Wadelincourt

Entité communale de Beloeil

Le territoire

Superficie: 300 ha

Altitude: 50-60 m

Situation géographique : Le territoire est situé sur le versant nord de la vallée de la Haine.

Cours d’eau : le Rieu du Gard et l’Arcadie sont des ruisseaux qui alimentent le ruisseau de la Verne de Basècles (affluent de l’Escaut)

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marais boisés

Nature du sol : argileux, sablonneux, tourbières

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Mésolithique (Homo Sapiens) :  au lieu-dit « Basse Pâture » : matériel lithique, allant du mésolithique au bronze

Néolithique (Homo Sapiens) : au lieu-dit « bois des Marlières », 1998, une armature de flèche néolithique. Autres fragments de haches polies néolithiques anciennes (double fonction : grattoir, tranchant)

Age du bronze : Une hache polie (1994) suggérant un modèle en métal, donc peut-être protohistorique

Ages du fer : « Basse Pâture » : un anneau en pierre

Antiquité gallo-romaine
  • « Couture de Cantara », 1989, On y a mis à jour une petite nécropole gallo-romaine de plusieurs tombes
  • En 1994, Mr Braeckeleer a fouillé un caveau funéraire circulaire avec une entrée en couloir et du matériel funéraire (monnaie de Nerva du Ier siècle, une urne, un chaudron en céramique commune, des bouteilles en terra nigra, diverses céramiques, des fibules, un bol en verre, un coffret en bois avec serrure et clé, soit des objets datant de la fin du Ier-début IIème)
  • En 1998, à la limite de Tourpes (Dufrasnes), des traces de construction gallo-romaine (tuiles, pierres)
Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non docuemnté

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 998. Il s’agit d’une confirmation par l’empereur Othon, à la demande des comtes Godefroid et Arnould, de dons, par un certain Eilbodo, à l’abbaye St-Pierre et Paul de Gand, de biens situés dans le Hainaut et le Brabant. Wadelincourt (Wandaleni Curtem)  faisait partie de ces biens. Il s’agissait donc d’une ferme de type villa carolingienne (grand domaine).

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Wandalini curtis (998), signifiant en roman « ferme de Wandalin » (J. Herbillon)
  • Wandalinkurt (1042)
  • Wandelancurth (1110), acte de l’évêque de Cambrai
  • Guandelencurth (1119), charte de l’évêque Burcard
  • Wandelaincourt (1350)
  • Wandelencourt (1350)
  • Wandelincourt, depuis 1830

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : ferme de Wandalin

Epoque de son apparition: peut-être le Xème siècle à partir de cette courte médiévale.

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: le vieux chemin médiéval de Mons à Tournai

sources d’eau ou cours d’eau: les affluents de la Verne

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ferme sus-dite?

Paroisse dédiée à Saint-Vendrégésile

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: ?, puis Beloeil en 1803.

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1110 par Odon, évêque de Cambrai.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): châtellenie d’Ath

Seigneuries et fiefs

A la fin de l’ancien régime, il y avait à Wadelincourt sept fiefs dépendant de la cour féodale de Blaton et un fief relevant directement de la cour de Mons. Ce dernier fief, ample, s’appelait la seigneurie de Wadelincourt ou seigneurie principale. Celle-ci se composait du « village à clocher » sans château, sans bois et assez pauvre en terres. Le seigneur du village habitait un château sur une terre voisine qui appartenait à la seigneurie de Blaton. En réalité, il détenait avant tout des droits seigneuriaux plutôt que des biens fonciers. Il exerçait les trois justices et prélevait le cens et les différentes rentes. 

La seigneurie principale

Les premiers siècles sont mal documentés.  Wadelincourt aurait appartenu à Jacques de Châtillon-Saint-Pol ( ?-1302) qui en serait le dernier seigneur de cette famille. Si ceci est exact, c’est que le domaine de Wadelincourt était lié, avec celui de Ramegnies, à celui de Leuze (et de Condé-Château). Ces domaines appartenaient, au début de la féodalité, dès le XIème siècle, à la famille d’Avesnes.  Par mariage entre Marie d’Avesnes et Jean I de Châtillon-Saint-Pol, ces domaines passèrent à cette famille de Châtillon, dont Jacques de Châtillon-Saint-Pol est un descendant. Il fut tué en 1302 à la bataille des Eperons d’Or. Au service du roi de France, Philippe IV le Bel. Ses domaines échouèrent à son fils Hugues III. Il semble que ce ne fut pas le cas de Wadelincourt qui passa à la famille de Ligne.

Maison de Ligne

  • Fastré de Ligne (1280 ?-1337, Venise). Ce seigneur, qui par héritages et par mariage, était à la tête d’un grand nombre de seigneuries , remplissait missions diplomatiques entre les comtes de Flandre et de Hainaut (notamment pour les Terres de Débat). Il combattit à Cassel en 1328 aux côtés du roi de France Philippe V, beau-frère du comte Guillaume I de Hainaut. Il aurait obtenu Wadelincourt pour des services rendus, mais pour une période définie. A cette époque, la seigneurie de Blaton passa d’Arnould III d’Enghien (condamné pour endettement) au comte Guillaume I de Hainaut, puis successivement à son beau-frère Philippe V de Valois, à Guillaume II de Hainaut, puis de nouveau à son père, avant d’être intégrée en 1333 dans le domaine du comte de Flandre, Louis de Nevers. A la mort de Fastré, son fils et son petit-fils lui succédèrent.
  • Michel 1er  de Ligne ( ?- 1345), fils aîné du précédent
  • Michel II de Ligne  ( ?-v.1387), fils du précédent, qui mourut sans descendant mâle.
  • Par convention, Wadelincourt revint à ses anciens propriétaires.

Maison de Flandre

A cette époque, la grande seigneurie de Blaton (Blaton, Quevaucamps, Grandglise, une partie de Bernissart et le fief de Préaux) appartenait au comte de Flandre, Louis II de Male (1346-1384). Sont donc considérés comme comtes de Flandre et seigneurs de Blaton (et de Wadelincourt) :

  • Philippe I « le Hardi » de Bourgogne (1342-1404), dès 1369, par mariage avec Marguerite de Male, héritière de Flandre.
  • Jean I « sans Peur » de Bourgogne (1371-1419), fils des précédents
  • Philippe II « le Bon » de Bourgogne (1396-1467), fils du précédent. Ce dernier devint aussi comte de Hainaut en 1433.
  • Charles I « le Téméraire » de Bourgogne (1433-1477), fils du précédent
  • Marie de Bourgogne (1457-1482) fille du précédent, qui a épousé Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche (1459-).

Divers personnages

En récompense pour services rendus aux archiducs Maximilien, Philippe « le Beau » et Charles-Quint, la seigneurie de Blaton (avec Wadelincourt) fut confiée à de bons serviteurs.

En 1480 à Jean de Salazar, conseiller des ducs de Bourgogne, avant son retour en Espagne.

En 1497 à Philippe de Bourgogne (v1450-1498, Bruges). Fils d’Antoine, bâtard de Bourgogne, et donc petit-fils de Philippe le Bon. Il devint évêque d’Utrecht en 1510, raison pour laquelle il remit Blaton à son suzerain.

En 1510 à Jean de la Croix, receveur-fermier des terres et seigneuries de Blaton.

En 1515 à Charles de Lannoy (1482-1527), seigneur de Senzeilles, officier de Charles Quint.

A sa mort en 1527, la seigneurie de Blaton revint dans les propriétés du souverain régnant.

En 1527, Charles Quint (1500-1558) était souverain des Pays-Bas, archiduc d’Autriche, roi d’Espagne, empereur de Germanie et… seigneur de Blaton (et de bien d’autres lieux !). Ce souverain décida alors de partager le grand domaine de Blaton.

Maison de Croÿ

En 1545, Charles Quint donna à Philippe II de Croÿ (1496-1549) duc d’Aerschot, et à son fils aîné Charles, prince de Chimay : Quevaucamps, Granglise, Feignies et Wadelincourt, pour être tenues en un seul fief, sous le nom de « seigneurie de Quevaucamps », à relever du comte de Hainaut, en échange de Landrecies, où l’empereur comptait améliorer les fortifications aux frontières du royaume de France, avec qui il était en guerre. Lui succédèrent:

  • Charles de Croÿ (1522-1551), fils du précédent, mort sans postérité
  • Philippe III de Croÿ (1526-1595), frère du précédent
  • Charles III de Croÿ (1560-1612), mort sans postérité. Son vaste domaine fut partagé par héritages et ventes. Ce qui fut le cas pour Wadelincourt.

Familles diverses

François Cocquiau (v1580-1615) était déjà seigneur de Saint-Hilaire (Cambrésis). Licencié es lois, il fut conseiller pensionnaire de la ville de Valenciennes. Il obtint Wadelincourt pat achat le 4 juin 1613. Il épousa en 1598 Marie Desmaisieux/Desmaisières. Ils n’eurent qu’une fille, Jeanne Ignace Cocquiau, dame héritière de Wadelincourt. Sa tutelle fut effectuée par sa tante Marie Desmaisières.

Georges-Claude Dursens ( ?-1684) était originaire de Condé. Il fut seigneur de Wadelincourt en 1680. – par achat ? De son épouse  Jeanne Meurin, il eut six enfants, dont Jacques et Jeanne.

Jacques Ignace Dursens ( ?-1721), seigneur de Wadelincourt par héritage paternel en 1685. Il devint prêtre. 

Jean-Baptiste Ignace Dubois d’Inchy ( ?-1746) était le fils de Jean Baptiste Dubois d’Inchy et de Jeanne Dursens, fille de Georges Claude. Il hérita Inchy et d’autres fiefs de son père. Il hérita en 1722 Wadelincourt de son oncle prêtre Jacques Ignace Dursens. Echevin et député des Etats de Tournai. Chevalier en 1731. Mort célibataire.

Hélène Dubois de Harnes ( ?-1775), nièce du précédent, fille aîné de Guillaume Dubois de Harnes. Elle hérita de Wadelincourt en 1747 de son oncle Jean Baptiste Ignace Dubois. Elle resta célibataire. Son frère hérita d’elle.

Antoine Dubois de Harnes (1703-1784), frère de la précédente. Chevalier en 1731 par l’empereur Charles VI. Baron en 1777 par l’impératrice Marie-Thérèse. Seigneur de Laybray. Il hérita en 1774 Wadelincourt et Inchy de sa sœur Jeanne-Hélène. Echevin de Tournai.. Il épousa Marie-Claire Antoinette Deforest. Elle vendit Wadelincourt et son fief-château en 1776.

Léger Charles Maximilien Robert (1714, Mons-1789, Tournai). Il était le fils de Jérôme Alexis Robert de Robersart (1666, Mons – 1758), seigneur d’Havré et de St Symphorien, conseiller de la Cour Noble et Souveraine de Mons. Il était seigneur de Robersart (hameau d’Ellignies) par héritage paternel, et de Wadelincourt par achat en 1776. Il se fit appeler « Robert de Wadelincourt ». Il épousa en 1736 Marie Angélique de Saint-Genois. Ils eurent sept enfants, dont:

Charles Philippe Joseph Robert (1744, Ath-1839, Tournai) qui épousa sa cousine Marie-Amélie Robert, baronne de Saint-Symphorien.

La féodalité se termina avec lui en 1794.

Carte de Ferraris (XVIIIème)

Fiefs secondaires

Ils furent le résultat du démantèlement avant le XVème siècle de domaines plus grands, tenus non par des seigneurs, mais par des tenanciers :

  • De Milomez (dépendant de Blaton), ayant appartenu un temps aux Harchies
  • De la Cadie (idem)
  • De La Louette (id)
  • De l’Aulnois Capon (id)
  • Terres du chapitre de Denain, avec cense tenue par la famille des Mauroy
  • Terres du chapitre de Condé
  • Terres tenues en propriété propre (mainfermes)
  • Terres appartenant à différentes institutions ecclésiastiques (chapelles, églises, …)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Quevaucamps
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Quevaucamps
  • Entité communale depuis 1977: Beloeil
Economie

Agriculture

Moulin, bâti entre 1772 et 1789, démantelé en 1934. Il a remplacé un moulin plus ancien.

Briqueteries depuis 1830

Patrimoine

Eglise Saint- Vendrégésile. Siège d’un pèlerinage à Saint-Charalampe, invoqué contre les maladies des bestiaux.

Bibliographie

Histoire de Wadelincourt, J. Gorlia, 1935, Ed. Louis Daisne

 

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