Epinois

Entité communale de Binche

Le territoire

Superficie: 357 ha

Altitude: de 125 à 150 m

Situation géographique : Le territoire est situé sur le versant sud de la vallée de la Haine. Le village s’est établi au bord d’un petit vallon créé par la Samme.

Cours d’eau : le ruisseau du bois de Hoyau et la Samme

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé et marécageux – quelques étangs

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, houille

Préhistoire

Au lieu-dit « Ferme Wauthier » et dans le bois, auraient été trouvés des silex, taillés selon la méthode acheuléenne récente, au paléolithique inférieur.

Antiquité gallo-romaine

La même source évoque aussi des vestiges gallo-romains sans précision.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Le polyptique de l’abbaye de Lobbes de 886 mentionne le domaine d’Epinois dans ses possessions.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 868

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Spinetum, 868 (polyptique de l’abbaye de Lobbes)
  • Spinethum, 1124
  • Espinoit, 1181, 1299
  • Spinoit, 1265
  • Espinoit, 1347, 1355, 1357
  • Espinois, 1372
  • Espinoy

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

On pense que le nom vient du latin Spinetum, « endroit couvert de ronces et de broussailles épineuses ».

Epoque de son apparition: XI ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: en dehors des voies antiques et médiévales

sources d’eau ou cours d’eau: la Samme

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Sainte-Marie-Madeleine, dépendant à l’origine avec Binche de la paroisse de Waudrez. Lorsque Binche devint autonome, Epinois resta lié à Waudrez, avant d’être reliée à la paroisse de Buvrinnes en 1785.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné au chapitre épiscopal de Cambrai par l’évêque Burchard, ce qui fut confirmé en 1179 par le pape Alexandre.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneuries et fiefs

Le village appartenait au IXème siècle à l’abbaye de Lobbes. Un premier castrum aurait existé dès le Xème siècle à Spinetum sur les terres de l’abbaye de Lobbes.

Seigneurie principale

Elle était constituée d’un village à clocher, d’un château, de terres. Le seigneur y exerçait toute justice et ses droits seigneuriaux par l’intermédiaire d’un bailli, d’un maïeur et d’échevins.

Sur des terres devenues propriété comtale, cette seigneurie apparaît au XIIème siècle. Il est assez difficile d’établir une liste des seigneurs, tant les questions sont nombreuses quant à sa cohérence. D’autant plus qu’il existe d’autres Epinois… 

Les premières données connues font apparaître une certaine Marie d’Epinois qui serait aussi une Marie d’Esclaibes.

Eclaibes est aujourd’hui un village situé au sud de Maubeuge, donc en Hainaut.

Cette Marie serait la fille héritière d’un seigneur des deux lieux. On pourrait avancer l’hypothèse selon laquelle il existait dans la deuxième moitié du XIIème siècle une famille d’Eclaibes, sur laquelle les comtes pouvaient compter à une époque où ils mettaient en place des structures urbaines et défensives. Baudouin IV ou Baudouin V auraient pu donner le village d’Epinois à un membre de cette famille, dont Marie, indistinctement appelée d’Esclaibes ou d’Epinois, était l’héritière.

On cite parfois par la suite comme titulaires de la seigneurie d’Epinois des seigneurs de Houdeng. Selon Vander Elst, ils pourraient avoir été seigneurs d’Epinois-lez-Clerfayt et n’auraient rien à voir avec Epinois-lez-Binche. Cela paraît cohérent avec la suite.

  • Cette Marie d’Esclaibes épousa Raoul de Saultain/Saultaing, seigneur d’un village situé au sud-est de Valenciennes. Ce  personnage est cité seigneur d’Esclaibes et d’Epinois.
  • Ils eurent une fille, parfois appelée Claire, parfois appelée Ide de Saultaing, dame héritière des deux seigneuries. Elle épousa Philippe de Gavere, fils cadet de Rasse V de Gavere, seigneur de Chièvres. Ce chevalier aurait choisi de reprendre le nom, les armes et le cri de guerre des Esclaibes. Lui succédèrent, comme seigneur d’Eclaibes et d’Epinois :
  • Raoul I d’Esclaibes ( ?-1253, bataille de West-Capelle), leur fils
  • Raoul II d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Raoul III d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Raoul IV d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Jean d’Esclaibes (v1271- ?), fils du précédent
  • Gérard d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Fastré d’Esclaibes (v1360-v1415), fils du précédent, prévôt du Quesnoy
  • Jean II d’Esclaibes ( ?-1415, bataille d’Azincourt), fils du précédent
  • Gilles II d’Esclaibes (-apr1491), fils du précédent
  • Prévôt de Maubeuge, il n’est plus cité comme seigneur d’Esclaibes.
  • Gilles III d’Esclaibes ( ?- ?), fils du précédent
  • Gilles IV d’Esclaibes ( ?-1532), fils du précédent, favori de Charles-Quint. Il semble correspondre à  Jacques d’Esclaibes, écuyer, dont on dit qu’il tenait la terre d’Epinois en fief lige de la pairie de Beloeil (relief en 1503). Ce détail est assez troublant, car il est à priori difficile de comprendre le pourquoi de cette dépendance. Mais elle est réelle, car elle prend de l’importance par la suite. Ce personnage n’avait pas de postérité.
  • Son frère Jean d’Esclaibes ( ?- ?) lui succéda.
  • Une généalogie mentionne comme successeur ensuite son fils Elie d’Esclaibes
  • Puis le fils de celui-ci, Pierre d’Esclaibes qui ne semble pas avoir eu d’enfant.
  • La seigneurie serait alors revenue à Charles d’Esclaibes, un fils naturel de Jean d’Esclaibes. Il en fit relief (attesta de la propriété) en 1581, mais ceci donna lieu à des contestations familiales. Finalement le bien fut attribué vers 1591 à la famille de Ligne, détenant la pairie de Beloeil, suzeraine d’Epinois.

Maison de Ligne

  • Lamoral Ier (1563, Beloeil-1624, Bruxelles) fut le bénéficiaire de cette décision. Il était prince de Ligne et du Saint-Empire, aussi prince d’Epinois, mais ce titre lui venait de son épouse et concerne un autre Epinois (département du Nord). Il était seigneur d’un très grand nombre de domaines.
  • Florent de Ligne (1588-1622), fils du précédent
  • Albert-Henri (1615-1641), fils du précédent
  • Claude-Lamoral I (1618, Beloeil-1679, Madrid), fils du précédent
  • Henri-Louis-Ernest de Ligne (1644-1702), fils du précédent

Le domaine d’Epinois fut éclissé de la pairie de Beloeil et vendu à la famille le Boucq.

Famille le Boucq

  • Philippe-Louis le Boucq ( ?-1721) acheta Epinois en 1689. Deux ans plus tard, il achètera Mont-Sainte-Aldegonde. Cette famille possédait déjà Leval-Trahegnies depuis le début de ce siècle. Lui succédèrent :
  • François Joseph le Boucq ( ?-1763), fils du précédent
  • Philippe Albert Léopold le Boucq ( ?-1777), fils du précédent. La terre d’Epinois fut érigée en comté.
  • Dominique Alexandre Albert le Boucq ( ?-1789)
  • Charles Léopold le Boucq. C’est avec ce dernier qu’en 1794 l’Ancien régime se termina.

Il existait aussi un Fief du bois de la Houssière, fief lige des comtes de Hainaut, tenu par des seigneurs qui dépendaient directement de ceux-ci.

La commune

On y suivait la coutume de Mons.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Binche

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)

  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Thuin
  • Arrondissement judiciaire: Charleroi
  • Canton: Binche
  • Entité communale depuis 1977: Binche
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Ce village, proche de Binche, a connu les affres des différentes guerres et sièges, à l’image du chef-lieu de la prévôté.

Economie

Longtemps elle reposa sur l’agriculture et l’élevage.

On exploita la houille au puits Saint-Georges, propriété des charbonnages de Leval-Trahegnies, puis de Ressaix.

Patrimoine

Eglise Sainte-Marie Madeleine. Elle est du XVème siècle en style gothique. Monuments funéraires des seigneurs du village. 

Château du comte d’Espinoy. Quatre tourelles octogonales. Une vue de 1590 (ci-dessus) démontre une forteresse imposante avec un donjon-porche, des tours, des douves et une basse-cour. Il fut transformé par les Le Boucq en château de plaisance. Une grande partie de l’édifice actuel date de 1708. En 1796, Charles Léopold le Boucq le céda à Joseph Antoine George, son métayer. Ses descendants gardèrent le château jusqu’en 1914. Plusieurs d’entre eux furent bourgmestres d’Epinois. Pendant la Première Guerre Mondiale, Léopold Alfred George partit pour l’Angleterre et vendit le château à un entrepreneur qui dépeça le bâtiment. Ce qui en reste fut acheté par Armand Bizet qui le restaura. Puis il passa à la famille Bogaerts.

Binche

Entité communale de Binche

Le territoire

Superficie: 77 ha

Altitude: entre 85 et 92 m

Situation géographique : le territoire est situé sur le versant sud de la vallée de la Haine. La cité s’est développée sur un escarpement rocheux, jadis entouré d’un bras de la Samme.

Cours d’eau : la Samme qui prend sa source à Buvrinnes et qui prend le nom de « Ruisseau de la Princesse » à la sortie de la ville.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Non documentée

Antiquité gallo-romaine

On pense qu’il existait sur la colline un camp romain à l’époque de la conquête de la Gaule et du Pays des Nerviens. C’est là que Quintus Cicero fut assiégé en -52. Il aurait été abandonné ensuite pendant plusieurs siècles.

On a trouvé dans un endroit non précisé au XIXème siècle un Bronze d’Alexandre Sévère (début du IIIème siècle). 

Il existerait à la « Cité Vandervelde » un ancien site gallo-romain (1km à l’ouest de la chaussée). Sans précision.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documentée

Deuxième Moyen-Age – le village

A l’origine, Binche et Epinois faisaient partie du grand domaine seigneurial de Waudrez, appartenant aux comtes. Sans doute un ancien domaine fiscal royal de l’époque franque.

Première mention: 1124

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Bincium, 1124 (charte de Burchard, évêque de Cambrai), 1182, 1193, 1200, 1229, 1248
  • Binzium, 1159, 1204, 1206, 1209
  • Bins, 1162, 1197, 1460
  • Binc, 1167, 1179, 1181, 1239, …
  • Binchium, 1177, 1246, 1258
  • Bince, 1179
  • Bains, XVIème
  • Beins, XVI, XVIIème
  • Binch, 1232, 1256, …., 1790

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

On pense que le nom latin Binchium dérive de Bincium, signifiant « colonie »

Epoque de son apparition: XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine proche

sources d’eau ou cours d’eau: la Samme autour d’un éperon rocheux

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: Binche s’est constituée à l’origine en citadelle

Paroisse dédiée à Saint-Ursmer. Les premiers paroissiens dépendaient de la paroisse de Waudrez. Il est possible qu’une petite communauté villageoise se développa à l’écart de Waudrez.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche (dès le XIIème siècle).

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants): A la demande de la comtesse Yolende de Gueldre, l’autel de Waudrez et de ses dépendances (Binche et Epinois) fut donné en 1124 par l’évêque Burchard de Cambrai à son chapitre cathédral. Ce qui fut confirmé par le pape Alexandre III en 1180 et par le pape Lucius III en 1181.

A la fin du XIIème siècle, on vit naître deux autres paroisses, dépendant aussi du chapitre de Cambrai.  En 1409, le chapitre des chanoines de Lobbes vint s’installer à Binche.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneurie – la ville

Ce sont des terres qui appartenaient au comte de Hainaut qui y firent de fréquents séjours, car les environs étaient propices à la chasse. Elles servaient de dot aux filles aînées des comtes.

XIIème siècle

Binche fut détachée de Waudrez entre 1120 et 1127, sous la régence de Yolande de Gueldre, veuve du comte Baudouin III.

Binche se structura progressivement au début du XIIème, à partir d’une population de paysans et d’artisans. En 1147, Yolande de Gueldre, mère de Baudouin IV,  y fit installer une ville neuve et la fit entourer d’une première enceinte fortifiée (selon Gislebert de Mons).

La croissance de Binche fut rapide. L’enceinte sera encore prolongée vers le nord par son fils Baudouin IV « le Bâtisseur ». L’enceinte définitive fut longue de 2,5km et comporta 30 tours et 6 portes, dont il reste encore aujourd’hui la majorité, récemment restaurées à la fin du XXème siècle.

La cité reçut ainsi un statut de place forte qui va lui permettre de jouer un rôle militaire à l’avenir. Une garnison y fut installée. Les comtes y firent construire un château à l’extrémité méridionale, le “château de la Salle” qui devint leur résidence favorite (Castrum quod nominant Bins). Un châtelain remplaçait les comtes en leur absence. C’était un officier militaire, dont les pouvoirs s’étendaient sur les villages des environs regroupés en une châtellenie. A ses côtés, un prévôt avait un pouvoir civil.

A partir de 1221, un seul personnage, appelé prévôt, exerça les deux pouvoirs. La châtellenie devint « Prévôté de Binche ». Elle était constituée de 6 terres franches et abbayes, 44 villages, 20 hameaux et seigneuries, les villes de Binche et  de Fontaine-l’Evêque, ainsi que du bourg de Merbes-le-Château.

La ville de Binche fut gouvernée par un conseil composé d’un prévôt, de sept jurés et de six conseillers (« consaux »). Le prévôt était chargé par le comte de Hainaut des affaires civiles, militaires et judiciaires de la Prévôté. Les Jurés étaient choisis parmi les notables bourgeois, artisans, commerçants ou membres de professions libérales. Les Consaux représentaient les métiers.

On y vit en 1148 passer Saint Bernard de Clairvaux qui prêchait la croisade.

Dès 1167, la commune reçut des franchises communales. Des magistrats ou juges furent mis en place pour exercer la justice au nom du comte et de son prévôt. 

Une guerre en 1185 entre le comte de Hainaut, Baudouin V,  et le comte de Brabant, allié au prince-évêque de Liège, endommagea les lieux, mais la cité résista. On répara et on augmenta encore les moyens de défense. 

Binche, avec Mons, Valenciennes et Le Quesnoy confirmèrent le traité de paix de 1194 entre Baudouin V et Henri I de Brabant.

Afin de faire prospérer la ville,  Baudouin VI de Hainaut donne à Binche sa charte de privilèges communaux en 1198. Le commerce et l’artisanat vont alors prendre de l’ampleur, particulièrement l’industrie drapière et le commerce des grains.

XIIIème siècle

Les comtes gardèrent une forte mainmise sur la ville. Ils y résidèrent souvent, d’autant plus que les environs étaient propices à la chasse.

Une halle est construite en 1229. La grande enceinte semble avoir été construite en plusieurs chantiers (1289, 1308, 1321).

En 1225, on y vit passer le « faux Baudouin », un personnage qui se faisait passer pour le comte Baudouin VI, pourtant donné mort à la croisade en 1206. 

XIVème siècle

La ville était suffisamment prospère pour que des banquiers lombards s’y installent en 1304.

Un premier déclin fut provoqué par l’épidémie de peste qui traversa l’Europe en 1348-49, puis en 1398. La démographie chuta. Il fallut que le comte Aubert de Bavière et son fils Guillaume IV favorisent le repeuplement. Ils exemptèrent en 1399 les habitants du droit de morte-main et d’autre charges pour attirer la population servile des campagnes.

La ville servit de douaire (dot) aux filles aînées des comtes de Hainaut.

XVème siècle

En 1408, Binche reçut encore des privilèges exceptionnels du Comte Guillaume IV de Bavière.

En 1409, le chapitre des chanoines de St Ursmer fut transféré de Lobbes à Binche par l’évêque de Liège, Jean de Bavière. Ce qui fut approuvé en 1410 par le pape Jean.

En 1477, le douaire (dot de veuve) de Marguerite d’York, veuve de Charles le Téméraire, y fut entreposé.

A cette époque, la ville avait souffert des guerres engagées par le roi Louis XI de France. La misère était présente.

