Wargnies-le-Petit

Le territoire

Superficie: 554 ha

Altitude: de 73 à 130 m

Situation géographique : sur la pente sud de la vallée de la Haine à la limite du plateau de Bavay

Cours d’eau : l’Aunelle

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : la Forêt Charbonnière

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, schistes

Préhistoire

Non documentée

Antiquité gallo-romaine

Selon F. Vercauteren (La charte-loi de Wargnies le Petit de 1245), les deux Wargnies ne formaient qu’un seul domaine gallo-romain situé entre deux chaussées romaines. La plus au nord allait de Bavay à Boulogne par Escaupont et Tournai, la plus au sud rejoignait Bavay à Amiens en passant par Cambrai.

Le territoire de Wargnies-le-Petit était alors encore couvert de forêts (extension de la Forêt de Mormal, elle-même vestige de la Forêt Charbonnière).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté. Alors que le domaine de Wargnies (-le-Grand) au nord avait été donné à l’abbaye de Saint-Amand, qui y installa probablement une ferme, au sud le territoire était encore inclus dans la Forêt.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1173

Le premier document qui fait la distinction entre les deux villages, où l’on cite Wargnies-le-Petit, est une charte de l’évêque de Cambrai, Pierre d’Alsace, datant de 1173. Celui-ci donne à son chapitre cathédral l’autel paroissial de Preux-au-Sart avec ses dépendances d’Amfroipret et de Petit Warengni. Ce qui signifie que les communautés paroissiales de ces deux derniers villages n’étaient pas très nombreuses.

L’église de Wargnies-le-Petit ne resta pas longtemps une dépendance de celle de Preux. Car elle est citée comme autonome en  1181.

La distinction entre Wargnies et Wargnies-le-Petit est donc d’origine paroissiale. Quand le chapitre de Cambrai acquit dans le domaine de Wargnies une église en 1173, qui est dite « petit Warengni, et en 1181 Parvo Waregni, c’est pour la distinguer de celle qui est plus au nord et qui relève de l’abbaye de Saint-Amand. Le vocable « Wargnies-le-Grand » sera créé plus tard, en 1229.

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Petit Warengni, 1173 (Cartulaire de l’abbaye de Cambrai)
  • Petit Warigny, 1186
  • Petit Wargny, 1484
  • Warny-le- Petit, 1740
  • Petit Wargnies

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : celle de Wargnies-le-Grand

Epoque de son apparition: au XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: voie romaine de Bavay à Cambrai et Amiens au sud du territoire

sources d’eau ou cours d’eau: l’Aunelle

source de bois: l’extension ancienne de la Forêt de Mormal, dont il reste quelques vestiges : bois de Quélipont, de Ferrières, du Foyau, des Prés d’Acier, de la Tournichette

proximité d’un lieu de pouvoir: un château ou plus vraisemblablement une ferme fortifiée tenue par un représentant des seigneurs du lieu.

Paroisse dédiée à Saint-Pierre

Evêché: de Cambrai

Décanat/doyenné: Valenciennes (1186)

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné au chapitre épiscopal de Cambrai en 1163 par l’évêque Nicolas, comme dépendance de Preux-au-Sart.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale (jusqu’en 1678)

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté du Quesnoy

Seigneuries

Comme il est expliqué dans le chapitre consacré à Wargnies-le-Grand, il est difficile de réaliser une liste exacte des seigneurs des deux Wargnies. Parce que certaines généalogies ne distinguent pas les deux villages et que les précisions manquent pour les personnages cités : leurs liens familiaux, le fait d’être ou de ne pas être seigneurs des lieux. Nous faisons donc appel à toute personne qui aurait des documents pouvant préciser ou corriger ce qui va suivre.

Nous pensons qu’après des premiers défrichages de la forêt au sud du domaine de Wargnies (-le-Grand), une communauté de paysans s’y est installée. Ils se sont, comme de coutume, érigés en paroisse. Celle-ci ne fut pas prise en mains par l’abbaye de Saint-Amand (comme ce fut le cas pour Wargnies au nord), mais par le chapitre de Cambrai. Celui-ci en fit de même avec les deux communautés villageoises voisines, apparues sans doute à la même époque, celles de Preux-au-Sart et d’Amfroipret.

