Givry

Entité communale de Quévy

Le territoire

Superficie: 1420 ha

Altitude: En dénivelé, on passe d’une altitude de 93m au sud à une altitude de 53m au nord du village où s’ouvre une plaine à tendance marécageuse.

Situation géographique : le territoire est enclavé dans la vallée de la Trouille sur le bord septentrional du plateau de Bavay

Cours d’eau :  L a Trouille descend par le bois d’Avau, creuse un vallon et une petite cuvette dans laquelle s’est blotti le noyau originel du village.

Le réseau hydrographique est important, car plusieurs autres ruisseaux suivent un chemin parallèle avant de se jeter plus au nord dans la Trouille : les ruiseaux d’Aulnois, de Coury, Notre-Dame de Pitié, du Nordiau, des Prés à Rieux (ou du Pire).

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé et partiellement marécageux au nord avec des peupliers et des saules

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, pierre calcaire

Préhistoire

Givry a été fréquenté par les hommes depuis très longtemps. La plupart des trouvailles archéologiques ont été réalisées dans la partie sud-ouest du village, entre Havay, Givry et la France.

A proximité des lieux-dits « Trou Barbet », « les Bruyères », « Champ de Bruyères », dans une propriété privée (Madame Fiers) en surplomb de la chaussée Bavay-Cologne, la propriétaire, avec l’aide du Musée de Mariemont, a permis de réaliser des fouilles méthodiques. Le site était connu depuis le XIXème.

Paléolithique moyen (Homo Neandertalensis) :

On en sait peu de choses, mais au « champ des Bruyères », on a trouvé un éclat de silex taillé selon la technologie Levallois qui était pratiquée par les hommes de Neandertal.

Néolithique (Homo Sapiens) :

Selon les archéologiques du Centre d’Archéologie Wallon (2001), l’important matériel lithique (outils en silex, blocs de grès) pourrait être lié à un atelier de taille, à proximité du ruisseau des Prés à Rieux.

Au sud du village, au lieu-dit « Bosse del Tombe », près de la Trouille, de nombreux objets (outils en silex, outils en os, céramique poinçonnée, pouvant témoigner d’un habitat) ont été trouvés et attribués à deux cultures du néolithique moyen, celle de Rössen et celle, qui suit, de Michelsberg. Cette dernière représentant essentiellement celle trouvée sur le site de Spiennes.

Age du bronze :

Deux sites ont été examinés, correspondant à cette période et pouvant évoquer des structures funéraires ou cultuelles :

  • Des photos aériennes (2007-2008) ont permis d’individualiser un enclos circulaire d’un diamètre de 43m au lieu-dit « Champ de la Bruyère », du Bronze Moyen
  • Un autre site à la « Bosse d’el Tombe » : un cercle de 27m (fin du bronze ancien 1700-1600)

On pense que le territoire protohistorique du Hainaut pouvait avoir été intégré dans un ensemble culturel vaste, lié aux cultures de la Manche (entre les cultures d’Hilversum et d’Eramicourt).

On a aussi trouvé des fosses (2012) qui contenaient des fragments de céramique peu typée, ainsi que de la céramique fine (bols).

Ages du fer : Th. Bernier, sans précision, évoque des vestiges de cette époque, ainsi que des monnaies gauloises.

Antiquité gallo-romaine

On pense qu’à cet endroit aussi, dominant la chaussée romaine et la vallée de la Trouille, à proximité de sources, un vaste établissement gallo-romain a existé au Ier et IIème siècle, probablement une villa. Des vestiges ont été ramassés, des vues aériennes (1997) ont été prises, des fouilles méthodiques (2001, 2006-2008) ont eu lieu, non loin des sites de l’âge du bronze (« Bosse del Tombe ») et de l’âge du fer (Rouveroye).

Une statuette d’un Mercure en bronze fut trouvée en 1898 aux Bruyères, ainsi que de la vaisselle en bronze au « Trou Barbet ». Les photos ont permis de déceler des traces de substructions quadrangulaires, pouvant correspondre à des bâtiments de villa gallo-romaine. En creusant, on a révélé des vestiges d’édifices liés à une exploitation agricole : des empierrements, des trous de poteaux, des fosses. On en a extrait du mobilier des IIème et IIIème siècles (fragments de céramiques commune et sigillée, clous, monnaie illisible, pièces en alliage, un denier d’Hadrien, une pendeloque, …).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Au lieu-dit « Vieille Bruyère », à proximité des vestiges gallo-romains, on a trouvé une fibule ansée datant du VIIème ou VIIIème siècle. C’est évidemment peu, mais on peut imaginer que le site gallo-romain, en ruines, ait été par la suite réoccupé par des Francs Mérovingiens.

