Saint-Ghislain

Entité communale de Saint-Ghislain

Le territoire

Superficie: 397 ha

Altitude:  25 m

Situation géographique : Saint-Ghislain est apparu dans la plaine de la vallée de la Haine, au bord de la rivière. C’est un des seuls exemples d’une telle proximité.

Cours d’eau : la Haine

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : Il faut s’imaginer une vallée relativement large, au cours lent (vu sa faible déclivité) depuis que la rivière a contourné Mons jusqu’à son embouchure dans l’Escaut à Condé. Le débit est variable selon les saisons et les inondations  sont nombreuses. L’eau se faufile entre des petits îlots. Ceux-ci étaient peut-être plus nombreux du côté de saint-Ghislain, car c’était considéré comme un lieu de passage à gué. Il y avait çà et là quelques bosquets de peupliers et de nombreux saules.

Nature du sol : alluvionnaire, argile

Nature du sous-sol : grès, schistes

Préhistoire – Antiquité gallo-romaine

Il semble qu’on n’ait pas trouvé à ce jour de témoignages de passage ou d’habitat avant le Moyen-Age. Sans doute le caractère marécageux y est-il pour quelque chose. Il fallut le courage des moines au Moyen-Age pour aménager l’endroit en un site habitable.

Aucune chaussée romaine ne passait à Saint-Ghislain. A la fin de l’empire romain et durant toute la période franque mérovingienne, la Haine faisait frontière entre les petits comtés (pagus) de Hainaut et de Brabant (Burbant). Au-delà des marécages, les versants de la vallée étaient parsemés de fermes éparpillées.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Raconter Saint-Ghislain pourrait se résumer en l’histoire de son abbaye qui prit fin avec la Révolution française et qui fut suivie de deux siècles où le bourg se consacra essentiellement au commerce, à l’industrie et à l’enseignement.

Quant à l’histoire de son abbaye, elle réunit à la fois des éléments légendaires et des éléments historiques réels reflétant l’Histoire de la région au cours des siècles. Cette abbaye ne fut jamais reconnue comme un centre intellectuel rayonnant. Par contre elle joua un rôle politique et économique important dans le comté de Hainaut.

Fondation de l’abbaye d’Ursidongus

Selon la tradition hagiographique

Saint Ghislain, dit la tradition, aurait été fondée par un athénien nommé Ghislain en 648.

Hormis la tradition, rien ne vient confirmer ces faits dans des documents d’époque (qui étaient, il est vrai, rarissimes). L’abbaye, telle qu’elle rayonna économiquement pendant le Moyen Age, semble n’avoir été fondée qu’au Xème siècle.

Ce qui s’est passé auparavant n’est connu que par des récits hagiographiques écrits au Xème et XIème siècle. Comme toujours, ces récits ont pour but de magnifier un ou des personnages, ainsi que leurs faits, rapportés comme miraculeux. Le but étant alors d’entretenir un culte et des pèlerinages autour des reliques de saints, cultes qui sont sources de gros bénéfices pour l’abbaye.

Ces récits hagiographiques sont, pour les plus connus, une Vita Gisleni (Xème siècle, par des moines bollandistes), une biographie écrite en 1015 par un moine inconnu, et une Vita Tertia d’un certain Rainerus, moine de l’abbaye même, écrite en 1038.

Au XIVème siècle, ces récits ont été repris par le chroniqueur Jacques de Guise qui y ajouta quelques éléments, sans doute repris dans des documents aujourd’hui disparus.

Le fondateur de l’abbaye serait donc un certain Ghislain, issu d’une famille noble athénienne, mais au nom plus germanique que grec. Il serait né vers 600. Après avoir fait des études de philosophie, il entra au monastère de St Basile. Une fois prêtre, il vint en pèlerinage à Rome. C’est là qu’il aurait reçu l’ordre divin d’aller en Gaule, en pays de Haine, dans le lieu appelé Ursidongus, pour y fonder une église dédiée aux deux apôtres Pierre et Paul.

Arrivé en Gaule septentrionale, il y rencontra Saint Amand qui venait de fonder un monastère. Circulant dans la région, il crut voir en “Castrilocus Mons” (colline de Mons fortifiée à l’époque mérovingienne) l’endroit indiqué. Il commença, avec ses deux compagnons, à défricher les lieux pour y installer sa cellule (« cella »). A cette époque, le roi Dagobert chassait l’ours en bord de Haine. Une ourse vint se réfugier sous le manteau de Ghislain, suspendu à un arbre. Les chiens refusèrent de s’attaquer à leur proie, ce qui mit en colère le roi. Mais les paroles sereines du Saint remuèrent l’âme du bon roi qui se mit à genoux.

Par la suite, l’ourse s’en sauva avec les objets sacrés des moines. Un aigle apparut dans le ciel qui guida les moines vers l’ourse, réfugiée sur le lieu-dit « Ursidongus », une petite éminence dans des marais du bord de Haine. Ghislain lui enjoignit d’emmener ses petits dans la forêt lointaine (le bois de St Ghislain où allait naître Dour et Boussu-Bois) et de ne plus faire de mal aux hommes. Ce fut la fin des ravages des ours dans le pays.

Les moines, ayant retrouvé leurs objets sacrés, décidèrent d’installer leur cellule et leur oratoire dans ce lieu qu’on appela plus tard (au XIIème siècle seulement) Saint-Ghislain en hommage au fondateur. Ils avaient tant impressionné les habitants de la région que ceux-ci se laissèrent facilement christianiser.

« Ursidongus », selon une explication germanique latinisée, signifierait « petite émergence dans un marais ». Mais les moines préférèrent le “tombeau de l’ourse”, d’où la persistance de cet animal sur les armoiries et sur les sceaux de l’abbaye.

Ghislain y bâtit donc sa cellule (“cella”), qui donna l’appellation « Celle Gisleni » au monastère dans ses premiers siècles d’existence. Les travaux avancèrent. Ghislain alla demander à son supérieur, l’évêque Aubert de Cambrai, l’autorisation de fonder un monastère. Ce lui fut accordé. Pour rappel, c’est dans ces mêmes années que de nombreux monastères furent fondés. Parmi eux : Crespin, Condé, Mons, Maubeuge, Hautmont, Soignies, Saint-Amand, …

Sur le chemin du retour, passant par Roisin, Ghislain y fit un miracle (voir histoire de Roisin) chez le seigneur du lieu. Ce dernier, en récompense, lui offrit des terres de son domaine de Rachem (Roisin).

L’église d’Ursidungus fut dédiée à Saint Pierre et Paul. Ghislain obtint aussi de Dagobert un vaste territoire pour son abbaye, s’étendant dans une grande partie de l’actuel Borinage (Wasmes, Wasmuel, Warquignies, Hornu, une partie de Boussu et probablement une partie de Dour).

La fondation de l’abbaye semble donc dater des années 625-649, si l’on en croit ce qui a été écrit trois siècles plus tard. On dit aussi que c’est Ghislain qui poussa Waudru à se retirer à Castrilocus Mons pour y fonder une abbaye. Le saint homme était si convaincant qu’il amena Vincent, le mari de Waudru, à faire de même à Hautmont, puis à Soignies. Il conseilla aussi la soeur de Waudru, Aldegonde, qui fonda le monastère de Maubeuge.

