Mont-Sainte-Aldegonde

Entité communale de Morlanwelz

Le territoire

Superficie: ?

Altitude: 175 m

Situation géographique : Le territoire est situé sur une crête qui constitue le versant ouest de la vallée de la Haine. Il est situé à 175m.

Cours d’eau : le ruisseau de la Fontaine, affluent de la Haine.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : forestier (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, schiste

Préhistoire – Antiquité gallo-romaine – Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Périodes non documentées.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1177

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Mons-Sanctae-Aldegundis, 1177, charte d’Alard, évêque de Cambrai
  • Mont, 1218, charte de jean, évêque de Cambrai
  • Mont-S.-Audegonde, 1265
  • Mons S. Aldegundis, 1444
  • Mont-Sainte-Aldegonde, 1473, 1566

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

Ce village est apparu sur une hauteur. Il a pris le nom de la sainte à qui fut dédiée sa paroisse. Celle-ci n’est autre que la sœur cadette de Sainte-Waudru et la fondatrice de l’abbaye de Maubeuge au VIIème siècle. Mais dans les premiers siècle de l’existence du village, on parlait tout simplement de « Mont ».

Epoque de son apparition: XIème ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine au nord du territoire

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau de la Fontaine

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Sainte-Aldegonde

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné en 1177 à l’abbaye de Bonne-Espérance par l’évêque Alard de Cambrai. Ce qui fut confirmé la même année par le pape Alexandre. Une contestation en 1222 le fit passer au chapitre épiscopal de Cambrai.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneurie

Il s’agissait d’un fief ample relevant de la cour féodale de Mons et de la prévôté de Binche. 

Les premiers seigneurs ont pris le nom de « Mont ».  On cite Anselme de Mont en 1212 et 1218. Par la suite, il existe deux versions :

  • La première selon laquelle une famille de Marmol détenait les pouvoirs seigneuriaux sur Mont-Sainte-Aldegonde. Ils ne l’auraient cédé qu’au siècle suivant aux Carnières (Selon C. Vander Elst – dans Documents et rapports de la Société paléontologique et archéologique de Charleroi, T.VI, 1873)
  • La seconde fait passer la seigneurie plus tôt dans la famille des Carnières (selon A. Georgery, Geneanet.org).
  • Robert III de Carnières (1255- ?), seigneur de Carnières. En conflit avec l’abbaye de Lobbes, dont il était avoué héréditaire, il renonça à cette fonction et confisqua le domaine de Mont-Sainte-Aldegonde dont il usurpa les droits seigneuriaux. Lui succédèrent :
  • Robert IV de Carnières (v1280-1332), fils du précédent
  • Baudouin I de Carnières (v1315- ?), fils du précédent
  • Robert V de Carnières (v1350- ?), fils du précédent
  • Wauthier de Carnières (1374- ?), fils du précédent
  • Jean de Carnières (1399-1459), fils du précédent
  • Baudouin II de Carnières (1430- ?), fils du précédent
  • Jacques I de Carnières (1451-1491), fils du précédent
  • Warnier de Carnières (1472-1513)
  • Celui-ci revendit Mont-Sainte-Aldegonde à Nicolas de Croix, licencié en droit, bourgeois anobli de Mons

La seigneurie aurait alors été divisée en trois parties, acquises par trois personnages :

  • Un fief de la famille de Haméricourt
  • Un fief à Guillaume Prévost
  • Un fief au seigneur d’Esclaibes et d’Epinois.

Mais en 1513, la seigneurie complète semble avoir été reconstituée au profit de Henri de Haméricourt/Emmericourt (1486- ?), déjà seigneur de Willersies et de Neufville-sur-Sambre. Il fut aussi écuyer de Marguerite d’Autriche, maître d’hôtel de Marie de Hongrie et prévôt de Binche de 1492 à 1541. Il fut créé chevalier en 1525 par Charles-Quint. De sa femme Elisabeth de Spangen, il eut huit enfants.
Sa fille Marie hérita du domaine.

