Noirchain

Entité communale de Frameries

Le territoire

Superficie: 1018 ha

Altitude: 60 m (altitude moyenne)

Situation géographique : Ce village est apparu dans une petite cuvette sur le versant sud de la vallée de la Trouille

Cours d’eau : Il s’est constitué le long du ruisseau des Rogneaux, qui rejoint au nord du village le ruisseau du Temple descendant de Frameries. Ce dernier va se jeter plus en aval dans le By.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : les versants des vallées étaient boisés, faisant partie de la Forêt Charbonnière

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, schiste, houille

Préhistoire

Quelques silex ont été découverts au XIXème, sans identification précise.

Antiquité gallo-romaine

Le village est situé au bord de la voie romaine Bavay-Utrecht.

Il ne semble cependant pas qu’on ait trouvé des vestiges de cette époque sur le territoire de Noirchain, contrairement à Nouvelles.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1168 (acte de Baudouin IV qui donnait une terre labourable à un prêtre chargé de dire la messe à Mons pour le repos de l’âme de la comtesse Alix.

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Norcin, 1179
  • Noirchin, 1214
  • Noircin, 1223
  • Norchin

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • Noircin, de « noirs seins », selon une légende qui veut que les femmes de mineurs qui portaient sur leur dos des hottes de charbon se seraient coupé les seins pour empêcher que les sangles ne les blessent
  • Noirs dgeins, les gens noirs, salis par le charbon
  • Murocinctus, signifiant « entouré de murs » (Chotin) – mor- aurait été altéré en –nor
  • Nordicus mansus (germain latinisé), voulant dire « habitation de Nordicus » (Carnoy)

Epoque de son apparition: peut-être le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine à l’ouest du village

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau des Rogneaux

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Sainte-Aldegonde (fondatrice de l’abbaye de Maubeuge). Elle serait devenue une dépendance de celle de Genly en 1230.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Mons

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné soit à l’abbaye de Ghislenghien (acte de 1179), soit au chapitre Saint-Géry de Cambrai (bulle du pape Alexandre III de 1180).

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

L’acte de donation de 1168, évoqué plus haut, permet de penser que l’actuel territoire de Noirchain faisait partie des possessions comtales à cette époque. Mais des parcelles furent données en fiefs

  • au chapitre de Sainte-Waudru (à moins que celui-ci ne le détenait auparavant, comme c’était le cas à Frameries)
  • aux seigneurs de Quiévrain
  • à la Commanderie de l’Ordre du Temple qui possédait un fief et une ferme à Frameries

La seigneurie principale

Elle fut à un certain moment attribuée par un comte de Hainaut à une famille qui prit le nom de Noirchain/Norchin. Plusieurs personnages sont mentionnés, mais il est difficile de trouver les liens de parenté entre eux.

Selon un article de la Société d’Archéologie de Bruxelles (1903, trouvé sur Google Book), un certain Huart de Noirchain « le Vieux » « ouder her Aelman », bâtard du Hainaut, aurait existé. Il aurait combattu pour le comte. Est-ce lui qui aurait bénéficié de ce fief ? Il aurait épousé une certaine Agnès. Est-il le même que Huon de Noirchain, cité en 1258 et 1288 (mentionné par Th. Bernier) ?

Gérard de Noirchain. Il pourrait s’agir de Gérard de Sassegnies, seigneur de Noirchain, cité en 1334 par Jehan Froissart, rapporté par Th. Bernier. Capitaine d’Escaudeuvre

Huart de Noirchain, fils du précédent. Il vendit trois fiefs, dont celui de Noirchain, à Baudouin de Pottes (Cercle archéologique de Mons, 1897).

Famille de Pottes

Baudouin de Pottes (v1305- ?). Fils de Gérard IV de Pottes. Seigneur de Noirchain, par achat probablement en 1342 (L. Devilliers, 1896). Il épousa Marie de Flavel, dont il eut:

Jean de Pottes (v1330- ?). Chevalier. Seigneur de Noirchain. Il vendit sa seigneurie à Michel de Haynin (Annales du Cercle archéologique de Mons, 1897). Il avait épousé Isabeau de Blaregnies.

A partir de ce personnage, on peut, à partir des généalogies, établir une lignée, qui apparaît correcte.

Maison de Haynin

Michel « Brognart » de Haynin (v1350-1410). Il était le fils de Jean II de Haynin et de Marie de Lalaing. Il devint donc seigneur de Noirchain en 1393 par achat à Jean de Pottes. Bourgeois de Mons. Receveur des villes de Maubeuge et de Bavay. Il épousa Marie Joye ( ?-1427), dont il eut:

  • Hanin
  • Marie, héritière de Noirchain, infra
  • Jehan

Maison de Rumigny-Peissant

Jacquemart de Rumigny-Peissant (1362-1434). Il était le fils de Jean I de Rumigny-Peissant, seigneur d’Hyon et de Peissant. Echevin à Mons. Il devint seigneur de Noirchain par mariage avec Marie de Haynin (v1370- ?), dame héritière de Noirchain, dont il eut

Antoine de Rumigny-Peissant (v1416-1472). Echevin à Mons. Seigneur de Noirchain. Lui succéda son fils:

Antoine de Rumigny-Peissant (apr1443-1497, Mons) dont la fille Michelle hérita de Noirchain.

Maison de Dessus-le-Moustier

Henri de Dessus-le-Moustier (1484-1564). Il est le fils de Bertrand de Dessus-le-Moustier, pelletier, échevin de Mons et seigneur de Nivelles, et d’Agnès du Moulin. Il devint lui-même échevin de Mons et seigneur de Noirchain par mariage en 1510 avec Michelle de Rumigny-Peissant ( ?-1538). Lui succédèrent:

Adrien de Dessus-le-Moustier (1513-1539), fils du précédent

Adrien II de Dessus-le-Moustier (1538- ?), fils du précédent. Apparemment décédé jeune sans descendance.

Michel de Dessus-le-Moustier (1518, Mons – 1587, Mons), deuxième fils d’Henri et oncle d’Adrien II

Henri de Dessus-le-Moustier (1562, Noirchain – 1613, Valenciennes), fils du précédent

Gilles de Dessus-le-Moustier (1594, Noirchain-1676, Noirchain). Il eut plusieurs enfants, dont Agnès qui hérita de Noirchain.

D’Adrien de Montigny (fin XVIème siècle)

Maison d’Apchon

Jacques Albert d’Apchon ( ?-1703). Il devint seigneur de Noirchain, par mariage avec Agnès de Dessus-le-Moustier ( ?-1696). Lui succéda:

Gilles Albert d’Apchon ( ?-1742), son fils

Charles Gabriel Ghislain d’Apchon (1713-1753), fils du précédent, mort apparemment sans descendance. La seigneurie de Noirchain fut vendue en 1758.

Maison de la Barre (de Flandre)

Charles Joseph Trophée de la Barre (1725-1788). Il était baron de la Barre, seigneur de Balinghe et de Neuf-Maisnil, ainsi que de Noirchain par achat en 1758 (Annales du Cercle Archéologique de Mons, 1897). Il épousa en 1749 Polixène Augustine de Croix de Drumez, fille du Comte de Clerfayt, dont il eut:

Sébastien Charles Joseph de la Barre (1753-apr1807). Baron de La Barre. Seigneur de Noirchain. Châtelain d’Ecaussines d’Enghien en 1807. Il devint député de Noirchain en décembre 1792 à la Convention Nationale de France (Annales Cercle Archéologique de Mons, 1934)

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Pâturages
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Pâturages
  • Entité communale depuis 1977: Frameries
Economie

Elle fut essentiellement agricole pendant des siècles.

Dès 1634, on commença à y exploiter le charbon en surface. Une exploitation houillère s’installa au XIXème à la limite entre Noirchain et Frameries, dont il reste aujourd’hui « le grand terril n°12 », boisé, au « Coron de la Fosse », classé en 1991. Il s’agissait d’une concession de l’Agrappe-Escouffiaux et de Hornu-Wasmes, qui ferma en 1939. Le siège dépendait de la « SA Compagnie des Charbonnages Belges » à Frameries.

Il y eut aussi des fours à chaux.

Voies de communication

Routières :

  • L’ancienne chaussée romaine Bavay-Utrecht, remplacée par la route Bavay-Mons.
  • Un chemin qui reliait Frameries à Givry (actuelle N546), où l’on croisait une autre chaussée romaine, allant de Bavay à Tongres et Cologne.

Tramway: ligne venant de Frameries

Patrimoine

Eglise Sainte-Aldegonde. De style gothique, elle comporte encore des éléments du XVIème (voûte en berceau lambrissé) et du XVIIème siècle, mais l’ensemble a été fortement remanié 1894. Cuve baptismale du XVIIème.

La ferme du château. Au sud du village, proche du ruisseau. Vestige de l’ancienne propriété seigneuriale. Le bâti actuel (logis) est du deuxième tiers du XVIIIème siècle, en style classique tournaisien. Il a été construit par le baron de la Barre, à l’emplacement de l’ancien château médiéval. Ancienne chapelle castrale. Le château fut très endommagé par un incendie lors de la Première Guerre Mondiale. Il n’en reste que la ferme.

En 2005, à l’occasion de travaux, des fosses ont été découvertes et fouillées. On y a décelé des fragments de poteries du XIIème et du XIIIème siècle (C. Ansseau).

La ferme haras du Petit Bigard. Elle date de la deuxième moitié du XIXème siècle. Style néo-classique. Porche-colombier. Logis. Granges. Cours pavées.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *