Gussignies

Gussignies

Le territoire

Superficie: 342 ha

Altitude: de 63 (au bas du vallon encaissé de la rivière) à 131 m

Situation géographique : sur le plateau de Bavay (Hauts-Pays)

Cours d’eau : le Hogneau qui dévale de 70 m d’est en ouest

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : La Forêt Charbonnière, dont il reste quelques zones boisées (Bois d’Encade)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, schistes (dépôts de l’ère primaire), pierre calcaire (dépôts du début de l’ère secondaire)

Préhistoire

Non documentée

Antiquité gallo-romaine

Le village est traversé par la chaussée romaine reliant Bavay à Blicquy et plus loin la Mer du Nord.

Près de la frontière, au « Champ des Combles » (Autreppe), on a ttrouvé en 1852 des sépultures romaines avec des vases, des armes, des bijoux et des monnaies.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1088

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Guis-Geniis, 1088 (lettre de l’évêque Gérard de Cambrai)
  • Gussegnies, 1186 (Annales du Hainaut)
  • Guisegnies, 1199 (Cartulaire du Mont Saint-Martin)
  • Ghusegnies, 1304 (cartulaire du Hainaut)
  • Guizegnies, 1323 (id)
  • Guissignies, XIVème
  • Gussegny,
  • Guseigny
  • Gussegnies, XVIIIème
  • Gusseignies, 1804

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

Le préfice Guss- fait peut-être référence à un ancien guerrier franc, dont le nom aurait été romanisé.

Le suffixe –ignies remonte au suffixe –iacas qui est d’origine gauloise et désigne la propriété. Ce suffixe aurait connu des transformations phonétiques.

En Hainaut picard, « iacus » devient « ies » dès le XIIème.

Epoque de son apparition: au Xème ou XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine

sources d’eau ou cours d’eau: le Hogneau

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: Roisin et Bavay

Paroisse dédiée à Saint-Médard

Evêché: de Cambrai

Décanat/doyenné: de Bavay (texte de 1186)

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale (jusqu’en 1678)

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): la prévôté de Bavay

Seigneuries et fiefs

On compte plusieurs seigneuries et fiefs sur le territoire de Gussignies

  • La seigneurie principale (infra)
  • Des terres appartenant au prieuré d’Aymeries, données en 1088 par Ermengarde de Mons, épouse de Gossuin de Mons, châtelain de Mons
  • Des terres de l’abbaye Sainte-Aldegonde de Maubeuge
  • Des terres de l’abbaye de Saint-Ghislain, confirmées en 1118 par l’évêque Bouchard de Cambrai et le pape Gélase II.

La seigneurie principale

Elle se composait de la partie du territoire qui n’appartenait pas aux institutions religieuses nommées ci-avant. Avant tout du village et de son église, ainsi que de nombreuses terres à cultiver et à pâturages, ainsi que des bois.

Nous sommes peu documentés sur les titulaires avant le XIVème siècle. Il est probable que la plupart du temps, les comtes y exerçaient les droits féodaux par l’intermédiaire d’un officier local, appelé prévôt ou bailli, qui y habitait le premier château. Celui-ci gérait la commune avec un maire et des échevins.

Mais il semble qu’à certaines époques, des membres de la famille comtale ont eu des droits seigneuriaux sur Gussignies :

  • Ainsi la famille de Mons, qui détenait la charge de châtelain de Mons et qui possédait de nombreux domaines dans la région. Ce qui expliquerait ce don d’Ermengarde de Mons au prieuré d’Aymeries
  • Ensuite la famille de « Beaumont », en réalité la branche cadette issue du comte Jean d’Avesnes. Il est mentionné qu’en 1336, Jean de Hainaut, fils de ce comte, sire de Beaumont, se déshérita de tout ce qu’il possédait à Gussignies et d’autres biens, en faveur de sa fille unique Jeanne d’Avesnes (1323-1350) pour former sa dot. Celle-ci épousa en premières noces Louis I de Châtillon-Blois (3 garçons) et en secondes noces Guillaume I de Namur.

Apparemment le domaine seigneurial de Gussignies n’a pas suivi les possessions qui allèrent à ces deux familles. Car on le retrouve rapidement dans les propriétés du seigneur de Roisin, en la personne de:

Jean de Roisin (1323- 1378), fils de Baudry X de Roisin, déjà titulaire des seigneuries villageoises de Roisin, Wargnies, Blaregnies, Bettrechies. A-t-il acheté Gussignies ? Ou hérité ce domaine ? Il a épousé une Marie-Louise de Beaumont, mais il s’agirait ici de Beaumont-sur-Oise. Ils n’auraient eu qu’une fille unique, Marie de Roisin, dite de « Wargnies », héritière de Bettrechies et de Gussignies, qu’elle transmit dans la famille de son mari. Son oncle Evrard continua la lignée à Roisin.

Maison de Haynin

Jean III « Broignart » de Haynin (v1340-1402). Il était seigneur d’Hainin et d’Amfroipret. Par mariage avec Marie de Roisin, il le devint aussi pour Gussignies et Bettrechies. Lui succédèrent :

  • Pierre I « Broignart » de Haynin (v1360-1431), fils du précédent. Outre ces nombreux titres seigneuriaux, il devint aussi grand bailli du Hainaut et conseiller du comte Guillaume IV.
  • Nicolas/Collard de Haynin (v1418-1471), deuxième fils du précédent, châtelain d’Ath, conseiller des ducs Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Mort sans héritier.
  • Philippe de Haynin (1451-1517), troisième fils de Pierre. Maître d’hôtel de Maximilien d’Autriche. Chambellan de Philippe le Beau, puis de Charles Quint. Prévôt de Valenciennes. Resté célibataire, il légua ses biens à son neveu.
  • François de Haynin (1464-1537), fils de Jean V de Haynin, petit neveu du précédent. De la lignée aînée, il était seigneur de Hainin. Il hérita en 1517 d’Amfroipret, de Bettrechies et de Gussignies, entre autres. Lieutenant capitaine du château de Lille.
  • François de Haynin (1510- ?), son troisième fils, hérita Amfroipret, Gussignies et Bettrechies.
  • Le domaine de Gussignies alla à Antoine de Haynin,  deuxième fils de son deuxième mariage. Celui-ci, resté sans doute célibataire, légua ses biens à son demi-frère du premier mariage.
  • Claude de Haynin (v1540- ?), fils de François, fut seigneur d’Amfroipret, de Bettrechies et de Gussignies.
  • Charles de Haynin (1567- ?), son deuxième fils, hérita Gussignies et Bettrechies. Par mariage, il devint aussi seigneur d’Eth.
  • Son fils aîné, Antoine de Haynin ( ?- ?), devint seigneur de Gussignies et d’Eth. Fortement endetté, ses biens furent saisis en 1638.
D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

On semble assez ma renseigné sur la suite immédiate. Sans plus de précision, on cite un ou des membres d’une famille de Cordes à la tête de la seigneurie.

Ce n’est qu’en 1711 que l’on retrouve trace d’un titulaire.

Famille Fourmestrau(l)x

  • Pierre Alexis de Fourmestraulx Saint Denis (1652-1718) est ce titulaire. Fils de Robert, marchand et bourgeois de Lille, seigneur de La Lotterie. Il devint prévôt-le-Comte de Valenciennes en 1696, après l’avoir été à Lille. Il est probable qu’il ait acheté la seigneurie de Gussignies. La date ne semble pas être connue.
  • Pierre Hyacinthe Joachim de Fourmestraux Saint-Denis (v1671-1743), son fils, devint aussi seigneur de Gussignies, où il fit construire le pavillon de chasse, et prévôt de Valenciennes. Il eut plusieurs enfants.
  • Le second fils, Pierre Lamoral Joseph de Fourmestraux (1718-1755), lui succéda comme seigneur de Gussignies et prévôt de Valenciennes. Il exerça aussi un rôle de conseiller du roi Louis XV. Il ne semble pas avoir eu d’enfant.
  • C’est pourquoi son frère aîné, Pierre Joseph Hiacynthe de Fourmestraulx Saint Denis ( v1723- 1810, Gussignies), qui avait fait une carrière militaire, lui succéda à la tête de la seigneurie de Gussignies. En 1790, il perdit ses droits féodaux, mais la famille conserva la propriété.

On cite aussi un certain M. Benaret, officier au service du roi, qui aurait été seigneur de Gussignies en 1860 (Soc. Archéol. et histor. d’Avesnes, 1973). Nous ne comprenons pas ce fait. Peut-être n’était-il qu’un châtelain-prévôt qui gérait le domaine au profit de la famille Fourmestraux.

L’ancien régime dans le royaume de France (1678 à 1792)
  • Etat : le royaume de France
  • Prévôté : Bavay
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1792)
  • Etat: France dans ses divers régimes (républiques, monarchie, empire)
  • Département: Nord
  • Arrondissement : Avesnes-sur-Helpe
  • Canton: Aulnoye-Aymeries
Economie

Agriculture et élevage furent longtemps les principales activités de ce village. On y trouva aussi: 

– Un moulin à eau

– Une brasserie

Exploitation du sous-sol

On exploita la pierre calcaire, principalement au début du XIXème siècle. Un scierie de marbre fonctionna, installée par Anthime-Hyacinthe de Fourmestraulx.

On a aussi extrait de la pierre à chaux pour un four local.

Patrimoine

Eglise Saint-Médard. Elle fut construite fin XVIIIème (1772). Elle subit plusieurs restaurations et aménagements au XIXème, en 1907 et 1921

Calvaire Notre-Dame de Bon-Secours, 1833

Château. La construction médiévale a disparu.

L’actuel bâtiment date de la fin du XVIIIème. C’était un pavillon de chasse construit par le comte de Fourmestraulx. Il fut agrandi entre 1805 et 1831.

Le comte Anthime Hyacinthe de Fourmestraulx Saint-Denis a eu deux filles qui se partagèrent le château.  Mathilde (1809-1894) épousa Bertrand Delpoux de Nafines et Zoé (1817-1885) épousa le comte Anne Philippe Picot de Moras. Le château était en mauvais état et trop petit pour accueillir les deux familles. Il fut transformé en 1865. À la mort de la comtesse Picot de Moras, le château représentait une part trop importante dans le partage et dut être vendu.  Le Vicomte de Lourmel du Hourmelin l’acheta en 1887 et à son tour le vendit en 1912 au Comte Édouard Le Mesre de Pas pour sa fille Marie-Thérèse, épouse de René de Witte. Le château actuel est la propriété de la famille de Witte depuis 1912.

 

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