XVIème siècle

Les remparts devinrent obsolètes face aux nouvelles techniques de bombardement, mais la cité les conserva.

Lorsque Charles Quint nomma sa soeur, Marie de Hongrie, gouvernante des Pays Bas, il lui donna le domaine de Binche en fief. Elle y fit construire un palais en 1548,  sur les fondations du précédent (XIIIème, déjà remanié aux XIV et XVème, qui sera rasé ici pour la circonstance), faisant appel à l’architecte montois Jacques Dubreucq, fleuron de l’architecture Renaissance en Hainaut. De grandes fêtes en l’honneur de l’Empereur et de son fils Philippe furent organisées l’année suivante (“les Triomphes”), ainsi qu’à l’occasion de la visite de la Reine de France. Ce fut l’apogée culturelle de Binche.

En 1550, on y signa un traité de paix entre Charles-Quint et Marie Stuart, reine d’Ecosse (et catholique en ces temps d’anglicanisme triomphant en Angleterre). 

Malheureusement, ce château ne dura pas longtemps.  En 1554, les troupes du roi Henri II de France en firent le siège et y boutèrent le feu. En 1578, celles du duc d’Alençon et d’Anjou, ayant pris le parti des Calvinistes, achevèrent le travail de destruction.

On tenta bien d’en reconstruire une partie. Lors de ces sacs, les chartes de libertés de la ville disparurent. Le roi Philippe II les renouvela en 1589 (« Chartes et coutumes de la ville de Binche », ensemble de lois pour les habitants de Binche).

XVIIème siècle

Les archiducs Albert et Isabelle y firent leur joyeuse entrée en 1600, alors que le château était toujours en reconstruction. 

En 1622, les troupes de Mansfeld, qui passaient et ravageaient la région, épargnèrent Binche où les populations des alentours venaient se réfugier. La population déclina une nouvelle fois avec des épidémies en 1626 et 1636.

La ville eut alors trop à subir des guerres entre France et Pays-Bas pour que la prospérité se maintienne. En 1674, après la bataille de Seneffe, les troupes du maréchal de Luxembourg traversèrent la plaine de Binche et s’y livrèrent aux exactions de guerre.

Binche fut assiégée en 1675 par les troupes françaises de Louis XIV. Elle fut occupée, ce qui entraîna de lourdes réquisitions. Une partie des fortifications fut détruite. Le roi de France s’était emparé de toute la prévôté de Binche. En 1667, elle l’annexa au royaume de France, ce qui fut confirmé lors de la Paix d’Aix-la-Chapelle de 1668. Cependant le Traité de Nimègues de 1678 ramena la prévôté dans les Pays-Bas Espagnols.

Nouvelle occupation dès 1691. Les Français remirent partiellement en état les fortifications entre 1691 et 1697. Cependant, après leur départ, l’entretien devint trop coûteux et on décida de les démolir en 1704. Les pierres furent réutilisées ailleurs, notamment pour la construction de l’hôpital militaire royal de Mons. Aujourd’hui un parc de plaisance y est aménagé, mais des fouilles sont toujours en cours.

XVIIIème siècle

Les Français revinrent à nouveau. La garnison fut déplacée à Gosselies. En 1709, les troupes alliées se déployèrent non sans malheurs dans toute la région.

En 1746, de nouveaux assauts français, lancés par le roi Louis XV, vinrent saccager Binche et les environs.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Binche

A partir de 1794 et de l’occupation française révolutionnaire, des troupes furent souvent cantonnées dans la ville. Binche devint en 1793 chef-lieu de district, ensemble de 12 cantons. Puis elle devint chef-lieu d’un des 28 cantons du département de Jemappes.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Thuin
  • Arrondissement judiciaire: Charleroi
  • Canton: Binche
  • Entité communale depuis 1977: Binche

Ce fut la reprise économique. Extension de l’industrie de la confection.

Mais ce fut aussi la période où l’on démantela les remparts qui servirent de carrières de pierres pour d’autres constructions. Les six portes ont été détruites.

Economie

Binche, étant une ville, eut une économie urbaine, basée sur l’artisanat et le commerce.

Les productions agricoles venaient essentiellement de la campagne environnante. Les agriculteurs,  maraîchers et éleveurs venaient écouler leurs produits sur le marché.

On y vit se développer les habituels métiers des villes :

  • De la meunerie, dans des moulins à eau
    • De « Jean le Meunier » ou « Moulin de la Samme » à Buvrinnes
    • Moulin de Parchegnies, sur l’ancien territoire de Battignies, attesté au XIIIème
    • Moulin de Seluelle ou « moulin St-Paul », cité en 1256, jusqu’à 1856
    • Moulin de David, dès 1265 jusqu’au début XXème
    • Moulin de Dessous le Mont, Waudrez
  • Des tanneries
  • Des corroieries
  • Des brasseries

Mais c’est la draperie, très florissante aux XIII et XIVème siècles,  et plus tard la dentelle qui firent la prospérité de la ville. Il existe aujourd’hui un Centre de la dentelle et des métiers d’art, au Fuseau.

Patrimoine

http://www.binche.be/detentes-loisirs/tourisme/musees-visites-1 

Les remparts. Il reste aujourd’hui plus de 2km de fortifications datant du XII-XIVème siècle, ainsi que les 27 tours, restaurées. C’est en Belgique la seule enceinte fortifiée encore complète. On fouille actuellement le site des châteaux successifs.

Hôtel de ville. Il est du XIVème siècle, de style gothique (trois arcades). Il fut restauré au XVIème par Dubreucq, au XVIIIème par Dewez (1774), au XIXème par Langerock.

Beffroi à bulbe accolé à l’hôtel de ville.

Gare néogothique (1910, de Pierre Langerock; époque de grande prospérité dans la région)

Square Eugène Derbaix: statues des principales personnalités de la ville.

Collégiale St Ursmer (anciennement église Saint-Martin). Elles est du XIIème siècle et était voisine de l’ancien château. Elle fut bâtie à l’initiative du comte Baudouin IV, à l’origine sur le moutier Sainte Marie. Elle était à cette époque dédiée à la Vierge.

Elle fut agrandie vers 1409, après son érection en collégiale par le prince-évêque de Liège, qui y transféra le chapitre de l’abbaye St Ursmer de Lobbes. On y a apporté les reliques de St Ursmer, un évangéliste du VIIème, fondateur de l’abbaye de Lobbes. Elle allie de l’architecture romane et gothique, celle-ci à partir des travaux de 1409.

Elle fut endommagée pendant le siège de 1554 et en partie reconstruite. La tour porte les millésimes de 1583 et 1671 (dates de restauration). On y entre par un grand portail roman. Jubé Renaissance (1592, de Thierry Bidart). Chaire de vérité, avec le Christ et la Samaritaine. Mise au Tombeau, XVème. Trésor : reliquaires du XI et XIIème. 

Il exista jadis d’autres paroisses autour des églises Sainte-Croix et Sainte-Elisabeth. Elles furent rattachées à celle de Saint-Ursmer.

Chapelle St André, 1537, dans le vieux cimetière. De style gothique, avec ses stalles. Impressionnante voûte en berceau en bois de châtaigner. Peintures Danse Macabre.

Il existait un béguinage depuis 1020, dont les bâtiments furent cédés en 1598 aux Récollets. Une école d’éducation pour les filles y fut installée en 1822 par les religieuses du Sacré-Cœur.

On y trouvait aussi le Couvent des Sœurs Noires, fondé par Marguerite d’York en 1498.

Un collège fut créé en 1577 par des Prémontrés de Bonne-espérance. En 1727, les Augustins en prirent la direction.

Il existait plusieurs hôpitaux à Binche ;

  • St Pierre, bâti on ne sait quand (XIVème ?), endommagé par Henri II en 1554, reconstruit en 1567
  • St Jacques, fondé en 1450 et supprimé en 1703 par le roi Philippe V d’Espagne
  • Une maladrerie
  • Un hospice des orphelins

Musée du carnaval et du masque, dans l’ancien collège des Augustins datant du XIIIème. Collections régionales et internationales – ethnologie et traditions populaires

Les caves Bette. Bette est le nom du dernier occupant, négociant en produits coloniaux. Ce bâtiment servit par le passé de refuge pour les Moines de l’abbaye de Bonne Espérance. On y a aménagé aujourd’hui un Centre d’interprétation de l’histoire de la ville de Binche.

Folklore: le carnaval et les Gilles de Binche – http://www.carnavaldebinche.be/ 

Harchies

Entité communale de Bernissart

Le territoire

Superficie: 1077 ha

Altitude: de 15 à 35 m

Situation géographique : le territoire de Harchies est situé dans la vallée de la Haine sur son versant nord.

Cours d’eau : de nombreux rus affluents de la Haine

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : le sud devait être marécageux et le versant boisé (faisant partie de la forêt allant de Bonsecours à Saint-Denis-en-Broqueroye).

Nature du sol : sablonneux

Nature du sous-sol : grès, schistes, houille

Préhistoire

A l’époque où il n’y avait pas de villages ni d’infrastructures pour la circulation, la Haine, de part et d’autre de son cours, était un axe qui devait être emprunté par les hommes nomades du paléolithique et plus tard par les sédentaires du néolithique. A hauteur d’Harchies et de Blaton, il existe une zone de passage privilégiée vers les vallées situées plus au nord.

Néolithique

Mrs Parent et Dufrasnes ont inspecté à de nombreuses reprises le sol d’Harchies et y ont fait plusieurs découvertes (CAW).

Dans une zone au nord-ouest du village (lieux-dits « Le Catignier », « Vieille Voie », « Au-dessus du Rieu », « Couture du Coucou »/zoning industriel), ils ont (1985-2015) trouvé un important matériel lithique s’échelonnant du paléolithique moyen (culture du moustérien) à l’âge du bronze.

Neuf sites différents (2015) ont ainsi été prospectés. Y ont été trouvés :

  • de nombreuses (plus de 40) pointes de flèches en silex de divers types d’époque mésolithique finale et néolithique (type Spiennes ou Ghlin)
  • des couteaux
  • un fragment de poignard
  • des fragments de haches polies

Au sud du village, dans la zone « Etang de Préau » (2001, S. Parent) : pointes de flèches en silex, racloir, lames.

Dès le XIXème, on y avait déjà trouvé sur son sol des haches de silex, dont la spécificité n’est pas précisée.

Age du bronze :

Dufrasnes, 2010, champs à la sortie du village vers Blaton :

  • Un tranchet en bronze à languette (bronze final III)
  • un rasoir

En 1879, furent ramassés des « lingots » de bronze, en forme de côtes (comme dans le sud de la Belgique à la fin du bronze ancien et à Caix dans la Somme datant ici du bronze final).

Une nécropole avec des fragments d’épées de bronze a été individualisée (Bronze ancien ou moyen – S. Parent, 2006)

Ages du fer – Premier âge du fer (culture de Hallstatt). Sur le site de la « Maison Cauchies », Mr Leblois répertoria des indices d’une nécropole hallstattienne (Leblois 2011) (entre 825/800 et 725/700). Ces sépultures contenaient quatre épées de bronze brisées rituellement (1913, 1914, 1926, 1955), des bouterolles en fer, des objets de toilette (pincette à épiler, cure-oreille, rasoirs), ainsi que des éléments de parure rares (épingles, anneaux, bracelets).

Antiquité gallo-romaine

La chaussée romaine Bavay-Blicquy-Velzeke (Gand) traverse le village de Harchies du sud au nord.

Au sud, à Hensies-Malmaison et Pommeroeul sur la Haine, se trouvait un vicus et un embarcadère avec une zone artisanale. A peu de distance, au champ Franoë de Montroeul-sur-Haine, on a exhumé des vestiges d’un habitat avec un ou des ateliers. A Harchies, des découvertes du XIXème siècle mentionnent :

  • deux tumulus
  • des monnaies
  • des débris de vases

Plus récemment, ont été trouvés :

  • au lieu-dit « Au-dessus du Rieu » (nord-ouest du village, 1983) ce qui a été un établissement gallo-romain, dont témoignent des fragments de tegulae, des pierres étrangères au terrain, de rares tessons dont un fragment de coupe en terre sigillée importée de Gaule centrale, fin Ier-IIème siècle. Au même endroit, on avait trouvé au XIXème deux tuyaux de conduction de l’eau (Leblois, 1971/73). Ce site a malheureusement été perturbé par la construction du canal Nimy-Blaton.
  • Au « Hameau du Coucou » (Leblois, 2006): des tessons gallo-romains (d’autres avaient déjà été trouvés au même endroit en 1955-56 – de la seconde moitié du Ier siècle). Mais aussi beaucoup de céramique post-médiévale.
  • près de l’« Etang de Préau », dans un champ à l’ouest du village (S. Parent, 1986): des vestiges gallo-romains (fragments, de tuiles, céramique commune et sigillée, des substructions, fosse-dépotoir) de la première moitié du IIème siècle. Il semblerait qu’il y exista un établissement romain relativement prospère  depuis le milieu du Ier siècle jusqu’au milieu du IIIème, moment des premières invasions germaniques. Il est difficile de préciser s’il s’agissait d’une villa, mais les propriétaires pouvaient se permettre d’acheter de la céramique de luxe importée.
  • Sur les « Blanches Terres » (J. Dufrasnes, 1998) : traces d’occupation gallo-romaine (fragments de tuiles)
  • Sur le site « Les Sartis » (au sud du village, à proximité de la Haine – site essarté dans la seconde moitié du XIIIème, dans le hameau du Catillon, ayant eu une certaine importance au Moyen Age), (J. Dufrasnes, 2008). Traces discrètes gallo-romaines : tessons de céramique commune du IIIème siècle et sigillée d’Argonne de la fin du IIème, des fragments de tegulae, un fragment de meule, un sesterce de Faustine la Jeun(e décédée en 175). Ce site aurait été occupé entre la fin du IIème siècle et la fin du Haut-Empire. Il s’agissait d’un petit habitat modeste dans une zone humide peu propice à l’agriculture, mais propice à l’élevage, à 2km du vicus portuaire de Pommeroeul.
Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Des vestiges mérovingiens auraient peut-être été trouvés (J. Dufrasnes). Sans précision.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : ?

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :   Harchies  aurait tiré son nom de « arca » qui signifie « pont romain » construit à cet endroit ou encore une borne délimitant une propriété.
D’après Max Servais, Harchies  serait dérivé de Hariciacum : villa de Harico.

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine Bavay-Blicquy, un probable vieux chemin datant du néolithique longeant la Haine par le nord

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine

source de bois: à pied sec sur le versant commençait la forêt

proximité d’un lieu de pouvoir: le château seigneurial local

Paroisse dédiée à Notre-Dame

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1138 par Nicolas, évêque de Cambrai.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Harchies se situait dans un premier temps dans le Pagus du Brabant (Burbant ou comté de Chièvres), au nord de la Haine, avant d’être rattaché en 1049 au comté de Hainaut.

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

On trouvait sur l’actuel territoire de Harchies plusieurs seigneuries :

  • la seigneurie principale (infra)
  • la seigneurie du Préaux (infra)
  • le fief du Petit-Grandglise: un fief ample consistant en rentes seigneuriales, qui relevait de la cour féodale de Hainaut et appartenait, au XIXe siècle, aux comtes de Mérode  de Waroux.

La seigneurie principale

Harchies fut une baronnie au service des comtes de Hainaut, devant à ceux-ci hommage et soutien à la guerre (ost). Les familles qui ont fait fonction de seigneurs de Harchies sont :

  • celle de Strépy (aussi appelée de Strépy-Harchies) qui a également détenu Ville, Pommeroeul, Hautrage, Audregnies et Bellignies (jusque vers 1440)
  • celle des Mouton de Harchies, par achat (jusque vers 1600)
  • celle des Mérode (jusqu’en 1793)

Maison de Strépy (-Harchies)

Le premier seigneur connu semble être Allard I « le Grand » de Strépy (v1040/1050- ?) mentionné, comme les autres membres de sa famille, parmi les conseillers et chevaliers barons des comtes, et notamment au milieu du XIème siècle, à l’époque de la comtesse Richilde, de son époux Baudouin I et de leur fils Baudouin II. Il n’est pas sûr qu’Harchies fut un alleu (propriété familiale) de cette famille. Il s’agit plus probablement d’un fief attribué pour services rendus, probablement détaché d’un grand domaine comtal (anciennement royal) qui comprenait à proximité la grande seigneurie de Blaton (donnée à la même époque aux de Caudry), la petite seigneurie de Bernissart (donnée plus tardivement aux Auberchicourt d’Ostrevent) et les domaines attribués à la famille de Mons (Hautrage, Villerot, Baudour, Boussu, Hainin, Dour).