Th. Bernier évoque pour cette période des sépultures, des haches et des poignards francs.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) – Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : non trouvées

Epoque de son apparition: ?

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine antique, puis le chemin médiéval de Mons à Beaumont

sources d’eau ou cours d’eau: la Trouille et ses affluents

source de bois: région boisée (Forêt Charbonnière)

proximité d’un lieu de pouvoir: ferme abbatiale

Paroisse dédiée à Saint-Martin

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Maubeuge jusqu’en 1803, puis Pâturages

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye d’Hautmont

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

L’abbaye d’Haumont a exercé les droits seigneuriaux sur Givry jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. On a cru que le domaine appartenait à Saint Vincent et qu’il en aurait doté la première abbaye pour laquelle il a participé à la fondation avant d’aller à Soignies. Mais il semble que le don fut plus tardif, en 1015 selon une charte de l’évêque Régnier de Liège.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Pâturages
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Pâturages
  • Entité communale depuis 1977: Quévy
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Le village a été brûlé en 1185 par les troupes de l’archevêque de Cologne et du duc de Brabant, en guerre contre le comte de Hainaut.

Au XVIIème siècle, des combats eurent lieu dans le voisinage entre Français et Espagnols durant les guerres d’invasion de Louis XIV.

Avec le Traité des Pyrénées (1659), Givry resta enclavée entre les prévôtés de Mons, de Binche et de Maubeuge.

Depuis 1678 (Traité de Nimègues), une nouvelle frontière passe au sud du village.

En 1692, le maréchal de Luxembourg organisa ici un bivouac pour ses troupes, que le roi Louis XIV lui-même passa en revue.

Economie

Elle a longtemps été rurale, consacrée à l’agriculture et à l’élevage. Plusieurs grosses fermes anciennes existent encore hors du centre (XVIII et XIXème siècles):

  • Celles de l’Esquerbion
  • Celle de la Court, qui dépendait de l’abbaye d’Haumont
  • Celle du Moulin d’En-Bas, à eau à vapeur, construit en 1860

La ferme et le Moulin des Templiers étaient aussi une ancienne propriété cédée à l’abbaye d’Hautmont dès le XIIème siècle. Les bâtiments actuels sont du XVIIIème-XIXème siècle. On y avait aménagé un atelier de boulangerie au XVIIIème.

A mentionner aussi :

  • Une sucrerie qui fonctionna jusqu’en 1914
  • Une malterie
  • Un tordoir à huile
  • Des brasseries le long du ruisseau

On a jadis exploité une carrière de grès et une de calcaire à chaux, à petite échelle, pour un approvisionnement local. Des fours à chaux fonctionnèrent au nord-est du village.

Voies de communication

Les premiers éléments habités du village se sont installés à proximité de la Trouille, alors que de nombreuses fermes sont apparues, isolées, autour du village.

Le territoire de Givry est traversé au sud par la chaussée romaine Bavay-Cologne qui a sans doute joué un rôle important dans l’histoire très ancienne de ce territoire, rôle encore à déterminer à travers des fouilles archéologiques.

Des chemins secondaires ont relié le village aux voisins (Harvengt, Havay, Vellereille-le-Sec, Harmignies, Rouveroye et Villers-Sire-Nicole).

L’importance de la cité de Beaumont, fortifiée par les comtes de Hainaut, a permis de tracer un axe qui passe du nord-ouest vers le sud-est du village. Il fut pavé au XVIIIème siècle.

Enfin, l’ancien chemin d’Harvengt a été aménagé (pavé) au XIXème pour réaliser la route provinciale Pâturages-Frameries-Givry.

Patrimoine

Eglise Saint-MartinLa tour serait du XIIIème siècle. L’édifice fut reconstruit au milieu du XVIème siècle en style gothique hennuyer XVI, dont il ne reste que la nef actuelle (1556). Au début du XVIIIème, l’église fut agrandie  avec deux collatéraux (1714-1715) et un chœur (1719). On trouve quelques peintures murales à l’intérieur. A noter la couverture en berceau lambrissé à caissons gothiques, des pierres tumulaires. Le bâtiment est entouré de l’ancien cimetière.

Ancien presbytère1762, en style tournaisien.

Château Saint-Pierre, alimenté par le ruisseau du Nordiau.

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