Houdeng-Goegnies

Entité communale de La Louvière

Ce village s’appelait autrefois « Goegnies », puis « Goegnies-lez-Houdeng » (pour le différencier de Goegnies-Chaussée) au XVème siècle et enfin « Houdeng-Goegnies » après 1830.

Le territoire

Superficie: 887 ha

Altitude: de 60 (La Barette) à 138 m (près de Besonrieux)

Situation géographique : Le territoire se situe sur le versant nord de la vallée de la Haine, en bordure du plateau brabançon 

Cours d’eau : Il est parcouru par le ruisseau du Thiriau-du-Luc (et son affluent le Rieu Baron) qui va se jeter au sud à Strépy dans la Haine. Une des sources de la Sennette se trouve au nord vers Besonrieux.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux, sablonneux

Nature du sous-sol : grès, houille

Préhistoire

Période non documentée. Hormis un tumulus dans le bois de Besonrieux.

Antiquité gallo-romaine

Une villa aurait existé, dont les vestiges furent mis à jour en 1890-1891 (pas de précision).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documentée.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1119

Toponymie (anciennes orthographes) : 

Pour Houdeng, voir le chapitre Houdeng-Aimeries. Ce nom désigne un endroit couvert de houx (houssaie).

Le nom du village s’orthographiait autrefois :

  • En 1119, Golaniis
  • En 1157, Goegniz
  • En 1175, Goinies
  • En 1433, Ghoegnies

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :  On pense qu’il provient d’un nom de personne (goin-).

Le suffixe –ies vient de –iacum, iacas (gallo-roman) et de –acon (gaulois) signifiant « lieu, propriété ».

Pour certains étymologistes, ce village aurait été la  « villa de Goeius  ou de Gaujo ou de Goiens», un chef franc de la période mérovingienne ou carolingienne.

Epoque de son apparition: au XIème ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique d’importance, ni de voie médiévale, hormis le chemin qui reliait Le Roeulx à ses dépendances, dont Houdeng et Morlanwelz.

sources d’eau ou cours d’eau: le Thiriau

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Saint-Géry, dépendante de celle d’Houdeng (Aimeries).

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche, puis Le Roeulx

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné en 1119 à à l’abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie par l’évêque Burchard de Cambrai (plus ancienne mention de Houdeng).

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): baillage du Roeulx

Seigneuries et fiefs

Dans cette région, la plupart des domaines d’époque carolingienne appartenaient aux comtes de Hainaut au moment de la constitution des villages et du début de la féodalisation. Une partie autour du Roeulx (« Terre du Roeulx ») fut donnée à une famille qui porta le nom du lieu. Elle démembra une part de ce grand territoire en accordant des fiefs (villages et biens fonciers) à quelques familles locales. Ce fut le cas pour le village voisin de (Houdeng)-Goegnies. Quant aux comtes, ils firent de même sur les territoires qui relevaient de leur juridiction.

Le village de Goegnies se composait de plusieurs seigneuries, toutes détachées des possessions des seigneurs du Roeulx, à certains moments de la période féodale. Leurs titulaires étaient donc des vassaux de ces derniers, qui  étaient seigneurs haut-justiciers. Eux-mêmes exerçaient les droits seigneuriaux (cens, corvées, rentes diverses, petite et moyenne justice) sur leurs manants.

Certaines seigneuries empiétaient sur l’actuel territoire de Houdeng-Aimeries :

  • Les seigneurs du Roeulx conservèrent la plus grande partie du territoire pour eux. S’y succédèrent comme au Roeulx:
  • Famille du Roeulx jusqu’en 1337
  • Famille d’Avesnes, de Bavière
  • Famille de Croÿ (1432-1796)

La seigneurie de la famille de Goegnies

Elle relevait des seigneurs du Roeulx. Il est difficile d’établir une liste cohérente (avec les liens de parenté et des dates) des membres de cette famille.