Lui succédèrent :

  • Hugues de Strépy (v1090/1100-1121), fils du précédent. Vers 1106, il lui fut attribué aussi la seigneurie de Ville par Baudouin III.
  • Allard II de Strépy (v1120/1130-apr1136), fils du précédent
  • Allard III de Strépy (v1150-1175), fils du précédent. Par mariage, il devint également seigneur d’Audregnies.
  • Baudouin III de Strépy (1140-v1200), fils du précédent. Ce preux chevalier se mit au service du roi de France Philippe-Auguste contre l’Anglais Richard Cœur-de-Lion.
  • Allard IV de Harchies (v1170-apr1224/1234), fils aîné de Baudouin. L’exemple-type du chevalier médiéval, qui participa à la Quatrième Croisade (avec le comte Baudouin VI/IX), à la guerre contre Philippe-Auguste, qui se mit au service du comte Ferrand et du roi d’Angleterre Jean-sans-Peur, notamment en Normandie – fut-il présent à Bouvines en 1214 ?. Il partit aussi à la Croisade contre les Cathares, aux côtés de Simon de Montfort en 1213. Par mariage, il devint également seigneur de Quévy et à ce titre pair du Hainaut.
  • Gérard 1er de Strépy (ou Allard dit « Gérard ») (v1220/1230- apr.1265), fils du précédent
  • Arnould I de Strépy (1240, Harchies- ?), fils du précédent
  • De ses deux fils, Arnould II de Strépy-Harchies (1265, Harchies – apr1314) hérita d’Harchies, alors que son frère Gérard hérita de Ville, de Pommeroeul, d’Hautrage et d’Audregnies. 
  • Arnould III de Strépy-Harchies ( ?-1339), fils du précédent, devint grand bailli de Hainaut.
  • Jehan  I de Strépy-Harchies (v1310-1355), fils du précédent, également grand bailli de Hainaut et diplomate au service du comte Guillaume II d’Avesnes.
  • Jacques 1er de Strépy-Harchies ( ?- ?). Il n’eut pas d’héritier et vendit la seigneurie de Harchies vers 1440 à Jacques Mouton

Famille des Mouton de Harchies (même liste généalogique)

  • Jacques I Mouton « de Harchies » (V-1497).  Bourgeois de Tournai, déjà titulaire de la seigneurie de Tourcoing, qu’il revendit, il aurait fui le royaume de France et se serait réfugié en Hainaut où il obtint le titre de bailli des bois du Hainaut et s’acheta les seigneuries de Harchies, dont il releva le château de ses ruines, et de Bellignies.
  • Jean Mouton de Harchies, fils du précédent. Il n’eut pas de descendance.
  • Jacques II Mouton de Harchies ( ?- ?), neveu du précédent. Il servit le duc Philippe « le Bon » de Bourgogne, par ailleurs seigneur de Blaton. Il n’eut pas non plus de descendance.
  • Gérard I Mouton de Harchies (v1485- ?), petit-fils de Jacques I par une branche cadette. Seigneur de Harchies et de Bellignies par héritage, il devint encore seigneur de Sars (-la-Bruyère) par mariage.
  • Gérard II Mouton « de Sars »  de Harchies, fils du précédent
  • Charles I Mouton de Harchies ( ?-apr1563), fils du précédent
  • Charles II Mouton de Harchies ( ?-apr1600/1638), fils du précédent. A sa mort, il lui restait deux filles, dont l’une, Marguerite Mouton était dame héritière de Harchies.

    D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Famille de Mérode

Elle est originaire de Rhénanie-Wesphalie en Allemagne, connue dès le XIIème siècle. Avec le temps, elle s’est divisée en plusieurs branches. C’est dans celle des Mérode-Waroux que l’on trouve les propriétaires d’Harchies.

  • Jean I de Mérode ( ?-1630/1635). Comte de Mérode et de Waroux (près de Liège), il devint seigneur de Harchies en épousant Marguerite Mouton de Harchies. Lui succédèrent :
  • Jean II ( ?-1633), fils du précédent, mort sans postérité
  • Ernest de Mérode (v1595-1665/1677), frère du précédent
  • Albert Eugène Joseph de Mérode (v1620-1655), fils du précédent
  • Jérôme  de Mérode (1648-1695, Cadix), fils du précédent, mort sans descendance
  • Adrienne Ernestine de Mérode ( ?-1723), sœur du précédent. Héritière entre autres de Harchies, célibataire et sans enfant, elle légua ses domaines à un membre issu de la branche cadette des Mérode-Westerloo.
  • Jean Philippe Eugène de Mérode (1674-1732). Il était également seigneur de Grandglise.
  • Philippe Maximilien Werner Mathias de Mérode (1729-1773), fils du précédent
  • Guillaume Charles Ghislain de Mérode (1762-1830), fils du précédent. 

En 1794, il perdit tous ses droits seigneuriaux. Il resta propriétaire de certaines terres, où il fit effectuer des sondages à la recherche de houille entre 1804 et 1808. Sans succès.

La Seigneurie de Préau

Il s’agit d’un hameau de 85ha avec étangs, au sud-ouest du village et en grande partie sur Bernissart. Il y existait une chapelle annexée à un manoir seigneurial, alimentée par les dîmes de plusieurs villages voisins. C’était un fief ample tenu du comte du Hainaut qui entrait dans la grande seigneurie de Blaton (voir ce chapitre).

Il fut tenu par plusieurs familles consécutivement :

  • la Maison d’Enghien
  • La maison comtale de Hainaut
  • la maison de Werchin, dont les membres titulaires détenaient le titre de sénéchal de Hainaut
  • la maison de Barbençon
  • la maison de Melun-Epinoy
  • la maison de Ligne
  • celle peu connue d’Amberchies ( ?)

Famille d’Enghien

Arnould 1er d’Enghien (v1227-avt1295), fils de Sohier I d’Enghien, partisan des Avesnes dans la querelle opposant ceux-ci aux Dampierre pour l’attribution des comtés de Flandre et de Hainaut. Il semble que ce soit Jean I d’Avesnes (fils de Bouchard et de la comtesse Marguerite, père du futur comte Jean II d’Avesnes) qui aurait attribué les domaines liés à la grande seigneurie de Blaton à un fils cadet des Enghien. Lui succédèrent :

  • Arnould II d’Enghien ( ?-1315), son fils
  • Arnould III d’Enghien (v1285-avt10/1323), fils du précédent. Il eut une fin de vie malheureuse, car il fut emprisonné pour dettes, semble-t-il. Le comte Guillaume I « le Bon » en 1323 négocia sa libération, probablement en échange de ses seigneuries qui revinrent donc dans le domaine comtal.

Maison comtale de Hainaut

Il est assez difficile de suivre la lignée des seigneurs de Préaux. Il serait logique qu’elle suive celle de Blaton, dont ce hameau est une dépendance. Auraient ainsi été titulaires du Préaux (voir Blaton pour plus de détails):

  • Guillaume I « le Bon » d’Avesnes (1304-1337), comte de Hainaut.
  • Philippe V de Valois, roi de France, son beau-frère
  • Guillaume II d’Avesnes, fils de Guillaume I, futur comte, neveu du précédent
  • Louis I de Nevers (1304-1346), comte de Flandre, gendre de Philippe V. Histoires de famille et surtout d’alliances importantes en ces temps troublés où se prépare la Guerre de Cent Ans entre France et Angleterre.
  • Louis II de Male (1346-1384), fils du précédent et comte de Flandre
  • Philippe I « le Hardi » de Bourgogne (1342-1404), gendre du précédent, duc de Bourgogne et comte de Flandre.

Maison de Werchin

On ne sait pas quand la seigneurie de Préaux fut détachée du grand domaine de Blaton. En tout cas, c’était attesté en 1410. Pour rappel, les Werchin (village au sud de Valenciennes) détenaient par héritage le titre honorifique (mais rémunéré) de sénéchal de Hainaut. En fin de XIVème siècle, ils étaient liés par plusieurs mariages avec les Enghien. Ont pu être seigneurs de Préaux :

  • Jacques II de Werchin ( ?-1383)
  • Jean II de Werchin ( ?-1415), fils du précédent, tué à la bataille d’Azincourt, sans postérité. Ses biens passèrent successivement à sa sœur Jeanne de Werchin ( ?-1442), décédée sans enfant, puis à son autre sœur Philippotte de Werchin.

Maison de Barbençon-Werchin

Philippotte de Werchin épousa en 1399 Jean III de Barbençon-Jeumont (1354-1415), d’une lignée cadette de la famille de Barbençon (près de Beaumont), proche des comtes. Lui-même seigneur de plusieurs domaines, dont Roubaix, Jeumont et Erquelinnes, il hérita par mariage de la seigneurie de Werchin et du titre de sénéchal de Hainaut qu’il transmettra à ses descendants. Au service des ducs de Bourgogne, il fut Grand Bailli de Hainaut et chambellan du duc Jean « sans Peur » de Bourgogne. C’est probablement ce dernier qui l’en fieffa. Leur succédèrent :

  • Jean IV de Barbençon-Jeumont (1402, Verchain-1470), leur fils. Chambellan du duc Philippe « le Bon » de Bourgogne.
  • Jean V de Barbençon ( ?-1472), fils du précédent, resté célibataire
  • Jacques III de Barbençon ( ?-1478), frère du précédent
  • Nicolas de Barbençon-Werchin (v1470-1513), fils du précédent
  • Pierre de Barbençon-Werchin (v1497-1556/1557, Tournai), fils du précédent. Celui-ci n’a que trois filles qui se répartirent l’héritage.

Maison de Melun

Hugues de Melun-Antoing (1520-1553). Prince d’Epinoy, connétable de Flandre au service de Charles-Quint, chevalier de la Toison d’Or, il devint en 1545 par mariage avec Yolande de Barbençon-Werchin (1521-1593) seigneur de Werchin et de Préaux, ainsi que sénéchal de Hainaut.

D’Adrien de Montigny (fin XVIème)

Maison de Ligne

Lamoral I de Ligne (1563-1624) épousa Anne-Marie de Melun ( ?-1634), héritière de Werchin et de Préaux. Aux nombreux titres et domaines déjà tenus par la famille (prince de Ligne et du Saint-Empire, prince d’Amblise, baron de Beloeil, seigneur de Stambruges, Ville et Pommeroeul, Thulin, Montroeul-sur-Haine, Hautrage, …), ce mariage ajouta Werchin et Préaux, ainsi que le titre de sénéchal de Hainaut. Ses successeurs furent :

  • Florent de Ligne (1588-1622), fils du précédent
  • Albert-Henri de Ligne (1615-1641), fils aîné de Florent de Ligne – sans postérité
  • Claude-Lamoral I de Ligne (1618, Beloeil-1679, Madrid), frère du précédent
  • Henri-Louis-Ernest de Ligne (1644-1702), fils du précédent
  • Antoine Jospeh Ghislain (1682-1750), fils du précédent – sans postérité
  • Claude Lamoral II (1685-1766), frère du précédent
  • Charles-Joseph Lamoral de Ligne (1735, Bruxelles – 1814, Vienne), fils de Claude-Lamoral II.  Il fut le dernier seigneur féodal de la Maison de Ligne.

Préaux redevint un hameau, dont les terres appartinrent au XIXème siècle à la famille Flescher.

Evènements importants

Le château de Harchies fut détruit en 1478 par les troupes françaises de Louis XI.

La commune

Les habitants de Harchies auraient obtenu une charte d’échevinage dès 1386.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemapes

Canton: Quevaucamps

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Quevaucamps
  • Entité communale depuis 1977: Bernissart
Economie

Elle est essentiellement agricole, surtout sur les terres plus fertiles du nord du village. 

Exploitation de la houille

Entre 1804 et 1808, des sondages furent effectués à l’initiative du comte de Mérode, sans succès à cause des inondations incessantes du puits. 

Deux puits d’extraction fonctionnèrent plus tard, après avoir dominé ce gros inconvénient par un système de congélation du sol et des pompes à vapeur:

  • Puits n°1, démarré en 1899
  • Puits n°2, en 1900

Le Coron du Charbonnage fut bâti à proximité, avant 1904. Fermeture des deux puits en 1968. Vestige : le puits du coron. Ouverture d’un Musée de la Mine et de la Mémoire ouvrière dans un ancien atelier.

Patrimoine ancien

Château-fort. Ses origines sont peu connues. Il fut rebâti en 1444, puis pris et détruit par Louis XI en 1475. Il fut reconstruit au XVIème par Jacques de Harchies et plus tard par les Mérode. Il fut à nouveau détruit en 1675.

Patrimoine actuel

Eglise Notre-DameLe clocher actuel date de 1762, mais le reste fut reconstruit en 1836. Monument funéraire de Jacques de Harchies

Les marais de HarchiesRéserve naturelle classée.

Bibliographie

La seigneurie de Harchies, par Thierry Harchies (blog), 2005

Blaton

Entité communale de Bernissart

Le territoire

Superficie: 1042 ha. Autrefois, au Moyen Age, le territoire de la commune de Blaton était quatre fois plus étendu (Il était encore de 2319ha en 1833), parce qu’il comprenait des terres de quelques villages avoisinants (Bonsecours, Bernissart, Stambruges).

Altitude: La partie centrale du village (altitude 40m) occupe une vallée encaissée entre deux collines de bruyères, les Grandes Bruyères (55m) et le Mont des Groseilliers (65m).

Situation géographique :  Le territoire de Blaton se situe sur le versant nord de la vallée de la Haine.

Cours d’eau : Cette vallée correspond au cours du Ruisseau de la Fontaine Bouillante. Celui-ci prend sa source à Stambruges, traverse Grandglise, puis Blaton où il est en partie voûté et laisse aller une partie de ses eaux dans le canal Blaton-Ath, avant de poursuivre sa course à travers Bernissart et former le Courant Macou qui se termine dans la Haine à Condé à son confluent avec l’Escaut.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé sur le versant

Nature du sol : sablonneux

Nature du sous-sol : grès, pierre calcaire

Préhistoire

Lors de pérégrinations prospectives, Fr. André et S. Parent, ont dans les dernières décennies pu récolter du matériel préhistorique datant de différentes périodes, sur différents sites (« Petite Bruyère », « Grande Bruyère », « Mont du Crapaud », « Mont des Groseilliers ») :

  • Du paléolithique moyen (culture lithique moustérienne)
  • Du paléolithique supérieur
  • Du mésolithique
  • Du néolithique moyen
  • De l’âge du bronze

Essentiellement des outils de silex taillé : des burins, des fragments de haches polies, des grattoirs, des perçoirs, des pointes de flèches), ainsi que de la céramique grossière

Antiquité gallo-romaine

L’historien Jacques de Guyse (XIVème siècle) évoque la présence de deux temples romains sur le territoire de Blaton : le Fanum Mercurii, à proximité du Mont Brutus (Bonsecours ?) et Ablatonas, à proximité du « Haut-Bois ». Jules César, avant de mater la révolte des Eburons, aurait, selon lui, placé ses cohortes à Blaton et à Chièvres. Ces affirmations proviennent en fait d’interprétations des textes des Commentaires de Jules César et n’ont jamais reçu la moindre confirmation archéologique ni historique.