On dit aussi que Waudru et Ghislain se rencontraient fréquemment et voyageaient ensemble. La sainte montoise, qui avait acheté le domaine de Frameries, en donna une grande partie à Ghislain. A la fin de leur vie, ils firent bâtir un oratoire à mi-chemin entre Mons et St Ghislain,  sur un site qui devint Quaregnon. C’est là qu’ils se rencontraient encore.

Le saint mourut en 684 ou 685. On aurait placé son corps dans une châsse vers 894 et fixé au 9 octobre la fête annuelle du saint. Ghislain aurait été, par son opiniâtreté et sa conviction, un grand évangélisateur. Il est donc normal que sa tombe, en l’église édifiée d’Ursidungus, devint un lieu de pèlerinage pour les paysans de la région.

Sous Charlemagne, en 808, l’abbé Elephas, que l’on dit de la famille de l’empereur, reçut l’ordre de rebâtir l’église en plus grandiose. Elle fut consacrée par l’évêque Halicaire de Cambrai en 822 qui conseilla de mettre les reliques du saint en un endroit sûr. Eléphas donna à l’abbaye des terres qui lui appartenaient près de Soissons, où un petit prieuré dédié à Saint-Ghislain fut construit. Il fit de même avec la moitié du village d’Elouges et avec le village de Wihéries. Il décéda en 839.

Bien cachées, les reliques du Saint ne furent pas saccagées par les raids normands entre 881 et 892, alors que l’abbaye fut démolie. Lorsque ceux-ci cessèrent, on remit en grandes pompes les reliques dans l’église. La levée du corps s’accompagna, comme il se doit, de nombreux miracles.

Les éléments certains de la fondation

Comme on l’a vu, tout ce qui s’est passé entre le VIIème et le Xème siècle appartient à une tradition orale qui a été magnifiée dans des récits tardifs.

Il est vraisemblable qu’un petit monastère a été fondé antérieurement au Xème siècle. On sait que les Vikings ont pillé la région entre 881 et 890, à partir d’un camp qu’ils avaient installé à Condé. Toutes les églises, les monastères et les belles demeures furent pillées. Il y eut des massacres. Mais sur l’importance réelle de ces faits, on a peu d’éléments. Selon les historiens d’aujourd’hui, on aurait parfois exagéré les exactions. Le petit monastère de Saint-Ghislain aurait cependant été détruit. Les moines qui avaient fui seraient revenus  pour réparer les dégâts, mais, en ces temps difficiles, auraient commis des abus pour financer leurs travaux et s’enrichir au passage (commerce de reliques, d’indulgences, de sacrements, …).

C’est à cette époque que les comtes de Hainaut prirent de l’importance. Régnier I « au Long Col », nommé par l’empereur Louis le Jeune vers 880, eut pour mission de lutter contre les Vikings. Ce qu’il fit, non sans mal, mais en gagnant de plus en plus d’autonomie par rapport à ses suzerains successifs et en s’accaparant de grands territoires fiscaux qui devinrent sa propriété.

Depuis 843 (Traité de Verdun), le petit comté de Hainaut avait été versé, au gré des partages héréditaires des successeurs de Charlemagne, dans la Francie Médiane et puis dans la Lotharingie, sous suzeraineté tantôt de l’empereur Lothaire, tantôt du roi de France Charles le Chauve, et finalement des empereurs de Germanie.

Au début du Xème siècle, après que les invasions normandes furent jugulées dans la région, l’église de Saint Ghislain fut desservie par le prêtre Teutfrid qui habitait Hornu. Des « gens venus de loin » lui parlèrent d’un saint homme reposant dans l’église. Un miracle et une vision lui permirent de découvrir le corps de ce saint. La relatio miraculorum S. Gisleni (Xème) relate ces évènements.

C’est alors que, vers 925-930, Gislebert (v880-939), duc de Lotharingie, fils de Régnier I et frère du comte Régnier II, décida de remettre de l’ordre dans l’abbaye malade de Saint-Ghislain. Il manda Gérard de Brogne (931-959), un réformateur, et lui donna mission d’introduire de la discipline parmi les moines (on suivit la Règle Bénédictine), de restaurer les bâtiments et de mettre sur pied un culte autour des reliques du saint. Entre-temps, celles-ci avaient disparu… pour réapparaître à l’abbaye de Maubeuge où l’on espérait en obtenir de bons profits. Il fallut l’intervention de l’évêque de Cambrai pour que les précieuses reliques soient ramenées à Saint-Ghislain. L’évêque de Cambrai Etienne délégua un archidiacre afin d’y procéder à « l’élévation des reliques ».

Deuxième Moyen-Age

L’abbaye, source de convoitises comtales

L’abbaye renaissait de ses cendres grâce à l’intervention du duc de Lotharingie, frère du  comte de Hainaut. Après la mort de Gislebert et de son frère Régnier II, Régnier III, comte de Hainaut, sembla devenir propriétaire de l’abbaye. Personnage ambitieux, comme ses ancêtres d’ailleurs, il se révolta contre l’empereur Othon I qui l’obligea à l’exil et confisqua tous ses biens et domaines. Il mourut en Bohême. L’abbaye devint « royale », c’est-à-dire dépendant directement de l’empereur et gérée par un abbé nommé par lui.

Les fils de Régnier III, Régnier et Lambert, revendiquèrent les biens de leur père (comté, propriétés, ainsi que l’abbaye). Ce qui amena de nombreux conflits entre eux et les comtes nommés par les empereurs. Les moines obtinrent pourtant d’Othon III la confirmation de leur statut d’abbaye royale, ce qui fut encore confirmé en 1018 par l’empereur Henri II.

Malgré tout, Régnier IV et ses descendants, continuèrent de revendiquer l’abbaye (les revenus qui en découlaient, soit les droits d’avouerie, et le droit de nommer les abbés). Les abbés demandèrent et obtinrent la protection de l’empereur et de l’évêque de Cambrai.

En 1053, le Comte Baudouin I de Hainaut et V de Flandre, second époux de la comtesse Richilde, contesta les limites de la propriété, d’autant plus qu’il n’existait aucun acte écrit prouvant la donation. Celui-ci, selon les moines, aurait été détruit lors des raids normands du IXème siècle. Des faux circulaient, mais…

Par dépit, le comte ravagea le monastère, la ville et les villages alentour, du moins les fermes abbatiales qui s’y trouvaient. L’abbé Widric s’en plaignit à l’empereur qui vint attaquer et défaire Baudouin. Celui-ci dut réparer ses injustices en donnant à l’abbaye le dixième chêne du Bois de Baudour (soit le dixième des arbres abattus) ainsi que des moulins sur la Haine.

La fin du Xème siècle fut aussi marquée par la réforme clunisienne. Celle-ci rejetait l’immixtion du temporel (donc des souverains laïcs) dans les affaires de l’Eglise. Cette idée fut reprise par le Pape Grégoire et ses successeurs et fut à l’origine de la « Querelle des Investitures » entre papes et empereurs. Les papes contestaient à ces derniers la nomination des évêques et des abbés, mais aussi leurs ingérences dans les affaires temporelles (propriétés et revenus) de l’Eglise. Les papes gagnèrent cette lutte.

