Ressaix

Entité communale de Binche

Le territoire

Superficie: 431 ha

Altitude: de 90 m (centre du village) à 125 m au sud

Situation géographique : sur le versant sud-ouest de la vallée de la Haine

Cours d’eau : les ruisseaux du Bois du Hoyau et le Petit Fossé

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, schiste, houille

Préhistoire

Paléolithique inférieur (Homo Heidelbergensis) ou moyen (Homo Neandertalensis) :

On aurait trouvé un gisement de silex au lieu-dit « Mont-du-Berger » utilisé au paléolithique inférieur. Les pierres étaient taillées selon la méthode Levallois.

Au lieu-dit « Trieu », des silex auraient été taillés selon la méthode moustérienne par des Néandertaliens du paléolithique moyen.

Antiquité gallo-romaine

La chaussée romaine Bavay-Cologne traverse la cité d’ouest en est au centre du territoire, mais on n’a pas découvert jusqu’ici de témoignages de cette époque.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté, si ce n’est qu’en 868 le territoire (ou une partie de celui-ci) appartenait à l’abbaye de Lobbes.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 868

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Resai ; 868, dans le polyptyque de l’abbaye de Lobbes
  • Resacium, 868
  • Resatium, 973
  • Resais, 1159-1181
  • Ressais, 1177
  • Ressay, 1186, 1297, 1473
  • Ressars, 1186
  • Ressai, 1265

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • Les étymologistes pensent que cela pourrait venir de « la propriété de Radso ».
  • Ou que le nom proviendrait de Ressay, Ressars, « endroit au bord d’un cours d’eau »
  • Ou de Ress, « habitation » et de –ay, « rivière »
  • Ou lié aux essarts, sarts : « terres défrichées »

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine Bavay-Tongre-Cologne à la limite nord du territoire

sources d’eau ou cours d’eau: ruisseaux mentionnés plus haut

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: diverses résidences seigneuriales et peut-être à l’origine une ferme abbatiale de Lobbes

Paroisse dédiée à Saint-Etienne

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Bonne-Espérance en 1177 par Allard, évêque de Cambrai. Ce qui fut confirmé par le pape Alexandre III.

Ceci fut ensuite contesté en 1222 et la collation de la cure fut transférée au chapitre épiscopal de Cambrai.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneuries et fiefs

Lors de la période franque, le territoire de Ressaix faisait partie des possessions de l’abbaye de Lobbes (selon un cartulaire de 868), objet d’un don de Pépin de Landen, au VIIème siècle. Ce dernier était maire du palais du royaume franc d’Austrasie. Sa famille (les Pippinides) possédait de très grands domaines dans ce royaume. Un diplôme de l’empereur Otton II de 975 confirme qu’elle y possédait encore des biens.

Il semble que les comtes de Hainaut s’approprièrent au IXème siècle, la plus grande partie du territoire, ne laissant qu’une seigneurie au chapitre de l’abbaye. Les comtes administraient les domaines par l’intermédiaire de la prévôté de Binche.

L’histoire des seigneuries de Ressaix est complexe, d’autant plus qu’il existe des contradictions selon les sources. Suit ce qui apparaît le plus probable, avec des questionnements par moments et des hypothèses.

On distinguait à Ressaix plusieurs domaines seigneuriaux. Chaque domaine avait son bailli (représentant du comte ou du seigneur), son mayeur (représentant des villageois), ses échevins et son sergent.

  • La seigneurie principale, appelée « seigneurie à clocher », c’est-à-dire comprenant surtout le village autour de l’église. En 1452, elle fut démembrée en quatre fiefs (infra) dont certains se regroupèrent par la suite.
  • Un fief du chapitre St-Ursmer de Binche (celui de Lobbes déplacé à Binche). C’était une possession ancienne d’une seigneurie foncière avec haute et basse justice. Elle couvrait un quart de l’ensemble du village.
  • Le fief de Saint-Etienne, appartenant au chapitre Notre-Dame de Cambrai. Elle s’étendait sur Ressaix, Leval et Mont-Sainte-Aldegonde.
  • La seigneurie de la Hutte. Il s’agit d’un domaine qui relevait de la seigneurie de La Longueville, liée à une branche bâtarde des comtes de Hainaut.
  • Le fief de Montai. Cité en 1389 comme appartenant à Henri de Montai, dont il se déshérite au profit de Marie de Mauriaumes.
  • Le fief de « trois bonniers et demi », situé entre Péronnes et Ressaix. Il est signalé en 1410-1411 comme appartenant à Jacques d’Abcoude de Gaesbeeck, seigneur d’Houdeng (Aymeries). Il fut, comme cette dernière seigneurie, acheté par Nicolas Rolin et transmis ensuite à ses héritiers.
La seigneurie principale dite « seigneurie à clocher de Ressaix »

