Jeanlain

Le territoire

Superficie: 591 ha

Altitude: de 54 à 116m

Situation géographique : sur le versant sud de la vallée de la Haine et de l’Escaut-Moyen

Cours d’eau : Aunelle

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : la Forêt Charbonnière

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, schistes

Préhistoire

Non documentée

Antiquité gallo-romaine

Un certain abbé Villers aurait ramassé des objets antiques (pas de précision).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 885

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Gentiulium ou Gentilinium (latin, 885, acte des possessions de l’église de Cambrai)
  • Genlain, 1096
  • Jenleng, 1135
  • Jeanlaing
  • Genlaing, 1148
  • Genlang
  • Genlain, 1186
  • Jenlains, 1197
  • Genlin
  • Jalain, 1484
  • Jeullaing, 1662
  • Jeanlaing, 1650

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : ?

Epoque de son apparition: XIème siècle ( ?)

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: le territoire est situé au sud de la chaussée romaine Bavay – Tournai

sources d’eau ou cours d’eau: l’Aunelle au nord-est du village

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir:  château local (?)

Paroisse dédiée à Saint-Martin

Evêché: de Cambrai

Décanat/doyenné: Valenciennes

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné au chapitre épiscopal de Cambrai en 1148

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale (jusqu’en 1678)

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté du Quesnoy

Seigneuries et fiefs

Il semble difficile de reconstituer une liste complète des seigneurs de Jeanlain (aussi écrit Genlayn). Nous sommes ouverts à tout renseignement qui nous permettrait de compléter et de corriger la liste suivante.

Famille de Jeanlain

Les premiers seigneurs semblent avoir porté le nom du village. On cite :

  • Simon de Jeanlain en 1196
  • Nicolas de Jeanlain, frère du précédent, qui s’en alla à la quatrième croisade où il aurait sauvé la vie de Jacques II d’Avesnes lors du siège de Constantinople en 1203.
  • Guillaume de Jeanlain, que nous ne pouvons pas rattacher par un lien familial aux précédents. Il en est de même de:
  • Gauthier/Wauthier de Genlayn, cité en 1244, qui épousa Marie de Beaudignies

Famille de Masny (parfois écrit Mauny)

  • Les précédents eurent une fille, Jeanne de Genlayn, qui épousa vers 1287 Jean « le Borgne » de Masny (v1285-1324) seigneur de ce village situé à l’est de Douai, à l’époque dans le comté d’Ostrevent. Sa demeure fut brûlée en 1319 pour avoir dérogé aux droits du comte de Hainaut. Ils eurent plusieurs enfants dont :
  • Gauthier/Wathier de Masny (v1305-1372). Baron de Masny, seigneur de Jeanlain et chevalier, ce personnage se mit au service du comte de Hainaut pour lequel il combattit à Sluys et à Tournai. Il accompagna Philippa de Hainaut, fille du comte Guillaume Ier, en Angleterre où elle épousa le roi Edouard III. Il continua à résider là-bas où il occupa plusieurs postes officiels. Il devint chevalier de l’Ordre de la Jarretière en 1359. Il y épousa en 1354 Margaret Plantagenet, duchesse de Norfolk, dont il eut deux enfants, Anne et Thomas, qui restèrent en Angleterre. Gauthier de Masny mourut à Londres.

Famille d’Enghien

Est-ce que le précédent mit sa seigneurie de Jeanlain en vente ? Fut-elle mise en gage pour dettes ? Il semble que ce soit pour cette dernière raison que Louis d’Enghien (v1323-1394) l’acheta et en devint le seigneur. Seigneur d’Enghien, des villages hennuyers d’Onnezies, Athis et Montignies-sur-Roc, il devint par héritage de son neveu comte de Brienne et de Conversano en Italie. Digne représentant de la chevalerie, il se mit au service de plusieurs maîtres, les comtes de Hainaut et de Flandre, le roi Charles VI de France, dont il devint le connétable, le comte d’Anjou qui l’amena en Italie du sud où il finit ses jours. 

D’Adrien de Montigny, fin XVIème siècle

Nous ne savons pas ce que devint Jeanlain par la suite. Les autres seigneuries hennuyères passèrent à la maison de Luxembourg. Nous n’avons pas trouvé mention de cela pour Jeanlain.

Famille d’Espiennes

Nous trouvons cette famille un siècle et demi plus tard dans la liste des seigneurs de Jeanlain. Nous ne savons pas comment leur échut la seigneurie. Sont  cités  comme seigneurs de Jeanlain :

  • Aimery Etienne François d’Espiennes ( ?- ?). Chevalier en 1665 et échevin de Valenciennes. Il épousa en 1663 Rose de Hennuyer, dont il eut :
  • Jean-François-Joseph d’Espiennes (1664-1724), écuyer, qui épousa Marie Françoise Le Hardy (1674-1747). Il en eut plusieurs enfants dont :
  • Ignace François Joseph (1703-1775), un fils cadet, cité comme seigneur de Jeanlain. Ayant épousé Charlotte Louise de Remont, il eut :
  • Jacques Jean Joseph Martin d’Espiennes, pour lequel je n’ai pas trouvé la mention « seigneur de Jeanlain » et qui aurait été le dernier titulaire féodal du village. Il avait épousé Marie-Jeanne Razoir de Croix, dame de Croix et de Forest
L’ancien régime dans le royaume de France (1678 à 1789)

Etat : le royaume de France

Prévôté : du Quesnoy

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1789)
  • Etat: France dans ses divers régimes (républiques, monarchie, empire)
  • Département: Nord
  • Arrondissement : Avesnes-sur-Helpe
  • Canton: Aulnoye-Aymeries
Economie

Elle fut essentiellement liée à l’agriculture (500 des 584ha de la superficie de Jenlain sont occupés par les cultures de céréales, fèves, betteraves, pommes de terre) et à l’élevage.

On y trouva aussi les artisanats traditionnellement liés à ce secteur : des moulins à eaux, quatre brasseries au XIXème (dont la brasserie Duyck, depuis 1922, produisant la « Jenlain »), une fabrique de chicorée, citée en 1890, une teinturerie et des scieries.

Patrimoine

Eglise Saint-Martin, dont le chœur date de 1662, alors que les autres parties ont été reconstrutites en 1752 et en 1865.

Le Château d’en Haut et la Ferme d’en Haut. Bâtisses du XVIIIème dues à l’initiative des seigneurs d’Espiennes. On y trouve un porche-pigeonnier de 1772 et la grange de 1701. Le corps de logis a été édifié en 1777 pour le mariage de Jacques Martin d’Espiennes et de Marie Jeanne Rasoir. Il fut vendu par leur fils Charles. Plusieurs changements de propriétaires eurent lieu ensuite.

Le Château d’en bas, dont il reste le pigeonnier-porche rénové. Le reste a disparu.

 

 

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