Houdain-lez-Bavay

Le territoire

Superficie: 1211 ha

Altitude: de 94 à 147 m

Situation géographique : Ce village est situé sur le plateau de Bavay, dans un paysage très vallonné.

Cours d’eau : Le hameau des Rocs est traversé par le Hogneau, qui reçoit les eaux de plusieurs ruisseaux, dont le Riez Raoult

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : la Forêt Charbonnière, dont il reste des vestiges

Nature du sol : limoneux, sablonneux

Nature du sous-sol : grès, schiste, pierre calcaire

Hameaux : Ruimse, Belle-Vue, Eugnies, Rotteleux, Les Rocs, Wadempréau

Préhistoire

Non documentée.

Antiquité gallo-romaine

La chaussée romaine Bavay-Asse-Batavie passait au sud-ouest de l’agglomération, alors que celle allant vers Blicquy et la Mer du Nord traversait le village de part en part.

On aurait ramassé jadis des objets romains en bronze et des médailles en argent (sans précision).

Les « trous des sarrasins » (galeries dont il est question dans le paragraphe Economie) pourraient avoir été creusés par des Celtes (peut-être Nerviens) ou plus probablement d’après les experts par les Gallo-Romains de Bavay qui y puisèrent les pierres nécessaires à leurs édifices.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Le territoire appartenait à Sainte-Aldegonde qui le donna à l’abbaye de Maubeuge.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1071

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Hosden (1071, 1107, 1145, 1154)
  • Houdeng (1096, 1119, lettre de Burchard, évêque de Cambrai)
  • Hondeng (1096, charte du tournoi d’Anchin)
  • Housdeng (1129)
  • Hosdeing (1201)
  • Hosdeng (1211)
  • Housdang (1213)
  • Hozdaing (1246)
  • Houdaing (1289)
  • Housaing (1309)
  • Houdain-lez-Bavay (1933).

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

Je n’ai pas trouvé d’explication étymologique pour Houdain-lez-Bavay. Mais on peut la rapprocher de celle des deux villages de Houdeng de la commune belge de La Louvière.

  • – le radical Hos-, hou-, hous rappelle le bas latin hossura qui signifie «  le houx »
  • – la lettre « d » intercalée est présente par euphonie ou par abus
  • – les suffixes –ein, –ain, –en, -eng, -aing aussi présents dans le bas-latin expriment l’idée d’une réunion d’objets de même espèce (J.Monoyer).

Houdeng aurait été, selon cette hypothèse, un endroit couvert de houx.

Houdeng pourrait aussi provenir de hout et heim signifiant « demeure dans les bois » (Chotin), ce qui correspondait à l’aspect médiéval du paysage.

Certains pensent plutôt qu’Hosdenc vient du vieux bas francique Husiden qui signifie « maison sur une hauteur ». Huis en néerlandais signifie « maison ».

Epoque de son apparition: probablement au Xème ou XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine Bavay-Asse-Batavie

sources d’eau ou cours d’eau: le Hogneau et ses ruisseaux affluents

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: Bavay

Paroisse dédiée à Saint-Martin

Evêché: de Cambrai

Décanat/doyenné: Bavay

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné au chapitre Sainte-Aldegonde de Maubeuge en 1138 par Nicolas, évêque de Cambrai.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale (jusqu’en 1678)

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Bavay

Seigneuries et fiefs

Nous sommes assez mal documentés sur ce sujet. D’autant plus que les généalogies des familles seigneuriales ont tendance à confondre Houdain (-lez-Bavay) avec Houdeng-Aimeries et Houdeng-Goegnies (en Belgique), ainsi qu’avec Hordaing (jadis en Ostrevent, qui était une baronnie).

Il existait probablement plusieurs seigneuries.

Sans doute une est  restée aux mains des abbesses de Sainte-Aldegonde de Maubeuge.

La seigneurie du hameau de Wadempréau est souvent mentionnée dans les généalogies des seigneurs de la région (dont les Harchies et les du Chasteler).

S’il exista une seigneurie principale à Houdain-lez-Bavay, il est possible aussi qu’elle fut administrée par les prévôts-vicomtes de Bavay. 

Les chroniques du baron Kervyn de Lettenhove rapportent le nom d’Antoine Vrediau ou de Verdeau ou Verdiel, seigneur de Beaumont-en-Cambrésis et d’Houdain-lez-Bavay en 1473. Sa famille, aussi appelée Verdiel, faisait partie de la grande bourgeoisie de Valenciennes et cumulait des postes de receveurs généraux du Hainaut et de baillis. 

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L’ancien régime dans le royaume de France (1678 à 1789)
  • Etat : le royaume de France
  • Prévôté : Bavay
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1789)
  • Etat: France dans ses divers régimes (républiques, monarchie, empire)
  • Département: Nord
  • Arrondissement : Avesnes-sur-Helpe
  • Canton: Aulnoye-Aymeries
Economie

Sur ces grandes terres limoneuses, l’agriculture fut l’activité majeure des habitants du lieu. On note quelques houblonnières.

Au moins deux anciens moulins à vent sont mentionnés :

  •   Moulin Richard, XIVème (quelques vestiges), reconstruit vers 1862
  •   Moulin Giblot, XVII

La brasserie-malterie Carlot fut en activité entre 1877 et 1950.

On note aussi une blanchisserie de toiles.

Les « trous de sarrasins »

Ce sont des carrières et des galeries creusées dans la roche calcaire du Cénomanien inférieur (et non du dévonien), à l’aide de pics en fer. On a jadis attribué ces souterrains à des peuples antiques, liés au dieu Bel et aux légendes de fondation d’un « mythique royaume de Bavay ».

Ils ont plus probablement été creusés par des populations de l’âge du fer, donc celtiques. Etaient-ce les Nerviens ou d’autres peuples avant eux ? S’en servaient-ils uniquement pour extraire de la roche, ou aussi comme refuges ou « caves à provisions » ?

Ce qui est certain, c’est que les Gallo-Romains ont construit leurs édifices de Bavay avec des pierres extraites de ces galeries. On y a trouvé des moellons de soubassement extraits ici.

Plus récemment, comme dans toute la région, on a exploité le marbre. Une scierie, liée à un moulin à eau, fut établie en 1822.

Patrimoine

Eglise Saint-Martin, bâtie en 1782. Rénovée en 2008-2010. 

Presbytère, 1707

Château de Warnicamps. Celui d’origine date du XIVème siècle. Il fut construit par le seigneur de Wadempréau, Wulfard de Ghistelles. Le fief fut vendu successivement aux châtelains de Bouchain, Quiévrain, Mons, puis Tournai. Le château fut reconstruit vers 1700. En 1793, le général français Ferrand, craignant que le château soit pris par les autrichiens, y fit mettre le feu. Reconstruit, il eut encore à subir des dommages en 1914.

Il existait autrefois deux autres châteaux, celui de Fontenoy et celui d’Houdain. De nombreuses chapelles et calvaires sont éparpillés dans le village

 

 

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