Famille de Roisin

Ces trois « nouveaux » villages vont connaître des destinées seigneuriales différentes. Il est possible que le domaine de Wargnies-le-Petit fut détaché de celui de Wargnies(-le-Grand) dès le XIème siècle. Car il semble avoir été donné en dot à une fille de la famille seigneuriale de Wargnies, Berthe de Wargnies, qui la transmit à la famille de son époux, Baudry II de Roisin (v1040- ?), déjà baron de Roisin, seigneur de Blaregnies et à ce titre pair du Cambrésis.

A cette époque, cette famille était une des plus puissantes de la région. Dans les généalogies, on trouve dans leurs possessions « Wargnies ». Il s’agit en fait de Wargnies-le-Petit. Lui succédèrent :

  • Baudry III (parfois appelé Baudouin) de Roisin (v1070- ?), fils du précédent
  • Baudri IV de Roisin (v1110- ?), fils du précédent
  • Baudri V de Roisin  (v1140-), fils du précédent
  • Baudry VI de Roisin (v1158-v1208), fils du précédent
  • Baudry VII de Roisin (1195/1200-v1271), fils du précédent
  • Baudry VIII de Roisin (1226-1274), fils du précédent, mort sans enfant
  • Gilles Ier (v1234-1320/1332), frère cadet du précédent
  • Baudry IX de Roisin (v1260/1270-v1318), fils du précédent
  • (Baudry « le Petit » ( ?-1321), fils cadet du précédent, mort sans enfant)
  • Baudry X de Roisin (v1298-v1348), frère aîné du précédent
  • Jean de Roisin (v1313/1320/1323-1378), fils du précédent
  • Marie de Roisin « de Wargnies » (v1340-1402, fille du précédent, dame héritière de Wargnies-le-Petit

Famille de Haynin

Marie de Roisin épousa Jean III « Brognart » de Haynin (v.1340-1402), seigneur de Hainin, d’Amfroipret et de nombreux lieux. Ils eurent plusieurs enfants. 

Il semble cependant que la seigneurie de Wargnies-le-Petit fut attribuée à un fils bâtard de Jean III, appelé Jean « bâtard » de Haynin (v1360-1431). Ce statut n’était pas indigne à l’époque, ce qui explique qu’il put être seigneur de domaines, comme ceux de Wargnies-le-Petit, de Maing et de Trith. Son fils Guillaume ne survivant pas à son père, la seigneurie de Wargnies retourna à la demi-sœur de Jean « le bâtard », Jeanne de Haynin.

Ici nous sommes obligés de faire une parenthèse, car on attribue à Jean « le bâtard » et à sa demi-sœur Jeanne, des conjoints issus de la famille de Wargnies (le-Grand). Le premier est d’ailleurs inhumé dans l’église de Wargnies-le-Grand.

Puis nous perdons la trace de Wargnies chez les Haynin. D’autres informations mentionnent que la seigneurie de Wargnies-le-Petit continua à faire partie des possessions de la famille de Roisin avec:

  • Evrard de Roisin (v1330-1373ou 1412, Valenciennes), troisième fils de Baudry X (supra)
  • Baudry XI de Roisin (v1352/1378- v1422/1440, Valenciennes), fils du précédent
  • Baudry XII de Roisin  (v1410-v1472, Valenciennes), fils du précédent
  • Jacques I de Roisin ( ?- ?), deuxième fils du précédent, qui hérite de Wargnies-le-Petit
  • Isabeau (Anne ou Jeanne) de Roisin (v1455- ?), fille du précédent, dame héritière de Wargnies-le-Petit

Tout cela parait incohérent. Sauf si l’on imagine des co-seugneuries, soit des pouvoirs et revenus partagés entre deux lignées, ou une division du domaine en deux fiefs.

Famille de Nouvelles

Isabeau de Roisin, dame héritière de Wargnies-le-Petit, épousa épousa Jean de Nouvelles (v1440/1460- ?). Il est dit que ce personnage était déjà seigneur de Wargnies-le-Grand, domaine qu’il aurait hérité de son frère, Etienne de Nouvelles, mort sans enfant, ce domaine ayant appartenu avant eux à leur père Etienne de Nouvelles (v1410/1415- ?), lui-même l’ayant hérité de sa mère Jeanne de Roisin (v1380/1400- ?), dont on ne sait pas de qui elle est la fille.

Tout ceci apparait à nouveau très incohérent, d’autant plus qu’à la même époque ce sont les Esne, puis les de Croÿ et les Bonnard qui sont mentionnés comme seigneurs de Wargnies-le-Grand.

