Thulin

Entité communale d’Hensies

Le territoire

Superficie: 861 ha

Altitude: 20 m (Haine) à 36m (limite d’Elouges)

Situation géographique : ce village s’est constitué dans la vallée de la Haine, sur sa rive gauche.

Cours d’eau : 

Quatre ruisseaux traversent son  territoire et se jettent au nord dans la Haine, en aval de l’ancien moulin:

  • A l’ouest, le Ruisseau (Rieu) d’Elouges qui descend de Wihéries par Elouges. Il passait autrefois presque au centre du village. Son cours fut détourné plus à l’ouest, et enfin il fut couvert en partie, puis canalisé dans sa partie terminale.
  • A l’est, le (Grand) Séquisse qui descend de Dour (où il s’appelle ruisseau Delval) et rejoint la Haine aux environs du hameau de Débihan
  • Le Rowet (ou Reu – dénomination en rapport avec l’appartenance à une certaine époque de terres au seigneur du Roeulx), sépare Thulin et Montroeul-sur-Haine. Il rejoint le Rieu d’Elouges. Il venait du Saulçoir.
  • Un ruisseau, venant du château de Boussu, se jette dans la Haine à Débihan.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : toute la vallée de la Basse-Haine était marécageuse. Les hommes, pour la cultiver, ont dû, non seulement relever les berges de la rivière, mais aussi draîner les terres en creusant un réseau dense de courants (ruisseaux artificiels). Entre ceux-ci, se trouvent des prairies humides, bordées de petits bosquets de peupliers et de saules. Les terres sont moins humides dès qu’on s’avance vers le sud. Elles ont permis des cultures. Les versants au sud du village qui commencent à monter vers le Haut-Pays étaient boisés et ont été défrichés à diverses époques. On y voit aujourd’hui le terril Saint-Antoine qui s’est couvert d’une parure verte.

Nature du sol : alluvionnaire et limoneux

Nature du sous-sol : calcaire, houille (profond)

Au Moyen Age, le village de Thulin était plus étendu qu’aujourd’hui. Il y avait une enclave sur Elouges confinant à Dour (occupée par la seigneurie de Baem), un « pré de Wencques » sur Hensies, ainsi que le bois des Malagnes (bois d’Hainin), appartenant aujourd’hui à Hainin.

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) :

Quelques objets préhistoriques ont été trouvés sur le territoire de Thulin par Philippe Rinchon et Charles Debove. Au hameau de « Poningue », on a retrouvé des silex taillés (en porphyre rouge comme à Elouges), des haches polies, des racloirs et des grattoirs, ainsi que divers instrumente tranchants, évoquant un habitat néolithique. Il en serait de même le long de la Haine.

Selon Debove, le hameau de Poningue, petit plateau s’élevant près des marécages de la Haine, aurait révélé l’emplacement d’une hutte du néolithique. Ces endroits en bord de Haine étaient très boisés et favorisaient des activités de pêche et de chasse.

Au « Sardon » en 2003, il fut ramassé un petit grattoir sur éclat de hache polie en silex de Spiennes (néolithique moyen).

On a également évoqué un mégalithe, selon un acte scabinal de 1785, à l’endroit appelé  « Pierchyse » (dolmen?), près des courtiseaux de « Lescuire ».

Plus récemment, en 2003, les archéologues Mrs Dufrasnes et Leblois, ont fouillé au lieu-dit « Boulevet », au hameau du Sardon, soit au nord du village, sur des terrains marécageux, autrefois situés à quelques mètres du Rieu d’Elouges (aujourd’hui il a été détourné et canalisé). Ils y ont trouvé un grattoir sur éclat d’une hache polie en silex de type Spiennes (néolithique moyen).

Ages du fer :

Du second âge du fer, soit à l’époque gauloise ou un peu avant, on a trouvé des vestiges à la Taule (à la limite entre Thulin et Elouges): une hache en fer, des ustensiles en bronze.

Certains ont évoqué un sanctuaire druidique au hameau de Débihan, au bord de la Haine.

On aurait aussi retrouvé à Sairue un dépôt de froment brûlé sur une pierre (druidique?), avec des récipients en fer, en bronze et en pierre, ainsi que des fragments de céramiques.

Ces éléments sont issus de découvertes effectuées au XIXème siècle et rapportées par les historiens de l’époque.

En 1877, on y avait découvert de nombreux statères ambiens (Ier siècle avant J.C.) dans un méandre du Rieu d’Elouges.

Antiquité gallo-romaine

La route romaine Bavay-Gand (passant par Quiévrain-Hensies-Pommeroeul-Blicquy) passait à proximité de l’actuel village. S’en échappaient quelques chemins qui la reliaient aux villas et fermes gallo-romaines (celles-ci étaient connues à Elouges, à Audregnies, à Thulin, à Quiévrain, à Montroeul-sur-Haine et Hensies).

Il y a eu sur le territoire de Thulin un habitat romain. En témoignent quelques vestiges archéologiques.

Dans le petit hameau de « Sairue », un cultivateur découvrit en 1862 une urne cinéraire contenant plus de cinq cents pièces de monnaie d’argent, frappées à Rome, sous divers empereurs, depuis Septime Sévère (193-211) jusqu’à Gallien (267). Aucune pièce datant au-delà de cette époque n’a été retrouvée, pouvant faire penser que les premières invasions barbares ont peut-être arrêté le commerce ou fait disparaître la ou les  villas. On y trouva aussi une casserole et une passoire en bronze, ainsi qu’une pièce isolée (un sequin d’or).

Au « Sardon », ce sont des pièces en or qui ont été trouvées : de nombreux statères ambiens (en 1877) et des as de Trajan datés entre 98 et 117 (trouvés en 2014 par des archéologues du SPW)

Près de la place, on trouva un buste en bronze de Marc Aurèle et un plat rouge, ainsi que des traces d’un habitat gallo-romain et des vestiges d’aqueduc. Il est donc possible qu’une villa ou une ferme exista à cet endroit, peut-être celle qui aurait été bâtie par ce Tullinus évoqué plus haut et qui aurait laissé son nom à ce lieu, transmis oralement pendant plusieurs siècles jusqu’à ce qu’un petit groupe de paysans forme le noyau de l’actuel village. Il est vraisemblable que cette villa ne résista pas aux assauts barbares, peut-être déjà dès la fin du IIIème siècle. C’est peut-être son propriétaire qui alla cacher son argent dans une urne dans un champ de Sairue.

Premier Moyen-Age (période franque mérovin-gienne et carolingienne)

On ne sait rien de Thulin durant la période qui a suivi les invasions barbares, l’installation des mérovingiens et l’arrivée au pouvoir des carolingiens, au contraire d’Elouges où l’on a pu découvrir d’importants vestiges de l’époque franque. Thulin était-il habité ou non ? On n’en sait rien. Peut-être était-il redevenu une plaine marécageuse rendue à la nature.

Ou peut-être, pendant plusieurs siècles, quelques petites exploitations agricoles isolées ont existé, le plus souvent le temps de quelques générations avant de disparaître ou de laisser la place à d’autres. C’est ce qui a été constaté ailleurs pendant le Haut-Moyen-Age.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1030 (selon Rinchon)

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Tulin, v1139 – en latin : Tulino – vers 1555, c’était encore écrit comme cela.
  • Thullin, écrit jusque 1614 par les curés
  • Tullin
  • Thulin, à partir de 1643

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

Selon L. Quicherat, cela viendrait d’un certain Tullinus, personnage cité par Tacite. Selon J. César, les « Tullingi » formaient un peuple de Gaule Belgique. Chotin pense que ce Tullinus fut le fondateur du village, peut-être un soldat romain vétéran qui aurait reçu des terres après la conquête et qui se serait établi comme colon. Ces colons devaient alors fournir du blé à l’armée romaine.