L’évêque Gérard de Cambrai fut convaincu par ces idées. A l’instar du prince-évêque de Liège, Gérard se retrouva ainsi à la tête d’un fief épiscopal puissant, qui ne relevait que du Pape. Son pouvoir était uniquement spirituel : nomination des curés, répartition des dîmes prélevées par ceux-ci chez leurs paroissiens, édiction des règles liturgiques, etc… Dès la fondation de l’évêché de Cambrai, celui-ci s’étendait sur l’ancien territoire de la Cité des Nerviens (le Cambrésis, le Hainaut et le Brabant jusqu’à l’estuaire de l’Escaut). Il compta entre autres sur les abbés de Saint-Ghislain pour parvenir à ses fins. Ceux-ci firent pression sur les seigneurs locaux pour agrandir leurs domaines.

La bourgade de Saint-Ghislain – seigneurie et paroisse

Comme souvent, des habitations se groupèrent autour du monastère, dès ce Xème siècle, sur des terrains appartenant à l’abbaye. L’abbé de St Ghislain devint donc le seigneur du village qui s’y développa. En tant que seigneur temporel sur ses nombreux domaines, l’abbé était soumis au comte de Hainaut et au prévôt de Mons.

Une paroisse y fut fondée, mais elle resta une dépendance (« un secours ») de celle d’Hornu qui lui était sans doute antérieure, sur des domaines appartenant aussi à l’abbaye. Une chapelle fut bâtie, dédiée à Saint-Martin. Il fallut attendre 1589 pour que la paroisse de Saint-Ghislain devint autonome, car entre-temps le nombre de paroissiens de Saint-Ghislain avait largement dépassé celui d’Hornu.

Au XIème siècle, le village de Hornu était plus important que celui de Saint-Ghislain. Le marché s’y organisait tous les mercredis depuis que le comte Régnier V l’eut autorisé en 1018. Y était vendu le surplus des récoltes des moines et des paysans.

Vers 1002, Godefroid, un des fils du comte Régnier III, fut guéri d’une maladie après avoir imploré Saint-Ghislain. Il fit entourer la ville d’une enceinte munie de deux portes. Ceci a cependant été mis en doute.

Une abbaye prospère et une puissance économique dans le Hainaut

A peine remise sur ses pieds par Gérard de Brogne et ses successeurs, grâce à une meilleure administration des domaines, la prospérité s’installa, ce qui expliqua aussi la convoitise des comtes.

Dès le Xème siècle, l’abbaye commença à s’enrichir de grands domaines. Godefroid « le Captif », comte de Hainaut, qui remplaça un temps les Régnier bannis par l’empereur, donna ses terres de Villers (devenues Villers-Saint Ghislain). La collation (la dîme) des paroisses de Villers et d’Harmignies passa aux abbés.

Une charte de l’empereur Othon en 965 énuméra les biens appartenant à l’abbaye, sous le deuxième abbé Widon. Il est dit que cette charte était un faux. Elle faisait référence à un document écrit par le roi Dagobert qui avait fait de grandes donations à l’abbaye, document qui aurait disparu lors des invasions normandes.

En 978, toujours sous Widon, l’abbaye édicta une « charte des serfs » qui lui furent assujettis. Il s’agissait d’une liste écrite de  droits et de règles se substituant à l’arbitraire du non écrit. Nombreux serfs y furent affranchis. De nombreux actes de cette époque, dits « actes d’asservissement », existent encore aujourd’hui, révélant que tel seigneur, son épouse et ses fils faisaient actes d’asservissement à l’abbaye. En fait, ils donnaient à celle-ci quelques-uns de leurs serfs. C’était une façon pour les seigneurs d’affranchir quelques-uns de leurs serfs. Ce fut le cas pour le comte Baudouin en 1093, pour les seigneurs de Quiévrain entre 1101 et 1314, ceux de Roisin (1223-1226), Renier d’Athis (1190), Alard d’Audregnies (1233) et le sire de Blaugies (1241). Cette coutume perdit de son importance durant le XIIIème siècle avec la disparition progressive du servage au profit du salariat.

On dit qu’un peu plus tard, l’abbé Simon fit des achats jugés inconsidérés. Mais les « affaires » reprendront néanmoins avec de nouveaux abbés talentueux, Henric et Winéric notamment. Ce dernier avait été nommé par l’empereur Henri II. Ceux-là instaurèrent la Règle de Benoit, qu’avait inaugurée déjà Gérard de Brogne en son domaine, au détriment de la Règle de Basile, introduite par Ghislain.

Les abbés suivants furent Guidon en 1023 et Hitfrid, encore nommés par le comte Régnier IV. Ils opéraient des trafics de tout genre. L’évêque et l’empereur Conrad remplacèrent le deuxième en 1029 par Poppon.

C’est sous Widric (1051-1081) que le comte Baudouin II vint ravager l’abbaye qui en fut ruinée.

Après la Querelle des Investitures, de nombreuses familles seigneuriales du Hainaut léguèrent une partie de leurs terres à l’abbaye. Ainsi les abbés obtinrent-ils des biens sur Wasmes de la part de Gilles de Chin et de son père Gontier.  Gilles de Chin, tué au siège de Roucourt en 1137, fut enterré à Saint-Ghislain.

Guillaume de Dour, vers 1150, céda la moitié de ses terres de Dour (une partie du village, le futur Boussu-Bois et le bois de Saint-Ghislain à Dour).

Le territoire de l’abbaye s’étendit ainsi sur de larges domaines où furent le plus souvent bâties des fermes dont les bénéfices revenaient à l’abbé, mais aussi des bois, des étangs, des moulins, … Ce fut le cas à Blaugies (un quart du village), Dour, Erquennes, Athis, Roisin, Eth, Bry, Sebourg, Angre, Angreau, Audregnies, Wihéries (le village entier), Elouges, Quiévrain, Warquignies, Wasmuel, Mainvault, Ville-Pommeroeul, Baudour, Basècles, Villers-Saint-Ghislain, Vellereille, Harmignies, Boussoit et des lieux encore plus éloignés.…

De plus, vers 1080, sous l’abbatiat d’Oduin, les évêques de Cambrai,  Gaucher et Odon, rattachèrent de nombreuses paroisses (et leurs dîmes) à l’abbaye de Saint-Ghislain: Hornu, Quaregnon, Dour, Blaugies , Erquennes, Athis, Elouges, Villers-Saint-Ghislain, Harmignies, Beugnies, Wasmes, Basècles et Wadelincourt, Ellignies et Vaudignies, Hautrage et Vile, Baudour et Villerot. Le pouvoir sur les revenus lui était de droit divin. Cette dîme était un impôt en nature et correspondait à un dixième de la production des paroissiens paysans.

Une abbaye prospère se devait d’être riche. Il fallait payer les nombreux moines, ainsi qu’un receveur général qui se chargeait de récolter les impôts. D’autres fonctionnaires monastiques travaillaient encore sous l’autorité de l’Abbé: un maître des bois, un maître des rentes seigneuriales, …

L’Abbé, comme seigneur temporel sur les terres qui lui appartenaient, exerçait la justice. Il employait pour cela un bailli, assisté d’une garnison et d’un bourreau. Cela rapportait beaucoup d’argent en amendes. De plus l’abbaye touchait des droits de passage sur l’ancienne route de Mons à Valenciennes, ainsi qu’en d’autres points d’entrée sur son vaste territoire.