Jean Ferry de Nouvelles (v1490- ?), fils de Jean de Nouvelles et d’Isabeau de Roisin, leur succéderait à la tête des deux seigneuries. Il n’a qu’une fille Charlotte de Nouvelles, dame de Wargnies, qui épousa Georges de Montigny-en-Ostrevent, gouverneur de Bouchain.

Leur deuxième fille Charlotte de Montigny, dame des deux Wargny, épousa Philippe de Glymes. Ils eurent Charlotte de Glymes, dame des deux Wargnies qui épousa Jean d’Anneux, baron de Crèvecoeur.

Maison d’Anneux-Crèvecoeur

  • Jean d’Anneux ( ?-1629), seigneur de Crèvecoeur et de Rumilly, devint seigneur des deux Wargnies par mariage. Il fut, sous le roi Philippe II d’Espagne, gouverneur d’Avesnes, puis fut conseiller de guerre de l’archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas Espagnols.
  • Son fils Philippe d’Anneux ( ?-1660) lui succéda et fut fait marquis de Wargnies, le marquisat couvrant les deux villages. Il fut gouverneur d’Avesnes et d’Ath.
  • Lui succéda Philippe Guillaume Albert d’Anneux (1635- ?), marquis de Wargnies, baron de Crèvecoeur, seigneur de Rumilly, commandant d’un régiment de cavalerie.
  • Philippe Jean d’Anneux (1665- ?), fils du précédent, fut aussi marquis de Wargnies.
  • Il eut deux filles, dont l’une Marie-Louise d’Anneux (1695-1755) fut la marquise héritière de Wargnies. Elle épousa un autrichien, Maximilien Joseph (1670-1736), comte de Tauffkirchen-Guttenburg et alla sans doute résider dans son pays.

Il ne semble pas qu’elle ait conservé ses deux domaines de Wargnies. Elle les aurait vendus vers 1745.

Wargnies-le-Petit fut acheté par Ferdinand de l’Epine (ou de Lépine, ?- 1781, inhumé dans l’église Saint-Pierre). Il acquit la seigneurie de Wargnies-le-Petit en 1745. D’origine montoise, il était écuyer, maître des Eaux et Forêts au Quesnoy.

Son fils Marie-Philippe Ferdinand de l’Epine ( ?- ?) lui succéda comme seigneur de Wargnies-le-Petit. Lui aussi fut écuyer et bailli des eaux et forêts au Quesnoy.

La Révolution abolit les droits féodaux, mais la famille de l’Epine conserva le château et son domaine. Sous l’Empire, Marie-Philippe fut un officier de la Garde Nationale, chef de bataillon en 1813 et promu chevalier d’Empire par Napoléon.  Sous la Restauration, il devint colonel inspecteur. Il se lança en politique et devint maire du Quesnoy, puis député du Nord. On le fit baron de l’Epine en 1825.Il s’adonna au mécénat pour des institutions ecclésiastiques.

L’abbaye de Vicoigne aurait possédé des terres sur le territoire de Wargnies-le-Petit.

L’ancien régime dans le royaume de France (1659 à 1789)
  • Etat : le royaume de France
  • Prévôté : Le Quesnoy

Par le Traité des Pyrénées de 1659, les villages de la prévôté du Quesnoy furent annexés au Royaume de France

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1789)
  • Etat: France dans ses divers régimes (républiques, monarchie, empire)
  • Département: Nord
  • Arrondissement : Avesnes-sur-Helpe
  • Canton: Aulnoye-Aymeries
Evénements et faits marquants sur le sol de la commune

Le village fut brûlé, en 1340, par le duc de Normandie, le futur Jean II « le Bon » qui venait d’échouer à s’emparer du Quesnoy. 

Economie

Elle reposa essentiellement à travers les siècles sur l’agriculture (céréales), l’élevage et les activités annexes (deux moulins à eau pour moudre le grain, deux brasseries).

Patrimoine

Eglise Saint-Pierre, XVIIIème

Château moderne, tourelle, quelques parties de l’ancienne habitation seigneuriale. Il s’agissait en fait d’un relai de chasse qui a appartenu à la famille de l’Epine de 1745 à 1948. Il eut à subir des dégâts pendant la première guerre mondiale, ayant été réquisitionné par les Allemands et ayant servi d’hôpital militaire. Le château fut donné par un de ses successeurs aux Soeurs Rédemptoristes.

Bibliographie

Vercauteren (La charte-loi de Wargnies le Petit de 1245),

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