Cette seigneurie fut dans un premier temps attribuée à une famille de personnages ayant pris le nom du lieu. On connait :

  • Jean de Ressaix, chevalier, cité à de nombreuses reprises dans des actes entre 1265 et 1308. Il serait intervenu en Angleterre auprès de Philippine de Hainaut, fille du comte de Guillaume I.
  • Jacques de Ressaix, peut-être fils du précédent, cité plusieurs fois entre 1276 et 1308
  • Guillaume de Ressaix, frère du précédent

Après la mort deux derniers, la seigneurie passa à la famille de Montigny. Comme il ne semble pas exister de lien familial, il est possible que ses membres en furent fieffés par un comte de Hainaut vers 1350 (hypothèse), soit à :

  • Jean V de Montigny (1325/1328-1361), fils de Rasse I de Montigny, baron de Montignies-Saint-Christophe.
  • Rasse II de Montigny ( ?- ?), frère du précédent. Connu comme chevalier et seigneur de Montignies, Lissereux, Ressaix). Ce qui signifierait que lui et son frère Jean étaient co-seigneurs de ces lieux. De son mariage avec Marie de Beaufort d’Angre, il n’eut pas d’enfant.
  • Abraham de Montigny (1353- ?), fils de Jean V, qui épousa en 1373 Marguerite de Quarouble, fille d’Evrard, seigneur de Quarouble. Il est souvent dit qu’elle fut « dame de Ressaix », mais sa famille n’est pas liée à ce domaine. Soit elle fut l’épouse héritière d’un des seigneurs de Ressaix cités ci-dessus, soit ce nom lui fut attribué de par son mariage.
  • Henri/Baudouin « Bridoul » de Montigny (1373-1415), leur fils, qui épousa Marie Galois (ou Galon ou Galoys) de Mons

La seigneurie passa ensuite aux Solesmes (parfois appelés Colem) et cités comme seigneurs d’Angre. Pour quelle raison ? Héritage ou achat ? Le trouble vient du fait que Marie de Beaufort, citée plus haut, était d’Angre, où il existait un fief de Beaufort, à côté de la seigneurie principale. Pour Ressaix, on cite :

  • Olivier de Solesmes ( ?-1415), chevalier, sire d’Angre, cité en 1410
  • Puis Marguerite de Solesmes, sa sœur, veuve d’Obert de Ciply, qui vendit le domaine en 1415 soit à Gérard de Sars, soit selon d’autres sources à Jean de Quiévrain. Peut-être s’agissait-il aussi de co-seigneuries.

Ressaix échut à la famille de Sars

  • Probablement en la personne de Gérard de Sars (v1385- apr1415), époux de Marie de Beaufort, veuve de Rasse de Montigny (1330-1403), chevalier, cité en 1372 et 1403 comme seigneur de la Courte et de Lissereux (à Fauroeulx), titres que l’on retrouve chez Gérard de Sars.
  • Leur fils, Jacques de Sars (1420-1478) leur succéda.
  • On cite également Lion de Sars ( ?- ?), qui épousa Marie de Galon/Galoys, veuve d’Henri « Bridoul » de Montigny, cité plus haut (autre coïncidence).

C’est alors que fut effectué un remembrement du domaine de Ressaix en 1452, selon une charte du 29 mars 1452. Il fut partagé en quatre fiefs :

  • la seigneurie à clocher de Ressaix,
  • la seigneurie de la Courte,
  • la seigneurie dite de Peissant
  • la seigneurie dite de Clerfayt.

Il est possible que ces fiefs existaient déjà avant cette date, mais que leurs limites furent redessinées. On en discutera plus loin. Chaque partie était administrée au quotidien par un bailli, un maïeur, des échevins, un greffier et un sergent.

Ce même Jacques de Sars se retrouva à la tête de la seigneurie à clocher, de celle de la Courte, de Peissant et de Clerfayt. A noter qu’à l’époque ces deux derniers domaines devaient être nommés autrement, car ces appellations relèvent de familles seigneuriales ultérieures.

La seigneurie à clocher semble avoir été cédée après ce démembrement à la famille de Quiévrain, soit :

  • Jean de Quiévrain ( ?- ?), seigneur de Monceau, cité dans de nombreux actes entre 1452 et 1500 ?), aussi mentionné parfois comme acheteur de Ressaix à Marguerite de Solesmes.
  • Antoine de Quiévrain ( ?-1526), son fils, chambellan de Philippe le Beau
  • Charlotte de Quiévrain (1450- ?), fille héritière du précédent, qui épousa Jacques de Rosimbos (1480-1530).
  • Jeanne Anne de Rosimbos ( ?-1592), leur seule fille héritière, qui épousa Adrien d’Ongnies ( ?-1550)

C’est alors cette famille d’Ongnies qui détint la seigneurie principale de Ressaix :

  • Adrien d’Ongnies ( ?-1550), chevalier, gouverneur de Lille, grand bailli des bois du Hainaut, seigneur de Ressaix par mariage avec Jeanne de Rosimbos. Lui et ses fils achetèrent aussi les domaines voisins de La Hutte, Peissant et de Clerfayt.
  • Robert d’Ongnies (1542- ?), fils du précédent
  • Jean d’Ongnies (1585-1618), fils du précédent, sans enfant
  • Eléonore d’Ongnies (1587-apr1618), sœur du précédent, héritière, qui épousa son cousin :
  • Charles Philippe d’Ongnies (1570-1632), qui, fort endetté, après avoir hypothéqué ses domaines, vendit en 1628.

Les quatre domaines furent rachetés par Louis de Mahieu ( ?-1651). Il les réunit en un seul fief comprenant la justice haute, moyenne et basse, le cens, des rentes, des corvées, les lois, les amendes et les forfaitures (1641-1647). A sa mort, il laissa le domaine de Ressaix à son épouse Anne-Françoise de Wasier ( ?-1652). La terre de Ressaix passa par indivis à ses trois fils, mais fut ensuite attribuée à l’aîné de ceux-ci, soit :

  • Charles Louis de Mahieu ( ?-1668), pas de postérité.
  • Puis Antoine de Mahieu ( ?-1669), son frère, sans postérité aussi
  • Puis Anne de Masnuy (1571-1670), leur nièce, qui épousa Jacques de Latre.

C’est cette famille de Latre qui détint enfin la seigneurie :

  • Jacques de Latre
  • Ernest-François de Latre ( ?-1677), en indivis avec son frère François de Latre, resté célibataire.
  • Pierre Ernest de Latre (1633-1722), fils du précédent, échevin à Mons

La seigneurie fut confisquée provisoirement par le roi de France Louis XIV qui avait conquis les Pays-Bas Espagnols et la citadelle de Binche.

  • Philippe Charles de Latre (1678-1755), fils du précédent
  • Lamoral Philippe de Latre (1716-1776), fils du précédent, échevin à Mons, conseiller au Conseil Souverain de Hainaut

La suite paraît obscure, car d’autres personnages sont cités comme seigneurs, sans lien généalogique retrouvé (des éclaircissements sont nécessaires à ce sujet).

  • Marie Ernestine de Latre (citée en 1760), fille du précédent, citée comme dame de Ressaix
  • Adrien Joseph de Latre (cité en 1799, comme seigneur de Ressaix)
  • Marie-Thérèse-Françoise de Latre a épousé Jean-François de Wolf, chevalier du Saint-Empire, qui aurait fait relief de Ressaix en 1765.
  • Charles Philippe Maximilien Joseph de Latre ( ?-1793), dernier seigneur féodal

    Carte de Ferraris (XVIIIème)
La seigneurie de La Courte-à-Ressaix (ou Cour-de-Ressaix).

Située entre le village de Ressaix et le hameau de Trahegnies. Il s’agissait aussi d’un domaine comtal, géré directement par les comtes eux-mêmes. Il y existait une cense fortifiée avec murailles et pont-levis, avec autour des terres et des bois.