Lorsque l’abbé Allard s’en alla assister au concile de Clermont en 1096, concile qui vit le pape Urbain II convoquer la première croisade en Terre Sainte, il reçut du pape la confirmation des biens du monastère. Ces propriétés furent encore confirmées par le pape Gélase II en 1118 et 1119 sous l’abbatiat d’Oduin II « le Vénérable » ( ?-1142). Ce dernier fut d’ailleurs le premier abbé de Saint-Ghislain élu par sa communauté de moines. Le pape Pascal II, ayant excommunié l’empereur Henri IV lors de la Querelle, lui donna l’investiture à Rome.

Ce phénomène ne concernait pas seulement Saint-Ghislain dans la région. Il en était de même avec les autres abbayes : Saint-Amand (à Sirault), Maubeuge, Sainte-Waudru (la plupart des villages autour de Mons), Saint-Denis, Crespin, …

Les abbayes étaient parmi les principaux propriétaires fonciers à l’ouest de Mons. Les comtes de Hainaut aussi, dans la mesure où ils étaient devenus abbés laïcs de l’abbaye de Mons, transformée en chapitre. En face de ces domaines abbatiaux et comtaux, il restait les possessions des baronnies du Hainaut, petites ou grandes, dont la plupart passèrent plus tard dans les mains de quelques grandes familles (de Croÿ, Ligne, Arenberg, Lalaing, Mérode entre autres).

En ce XIIème siècle, l’abbé Egéric (1142-1160) reçut à plusieurs reprises Bernard de Clervaux, ce prédicateur qui organisa les communautés cisterciennes.

En 1151 survint un incendie grave. Ce fut à l’abbé Lambert, élu en 1170, de faire réparer les dommages et notamment les châsses-reliquaires.

XIIIème siècle – la commune

C’est au cours de ce siècle que les habitants de Saint-Ghislain reçurent de l’abbé le privilège de s’ériger en commune. La ville eut alors son bailli, son maïeur et ses échevins, tous sous les ordres de l’abbé. Le bailli exerçait la justice et avait à son service des officiers. Il pouvait requérir des soldats pour ses poursuites.  Le premier bailli connu, Seuwars de Saint-Pierre, exerça cette fonction entre 1308 et 1317.

Le marché d’Hornu fut transféré à Saint Ghislain en 1286, lorsque cette bourgade eut pris plus d’importance que la première sur le plan démographique. Deux foires annuelles apparurent entre 1234 et 1360, organisées sur les pâturages des marais, placées sous l’autorité du Conseil de Hainaut. On y vendait des marchandises soumises à un impôt que l’on appelait “tonlieu”, taxe qui ne favorisait pas le commerce. A la demande du mayeur, du conseil échevinal et des bourgeois, elle fut supprimée par l’abbé en 1430 seulement.

En 1226, l’abbaye fut pillée par une troupe envoyée par la comtesse Jeanne.

Un peu plus tard, l’abbé Guillaume ( ?-1271) dilapida de nombreux biens. Ce fut à Pierre de Quaregnon (1271-1281) de rétablir la discipline et les finances. Il obtint que Baudouin d’Avesnes, fils de la comtesse Marguerite, devint le protecteur de l’abbaye. Roger de Sart (1289-1310), ancien prévôt de l’abbaye de Crespin, ami du comte Jean d’Avesnes, continua à rééquilibrer les comptes de l’abbaye et put même acheter de nouvelles terres, notamment à Dour et Genly. Son successeur, Philippe, continua la même politique de prudence et de zèle. Le comte Guillaume lui fit encore don en 1311 de terres entre Tertre et Boussu.

XIVème siècle

L’abbaye était alors à son apogée. L’empereur Louis de Bavière, époux de la comtesse Marguerite de Hainaut, fit d’Etienne de Warelles (1317- 1366), abbé de Saint-Ghislain, et par ailleurs seigneur de Wihéries, prince du Saint-Empire pour ce domaine. Avec le temps, les abbés de Saint-Ghislain accumulèrent 17 titres, dont la plupart d’ailleurs étaient contestés et donnèrent lieu à des procès. Ceci en ce qui concerne le temporel (droits seigneuriaux). Etienne continua à acquérir des biens et des chapelles, à Neufvilles, Quaregnon, Wasmes et Blaugies.

Tout n’était pas toujours pour le mieux entre les bourgeois de Saint-Ghislain et les paysans des campagnes environnantes. En 1319, les paysans de Baudour attaquèrent l’abbaye et la pillèrent le jour du marché. En 1388, il y eut encore un conflit entre le village de Hornu et la ville à propos d’un partage de terres. 

A Etienne I succéda Etienne II de Morenfayt (1366-), élu et nommé par le pape Urbain IV, qui réitéra à l’empereur Charles IV de ne plus intervenir dans les nominations des abbés, comme ses prédécesseurs le faisaient de nouveau. 

En 1366, le comte de Hainaut, Aubert de Bavière, demanda aux moines et aux bourgeois de la ville de s’entourer de remparts. On était alors en pleine Guerre de Cent Ans. Même si celle-ci ne concerna que le royaume voisin de France pour les événements militaires, elle eut des répercussions politiques sur les comtes et les puissants seigneurs de Hainaut. Il valait donc mieux se protéger. La configuration des lieux (marais des alentours, la Haine) était déjà une protection en soi. On pouvait ouvrir des vannes qui inondaient les alentours et isolaient le bourg. Mais des remparts s’avéraient plus efficaces. Ils eurent d’ailleurs leur utilité dans les siècles suivants face aux convoitises des souverains français. St Ghislain devint alors une place forte puissante, dotée d’une garnison. Comme c’était aussi le cas à Condé, à Valenciennes, à Mons, à Chièvres, à Ath et au Quesnoy. Elle entra dans la catégorie des « bonnes villes » du Hainaut. On fit également creuser un grand étang dans l’enceinte de la ville, relié aux fossés.

A cette époque, les abbés étaient souvent au service des comtes pour différentes missions.

Guillaume II de Ville (-1401) continua une administration sage, tout en augmentant encore la liste des propriétés. C’est ainsi qu’il acquit le fief de Fontenoy à Wasmes qui outre des terres et une cense comprenait des houillères. En effet, depuis plus d’un siècle on commençait à extraire la houille au Couchant de Mons. Ces exploitations rapportaient de beaux bénéfices aux seigneuries.

XVème siècle

Jean II de Layens (1402-) était un théologien érudit qui fut envoyé par le comte aux conciles de Pise et de Constance à l’époque du Grand Schisme qui touchait la papauté (époque des doubles papes). La Guerre de Cent Ans sévissait toujours. Il fut envoyé en ambassade auprès du roi d’Angleterre pour tenter d’obtenir la paix avec le roi de France.

Par ailleurs, l’abbaye continuait à acheter des terres, celle de l’Avouerie de Basècles, à Quaregnon, à Baudour, à Elouges et à Roisin. En 1414, on dit que l’abbaye reçut en ses murs le comte Guillaume IV qui chassait avec le duc de Touraine dans la région, invitation qui aurait coûté des sommes énormes à l’abbaye. 

1432 vit encore un conflit entre le seigneur de Boussu et le monastère au sujet de la dîme que la paroisse de Boussu devait payer aux abbés. En fait, entre les deux cités, les conflits furent fréquents, le plus souvent à propos de contestations de terres entre les deux domaines.

Pierre II (1432-1443), continua la politique d’acquisitions, ici la collation de la chapelle de l’hôpital d’Hautrage. 