  • Le premier semble être Eudes Odon de Goegnies,  un chevalier parti à la première croisade avec le comte Baudouin II et mort en Palestine.
  • Son fils serait Jacquemart de Goegnies ( ?-1121), également signalé comme chevalier et seigneur de Goegnies. On cite ensuite:
  • Hugues de Goegnies
  • Renard de Goegnies, cité en 1157 quand il céda un alleu qu’il possédait dans le village à l’abbaye d’Aulne
  • Guillaume de Goegnies, cité en 1172
  • Otton « de Fanneaux » de Goegnies (v1255- ?), cité comme chevalier et seigneur de Goegnies.
  • Otton II « le Vieux » de Goegnies ( ?-1336), fils du précédent
  • Jean Otton de Goegnies ( ?-1366), fils du précédent.  Ce serait lui qui aurait vendu en 1294 le Bois-du-Luc à son voisin Nicolas de Houdeng.
  • Léon I « Lionel » de Goegnies (1342- ?), fils du précédent
  • Gilles de Goegnies (1381-avt1442), fils du précédent, sans postérité
  • Léon II « Lionel » de Goegnies (1379- ?), frère du précédent
  • Hoste de Goegnies ( ?-1436). Il est le dernier de la famille à être cité comme seigneur de Goegnies.

Il semble que d’autres membres de cette famille aient continué comme titulaires d’autres fiefs et de villages (Sotteville, Fay, Erquennes, Rampemont-Onnezies, …).

Qu’est devenu le village-fief de Goegnies? Je n’ai pas de précision claire à ce sujet. On voit que les domaines répartis entre les deux actuels villages s’entrelaçaient et allaient d’une famille à l’autre avec le temps. Deux possibilités :

  • Le seigneur du Roeulx, à cette époque Antoine de Croÿ a repris ce fief que les premiers seigneurs avaient donné à la famille de Goegnies et l’a conservé pour lui.
  • Antoine de Croÿ l’a ensuite vendu (ce qui parait fort possible) à Nicolas Rolin en 1441, ce chancelier de Philippe le Bon qui venait d’acquérir le domaine voisin de Houdeng.

D’autres fiefs secondaires (arrière-fiefs) existaient sur le territoire actuel d’Houdeng-Goegnies :

  • La seigneurie du Sart (infra)
  • La seigneurie de la Puissance (infra)
  • La seigneurie d’Elers (infra)
  • La seigneurie de Malapert
  • Un fief de l’abbaye de Saint-Denis, assez étendu, tenu par un maire
  • Un fief de l’abbaye d’Aulne. Il est possible qu’il s’agisse de la terre que Clémence de Goegnies vendit en 1189 à Eustache I du Roeulx et dont celui-ci fit don à l’abbaye. Ce qui fut ratifié en 1192 puis en 1221. Un certain Renard de Goegnies fit également don d’un alleu à Aulne.
  • Un fief de l’abbaye de Bonne-Espérance
  • Un fief de l’abbaye Saint-Feuillien du Roeulx, depuis 1234, qui s’appelait « le franc alleu de Walcourt » et avait toute justice – il s’agissait essentiellement de terres. 

Les titulaires des trois derniers domaines étaient nommés « communs seigneurs », car ils percevaient ensemble certaines rentes.

Carte de Ferraris (XVIIIème)

La seigneurie du Sart

Elle se situait entre Houdeng et le Roeulx le long de la chaussée de Soignies. Il y avait là un château-ferme (aujourd’hui démoli). Déjà présente au XIIème siècle, cette seigneurie appartenait aux comtes et ne faisait pas partie des possessions accordées aux seigneurs du Roeulx. Elle leur fut annexée par la suite. On connait quelques-uns de ses titulaires :