Ces hypothèses semblent peu crédibles dans la mesure où les villages se sont constitués près de 700 ans après la période gallo-romaine et qu’il ne semble pas y avoir eu de véritable continuité dans le temps.

Epoque de son apparition:

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de chaussée antique, mais un chemin médiéval allant de Saint-Ghislain à Condé et à Crespin, traversant le milieu du village actuel

sources d’eau ou cours d’eau: le Rieu d’Elouges, dont le cours naturel traversait le village du sud au nord

source de bois: les bosquets, quelques bois du côté de Poningue et de Débihan, ainsi qu’au sud

proximité d’un lieu de pouvoir: pas de résidence fortifiée connue

Paroisse dédiée à Saint-Martin

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Hornu, puis Bavay (1159), puis Boussu (1804)

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain, ce qui fut confirmé par une charte d’asservissement de Gossuin de Thulin en 1170 et par une charte du pape Lucius en 1183. En d’autres termes, l’abbé de Saint-Ghislain nommait le curé de Thulin. Celui-ci percevait la dîme (un impôt en nature) de ses paroissiens et en restituait une partie à l’abbaye et une autre au chapitre Notre-Dame de Condé.

Les premiers habitants d’Hainin dépendaient de la paroisse de Thulin. Ils obtinrent la leur en 1295.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Il semble qu’à l’origine de la constitution de la communauté rurale, le territoire de Thulin faisait partie des domaines appartenant aux comtes de Hainaut, probablement issus des domaines royaux de l’époque franque.

Ce territoire fut divisé en plusieurs fiefs à des époques différentes. On en distingue quatre importants :

  • – la seigneurie principale
  • – celle de Lescuire
  • – celle de Ramonerye ou de la Cure, à Poningue
  • – celle de Baem.

La seigneurie principale

Un comte, à la fin du XIème ou au début du XIIème, attribua une partie de ses domaines à un membre de la famille de Mons-Baudour. Quelques villages voisins faisaient partie “du lot”: Hautrage, Villerot, Baudour (à moins que cette seigneurie fut déjà en possession de cette famille), Boussu, Hainin, Dour (ou partie) et Ville-Pommeroeul (partie).

Les premiers noms de seigneurs, cités par les auteurs anciens, sont, comme pour les villages voisins cités:

  • Isaac de Mons, qui correspond probablement à Gossuin II « Isaac » de Mons (v1075-v1142). Il était le fils de Gossuin I de Mons (v1045-v1093), seigneur de Baudour et châtelain de Mons. On ne sait si ce dernier était déjà seigneur d’autres villages.
  • Gossuin de Valenciennes, qui correspond à Gossuin III de Mons (v1100-v1177), le fils du précédent. Il possédait les mêmes titres et les mêmes domaines que son père. L’historien Jacques de Guyse le présente comme un des seigneurs les plus riches du comté. Les noms de « Mons » et de « Valenciennes » viennent du fait que ces personnages étaient soit châtelains de ces deux châteaux (ce qui est contesté par l’historien Mathieu), soit pairs de ces châteaux.

Il est dit que Gossuin III n’eut qu’un fils, décédé jeune, et plusieurs filles qui se partagèrent l’héritage paternel et maternel.

La situation est ensuite plus compliquée.

On cite un certain Guillaume de Dour (v1100-1154), personnage assez mystérieux, dont on ne connait pas l’ascendance ni une éventuelle parenté avec les Gossuin, ni une proximité avec les comtes. On le dit seigneur de Dour, Thulin et Hainin. S’il semble certain qu’il eut une certaine autorité sur Dour (voir le chapitre consacré à ce village), il est assez difficile de penser la même chose pour Thulin et Hainin. Il était contemporain de Gossuin III de Mons. Or ce dernier était à coup sûr seigneur d’Hainin, dont sa fille Rose hérita à sa mort. Ce même Gossuin III céda en héritage ses divers domaines à ses filles (dont Boussu et Baudour).

Par contre, on ne sait rien de Thulin. Gossuin III  avait un fils, également appelé Gossuin, mais que de Guyse dit mort jeune.

Pour Thulin, il existe un autre personnage cité : Gossuin de Thulin ( ?-1188), donc un seigneur qui a pris le nom du lieu. Y résidait-il? Il fut chevalier, conseiller et diplomate du comte Baudouin V. En 1170, il signa une charte d’asservissement à l’abbaye de St Ghislain, par laquelle il lui donna la collation (droit de nommer les desservants de la paroisse), ainsi que la dîme de Thulin et d’Hainin. Ce même Gossuin fut envoyé en ambassade chez l’empereur Frédéric I Barberousse à trois reprises en 1187 et 1188. Il est cité dans plusieurs actes de cette époque.

Qui était-il ? La logique voudrait qu’il soit le fils, soi-disant mort jeune, de Gossuin III de Mons. Mais rien ne vient prouver cette hypothèse. Et nous sommes obligés de nous en tenir là jusqu’à plus amples informations.

D’autres personnages, nommés « de Thulin » sont mentionnés dans divers écrits, sans que l’on puisse savoir s’ils furent aussi seigneurs du village :

  • Nicolas de Thulin, abbé de l’abbaye de Crespin (1315-1321). L’évêque de Cambrai confirma en date du 23/10/1275, la donation par Nicolas de Thulin à l’abbaye de Vicoigne de tous ses biens, sous réserve d’usufruit, situés à Athis, à Audregnies, Blaugies, Dour, Elouges et Erquennes.
  • Jean de Thulin, religieux dans la même abbaye
  • Gauthier de Thulin? Cité dans un acte de 1299 comme fondateur d’une chapelle près du chœur de l’église.

Maison d’Aspremont

A un moment non déterminé avec précision en fin de XIIIème siècle, et sans en connaître la raison (achat, héritage ?), la seigneurie principale passa à la famille d’Aspremont, originaire de Lorraine. Ce fut aussi le cas aussi pour les seigneuries de Quiévrain et d’Amblise (territoire situé dans l’actuel village de Crespin). Si Quiévrain ne resta que deux générations dans la Maison d’Aspremont (Mahaut d’Aspremont apporta cette seigneurie en dot vers 1305-1310 à Simon III de Lalaing), il n’en est pas de même pour Thulin et Amblise qui continuèrent dans la famille Aspremont jusqu’en 1513. Ces seigneurs avaient droits de meilleur catel, de relief et de formenture sur Thulin, ainsi que des rentes diverses. Les seigneurs d’Aspremont, dont il est à peu près certain qu’ils furent seigneurs de Thulin, sont :

  • Gobert VIII d’Aspremont (1302-1325). Fils de Geoffroy III d’Aspremont (1294-1306) et d’Isabelle de Quiévrain. Il n’est pas impossible, mais pas non plus certain, que ce dernier posséda déjà Thulin.
  • Geoffroy IV d’Aspremont (1305-1375), fils du précédent
  • Gobert IX d’Aspremont (1325-1381/1391), fils du précédent
  • Geoffroy V d’Aspremont (1360-1391), fils du précédent
  • Gobert X (1394-1450), fils du précédent. Celui-ci vit sa terre d’Emblise élevée au rang de principauté par Louis de Bavière, vers 1410.
  • Edouard d’Aspremont (1410/1415-1473), fils du précédent
  • Gobert XI (v.1450-1495), fils du précédent
  • Gobert XII d’Aspremont (v1475-1513), fils du précédent. Il  n’avait pas d’héritier mâle et apparemment n’a pas doté une de ses trois filles du domaine de Thulin. Il vendit la seigneurie de Thulin en 1513.