Une chaussée romaine, reliant Bavay à  Blicquy et la mer du Nord, passait à proximité sur l’actuel territoire de Grandglise. Certains évoquent des chaussées secondaires, dont une passerait au lieu-dit « Malot ». Il est possible que le vallon dans lequel apparut plus tard le village ait servi de point de passage entre la vallée de la Haine et d’autres vallées plus au nord et notamment vers Tournai, seule ville proche d’époque romaine, située au croisement d’une autre chaussée importante (Boulogne-Bavay-Cologne) et de l’Escaut. On aurait découvert à Antoing en 1867 des éléments ayant appartenu à cette chaussée secondaire.

On a découvert sur le territoire de Blaton des vestiges d’époque gallo-romaine.

  • Des substructions d’habitat sur le Mont des Groseilliers, parfois interprétées comme ayant appartenu à un castrum
  • Des substructions aussi là où la rue de Condé fut interrompue par le creusement du canal Pommeroeul-Antoing, au XIXème siècle). On y a évoqué une villa gallo-romaine nommée « Cerania ».
  • Au lieu-dit « Mury-Marais » (vers Basècles) : une nécropole gallo-romaine
  • En divers endroits du village et sur le « Haut-Bois » furent ramassées de nombreuses pièces de monnaie, s’étalant dans le temps entre la deuxième moitié du Ier siècle au début du IVème siècle (Néron, Faustine, Postumus, Gallien, Probus, Gallus et Constantin)
  • En 1857, dans la carrière « Duchâteau-Bougny » furent récoltés de nombreux objets : fioles en verre, bols, bouteilles, médailles, céramique dont de la sigillée importée
  • On a évoqué des fours à chaux de cette époque près du chemin de Condé
  • Une petite statuette en bronze d’une « Eve » (femme dénudée avec une pomme) fut ramassée par S. Parent en 1985.

Un habitat d’une certaine importance (probable villa) exista donc pendant une bonne partie de la période gallo-romaine.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Une communauté franque habita sur le sol de Blaton. En témoignent :

  • Une mention dans un acte daté de 652 (nous n’avons pas connaissance du contenu de celui-ci)
  • Une nécropole mérovingienne fouillée au Mont St-Antoine (1937, 1965-1966, 2008), où furent retrouvés des dépôts funéraires : 50 tombes avec armes, poteries et parures (VIIème)
  • Des objets divers de cette époque ramassés en divers endroits : des vases encens sous l’église de Blaton, une céramique médiévale au « Coron Courtil », des bracelets, urnes, fusaïole, scramasaxe

On ne peut pas affirmer une continuité entre l’habitat romain et l’habitat mérovingien. A cette époque, Blaton était situé à proximité d’axes reliant quelques grands centres reconnus à l’époque, outre ceux évoqués à l’époque romaine :

  • Condé-Chièvres
  • Mons et Saint-Ghislain – Tournai

Dans un paragraphe plus bas, nous rapportons quelques évènements qui se seraient passés à Blaton, selon l’historien Jacques de Guyse (XIVème siècle) qui rapportait des textes plus anciens aujourd’hui disparus. Ces événements, s’ils s’avèrent exacts, signifieraient qu’il exista à Blaton une résidence appartenant aux rois mérovingiens (fisc royal) ou à une famille aristocratique proche de ceux-ci (on y évoque Sainte Aye, deuxième abbesse de Mons et parente de Sainte Waudru).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 652

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Ablaton, 652 (ACSS  Belgii)
  • Ablatonae, 880 (d’après de Guyse)
  • Via Platonis, 1040, première mention officielle dans un diplôme de l’empereur Henri III (« P » en place de « B »).
  • Blaton, chartes de 1139, 1143, 1155, 1175, 1184, 1212
  • Balto
  • Blatum, 1140, 1177, 1180 (bulle du pape Lucius III)
  • Blathum, 1151, 1157, 1183, 1186 (bulle du pape Urbain III)
  • Blathon (1175)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • Ablatonas, nom gallo-romain à suffixe celtique, provenant de Ablatum signifiant « détruit, renversé », destructions pouvant être attribuées à Jules César ou aux Barbares…
  • Blato-duno, contracté en Blattuno – le radical signifierait « fleur »
  • Baldum, blé, fleur de farine
  • Ablatonis (latin) transformé ensuite en Ablatonas (= cabanes).
  • Ablato pouvant être un nom propre (selon Chotin), celui d’un ancien seigneur du lieu

Epoque de son apparition: Par rapport à ces habitats d’époque mérovingienne, il est difficile de placer la période où une communauté villageoise s’est concentrée sur le territoire.

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine à Grandglise, les chemins médiévaux évoqués lus haut

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau de la Fontaine Bouillante

source de bois: le versant de la vallée était boisé (forêt de Bonsecours à Saint-Denis-en-Broqueroye)

proximité d’un lieu de pouvoir: château local

Paroisse dédiée à tous les Saints

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres jusqu’en 1803, Péruwelz jusqu’en 1968, puis Beloeil

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1138 par Nicolas de Chièvres, évêque de Cambrai. Blaton est ensuite cité dans plusieurs actes papaux confirmant cette possession : Innocent II (1139), Lucius III (1183), Urbain III (1186), Célestin III (1191), Innocent IV (1252, après une contestation de Jacques de Condé).

En 1701, les abbés de St-Ghislain abandonnèrent la dîme et l’obligation d’entretenir le lieu.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): châtellenie d’Ath

Le village, implanté au nord de la Haine, a pu faire partie à l’origine du Pagus de Brabant (Burbant, comté de Chièvres). Il semble que lorsque l’empereur Othon créa la marche de Valenciennes, Blaton y était incorporée, avant d’être réunie vers 1050 au comté de Hainaut.

Seigneuries

Le village, comme dit plus haut, beaucoup plus étendu qu’aujourd’hui, fut le siège d’une seigneurie importante qui faisait partie des six pairies de Valenciennes. Cela signifie que ses titulaires faisaient partie de l’entourage des comtes. A de nombreuses époques, ce furent les comtes eux-mêmes.

Outre le territoire de Blaton, son seigneur exerçait ses droits féodaux sur d’autres villages :

  • Une partie de Bernissart (jusqu’en 1601)
  • Grandglise (jusqu’en 1545)
  • Quevaucamps (id)
  • Wadelincourt (de 1381 à 1545)
  • Feignies, près de Maubeuge (id)
  • Le hameau de Préaux
  • Stambruges (qui serait passé aux Condé, puis aux Ligne)
  • Dosies
  • Le Maisnil (France)

Le chroniqueur Jacques de Guyse, d’après les traditions fabuleuses, fit de cette commune une ville qui disputait le premier rang à Cambrai.

Les seigneurs de Blaton

Les premiers seigneurs mentionnés sont tardifs, ce qui laisserait penser que les territoires évoqués plus haut faisaient partie d’un grand domaine que les comtes de Hainaut possédaient en propre et où ils exerçaient directement leurs droits féodaux. Une résidence, peut-être fortifiée, y accueillit à l’époque de la comtesse Richilde au XIème siècle, des hôtes importants.

Il semble que ce soit à partir du milieu du XIIème siècle qu’ils les donnèrent en fief à des familles qui s’y succédèrent, tout en se réservant le droit de se les réapproprier, si l’on s’en tient à la liste des seigneurs qui se succédèrent. 

Maison de Caudry

Ce sont les premiers seigneurs de Blaton. Caudry était une seigneurie du Cambrésis. On est assez mal documenté sur cette famille qui devait être proche du pouvoir comtal. Sans doute pour services rendus à celui-ci, obtinrent-ils le grand fief de Blaton. Le moine Pierre d’Oultreman, dans son Histoire de Valenciennes, en 1688, cite quelques seigneurs de Caudry sans préciser lequel pourrait avoir été le premier à posséder Blaton et ses dépendances.

Il semble que ce soit Arnould de Caudry « de Blaton ». Cité en 1143, soit à l’époque où le comte Baudouin IV « le Bâtisseur » organisait militairement et économiquement son comté en y faisant construire des fortifications et en créant des villes nouvelles. Il était pair de Valenciennes. Le premier château lui semble dû, construit à proximité de l’église actuelle. Cette installation pourrait donc s’inscrire dans la politique comtale de défense du comté, d’autant plus que nous sommes ici assez près de l’Escaut, au-delà duquel se trouvait le comté de Flandre, vassal du roi de France, considéré alors comme ennemi. Sont également cités dans les décennies qui suivirent :

  • Nicolas de Caudry, cité en 1137, 1154, 1160 et 1184 dans des actes d’asservissement.
  • Adam de Caudry (1207)

En l’absence des seigneurs, un bailli les remplaçait.

Maison de Hainaut

Lorsque le comte Baudouin VI/IX de Hainaut et de Flandre partit pour la quatrième croisade, où il fut élu empereur de Constantinople et où il laissa la vie en 1205, il nomma son frère, Philippe le Noble (1175, Valenciennes-1212), comte-marquis de Namur (1195-1212), comme régent du comté et tuteur des deux jeunes filles du comte, les futures Jeanne et Marguerite « de Constantinople ».

C’est un personnage assez troublant. Selon d’Oultreman, historien de Valenciennes, il se serait emparé du château et de la seigneurie de Blaton en 1203 et en aurait chassé les Caudry. Il résida souvent au château de Blaton. Il épousa en 1210 à Valenciennes la fille du roi de France Philippe-Auguste (suzerain de la Flandre). Il laissa à celui-ci la tutelle des deux filles. Il semble qu’il ait eu beaucoup de péchés à se faire pardonner, puisque, tombé malade en 1212, il fit de grandes pénitences et donna beaucoup de ses biens, avant de se retirer dans le château comtal de Valenciennes où il mourut peu de temps après. 

Il n’avait pas, à son décès, d’héritier. Sa sœur, Yolande de Hainaut, qui avait épousé Philippe de Courtenay, hérita du marquisat de Namur. Quant à la seigneurie de Blaton, elle retourna probablement dans les possessions des comtes de Hainaut.

Maison d’Enghien

On ne sait pas très bien quand, une des comtesses, Jeanne ou Marguerite, à moins que ce ne fût le premier fils de cette dernière, Jean I d’Avesnes, usurpant alors ses droits en ces temps troublés de luttes entre les Avesnes et les Dampierre, donna en fief Blaton et ses dépendances à la famille d’Enghien.

En 1254, lorsque Marguerite, en guerre contre les Avesnes, chercha à donner son comté de Hainaut à Charles d’Anjou (frère du roi de France Louis IX), Sohier I d’Enghien (v1205-1261) lui refusa l’hommage. Sohier était lié familialement à Jean I d’Avesnes. C’est une explication, pas une certitude. A son décès, Sohier partagea ses domaines. C’est ainsi qu’un des fils cadets, Arnould I d’Enghien (v1227-avt1295), devint seigneur de Blaton et de ses dépendances. Lui et ses descendants servirent les Avesnes. Lui succédèrent :

  • Arnould II ( ?-1315),  fils du précédent
  • Arnould III (v1285-1323), fils du précédent. Pour des problèmes de dette, il s’est vu enfermer par Amauri de Melun. Le comte de Hainaut négocia sa libération.  Il décéda sans postérité masculine en 1323 ou 1324. Ses possessions revinrent à la famille comtale, selon un acte signé par Gérard de Liedekerke et Marguerite de Cantaing, mère du décédé. 

Maison de Hainaut (1324-1333)

  • Guillaume I « le Bon » d’Avesnes (1304-1337) était alors comte de Hainaut. Il céda la seigneurie de Blaton à son beau-frère, Philippe V de Valois, roi de France. Celui-ci le rétrocéda en 1328 à son neveu, Guillaume II d’Avesnes, le fils de Guillaume I et futur comte.
  • En 1333, ce même Guillaume II rendit le fief à son père, Guillaume I. Et dans le même acte, celui-ci le repassa au comte de Flandre, Louis I de Nevers (1304-1346) gendre de Philippe V.

Histoires de famille et surtout d’alliances importantes en ces temps troublés où se prépare la Guerre de Cent Ans entre France et Angleterre.

Maison de Flandre (1333-1545), puis de Bourgogne et d’Autriche

Les comtes de Flandre furent un temps vassaux des comtes de Hainaut pour ce fief de Blaton. Ce qui donna lieu à des contestations. Après la mort de Louis de Nevers en 1346, la comtesse Marguerite, qui avait hérité de son frère Guillaume II le comté de Hainaut et épousé Louis de Bavière, saisit la seigneurie de Blaton. Mais elle fit des propositions à Louis II de Male (1346-1384) nouveau comte de Flandre, qui récupéra le bien de son père.

Les mariages qui vont suivre vont faire passer le comté de Flandre dans un premier temps et le comté de Hainaut dans un second temps dans le giron des ducs de Bourgogne d’abord, puis des archiducs d’Autriche ensuite. Furent donc considérés comme comtes de Flandre et seigneurs de Blaton :

  • Philippe I « le Hardi » de Bourgogne (1342-1404), dès 1369, par mariage avec Marguerite de Male, héritière de Flandre.
  • Jean I « sans Peur » de Bourgogne (1371-1419), dès 1405
  • Philippe II « le Bon » de Bourgogne (1396-1467), dès 1419. Ce dernier devint aussi comte de Hainaut en 1433.
  • Charles I « le Téméraire » de Bourgogne (1433-1477), dès 1467
  • Marie de Bourgogne (1457-1482) qui a épousé Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche (1459-), dès 1477.

Divers personnages

En récompense pour services rendus aux archiducs Maximilien, Philippe « le Beau » et Charles-Quint, la seigneurie de Blaton fut confiée à de fidèles serviteurs.

  • En 1480 à Jean de Salazar, conseiller des ducs de Bourgogne, avant son retour en Espagne, en récompense de services rendus à Maximilien et Marie. 
  • En 1497 à Philippe de Bourgogne (v1450-1498, Bruges), fils d’Antoine, bâtard de Bourgogne, et donc petit-fils de Philippe le Bon. Amiral de Flandre, gouverneur d’Artois Seigneur également de La Roche, de Beveren et de la Veere. Chevalier de la Toison d’Or. Et enfin évêque d’Utrecht en 1510, raison pour laquelle il remit Blaton à son suzerain.
  • En 1510 à Jean de la Croix, receveur-fermier des terres et seigneuries de Blaton. Ce qui fut approuvé en 1516 par Maximilien d’Autriche.
  • En 1515 à Charles de Lannoy (1482-1527), seigneur de Senzeilles, officier de Charles Quint. On lui attribue la capture du roi François I de France à la bataille de Pavie en 1524. A sa mort en 1527, la seigneurie de Blaton revint dans les propriétés du souverain régnant.

Maison d’Espagne

En 1527, Charles Quint (1500-1558) était souverain des Pays-Bas, archiduc d’Autriche, roi d’Espagne, empereur de Germanie et… seigneur de Blaton (et de bien d’autres lieux !). Ce souverain décida alors de partager le grand domaine de Blaton.

En 1545, il donna à Philippe de Croÿ, duc d’Aerschot, et à son fils aîné Charles, prince de Chimay : Quevaucamps, Granglise, Feignies et Wadelincourt, pour être tenues en un seul fief, sous le nom de « seigneurie de Quevaucamps », à relever du comte de Hainaut, en échange de Landrecies, où l’empereur comptait améliorer les fortifications aux frontières du royaume de France, avec qui il était en guerre. 

Le reste du territoire, soit Blaton, le hameau de Préaux et une partie de Bernissart, constitua un fief nettement plus petit et probablement de moindres revenus. Continuèrent à le gérer :

  • Philippe II d’Espagne (1527-1598), à partie de l’abdication de son père Charles-Quint en 1555
  • Les archiducs Isabelle d’Espagne (1566-1633) et son époux  Albert d’Autriche (1559-1621) en tant que gouverneurs des Pays-Bas espagnols à partir de 1598.

