Maurage

Entité communale de La Louvière

Le territoire

Superficie: 608 ha

Altitude: de 75 à 85 m

Situation géographique : Le village de Maurage est apparu dans la vallée de la Haine. Celle-ci le traverse d’est en ouest. Le noyau bâti s’étale de part et d’autre sur les deux versants. Jadis, le fond de la vallée (altitude 75m) était marécageux et sujet aux inondations. Des travaux d’approfondissement de la rivière et plus tard sa canalisation ont résolu ce problème. Les deux versants se prolongent vers des plateaux peu élevés (75m au nord et 85m au sud).

Cours d’eau : la Haine

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux (fond) et boisé (versants). Il persiste le bois de la Garenne (hêtres, chênes, bouleaux, charmes, marronniers) qui s’étend entre Boussoit et le nord-ouest de Maurage.

Nature du sol : alluvionnaire, argileux, sablonneux

Nature du sous-sol : calcaire, grès, houille

Préhistoire

Non documentée.

Antiquité gallo-romaine

Selon Th. Bernier, on aurait trouvé au XIXème siècle des briques et des poteries romaines. Pas de précision quant au type d’habitat.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

On sait qu’au milieu du VIIème siècle, le territoire de Maurage faisait partie (avec celui de Strépy) des possessions de la famille de Madelgaire (Saint-Vincent). Ce dernier en fit don à l’abbaye d’Haumont.

De cette époque, on a trouvé les vestiges d’un cimetière de 80 tombes, contenant du mobilier funéraire (colliers, fibules, garnitures de ceinture). Il aurait été utilisé entre 625 et 700.

Au IXème siècle, le village ou une partie de celui-ci faisait partie des possessions de l’abbaye de Lobbes (polyptyque de 868).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 868

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Maregium (868, polyptyque de l’abbaye de Lobbes)
  • Marages (1186)
  • Marège (1231)
  • Maraige (1265)
  • Maraiges (1369)
  • Marages (1372)
  • Mairages (1425)
  • Mauraige (1433)
  • Maurage depuis 1787

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : Le nom pourrait provenir du germanique marithja signifiant « marécage, terre aux mares » ou du tudesque (VIIème) marash ou moeras « marécage, sol fangeux ». Ce qui correspond bien à l’aspect qu’avait la vallée de la Haine jadis.

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique ni médiévale importante

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Saint-Jean-Baptiste

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie. 

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): baillage du Roeulx

Seigneuries et fiefs

Le territoire du village était partagé en plusieurs fiefs. Plusieurs d’entre eux appartenaient à des institutions religieuses, suite à des donations dont on ne connait pas la date:

  • Le fief du chapitre Saint-Vincent de Soignies
  • Le fief du chapitre de Sainte Waudru de Mons
  • Le fief de l’abbaye de Saint-Denis en Broqueroie
  • Le fief de l’abbaye d’Haumont

Il existait, à côté, deux seigneuries laïques :

  • La seigneurie principale du village
  • La seigneurie de Malapert, probablement un arrière-fief tardif de la première

La seigneurie principale

Au XIème siècle, Baudouin I et la comtesse Richilde donnèrent un grand territoire composé de plusieurs domaines, dont certains avec des villages, à une famille proche dont descendirent les seigneurs du Roeulx. L’ensemble a constitué une circonscription administrative et judiciaire, le baillage du Roeulx.  Ces seigneurs ont conservé le grand domaine du Roeulx pour eux et leur descendance. Dans les siècles qui suivirent, ils ont distribué les seigneuries villageoises en apanage à plusieurs familles. Ce fut le cas pour le village de Maurage. Sa seigneurie principale fut donnée à une famille qui prit le nom du village.

Famille de Maurage

Sont cités comme chevaliers et seigneurs de Maurage :

  • Herman de Maurage ( ?-apr1144), fils d’Ernout de Maurage, dont on ne sait s’il exerça les droits seigneuriaux.
  • Simon « l’Ancien » de Maurage ( ?-avt 1188), fils du précédent
  • Simon « le Jeune » de Maurage ( ?-avt1229), fils du précédent
  • Jean de Maurage ( ?-avt1240), fils du précédent
  • Jean « el Poireth » de Maurage, fils du précédent
  • Mathieu « le Bègue » de Maurage ( ?-apr1333), une ou deux générations après le précédent
  • Jean « le Sausse » de Maurage ( ?-apr1388), fils du précédent
  • Mathieu de Maurage ( ?-apr1437), fils du précédent
  • Michel de Maurage, fils du précédent
  • Mathieu de Maurage ( ?-v1437), fils du précédent. Il n’eut que deux filles, dont l’une, Jeanne de Maurage (1401- ?), hérita de la seigneurie. Elle se maria trois fois. Eut-elle des enfants ?

Il est possible qu’à sa mort, Maurage rentra dans les domaines des comtes de Hainaut et qu’en 1433, tout comme pour le Roeulx, la seigneurie fut donnée à la famille de Croÿ (voir chapitre « le Roeulx »).

On cite aussi la famille de la Barre au XVII-XVIIIème siècle. Détenait-elle la seigneurie principale ou un fief secondaire ? Ce serait à partir de Philippe de la Barre (1516-1599). Plus de renseignements seraient utiles à ce sujet.

Plan de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: Le Roeulx
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Les paysans du village ont eu à subir des dommages de différents conflits.

A commencer par les ravages faits dans la région en 1072 par Robert le Frison, prétendant au comté de Flandre, après sa victoire sur Richilde et Baudouin II, comtes de Hainaut et de Flandre.

En 1185, les troupes du duc de Brabant et de l’archevêque de Cologne, en conflit avec le comte de Hainaut, vinrent saccager les villages entre Binche et le Roeulx. Maurage était du nombre.

En 1554, le roi de France Henri II, qui s’attaqua aux châteaux de Binche et Mariemont, pilla plusieurs des villages à proximité.

Economie

Le sol et le sous-sol de Maurage furent exploités. Longtemps, l’activité principale des habitants fut l’agriculture et l’élevage.

On a exploité la chaux du sous-sol  calcareux et entretenu des fours à chaux.

Des carrières de sable blanc et jaune, utilisé pour la construction, ont aussi été exploitées. Elles ont disparu. Jadis ce sable était exporté vers les villages voisins à dos d’ânes, d’où la dénomination populaire de « village à baudets » pour Maurage.

Exploitation houillère. Elle apparut tardivement.

La concession de « Bray, Maurage, Boussoit » fut accordée en 1827 par le roi des Pays-Bas au vicomte Desmaret de Biesme. Celui-ci vendit ses droits en 1837 à une société d’exploitation et une avaleresse fut creusée à Bracquegnies. Une inondation mit fin au chantier en 1840. Endettée, la société fut achetée par un groupe d’industriels belges qui en firent une société anonyme.

On a creusé dès 1872 trois puits : Saint-Jean, Marie-José, La Garenne. L’entreprise devint rentable. Un quart de la surface du village fut consacré à cette activité. On y exploitait du charbon gras et semi-gras.

Elle acheta la concession du Levant de Mons. Cette entreprise devint en 1904 la « SA des Charbonnages de Maurage ». Elle exploitait sous les localités voisines de Boussoit, Bray, Strépy, Thieu, Trivières. A cette époque, le village connut une forte expansion démogra-phique, due à l’immigration.

Le charbonnage ferma en 1961.

Patrimoine

Eglise Saint Jean-Baptiste. Gothique 1420. En 1883, fut fondé un couvent de religieuses augustines.

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