Maison de Ligne

C’est Antoine « le Grand Diable » de Ligne (1474-1532) qui acheta le domaine de Thulin en 1513. Il était le fils de Jean IV de Ligne et possédait déjà de nombreux titres et domaines. Il était baron de Ligne et de Beloeil, comte de Fauquemberghe, prince de Mortagne, et seigneurs de nombreux villages, dont celui de Montroeul-sur-Haine. Ses successeurs jusqu’à la Révolution Française furent :

  • Jacques de Ligne (1503-1552), fils du précédent. Baron de Ligne (dès 1532), puis comte de Ligne
  • Georges de Ligne ( ?-1579), fils du précédent
  • Philippe de Ligne (1533-1583), fils de Jacques, frère de Georges
  • Lamoral Ier de Ligne (1563, Beloeil-1624, Bruxelles), fils du précédent. Ligne et Amblise furent érigées en principauté en 1602 (1er prince) par l’empereur Rodolphe II. Par mariage, il devint baron de Werchin, seigneurie près de Valenciennes, dont le propriétaire a la charge héréditaire de sénéchal du Hainaut.

    D’Adrien de Montigny (fin XVIème)
  • Florent de Ligne (1588-1622), fils du précédent
  • Albert-Henri de Ligne (1615-1641), fils aîné de Florent de Ligne – sans postérité
  • Claude-Lamoral I de Ligne (1618, Beloeil-1679, Madrid), frère du précédent
  • Henri-Louis-Ernest de Ligne (1644-1702), fils du précédent
  • Antoine Jospeh Ghislain (1682-1750), fils du précédent – sans postérité
  • Claude Lamoral II (1685-1766), frère du précédent. La plus grande œuvre du prince Claude-Lamoral II est le domaine et le château actuel de Beloeil.
  • Charles-Joseph Lamoral de Ligne (1735, Bruxelles – 1814, Vienne), fils de Claude-Lamoral II. Il fut le dernier seigneur féodal de la Maison de Ligne.

La seigneurie de l’Escuire (ou Lescuire ou Lecuire)

Ce terme est sans doute dérivé du mot écuyer. C’était également une possession des comtes de Hainaut. Ce fief sembla avoir été attribué par le comte Baudouin II en 1085 au chapitre des chanoines de Notre-Dame de Condé qui administra la seigneurie jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.

Il s’agissait d’une seigneurie foncière, située au centre de l’actuel village. Le seigneur put y appliquer la haute et la basse justice (même s’il céda la première aux Ligne à la fin du XVIème). Il prélevait cens et terrages, nommait les mayeurs et les échevins qui devaient gérer les biens (champs, arbres, barrières, …). Il pouvait prélever la dîme sur tout le territoire de Thulin (sauf Ponengre). Il en donnait une partie (1/9) au curé et une autre (2/9) à l’abbaye de St Ghislain. Il gardait le reste. Il entretenait l’église et le presbytère de Thulin. Il est possible que ce même chapitre posséda les marais communs servant de pâturages aux manants de Thulin, Montroeul et Elouges.

Le domaine seigneurial se trouvait entre l’actuelle Grand’Rue et le quartier du Brouta et pouvait donc couvrir presqu’un quart du village. C’était l’exploitation agricole la plus importante à Thulin. Il y avait une cense dont la façade donnait sur l’actuelle grand-rue avec une entrée pourvue d’un porche-colombier. Le domaine se partageait en courtiseaux (enclos entourés de haies vives – sur lequel une cité du même nom a été construite dans les années 1960) et champs (dont certains se trouvaient à l’entrée de Pommeroeul : le champ de Lescuire). Ses entrées comportaient des barrières de péage. Le domaine était loué à bail par le chapitre de Condé à un censier. Celui-ci fut souvent le maïeur de la commune de Thulin. Quelques noms depuis le XVIème siècle: Wattier, Estoret, de Biève, Derbaix, Hallez, Petteau, Lefebvre, Philippe Lemaur.

Le domaine fut démembré progressivement, notamment au niveau des courtiseaux à l’arrière de la ferme. Une partie fut vendue à Jean Philippe Lacroix en 1762 qui en fit une ferme. Celle-ci devint plus tard, au XIXème, une brasserie qui s’étendait jusqu’à l’angle actuel de la Grand-Rue et de la rue Paul Pastur. La cense de Lescuire fut achetée par Marie Augustine Hallet, veuve Petteau, en 1780-81, ainsi que les terrains alentour. Le reste fut dépecé lors de la révolution française en 1795.

Au milieu du XIXème, la propriété principale fut rachetée par Philippe Lemaur, patron d’une sucrerie (en face du presbytère). La cense fut victime d’un ouragan en 1876 et s’écroula, en même temps ce jour-là que le clocher de l’église et de quelques granges et toits de chaume du village. Elle fut rebâtie  par les Druart-Lefebvre, occupée plus tard par les Rémy-d’Hénin (d’où l’appellation actuelle de « Château Rémy »). Elle fut de nouveau incendiée le 23 août 1914 par les Allemands, lorsqu’ils furent arrêtés par les Anglais dans leur progression à la hauteur de cette bâtisse. Elle fut reconstruite après la première guerre mondiale sous sa forme actuelle.

Terre de Ponengre (actuel hameau de Poningue), aussi appelée seigneurie de la Ramonerye en 1647.

La terre de Ponengre devint propriété seigneuriale appartenant au curé de Thulin suite à  un don gratuit qui leur fut fait sans doute aussi au XIème siècle par on ne sait qui, le comte ou un des premiers seigneurs féodaux. La cure en resta propriétaire jusqu’en 1795. C’était une propriété foncière. Le curé, seigneur des lieux, avait divers droits de  nomination d’un mayeur et des échevins, de la perception du cens et des dîmes (menue et grosse), ainsi que de la basse justice (la haute et moyenne justices étaient exercées par les seigneurs de Thulin, qui percevaient aussi les droits banaux et de mortemain).

La seigneurie de Baem. Elle appartenait à l’abbaye de Saint-Ghislain dès avant 1146. Elle se situait au sud du village, à proximité d’Elouges et était constituée de terres cultivables affermées.

Il existait encore d’autres petits fiefs à Thulin :

  • Le fief ample de Gaveaulmet. A l’emplacement de la ferme-brasserie Grumiaux-Fontaine. Il relevait aussi du chapitre de Condé. Il appartint plus tard aux seigneurs de Ligne.
  • Le fief d’Arcan. Il appartint au XVIIème à la famille Riotte, qui, sans être de souche noble, avait le droit de porter l’épée et d’avoir un colombier, apanage des seigneurs. Il relevait aussi du chapitre de Condé et était également constitué d’une exploitation agricole.
  • le fief de Wencque, sur l’actuel territoire d’Hensies. Il s’agit peut-être de cette terre cédée par le seigneur Gobert d’Aspremont à l’abbaye de Saint-Ghislain.
  • le fief Henry de Haynin
  • le fief de Hannebert

La commune

On n’a pas retrouvé la charte érigeant le village de Thulin en commune. On n’en connait donc pas la date. Les premiers magistrats connus à Thulin datent de 1477.

