

La seigneurie principale

Dans ses Annales, Vinchant mentionne un seigneur Jean (sans précision sur le nom) qui a donné la dîme de Ghlin au chapitre de Cambrai, avant 1180, année de la confirmation par le pape Alexandre III.

Maison de Condé

Il semble que la seigneurie principale fut attribuée par un comte à la famille de Condé au début du XIIIème siècle, peut-être déjà à la fin du siècle précédent, sous Baudouin V ou VI. Les circonstances paraissent difficiles à définir.

  • Isabeau de Bailleul (ancienne écriture de Beloeil) et de Morialmé avait épousé en 1220 en premières noces Nicolas I de Condé (1171-1230). C’est sans doute à cette époque que Ghlin entra dans les possessions de la famille de Condé, peut-être via cette Isabeau. Ces Condé étaient des fidèles du comte.
  • On sait qu’en 1243, Robert de Béthune, avoué d’Arras, et sa femme (secondes noces) Isabeau de Beloeil-Condé (1190-1260), abornèrent par charte la douzième partie du bois de Ghlin. Ils firent donation à la commune de Ghlin de tous les waressais (terrains vagues) et pâturages sur lesquels s’exerçait un droit d’usage (un chapon à payer au seigneur et une rente de 11 livres aux pauvres).
  • Jacques I (Jakèmes) de Condé ( ?-1259), leur fils, semble avoir aussi porté le titre de seigneur de Ghlin.
  • Son fils, Nicolas II de Condé (v1230-v1293) fit donation à la commune de Ghlin de terres sur lesquelles elle exerçait un droit d’usage, moyennant une redevance. Se succédèrent ensuite :
  • Guillaume I de Condé (1275-1302), fils du précédent
  • Jean de Condé (avt1302-1339/1353), fils du précédent, mort sans postérité.
  • Son frère cadet, Robert de Condé (1300-1359) lui succéda.
  • Jean II de Condé (1349-1391/1396 ?), fils du précédent. Comme il n’avait pas encore dix ans à la mort de son père, c’est son beau-frère Siger/Sohier II, seigneur d’Enghien, qui fut chargé de sa tutelle. Il mourut sans héritier direct.
  • Ce sont les descendants de sa tante Jeanne de Condé (1289-1325) qui entrèrent en possession de ses biens. Elle avait épousé Fastré III de Ligne (1280-1337) dont les descendants héritèrent notamment de Ghlin.

Maison de Ligne

Michel II de Ligne ( ?v1387) revendit Ghlin aux seigneurs de Havré en 1385. Les familles qui possédèrent ce titre le conservèrent, ainsi que Ghlin, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime féodal en 1793.

Maison d’Enghien

  • Gérard II d’Enghien (v1320-1385). Ce serait lui qui aurait acheté la seigneurie de Ghlin en 1385. Une autre version (Houdart) explique que Catherine de Ligne, dernière héritière, donna Ghlin à son neveu, Gérard d’Enghien. A la mort de son père, il dirigea la seigneurie de Havré sous la tutelle de sa sœur aînée, Jeanne d’Enghien ( ?-1425). Celle-ci avait épousé  Jacques III de Werchin, puis Jacques d’Harcourt.
  • Gérard II légua ensuite la seigneurie à son fils Jacques d’Enghien ( ?-1427) qui la légua à son tour à Christophe de Harcourt, fils de Jeanne.

Maison de Harcourt

  • Christophe de Harcourt ( ?-1427). Fils de Jeanne d’Enghien et de Jacques de Harcourt, il bénéficia peu du legs de son cousin Gérard II, puisqu’il décéda rapidement sans postérité.
  • La seigneurie passa alors à son frère Jean de Harcourt ( ?-1452), alors évêque d’Amiens.
  • Finalement, elle échoua en 1439 dans les mains de sa nièce Marie de Harcourt ( ?-1464) qui avait épousé Jean d’Orléans.

Maison d’Orléans

  • Jean, bâtard d’Orléans (1402-1468). C’était un fils illégitime que Louis I d’Orléans (frère du roi de France Charles VI) a eu de Mariette « Yolande » d’Enghien, fille de Jacques d’Enghien qui légua Havré à sa cousine Marie de Harcourt. Il était déjà comte de divers domaines dont Porcien, Dunois, Châteaudun et Longueville. Il devint seigneur d’Havré et de Ghlin en épousant Marie de Harcourt en 1439.
  • François d’Orléans-Longueville (1447-1491), fils du précédent. Comte de Dunois, de Tancarville, de Montgomery, vicomte de Melun, duc de Longueville, grand chambellan de France, gouverneur de Normandie et du Dauphiné. Il épousa en 1466 Agnès de Savoie
  • François II d’Orléans-Longueville (v1480-1512), fils du précédent, duc de Longueville, comte de Dunois, de Tancarville et de Montgomery. Il épousa en 1505 Françoise de Valois. Leur fils Jean, décédant jeune, les domaines passèrent à son oncle Louis d’Orléans qui en revendit une partie, dont Havré et Ghlin.