Il semblerait qu’ils l’aient fieffé à Rasse de Montigny (1330-1403), cité en 1372 et 1403. Après son décès, sa veuve, Marie de Beaufort, a épousé Gérard de Sars (v1385- ?), déjà cité plus haut comme seigneur de Ressaix.

Leur fils Jacques de Sars (1420-1478) leur succéda. C’est avec lui qu’eut lieu le remembrement du domaine comtal de Ressaix en 1452. Au contraire du premier domaine, il transmit celui-ci à sa descendance :

  • Michel I de Sars (1440-1515), son fils
  • Michel II de Sars ( ?-1520), fils du précédent
  • Barbe de Sars (1505-1574), sa fille aînée, qui épousa Jean de Wignacourt ( ?-1546/1558)
  • Ils eurent un fils, Philippe de Wignacourt (1523-1573) qui vendit le domaine de la Courte-à-Ressaix à :
  • Charles I d’Ardembourg ( ?-1617), aussi seigneur de Vellereille-le-Sec, à qui succéda
  • Son fils Charles II d’Ardembourg ( ?-1630), qui n’eut que deux filles, décédées jeunes. La succession alla à leur tante, Anne d’Ardembourg, qui semble avoir revendu la Courte-à- Ressaix et Vellereille-le-Sec à :
  • François Van der Burch (1567-1644), écuyer, chanoine à Cambrai, puis évêque de Gand et enfin archevêque de Cambrai. Il vendit La Courte-à-Ressaix en 1366 à :
  • Jérôme François ( ?-1684), conseiller de la Cour Souveraine de Hainaut. Il n’eut qu’une fille :
  • Jeanne-Philippine François ( ?-1701), qui épousa en 1679:
  • Louis Alexandre II Schockaert (1633-1708), chevalier, comte de Thirimont, seigneur de Gaesbeek, premier secrétaire du roi Philippe V d’Espagne, prévôt de Bastogne et de Marche, à qui succédèrent :
  • Alexandre Louis Schockaert ( ?-1718), fils du précédent,
  • Philippe Pierre Schockaert (1708-1775), fils du précédent, resté célibataire.
  • Augustin Juste Schockaert (apr1708-1778), frère du précédent, qui n’eut qu’une fille :
  • Brigitte Josèphe Schockaert (1713-1796), qui épousa Charles Louis Demaisières, grand prévôt de Tournai, avec qui se termina la période féodale.

A la mort de Brigitte, dame de la Croix étoilée, le bien passa au marquis Paul Arconati-Visconti, fils de sa sœur Henriette et de Galeazzo Arconati-Visconti, marquis de Busto.

La seigneurie « de Peissant »

Le domaine faisait aussi partie des possessions comtales. Cette dénomination est tardive, comme on le verra plus loin. Il n’est pas mentionné s’il fut géré à l’origine par les comtes eux-mêmes ou par des seigneurs fieffés comme pour la seigneurie principale.

Ce qui est particulier, c’est qu’Olivier de Solesmes est cité en 1410 comme seigneur de ce domaine (comme il l’était pour le domaine principal), qu’il le transféra à sa sœur Marguerite de Solesmes en 1415 et que celle-ci le vendit à Gilles d’Esclaibes, seigneur d’Epinois,  la même année. Celui-ci le transmit en 1430 à son neveu Gilles II d’Esclaibes ( ?-apr1491).

Cependant ce domaine fit partie du remembrement de 1452 et Jacques de Sars s’en trouva à la tête, comme pour la seigneurie principale, celle de Clerfayt et celle de la Courte. Il devint « commun seigneur de Ressaix ».

