Trivières

Entité communale de La Louvière

Le territoire

Superficie: 731 ha

Altitude:  Le noyau originel du village s’est constitué au bord de la Haine, dans un petit vallon (altitude de 55m dans le fond – 75m sur les versants).

Situation géographique : dans la vallée de la Haine

Cours d’eau : la Haine, le ruisseau de la Princesse

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux et boisé

Nature du sol : alluvionnaire, limoneux, sablonneux

Nature du sous-sol : grès, calcaire, houille

Préhistoire

Ages du fer : 

Une urne funéraire, une lance et une hache de fer ont été découvertes (Th. Bernier).

Antiquité gallo-romaine

Quelques découvertes font penser à la possibilité d’un port artificiel sur la Haine. Mais celle-ci n’était, semble-t-il, pas navigable en amont de Mons.

On a retrouvé un four à chaux utilisé à cette époque.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

On a mis à jour une grande nécropole mérovingienne, occupée de 480 à 610 environ. Elle comportait 385 tombes sur une surface d’un hectare.

Les tombes des femmes renfermaient des bijoux somptueux (notamment en or), alors que celles des hommes, plus grandes, contenaient des armes (haches, lances, pointes de flèches, un casque en fer) et des fibules.

Cette nécropole n’est pas très éloignée du domaine fiscal d’Estinnes, possible propriété des Pippinides et notamment de Pépin de Landen au VIIème siècle.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : ?

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

Certains attribuent le nom du village au fait que sur son territoire aurait eu lieu une bataille épique entre les Trévires et des légions romaines au temps de Tibère et de Drusus (début de notre ère). Les premiers furent massacrés. Ceci est fort peu probable, parce que les Trévires étaient installés dans les Ardennes et à l’est de celles-ci. D’autre part, aucun texte ne relate ce fait.

Par contre, trois rivières (Haine, ruisseau de la Princesse et Rieu des Estinnes) traversent son territoire.

Enfin, on pourrait aussi penser à « trois chemins » du latin trivium. Ceux qui du centre du village conduisent à Saint-Vaast, Strépy et Estinnes.

Epoque de son apparition

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique ou médiévale d’importance

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Martin, dépendante de celle de Péronnes jusqu’en 1803.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye Saint-Feuillien du Roeulx.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Comme pour les villages voisins, le territoire appartenait aux comtes de Hainaut au début de la féodalité. A des moments mal précisés, il y eut plusieurs seigneuries ou fiefs sur le territoire de Trivières.

  • La seigneurie principale (infra)
  • Le fief du Solis
  • Le fief de la seigneurie de Rebecq
  • Un fief foncier de l’abbaye de Saint-Feuillien du Roeulx

La seigneurie principale

On trouve chez Th. Bernier la mention d’une « famille de Trivières » qui aurait été titulaire de celle-ci dans un premier temps. On n’en trouve aucune trace. Il semble en fait que cette seigneurie ne fut attribuée que tardivement, entre 1430 et 1470, soit du temps de Philippe le Bon. Celui-ci venait d’acheter le comté de Namur à Jean III, ruiné par les dettes. Il venait aussi de forcer la comtesse de Hainaut, Jacqueline de Bavière, à faire de lui son héritier. 

Famille de Namur-Trivières

Il est possible que Philippe le Bon ait donné le village de Trivières à Jean de Namur (v1415-1505), un fils illégitime du comte Jean III. Ce chevalier était d’ailleurs au service du duc de Bourgogne, notamment dans sa guerre contre les Liégeois. Lui succédèrent :

  • Antoine de Namur (v1454- ?), son fils. Il fit un pèlerinage en Terre-Sainte. Il séjourna ensuite à la cour du roi Louis XII de France. Il serait revenu de Palestine avec une « épine de la couronne du Christ » et aurait décidé de la placer dans une chapelle qu’il fit construire dès 1510 et où il se fit enterrer.
  • Philippe I de Namur (v1490-v1558), fils du précédent
  • Philippe II de Namur (1527- ?), fils du précédent, sans descendance
  • Antoine de Namur ( ?- ?), frère du précédent, sans descendance. Leur sœur Marie hérita du domaine.

Maison de la Hamaide

Il s’agit d’une branche cadette de cette famille originaire du Hainaut occidental.

  • Jacques de la Hamaide ( ?-1548), seigneur de Chérenq. Il devint seigneur de Trivières après son mariage avec Marie de Namur-Trivières (1524-1583).
  • Charles de la Hamaide ( ?-1596), fils du précédent, aussi gouverneur-prévôt de Binche
  • Charles de la Hamaide (1580-1649), fils du précédent, prévôt à Mons
  • Jean Charles de la Hamaide (1616-1668), fils du précédent
  • Nicolas de la Hamaide ( ?-1696), fils du précédent, qui fit une carrière militaire et mourut sans enfant

Maison du Chastel de la Howarderie

  • Robert François du Chastel de la Howaderie (1658-1713) est devenu seigneur de Trivières après avoir épousé Anne-Marie de la Hamaide (1683-1713), nièce de Nicolas de la Hamaide.
  • Il est possible (pas sûr) que son fils Charles Léopold Joseph du Chastel de la Howarderie ( ?-1730) ait hérité de ses domaines, comme ce fut le cas pour Boussoit et Strépy. 
  • Il décéda sans postérité, laissant tous ses biens à sa sœur Marie-Catherine du Chastel ( ?-1751). Elle avait épousé Antoine Joseph de Rodoan, seigneur de Fontaine-l’Evêque. Mais on ne trouve pas trace de Trivières dans leurs avoirs.

Maison de la Barre

Il est probable que Trivières soit « passée » chez une fille d’Odile Dorothée Jeanne de la Hamaide (1633-1701), sœur de Nicolas de la Hamaide, qui avait épousé Jean-Paul de la Barre (1617-1690). Ce couple, décédé avant Nicolas de la Hamaide, avait eu une fille, Marie-Odile de la Barre. Celle-ci avait épousé Ferdinand d’Assignies.

Famille de Looz-Corswarem

Louis Félix Emmanuel de Looz-Corswarem avait épousé Marie Françoise Odile d’Assignies, fille des précédents. Ils eurent Charles Louis Auguste de Looz-Corswarem (1716-1784), à coup sûr seigneur de Trivières. Chambellan à la cour de Vienne, puis de Prusse, il resta célibataire.

Famille de Broechem

  • On retrouve Trivières chez André Maximilien Joseph van Broechem (1751- ?) qui l’a probablement acheté.
  • Sa fille, Marie Thérèse Sophie Ghislaine van Broechem (1782- ?) en hérita. Elle épousa en 1806 François Charles Martin Ghislain de Wolff van Moorsel (1783-1839).

En 1794, ils perdirent leurs droits féodaux sur les habitants du village, mais conservèrent le château et leur propriété.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: Le Roeulx
Economie

Elle fut essentiellement agricole.

On y trouva aussi des brasseries.

Un moulin sur la Haine est attesté en 1739 et 1789, propriété des Corswarem. Ses vestiges ont disparu avec la canalisation du lit de la Haine dans les années ‘2000.

Exploitation de la houille

En 1786, une concession fut cédée à la Société de Saint-Denis-Obourg. Elle fut vendue à la Société du Bois-du-Luc qui la conserva jusque 1822.

Patrimoine

Eglise Saint-Martin. L’actuelle remplace, depuis 1877, un édifice (chapelle ?) du XIIème siècle démoli vers 1875. Elle est en style roman.

Chapelle de Notre-Dame-du-Puits. De style gothique, elle fut construite en 1509 par Antoine de Namur pour y faire sa sépulture. L’originale fut détruite au XVIème siècle, mais fut reconstruite par un de ses descendants vers 1664. Elle fut endommagée à la Révolution. On la restaura.

Château de Wolff de Moorsel. Probablement construit au XVIIIème, peut-être à la place d’un château plus ancien. Vendu en 1908 à la Société civile des charbonnages de Bois-du-Luc et Trivières.  Puis cédé en 1914 à la commune de Trivières qui y transféra son administration. On déplora quelques démolitions pendant la Première Guerre. Un incendie en 1949 détruisit le bâtiment. Il fut reconstruit en 1953.

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