Personnages divers

  • En 1627, Isabelle d’Espagne, devenue veuve, vendit la seigneurie de Blaton à Don Carlos Colonna, diplomate au service de son frère, le roi Philippe III d’Espagne. Puis par ventes successives, le domaine passa à :
  • Albert de Mérode (v1620-1655), dès 1644. Comte de Mérode, Waroux et baron d’Harchies.
  • Jérôme Albert de Mérode (1648-1695), fils du précédent. Militaire au service du roi d’Espagne, il vendit à son tour Blaton en 1682 à des membres de la famille La Cattoire, soit :
  • Ghislain François de la Catoire ( ?- ?), cité comme seigneur de Blaton
  • Jean-Henry-François de la Catoire (1688-1750), frère ou neveu du précédent. Ecuyer, seigneur de Blaton et d’autres lieux (Rameignies). Il épousa en 1722 à Blaton Anne Hoyois (1699-1752), dont il eut plusieurs enfants. Il est probable qu’à la mort de leur mère, ils aient revendu le domaine.
  • On mentionne aussi un Joseph de la Cattoire, cité en 1728 comme écuyer et seigneur de Blaton.

Maison de Croÿ

En 1718, Alexandre de Croÿ acheta déjà le Haut-Bois.

Blaton (partie belge du domaine qui s’étendait aussi en France dans le bois de Bonsecours) fut acheté en 1752 par Anne Emmanuel de Croÿ (1718-1784), duc de Croÿ, prince de Solre, également seigneur de Condé et de Bernissart et officier au service des rois de France. 

Il transmit son héritage à son fils Anne Emmanuel Ferdinand François de Croÿ (1743-1803). C’était un grand chasseur qui aimait séjourner à Blaton et chasser le sanglier dans la forêt de Bonsecours. C’est lui qui fit tracer « l’Allée Royale » dans cette forêt, depuis le Mont des Groseillers jusqu’au château de l’Hermitage à Condé.

Il fut le dernier seigneur féodal de Blaton.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Péruwelz
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Tournai
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Péruwelz
  • Entité communale depuis 1977: Bernissart
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Selon de Guyse (historien du XIVème siècle, qui ne pratiquait pas la critique historique sur les écrits antérieurs à son époque,  y compris les récits légendaires) :

628         Assassinat de Brumulphe, neveu de sainte Aye, deuxième abbesse de Mons, par des généraux de Dagobert.

673         Assassinat du maire du palais Ebroïn par un rival.

885         Sac et pillage d’un castrum en 885 par les Vikings.

Ces évènements signifieraient que Blaton était le siège d’un palais mérovingien d’une certaine importance en Neustrie, peut-être sur un domaine fiscal (royal).

1048      Séjour de la suite du pape Léon IX et de la comtesse Richilde à Condé et Blaton. C’est sans doute vraisemblable et cela tendrait à prouver qu’il existait dès cette époque une résidence comtale sur un domaine appartenant aux comtes.

1072      Attaque du village de Blaton (et sans doute de la résidence comtale) par Robert le Frison, en guerre contre la comtesse Richilde. 

1096      Les prédicateurs de la première croisade furent de passage à Blaton. 

1184      Le comte Baudouin V, en guerre contre le duc de Brabant, plaça une garnison au château de Blaton. 

1186      Une grosse tempête endommagea fortement l’église et des habitations.

V1300   Mariage de Marie d’Enghien, fille du seigneur Arnould II d’Enghien, dame de l’Escaille, avec Robert le Borgne, seigneur de Robersart, tué en 1328 à Cassel.

1348      La grande peste passa et laissa à Blaton comme dans toute l’Europe un nombre impressionnant de victimes.

1402      Un incendie ravageur brûla presque toutes les maisons du village.

1422      Passage des garnisons de Guise, venant de Bavay et pillant Blaton, tout en laissant 80 morts dans la population (épisode dans la Guerre de Cent Ans).

1478      Occupation de Blaton par les troupes de Louis XI, en guerre contre Marie de Bourgogne. Elles  dévastèrent toute la région en pillant les châteaux de Ville, Harchies, Stambruges, Bernissart et Blaton.

1576      Une épidémie mystérieuse fit 140 morts dans le village.

De 1579 à 1584, toute la région fut livrée aux belligérants des guerres de religion : huguenots des républiques calvinistes de Tournai et d’Audenarde, troupes espagnoles et wallonnes, mercenaires allemands. En 1580, les Tournaisiens pillèrent les villages de Péruwelz, Blaton et environs. Période difficile pour les paysans incapables de cultiver leurs champs. Des incendies ravagèrent le château, l’église et de nombreuses maisons. 

1625      De grosses inondations, suite à des pluies torrentielles, eurent lieu. 

1792      Le 23 octobre, une garnison autrichienne, établie à Blaton, repoussa une avant-garde des troupes françaises du général Demouriez. Ces dernières venaient de l’Hermitage et s’avançaient dans l’Allée Royale vers Blaton. Des renforts autrichiens stoppèrent encore ces avancées pendant trois jours, avant de décrocher et de laisser les soldats français s’installer à Blaton et obliger la population à les loger et les nourrir. Ils prirent ensuite la direction de Jemappes, malgré quelques escarmouches locales avec des régiments wallons.

Par la suite, plusieurs habitants de Blaton s’illustrèrent dans les armées wallonnes, puis napoléoniennes.

1798      Le curé Debay refusa de prêter serment à la République Française et se fit confisquer sa cure. Il dut se cacher dans le village. Les biens ecclésiastiques furent vendus comme biens publics ou confisqués.

1914      Fin août, on vit des uhlans allemands à cheval investir le village et se livrer au pillage. L’occupation qui suivit vit son lot de réquisitions et de déportations. Un camp de prisonniers fut aménagé. Un autre camp d’exercices le fut aussi pour les soldats allemands à la Grande Bruyère.

1918      Lorsque les Allemands se retirèrent, ils se livrèrent à des destructions (moulin de la Petite Bruyère, minage de ponts). Blaton fut libérée le 9 novembre par des Anglais.

1940      Le 13 mai, les environs de la gare furent bombardés. La population évacua vers la France. Des soldats français qui reculaient se livrèrent aussi à quelques pillages, avant l’arrivée des Allemands. L’occupation connut comme ailleurs ses déportations, réquisitions, ravitaillements, des faits de résistance et des sabotages.

1944      Le maïeur collaborateur fut assassiné en juillet. Le 4 septembre, les troupes américaines délivraient le territoire. 

En 1984, Bernissart et Feignies jumelèrent.

Economie

Longtemps, l’agriculture fut l’activité principale des villageois (cultures des céréales, du  houblon au XVIIème siècle, des plantes médicinales).

Du sous-sol, on a extrait le grès (« pierre de sable »), depuis au moins le XVIIIème siècle, pour la construction de routes, de maisons et de murs de clôture en pierre sèche.

Au XIXème siècle, on trouvait à Blaton :

  • Des fours à chaux (déjà cités en 1777)
  • Des fours à coke, reliés au charbonnage de Bernissart
  • Une fabrique de tuyaux et de pannes
  • Des usines textiles et bonneteries
  • Un moulin à scier le marbre en 1833.

Le sous-sol de Blaton fut aussi exploité par les charbonnages de Bernissart.

Voies de communication

Longtemps Blaton dépendit des vieilles routes citées plus haut. 

Des canaux furent creusés :

  • Antoing-Pommeroeul, 1826, pour contourner les taxes douanières imposées par les Français après 1815 sur le canal de Mons-Condé, indispensable à l’exportation du charbon borain.
  • Blaton-Ath (vers la Dendre canalisée), 1868
  • Nimy-Blaton-Péronnes, 1951-1955

Le chemin de fer reliait Mons à Tournai et à Ath. Des gares furent construites en 1865 et 1883, et réaménagées en 1960.

La route de Quevaucamps fut pavée en 1886.

Blaton fut desservie par une autoroute en 1971-1973.

Patrimoine

Restes d’un ancien châteauIl fut érigé probablement au XI ou XIIème siècle, peut-être sur une ancienne résidence fortifiée plus ancienne. Il se trouvait sur un terrain proche de l’ancienne maison communale. Il fut restauré entre 1394 et 1402, puis encore en 1433. Il fut pillé en 1579 par les huguenots et incendié avec le village en 1582. Il disparut avant la Révolution. Il fut remplacé par la maison communale en 1740 et par des habitations.

Eglise de tous les Saints. Une des plus anciennes du Hainaut, construite à la fin du XIème-début XIIème siècle, époque des premiers seigneurs et de la naissance du bourg, pour remplacer un ancien oratoire devenu trop petit. Elle est en style roman scaldien et gothique précoce. On y a utilisé les moellons de grès local et de Grandglise. Son plan est en croix latine à trois nefs de six travées. Il persiste des éléments romans primitifs: voûte sous le clocher, le transept avec voûte en berceau. Le reste est couvert d’une charpente en bois. La nef comporte des arcs brisés annonçant la transition roman-gothique. On y trouve des chapiteaux “tournaisiens” à feuilles stylisées (palmes, coeur). Le choeur, autrefois gothique, fut restauré en néo-roman et agrandi en 1872-1876. La tour carrée de la croisée, assez élancée pour un édifice roman, date du XIIIème siècle et fut surélevée aux XV-XVIème. On y ajouta une flèche et un bulbe au XVIIème. D’autres restaurations eurent lieu au XXème siècle. La dernière, effectuée en 1953-63, lui a rendu ses lignes originales à la nef centrale et au transept. Décoration intérieure:

  •  des niches gothiques (1490) avec statues St Pierre et St Paul
  •  Crucifix en bois XVIème
  •  diverses statues, dont St Christophe et St Roch, en bois polychrome, XVIIème
  •  reliquaire de St Fortunat, 1732

Chapelle de la Grande Bruyère

Maison communale (ancienne). Elle fut construite en 1740 ou 1773. Elle fut restaurée en 1873 et 1930.

Un hôpital a existé à Blaton, cité en 1593.

Ainsi qu’une léproserie.

 Bibliographie

Blaton, son histoire, …, Louis Sarot, Syndicat d’initiative

Bernissart

Entité communale de Bernissart

Le territoire

Superficie: 546 ha

Altitude: de 20 m à 70 m

Situation géographique : le territoire de Bernissart est situé dans la plaine de la vallée de la Haine, à proximité de l’embouchure de celle-ci dans l’Escaut. Il monte légèrement en pente vers le nord.

Cours d’eau : la Haine, les ruisseaux de la Fontaine Madame, de la Fontaine Bouillante, du Fraity, de la Marnière, et les courants de drainage

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux, prairies humides, bosquets de peupliers, saules. Le versant était boisé.

Nature du sol : alluvionnaire, sablonneux

Nature du sous-sol : grès, houille

Préhistoire

Le village est avant tout réputé pour la découverte de squelettes fossiles d’iguanodons (iguanodon Bernissartensis) en 1878 par les mineurs de la fosse Sainte-Barbe à 322m de profondeur. 

Trente squelettes complets vieux de 125 millions d’années. (http://bernissart.fpms.ac.be/histoire.htm.Ils mesuraient 5m de haut et 10 mètres de long. Ils datent du Crétacé (ère secondaire), période où la région ressemblait à un vaste marécage tropical avant de s’effondrer et d’emprisonner sous forme de fossiles et de charbon tous les éléments vivants qui se trouvaient en surface. On y a également retrouvé les fossiles de 2000 autres spécimens d’animaux variés.

Des archéologues au XXème siècle ont ramassé des indices de présence humaine lors de la préhistoire :

  • Lieux-dits « Le Catignier », « Au-dessus du Rieu » et « Vieille voie » (vers Harchies). Nombreux artefacts en silex (1982-1999, S. Parent). 
    • Certains éclats et nucleus pourraient dater du paléolithique
    • Une pièce en silex du mésolithique (maglemosien) ou néolithique ancien et une hache-marteau en bois de cerf
    • Néolithique : hache polie en silex de type Spiennes, herminette de silex polie, éclats, armature de flèche, grattoirs
  • Autres endroits non précisés
    • Fragment de hachette polie en grès (1994, J. Dufrasnes) du néolithique final
    • Pointes de flèches, couteau (2000, id)

Age du bronze 

Des vases et des objets en bronze (dont un rasoir) furent découverts (site?)

Ages du fer

De la période Hallstatt (premier âge du fer): des débris de céramique et un rasoir de bronze.

De la fin de la période de La Tène: une monnaie nervienne (rameau type C)

Antiquité gallo-romaine

Le territoire de Bernissart est situé à peu de distance de la chaussée Bavay-Blicquy-Flandre, pas très loin non plus du vicus portuaire d’Hensies-Pommeroeul.

Un site gallo-romain (1995/1998, J. Dufrasnes) a été découvert au sein d’une plaine marécageuse « Marais ». Des vestiges d’une petite construction (tuiles, imbrices) ont été trouvés à proximité du ruisseau Le Grand Courant. On a aussi ramassé en divers endroits:

  • Des tessons de céramique commune, un vase gallo-romain découvert dans un champ au nord-est de la chapelle Saint-Roch (2015)
  • Un sesterce de l’époque des Antonins (IIème siècle)
  • Un trésor monétaire du IIIème siècle (époque de l’empereur Gordien).
  • Des fragments de meules.

Il est assez difficile sur ces quelques éléments d’apprécier la nature de l’habitat, sans doute une exploitation agricole gallo-romaine.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

On a découvert un fragment de fibule mérovingienne (2004, J. Dufrasnes) à 400m de la voie romaine Bavay-Blicquy (VII-VIIIème siècle) et une autre d’époque carolingienne. Pas d’autre trace d’occupation humaine.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1247  (sans doute plus tardive que la fondation de la communauté villageoise).

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Bernesart
  • Bernifsart

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

Nous n’avons pas d’indication sur la signification du nom :

  • Berni-  = ?
  • -sart = endroit défriché

Epoque de son apparition: entre le XIème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine qui passe à Harchies, des chemins médiévaux vers Condé et Valenciennes.

sources d’eau ou cours d’eau: la rivière et les rus

source de bois: le versant boisé

proximité d’un lieu de pouvoir: le château seigneurial

Paroisse dédiée à Notre-Dame, attestée entre 1191 et 1254

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné:  Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain. Entre 1701 et 1735, cette abbaye fut condamnée pour avoir refusé de réparer l’église et tenté de renoncer à la dîme.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Les seigneuries

Le territoire de l’actuel village était partagé en trois seigneuries.

  • Une partie était incluse dans le grand domaine de Blaton et fut régie par les seigneurs successifs de celui-ci (voir chapitre Blaton).
  • Une autre, située au centre et au sud du village, était la seigneurie de Bernisssart (infra). Elle eut un château, construit au XIIIème siècle.
  • Quant à la seigneurie du Préau, décrite dans le chapitre d’Harchies, elle était située à la frontière des deux territoires.

La seigneurie de Bernissart

S’y sont succédé les familles suivantes :

  • Auberchicourt (XIII-1406)
  • Silly-Risoir (1406-1464)
  • De Failly (1464-1634)
  • Millendonck (1634-1716)
  • De Croÿ (1716-1791)

Famille d’Auberchicourt

Il s’agit d’un village situé entre Valenciennes et Douai, autrefois faisant partie du petit comté d’Ostrevent, qui fut rattaché au comté de Hainaut en 1163. Leur généalogie est assez difficile à reconstituer, surtout quand il s’agit d’attribuer à leurs titulaires la petite seigneurie de Bernissart.

Le premier seigneur cité est Jean d’Ostrevent (v1039, Auberchicourt- ?). Il était le fils cadet d’Anselme II de Ribemont, comte d’Ostrevent, qui possédait un domaine à Auberchicourt et qui était un fidèle compagnon de la comtesse Richilde de Hainaut et de son fils Baudouin II, avec qui il partit pour la première croisade où il mourut. Il est plausible que Richilde ou Baudouin II ait détaché une partie du village de Bernissart de leur grand domaine de Blaton pour être donnée en fief à un fidèle. Jean d’Ostrevent prit le nom d’Auberchicourt qu’il transmit à sa descendance. Il est cité comme seigneur d’Auberchicourt, de Bernissart et d’Hordaing. Il était l’oncle d’Etienne de Denain qui épousa Rose de Mons, dame de Hainin, et fut à l’origine de la famille de Haynin.