S’il semble avoir vendu la seigneurie principale à Jean de Quiévrain (supra), il transmit les autres domaines à son fils:

  • Michel de Sars (1440-1515)
  • Jeanne de Barbençon s’en trouva titulaire. Comment ? héritage ? achat ?
  • Nicolas de Rumigny-Peissant (1431-1495), son époux, devint seigneur de Ressaix-Peissant, d’où le nom du domaine.
  • Jean III de Peissant (1464-1554), fils des précédents
  • Pierre de Peissant (1564-1600), fils du précédent
  • François de Peissant ( ?- ?), fils du précédent, qui vendit le domaine en 1601 à Robert d’Ongnies, déjà propriétaire de la seigneurie principale et de celle de la Courte.
  • A partir de ce moment, cette seigneurie fut administrée par les titulaires de la seigneurie principale (supra).
La seigneurie « de Clerfayt »

Il est mentionné qu’elle avait été attribuée par les comtes aux seigneurs du Roeulx. Aucun nom n’est cependant mentionné. On dit aussi qu’elle était tenue en fief de l’abbaye de Lobbes.

Il n’est donc pas impossible qu’elle corresponde au domaine que cette abbaye (puis son chapitre établi à Binche) conserva sur le territoire de Ressaix (supra). Elle comprenait le quart de la justice de Ressaix, s’étendait à des biens situés à Péronnes, à Leval et à Trahegnies. Le fief consistait en 48 immeubles ou parcelles, parmi lesquelles 6 maisons et 6 courtils, le tout faisant environ 40 bonniers, dont 12 bonniers, terre de quartier.

Le « changement de propriétaire » s’est peut-être effectué lors du démembrement de 1452, car aucun nom de titulaire n’apparaît avant cette date. De plus l’appellation « Clerfayt » n’est pas explicable.

Ce domaine fut aussi attribué à Jacques de Sars, déjà titulaire de la seigneurie principale (village), de la Courte et de Ressaix-Peissant. Il la transmit à :

  • Michel I de Sars (1440-1515), son fils
  • Michel II de Sars ( ?-1520), fils du précédent, qui eut deux filles :
  • Barbe de Sars, l’aînée, qui épousa Jean de Wignacourt, gouverneur du Quesnoy, prévôt de Mons. Il est possible que ce personnage (ou leur fils) endetté vis-à-vis de sa belle-mère, recéda Clerfayt à celle-ci qui la légua à Isabeau de Sars, sœur cadette de Barbe, soit à au fils de ce dernier, Godefroid de Wasservas ( ?-1587), signalé comme titulaire du domaine. Ses biens furent confisqués lors des guerres religieuses. La seigneurie fut vendue et achetée par :
  • Charles Philippe d’Ongnies, déjà propriétaire de la seigneurie principale et de la seigneurie de Peissant.
  • La suite est identique à celle de la seigneurie principale (supra).

Nous ne savons pas d’où provient le nom de Clerfayt, car il ne semble pas qu’un membre de cette famille ait détenu cette seigneurie à un moment quelconque.

La seigneurie de la Hutte-à-Ressaix

Elle ne relevait pas directement des comtes, mais de la seigneurie de La Longueville, qui descendait d’une branche cadette (bâtarde) de la famille comtale. Elle y aurait fait construire un château fortifié avec donjon où elle installa quelques familles pour administrer les lieux, bien avant le remembrement de 1452 qui ne la concerne pas. Et d’abord une famille qui prit le nom du lieu et dont on connait :

  • Florimond de la Hutte (1280- ?), chevalier et homme de fief du Hainaut
  • Nicolas de la Hutte (v1304- ?), fils du précédent, chevalier et homme de fief
  • Eustache de la Hutte (1335- ?), fils du précédent, chevalier et homme de fief, qui n’eut qu’une fille :
  • Berthe de la Hutte (1356- ?) qui épousa Robert de Carnières et fit passer le domaine dans cette famille.

C’est donc cette famille de Carnières qui continua à administrer les lieux :

  • Robert de Carnières (v1350- ?), déjà seigneur de Carnières et de Mont-Sainte-Aldegonde, devenu seigneur de la Hutte-à-Ressaix par son mariage avec Berthe de la Hutte en 1372
  • Wauthier de Carnières (1374- ?), fils du précédent
  • Jean de Carnières (1399-1459), fils du précédent
  • Baudouin II de Carnières (1430- ?), fils du précédent
  • Jacques I de Carnières (1451-1491), fils du précédent
  • Warnier de Carnières (1472-1513), fils cadet du précédent, qui vendit la propriété en 1505.

A ce moment, il existe une zone d’ombre. L’acheteur cité est parfois Nicolas de la Croix, licencié en droit et bourgeois anobli de Mons, parfois Nicolas II de Pottes.