Les maretz communs (“tenue d’eau des marais »)

Au nord-ouest du village, existait une grande zone marécageuse, alimentée par de nombreuses sources et les débordements réguliers de la Haine. Elle était, depuis le XIème, copropriété (zone indivise) des trois villages de Thulin, Montroeul et Elouges. L’herbe y était dure et grasse, bonne donc pour y faire paître bovins et oies par les manants des trois villages. Ce dernier élevage était d’ailleurs prisé, qui rapportait viande, duvet et plumes pour écrire. Les marais communs exportaient une grande partie de leur production en Hainaut et au nord de la France. Un garde assurait la surveillance des troupeaux et des saules, nombreux en ce coin. Il était rémunéré par les trois pouvoirs communaux. Un massard percevait les droits de pacage.

En 1547, une ordonnance de Marie de Hongrie décida de la construction d’une écluse sur la Haine, la seconde sur le territoire thulinois, ceci afin d’améliorer la navigation sur la rivière. Dans cette zone de marécages, déjà facilement submergée par les inondations, il y avait risque d’encore voir ce phénomène aggravé. Les cultivateurs des marais (des trois communes)  s’adressèrent au comte de Ligne afin d’intercéder auprès de la gouvernante ou du moins son bailli de Mons. Ce qu’il fit … sans résultat. L’écluse fut construite et n’apporta pas plus de dommages à ses riverains, qui, pourtant, continuèrent à se chamailler comme auparavant.

L’élevage intensif des oies appauvrit le terrain, ce qui dégénéra en conflit entre leurs éleveurs et les autres. Au point que petit à petit, on en vint à ne plus se supporter entre les cultivateurs des trois villages.

Déjà, en 1651, une partie des marais, à Débihan avait été lotie en 21 fiefs et vendus. En 1731, le pacage des oies fut interdit. Le 15 mars 1742, on organisa la sortie d’indivision à la Cour Souveraine du Comté. Les trois villages se partagèrent le marais qu’ils séparèrent par des fossés et puis se hâtèrent, particulièrement à Thulin et à Elouges, de le vendre par parcelles. Ce qui eut pour conséquence de voir les parts de pacages diminuer.

Après 1830, plusieurs conflits entre éleveurs thulinois d’une part et leurs pouvoirs communal ou provincial surgiront: interdiction d’y fabriquer des briques, obligation de conversion en champs. Le gouvernement provincial fit lotir les terrains et les afferma aux plus offrants qui en tirèrent grand profit par la culture, vu la fertilité de ces lieux.

Avec le temps, la zone proprement marécageuse s’est fort rétrécie et n’occupe plus qu’une zone réduite entre Thulin et Montroeul. On y rechercha du charbon en 1920. On en trouva mais son extraction était peu rentable et on abandonna le projet.

Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Au XIème siècle, à l’époque de la comtesse Richilde, mariée au comte de Flandre Baudouin, on vit Robert le Frison, l’oncle de ce dernier, venir exiger le comté flamand et batailler en Hainaut. Il aurait passé la Haine à Thulin, selon Jacques de Guyse, et aurait ravagé la région et emporté la victoire du côté de Saint-Denis.

En 1553, Charles Quint fit le siège de Thérouanne. Les manants d’Elouges, Montroeul et Thulin durent fournir des charrois.

En juillet 1572, la bataille d’Hautrage, ainsi que les pillages par les huguenots et les hommes de Louis de Nassau s’accompagnèrent de séquelles sur ces villages. Cette même année, les pillards s’en prirent aussi à la cure de Thulin, où ils brisèrent le coffre-ferme, contenant les archives de la seigneurie de Poningue.

De 1645 à 1696, la région connut des guerres quasi continuelles, dues aux ambitions des rois de France, dont eurent à souffrir les fermiers. Des maisons furent incendiées. La cure de Thulin fut complètement détruite en 1645. Les habitants eurent à souffrir de disette, de famine, de misère, d’épidémies. Des troupes françaises séjournaient régulièrement, notamment celles du duc de Luxembourg en 1689, puis celle du duc d’Elboeuf en 1696. En 1694, parce que Thulin était en retard de paiement et de fournitures, le mayeur Jacques Hallet fut pris en otage par les armées de Louis XIV, emprisonné à Ath et libéré contre rançon.

Entre 1750 et 1755, Thulin vit encore séjourner sur ses terres des troupes, tantôt françaises (du roi Louis XV), tantôt autrichiennes.

Le 14 août 1763, la flèche de l’église fut incendiée par la foudre.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Thulin, puis Boussu
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Boussu
  • Entité communale depuis 1977:

En septembre 1830, lorsque les troubles commencèrent à Bruxelles, les autorités communales thulinoises prirent des dispositions pour éviter des émeutes et des pillages. Ainsi, ils supprimèrent l’annuelle kermesse. Une “garde de la sûreté et de l’ordre public” fut instaurée. Le 8 septembre, le bourgmestre Philippe Bosquet fit monter un drapeau rouge-jaune-noir en haut du clocher de l’église. De jeunes hommes, vingt-six au total, devinrent volontaires pour aller participer à la révolution, emmenés par Théophile Degardin. Partis trop tard, ils ne participeront pas aux combats dans le parc de Bruxelles.

Le premier bourgmestre après l’indépendance fut Philippe Bosquet. La vie communale était calme dans cette période.

La guerre 1914-1918

Elle est racontée, en ce qui concerne notre région, dans un chapitre plus général. Tant par les combats qui ont émaillé l’invasion allemande, que pour l’occupation et la libération.

Lors de l’invasion, les Thulinois, défendus par les Anglais, eurent à subir l’assaut allemand le 24 août 1814. De nombreuses maisons furent saccagées, pillées et incendiées. Les habitants avaient fui les combats en se réfugiant à Elouges et à Wihéries. Quelques-uns de ceux qui restèrent furent tués ou humiliés. On eut à constater des dégâts à la Maison Communale, transformée en centre de soins Croix Rouge, à l’église et au Château Rémy.

Les occupants installèrent:

  • des postes de garde dans la cure (d’où le curé a été chassé), en haut du clocher, à la gare
  • dans l’ancienne maison Legeay (devenue plus tard la poste) : la Kommandantur locale et la Feldgendarmerie
  • dans les dépendances de la brasserie Grumiaux : la cuisine
  • des batteries d’artillerie en attente d’être utilisées au front

Durant toute la guerre, beaucoup de soldats allemands séjournèrent à Thulin. On y voyait aussi certaines troupes qui revenaient du front pour prendre quelques jours de repos.

Lors de leur retraite à partir du début novembre 1918, les Allemands firent sauter la voie ferrée, le carrefour du saint-Homme et quelques croisements dans le village.

La guerre 1940-1944

A l’annonce de l’avance rapide de l’armée allemande, les neuf dixièmes de la population évacuèrent vers la France.

Thulin fut occupée dès le 20 mai et fut témoin le 23 mai d’une bataille entre une arrière-garde de l’armée française et les Allemands installés dans le village depuis quelques jours. Le combat dura cinq heures et fit quatorze morts de chaque côté. Douze officiers et 300 soldats français furent faits prisonniers. On édifia un Monument aux soldats Français après la guerre sur l’ancienne place du Calvaire, rebaptisée « Place des Français ».

Le village fut libéré le 4 septembre 1944.

A Thulin, comme dans d’autres villages de la région, il existe une communauté de chrétiens protestants qui ont leur temple.

Economie

Agriculture et élevageLe village de Thulin était, vu son terrain, destiné à devenir agricole. De nombreuses fermes, grandes ou petites, s’y sont développées. En 1702, on comptait 35 courtils à Thulin. Les plus importantes comportaient un courtil central entouré des bâtiments d’habitation et d’exploitation. On y accédait souvent par un grand porche.