Sont cités alors quelques personnages de la famille, sans que l’on soit certain qu’ils furent seigneurs de Bernissart :

  • Jean de Bernissart (v1056- ?), fils de Jean ci-avant
  • Régnier d’Auberchicourt
  • Gauthier I de Douai (1080/1090-1158/1165), fils de Régnier. Châtelain de Douai. Attesté seigneur d’Auberchicourt, mais pas de Bernissart. 
  • Gauthier II d’Auberchicourt (1129/1139, Auberchicourt – 1209), fils du précédent. Lui et les suivants sont attestés seigneur d’Auberchicourt et de Bernissart.
  • Gauthier III d’Auberchicourt (1164, Auberchicourt – 1228), fils du précédent
  • Baudouin I « le borgne » d’Auberchicourt (1188, Douai – 1239), fils du précédent
  • Baudouin II d’Auberchicourt «de Douai » (1195/1215, Auberchicourt-1289), fils du précédent
  • Baudouin III d’Auberchicourt (1240/1245-1302), fils du précédent, tué à la bataille des Eperons d’or, au service du roi de France
  • Baudouin IV d’Auberchicourt « de Douai » « le Jeune » «  le Borgne » (1270/1280, Auberchicourt – 1326)
  • Baudouin V d’Auberchicourt « de Douai » (v1315-1381). 
  • Ce dernier seigneur eut trois filles, dont Marie d’Auberchicourt (1340-1401), héritière de Bernissart et du Risoir (château près d’Enghien). Elle eut une relation libre avec Philippe de Bourgogne « le Hardi » (1341-1404), fils du roi de France Jean II le Bon, duc de Bourgogne par apanage et devenu en 1369 comte de Flandre et… seigneur de Blaton.
  • Ce serait leur fils illégitime, Henri de Bougogne « du Risoir » (1360-1409) qui aurait hérité de la seigneurie de Bernissart, qu’il vendit en 1401.

Famille de Failly

C’était une famille montoise au service des comtes.

Jean « Husson » ou « de Mons » de Failly (v1360- ?, Bernissart). Chevalier, capitaine au château de Mons, compagnon d’armes du comte Guillaume IV de Bavière, il fut fieffé par ce dernier des terres de Failly (Fayt-lez-Manage) et de Bernissart. Certains prétendent qu’il serait un frère naturel du comte.

Lui succédèrent :

  • Jean I de Failly (v1385, Bernissart-), son fils
  • Michel de Failly (v1415, Bernissart- ?), fils du précédent
  • Guillaume de Failly (v1440- ?), fils du précédent
  • Jean II de Failly (1467, Bernissart- ?), fils du précédent
  • Jean III de Failly ( ?- ?), fils du précédent
  • Charles de Failly ( ?- ?), fils du précédent. Il acheta le village de Quevaucamps
  • Jean IV de Failly (1584, Bernissart-1633), fils du précédent
  • Jacques de Failly ( ?- ?), fils du précédent. Il lègua Bernissart à sa fille Marie de Failly.

Famille de Millendonck

Claude-Herman de Millendonck (1613-1658). Comte de Millendonck, seigneur de plusieurs villages, il le devint aussi pour celui de Bernissart en épousant en 1635 Marie de Failly

Louis-Herman de Millendonck (1642, Bernissart-1693), fils des précédents. Il n’eut qu’une fille, Marie Marguerite.

Maison de Croÿ-Solre

Philippe-Alexandre-Emmanuel de Croÿ (1676-1723). Il était prince de Croÿ et de Solre-le-Château, marquis du Quesnoy et seigneur de plusieurs domaines, dont Condé. Il le devint pour Bernissart en épousant Marie Marguerite Louise de Millendonck (1681-1768)

Leur succédèrent :

  • Anne-Emmanuel de Croÿ (1718-1784), leur fils. Celui-ci, à ses titres et domaines, ajouta Blaton qu’il acheta en 1752. Il était donc seigneur de Condé, Blaton et Bernissart.
  • Anne-Emmanuel-Ferdinand-François de Croÿ « Prince de Croÿ » (1743-1803), fils du précédent. Il fut le dernier seigneur féodal de Bernissart.

    Carte de Ferraris (XVIIIème)
La commune

Les habitants de Bernissart, s’ils dépendaient selon l’endroit où ils résidaient d’une des deux seigneuries, avaient cependant un échevinage commun avec un mayeur, situé à Blaton. Ceux de la seigneurie de Bernissart reçurent en 1466 une charte-loi du seigneur Guillaume du Failly.

En 1601, le village de Bernissart reçut un échevinage distinct de celui de Blaton.

En 1965, Bernissart et Harchies fusionnèrent.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

Département: Jemappes

Canton: Péruwelz (?)

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Tournai
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Péruwelz
  • Entité communale depuis 1977: Bernissart
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Le château et le village furent occupés par les troupes de Louis XI lorsqu’il assiégea Condé en 1478.

Economie

Les habitants de Bernissart vécurent longtemps uniquement de l’agriculture (céréales, plantes fourragères, colza, lin, pommes de terre,…). On y faisait de l’élevage sur les 80ha de pâturages communaux (wareschais). 

Des petites entreprises artisanales se développèrent en rapport avec cette activité agricole :

  • Un moulin à vent
  • Une sucrerie au XIXème (arrêtée en 1903).
  • Des fabriques de lingerie (XIXème)
  • Une fabrique d’instruments aratoires (XIXème).

Industrie houillère

En 1735, on exploitait déjà une quinzaine de fosses.

La Compagnie d’Anzin commença à exploiter le charbon de houille à partir de 1754 près de la frontière, à l’orée de la forêt de Bonsecours. Elle creusa un puits qui fut immédiatement inondé. Une machine à feu de Newcomen (1782-83) fut installée, pour combattre l’inondation constante des galeries minières. On atteignit la profondeur de 42m où on rencontra la première veine de charbon. Mais le coût de l’opération força à abandonner le site. Le bâtiment fut transformé en habitation par le seigneur des lieux, le duc de Croÿ, pour son garde-chasse.

L’exploitation reprit plus tard à quelques centaines de mètres de là. La gestion fut le fait de la « S.A. des Charbonnages de Bernissart ». On exploitait à proximité des canaux (Mons-Condé, Pommeroeul-Antoing, Blaton-Ath), des chemins de fer Blaton-Ath et Hainaut-Flandres. La concession s’étendait sous les communes de Blaton, Bernissart, Pommeroeul, Ville-Pommeroeul, Harchies, Grandglise, Stambruges et Péruwelz (2933ha). L’Ecole Moyenne de l’Etat occupe l’ancien bâtiment administratif, datant de 1920. D’autres bâtiments furent réaménagés en logements.

On compta cinq puits à Bernissart au nord du centre du village :

  • Puits Négresse n°1, 1841-1858 – profondeur 190m – il servit ensuite d’aérage du puits Sainte-Barbe
  • Puits du Moulin n°2 (1842 – 1863)
  • Sainte-Barbe n°3, 1845-1926 – profondeur 415/450m – le plus important, mais sujet à de nombreuses inondations – fermeture pour cette raison. C’est ici que furent faites les découvertes concernant les fossiles du crétacé.
  • Sainte-Catherine n°4, 1864-1914/18 – profondeur de 280m
  • Puits n°5, près du coron Lagache pour un ventilateur à force centrifuge.

Une ligne de chemin de fer industrielle relia tous les puits de Bernissart, d’Hensies et d’Harchies à la gare de Blaton. Il existait une gare, transformée elle aussi en habitation. La voie ferrée a été aménagée en piste cyclable jusqu’à Blaton.

Plusieurs corons (104 habitations), files de maisons presque semblables, furent construits pour loger les mineurs à proximité des sites miniers : coron Lagache, coron Perdu, cité Waters, coron Jaune, coron à l’Eau, coron d’en Haut, cité Carlier, cité Royer.

Les industries annexes :

  • Une cokerie
  • Une fabrique d’agglomérés, de briquettes et de boulets.

Les puits de Bernissart fermèrent entre 1913 et 1926.

Bernissart fut desservi par de bonnes voies de communication depuis le XIXème siècle :

  • Le canal Pommeroeul-Antoing, construit en 1826 pour dériver la houille du Borinage vers l’Escaut sans passer par la France qui imposait des frais de douane importants pour protéger ses mines
  • Le canal Blaton-Ath-Dendre
  • L’autoroute Liège-Tournai-Lille
Patrimoine

Eglise Notre-Dame

Il existait une église du XIIIème, construite sur les bords du fossé du château. Elle fut agrandie et restaurée en 1735, puis fut remplacée en 1876 par un édifice gothique. On y trouve la pierre tumulaire de Charles de Failly, seigneur de Bernissart, mort en 1620.

Château

Il fut construit au XIIIème, mentionné pour la première fois en 1267. En 1478, il fut assiégé et endommagé par les troupes de Louis XI. L’archiduc Maximilien le reprit après quelques mois. Il fut démoli en 1876. Il en reste quelques vestiges sur la place à côté de l’église.

Musée de l’Iguanodon

Collection de minéraux et de fossiles. La plupart des iguanodons ont été envoyés au Musée d’Histoire Naturelle de Bruxelles. Un d’eux a été prêté au musée local.

Jardin géologique – Dynolabyrinthe

Marais de Harchies, de Hensies et Pommeroeul

Ils couvrent 550ha. Dans une zone marécageuse au nord de la Haine, des étangs se sont constitués, provoqués par des effondrements miniers du sol dans la première moitié du XXème. Le domaine fut acheté dans les années ‘1970 par le Ministère de l’Education nationale et donné en gestion à l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique. Celui-ci y implanta un centre de recherches biologiques. C’est devenu une zone protégée, car ce lieu est exceptionnel pour la flore et la faune avec des biotopes différents (« Zone humide d’intérêt biologique » en 1994). On y admire le passage d’oiseaux migrateurs. 

 

La pompe à feu de 1782, restaurée en 2013-2014. Un lourd balancier en fonte sortait du haut de la façade. Il était relié à l’intérieur à un piston actionné par une machine à vapeur. A l’extérieur, il actionnait un système de pompage pour évacuer l’eau du puits de la mine voisine. Elle fut démontée peu de temps après et le bâtiment fut transformé en habitation.

Le terril Sainte-Barbe, boisé, à proximité de la dalle du puits comblé en 1949.

Le terril Sainte-Catherine, avec sa dalle

 Bibliographie

Bernissart et son château, Cécile & Gilbert Delfanne, 2004

Stambruges

Entité communale de Beloeil

Le territoire

Superficie: 829 ha (les trois-quarts sont couverts par les bois et les sablières)

Altitude: de 60 m (centre du village) à 75m

Situation géographique : le territoire se trouve sur le versant nord de la vallée de la Haine

Cours d’eau : le noyau du village se trouve dans une petite dépression créée par le ruisseau de la Fontaine Bouillante, affluent de la Haine, après sa traversée de Grandglise, de Blaton et de Bernissart.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : sablonneux (2/3 du village), argileux, rocailleux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Paléolithique moyen (Homo Neandertalensis) :

  • À la « Butte du  Calvaire » (Haubourdin, 1924-1932 ; André, 1981), il aurait existé une station moustérienne, endroit où des hommes de Neandertal taillaient ou utilisaient le silex pour en faire des outils. 
  • En 1992, à la « Sablière Brouillard » sur le Mont des Chèvres (R. Choquet, M. Van Assche), on a mis à jour tout un ensemble de silex (pièces et éclats) de la fin de cette culture moustérienne (typique du paléolithique moyen du bassin de la Haine). On y note des pièces obtenues par débitage de type Levallois (nucleus, lame, éclats, racloirs, bifaces du moustérien de tradition acheuléenne, pièces foliacées bifaciales). Il s’agissait probablement d’un camp de passage et non d’un site de débitage.

Paléolithique supérieur (Homo Sapiens) : 

  • Mr Desailly en 1929 plaidait pour un atelier aurignacien de taille du silex sur le territoire de Stambruges
  • A la « Mer de sable », Mr Haubourdin et Mr Demarez ont ramassé des lames en silex aurignaciens ou épipaléolithiques
  • Des éléments du stade Gravettien ont été découverts en 1984 (André).

Il s’agirait d’un des rares sites en Belgique de cette période correspondant au maximum glaciaire.

Mésolithique (Homo Sapiens) : 

  • Au « Mont Happart », entre Stambruges, Sirault et Hautrage, Mrs Haubourdin et Desailly ont ramassé des silex taillés correspondant à cette période (culture tardenoisienne).

Néolithique (Homo Sapiens) : 

Divers sites (Mont Happart, Butte du Calvaire, Argillières, Carnois, Royeux, Grande Couture) ont révélé des haches polies, des couteaux, des racloirs, des grattoirs et des flèches foliacées. Un alignement de pieux de chêne évoque un habitat.

Age du bronze 

Des sépultures à urnes ont été mises à jour.

Ages du fer :

On a même trouvé au lieu-dit « Royeux » un chenet en tête de cheval en terre cuite (période de La Tène)

Antiquité gallo-romaine

La chaussée romaine Bavay-Blicquy-Mer du Nord passe à proximité (Grandglise, Quevaucamps).

Des vestiges d’époque gallo-romaine ont été trouvés en divers endroits :

  • Au « Bois de Berlière » (ouest du village, Haubourdin, 1877), quelques vestiges d’habitat: meule, poteries, clous, tuiles
  • A la « Grande Couture » (ouest du village): tuiles, poteries
  • Au passage à niveau de la ligne Blaton-Ath (ouest): des substructions, une fibule en forme de phallus
  • A la « Terre Guerit » : un four de potier, des débris d’urnes et d’amphores, une pierre à aiguiser
  • Au lieu-dit « Ottée des Fées » (dans le bois, à l’est): un cimetière à incinération, comprenant des urnes avec des ossements, des grains de collier en verre bleu, une fiole en verre, des monnaies (1865-1880), des fragments de dolium
  • Lors de la construction du chemin de fer Blaton-Ath (1897) : un cimetière à incinération, avec des urnes avec ossements, de la céramique sigillée, des monnaies, un anneau en bronze
  • Au lieu-dit « Mortier Puchain » : des urnes avec cendres
  • Des vases en céramique sigillée (Vaes, 1942) ont été trouvés en plusieurs endroits
  • Un vase avec 170 pièces de monnaies (Gordien, Philippe, Postumus – soit le milieu du IIIème siècle) fut également exhumé

Un habitat gallo-romain a sûrement existé à l’ouest du village de Stambruges. Il est difficile sur base de ces éléments de définir son importance : villa ou ferme gauloise ? La présence de céramique sigillée (importée) est en général liée à des propriétaires aisés, mais l’absence (uniquement sur base des découvertes) d’hypocauste ou d’éléments décoratifs riches (marbres, statues, …) ne permet pas de conclure. Le « trésor » monétaire ne plaide pas non plus pour une durée d’habitat ayant dépassé les premières invasions barbares du IIIème siècle.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Etanbruge (1595)
  • Estambruges

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :  

Ce nom signifierait « étang des bruyères ».

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: les chemins médiévaux (Mons-Tournai; Chièvres-Condé).

sources d’eau ou cours d’eau: le ruisseau de la Fontaine-Bouillante

source de bois: toute la région était boisée et recouverte de bruyères

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Servais, qui, au début, était une dépendance de celle de Harchies. Elle devint autonome au XIVème siècle.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1138 par Nicolas, évêque de Cambrai. 

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Il est probable que Stambruges se trouvait encore au XIIème siècle sur un domaine appartenant aux comtes de Hainaut. Ceux-ci constituèrent une grande seigneurie, comprenant Blaton, Wadelincourt, Quevaucamps, Grandglise, Stambruges, une partie de Bernissart, le hameau de Préaux, et d’autres villages plus éloignés. Ils la confièrent en fief à une famille noble qui leur était fidèle, celle des de Caudry.

Plus de détails se trouvent dans le chapitre consacré à Blaton.

Vers 1204-1205, en l’absence du comte Baudouin VI de Hainaut, parti à la croisade, son frère, Philippe « le Noble », marquis de Namur, alors qu’il assurait la régence au nom des deux filles mineures du comte, s’empara de cette seigneurie de Blaton. A sa mort, cette seigneurie resta dans les possessions personnelles des comtes, sauf Stambruges qui passa sous l’autorité des seigneurs de Condé, puis sous celle des Ligne. 