On déplora en 1427 un grand incendie dans la ville et en 1437 une grande famine (comme dans tout le Hainaut). La ville fut inondée en novembre 1445 à cause d’une grande crue de la Haine dont les digues avaient rompu sous de fortes pluies.

On commençait à prendre des habitudes aristocratiques à l’abbaye. Dom Thierry du Château (1456-1466), également abbé à Hautmont, obtint du pape Calixte III le privilège de porter la mitre et l’anneau, de se servir d’ornements pontificaux et de donner des bénédictions solennelles. On se doute que les dépenses commençaient à grever les finances de l’abbaye, qui s’endommageait avec le temps.

Louis XI, roi de France, dans sa guerre contre Charles le Téméraire, duc de Bourgogne et entre autres comte de Hainaut, tenta de prendre la ville en 1477, mais échoua devant la résistance des habitants. Il venait de prendre auparavant Le Quesnoy et Maubeuge. Les dommages furent réparés aux frais de Marie de Bourgogne, fille du Téméraire, et de son époux Maximilien d’Autriche. Le roi de France, après avoir pris Condé, Beloeil, Boussu et Ligne, fit une seconde tentative devant Saint-Ghislain en 1478 et échoua tout autant, d’autant plus que Maximilien avait envoyé une troupe commandée par le comte de Romont.

Ce fut à Dom Juan Fabry (1466-1491) et à son coadjuteur, Dom Quentin Benoit (1491-1528) qui lui succéda de réparer en 1484 tous les édifices du monastère. Les dettes furent apurées. On reconstruisit ainsi le cloître, le quartier abbatial, la voûte de l’église et la chapelle de la ville. On orna l’abbatiale de nouvelles stalles, de tableaux, d’une nouvelle châsse. Des manuscrits vinrent enrichir la bibliothèque. Il continua à acheter des terres. Il fit construire un hôtel à Mons qui pourrait servir de refuge aux moines en temps de guerre.

A l’époque, les abbés vivaient en seigneurs, à l’image des aristocrates. Ils se faisaient conduire en voiture attelée par quatre chevaux. La vie était luxueuse. Un moine leur servait de maître d’hôtel. Ils étaient à la tête de dix-sept seigneuries où ils prélevaient des taxes et des impôts (la taille), imposaient des corvées et rendaient toute justice. En fait celle-ci était exercée par un bailli qui les représentait et résidait à Saint-Ghislain.

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)
XVIème siècle

De grandes épidémies survinrent en 1510, 1557 et 1572, alors qu’en 1559 un incendie détruisit de nombreux bâtiments, dont l’hôpital. 

Charles de Croÿ, évêque de Tournai en 1525, devint abbé de Saint-Ghislain de 1529 à 1564.

Don Mathieu Moulart (1565-1576) lui succéda. Personnage important dans les Etats du Hainaut, il fut envoyé chez le roi Philippe II d’Espagne pour lui demander d’intervenir auprès du duc d’Albe, gouverneur des Pays-Bas Espagnols, en plein conflit avec les Réformistes Calvinistes. En effet, celui-ci imposait des impôts qui mettaient en danger l’économie hennuyère. Philippe II se rangea à son avis. En tant que député du Hainaut, l’abbé Moulart se trouva à Gand pour la signature de la Pacification. 

Puis en 1576, il fut nommé évêque d’Arras et remplacé par Dom Jérôme Liétard (1576-1586), nommé par Philippe II lui-même. En 1581, des Huguenots  de Tournai (« les Hurlus ») pillèrent la ville et le monastère de Saint-Ghislain la nuit du 7 au 8 septembre. Il fallut l’intervention du gouverneur, le duc de Parme, et un siège de cinq jours pour la leur reprendre.

L’abbé suivant, Dom Jean Hazart (1587-1604) donna en 1587 son autonomie à la paroisse de Saint-Ghislain qu’il détacha de celle d’Hornu. Il fit embellir le tombeau de Saint-Ghislain et l’église abbatiale (tableaux, ornements sacerdotaux). C’est lui qui célébra la messe dans la collégiale Sainte-Waudru de Mons lorsque les archiducs Albert et Isabelle, nouveaux gouverneurs des Pays-Bas, firent leur entrée solennelle.

XVIIème siècle

Dom Amand d’Anvaing (1604-1616) continua l’œuvre d’embellissement de son prédécesseur.

Gaspard de Boussu (1616-1628) lui succéda et continua l’œuvre d’ornementation du monastère, notamment en faisant réaliser une nouvelle châsse pour les reliques du saint fondateur.

De l’ornementation et de la restauration, c’est à quoi s’attacha encore Pierre Trigaut (1628-1640). L’architecte Jacques du Broeucq le Jeune fut engagé.

L’abbé suivant, Augustin Crulay (1640-1648) décida d’établir une nouvelle Règle, celle du Mont-Cassin (qui préconisait l’abstinence perpétuelle de viande). Il déclencha une opposition de son évêque et d’autres prélats, ce qui lui valut de comparaître en justice, mais le pape en 1643 confirma la réforme.

Lui succéda Jérôme Marlier (1648-1681) qui entra aussi dans le Conseil Souverain du Hainaut à la demande du roi Philippe IV. C’est sous son abbatiat que commencèrent les guerres menées par Louis XIV contre les Pays-Bas Espagnols. Le 19 août 1655, des troupes de Louis XIV, commandées par Turenne et La Ferté, s’emparèrent de la ville, après un siège d’une semaine. Le roi, âgé de 17 ans, y fit son entrée, suivi du cardinal Mazarin et d’une cour de trois mille gentilshommes. Il y laissa un gouverneur et une garnison, après avoir chassé les moines qui se réfugièrent à Mons. Le 7 février 1656, un entrepôt de poudre, dans la tour du colombier de l’abbaye, explosa et détruisit de nombreux bâtiments dans l’abbaye et alentour. Saint-Ghislain fut reprise le 21 mars 1657 par les troupes espagnoles du gouverneur des Pays-Bas, Don Juan, après un siège de six jours. Il rétablit les moines dans leur monastère.

En décembre 1677, le maréchal français de Humières, assisté par le stratège architecte Vauban, s’en rendit de nouveau maître. Les Français occupèrent la ville et démolirent les fortifications, avant de la quitter en 1678 selon les décisions du Traité de Nimègue. Mais l’abbaye était ruinée et endettée lorsque les moines rentrèrent.

Ghislain Molle (1681-1700) rétablit la discipline monastique et remit de l’ordre dans les finances et l’organisation des domaines. Il supprima tout ce qui pouvait être luxueux et dispendieux.

XVIIIème

Saint-Ghislain fut à nouveau réoccupée le 6 février 1701 par les Français qui rétablirent les fortifications. A l’intérieur de son abbaye, Joseph Havinne (1700-1726) fit raser tous les bâtiments délabrés et en fit reconstruire de nouveaux. Le bourg fut finalement repris le 10 septembre 1709 par les alliés conduits par le duc de Marlborough, à la veille de la bataille décisive de Malplaquet. On y laissa une garnison hollandaise.

Le nouvel abbé, Ghislain Levêque (1726-1740) continua les travaux de restauration, d’autant plus qu’un incendie en 1728 avait à nouveau créé des dommages. Ils furent terminés en 1730. Il fit ensuite bâtir une chapelle à l’Hôpital Sainte-Elisabeth. Un refuge fut également construit à Mons dans la rue Fétis (actuelle Athénée).

