Thieu

Entité communale du Roeulx

Le territoire

Superficie: 681 ha

Altitude: 50 m (centre)

Situation géographique : Thieu se situe au nord de la vallée de la Haine.

Cours d’eau : Il est traversé par le ruisseau du Thiriau. Le bâti s’est installé à flanc de coteaux de part et d’autre.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : la Forêt Charbonnière

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, craie, houille

Préhistoire – Antiquité gallo-romaine

Non documenté.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Ce territoire, ainsi que celui de Strépy, appartenait à Madelgaire (Saint Vincent). Il en fit donation au monastère d’Haumont en 646.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1088

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Tier, 1088
  • Thi
  • Tye, 1119
  • Thier, 1146

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : On pense que ce nom vient du mot « Tier » signifiant « endroit aux collines, hauteur, versant de colline ». Mais aussi de tigerno (gaulois) signifiant « seigneur de maison »

Epoque de son apparition: XI-XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique ni médiévale d’importance

sources d’eau ou cours d’eau: ruisseau du Thiriau

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Géry, commune avec celle de Boussoit jusqu’en 1305.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): baillage du Roeulx

Seigneuries et fiefs

Il est probable qu’avec les raids vikings et l’instabilité politique du Xème siècle que les comtes Régnier de Hainaut se soient réapproprié les lieux.

Au milieu du XIème siècle, la comtesse Richilde et son époux Baudouin I ont donné une partie de la région à une famille qui devint celle du Roeulx. Cette dernière, dont le territoire fut constitué en « baillage du Roeulx » (circonscription judiciaire et politique), attribua de larges parts de leur domaine, parts qui correspondaient grosso modo aux villages constitués, à des familles seigneuriales.

  • la seigneurie principale – Ce fut le cas à Thieu où les premiers seigneurs régnant prirent le nom du village. Ils sont mentionnés entre le XVème et le XVIIème siècle. Les vassaux d’arrière-fiefs étaient responsables de la petite et moyenne justice. Les seigneurs du Roeulx exerçaient aussi la haute justice. Il semble que dans l’ensemble, les seigneurs du Roeulx détinrent le pouvoir sur les habitants et le village de Thieu.
  • Fief de Donstienne
  • Fief des Grands-Champs
  • Fief de Lesquette
  • Un fief de la mairie héréditaire relevait directement de la cour féodale de Mons

    Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton:  Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: Le Roeulx
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Le village eut à subir de gros dommages de guerre au moins à deux reprises.

En 1072, lors du conflit entre la comtesse Richilde (et son fils Baudouin II), tous deux comtes de Hainaut et de Flandre, et Robert le Frison (oncle de Baudouin II) qui revendiquait pour lui le comté de Flandre, une bataille eut lieu du côté de Saint-Denis, mais qui s’étendit aussi vers Gottignies, Ville-sur-Haine et Thieu.

En 1185, un conflit opposa le comte de Hainaut au duc de Brabant, allié à l’archevêque de Cologne. Le passage des troupes s’accompagna de gros dégâts dans les villages alentour.

Economie

Le paysage rural se prêta longtemps à l’agriculture et l’élevage.

On exploita la craie pour une cimenterie.

Enfin, on exploita aussi la houille. D’abord à flanc de collines dès le XVème siècle. On signale « une carbonière » à Thieu (Bois de la Brûlote) et Ville-sur-Haine en 1467.

Une “société de Bracquegnies” fut créée en 1715 par le prince de Croÿ, haut justicier de Thieu, qui accorda des concessions à quelques exploitants. A cette époque, le problème principal était l’inondation des puits et des galeries. Il fallait donc réaliser des conduits pour éliminer l’eau vers le ruisseau et la Haine. L’extraction ne fut pas continue dans le temps.

Une nouvelle société « Thieu-Ville-Gottignies » vit le jour entre 1732 et 1773. L’exploitation resta cependant peu importante tout au long du XIXème siècle. En 1870, la concession Thieu-Ville-Gottignies fut réunie à la société de Bracquegnies.

Celle-ci creusa en 1908 le « puits Saint-Henri ». Le 2 mars 1914 des terrains s’affaissèrent au Coron Marin et une grosse inondation tua neuf mineurs. Il fonctionna jusqu’en 1958.

Voies de communication

Sur le plan routier, Thieu n’était pas desservi par les grandes voies antiques ou médiévales, mais simplement reliés aux villages voisins et surtout au Roeulx.

Le chemin de fer Mons-La-Louvière-Manage-Charleroi (n°112) fut construite en 1848-1849, avec une gare à Thieu.

Le canal du Centre fut construit au XIXème siècle. Un des quatre ascenseurs hydrauliques (n°4) se situe sur le territoire de Thieu. (Voir chapitre Houdeng). La jonction entre canal du Centre et celui de Charleroi-Bruxelles a lieu à Seneffe.

Un nouvel ascenseur funiculaire à bateaux fut construit à Strépy-Thieu entre 1982 et 2002. Il permet une dénivellation de 73m entre le bassin de l’Escaut et un bief de passage vers le bassin de la Meuse, comprenant une section du Canal Bruxelles-Charleroi, limitée au nord par le plan incliné de Ronquières et au sud par les écluses de Viesville. Il remplace six ouvrages : les quatre ascenseurs du canal du Centre et deux écluses. Il permet le passage de bateaux d’un gabarit de 1350 tonnes. Entre les deux bassins fluviaux.

Patrimoine

Eglise St Géry. Elle fut reconstruite en 1792 en style semi-classique aux frais de l’abbaye de St-Denis. 

Chapelle Notre-Dame de Bonne-Espérance. Elle fut bâtie en 1934 et déplacée en 1984 par les expropriations dues à la construction du canal. Elle est dédiée à Mgr Jean-Joseph Deplancq, originaire de Thieu (1767-), évêque de Tournai de 1829 à 1834. Il ouvrit le grand séminaire de Tournai et instaura le petit séminaire de Bonne-Espérance.

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