Au XIXème siècle, lorsque la population dépassa les 2000 habitants (ce qui était beaucoup à l’époque pour un village), on comptait plus d’une centaine de fermes, dont la majorité étaient petites et produisaient juste de quoi nourrir la famille.

Vers le nord et dans les marais à l’ouest, se trouvaient des prairies de pâturages et vers le sud et l’est les champs cultivables. On y récoltait des céréales (blé, avoine, seigle, orge), des betteraves sucrières et fourragères, des pommes de terre et des légumes, ainsi que du chanvre, du lin et du colza. Le colza donnait une huile qui éclairait. Il fut remplacé par le pétrole, puis l’électricité.

On cultiva aussi du tabac à partir du tournant du XIX-XXème siècle. Par contre on y dénombrait peu de vergers fruitiers.

Les grosses fermes :

  • Cense des mayeurs de Ronquier (grand-rue en face de la rue Radon, actuelle ferme Paillot). 1515 (la plus vieille de Thulin) – grange de 1673
  • Cense de Lescuire (voir description de la seigneurie)
  • Cense des mayeurs Hallet (coin de l’actuelle rue Ferrer, actuellement habitée par le Dr Defrise). Construite en 1684 par Pierre Hallet. Elle était constituée d’un corps habitable (toujours existant), d’une grange (abattue en 1950), entourant une cour dans laquelle on pénétrait par un porche surmonté d’un colombier.
  • Cense des mayeurs Lefevre de Haynin, 1738 (la grange est de 1743). Angle de la rue de Condé (Citadelle) et de la Grande Ruelle vers Poningue. Famille apparentée aux seigneurs de Hainin. Style tournaisien, avec porche-colombier et tour intérieure surmontée d’un bulbe. C’est sur une parcelle de cette propriété que fut construite en 1884 la nouvelle école libre des garçons.
  • Cense Riotte-Hallez, 1773. Sur le chemin de Bellevue, en face de la rue du Calvaire (actuellement rue Ferrer, 6-8). Il y avait un colombier, privilège habituellement accordé aux seigneurs, mais cette famille possédait plusieurs fiefs et avait le droit de porter l’épée.
  • Cense de Pierre-Philippe Bosquet, 1733. En face, jouxtant le cimetière près de l’église. Ancien homme de fief, mayeur et mambour.
  • Cense Le Comte Lorio, 1684. Appartint aux mayeurs Hallez
  • Cense Rinchon-Roucou (puis Rinchon-Lesage)
  • Cense Roucou Alexandre (puis Degardin) avec moulin sur la Haine
  • Cense Patte de Laussois. Angle de la rue Haute et du chemin de la Porquerie
  • Ferme-brasserie de Lescuire
  • Cense de la seigneurie de Ramonerye à Poningue (Ponengre)

Entreprises dérivées de l’agriculture

Les Moulins à grains

  • Le moulin banal à vent (moulin Bréel). Durant l’ancien régime, les fermiers et les habitants de Thulin étaient obligés de faire moudre leurs céréales au moulin du seigneur, lui laissant une redevance. Celui des seigneurs de Ligne se trouvait sur le champ de Sairue, à l’ouest du village. Il perdit sa fonction seigneuriale lors de la période française. Il fut racheté. Il fut déplacé vers la rue de la Citadelle au XIXème siècle (moulin Truchart-Carton). Il fut culbuté par une tempête le 28 décembre 1914 et il ne fut pas reconstruit.
  • Celui d’Augustin Honorez qui fonctionna à la vapeur en 1829.
  • Le moulin (à vent et à eau sur le Rieu d’Elouges) de Gilles Rinchon, un censier, installé en 1829 au Saint-Homme, converti en moulin à vapeur, incendié en 1874
  • Un moulin près du Pont-à-Foin sur la Haine au Sardon
  • Un moulin à Débihan à proximité de l’écluse, au XIXème, pour attirer et alimenter les entreprises locales
  • Moulin à eau Alexandre Roucou, puis Anciau-Degardin. A la limite Thulin-Montroeul, sur le Rieu d’Elouges, juste avant qu’il ne se jette dans la Haine. Il existait avant 1833. Il fut équipé d’une machine à vapeur en 1854. Une fermette avec un porche existe en annexe.
  • Moulin à vapeur Crucq-Bricourt, rue de la citadelle

Une sucrerie, dirigée par Mr Alexandre Lemaur et son frère François-Philippe entre 1836 et 1877. Ce fut la première industrie thulinoise. Ce directeur habitait la cense de Lescuire et fut également bourgmestre de la commune. L’entreprise se situait devant l’église. C’est dans cette entreprise que fut inaugurée en 1824 la première machine à vapeur thulinoise. Il n’eut pas d’héritier et son entreprise disparut à son décès.

Elle fut remplacée par une faïencerie  en 1887 par Victor Ducobu, banquier, propriétaire de la papeterie de Débihan et d’une sucrerie à Boussu. On y fabriquait de la céramique de qualité (statuettes, vaisselles, …) , artistiquement décorée, qui a eu du succès à l’exportation. De 1887 jusqu’aux années 1960, sous la houlette de V. Ducobu, puis de ses deux enfants Arthur et Victoria (1887-1922). De 1923 à 1971, l’entreprise s’appella « Société Anonyme des Faïenceries de Thulin » et fut dirigée par Mr. Léon Cyriaque. L’entreprise s’essouffla après la deuxième guerre mondiale. La société fut dissoute en 1973. Elle fut alors totalement démolie et remplacée par l’actuelle école communale.

A Débihan, près de la Haine (et de son écluse), se sont succédée sur le même site plusieurs entreprises :

  • une filature de laine, créée en 1829 par Mrs Carlier et Roland
  • une scierie de marbre, par les mêmes personnes (1836-1851)
  • Le tout fut remplacé en 1862 par une papeterie à l’initiative de Victor Ducobu, associé à François Roland. On y fabriquait du papier d’emballage et plus tard des cartons. On utilisait une machine à vapeur. Plus tard V. Ducobu, seul, installa un gazomètre à charbon pour produire de l’électricité pour son usine. A la fin du siècle, cette papeterie était la première du Hainaut. Quelques incendies (1893, 1911) et des changements de propriétaires affaibliront l’usine. Entre-temps des fêtes et des ducasses furent organisées par Ducobu à Débihan. Une cité ouvrière fut bâtie à proximité. Ducobu entra en politique et devint bourgmestre en 1892. Il décéda en 1897. En 1940-44, les Allemands y firent déshydrater les pommes de terre pour l’armée.

Après plusieurs changements de propriétaires, Henri Lammerant et son épouse fondèrent les « Cartonneries de Thulin » en rachetant le site. Ils modernisèrent l’outil pour produire des boîtes d’emballage de poudres à lessiver, fournissant Unilever, Procter & Gamble entre autres et exportant 90% de leurs produits vers les pays voisins. En 1972, rachetant une entreprise gantoise, Henri Lammerant fit concevoir des machines produisant des emballages plastiques, notamment pour disques CD depuis 1987. Ils fermèrent l’usine gantoise. Aujourd’hui ses enfants ont repris les activités de production. L’entrepris s’appelle « Carthuplas ». Le bâtiment d’habitation date de 1922.

La « Papeterie Semoulin », encore présente, a été créée en 1910 par Jules Semoulin. Elle s’est spécialisée après 1945 dans la production de sacs en papier et de bobines imprimées pour l’emballage. Elle a continué à se moderniser par la suite, s’appelle aujourd’hui « Semoulin Packaging » et est toujours dirigée par les descendants du fondateur.

