Rouveroy

Entité communale d’Estinnes

Le territoire

Superficie: 683 ha

Altitude: 140-145 m

Situation géographique :  Le centre du village se trouve sur le plateau de Bavay-Hauts-Pays qui est en fait ici la crête séparant les vallées de la Haine et de la Sambre.

Cours d’eau : La Trouille passe au sud-ouest du village, presque à la frontière, venant d’ailleurs de France, dans une zone boisée (le Bois d’Avau). Elle y est rejointe par des ruisseaux traversant le village.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (la Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : On trouve un affleurement de roches emsiennes (dévonien inférieur) relativement riches en carbonates de cuivre (malachite et azurite).

Préhistoire

Ages du fer :

Au second âge du fer (culture de la Tène), une communauté celtique vivait ici et y a laissé des traces dans la zone du bois d’Aveau, sur la rive droite de la Trouille. On pense qu’il pourrait s’agir d’un site protégé fortifié, auquel on a donné récemment le nom de « Castelet ».

On a également trouvé des anneaux passe-guide et des restes incinérés, que l’on attribue au « groupe de la Haine », faisant référence à ces communautés celtiques de la première partie de la période de la Tène (IV-IIIème siècle avant J.C.) qui auraient précédé l’arrivée des tribus gauloises belges.

Antiquité gallo-romaine

En 1981, on a également trouvé un murus gallicus, élément de fortification typiquement gaulois. Il pourrait dater du Ier siècle, ce qui signifierait que déjà à cette époque, il y avait une fortification à cet endroit.

On a trouvé aussi au même endroit des vestiges d’un « camp romain » (armes, monnaies, levées artificielles de terre) probablement du IV-Vème siècle de notre ère, soit de cette époque où l’on se protégeait des incursions barbares.

On n’est pas très loin ici de la chaussée romaine Bavay-Cologne par où déferlaient les bandes de Germains qui venaient piller les villes et les villages du nord de la Gaule.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Rouvroir
  • Rouveroit

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

  • On pense que cette appellation pourrait provenir de Roboretum qui signifie  « lieu des rouvres » (petits chênes).
  • A moins que cela ne vienne de Roborarium se traduisant par « place forte » et faisant référence à l’ancien castelet.

Epoque de son apparition: XIème ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: un chemin médiéval qui reliait Mons à Beaumont

sources d’eau ou cours d’eau: la Trouille

source de bois: toute la région était boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: indéterminée

Paroisse dédiée à Saint-Remi.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à (non spécifié)

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneuries et fiefs

Deux fiefs y ont coexisté :

  • Un fief dépendant de l’abbaye de Bonne-Espérance dans un premier temps, puis des comtes de Hainaut. Il s’agissait d’un fief ample.
  • Un fief de l’abbaye, puis du chapitre de Sainte-Aldegonde de Maubeuge

La seigneurie laïque comtale

Elle fut attribuée à plusieurs familles successives.

Famille de Rouveroy

C’est la moins documentée de toutes. Cette  seigneurie serait apparue au XIIème siècle, mais nous n’avons aucun nom datant du XIIème siècle. Les premiers seigneurs dont on peut trouver les noms dans les listes généalogiques en ligne semblent être des « Rulant », châtelains de Hozémont (près de Liège) et magistrats à Liège (il existe aujourd’hui dans cette ville une rue de Rouveroy). Ils prennent le nom de « Rulant de Rouveroy », puis de « Rouveroy » :

  • Guillaume de Rulant de Rouveroy, XIIIème siècle
  • Guillaume de Rouveroy ( ?-apr1280), fils du précédent, qui n’a que trois filles.
  • L’une épouse un certain Jean le Velhet ( ?-apr1343), aussi magistrat liégeois. Ce dernier, adoubé chevalier, devint seigneur de Rouveroy sous le nom de Jean le Velhet de Rouveroy. Ses successeurs gardèrent simplement le nom de « Rouveroy ».
  • Son fils, Jean « le Jeune » de Rouveroy ( ?-avt1372) n’a qu’une fille, Marie de Rouveroy, héritière de la seigneurie, qui épousa Renard de Lexhy. Les successeurs de celui-ci prirent aussi le nom de « Rouveroy » mais il semble qu’ils ne furent plus titulaires de la seigneurie.

Famille de Grez/Greis

Le passage de la famille précédente à celle-ci (originaire d’Haulchin ou de Grez dans l’Oise?) n’est pas clair. Il aurait eu lieu à la fin du XIVème siècle. Peut-être un achat.