Famille de Marnix « de Sainte Aldegonde »

Jacques de Marnix « de Sainte Aldegonde » (1510-1557), déjà baron de Pottes, devint seigneur de Mont-Sainte-Aldegonde en épousant Marie de Haméricourt. Il était aussi officier au service de Charles-Quint. 

Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde

Leur fils Philippe de Marnix « de Sainte Aldegonde » (1540, Bruxelles-1598, Leyden).  Personnage très intéressant. Il fit des études de théologie à Genève auprès de Calvin dont il fit sienne sa doctrine réformiste. Il en devint un zélé propagandiste en Allemagne, puis dans les Pays-Bas Espagnols. Il se mit au service de Guillaume d’Orange-Nassau, dont il devint le conseiller. Il participa à la rédaction du « Compromis des Nobles » en 1566, à la négociation qui aboutit à la « Pacification de Gand » en 1576. Il aida à la constitution de la République des Provinces-Unies qui se sépara des provinces catholiques du sud des Pays-Bas. Il fut aussi écrivain et poète. Ses biens en Hainaut furent confisqués. Il mourut à Leyden, en Hollande.

Son fils Jacques Philippe de Marnix (1565-1599) lui succéda six semaines. 

Il laissait une fille Walburge de Marnix, mineure, qui récupéra la seigneurie de Mont-Sainte-Aldegonde, dont sa mère exerça la tutelle. Elle épousa en 1616 Guillaume d’Olden Barneveld, gouverneur de Berg-op-Zoom. Ce dernier eut à souffrir du fait que son père, accusé de trahison à l’encontre des Provinces-Unies, fut jugé et condamné à mort en 1619. Guillaume fut démis de ses fonctions et entra lui aussi en conspiration contre les Orange-Nassau. Ce fut un échec, il dut fuir et se rallia à l’Espagne en 1623 en abjurant le calvinisme et en se convertissant au catholicisme. Il fit valoir ses droits sur Mont-Sainte-Aldegonde. Mais il se sépara en 1623 de sa femme Walburge. Ils n’avaient pas eu d’enfant. Elle mourut en 1626. Lui s’endetta et mourut ruiné en 1654. Sa seigneurie fut saisie et la gestion fut confiée à un bailli relevant de la Cour Souveraine de Mons.

Famille de Liévin

  • Guillaume de Liévin ( ?-1659, Bergen-op-Zoom), seigneur de Famars, était un cousin de Walburge de Marnix. Il était aussi au service des Etats de Hollande. En 1655, il acheta la seigneurie de Mont-Sainte-Aldegonde.
  • Il la laissa à sa mort à son fils Charles de Liévin « de Famars » ( ?-1690). 
  • Célibataire, il légua ses biens à sa sœur Alix de Liévin. Elle vendit Mont-Sainte-Aldegonde en 1701.

Famille le Boucq

  • Philippe Louis le Boucq ( ?-1721) l’acheta. Lui succédèrent :
  • François Joseph le Boucq ( ?-1763)
  • Philippe Albert le Boucq ( ?-1777)
  • Dominique Albert le Boucq ( ?-1789)
  • Charles Léopold le Boucq. C’est avec ce dernier qu’en 1794 l’Ancien régime se termina.

    Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Binche
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Thuin
  • Arrondissement judiciaire: Charleroi
  • Canton: Binche
  • Entité communale depuis 1977: Morlanwelz
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Le village fut dévasté par les guerres en 1185, 1554, 1568, 1572, 1622

On note un campement des troupes françaises en 1667 après la prise de Binche, ce qui s’accompagna de réquisitions et de dommages au château seigneurial.

Economie

Elle fut essentiellement agricole.

Il existait un puits d’extraction de charbon au lieu-dit « Cronfestu » (limite entre les deux communes) qui appartenait aux Charbonnage de Morlanwelz-Mont-Sainte-Aldegonde.

Vestiges du site de Cronfestu
Patrimoine

Eglise Sainte Aldegonde. Reconstruite en 1779.

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