  • Gilles du Sart, chevalier qui participa à la bataille de Bouvines en 1214 auprès du comte Ferrand. Comme celui-ci, comme ses voisins Eustache du Roeulx, Guillaume de Houdeng et Jacques de Goegnies, il fut fait prisonnier du roi de France Louis-Philippe. Il est connu pour des dons de terres et de bois faits à diverses institutions religieuses. Il fit élever en son manoir une chapelle castrale, où il entretenait un chapelain qui disait la messe chaque jour. Elle aurait été remplacée au XVIIème siècle par la chapelle Notre-Dame-du-Sart.
  • Son fils Gilles du Sart ( ?-1312) lui succéda et continua à distribuer des largesses comme son père. Il fut témoin, avec Gilles du Roeulx, Nicolle de Houdeng et d’autres, de la charte par laquelle le comte Jean d’Avesnes exonéra la ville de Mons du droit de main-morte en 1295.
  • Leurs descendants ont rempli quelques fonctions importantes par la suite (échevin à Mons, abbé de Bonne-Espérance).
  • A la famille du Sart, succéda celle de Joye, dont Gobert Joye, cité en 1474 comme échevin de Mons.
  • Plus tard on trouve des Dumonceau.
  • Le château-ferme fut détruit durant les guerres de Louis XIV.
  • Le dernier seigneur fut Alphonse François de Wavrin de Villers-sur-Tertre.

L’actuel oratoire Notre-Dame est situé sur Houdeng-Aimeries à la limite de Goegnies, dans le bois. Il fait l’objet de pèlerinages. Il persistait une tour de ce manoir, qui fut démolie en 1949.

Seigneurie de la Puissance

Elle se composait elle-même de tenures (fermes avec dépendances et terres d’élevage et de culture, parfois appelés fiefs) qui avaient pour nom :

  • fief de la “Salle”, le long du chemin de Goegnies à Saint-Vaast, traversé par le rieu Pieron
  • fief du “Sarty” ou “Sartier” ou « Bois Lyon »
  • fief de la “Mairie du Trieu”. Les trieux étaient aussi appelés waressaix. C’étaient des pâturages communs d’un localité. Ce fief était une entité administrative par elle-même.

Il est à noter que les villageois du Sarty ne dépendaient pas des seigneurs du Roeulx, mais de leurs suzerains, soit les comtes eux-mêmes.

Cette seigneurie de la Puissance fut tenue par la famille Buisson au XVème siècle, qui la céda à celle du Mont de Gages au XVIIIème siècle.

Seigneurie d’Elers :

Elle se composait de deux tenures :

  • le fief de Bigneau (sur les rives du Thiriau du Sart) – on y exploita le charbon au XVIIIème siècle
  • le fief du Trieu (uniquement des terres)

Cette seigneurie appartint au XVIIème siècle aux Zombergh, puis ensuite aux Wéry de Rompy.

La commune

On y suivait la coutume de Mons.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: La Louvière
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Toute cette région eut à souffrir des passages de troupes armées au XVIème siècle (guerres de religion) et au XVIIème (guerres de Louis XIV).

Economie

Longtemps elle fut agricole.

Exploitation de la houille

En 1735, on commença une exploitation sur une concession qui appartenait à la « Société Charbonnière de la Barrette ». Une première machine d’exhaure fut aménagée en 1766. Cette société fut rachetée en 1850 par la Société du Bois-du-Luc.

Entreprises récentes

Celles du zoning industriel de Houdeng-Glaverbel.

Voies de communication

Alors que longtemps, il s’agissait de chemins reliant les Houdeng à Mons, à Binche et au Roeulx, à partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle, avec le début de la révolution industrielle, on commença à nettement améliorer les moyens de transport.

Dès 1772, avec l’autorisation de l’impératrice Marie-Thérèse, on traça et pava la chaussée entre Houdeng et Soignies.

Au milieu du XIXème siècle, on construisit le canal du Centre, avec ses ascenseurs hydrauliques, qui furent remplacés au début de ce troisième millénaire par le nouvel ascenseur de Strépy-Bracquegnies.

Patrimoine

Eglise Saint-Géry. Clocher 1561. Le reste reconstruit au XVIIIème en semi-classique. 

Bibliographie

Le site http://chemin-des-loups.skynetblogs.be/ m’a beaucoup aidé pour constituer les chapitres consacrés aux villages de La Louvière.

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