La suite n’est pas plus claire.

On cite Jeanne de Rosimbos ( ?-1592), ce qui pourrait signifier que l’acheteur précité revendit un peu plus tard à un membre de la famille de Quiévrain (voir seigneurie principale). Jeanne de Rosimbos épousa Adrien d’Ongnies et c’est la famille de ce dernier qui continua à administrer la Hutte-à-Ressaix, suivie par les mêmes seigneurs que la seigneurie principale, celles de Peissant et de Clerfayt. 

Au XIXe siècle, le vicomte Benoît Maximilien Lambert de Lattre de la Hutte, décédé en 1875, est le plus gros propriétaire, et donc le plus gros contribuable, de Ressaix bien loin devant le marquis Arconati Visconti, propriétaire du domaine de la Courte et de charbonnages. Suite à son décès, le notaire Léon Fontaine acheya le château en 1867, en même temps que le parc, d’une étendue de 12 hectares 65 ares. Après la mort du notaire Constant Fontaine, fils du précédent, le domaine passa, en 1915, dans les mains du baron Evence Coppée, propriétaire des charbonnages de Ressaix. La décoration de la demeure fut à nouveau refaite à neuf.   Il en fit apport à la société anonyme des charbonnages de Ressaix.

Pendant la guerre, un pensionnat fut aménagé dans le château pour les enfants de mineurs. En 1958, le domaine, amputé d’une bonne part des terres et du parc, fut racheté par la paroisse. Une école technique pour jeunes filles s’y installa. Celle-ci fusionna avec le collège Notre-Dame de Bon Secours. Les bâtiments accueillirent banquets et fêtes durant un certain temps.

Finalement, le château fut racheté par Monsieur Tesse au début des années 1990 pour servir de restaurant et de salle de mariage. Depuis lors, il est restauré petit à petit. 

La Commune

On suivait à Ressaix la “coutume de Mons”, ce qui apparaît normal sur un territoire relevant essentiellement des comtes.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Binche
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Thuin
  • Arrondissement judiciaire: Charleroi
  • Canton: Binche
  • Entité communale depuis 1977: Binche
Evénements et faits marquants sur le sol de la commune

En 1185, le village fut détruit par les Brabançons et les soldats de l’évêque de Cologne, en guerre contre le comte Baudouin V.

En 1568 et 1572, pendant les guerres religieuses, le village eut à subir des incendies par les “gueux” (protestants).

En 1622, comme dans toute la région, on constata de gros dégâts effectués par l’armée de Mansfeld.

Les guerres de Louis XIV, qui s’est particulièrement acharné sur la place forte de Binche, se sont résumées en pillages et réquisitions (fourrage) à Ressaix et dans les villages environnants.

En 1745-46, les armées de Louis XV ont installé ici des campements militaires.

Economie

Elle fut de tout temps consacrée à l’agriculture.

On commença à exploiter le charbon au XIXème siècle. Les seigneurs du lieu octroyèrent une concession sous Ressaix et Péronnes-lez-Binche.

La « Société des Charbonnages de Ressaix » fut fondée. Au XIXème siècle, elle absorba les Charbonnages du Trieu, de Leval et de Mont-Sainte-Aldegonde, pour devenir une de plus puissantes compagnies charbonnières du Centre.

La crise survint déjà après la première Guerre Mondiale. On commença à fermer des puits. Après la Seconde Guerre Mondiale, deux puits majeurs survécurent, Saint-Albert et Sainte-Marguerite, qui avaient été modernisés. On construisit encore un lavoir complètement automatisé à Péronnes-lez-Binche qui fut mis en service en 1954. Charbonnages et lavoir durent cependant fermer en 1969.

Il exista aussi une Société du Centrequi fut reprise par la Société Evence Coppée. Elle ferma en 1973.

Patrimoine

Eglise de St-Etienne. Le premier édifice en pierre date du XIIème siècle. Quelques parties de cette époque sont encore visibles, malgré les nombreuses restaurations. Pierres tombales et monuments funéraires

Château de la Hutte. Il fut dévasté lors des guerres de religion et celles de Louis XIV. Il fut rasé et rebâti, transformé en résidence confortable. Il reste deux tourelles de 1682.

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