C’est Dom Nicolas Brouwet (1740-1762) qui fit bâtir un nouvel Hôtel de Ville (encore présent aujourd’hui en bordure de la Grand-Place), achevé en 1752. Auparavant, le 25 juillet 1746, Louis XV, lors de sa guerre contre les Autrichiens, à l’occasion de la Succession Impériale, s’empara encore de la ville, après avoir pris Mons, et décida de démolir les fortifications et les systèmes de défense, ne maintenant que les écluses sur la rivière qui servaient à la navigation, mais aussi à inonder les alentours (Boussu, la Chasse, Hornu, Wasmuel) pour protéger la ville. Le château de Boussu avait déjà été démantelé dès 1690. Les plans d’un nouveau canal entre Mons et Condé étaient prêts, mais ne furent réalisés que beaucoup plus tard. La ville, dépourvue de défenses, garda encore une garnison jusqu’en 1762.

Son successeur, Armand de Cazier (1762-1783) laissa aller la discipline. 

Lors de ses réformes, l’empereur Joseph II fit faire des inventaires en 1786-1787. L’ensemble du domaine foncier de Saint-Ghislain était évalué à 1564 ha de terres, prairies et bois.

La fin de l’abbaye

La fin de l’abbaye se situa, comme beaucoup d’autres, à l’arrivée des Révolutionnaires Français. C’était sous l’abbatiat de Jean-Baptiste-Antoine Leto (1783-1795). Saint-Ghislain fut occupée par les armées françaises à deux reprises, en 1792, juste avant la bataille de Jemappes, puis en 1794. Les occupants réquisitionnèrent les logements, des vivres et des transports. 

Le 3 novembre 1795 (14 brumaire de l’an IV), le Directoire à Paris publia un décret abolissant le régime seigneurial des justices et des dîmes. L’abbé de Saint-Ghislain cessa d’être le seigneur de la ville. Son bailli et ses officiers perdirent leur autorité.

Un décret du 23 novembre 1795 (2 frimaire an IV) établit les justices de paix. Saint-Ghislain fut versée dans le canton de Thulin.

Toutes les maisons conventuelles furent supprimées le 1 septembre 1796 (15 fructidor an IV). La plupart des moines avaient fui vers l’Allemagne dès l’arrivée des armées françaises. L’abbé revint à Baudour et resta caché. Plus tard, en 1803, l’évêque de Tournai le nomma chanoine de sa cathédrale.

Le patrimoine énorme de cette abbaye fut vendu comme bien public à des propriétaires fonciers. Il se dispersa. Il existe une description parfaite de l’abbaye et de ses domaines, réalisée par le Commissaire du Directoire du Canton de Thulin, Jean-Baptiste Defrise. C’est un certain Paulée, originaire de Douai et négociant à Paris, qui se porta acquéreur des bâtiments abbatiaux de Saint-Ghislain, lors de la mise en vente en 1797. L’évêque de Tournai racheta les stalles sculptées. La chaire de vérité, due à Claude de Bettignies, partit dans l’église de Saint-Amand-les-Eaux. 

Une nouvelle circonscription de cantons fut établie sous Napoléon le 28 novembre 1801 (7 frimaire an X). Boussu devint chef-lieu de canton et siège de la Justice de Paix. Un décret de Napoléon en 1807 établit deux foires.

Vestiges actuels

On ignore quand les bâtiments de l’abbaye furent démolis. Il semble que c’était fait au moment de la construction du canal Mons-Condé (1806-1818). Il ne restait alors que l’orangerie, la brasserie abbatiale et la fontaine « El’Puche » (ci-contre). Cette dernière (1785), située dans le Grand Jardin,  fut déplacée à plusieurs reprises et se trouve actuellement derrière la vieille église. 

La brasserie fut démolie vers 1930. L’Orangerie, située aussi dans le Grand Jardin près de la Haine, abrita l’école gardienne communale entre les deux guerres. Elle subit le bombardement destructeur du 1 mai 1944. La tour de l’ancienne église abbatiale a persisté, ainsi que des piliers conservés au Grand Hornu. La Vanne médiévale de la rue du Moulin sur la Haine persista, vestige de l’ancien système de défense. On la démolit en 1951.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Thulin en 1794, puis Boussu en 1803.
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Boussu
  • Entité communale depuis 1977: Saint-Ghislain
XIXème siècle

En septembre 1830, la ville envoya une soixantaine de volontaires à Bruxelles contre les troupes hollandaises. 

Au XIXème et surtout au XXème, les habitants de Saint-Ghislain se consacrèrent surtout au commerce. On y vit se développer également des structures enseignantes.

Un train industriel, le premier en Belgique, fut construit entre le Grand Hornu et le rivage du nouveau canal Mons-Condé en 1830 pour y amener le charbon. Au XXème, il fut remplacé par un téléphérique.

La ligne entre Mons et Quiévrain fut réalisée en 1842. Une gare fut construite qui deviendra un nœud ferroviaire important pour toutes les industries du Borinage.

Ce fut le début de l’expansion commerciale et industrielle de Saint-Ghislain, accompagné d’une hausse de sa population. Dès 1848, on raccorda à la gare le « chemin de Fer du Haut et du Bas-Flénu » et en 1867 on reliait Saint-Ghislain à Frameries. Ces lignes étaient encore privées. L’Etat Belge les racheta en 1870.

Le corps des pompiers a été installé en 1843.

XXème siècle

Saint Ghislain eut aussi à souffrir des guerres du XXème et particulièrement de la seconde guerre mondiale. 

La première commença le 4 août 1914. Le 22 et le 23, des soldats anglais passèrent, se positionnant face aux Allemands qui avaient atteint Mons. La ville fut bombardée le 24. Le même jour, les Anglais firent retraite. Les Allemands entrèrent à Saint-Ghislain le 25 août. Les habitants furent obligés d’héberger les soldats et les notables furent pris en otage. Les jours suivants, les occupants réquisitionnèrent pour deux compagnies laissées sur place, logeant à l’Ecole Moyenne et chez les habitants. Puis la vie reprit, malgré les perquisitions et les déportations.

Le 9 novembre 1918, lors de leur retraite, les Allemands firent sauter les ponts de la ville et le passage à niveau près de la gare. Le 10 au matin, arrivèrent des unités canadiennes. Le lendemain, l’Armistice était signé. 

Le 10 mai 1940, les avions allemands mitraillaient des soldats français qui se trouvaient aux Quatre Pavés de Hornu. Du 14 au 20 mai, des bombardements atteignirent la gare et plusieurs quartiers de la ville, faisant des victimes.

Puis ce fut l’occupation semblable à celle de la guerre précédente. Cette fois, des mouvements de résistants se formèrent à Saint-Ghislain. Un de leurs groupes fut arrêté par la Gestapo alors qu’ils se réunissaient le 13 septembre 1943 au Café des Arcades. Certains furent directement tués, d’autres déportés. 

Au printemps 1944, les Alliés décidèrent de détruire les nœuds ferroviaires sur les lignes qui reliaient l’Allemagne à la Normandie afin de freiner l’acheminement de troupes et de matériel en vue du débarquement. La gare de Saint-Ghislain et la région, se trouvant sur la ligne directe, eurent à subir des bombardements dès avril. D’abord le 15, puis encore le 22, le 23, le 26 avril et surtout le 1 mai. Furent ainsi touchés de nombreux quartiers entre la gare et la Place, entre la gare et Hornu, ainsi que des voies de chemin de fer et des convois de trains (pas la station elle-même). On eut à déplorer de nombreux morts, dans les maisons particulières, dans un hospice et une école. Une grosse partie de la ville fut détruite : 722 maisons, 10 bâtiments publics dont des écoles, l’église, le cimetière. Le 3 mai, Saint-Ghislain reçut la visite de la reine-mère Elisabeth.

La libération eut lieu le 3 septembre 1944. On réalisa une reconstruction planifiée de la ville (infra).

En 1961 et 1962, Saint-Ghislain jumela avec la ville normande de Saint-Lô. Pourquoi ce choix ? Parce que les deux villes eurent à subir également des assauts de Vikings en 890, parce qu’elles eurent aussi leur abbaye, parce qu’elles furent aussi bombardées en juin 1944.

Saint-Ghislain devint le 1 janvier 1977 le centre d’une entité communale comprenant Baudour, Hautrage, Neufmaison, Sirault, Tertre et Villerot.

Economie

Dès le XIVème siècle, Saint-Ghislain était connue pour sa manufacture de toile, son commerce de cuirs et de bestiaux. 

Les industries les plus connues datent en fait du XIXème siècle. La plupart ont disparu soit lors de la guerre 1940-1944, soit dans les décennies suivantes.

En 1841, on construisit plusieurs fours à coke sur la rive droite du canal (actuel Belref). D’autres furent mis en activité de l’autre côté du chemin de fer vers 1976. Tous ont disparu vers 1900.

Théodore Boucher aménagea en 1853 une usine de produits réfractaires. L’entreprise appartint à plusieurs propriétaires successifs. En 1955, elle fut reprise par la S.A. Belref (voir Tertre). Un gazogène fut installé à côté pour éclairer la fabrique et fournir de l’éclairage au gaz à la ville.

Autres entreprises :

  • Verrerie-gobeleterie (1887-1940), bâtiments rachetés par Belref
  • Vinaigrerie (1867)
  • Compagnie générale des produits céramiques (1867-v1940)
  • Verrerie (verre plat, 1907-1923)
  • Faïencerie (1892-1964), plusieurs propriétaires
  • Scierie (1850)
  • Abattoir (1882-1964)
  • Bouchonnerie
  • Fabrique de liqueurs (1880-1967)
  • Deux tanneries ( ?-1944)
  • Briqueterie
  • Manufactures de tabac
  • Fabrique de parapluie ( ?-1944)
  • Deux ateliers de carrosserie
  • Chaudronnerie
  • Construction et réparation de bateaux, près du canal
  • Cinq brasseries, dont une depuis la fin du XVIIIème
  • Deux tonneliers
  • Savonnerie
  • Poêlerie
  • Corderie
  • Pétrolifère (vente de pétrole pour l’éclairage)
  • Usine de colorants
  • Quatre imprimeries
  • Construction métallique pour les charbonnages

Dès 1843, on vit s’implanter à proximité de la nouvelle gare le Magasin Thierry, maison-mère d’une chaîne de magasins de vêtements. Les frères Thierry étaient originaires de Longwy en Lorraine. Le commerce se développa autour et dans l’axe reliant la gare à la place.

La population augmenta pendant le XIXème et le XXème siècle. Il fallut construire de nouvelles rues autour du noyau central.

Patrimoine – urbanisme

Eglise St Martin. Elle fut bâtie en 1565 en style gothique. Jusque-là les paroissiens assistaient aux offices dans une chapelle de l’abbaye, dépendant de la paroisse d’Hornu. Il n’y avait qu’un seul curé pour les deux communautés. Au départ, la paroisse relevait de l’abbaye (pour la dîme et la nomination du curé) et de l’évêque de Cambrai. A partir de 1803, elle dépendit de l’évêque de Tournai et du doyen de Boussu. 

Avant 1944

L’église fut restaurée et agrandie entre 1885 et 1891. Elle fut détruite le 1 mai 1944 par les bombardements. Ne restait debout que la tour. On rasa le reste après la guerre et la tour devint une salle d’exposition. On rebâtit à proximité une nouvelle église, d’architecture contemporaine, entre 1956 et 1961.

Chapelle des Sept Douleurs, début XVIème, adossée au départ au moulin de l’abbaye, celui-ci disparaissant en 1936. Elle fut démolie d’abord par des malandrins, puis par les bombardements de 1944.

Chapelle Notre-Dame de Bonsecours

L’ancien Hôtel de ville et la halle aux blés, 1752 (toujours présent près de la Place). Propriété de l’abbaye avant la Révolution. Elle fut vendue comme bien national, mais rachetée par la ville. Elle servit jusqu’en 1878 et occupa ensuite divers services administratifs.

Le nouvel Hôtel de ville, 1875-1878

Hôpital Sainte-Elisabeth. Il fut aménagé sous l’abbatiat de Jean Hazart (1587-1604) vers 1595 dans un ancien collège. Il était tenu par une congrégation de sœurs hospitalières, non liées par des vœux au début, mais qui décidèrent dès 1612 de suivre la Règle de Saint Augustin. Les bâtiments s’avérant trop étroits, les Sœurs achetèrent un terrain plus vaste, y établirent leur couvent et une église dès 1725, ainsi que l’hôpital lui-même. Ce bâtiment est devenu Maison de Repos (« Foyer Sainte Elisabeth ») en 1949. Il fut restauré et agrandi.

L’habitat

Saint-Ghislain, à l’intérieur de son enceinte, resta longtemps un petit bourg comprenant des maisons, modestes ou bourgeoises,  autour du monastère. Il fallut attendre le XIXème siècle, avec le développement industriel et l’augmentation de la population, pour que de nouvelles habitations remplissent les rues et pour que l’on en crée de nouvelles, aux dépens des pâturages. 

La reconstruction après la guerre se fit selon un plan d’urbanisation  se référant à la « Charte d’Athènes » qui prônait une séparation des fonctions urbaines.  L’épine dorsale en était la grand-rue commerciale. On agrandit la place de la gare, bordée d’hôtels, de restaurants et de cafés, réservée à des manifestations festives. Le centre civique et religieux se concentra près de la Grand-Place. Des écoles furent aménagées à l’ouest, ainsi qu’une piscine. Les terrains de sport sont situés à l’est. Les zones résidentielles sont réparties de part et d’autre de l’axe central, notamment à l’ouest sur d’anciennes prairies humides, asséchées et remblayées : maisons individuelles, villas, immeubles à appartements. La circulation entre Mons et Tournai fut déviée par le couronnement est.

L’église ancienne, dont il ne reste que la tour-clocher, fut réaménagée en local culturel, et remplacée par un édifice moderne.

Les voies de communication

La navigation

Longtemps, elle se fit sur la Haine et fut le moyen de transport pour la houille du Couchant de Mons, depuis Jemappes jusqu’à Condé. La Haine était navigable depuis Mons et se jetait dans l’Escaut à Condé, permettant le transport vers le nord. 

Avec l’invention de la machine à eau, qui permit le développement des houillères, par le creusement de puits profonds, la production de charbon devint plus importante et le transport par la Haine s’avéra insuffisant pour l’exportation. Napoléon décida, encore que le projet ait déjà été évoqué au milieu du XVIIIème siècle, de construire un canal entre Mons et Condé. Les travaux commencèrent en 1808 et s’achevèrent en 1818, après Waterloo. On vit l’empereur et son épouse venir visiter les travaux en 1810. On l’a vu dans le chapitre économie, c’est ce canal qui favorisa l’implantation d’industries à Saint-Ghislain, ainsi qu’un centre de batellerie.

Il est à noter qu’en ce début de XIXème siècle, les péniches étaient encore halées par des hommes qui se déplaçaient sur les « chemins de halage » de part et d’autre du canal. Il fallait être assermenté auprès d’une compagnie pour être haleur. Ils furent remplacés par des chevaux en 1900, puis par des tracteurs dès 1936. Ce n’est que lorsque les bateaux en bois furent remplacés par des bateaux en fer que la motorisation fut effective.

Le chemin de fer

Le premier, sur le territoire, fut construit en 1829-1830 par Henri Degorge, propriétaire du Grand-Hornu, pour acheminer la houille vers le canal, dont il avait acheté des quais. Les wagonnets étaient tractés par des chevaux. Ce qui lui valut une révolte de la part des charretiers qui effectuaient ce travail auparavant. La locomotive prit le relai des chevaux dès 1835.

Quant à la ligne du Midi, de Bruxelles à Paris, elle fut inaugurée entre Mons et Quiévrain le 7 août 1842. Il fut décidé d’installer à Saint-Ghislain une station et une place de stationnement. Le bâtiment de la gare fut reconstruit en 1890, tel qu’on le voit aujourd’hui. Il fut épargné lors des bombardements de 1944.

D’autres lignes furent aménagées :

  • vers Ath et Gand, 1879
  • vers Tournai, vers 1860
  • vers Mons, via Boussu-Route, Warquignies, Wasmes, Pâturages, Cuesmes (desservant les houillères du Borinage). Cette ligne disparut à la fin des années 1960 après la fermeture des charbonnages.

Entretemps la gare était devenue un vaste espace de triage et de formation.

Le tramway

D’abord à vapeur, puis électrique au début du siècle.

  • Vers Baudour, en 1888, partant de la gare et traversant la ville.
  • Vers Hornu, Wasmes et Eugies, 1905

Ces lignes disparurent après la guerre.

L’enseignement

Dès 1460, on sait qu’une école existait déjà à Saint-Ghislain, tenue par un prêtre que la ville payait.

Le premier collège fut à l’initiative de l’abbé Moulart qui le fonda en 1560 en mettant à sa tête le curé d’Elouges, Nicolas Stiévenart. On y enseignait les branches humanistes.

Dès 1601, les Sœurs Augustines de l’Hôpital Sainte-Elisabeth s’occupèrent aussi de l’éducation des enfants à l’intérieur de leur couvent. Ceci dura jusqu’à 1796.

Il faut cependant attendre le XIXème siècle pour voir apparaître des embryons de ce qui ferait une des caractéristiques de Saint-Ghislain, l’enseignement.

  • En 1848, on fonda une école industrielle et commerciale, dans le nouvel environnement de l’époque. Elle était gérée entre autres par le bourgmestre et le curé. Une loi de 1850 la transforma en Ecole Moyenne de l’Etat. Les locaux accueillirent en 1868 une nouvelle Ecole industrielle communale. Cette école fut confisquée par les occupants entre 1914 et 1918, et les cours se donnèrent à l’hôtel de ville. En 1926, on commença à y accueillir les filles, puis en 1938, on leur créa une école moyenne indépendante. De nouveau réoccupée par les Allemands en 1940, elle fut récupérée l’année suivante, puis fut détruite lors des bombardements de 1944. Les cours furent dispensés en divers endroits. En 1949, un arrêté royal érigea cette école en Athénée. De nouveaux locaux furent inaugurés en 1952. 
  • Quant à l’école des filles, après avoir émigré dans les locaux de l’école de batellerie après la guerre, elle devint le Lycée Charles Plisnier dans les années ‘1970.
  • Quant aux Ecoles primaires communales, dont l’enseignement était gratuit, celle des garçons s’ouvrit en 1862 et celle des filles vers 1870.
  • En 1866, pour lutter contre l’analphabétisme, la commune créa une école pour adultes qui aura du succès.
  • Une école maternelle fut aménagée après 1918 dans l’Orangerie de l’ancienne abbaye. Plusieurs de ces écoles furent fortement endommagées en 1944.
  • Une école libre, tenue par des Frères de la doctrine chrétienne, s’ouvrit aussi en 1860. Cet établissement fut supprimé en 1900.
  • Par contre, l’école ouverte par les Augustines, fermée par les révolutionnaires français, rouvrit par la suite. Elle accueillit une école professionnelle en 1903. Cette école prit de l’extension entre les deux guerres et devint l’Institut Saint Joseph. Bombardée en 1944, elle fut reconstruite en plusieurs étapes.
  • C’est en 1908 que naquit l’Ecole des Arts et Métiers, rue de l’industrie dans une ancienne bouchonnerie. Elle devint provinciale. Prenant de l’extension, elle fut transférée à Hornu pour devenir les Ecoles techniques du Hainaut.
  • Quant à l’E.T.H., il naît en 1936 d’une école de confection et de mode, qui s’étendit quelques années plus tard à d’autres sections d’enseignement technique. Les bâtiments en face de la gare datent de 1957.
  • Enfin, une école pour enfants de bateliers vit le jour en 1927. On lui construit en 1935 le « Home Désiré De Meyer » le long du canal. Avec la suppression du canal, elle fut déplacée et servit de dortoir pour l’internat de l’Athénée.
  • A l’emplacement de l’ancienne faïencerie, fut construit en 1964-1965 le Collège Sainte-Marie.
  • On vit aussi apparaître à Saint-Ghislain une académie de musique, ainsi qu’un institut de chimie (1905).
Jean Ockeghem (v1420-1497)

Il s’agit d’un musicien compositeur de l’école bourguignonne de la Renaissance. Il fut l’auteur de nombreuses oeuvres religieuses et profanes qui firent sa renommée à l’époque. Il débuta sa carrière comme chantre à la Collégiale d’Anvers (1443-1444). Il fut remarqué par le duc de Bourbon qui l’engagea comme chantre à Moulins (1448). Ensuite il devint chapelain de la chapelle royale à Paris, engagé en 1452 par le roi Charles VII. Il le resta jusqu’à sa mort sous Louis XVI et Charles VIII. Il faut aussi trésorier (garde du trésor et des reliques) de l’abbaye Saint-Martin de Tours. Il fut nommé prêtre à Cambrai avant 1472.  Il mourut à Tours.

Le problème de son lieu de naissance a soulevé plusieurs hypothèses:

  • à Okegem d’abord, sur la Dendre, près de Ninove, mais il semble qu’il s’agisse ici du berceau de sa famille
  • à Termonde, un peu plus au nord (pas très loin d’Anvers où il aurait débuté sa carrière)
  • à Bavay, selon Jean Lemaire des Belges, historiographe local contemporain
  • à Saint-Ghislain enfin, selon des comptes de l’abbaye du XVIème siècle.
Bibliographie

Saint-Ghislain, Choses et autres du passé, M. Honnis, 1984, Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain

Le lieu de naissance de Jean Ockeghem (v1420-1497) : une énigme élucidée, D. Van Overstraeten, Annales du Cercle d’Histoire et d’Archéologie de Saint-Ghislain, T.VI, 1993

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *