Ville-Pommeroeul & Pommeroeul

Entité communale de Bernissart

Les deux villages, dont l’histoire est fortement liée, sont traités dans le même chapitre (il me manque les dates de séparation des deux communes, puis celle de leur fusion).

Le territoire

Superficie: 742 ha (Pommeroeul), ? (Ville-Pommeroeul)

Altitude: de 20 m (Haine) à 70m (bois)

Situation géographique : Le territoire des deux villages se situe dans la vallée de la Haine, sur sa rive droite. Pommeroeul dans la partie basse au bord de la rivière. Ville sur le versant nord.

Cours d’eau : la Haine et un ensemble de petits rus et de courants de draînage aménagés par l’homme (ruisseau des Fontaines, le Grand Courant, ruisseau des Chênes de Pouilleux, ruisseau des Prés de l’Eglise, rieu Coulon)

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : la partie basse était marécageuse et le versant boisé

Nature du sol : alluvionnaire, loess (bas), sablonneux (nord)

Nature du sous-sol : grès, schistes, houille

Préhistoire

Mésolithique (Homo Sapiens) : 

On aurait trouvé un harpon en os, de la culture du maglemosien (6800-5500).

Néolithique (Homo Sapiens) : 

On a ramassé sur le territoire des deux villages des objets datant de cette période.

  • Une pointe de flèche en os (XIXème siècle)
  • une hache polie (de type Spiennes) en 1975-1976 à la limite de Ville-Pommeroeul et d’Hautrage.
  • En 1994, lors de travaux de déblais du canal (J. Dufrasnes), on a trouvé une autre hache polie du néolithique moyen ou final.
  • Il en fut de même en 1992 près de la « Ferme du Marais » (J. Dufrasnes) : fragment de hache polie, éclat poli, ainsi que près de la « ferme de la chapelle ». Artefacts de la culture de Michelsberg (Dufrasnes).

Age du bronze 

Des vestiges de l’âge du bronze (sans précision) auraient aussi été exhumés du sol, notamment des outils en bois de cerf, lors de la construction de l’autoroute, près de la Haine.

Ages du fer :

C’est surtout à partir du deuxième âge du fer (entre 400 et 0, période pendant laquelle les Celtes Gaulois se sont installés dans nos régions) que les résultats de fouilles deviennent intéressants. Déjà, Mr Debove, au XIXème, évoquait une ferme portant le nom de « ferme de la Mottelette » à peu de distance d’une butte sur laquelle était un moulin à vent. Un champ s’appelait le champ de la Motte. Il en concluait à l’origine tumulus gaulois. 

Mais c’est en bord de Haine, lors des travaux de construction de l’autoroute Bruxelles-Paris, que les découvertes les plus intéressantes ont été réalisées. De cette époque gauloise, d’avant la conquête, datent des dépôts subaquatiques (« dépôts humides ») dans les alluvions de la Haine. On y a ramassé des armes (six épées en fer, pointes de lance) et des outils variés (haches, faux, couteaux, tisonniers, moitié d’une torque en or à âme en fer, des pièces d’harnachement). Des monnaies gauloises (rameaux A, potin, statère uniface  des Ambiens de la Somme du Ier avt.JC.) furent aussi trouvées.

Donc ce site de Pommeroeul présentait déjà un certain attrait avant la période romaine.

Antiquité gallo-romaine

A l’époque romaine, la chaussée Bavay-Blicquy croisait la Haine navigable (vers l’Escaut) au sud de l’actuel village d’Hensies, au lieu-dit « Malmaison ». Ce type de site favorisait l’implantation de petites agglomérations portuaires (portus) qui favorisaient le commerce et l’artisanat (boucherie, tannerie, …).

Déjà des fouilles anciennes avaient révélé quelques objets (lampe de terre cuite, urnes cinéraires, monnaies romaines). 

En 1975, on découvrit à peu de distance de là, lors des travaux d’aménagement de la Haine pour la construction de l’autoroute et la dérivation des eaux de l’ancien canal Mons-Condé, au lieu-dit “Pont-Cocu”, dans des anciens marais, pas loin de la Haine, des vestiges gallo-romains d’une grande importance (fouilles M. Vynckier):

  • des structures d’habitations artisanales du Ier siècle de notre ère : des poutres, des pieux, des éléments de plancher
  • des tessons de céramiques en terre sigillée (donc importées) et des fragments de tuiles (indices de constructions)
  • des objets en fer : clous, gaffes, harpons, tisonniers, couteaux, ciseaux, … qui sont des instruments de mariniers
  • des objets en bois (coffres, boîtes, gobelets)
  • des armes (pointes de lance, épées dans leurs fourreaux, poignards, sabres)
  • des fibules en bronze pour l’habillement
  • des vases en verre
  • des monnaies (potins gaulois IIème-IIIème apr.J.-C.)
  • des cornes de bovidés en très grand nombre (tannerie?, abattoir?)
  • surtout cinq barques d’environ 5m creusées d’une pièce (monoxyles) dans des chênes, dont une grande péniche gallo-romaine (18m sur 2.8m) relativement bien conservée, faite de poutres assemblées (actuellement exposée à Ath) – datation : 188 (bateau III), 178 (IV)
  • des briques de tourbe
  • des sandales cloutées en cuir.
  • un atelier de bronzier

Certains ont émis l’idée qu’un ancien vicus, à cet endroit, fut surpris par une grave inondation brutale ou une bataille  au I ou IIème siècle, car des ossements humains ont aussi été retrouvés là, comme si des hommes avaient été surpris par le phénomène destructeur. Par la suite, le site aurait donc été abandonné.

Des prospections ont été reprises en 1985-1989, sur les déblais du canal, permettant de retrouver encore plusieurs objets gallo-romains : notamment des statuettes en bronze (J. Dufrasnes), dont une Minerve (déesse tutélaire des artisans).

En d’autres endroits du village, Mr Jean Dufrasnes (archéologue amateur travaillant pour le Service wallon d’archéologie), a, dans ses prospections, fait d’autres découvertes :

  • près de la « Ferme du Marais », en 1992, il a dégagé des indices d’un établissement gallo-romain (tegulae, tessons de céramique commune, fragment de meule)
  • dans un champ près de la « Ferme de la Chapelle », en 1991: des vestiges de construction gallo-romaine en deux sites distants de 100m
  • sur le site « Les Prés de Thulin », en 1992, à 500m au sud de l’autoroute : indices d’un petit établissement gallo-romain (fragments de tuiles et tessons de céramique commune)
  • sur le site de « La Canarderie », en 1999-2000: des éléments de construction gallo-romaine (fragment de tuiles, tessons de céramique commune, fragment de meule)
  • dans un champ sans construction : des monnaies (as, sesterce, sesterce d’Hadrien, sesterce de 269-274 donc plus récent), des fibules romaines (Ier et IIème)

(Je ne sais pas situer ces sites sur le plan. Aide?)

Ce qu’on peut conclure et imaginer à partir de tous ces éléments, c’est qu’au croisement de la chaussée romaine et de la Haine, sur les actuels territoires d’Hensies (lieu-dit “Malmaison”), Pommeroeul et Montroeul-sur-Haine (champ Franoé), une petite agglomération est née à proximité d’un débarcadère, attirant quelques artisans (tanneurs, bouchers, bronzier, …), que des établissements gallo-romains existaient dans les environs immédiats, sans doute des petites exploitations agricoles.

Aucune fouille ne permet pour l’instant d’imaginer une villa romaine typique.

Des hommes, sans doute des Nerviens, vivaient sur ce territoire, déjà avant la conquête romaine, ce qui permettrait de croire qu’avant la chaussée romaine préexistait un chemin d’une certaine importance. D’après les datations, le portus aurait pu disparaître au cours du second siècle, mais des monnaies plus récentes, trouvées dans les environs, indiqueraient une présence humaine jusqu’au moins le milieu du IIIème siècle, période des premières invasions barbares.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

En 2004, 2006 et 2008, Mr Jean Dufrasnes, toujours dans ses pérégrinations exploratrices, a découvert: trois fibules ansées mérovingiennes à quelques mètres l’une de l’autre, provenant sans doute de tombes bouleversées par des labours, pouvant dater de la fin VII-début VIIIème siècle.

Aucun indice d’habitat, comme c’est souvent le cas pour cette période. Mais présence probable de Francs dans la seconde partie de la période mérovingienne, sans que l’on puisse affirmer, comme souvent, une continuation dans le temps de la présence et d’activités humaines dans ces villages.

Deuxième Moyen-Age – le village

Aucun élément ne permet de préciser dans le temps la chronologie des faits, probablement entre la fin du IXème et le XIème siècle.

Deux noyaux d’habitat légèrement distants l’un de l’autre se formèrent. Ville (-Pommeroeul) et Pommeroeul se trouvaient au nord de la Haine et faisaient partie du Pagus de Burbant jusqu’au milieu du XIème siècle, quand toute cette région entre Haine et Escaut fut rattachée au comté de Hainaut. Un hameau de Pommeroeul s’appelait d’ailleurs “Bourbant” et était la propriété de deux clercs nommés Gilbert et Régnier qui y firent édifier une chapelle qui fut consacrée en 1082 par Gérard II, évêque de Cambrai.

Première mention: 845

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Pinneroeul (1186)
  • Pomeriolum (1211)
  • Pumeriaux (1262)
  • Pommeroeul (1497)
  • Peumeroel (1599)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

Ce mot serait dérivé du latin “Pomariolus” ou « Pommorum brolium » , signifiant « petit verger de pommiers » (selon la légende).

Pour Ville : dans un diplôme de Charles le Chauve en 854, la localité nommée Villa est mentionnée en confirmation de possessions de la cathédrale de Tournai. « Villa » fait référence aux grands domaines carolingiens qui apparurent au VIIIème siècle et connurent leur plein développement au IXème siècle.

Epoque de son apparition: Xème ou XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine et la Haine

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine et les rus évoqués plus haut. Le ruisseau des Fontaines devait passer dans l’enceinte du château.

source de bois: le versant de la vallée était boisé

proximité d’un lieu de pouvoir: le château de Ville (à la place de la gare actuelle)

Paroisse

Chaque village eut sa paroisse et son église propre. Dédiée à Notre-Dame à Pommeroeul et à Saint-Brice à Ville.

En 1090, le hameau de Bourbant fut séparé de la paroisse de Ville et soumis au dîmage du monastère de Crespin.

Mais en 1110, une seule communauté paroissiale fut décidée pour les deux villages. En 1119, elle fut rattachée à celle d’Hautrage, déjà citée en 1095,  dépendant des mêmes autorités.

En 1158, Baudouin IV, comte de Hainaut, jugea un différend entre le monastère de Crespin et Théodorique de Ville au sujet des dîmes prélevées par Crespin.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants, pour les deux communautés) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1119 par l’évêque de Cambrai.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale
  • Autorité supérieure: comté de Hainaut
  • Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Une seigneurie féodale aurait aussi été constituée dans chaque village. Il est même probable que le territoire de Ville était partagé entre une partie liée à Pommeroeul (seigneurie principale décrite ci-dessous) et une autre (petite?) partie liée à Hautrage et Villerot (voir le chapitre d’Hautrage).

On cite en 1199, un certain  Guillaume Cotteriau, seigneur de Pommeroeul, probable exploitant agricole, qui donna des biens situés à Goy  (Ghoy) à l’abbaye de Mont-Saint-Martin

Les seigneurs de Ville furent des barons au service du comte. A la sortie du Moyen Age, Pommeroeul, Ville et Hautrage ne formaient qu’une seule seigneurie. Il s’agissait, en partie, d’un arrière-fief de l’alleu de Walcourt, situé à Boussu, inféodé au Comte de Namur en 1211 (Th. Bernier).

La seigneurie principale

Rapidement Ville et Pommeroeul ne formèrent qu’une seule seigneurie. Plusieurs familles la détinrent :

  • La famille d’Avesnes
  • La famille de Strépy (Harchies)
  • La famille de Berlaimont/Berlaymont
  • La Maison de Luxembourg
  • La Maison de Ligne, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime

Maison d’Avesnes

Après que le Burbant, devenu marche d’Ename, fut rattaché au Hainaut en 1049, de grandes luttes eurent lieu pour y conquérir les pouvoirs locaux, entre les comtes de Hainaut, ceux de Flandre, les Chièvres, les Enghien, les Avesnes, … Ces derniers furent sans doute les plus remuants. Ils réussirent à s’implanter en quelques lieux (Condé, Leuze) et furent repoussés en d’autres (Chièvres, Lessines, Grammont).

Thierri d’Avesnes ( ?-1106). Il est le premier seigneur de Ville connu. Petit-fils de Wédric « le Sor » (le roux) et fils de Wédric « le Barbu », il s’imposa sans doute à Ville, après avoir hérité de Condé et de Leuze. Aussi belliqueux que ses ancêtres, il fut en guerre contre le comte Baudouin II, dont il assaillit les villes de Mons et de Maubeuge, avec leurs abbayes respectives. Il finit assassiné en forêt de Mormal. 

Il est possible que le comte Baudouin III ait détaché la seigneurie de Ville des autres possessions des Avesnes et l’ait donnée à la famille voisine de Strépy-Harchies, dont le sire Jean Hugues était un conseiller des comtes.

Maison de Strépy

A cette époque, le seigneur de Strépy et d’Harchies était Hugues de Strépy (v1090/1100-1121). Comme ses ancêtres, il était un conseiller des comtes, donc de Baudouin III. Lui succédèrent :

  • Allard II de Strépy (v1120/1130-apr1136 ou 1204), fils du précédent
  • Allard III de Strépy (v1150-1175), fils du précédent. Il devint aussi seigneur d’Audregnies par mariage.
  • Baudouin III de Strépy (1140-v1200 ; v1175-1200 ; 1150-1209), fils d’Allard III
  • Allard IV de Harchies (v1170-apr1224/1234), fils aîné de Baudouin. Ce seigneur de Strépy, Harchies, Ville et Audregnies devint également seigneur de Quévy par mariage. Il était le type même du preux chevalier médiéval au service du comte (Baudouin VI/IX avec qui il partit à la quatrième croisade, puis Ferrand de Portugal), du roi de France Philippe-Auguste (pour lequel il combattit en Normandie contre Richard Cœur de Lion. Il partit également à la croisade contre les Albigeois).
  • Gérard 1er de Strépy (ou Allard dit « Gérard ») (v1220/1230- apr.1265), fils du précédent. Il ajouta à ses domaines Hautrage et Villerot, fieffé par la comtesse Marguerite. Il est probable que la partie de Ville qui était attachée à ces domaines revint aussi à ce moment dans le grand domaine de Ville.
  • Arnould I de Strépy (1240, Harchies- ?), fils du précédent. Celui-ci partagea son domaine, fit se son aîné Arnould le seigneur d’Harchies et de son cadet Gérard le seigneur de Ville, d’Audregnies et d’Hautrage.
  • Gérard II de Strépy (v1275- ?), fils du précédent. A sa mort, il partagea aussi ses domaines. Il fit de son aîné Guillaume le seigneur d’Audregnies et de son puîné Gérard le seigneur de Ville, Hautrage et Villerot.
  • Gérard III de Strépy-Ville (1310- ?),  fils d’Arnould. Personnage important, puisqu’il fut Grand Bailli de Hainaut, il n’eut qu’une fille, Alix de Strépy-Ville, héritière des trois villages.

Maison de Berlaimont

Il s’agit d’un village situé entre Le Quesnoy et Avesnes-sur-Helpe. Ses seigneurs étaient les descendants de Gilles de Chin, le « tueur du dragon de Wasmes ». Il s’agit ici d’une branche cadette.

  • Jean 1er de Berlaimont-Ville  ( ?-1366) devint seigneur de Ville, Hautrage et Villerot en épousant Alix de Strépy-Ville. Il fit bâtir la première église de Pommeroeul en 1360.
  • Gérard II de Berlaimont, dit « Persidès de Ville » ( ?- 1410), fils des précédents. Il fut Grand Bailli du Hainaut.
  • Gérard III de Berlaimont ( ?- ?), fils du précédent
  • Gérard IV de Berlaimont ( ?- 1473), fils du précédent. Il n’eut qu’une fille héritière, Marie.

Maison de Luxembourg

  • Jacques 1er de Luxembourg-Fiennes (1445-1487). Membre d’une branche cadette des Luxembourg. Il devint seigneur de Ville, Pommeroeul, de Hautrage, Villerot après avoir épousé Marie de Berlaimont (1455-1529). 
  • Jean II de Luxembourg-Fiennes (1477-1508), fils des précédents. Il n’eut pas d’enfant et ce fut sa sœur Philipotte qui lui succéda.

    D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Famille de Ligne (XVI-XVIII)

  • Antoine « le Grand Diable » de Ligne (1474-1532), fils de Jean IV. Il devint seigneur de Ville, Pommeroeul, Hautrage et Villerot après avoir épousé Philippote de Luxembourg-Fiennes.
  • Jacques de Ligne (1503-1552), fils du précédent
  • Georges de Ligne ( ?-1579), fils du précédent
  • Philippe de Ligne (1533-1583), fils de Jacques, frère de Georges
  • Lamoral Ier (1563, Beloeil-1624, Bruxelles),  fils du précédent
  • Florent de Ligne (1588-1622), fils de Lamoral I
  • Albert-Henri (1615-1641), fils aîné de Florent de Ligne
  • Claude-Lamoral I (1618, Beloeil-1679, Madrid), son frère
  • Henri-Louis-Ernest de Ligne (1644-1702), fils du précédent
  • Antoine Joseph Ghislain (1682-1750), fils d’Henri-Louis- Ernest de Ligne
  • Claude Lamoral II (1685-1766), frère du précédent
  • Charles-Joseph Lamoral de Ligne (1735, Bruxelles – 1814, Vienne), fils de Claude-Lamoral II

Il fut le dernier seigneur féodal, déchu de ses droits par les révolutionnaires. A ce moment, dans la vallée de la Haine, les Ligne possédaient, parfois depuis longtemps, Beloeil, Ellignies-Sainte-Anne, Quevaucamps, Granglise, Stambruges, Préaux (Harchies), Hautrage, Ville et Pommeroeul, Montroeul-sur-Haine et Thulin, Amblise (Crespin), Villerot, Tertre et Baudour. En plus d’autres fiefs disséminés ailleurs.

D’Adrien de Montigny
La commune

Il semble que Ville et Pommeroeul n’obtinrent que tardivement, en 1415, une charte-loi leur permettant de s’ériger en commune.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Quevaucamps
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Quevaucamps
  • Entité communale depuis 1977: Bernissart
Economie

Elle fut longtemps essentiellement agricole et forestière.

Des légendes couraient dans le passé pour décrire la prospérité et la richesse de ces territoires, enviés par ceux qui habitaient au-delà de la rivière. Ainsi ce « jardin aux pommes d’or » gardé par des êtres fabuleux (d’où le nom du village).

Au hameau du « Pont de Thulin », furent construits en 1837 des hauts fourneaux et des fours à coke,  faisant partie des « S.A. Hauts-Fourneaux du Borinage », dont le siège était à Pommeroeul. Ils devinrent les « Hauts-Fourneaux de Pommeroeul ».  On en transporta les produits vers la gare de Thulin à partir de 1844. Le charbon de cette région était de piètre qualité, si bien qu’ils fermèrent en 1863 et que la société fut dissoute en 1866.

Le Pont de Thulin sur l’ancien canal
Voies de communication importantes

Routières :

  • L’ancienne chaussée romaine de Bavay à Blicquy passait à la limite des villages de Pommeroeul et d’Hensies
  • Au nord de Ville-Pommeroeul passait un ancien chemin qui reliait Mons et Saint-Ghislain à Condé et Tournai, au moyen-âge. Cette voie était peut-être déjà empruntée bien avant la conquête romaine.
  • La chaussée de Bellevue, qui, au moyen âge, descendait de Dour par Thulin et rejoignait le bois de Pommeroeul. 
  • Le boulevard sud de Wallonie (entre Dour et Nimy), longeant la zone industrielle d’Hautrage à Ghlin, fut construit au milieu des années ‘1960. 
  • L’autoroute Bruxelles-Paris, construite au début des années ‘1970, et son embranchement vers Tournai.

Navigables :

  • La Haine, qui garda son importance commerciale jusqu’à la construction des canaux
  • Le canal Mons-Condé, achevé en 1818 et fonctionnel jusqu’à la fin des années ‘1960
  • Le canal de Nimy à Blaton et Antoing, construit dans les années ‘1950
  • Et celui de Blaton à Condé par l’écluse d’Hensies, actuellement non fonctionnel

Chemin de fer :

  • La ligne St-Ghislain-Tournai
Patrimoine ancien

Un château, entouré de douves (visible sur l’album de Croÿ, fin XVIème siècle) était situé à la limite des deux villages de Ville et Pommeroeul. Il fut détruit par Louis IX en 1478, puis reconstruit à la charnière XV-XVIème siècle dans le type Renaissance (avec des baies). Des vestiges étaient encore visibles au début du XXème. La gare y fut implantée.

Patrimoine actuel

Eglise Notre-Dame (Pommeroeul). De style gothique, elle fut bâtie entre le XIIIème et le XVème siècle. Elle est caractérisée par son clocher penché. Le plan est celui d’une église-halle, où les trois nefs sont d’égale hauteur. Sa construction s’étala sur quatre siècles, ce qui explique les divers styles. Sa fondation est entourée de la légende miraculeuse de Josse le Baretteur (Audin et Cambier). Une statue de la Vierge fut l’objet de pèlerinages, reconnus par l’évêque de Cambrai. On y trouve le tombeau de Gérard, seigneur de Ville et de Pommeroeul. Un oratoire fut aussi élevé en 1776 sur la maison du miraculé.

Eglise St Brice à Ville. Elle date de 1415.

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