Harmignies

Entité communale de Mons

Le territoire

Superficie: 1100 ha – Altitude:  de 50 mètres (à proximité de la Trouille) jusqu’à 85m (plateau au nord du village)

Situation géographique: Village situé sur le versant est en pente de la vallée de la Trouille

Cours d’eau: la Trouille

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire): cette région était englobée dans la Forêt Charbonnière, traversée par le vallon de la Trouille

Nature du sol: argileux

Nature du sous-sol: crayeux (dépôt du crétacé). Cette craie est présente en plusieurs couches: la plus superficielle contient 97% de carbonate de calcium et la sous-jacente contient une craie blanche plus pure.

Préhistoire

Paléolithique inférieur (Homo Heidelbergensis): apparemment non documenté sur Harmignies (contrairement à Spiennes et à Mesvin)

Paléolithique moyen (Homo Neandertalensis): Quelques silex vieux de 200.000 ans, semblables à ceux découverts dans la carrière Hélin de Spiennes, attribués à des Néandertaliens encore achaïques

Paléolithique supérieur (Homo Sapiens): non documenté

Néolithique:

Comme à Spiennes, les vestiges les plus nombreux datent du néolithique moyen et appartiennent à la Culture de Michelsberg. C’est dans la carrière CBR, dans le prolongement du Camp à Cayaux de Spiennes, sur le même type de sol, qu’on a trouvé en 2003-2004 des témoignages d’exploitation minière du silex :

  • Des structures d’extraction souterraine de silex,
  • Des déchets de taille pour le façonnage de haches
  • Des outils en bois de cerf, des ébauches de haches

Age du bronze:

L’homme a continué à habiter les lieux aux âges des Métaux. Des fosses ont été détectées, appartenant à un habitat probable, où ont été déterrées des fragments de céramiques, du matériel lithique et des petits éléments en bronze. Ils appartenaient à la période du Bronze Final. Ce fut le cas dans le « Champ des Montagnes » déjà en 1960/1961.

Ages du fer :

Des deux âges du fer (Halstatt et La Tène), on a retrouvé des fragments de tasses. Au lieu-dit « Monts-de-Presles », entre Spiennes et Harmignies, on a retrouvé un vase de la période de La Tène I, typique du “Groupe Laténien de la Haine”.

Antiquité gallo-romaine:

Des tumulus romains, ainsi qu’une statuette ont été découverts (selon Ch. Bernier – pas de précision). Pas d’habitat décrit. Ce lieu n’est pas très éloigné de la villa de Nouvelles ni de la chaussée Bavay-Cologne.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Toujours au « Mont-de-Presles », on a mis à jour sur le versant sud de la Trouille une assez vaste nécropole mérovingienne de plus de 350 tombes. Une est datée du Vème siècle, la plupart sont des VIème et VIIème siècles. Ceci est à mettre en rapport avec les nécropoles de même époque à Ghlin, Cuesmes, Ciply et Spiennes.

Deuxième Moyen-Age – origines du village

Première mention: 673 (soit à l’époque de la fondation des abbayes mérovingiennes)

Toponymie (anciennes orthographes):

  • Harmegiacum, 673,
  • Harminium, 806
  • Harmignium, 869
  • Harminicum, 1018
  • Harmegni, 1186

Etymologie (hypothèses d’origine du nom): ?

Epoque de son apparition:  un domaine franc d’une certaine importance devait se trouver ici, au moins au VIIème siècle. Il est à mettre en parallèle avec l’importante nécropole découverte sur le territoire.

Facteurs ayant favorisé son émergence
voies de communication: l’ancien “vieux chemin de Binche” devait passer au sud de l’agglomération actuelle. Ce chemin reliait en fait au premier moyen-âge Famars/Valenciennes à Estinnes, en traversant les villages au sud de Mons où d’importantes nécropoles mérovingiennes ont également été découvertes. Il devait donc desservir des communautés franques d’une certaine importance.
sources d’eau ou cours d’eau: la Trouille
source de bois: la Forêt Charbonnière sur les deux versants et le plateau crayeux
proximité d’un lieu de pouvoir: inconnu, ou peut-être une des fermes abbatiales, qui pouvaient protéger les habitants en cas de danger

Paroisse dédiée à: Saint-Ghislain – cette paroisse était une dépendance de celle de Villers-Saint-Ghislain, ce qui fait penser qu’à l’époque de sa constitution (IX-Xème siècle), les paroissiens n’étaient pas nombreux

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite
Décanat/doyenné: Binche
Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut
Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Le territoire d’Harmignies appartenait, semble-t-il, à Sainte-Aldegonde, sœur de Sainte-Waudru, qui le légua à l’abbaye qu’elle avait fondée au milieu du VIIème siècle à Maubeuge. Il est probable que le document de 673 évoqué plus haut concerne ce don et qu’une ferme abbatiale ait existé sur ce domaine (pas de preuve).

Plus tard, après la constitution du village, au moins quatre seigneuries ecclésiastiques y ont existé, attestées pour certaines depuis au moins 931 (diplôme de l’empereur Henri I l’Oiseleur):

  • Chapitre de Ste Waudru
  • Chapitre de Ste Aldegonde de Maubeuge, domaine avec moulin banal. Ce domaine fut probablement le plus important dans le village. Sur le plan des droits féodaux, il est probable que l’abbesse de Maubeuge les ait exercés sur les habitants de ce domaine villageois.
  • Abbaye de St Ghislain, donné par l’empereur Othon Ier en 958, à la requête du comte Godefroid. Cette institution percevait aussi la dîme, dans la mesure où les paroissiens d’Harmignies dépendaient de la paroisse voisine de Villers-Saint-Ghislain.
  • Abbaye Saint-Landelin de Crespin, avec ferme, terres et moulin. Ceci est confirmé en 1142 par le pape Innocent II et en 1146 par l’empereur Conrad III
  • Vers 1300, Bruant de Beugnies (ou Beuvignies) possédait, au sud du village, une seigneurie qui était un fief de la pairie de Barbençon (près de Beaumont). Elle fut le siège d’un château et d’une ferme. Le 10 avril 1629, la terre et la seigneurie furent engagées par le souverain au chevalier Charles Resteau.