  • Le premier cité est Englebert I de Grez ( ?-avt1380), un chevalier, seigneur de plusieurs villages (dont Grez dans l’Oise et Wattignies). Il portait le titre de « vicomte de Rouveroy ». Nous n’avons pas trouvé de signification à cet anoblissement. Exerçait-il un rôle particulier auprès du comte ? La terre de Rouveroy aurait ainsi était élevée au rang de vicomté ?
  • Lui succède Englebert II de Grez ( ?- ?), son fils, puis Jean de Grez ( ?-apr1415), son petit-fils, tous deux portant les mêmes titres.
  • A propos d’Englebert II, une histoire, vraie ou non, veut qu’il se soit engagé chez les Chevaliers Teutoniques dans leurs campagnes de colonisation et de christianisation de l’Europe du nord-est (Prusse, Pologne, Lituanie). Il fut présent en 1410 à la bataille du Tannenberg. Il aurait été fait prisonnier. On le crut mort. Son épouse se serait remariée avec un seigneur local. Le chevalier rentra un jour. Constatant la situation, il alla s’installer en ermite à Villers-Sire-Nicole, village voisin en bord de Trouille. Il se consacra à la culture des plantes médicinales. Un jour, son épouse, malade, vint le consulter. Elle le reconnut. Englebert alla combattre l’usurpateur (un seigneur d’Harmignies ?), le tua et regagna son château familial.

Famille Bryart/Briart

Il est difficile de savoir pourquoi et quand la vicomté de Rouveroy passa des Grez aux Briart.

  • Car entre Jean de Grez, mort au début du XVème siècle, et Antoine de Briart de Rouveroy ( ?-1575) qui a vécu au XVIème siècle, la documentation fait défaut. Ce dernier était aussi chevalier et vicomte de Rouveroy.
  • Sa fille Marguerite de Briart hérita des biens et des titres de son père. Elle les transmit à son époux, Isembart de Bousies.

Famille de Bousies

Celle-ci gardera Rouveroy jusqu’à la Révolution (en ce qui concerne les droits féodaux) et jusqu’en 1930 en ce qui concerne le château et la propriété.

L’origine de cette famille est très ancienne. L’ancêtre le plus lointain semble être Isaac de Cambrai (v890-avt948), comte de Cambrai par son mariage avec Berthe de Flandre, fille de Raoul, comte de Cambrai, et petite-fille de Baudouin I « Bras-de-Fer », comte de Flandre, et de Judith de France, fille du roi Charles le Chauve. On ne peut mieux en matière d’hérédité pour cette famille qui traversera les siècles au service des comtes, des ducs et des rois. Le premier seigneur de Bousies attesté est Jean I de Bousies, arrière-petit-fils d’Isaac de Cambrai dans une branche cadette.

  • C’est un lointain descendant de ce premier Jean qui devint un jour vicomte de Rouveroy : Isembard de Bousies (1548-1618), époux de Marguerite de Briart. Il portait aussi le titre de seigneur de Bousies, ainsi que d’autres lieux. Lui succédèrent :
  • Jean VII de Bousies (1578, Rouveroy-1651, Rouveroy), son fils, aussi seigneur de Saint-Symphorien par mariage
  • Philippe de Bousies (v1600-apr1655), fils du précédent
  • Ferry-Basile de Bousies (1628-1695), fils du précédent
  • Léon Claude de Bousies (1663-1721), fils du précédent
  • Charles Léon Joseph de Bousies (1703-1774), fils du précédent
  • Ferry François Joseph de Bousies (1750-1810), fils du précédent. Avec lui se termina en 1794 l’Ancien Régime. 

Sous Louis XIV, la prévôté de Binche fut annexée à la France de 1668 à 1678.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Merbes-le-Château

Entre les deux Traités de Paris de 1814 et 1815 le canton de Binche fut intégré au royaume de France.

La propriété resta une résidence de la famille de Bousies.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Thuin
  • Arrondissement judiciaire: Charleroi
  • Canton: Merbes-le-Château
  • Entité communale depuis 1977:
Evénements et faits marquants sur le sol de la commune

Le 11/11/1918, le village fut libéré par les Anglais. Des combats eurent lieu sur une ligne de front entre Croix et Rouveroy.

Economie

Elle fut agricole. Il existe encore dans le village cinq fermes en quadrilatère du XVIIIème siècle.

Patrimoine

Eglise St Remi (et Saint Médard, depuis 2010). Elle conserve une tour de 1719 et la voûte du porche du XVIème siècle. Elle fut agrandie vers 1850. On trouve encore quelques parties anciennes (XIV, XV, XVI). S’y trouve la crypte de la famille de Bousies, jusque Adolphine Liénaux de Bousies ( ?-1924)

On organise chaque année une procession à la Saint-Médard depuis au moins 1662.

Presbytère, 1749

Château des comtes de Bousies. L’actuel fut construit en 1782 sur l’emplacement de l’ancien château, par le comte Ferry François Joseph de Bousies, sur des plans de l’architecte montois Larivière. Il fut remanié en 1942. Parc avec pilori

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