Nouvelles

Entité communale de Mons

Le territoire

Superficie: 269 ha – Altitude: 50m (au centre)

Situation géographique : sur le versant sud de la vallée de la Trouille et plus précisément le long de la Wampe, un de ses affluents

Cours d’eau : Wampe

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : ce versant du plateau du Haut-Pays (ou de Bavay) était couvert de bois

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : crayeux (ère secondaire), silex (ère tertiaire) , houille sous-jacente (ère primaire)

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) : découverte d’outils en silex (sans précision)

Age du bronze : une occupation de l’âge du brone final (sans précision)

Ages du fer : une occupation du deuxième âge du fer (période La Tène III)

Antiquité gallo-romaine

De 1888 à 1894, on a découvert et fouillé un site situé à la limite des actuelles communes de  Nouvelles, Harvengt et Asquillies. Des vestiges d’une vaste villa gallo-romaine furent mis à jour. Les fouilles ont été reprises depuis 1964 (E. Leblois).

Il s’agissait d’une villa en U, qui a perduré depuis les premières décennies du Ier siècle jusqu’au début du IIIème siècle. On y a trouvé des signes d’opulence : des bains, des hypocaustes, un aqueduc, des mosaïques, des marbres. Des monnaies Alexandre Sévère  (222 et 223) furent exhumées.

Il semble qu’elle fut pillée lors des invasions de la seconde moitié du IIIème siècle. On n’a mis à jour aucun élément pour le IVème siècle, sauf deux monnaies, une de Constantin (310-311) et une de Constance II (332-333).

Les vestiges d’un aqueduc romain se prolongent sur le territoire d’Asquillies (fouillé en 1996). Cette conduite d’eau était enterrée dans le sol sur une pente vers le sud-est qui alimentait un réservoir de la villa romaine. Il s’approvision-nait au sud-ouest de  la route Frameries-Givry, en bordure du ruisseau d’Asquillies (By ?).

C’est une des rares villas gallo-romaines fouillées méthodiquement dans la vallée de la Haine et donc bien attestée comme telle. Elle pourrait avoir appartenu à des magistrats de la cité des Nerviens de Bavay. Elle était située à mi-distance des deux chaussées romaines Bavay-Utrecht (qui passe à Noirchain et Ciply) et Bavay-Cologne (qui passe à Givry).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Une communauté paysanne s’y serait installée au VIIème siècle (pas de précision !).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 965

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Novella (965, bulle du pape Gélase 1118-1183)
  • Nouvelle, Noviles,
  • Novelles (1186)
  • Nouvelles (1254)
  • Novilles (1262)
  • Noveles (1265, 1294)
  • Novielles (1295)
  • Nouvelles (1296, 1410)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : de nova villa, villa neuve. Vu la disparition probable de la villa romaine au IIIème siècle, vu l’absence de témoignage d’un réinvestissement de cette exploitation par les Francs dans un second temps, il est difficile d’attribuer l’appellation du village à cette villa antique. Rien cependant ne permet non plus d’affirmer qu’elle provient d’une villa carolingienne du VIIIème ou du IXème siècle. La question reste posée.

Epoque de son apparition: Xème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la seule voie importante à proximité, dans les siècles qui vécurent l’avènement d’une communauté rurale à Nouvelles, était probablement le “vieux chemin de Binche” qui, en réalité au Xème siècle, reliait Famars et Valenciennes à Estinnes, en passant par les “grosses” communautés franques au sud de la Haine et de Mons. Ce chemin a en grande partie disparu aujourd’hui.

sources d’eau ou cours d’eau: Nouvelles est un village-rue né en parallèle à la Wampe, sur son versant ouest

source de bois: la pente boisée du plateau. Il persiste un Bois de Nouvelles à l’est du village.

proximité d’un lieu de pouvoir: je n’ai pas de précision sur l’ancienneté d’un château sur le territoire de Nouvelles. Il ne semble pas qu’il y en ait eu au moment de la constitution de la communauté rurale, à moins qu’il existât alors une ferme fortifiée récente (“villa nova”). Pure hypothèse.

Paroisse dédiée à Saint-Brice. C’était une dépendance de la paroisse voisine de Harveng.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Mons

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain, puis à celle de Crespin au XIIème.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Deux seigneuries y ont coexisté, sans doute dès le XIème siècle. Elles détenaient chacune les trois justices. Il s’agissait

  • d’une seigneurie dépendant de la pairie d’Avesnes
  • d’une autre dépendant de la baronnie de Quiévrain

On y trouvait aussi des biens (terres) appartenant à des abbayes : St-Ghislain, Bélian, Maubeuge, Mons. Le territoire de Nouvelles n’étant pas étendu, tous ces fiefs devaient être particulièrement réduits.