Ces domaines possédaient chacun un maire et des échevins, qui géraient les fiefs au nom de leurs propriétaires. Les droits seigneuriaux y étaient en fait exercés par le comte de Hainaut, avoué (ou abbé laïc) des chapitres de Mons et de Maubeuge. Le village allait de chef de cens devant les échevins de Mons, c’est-à-dire que les villageois devaient un cens à ces personnages, représentants du chapitre de Mons (et donc du comte).

Un tel nombre de propriétaires importants entraîna de nombreux conflits juridiques, quant aux limites des domaines entre autres.

En 1082, Petit-Harvengt (au sud-ouest du village), détaché d’Harvengt, fut rattaché à Harmignies, sans doute au profit du domaine de Saint-Ghislain, car cela donna lieu à un conflit entre l’abbé de Saint-Ghislain et le curé d’Harvengt qui dépendait de l’abbaye de Lobbes.

En 1182, par contrat entre l’abbesse Chrétienne et Robert d’Harmignies, abbé de Bonne-Espérance, les frères Renier et Isaac, du dît lien, se préparant à aller en Terre Sainte, remirent à Robert la moitié du moulin d’Harmignies qu’ils tenaient en cens de l’abbaye de Maubeuge.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemappes
Canton: Mons (ou Pâturages?)

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Pâturages
  • Entité communale depuis 1977: Mons
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

En 1185, les troupes du comte Baudouin V combattirent celles du duc de Brabant sur le territoire d’Harmignies.

En 1572, lors du siège de Mons, ville tenue par les calvinistes de Louis de Nassau, Harmignies fut le théâtre d’une bataille (« camisade ») entre les troupes du duc d’Albe et les troupes de Guillaume d’Orange, venues aux secours des assiégés, mais qui durent se retirer.

Lors du siège de Mons de 1691 par le roi Louis XIV, celui-ci plaça des troupes sur toutes les communes au sud et au sud-est de Mons. Ce fut donc le cas à Harmignies.

Gouache d’Adrien de Montingy (fin XVIème siècle)
Economie

Au néolithique, on creuse des mines pour trouver des silex dans le sud-ouest du territoire actuel. Ces mêmes habitants cultivaient des champs et faisaient de l’élevage.

Aux âges des métaux, pendant l’antiquité gallo-romaine, le moyen-âge et la période moderne, l’économie reposait uniquement sur l’agriculture, essentiellement maraîchère pour le marché de Mons.

Les activités dérivées jusqu’au milieu du XIXème siècle :

  • Trois moulins à eau sur la Trouille
    • dès le XIème siècle, pour les domaines seigneuriaux de Crespin et de Maubeuge
    • en 1754, par le meunier Adrien Gautier

A proximité de ces moulins à grains, on forgeait, on sciait le bois, on foulait les draps, …

  • un moulin à vent, érigé avant 1644, cédé par le comte de Hainaut au sieur de la Catoire. Ce moulin a disparu au début du XIXème siècle.
  • Une tannerie
  • Une distillerie
  • Une brasserie

Exploitation de la pierre

Au XIXème et au XXème, on a exploité, à ciel ouvert ou dans des mines, la craie locale pour des fours à chaux. On vendait ici de la chaux et de la craie naturelle.

Dès 1898, on mit en route une industrie cimentière produisant du ciment Portland artificiel et des ciments dérivés. Création en 1906 de la “société C.C.C.” par Omer Pourbaix, qui fut relayée par la “société C.B.R.” qui arrêta ici ses activités en 2014.

Exploitation de la houille

Les charbonnages du Levant de Mons sondèrent le terrain pour trouver de la houille, qu’on exploita  peu entre 1860 et 1870.

Voies de communication

Par la route

Comme évoqué plus haut, l’agglomération initiale d’Harmignies se développa  au nord du “vieux chemin de Binche” qu’on devrait appeler “chemin de Famars ou Valenciennes à Estinnes” dans sa première fonction vers le VIIème-VIIIème siècle. Binche ne devint une ville qu’au XIIème siècle. Beaumont aussi. Le chemin de Mons à Beaumont a sans doute été aménagé à cette période. On sait qu’il a été pavé au XVIIIème siècle sous le règne de l’impératrice Marie-Thérèse. Harmignies se relia aussi aux villages voisins, Villers-Saint-Ghislain, dont ses paroissiens dépendaient, et Harveng.

Par le train

En 1867, on construisit la ligne ferroviaire n°109, entre Mons et Chimay. Elle cessa de fonctionner en 1962 pour les voyageurs (un ligne de bus la relaya). Le tronçon entre Cuesmes et Harmignies (carrières) persista pour le transport des produits jusqu’en 2004.

Patrimoine

Eglise St Ghislain, de style semi-classique, bâtie en 1840.

Le moulin d’Harmignies, érigé en 1754 sur la Trouille par Adrien Gautier, meunier à Saint-Vaast. En fait, il avait été précédé au même endroit par d’anciens moulins (supra).

Ferme de l’ancienne seigneurie de Beugnies, au sud du village. Le bâtiment actuel date du dernier tiers du XVIIIème siècle. Le château a disparu. Il a appartenu au comte de Glymes.

 

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