Maison de Croÿ

  • Philippe II de Croÿ (1496-1549), fils d’Henri de Croÿ, il hérita de son père et de son oncle Guillaume de nombreux domaines (Beaumont, Porcien, Chièvres, Heverlee, Aerschot, Chimay, Quiévrain, Avesnes, Landrecies). En 1518, il acheta Havré et Ghlin à Louis d’Orléans. Par la suite, Charles Quint lui accorda encore Quevaucamps et Granglise.
  • Il donna Havré et Ghlin à son fils Charles Philippe de Croÿ (1549-1613), issu de son second mariage, qui fut à la base de la lignée Croÿ-Havré. Ce dernier vit la terre d’Havré érigée en marquisat en 1574 par le roi d’Espagne, Philippe II.
Ghlin, d’après Adrien de Montigny (fin XVIème siècle)

Suivirent :

  • Charles Alexandre de Croÿ (1581-1624), fils du précédent
  • Sa fille Marie-Claire de Croÿ (1605-1664) épousa successivement deux cousins.
  • C’est avec le second, Philippe François de Croÿ qu’elle eut Ferdinand François Joseph de Croÿ (1644-1694) qui continua la lignée Havré, érigée alors en duché par le roi Philippe IV d’Espagne.
  • Charles Antoine Joseph de Croÿ (1683-1710), fils du précédent – pas de postérité
  • Jean Baptiste François Joseph de Croÿ (1686-1737), son frère
  • Louis Joseph Ferdinand de Croÿ (1713-1761), fils du précédent
  • Joseph Anne Maximilien de Croÿ (1744-1839), fils du précédent. C’est avec lui que se termina l’Ancien Régime féodal en 1794. Auparavant il avait été député de la noblesse aux Etats Généraux en 1789. Hostile à toute réforme de la monarchie française, aux droits de l’Homme, il émigra dès 1791 en Allemagne, puis en Espagne. Il restera à Madrid comme représentant du roi Louis XVIII. Il accompagnera celui-ci lors de son retour en France en 1814. Fervent aristocrate, il refusera le serment au roi Louis Philippe en 1830. Il se retira dans son domaine d’Havré, où il mourut en 1839.
Carte de Ferraris (XVIIème siècle)

Période française (1794-1814)

  • Département: Jemappes
  • Canton: Mons

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)

  • Etat: Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Mons
  • Commune: Ghlin fusionna avec Mons dès 1971.

Commune

Ghlin fut un des huit villages exemptés du tonlieu de Mons, dès le XIIIème siècle, selon une charte de 1252 de Marguerite de Hainaut. Ce qui donna le doit aux paysans d’aller vendre leurs produits sur le marché de Mons dans devoir de taxe d’entrée.

Ses habitants eurent droit de pâture sur les prairies de Ste Waudru à Nimy-Maisières jusqu’en 1296.

Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

En 1566, pendant les guerres religieuses, il y eut à Ghlin, comme à Baudour et à Cuesmes, des prêches protestantes.

Economie

Le sol étant peu fertile (sol sablonneux et marécageux), le bois, abondant dans les premiers siècles du village, fut la principale ressource.

Parmi les industries annexes de ce secteur, citons:

  • des brasseries
  • un moulin, celui à eau du Mouligneau (rue d’Herchies, à l’orée du bois). Il fut établi sur le ruisseau d’Erbisoeul (qui descend du plateau à travers les bois), via une dérivation. Il était déjà attesté en 1265. C’était le moulin banal, dont les revenus allaient au comte et au seigneur de Ghlin.
  • un autre moulin, celui d’Epinlieu, existait sur un bief de la Haine, à proximité de l’abbaye
  • des scieries et commerces du bois

Exploitation de la pierre

On a extrait du grès, qui fut utilisé pour les fortifications de Mons et ses pavés, ainsi que du calcaire crayeux destiné à la fabrication de la chaux.

Exploitation de la houille

La Société du Charbonnage du Nord de Flénu créa ici un site minier qui fonctionna de 1875 à 1921. On connait un puits, dit n°1. Sa productivité resta faible, car le terrain marécageux inondait régulièrement les galeries. On construisit à proximité la Cité du Petit Paris.

En 1967, une partie des terrains fut utilisée pour construire des immeubles sociaux (SORELOBO), détruits depuis lors. L’autre partie fut couverte de surfaces commerçantes. Le terril est devenu une zone boisée abritant de nombreuses espèces animales.

La verrerie du Moulineau  fut fondée en 1750 par Antoine-Lancelot Delobel, de Mons, grâce à un octroi de l’impératrice Marie-Thérèse. On y produisait du verre à vitre, du verre à bouteille et de la gobeleterie (à partir de 1769) : cristal fin et commun, compotiers, dame-jeannes, … Cela se faisait avec du sable local et de Grandrieu, des agents fondants et de la terre à creuset d’Hautrage. Elle fut reprise en location par Bonaventure de Bousies et Charles Demarbaix en 1806 (période française qui favorisait l’exportation), puis par Charles-Joseph Dubois. Elle ferma ses portes en 1860.

Il y eut aussi des bonneteries.

Fondée en 1885, l’institution « les Amis des Aveugles » a développé de nombreuses activités pour les malvoyants et les non-voyants : services d’assistance, centre de dressage pour chiens-guides, services médicaux, aide et guidance, école (Institut provincial pour aveugles), ateliers protégés (vannerie, conditionnement et manutention), centre de transcription en Braille, informatique adaptée avec clavier en braille.

En 1960, on aménagea la zone industrielle de Ghlin-Baudour-Tertre, située aux abords de l’autoroute Bruxelles-Mons et du canal Nimy-Blaton (Google, Verlica, Aleurope,  …)

Voies de communication

La route

Il est possible que le village soit né au bord du chemin médiéval qui allait de Mons à Tournai. Un autre chemin, qui allait de Mons à Condé, passait par Ghlin en direction d’Hautrage, probablement sur le même tracé.

En 1753, les Ghlinois obtinrent de l’impératrice Marie-Thérèse de paver le tronçon qui reliait le village au Fort-la-Haine, une citadelle de défense qui fut construite au XVIIème siècle devant la porte du Parc de Mons, qui avait remplacé l’abbaye d’Epinlieu. On y établit une barrière de péage (actuelle rue de Mons).

On construisit l’autoroute E19-E42 au début des années 1970.

La ligne de chemin de fer Bruxelles-Mons, avec arrêt à Ghlin (très excentré au nord-est du village), fut inaugurée en 1841.

La ligne vicinale Mons-Ghlin fut inaugurée en 1889. Elle partait de la Grand-Place de Ghlin jusqu’à la gare de Mons. (date d’arrêt?)

On creusa le canal Nimy-Blaton-Péronnes en 1955 pour joindre l’Escaut à la Meuse via le Canal du Centre et le canal Bruxelles-Charleroi. Il remplaça le canal Mons-Condé, qui était de gabarit insuffisant.

Patrimoine ancien

Abbaye d’Epinlieu

Elle fut fondée en 1216 par Béatrix de Lens, avec l’appui de la comtesse Jeanne de Constantinople.

C’était une abbaye cistercienne pour moniales, dont la fondatrice devint la première abbesse. Elle fut bâtie au lieu-dit « Epinlieu » aux limites de Mons et de Nimy, en bordure de la Haine, à proximité des murailles de Mons et de la Porte du Parc. Plus tard, n’y entrèrent que des filles de la noblesse.

Dessin de l’abbaye d’Epinlieu

Cette proximité avec la ville lui ft du tort, car elle eut à subir aussi les différents sièges de Mons et fut à maintes reprises ruinée. Des prêches protestantes y eurent lieu en 1566. Les guerres de Louis XIV la ruinèrent définitivement. On la démolit en 1677 et les moniales se retirèrent dans leur refuge montois (hôtel des Croÿ, seigneurs de Ghlin à cette époque, rue des Cinq Visages).

On y implanta à la place le Fort-de-Haine, qui fut transformé en quartier d’habitations au XIXème siècle.

Fort-de-Haine (carte de 1709)

Eglise St Martin

Située sur la place du village, elle fut plusieurs fois rebâtie. L’actuel édifice date de 1870-1878. Il est de style gothique. Le plan est en croix latine avec une tour-porche, trois nefs de quatre travées, transept, chœur avec chevet. Le choeur date de 1750. Les fonts baptismaux sont ceux du XV-XVIème siècle.

Chapelle Notre-Dame du Moulineau (route de Ghlin à Jurbise)

Elle fut édifiée au XVIème siècle en style gothique. On y voit une « Mise au Tombeau », bas-relief en albâtre du XVème, provenant de Nottingham.

Chapelle Notre-Dame du Mouligneau

A cet endroit, près du bois, vivait un ermite au XVème siècle qui y avait aménagé une cellule et un petit oratoire dédié à la Vierge. Un ruisseau passait à proximité, sur lequel se trouvait le moulin banal (supra) qui prit le nom de Notre-Dame du Moulineau. On vint souvent prier Celle-ci,  qui aurait, selon la légende, guéri de nombreux cas de peste en 1615. Depuis lors, une procession annuelle, très fleurie, s’y déroule le 15 août.

Temple protestant, inauguré en 1933

Le Parc du Joncquoy

Il abritait un château, qui fut démoli en 1992. Ce Parc est géré aujourd’hui par la ville de Mons. Depuis 1990, une association se charge de sa valorisation. Son arboretum présente plus de quatre-vingt types d’arbres.

Hippodrome de Wallonie

Complexe hippique multidisciplinaire créé en 1994 avec des subsides européens, sur le site du « Bois Brûlé »

Les anciennes grosses résidences

Au XIXème siècle, Ghlin devint le lieu de seconde résidence des familles montoises nobles et bourgeoises. Ceci explique la profusion de « châteaux » qui furent construits dans la région.

Le château de Milfort en est un exemple.

Bibliographie

Outre les livres et sites généraux (voir Sources documentaires), il faut signaler:

Les mémoires de Ghlin, de 974 à nos jours – Jean Houdart, 1968

 

 

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