Liste des seigneurs

On est semble-t-il mal documenté sur ces deux seigneuries à Nouvelles. Quelques noms de seigneurs ont été conservés. Il est possible que ces deux fiefs n’aient pas toujours eu un seigneur à leur tête, mais simplement un maire et des échevins, qui géraient les affaires du village au nom des comtes ou des seigneurs de Quiévrain ou d’Avesnes. On cite:

Etienne de Nouvelles. Seigneur de Nouvelles et chevalier, cité en 1250.

Jacques de Ghelet. Il aurait été seigneur de Nouvelles. Personne dans sa famille ne porte ce titre (voir St Symphorien).

Pour la seigneurie d’Avesnes : la Famille de Behault, au XVIIème siècle

François Jean de Behault (1636-aprs1695). Fils de Jean de Behault (1610- ?). D’une famille de bourgeois commerçants de Mons. Ecuyer, en 1678 par le roi Charles II d’Espagne. Il était seigneur de Marcq, de Nouvelles (par achat?), de Warelles. Echevin de Mons. Maître-artilleur, présent au siège de Mons en 1676.

  • Ep.1. 1664 Gertrude Thérèse van der Steyn
    • François, S. de Marcq, maître d’artillerie à Mons, qui épousa Philippine van der Beken. Pas d’enfant
    • Jeanne, dame héritière de Nouvelles, infra
  • Ep.2. 1682 Marie Philippine Robert. Pas d’enfant.

Philippe François Robert (1668, Mons – 1759, Mons). Ecuyer. Seigneur de Quevelon, et de Nouvelles (par mariage). Echevin de Mons. Bailli du chapitre de Sainte-Waudru. Député des Etats de Hainaut. Il épousa en 1703 Jeanne de Behault (1671-1755), héritière de Nouvelles. Ils eurent:

  • François Jean (1704- ?)
  • Marie-Anne (1705- ?)
  • Jérôme Joseph (1707- ?)
  • Simon Maximilien Robert (1708- ?). Seigneur de Nouvelles. Lieutenant-colonel au régiment de St-Ignon. Pas de mariage ni descendance.
  • Marie Jeanne « de Nouvelles » Robert (1709-1743), qui épousa en 1734  Simon Charles « Robert de Gondecourt » (1700-1778), son cousin germain. Ils eurent :

Simon Charles « de Robersart »  Robert (1741, Mons-1810, Nouvelles). Comte de Robertsart. Seigneur de Choisy, de la Barre et seigneur de Nouvelles par mariage. Magistrat et échevin de Mons. Député des Etats du Hainaut. Il épousa en 1766 Marie Philippine de Sart de Molembais (1746-1845). Avec lui se termina le régime féodal.

Pour la seigneurie de Quiévrain :

Famille Ghodemart

Hugues Ghodemart (1591-1653). Fils de Mathieu Ghodemart, petit-fils d’Antoine Ghodemart. Seigneur de Wattrinpeau, de Nouvelles (fief de Quiévrain). Echevin de Mons (1626-1632). Capitaine des Bourgeois de Mons en 1639. Receveur général des aides de Hainaut. Il épousa Anne-Paul, dont il eut:

  • Antoine, infra
  • Marie-Florence

Antoine Ghodemart (1629, Mons – 1686, Mons), fils du précédent. Ecuyer. Seigneur de Nouvelles. Echevin de Mons. Il épousa N. Malapert.

On perd toute trace des titulaires de cette seigneurie ensuite.

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemappes

Canton: Mons

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Mons
  • Entité communale depuis 1977: Mons
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Rien de bien connu

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Economie

L’agriculture et l’élevage de moutons jusqu’au XIXème siècle furent les activités principales des habitants de Nouvelles.

Il exista un moulin à vent, démonté au XIXème

Exploitation du sous-sol

Exploitation de silex pour la faïencerie de Nimy jusqu’à la fin du XVIIIème

Exploitation de craie phosphatée pour engrais.

Extraction de houille en 1820 : deux puits de Belle Victoire. Vendus en 1844 à la Société du Levant des Produits de Flénu. Démolition des installations entre 1868 et 1880

Voies de communication

Par la route: au sud du village se croisaient les chemins médiévaux de Valenciennes à Binche et celui de Mons à Maubeuge. Le premier disparut en grande partie. Le second fut pavé au XVIIIème. Les autres chemins ont relié le village à ses voisins (Asquillies, Harveng)

Par le train: la ligne Mons-Chimay passait tout au nord du village.

Patrimoine

 Eglise Saint-Brice

En bordure du parc d’Oultremont (famille noble installée ici au XIXème). De style semi-classique, bâtie en 1866. On y trouve un monument funéraire des seigneurs de Robersart.

Château des comtes de Robertsart

Vestiges du Château-ferme du Haras. Ancienne ferme seigneuriale. Tour porche (autrefois précédée d’un pont-levis). Corps de logis en briques. Vaste grange. Construite par Hugues Ghodemart en 1647, receveur général des Aides du Hainaut et propriétaire de la seigneurie relevant de Quiévrain. Aménagement d’un haras en 1932.

 

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