Au XIXème siècle, ont encore fonctionné à Thulin

  • Une fabrique d’étoffes et de tissage de sacs de laine pour la sucrerie (Nimal, 1856 et 1859)

Mais on sait qu’il y eut à Thulin des tisserands dans les siècles antérieurs et notamment un certain Jehan Lefebvre en 1589. On y a tissé le lin jusqu’au XIXème.

  • Une manufacture de casquette (Boulanger-Populaire), v1862
  • Une savonnerie
  • Une bouchonnerie
  • Une saboterie
  • Une scierie de marbre (Carlier-Roland, 1836)
  • Une scierie de bois (Dupont, près de la gare)
  • Des menuiseries, charronnage
  • Deux forges de maréchal-ferrant, une ferronerie
  • Un atelier de galvanisation (la Seauterie)
  • Une tannerie (Elie Bélanger), au Sardon (actuellement Maison d’Oscar Dupont). Ce directeur était le père d’Elie Bélanger (1860-1912), médecin thulinois apprécié. Il fit de la politique, devint conseiller communal en 1887, puis échevin. Il fit beaucoup pour le développement de la fanfare communale. Il créa à Thulin une société de prévoyance, ancêtre d’assurance mutualiste.
  • Une malterie (Grumeaux-Fontaine)
  • Une fabrique de tabac (E. Quintard, v1855 à 1900
  • Des brasseries. On cultivait à Thulin de l’orge, du houblon, de  l’escourgeon et de l’avoine, indispensables à la production de la bière. On en importait aussi de Pommeroeul et d’Hensies. Une brasserie existait déjà au XVIème, peut-être tenue par Jehan Wattier, mayeur de 1537 à 1560, aussi censier. La famille Ponthus-Wattier en avait toujours le gambage pour le prince de Ligne en 1575. Une autre (ou la même?) appartenait à André Couteau et fut vendue en 1651. Les brasseries du XIXème siècle :
    • Destray (1844)
    • Bosquet (1856)
    • Brohée-Tromont (1869) à l’angle de la rue Paul Pastur et de la Grand’rue (n°58). Elle faisait partie anciennement du domaine de Lescuire. Les bâtiments actuels furent construits en 1762 par Jean-Philippe Lacroix, originaire de Bettignies (France), qui épousa en 1751 Hélène-Joseph Tromont de Thulin. La maison d’habitation, aujourd’hui occupée par le Notaire Pierre Culot et son épouse le Docteur Rouveroy, se trouve au fond d’une cour dans laquelle on entrait jadis par un porche-colombier, construit en 1820 et détruit en 1963. Jean-Philippe Lacroix, devenu lieutenant-mayeur en 1768, mourut l’année suivante. Sa veuve se remaria en 1774 avec François-Joseph Petteau et mourut elle-même en 1798, sans enfant. La propriété passa au couple Philippe Ballant-Anne-Marie Tromont, cultivateurs,  en 1804. Puis en 1806, Antoine Degardin en devint propriétaire. D’abord fils d’un maître-batelier, puis agriculteur, il devint brasseur en 1820. Il y adjoignit en 1832 le métier de meunier, par l’achat de l’écluse-moulin du Sardon, sur la Haine. Il décéda en 1831. Son fils Antoine hérita du moulin et son second fils Théophile reçut la ferme-brasserie. Ce dernier revendit l’entreprise en 1834 à Jean-Joseph Destray, de St Ghislain, dont la veuve, Agnès Delacroix, continua les activités après sa mort, jusqu’en 1868. L’immeuble fut exhausté en 1860. En 1868, elle vendit la propriété à Eugène Brohée (1825-1902), de Boussu. Ses deux enfants, Albert et Emile, en hérièrtent en 1884. A la mort du premier, sa veuve Julia Tromont continua l’activité de brasseur, achetant les parts de son beau-frère. Affaiblie par les Allemands qui réquisitionnèrent les cuves pendant la guerre, la brasserie dut fermer ses portes en 1920.
    • Grumiaux-Fontaine (1876)

Les brasseurs, pendant l’ancien régime, étaient soumis à un droit de gambage sur leur production.

Les commerces étaient variés et nombreux. Avant la Révolution française, il n’existait pas de boucherie. Chaque fermier tuait ses bêtes et les faisait découper par un artisan-boucher. Et chaque ménage élevait un cochon pour ses propres besoins. On ne mangeait pas de la viande tous les jours.

Il existait un commerce de chevaux (H. Carpentier).

La houille à Thulin

Thulin a bénéficié de l’absence de terrils et d’industrie d’extraction de la houille. Ce n’est pas faute d’en avoir cherché dans son sous-sol, au Saint-Homme, dans les marais, à Débihan, à la limite de Boussu-Bois … entre le XVI et le XVIIIème siècle en surface, au milieu du XIXème par des sondages en profondeur, créant des avaleresses (puits qui n’atteignent pas le niveau de la houille).

A proximité du Bois de Boussu, au sud du village, un petit hameau, appelé « Alger » se développa auprès d’une de ces exploitations. Il a disparu par la suite à la fin du siècle. Ces recherches s’arrêtèrent en 1844.

Dans les villages en bord de Haine, entre Saint-Ghislain et Montroeul, ainsi qu’à Quiévrain, il était non rentable d’extraire de la houille.  Il fallut creuser jusqu’à 318 mètres pour en trouver. Cependant, des galeries venant des fosses d’Elouges et de Boussu-Bois passent dans son sous-sol.

Au XIXème et dans la première moitié du XXème siècle, de nombreux Thulinois travaillèrent dans les charbonnages de Boussu-Bois, Dour et Elouges. Ils partaient le matin, le plus souvent à pied, pour rejoindre les fosses et en revenaient fourbus le soir. Un chemin, partant du Quéniau, traversant le chemin de fer  lorsqu’il fut construit, à pied ou sur une passerelle (construite en 1880 et démolie lors de l’électrification de la ligne en 1980), parallèle au Séquisse, traversant la Grand-Route, menait jusqu’au Bois de Boussu. Un autre allait vers Dour.

Plusieurs Thulinois périrent lors de coups de grisou dans les mines de Boussu (28, le 5 mai 1845), d’Elouges Longterne Ferrand (14,  le 6 mai 1852) et d’Elouges-Bellevue (6, le 2 juillet 1861).

En 1981, une société allemande vint dans les marais étudier la possibilité de gazéifier le charbon sous-jacent. Mais les recherches furent abandonnées après quelques années.

Lorsque la région offrait de l’emploi (entreprises de Crespin et Quiévrechain, celles de Boussu et Dour), de nombreux Thulinois y travaillèrent dans la première moitié du XXème siècle. Puis la crise économique amena son lot de chômage dès les années 1970.

Evolution de l’habitat et du réseau routier

Dans l’Antiquité, les grands axes de circulation, autour de Thulin, étaient la Haine (pour les marchandises sur des barques plates) et la chaussée romaine partant de Bavay vers Blicquy et la Mer du Nord, passant par Quiévrain et Hensies. Des chemins secondaires reliaient les petits noyaux d’habitation.

Au début du Moyen Age, deux chemins se croisaient à peu près au centre de ce qui fut sans doute le noyau originel du village :

  • le chemin de Saint-Gislain à Condé et Crespin, passant par Boussu, Hainin, Thulin, Montroeul-sur-Haine, Hensies, Bernissart et Condé (actuelle rue Léon Mahieu, anciennement rue de la Citadelle ; rue Victor Delporte et rue Michel Cavenaile, anciennement rue du Calvaire)
  • le chemin de Belle-Vue, descendant d’Elouges, venant de Bavay par Roisin, Angre et Audregnies, traversant le village pour aller vers la Haine, traverser celle-ci, le village de Pommeroeul et rejoindre le Rond de Ville, là où passait le chemin de Mons et Saint-Ghislain à Tournai

Au sud du village, à la limite d’Elouges, passait un chemin d’est en ouest qui porta plusieurs noms, selon les époques et les endroits (Vieux chemin de Binche, Chemin du Vieil Empire) qui joignait Valenciennes à Mons et Binche.

Toutes ces routes étaient en terre et leur entretien était à charge du pouvoir comtal en ce qui concerne les grands axes et du pouvoir communal pour les chemins du village.

La première route à être pavée fut celle de Mons à Valenciennes. Après que la partie entre Mons et Boussu fut pavée entre 1723 et 1738, les Autrichiens hésitèrent à continuer jusqu’à la frontière française, craignant les visées militaires de Louis XV. Mais les considérations commerciales l’emportèrent. En effet cette route permettait l’acheminement du charbon borain vers la France. L’impératrice Marie-Thérèse prit donc la décision de faire paver entre Boussu et Quiévrain, aux frais des communes traversées et grâce à la main d’œuvre qu’elles fournissaient sous forme de corvées, leur laissant cependant les revenus de l’octroi. Les pierres venaient de Wihéries et le sable du Mont d’Elouges. Le travail fut terminé en 1760. La route passait par des ponts au-dessus des ruisseaux, ponts qui devaient être entretenus par les manants du village.

La même importance commerciale se retrouvait sur le chemin de Bellevue, venant d’Elouges et de Dour vers Pommeroeul. Par ici, aussi, on transportait le charbon extrait dans ces localités, mais aussi la pierre de Wihéries, que l’on amenait à la Haine pour être ensuite exportés plus loin. Marie-Thérèse en accorda le pavage en 1763. Les frais en étaient imputés aux Thulinois, à qui elle laissa les droits de barrière. De là, on allait vers Beloeil, où se trouvait le château des Ligne, seigneurs de Thulin et Montroeul, et de bien d’autres lieux au nord de la Haine.

Au fur-et-à-mesure que l’habitat grandissait, des chemins et des ruelles, en terre, se créèrent, notamment pour rejoindre les hameaux qui s’étaient constitués autour de fermes plus éloignées (Sardon, Poningue, Débihan, Quéniau, Brouta, Saint-Homme, Alger). Ces chemins étaient bordés de profonds fossés et drainaient les eaux et les résidus ménagers, ainsi que les fosses à purin. Ils étaient traversés par des ruisselets qu’il fallait franchir à gué ou sur des planches de bois.

Les maisons à étage (de type urbain) n’apparurent qu’au XIXème siècle, remplissant le plus souvent les espaces restés vides au fur-et-à-mesure que la population s’étoffait.

Au tournant du XVIIIème-XIXème siècle, on comptait plus de 2000 Thulinois et presque une centaine de fermes d’importance inégale, ce qui faisait de Thulin un des plus gros villages de la région et lui valut d’être chef-lieu de canton à l’époque française.

Des notables s’installèrent au centre du village et firent construire quelques demeures plus cossues au XIXème siècle, principalement autour de la Place. L’actuelle Auberge du XIXème date de 1822.

A partir du XVIIIème siècle, les voies de communication se sont améliorées, comme ce fut expliqué plus haut pour les grands axes. Pour remplacer un sentier qui venait de Dour à Thulin, une route plus large vint rejoindre le chemin de Bellevue, conduisant vers Dour, Blaugies, Athis, Fayt-le-Franc et la France.

Les autres chemins ont seulement été pavés au XIXème, à partir de 1820, à l’instigation des autorités communales.

Pour l’éclairage public, les premiers réverbères au pétrole apparurent en 1871. De vingt-huit, ils passèrent à cinquante, neuf ans plus tard. Un particulier, l’allumeur public, devait chaque soir s’occuper de l’allumage, le matin de l’extinction et de l’entretien.

Les premiers trottoirs furent aménagés dès 1871 aussi. Des caniveaux et des canalisations souterraines les accompagnent.

Thulin était un peu à l’avant-garde dans la région pour ce confort.

Il faut attendre 1913 pour que l’éclairage public devienne électrique. C’est aussi le moment où l’électricité s’imposa à l’intérieur des demeures et des entreprises. Les occupants allemands en 1915 accélèrent le phénomène pour les bâtiments publics.

Petit à petit, les rues verront remplacer les gros pavés par de plus petits et de mieux taillés. Viendront ensuite les conduites d’eau courante et de gaz.

La Haine, au nord du territoire, fut navigable pour des barques plates halées par des hommes ou des chevaux, au moins depuis la période romaine jusqu’à la construction du canal Mons-Condé, achevé en 1818.

Le Rieu d’Elouges traversait à l’origine d’abord la seigneurie de Lescuire, puis descendait à l’ouest du centre du village. A plusieurs reprises on le détourna plus à l’ouest pour qu’il prenne son cours à l’extérieur de la partie habitée. Ce fut le cas au XVIIème siècle et en 1741. On le détourna vers la Porquerie et le Brouta.On le passait à gué ou sur des petits ponts de bois. C’est au début du XVIIIème que ces ponts furent construits en dur sur les différents ruisseaux et dans les marais. Le premier pont en briques, comportant deux voûtes, fut érigé en 1716 au carrefour du chemin d’Audregnies et de la Porquerie. En 1881, on le reconstruira avec une seule voûte et il reçut alors le nom de “Pont Franco”. Quelques années auparavant, en 1876, une partie de son cours avait été voûtée sur une longueur de 88m avant d’atteindre le chemin d’Audregnies. La même année, un second pont solide était construit sur le chemin de Crespin (actuelle rue Michel Cavenaile). A la fin du XIXème, le Rieu traversait et alimentait en eau la tannerie d’Elie Bélanger, qui se trouvait au Sardon (actuelle propriété d’Oscar Dupont). En 1995, le cours du Rieu a été élargi et consolidé par des rives en bêton.

Les voies de communication d’époque contemporaine

De 1806 à 1818, le canal de Mons à Condé fut construit pour pallier l’insuffisance de la Haine face à une exportation de houille de plus en plus importante. A partir de ce moment, la rivière perdra toute son importance. Le canal croisait la route de Bellevue au « pont de Thulin ». A proximité, naquirent un chantier de construction de bateaux et des fours à chaux.

De 1842 à 1844 fut construite la ligne de chemin de fer entre Mons et Quiévrain, avec une station à Thulin. Ce train servait au transport des voyageurs mais plus essentiellement à celui des produits industriels et des marchés. Les gens se déplaçaient peu à l’époque, hormis les riches et les notables. Pour l’aménager, il fallut constituer entre Thulin et Quiévrain un remblai à l’aide de terres prélevées à proximité, ce qui entraîna le long de la ligne des excavations, appelées « emprises du chemin de fer » et plus communément « les trous ». Ceux-ci se remplirent d’eau, furent bordés d’arbustes et seront peuplés de poissons pour les pêcheurs. Pour passer les ruisseaux, on bâtit des ponts en pierre, dont celui du Rieu d’Elouges qui fut apprécié des enfants. Il était bordé de culées qui offraient de belles glissade, d’où l’appellation de « pont glissant ». La ligne était bordée d’un chemin de terre entre Boussu et Quiévrain. Une passerelle l’enjambait sur le chemin qui part du Quéniau vers le Bois de Boussu par Pierre d’Or.

Un chemin de fer industriel relia dès 1858 la gare de Thulin aux charbonnages de Dour et d’Elouges Longterne Ferrand et de là par Warquignies vers Saint-Ghislain. Elle descendait le long du Pavé de Dour à proximité du Séquisse. Ce charbon partait vers les usines métallurgiques notamment du Grand-Duché de Luxembourg. Mais cette ligne fut vite désaffectée en 1873 au profit d’une ligne Dour-Elouges-Quiévrain.

Dans les années 1960, une route contournant le village par l’ouest joignait Dour à Baudour.

Au début des années 1970 fut terminée l’autoroute E19 reliant Bruxelles (mais aussi les Pays-Bas et l’Allemagne) à Paris à l’emplacement du canal Mons-Condé.

Admirablement servie par les voies de communication, par un paysage vierge de toute industrie polluante, par des commerces de base variés, Thulin est devenue une commune résidentielle appréciée.

Patrimoine

L’église Saint Martin. On ne sait quasi rien des premiers sanctuaires. Une tour romane aurait cependant était érigée au XIIème siècle. Et peut-être une autre au XVème, dont certains restes furent retrouvés dans les fondements de la tour. L’église fut mise à sac par les huguenots en 1572.

Le bâtiment actuel a été construit en 1732-34, sur les plans de l’architecte Louis Abraham, aux frais de la commune. On a utilisé de la pierre de Wihéries. Seuls les fonts baptismaux, datant de 1576, représentent les vestiges de l’église précédente. Le clocher a été restauré en 1762, suite à un incendie par orage. Puis la tour se délabra peu à peu.

Au milieu du XIXème, l’administration communale ordonna de rebâtir la tour. Les travaux commencés en 1858 se terminèrent en 1862. Ils furent réalisés selon les plans de l’architecte Carlier. On en profita pour allonger le bâtiment: trois nouvelles travées furent ajoutées aux trois nefs de l’ancienne église. Un transept y fut accolé, lui donnant un plan de croix latine. Et on changea l’orientation : l’ancien choeur se trouvait sous l’ancienne tour. La nouvelle tour surmontera désormais le porche et l’entrée, alors qu’un nouveau choeur fut construit à l’autre extrémité. La flèche s’élève désormais à 56mètres, très élancée. La façade est néoclassique, en briques et en pierres. 

Certaines parties du mobilier sont antérieures au XVIIIème:

  • les fonts baptismaux, 1576
  • le buffet Louis XIII, de 1640
  • une statue de St Sébastien en bois polychrome
  • un ostensoir de 1660
  • -des dalles funéraires de doyens, de curés et de censiers

Sont postérieures à cette date:

  • les trois autels de style Louis XV, avec leurs retables sculptés (Notre-Dame de Lorette, Saint-Martin, Saint-Sébastien)
  • les lambris sculptés du côté du choeur (avec médailles d’apôtres)
  • la chair de vérité
  • les confessionnaux, style Louis XVI
  • les lutrins

Lors des travaux du XIXème, on y a encore ajouté, à l’initiative du curé Gailly:

  • un banc de communion Louis XVI
  • la peinture du maître-autel: l’Incrédulité de St Thomas, de Wauquier (Bruxelles), 1854
  • un Chemin de Croix, en 14 tableaux, peint par Colin (1868)
  • les orgues (1881) sur le jubé qui fut agrandi
  • les vitraux du choeur (1900) représentant les quatre fêtes chrétiennes
  • une copie par Devos d’une Montée au Calvaire de Rubens
  • un tableau représentant Saint-Eloi, peint sur bois
  • quelques statues de saints : Roch, Barbe, Rita, Antoine, Martin, …

Certaines pièces de mobilier proviennent de l’abbaye démantelée de Saint-Ghislain. Il y eut 18 cloches dont la plupart furent enlevées par les français pour en faire des canons.

L’église connut un grave incendie le 22 aout 1984, communiqué par celui d’un magasin voisin. Ce fut surtout le toit qui  fut détruit. 

Le presbytère actuel date de 1925. Il remplace l’ancien de 1777.

L’ancien cimetière. Jusque-là, accolé à l’église, il fut déplacé vers un endroit appelé “les Courtisiaux du Quesne” (actuelle rue E. Vandervelde) en 1859. L’espace près de l’église devint un parc communal planté de saules. Un monument aux morts de la guerre 14-18 y fut élevé et inauguré le 28 août 1921 en forme d’obélisque. Mais dans le mur du fond de l’église persistent encore de nos jours des dalles funèbres de divers personnages: curés, mayeurs, etc…

Les chapelles (les actuelles datent du XIXème)

  • Marie Consolatrice des Affligés, au Saint-Homme, 1860, bâtie par Emmanuel Roucou, un censier
  • Notre-Dame de Lorette, Poningue, actuelle de 1865, qui remplace une plus ancienne de 1782
  • Notre-Dame, place de la Perche, 1872
  • Notre-Dame de Lourdes, rue Radon, 1877
  • Sacré-Cœur, Sardon, 1922, par la famille O. Dupont
  • Notre-Dame de Lourdes, 1868, transformée en grotte en 1959, rue P. Pastur

La Maison Communale. L’actuelle fut bâtie en 1849 et remaniée en 1880. L’architecte était Mr. Limbourg d’Ath. Elle comporte l’écusson du village, soit celui des Ligne du XVIème siècle. Elle est de style éclectique. Une partie servit un moment d’école primaire pour les filles.

Vestige de l’écluse

L’écluse de Débihan. Le bâtiment actuel date de 1682.

La Maison du Peuple (rue Auguste Lecomte). Vers 1900, les leaders socialistes de Thulin, Auguste Lecomte et Alexandre Carton, décidèrent de créer une société coopérative, comme cela se faisait un peu partout. Ils achetèrent un bâtiment en face de la prairie de la Perche. On l’aménagea en café, salle de réunion et logement pour le tenancier. On y établit une boulangerie avec four et pétrin. C’est le tenancier lui-même qui assurait les tournées pour vendre le pain dans une fourgonnette tractée par des chevaux. En 1906, la fanfare « La Fraternelle » y vit le jour. Au début des années 1920, on arrêta la fabrication du pain. On fit venir celui-ci de la Coopérative de Pâturages. En 1924, on crée un magasin coopératif qui proposait de l’épicerie, de la lingerie et des petits articles ménagers. En 1925, la coopérative de Thulin et d’autres se regroupèrent dans « L’Union des Coopérateurs Borains », sise à Pâturages. En 1926, on construisit une nouvelle salle de fêtes sur un terrain contigu et on restructura l’ancien bâtiment. On y organisa des fêtes, des soirées dansantes, des séances théâtrales, des concerts et des conférences. Le magasin ferma ses portes en 1970.

En 1977, l’ensemble fut mis en vente et partagé en lots. L’Eglise Protestante en acheta une part pour y établir son temple. Une ASBL locale acheta la grande salle qui reste « la Maison du Peuple », rebaptisée plus tard de « Chiffon rouge ».

Bibliographie

Thulin, sa géographie, son histoire – Philippe Rinchon, Impr. Delzenne-Viseur, Chièvres, 1925

Les Rinchon de Thulin et leurs alliances – Philippe Rinchon, François de Cacamp, Ed. genealogicum belgicum, 1964

Thulin à travers l’histoire, de 1792 à 1918 – Gérard Hénaut

Thulin, balades au temps jadis – G. Hallez, 1997

Monographies diverses (La Porquerie, Maison du Peuple, La terre de Lescuire, La brasserie Brohée, L’église Saint-Martin, La cense des maïeurs Hallet, l’école du Couvent) – Georges Hallez

 

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