Il exista une résidence fortifiée à Stambruges, peut-être habitée par un représentant du seigneur (prévôt). On ne sait quand il fut construit. 

Maison de Condé

Stambruges a pu appartenir aux Condé vers 1212 ou un peu plus tard. A cette époque, le seigneur était Nicolas I de Condé (1171-1230) qui venait d’agrandir son domaine en épousant Isabeau de Morialmé-Bailleul (ancienne écriture de Beloeil).  Leurs descendants furent :

  • Jacques I de Condé (1195/1211-1259), fils du précédent
  • Nicolas II de Condé (1229/1231-1292/1293), fils du précédent
  • Guillaume I de Condé (1262/1275-1302), fils du précédent
  • Jean I de Condé (avt1304-1339, Venise), fils aîné du précédent – pas de postérité
  • Robert de Condé (1300-1359), frère du précédent
  • Jean II de Condé (1349-1391), fils du précédent – pas de postérité. Ses domaines allèrent aux descendants de sa tante Jeanne de Condé (1289/1291-1325), fille de Guillaume, sœur de Jean I et Robert.
  • Elle avait épousé Fastré III de Ligne (1280-1337). Ils eurent de nombreux enfants. Mais en 1391, à la mort de Jean II, seule Catherine de Ligne ( ?-1397) survivait. Elle était une des filles de Fastré III, s’était mariée à deux reprises et n’avait pas eu d’enfant. Veuve, elle se retira comme chanoinesse à Maubeuge et légua ses biens à ses neveux.

Maison de Ligne

Des neveux de Catherine de Ligne, c’est Jean II de Ligne (1361-1442) qui hérita de Beloeil. Il était fils de Guillaume de Ligne (1320-1387), frère de Catherine. Il avait hérité de son père Ligne et ses dépendances (Montroeul, Maulde). Il hérita de sa tante Beloeil et ses dépendances (Ellignies-Sainte-Anne, Stambruges). Par mariage, il devint aussi baron de Barbençon et pair de Hainaut. Il décida de faire de Beloeil sa résidence principale. Lui succédèrent :

  • Michel III de Ligne (1390-1468), fils du précédent. Il rédigea une charte-loi instituant la commune de Stambruges.
  • Jean IV de Ligne (1457 ?-1491), fils du précédent. C’est à partir de lui que les Ligne exercèrent de hautes fonctions pour les ducs de Bourgogne d’abord, pour les archiducs des Pays-Bas, les rois d’Espagne et empereurs de Germanie ensuite. On les vit chambellans, sénéchaux, ambassadeurs, officiers supérieurs, gouverneurs de villes et de provinces. Plusieurs devinrent chevaliers de l’Ordre de la Toison d’Or. C’est à cette époque, en 1477/78 que le château de Stambruges fut endommagé gravement par les troupes du roi Louis XI de France en guerre contre Charles le Téméraire.
  • Antoine « le Grand Diable » de Ligne (1474-1532), fils du précédent. Par mariage et par achats, il étendit son domaine.
  • Jacques de Ligne (1503-1552), au service de Charles-Quint dont il fut son chambellan et ambassadeur, vit sa baronnie de Ligne érigée en comté en 1545.
  • Georges de Ligne ( ?-1579), fils aîné du précédent.  Son fils Jean de Ligne, par mariage, fonda la lignée « Ligne-Arenberg ».
  • Son deuxième fils Philippe de Ligne (1533-1583) continua la lignée « Ligne-Beloeil ».

    D’Adrien de Montigny (fin XVIème)
  • Lamoral I de Ligne (1563-1624), fils du précédent, devint, sur ordre de l’empereur Rodolphe II, prince de Ligne et du St Empire.
  • Florent de Ligne (1588-1622), fils du précédent
  • Albert Henri de Ligne (1615-1641), fils aîné du précédent – sans postérité. Il est le fondateur de la bibliothèque de Beloeil, riche en manuscrits.
  • Claude Lamoral I de Ligne (1618-1679), frère du précédent
  • Henri louis Ernest de Ligne (1644-1702), fils du précédent
  • Antoine Joseph Ghislain (1682-1750), fils du précédent – sans postérité. En 1727, la commune perdit de grandes zones de pâture (Garenne, La Bruyère, Carnois, Mer) au profit du prince de Ligne, ce qui donna lieu à un conflit.
  • Claude Lamoral II (1685-1766), frère du précédent, qui embellit le château de Beloeil et son parc
  • Charles Joseph Lamoral (1735-1814), fils du précédent. Militaire, homme de lettres et érudit, ambassadeur, il servit les empereurs de Germanie. Il fréquenta toutes les cours européennes (Vienne, St-Pétersbourg, Versailles, Londres). Il côtoya les plus grands (outre les empereurs, Catherine de Russie, Frédéric II de Prusse), mais aussi les célébrités littéraires de son époque, avec qui il correspondait (Voltaire, Goethe, Madame de Staël, …). La Révolution Française vint mettre fin à tout cela. Il termina sa vie à Vienne en se consacrant à l’écriture, alors que tous ses pouvoirs féodaux sur ses nombreux fiefs furent abolis et que son domaine de Beloeil fut confisqué.

    Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Quevaucamps
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Quevaucamps
  • Fusion en 1963 avec Granglise
  • Entité communale depuis 1977:
Economie

La nature du sol permit les cultures de céréales, pommes de terre, camomille. L’élevage existait aussi, mais il y eut perte d’importantes zones de pâture en 1727 au profit du prince de Ligne. 

On mentionne deux moulins au XIXème siècle

  • Le moulin Patin sur le ruisseau (1845), actionné à la  vapeur dès 1870. Incendié en 1884
  • Le moulin Frison sur le même ruisseau

Exploitation du sous-sol.

On creusa à Stambruges :

  • Des carrières de grès et calcaire pour la fabrication de pavés et de moellons qui ont servi à bâtir quelques églises de la région et des habitations.
  • Des carrières de sable
  • De la pierre à chaux. Avec la présence de fours à chaux, cités en 1474
  • On préleva au sol de la terre pour fabriquer des produits réfractaires, au XIX-XXème siècle.

Industrie textile

Comme dans les villages voisins, on s’adonna à la bonneterie (tricots, jupons, vêtements d’enfant, couvertures, bas), organisée dans les maisons particulières d’abord, puis dans des ateliers. Ces produits, ainsi que le houblon et des toiles, étaient colportés par des marchands ambulants, les « Campenaires » au XIXème et XXème siècle.

Patrimoine

Eglise St Servais. Un bâtiment gothique fut incendié en 1828, dont il reste la partie inférieure du clocher.  Il fut rebâti en 1831-1834 en style toscan. Elle est le centre de pèlerinages à St Servais.

Chapelle de l’Erconpuch. Elle est dédiée à Notre-Dame des Bois. A proximité, se trouvait un robinier sur lequel étaient déposés des ex-voto (remerciements de grâces reçues pour des enfants). Il fut abattu par une tempête en 2009 et remplacé par un chêne à quelques mètres.

Maisons en pierre de sable.

La Mer de Sable. C’était autrefois un vaste étang emménagé de 40ha. Il fut asséché en 1852. Il était entouré de marais et de tourbières. Il persiste une vaste clairière de 15ha dans le bois du Carnoi, couverte depuis le XVIIIème d’une vaste étendue de bruyères où l’on menait paître le bétail. Cette étendue a servi de carrière. C’est aujourd’hui une réserve naturelle classée, mais aussi un but de promenade et de loisirs.

Il y eut à Stambruges un hôpital St Michel, dont nous n’avons pas de précision. 

Autrefois et de nos deux jours encore, il existe de nombreuses histoires et légendes mettant en scène des fées et des sorcières, ainsi que quelques manifestations festives sur ce sujet. Notamment sur deux sites : « le Rond des Sorcières » et « l’Ottée des fées ».

Quevaucamps

Entité communale de Beloeil

Le territoire

Superficie: 819 ha

Altitude: 60 m à 70 m (moyenne)

Situation géographique : le territoire est situé sur le versant nord de la vallée de la Haine

Cours d’eau : ?

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : sablonneux, argileux

Nature du sous-sol : grès, marbres, pierre calcaire, schistes

Préhistoire

Paléolithique supérieur (Homo Sapiens) : 

Quelques découvertes sans précision de dates et de lieux  ont été faites se rapportant au diverses cultures qui ont traversé les premiers temps de l’homo sapiens:

  • Culture aurignacienne : des lames et lamelles, des grattoirs, des pointes de harpon, des nuclei
  • Culture gravettienne : des lames à dos rabattu, un harpon
  • Culture solutréenne : pointes de flèches et de lances
  • Culture magdalénienne : des perçoirs, des percuteurs et des nucleus

Mésolithique – Néolithique (Homo Sapiens) :

En divers endroits non précisés ont été ramassés:

  • Des grattoirs, des faucilles, des perçoirs (selon CAW, 2009)
  • Des haches polies (Tourneur, CAW ; Verpoort, CAW)

En des endroits précisés :

  • Au « Champ de Haignois » (sortie de Quevaucamps vers Ellignies et à une centaine de mètres de la chaussée Bavay-Blicquy, en marge d’une zone marécageuse) : trois haches polies (Haubourdin, 1898 ; Braeckeleer, 1983 ; Cauwe, 1995) et un percuteur en silex (Verpoort)
  • A « La Bergette » (2010, M. Verpoort) : une hache polie de type Spiennes
  • Au lieu-dit « Le Lancier » : une hache polie du néolithique moyen
  • Aux « Marlières » : un éclat de silex
  • Sur le « Chemin des vaches » : des pointes de flèches en silex
  • Au « Moulin d’en Haut » : des pointes de flèches (J. Dufrasnes)

Age du bronze – Ages du fer :

  • Au lieu-dit « Rosuelles » : une hache à douille en bronze (v1910, E. Delhaye)
  • « Les Marlières » (1991, prospection): des fosses domestiques ont été individualisées qui contenaient du matériel de La Tène ancien : plus de mille tessons, des fusaïoles, une perle, un objet en bronze, des fragments de poids de métier à tisser, des fragments de meules). Pas d’habitat découvert.
  • A la Rue de Stambruges, une monnaie nervienne (potin rameau de type A) a été ramassée (CAW, 2017)
Antiquité gallo-romaine

Le village actuel de Quevaucamps est situé sur la chaussée romaine qui va de Bavay, via Blicquy, vers Gand et le littoral (d’où on ramenait du sel). Celle-ci est encore bien conservée à cet endroit. Elle fut bien explorée sur un tronçon en 1989. De nombreuses découvertes furent faites sur le territoire:

  • Des monnaies romaines, des vases, des urnes en divers endroits non précisés
  • Au « Bois de la Berlière » (nord-est du village, XIXème, Haubourdin) : un caveau funéraire, avec du mobilier : urne funéraire, monnaies, écuelle, assiette, cruche (fin Ier, début II), pièces de monnaie (naulum). Plus récemment (CAW 2017), une fibule du Ier siècle a été trouvée.
  • Au lieu-dit « Le Lancier » (est du village, 1990) : des traces d’occupation gallo-romaine en deux endroits distincts, le long de la chaussée Bavay-Blicquy : des tessons de céramique commune, de dolia, un gobelet en céramique sigillée, quelques rares fragments de tegulae, des sesterces (Antonin le Pieux, Faustine I, 141-161)
  • A l’est du « Le Lancier » (1990 , Dufrasnes) : d’autres traces d’occupation le long de la chaussée (tessons de céramique commune, de dolia, fragments de gobelet en sigillée, fragments de tegulae, un sesterce d’Antonin le Pieux
  • (où ?) 1993 : un fragment de meule en arkose
  • (où ?) : des fragments de fours de potier (fin IIème, début IIIème)

Les deux sites suivants, situés de part et d’autre de la chaussée romaine  au nord de l’actuel village ont donné des indices démontrant un habitat très structuré :

  • « Champs du Haignois » (sortie de Quevaucamps vers Ellignies, à une centaine de mètres à l’ouest de la chaussée Bavay-Blicquy, en marge d’une zone marécageuse (1987, de Braekeleer): un site gallo-romain d’une dizaine d’ares est désigné par de grandes quantités de tegulae, d’imbrices, des bases de colonnes en grès de Grandglise, des pierres. Il s’agit d’une construction gallo-romaine, pour laquelle on a aussi trouvé :
    • Des tessons de céramique Ier et IIème, y compris de la céramique sigillée (importée)
    • Quelques objets en bronze (cheville, anneau, cuillères, fibule),
    • Des monnaies (Hadrien, Trajan)

Il s’égit d’une probable villa imposante et somptueuse datant au moins du IIème siècle. 

  • « Les Marlières  (Paradis des Qu’vaux), à l’est de la chaussée. A proximité du site de la Téne (cité plus haut), un site qui mélangeait des indices des deux périodes (pouvant indiquer la continuation d’exploitation d’une ferme gauloise après la conquête romaine). Le nom du site vient de « marnières » ou « marlières », endroits où l’on extrayait de la marne. On y a trouvé :
    • Des statuettes en bronze de Mercure et de Mars, fin Ier – IIème siècle
    • Un puits romain à double cuvelage (fouillé par Mr Demarez)
    • Des tessons de céramiques (dont de la sigillée), fragments de meules
    • Des traces de foyer et de torchis
    • Des objets en fer (lance, rasette à pétrin)

Il pouvait s’agir d’un autre habitat ou plus probablement d’une dépendance du site précédent.

  • « Les Rosuelles » (où ?) : quelques traces d’habitation, d’après des fragments de céramique commune et sigillée, des tegulae, des fragments de plat en bronze, de meule en arkose. Une hache de bronze à emmanchement par douille du Ier siècle (découverte par E. Delhaye v.1900). A proximité :
    • Des statuettes (1845)
    • Une monnaie de Commode (1966)
    • Une meule laténienne (Rosuelles, 1985)
  • À la plage de sable ( 1968) : un puits romain profond de 6m, avec cuvelage en pierres de Basècles

En conclusion, de cette période on peut retenir un habitat gallo-romain relativement important sur l’actuel territoire de Quevaucamps, avec des vestiges en divers lieux plus ou moins éloignés l’un de l’autre, mais à proximité de la chaussée romaine. Sans doute une villa gallo-romaine d’un personnage relativement riche, au Haignois. Il est difficile de donner d’autres précisions sur les vestiges plus éloignés ni sur la persistance dans le temps. Probablement que ces habitats ont périclité puis disparu, comme beaucoup d’autres, au IIIème siècle lors de la grande crise économique de l’empire romain.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Au lieu-dit « Les Saudrillons », des fouilles (mal organisées) ont révélé des tombes d’époque mérovingienne du VIIème et VIIIème siècle (sur base de datation C14 d’ossements).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : ?

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

La signification du nom provient de « camp » ou « champ » de chevaux.

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine antique, les chemins médiévaux de Saint-Ghislain à Tournai et de Condé à Chièvres

sources d’eau ou cours d’eau: ?

source de bois: tout ce versant était boisé

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint Jean-Baptiste. Elle était une dépendance (secours) de celle de Stambruges. Les villageois suivaient la messe dans une chapelle, dédiée à St Jean-Baptiste, messe dite par le curé de Stambruges qui s’occupait du culte et entretenait les lieux grâce à la dîme (impôt en nature) prélevée dans chaque foyer.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1138 par Nicolas II, évêque de Cambrai. ce qui fut confirmé par une bulle du pape Lucius en 1183.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Comme pour les villages voisins (Stambruges, Grandglise, Wadelincourt), Quevaucamps se trouvait au XIIème siècle dans de vastes domaines qui appartenaient aux comtes de Hainaut. Tous ces villages avec une partie de Bernissart et de Harchies (Préaux) furent intégrés dans la grande seigneurie de Blaton et donnée en fief aux seigneurs de Caudry, une famille proche du pouvoir comtal.

Famille de Caudry

Issue d’un village du Cambrésis. Quelques-uns de ces seigneurs sont mentionnés dans le chapitre consacré à Blaton.

Comtes de Hainaut

Au début du XIIIème siècle, le comte Baudouin VI de Hainaut (IX de Flandre) partit à la Croisade (4ème) où il participa à la prise de Constantinople (1204). Il y fut choisi comme empereur et il décéda l’année suivante. Ayant laissé deux filles mineures, il donna la tutelle de celles-ci et la régence du comté à son frère Philippe « le Noble ». Ce dernier s’est emparé de la seigneurie de Blaton au détriment des Caudry. Par une charte de mars 1204, Philippe le Noble, céda aux habitants de Quevaucamps et de Grandglise le pâturage de cette localité contre une rente. Il mourut sans héritier et la seigneurie fut administrée par les comtes eux-mêmes jusqu’à la fin du siècle.

Maison d’Enghien

Jean d’Avesnes, fils de Bouchard d’Avesnes et de la comtesse Marguerite de Hainaut-Flandre, donna la seigneurie de Blaton et ses dépendances au fils cadet de Siger I, seigneur d’Enghien. Trois Arnould vont se succéder sur un quart de siècle. Le troisième ayant connu des vicissitudes, la seigneurie revint de nouveau à la famille comtale. Elle «  transita » un peu, puisqu’elle se retrouva aux mains du roi de France, Philippe V de Valois, puis dans celles des comtes Guillaume I et Guillaume II de Hainaut, avant d’être donnée au comte de Flandre, Louis de Nevers.

Maisons de Flandre, de Bourgogne et d’Autriche

En l’espace de deux siècles, la seigneurie de Blaton et ses dépendances vont être administrées par ceux qui porteront le titre de comte de Flandre, sans doute par l’intermédiaire d’un prévôt. Louis de Nevers et son fils Louis de Male furent les derniers comtes de Flandre à part entière. La fille héritière du deuxième, Marguerite de Male épousa le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi. Leurs descendants vont leur succéder: Jean-sans-Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne et son époux Maximilien archiduc d’Autriche, Philippe le Beau, leur fils et Charles Quint, leur petit-fils.

Dans le chapitre consacré à Blaton, tout ceci est repris plus en détail.

Maison de Croÿ

Le 16 décembre 1545, Charles Quint accorda à Philippe II de Croÿ (1496-1549), duc d’Aerschot, les terres et seigneuries de Quevaucamps, Grandglise, Fegnies, Wadelincourt, démembrées de la seigneurie de Blaton, pour être tenues en un seul fief à relever du comte de Hainaut, en échange de la ville et de la terre de Landrecies. Lui succédèrent :

Charles de Croÿ (1522-1551), fils du précédent, mort sans postérité

  • Philippe III de Croÿ (1526-1595), frère du précédent
  • Charles III de Croÿ (1560-1612), mort sans postérité. Son vaste domaine fut partagé.

Les de Failly

Il semblerait qu’en 1611, les terres de Quevaucamps passèrent dans les possessions de Charles de Failly, seigneur de Bernissart, probablement par achat. Lui succédèrent :

  • Jean IV de Failly (1584-1633), son fils
  • Jacques de Failly ( ?- ?), fils du précédent

Maison de la Barre

En 1667, Quevaucamps a été acheté par Philippe de la Barre (1614-1670). Il était le fils de Philippe de la Barre, seigneur de Maurage, d’Erquelinnes et député des Etats de Hainaut, issu d’une famille de magistrats enrichis. Chevalier. Lui succédèrent:

  • Philippe Ignace de la Barre (1649-1702)
  • François Léonard de la Barre (1699-1759)
  • Emmanuel Joseph de la Barre (1736-1793)

Quevaucamps a été vendu aux Ligne, mais la date n’est pas précisée.

Maison de Ligne

Claude Lamoral II de Ligne (1685-1766) est vraisemblablement l’acheteur du domaine de Quevaucamps. A cette époque, cette famille possédait dans la région Ligne (et Maulde), Beloeil (et Ellignies, Thumaide, …), Quevaucamps, Stambruges, Grandglise, Hautrage, Villerot, Baudour, Pommeroeul et Ville-Pommeroeul, Montroeul-sur-Haine et Thulin. Lui succéda:

Charles-Joseph Lamoral de Ligne (1735, Bruxelles – 1814, Vienne), fils du précédent

En 1792 et 1794, les pouvoirs féodaux furent abolis. Les titres seigneuriaux disparurent. Si Charles Joseph termina sa vie à Vienne, par la suite, sa famille put récupérer quelques biens confisqués dont le domaine de Beloeil et de vastes terres et bois dans la région.

En, 1768, la Grand-route vers Tournai fut pavée à l’initiative de l’impératrice Marie-Thérèse que Charles Joseph servit comme officier.

Période française (1794-1814)

Département: Jemappes

Canton: Quevaucamp devint chef-lieu de canton (19 villages), dépendant de la sous-préfecture de Tournai. 

Les habitants de la région furent enrôlés dans l’armée française pour se battre contre les Autrichiens, leurs anciens maîtres. Ils durent également fournir à l’armée française du foin, de céréales, de la viande, des chevaux et du charbon.

Sur le plan religieux, le village put obtenir une paroisse autonome en 1803, lors du Concordat qui la plaça aussi dans l’évêché de Tournai.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai
  • Canton: Quevaucamps
  • Entité communale depuis 1977: Beloeil

Quevaucamps est resté le siège d’une justice de paix.

La guerre 1914-1918 ne donna pas lieu à des combats sur son sol, mais les habitants durent subir les humiliations de l’occupation (déportations, réquisitions, ravitaillement).

Quant à la guerre 1940-1945, Quevaucamps fut le témoin d’un massacre le 4 septembre 1944 lors de la libération par les Anglais et les Canadiens.

Economie

L’agriculture et l’élevage furent longtemps les activités dominantes des habitants de Quevaucamps.  Jusqu’au XIXème, on pouvait trouver des champs à l’ouest de la Grand-Rue actuelle et des pâturages plus humides à l’est.

On trouva quelques entreprises liées à ce secteur économique :

  • Des moulins à grains (trois)
  • Une manufacture de tabac
  • Une fabrique de chicorée (Bertin, 1902-1966)
  • Des brasseries (Gosselin, XXème)
  • Du travail de l’osier (aux Rosuelles)

Le sol et le sous-sol du village de Quevaucamps permirent diverses exploitations. Extraction de :

  • Pierre à chaux, avec des fours à chaux jusqu’à 1958
  • De calcaire bleu et de marbre noir

Essor au XIXème  (entreprises Trivier, Roland):

  • De schistes pyriteux, d’alun, de couperose (riche en sulfate de fer).
  • Argile pour briqueteries

On trouvait aussi :

  • Des saboteries
  • Des fabriques d’engrais
  • Des bonneteries depuis le XVIIIème : serges, bas, tricots (ateliers familiaux jusqu’au milieu du XIXème, puis fabriques).

Toutes ces activités connurent un déclin accéléré dès la deuxième guerre mondiale. 

Le XIXème siècle vit l’aménagement de nouvelles voies de communication.

Voies vicinales :

  • Quiévrain – Mainvault (1843)
  • Saint-Ghislain – Stambruges – Quevaucamps

Chemin de fer (ligne Blaton-Ath)  – la gare (1903)

Patrimoine

Eglise St Jean-Baptiste. Bâtie en pierres de Grandglise et en dalles de marbre de Basècles, au XVIIIème siècle. L’actuelle fut agrandie en 1875. Croix gothique, XVIème. Retable en bois, peint, XVIIème.

Chapelles (Notre-Dame-de-Tongres, Saint-Joseph)

Le musée de la Bonneterie

Kiosque à musique, 1901

Bibliographie

Si Quevaucamps m’était conté… Catalogue de l’exposition

 

Blicquy

Entité communale de Leuze

Le territoire

Superficie: 910 ha

Altitude: 45-50 m

Situation géographique : le territoire se situe sur le versant sud de la vallée de la Dendre Occidentale

Cours d’eau :le Secours de la Dendre

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès

Préhistoire

Mésolithique (Homo Sapiens) : 

Des éléments d’occupation ont été trouvés sur le site « Ville d’Anderlecht » correspondant au mésolithique.

Néolithique (Homo Sapiens) : au lieu-dit « Couture du Couvent », des fouilles ont été effectuées depuis 1983 (Cl. Constantin et L. Demarez, puis I. Deramaix) qui ont permis d’y découvrir deux habitats successifs:

  • le premier datant du néolithique ancien. Un village de culture rubanée y aurait existé.
  • le second est un site fortifié du néolithique moyen de culture de Michelberg: une surface d’un diamètre de 950 mètres y était entourée d’une enceinte, soit un fossé large de six mètres et une palissade intérieure, interrompue par quatre entrées. A l’intérieur, on y a trouvé des fosses contenant des outils en silex (hache polie, ciseaux, grattoires, fragments de meule et de polissoir) et des tessons de céramique correspondant à cette culture.

A la limite entre Blicquy et Tourpes, on a trouvé en 1996 un couteau-racloir en silex du Grand-Pressigny (qui se trouve en Indre-et-Loire).

Age du bronze 

Au lieu-dit « Ville d’Anderlecht », on a découvert une nécropole à incinération appartenant à la « Civilisation des Camps d’Urnes » de la fin de l’âge du Bronze. 35 tombes ont été individualisées.

Ages du fer :

Au même endroit, une nouvelle occupation eut lieu à la fin du Second Age du Fer. Elle avait un caractère cultuel, car on y enfouissait des objets :

  • Des éléments de harnachement : mors de chevaux, anneaux passe-guide, appliques, bandages et cercles de moyeux de roues, clavettes
  • Des armements : épées, fer de lance, haches (datation : fin La Tène C2 et La Tène D1)
  • Des dépôts d’ossements humains avec lot monétaire (potins nerviens) avant ou juste après la conquête (rituel de fondation)

Antiquité gallo-romaine

Une chaussée romaine venant de Bavay traversait le territoire des actuels villages d’Aubechies et de Blicquy pour aller, à partir d’ici, dans deux directions : la mer du Nord (route du sel) et Gand-Velzeke (vicus sur l’Escaut). Comme les éléments des périodes précédentes sont assez abondants, il est possible que cette chaussée était plus ancienne et qu’elle fut réaménagée à l’époque romaine pour les besoins de l’époque (militaires et commerciaux).

Site gallo-romain

Dès le premier siècle de notre ère, une agglomération (vicus) s’est développée à proximité d’un grand sanctuaire. Celui-ci fut découvert en 1976 au lieu-dit « Ville d’Anderlecht » où se sont déjà succédé les occupations du mésolithique, de la fin de l’âge du bronze et du deuxième âge du fer. Il y eut donc une réappropriation du lieu par les Gallo-Romains d’un sanctuaire plus ancien de l’âge du fer. Ce sanctuaire fut probablement construit aux frais de la Cité des Nerviens. On y organisait des cultes et des fêtes en l’honneur d’un dieu tutélaire, probablement Mars. 

Reconstitution du sanctuaire

Dès l’époque d’Auguste et de Tibère, il y avait déjà ici un simple sanctuaire avec une cella en pierre sèche pour la fondation (technique gallo-romaine) et probablement des pans de bois et des hourdis de torchis pour le reste. On a trouvé à proximité des larges trous de poteaux de bois (120 trous). On évoque un « bois sacré ». 

Puis on réaménagea à la fin du premier siècle et au début du IIème. On construisit un grand fanum (temple à plan centré) de 20m de côté

  • Avec un déambulatoire de 20m de côté
  • Dans une enceinte trapézoïdale (Temenos = espace sacré délimité par une enceinte).

On y trouvait :

  • Deux portiques longitudinaux pourvus de colonnades (60m au nord et 83m au sud)
  • Un troisième portique en hémicycle (diamètre 50m)
  • Un bâtiment dans le prolongement de la galerie nord (tour ou pavillon d’angle) avec une fosse à offrande (ossements calcinés sacrificiels de bœufs, caprinés, oiseaux)
  • Un aqueduc alimentant un bassin central (pour des ablutions rituelles)
  • Des niches (pour statues)
  • Des chemins dallés : un central et deux perpendiculaires
  • Des bases de statues ou d’autels
  • Des fosses à offrandes avec dépôts cultuels 
  • A proximité : des fragments de statues en bronze grandeur nature, des statuettes de Mars et de Mercure

En annexe de ce temple, on trouvait :

  • Des thermes
  • Un cuisine (ou culina pour préparer des repas rituels) à la périphérie nord
  • Un théâtre à l’extérieur de l’enceinte cultuelle (IIème siècle, avec cavea et orchestra – la fondation était en pierre, le reste en bois – pouvant accueillir 5000 personnes),
  • Des ateliers de production de bronze, fer, céramiques
  • Une nécropole
  • un castrum romain

A quelle divinité ce sanctuaire était-il dédié ? Mars, Mercure, un culte impérial ? Ce n’est pas déterminé, car on manque de documents épigraphiques. 

Ce site connut un développement majeur au IIème et IIIème siècle. On vit l’installation à proximité de quartiers artisanaux et commerciaux (potiers, bronziers). Ce sanctuaire devait attirer une foule importante de pèlerins. Il s’étendait sur une superficie de 50ha au II-IIIème siècle.

Il fut abandonné progressivement dans la deuxième moitié du IIIème siècle.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Elle n’est pas documentée. Il est vraisemblable que le site fut définitivement abandonné lors de la grande crise politique et économique de la  seconde moitié du IIIème siècle. On ne décrit pas de villa romaine qui ait pu prolonger l’occupation des lieux, notamment au Bas-Empire et dans la période mérovingienne.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1084

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Belchi (1084 – Chartre de Baudouin II)
  • Bilchi (1101 – Chatre de Manassès)
  • Belchi (1108 – Chartre de Buchard, Evêque de Cambrai)
  • Bliki (1262 – sous le Pape Urbain II)
  • Blicquie (1663 – sous les coutumes de Valenciennes)
  • Bliquy (1691 – sur la carte du Chevalier de Beauraing sur le combat de Leuze)
  • Bliquy (1745 – sur la carte du siège d’Ath.

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : non documenté

Epoque de son apparition: XIème ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: la chaussée romaine

sources d’eau ou cours d’eau: la Petite Dendre

source de bois: la région était boisée

proximité d’un lieu de pouvoir:  peut-être l’abbaye d’Aubechies

Paroisse dédiée à Saint-Lambert

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Chièvres

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye d’Aubechies en 1101 par Manassès, évêque de Cambrai. La suppression du monastère entraîna le transfert à abbaye de Saint-Ghislain.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): châtellenie d’Ath

Seigneuries et fiefs

Sur ce territoire relativement grand, on compta plusieurs seigneuries éparpillées dans le temps, issues du démembrement d’autres seigneuries :

  • La principale (ci-dessous)
  • Le fief d’Andricourt, pPossession des Ligne du XVIème au XVIIIème
  • Le fief d’Autreppe
  • Le fief de la Catoire
  • Le fief de Moulbaix
  • Le fief du Quesnoy
  • Le fief de Ridoux

La seigneurie principale

La terre de Blicquy appartenait aux seigneurs de Silly, une très ancienne baronnie dont les titulaires étaient des pairs du comté de Hainaut, très proches des comtes dès le XIème siècle.

Un document de 1095 mentionne que Blicquy et Moulbaix étaient des dépendances d’Aubechies. Il est possible que ce ne soit que la paroisse, mais l’histoire originelle des deux villages semble liée. Les habitants d’Aubechies étaient alors dirigés par une famille locale jusqu’à la dernière descendante héritière, Elizabeth d’Aubechies, qui devint dame chanoinesse à Sainte-Waudru en 1195. Le comte Baudouin V aurait alors donné le village à Othon de Trazegnies. Cette version des faits n’est pas certaine.

Famille de Silly-Trazegnies

Sur certaines listes généalogiques, les premiers seigneurs de Silly et de Trazegnies détenaient déjà Blicquy dès la fin du XIème siècle. Nous mentionnerons donc ceux-ci dès cette période jusqu’à plus amples informations.

Le premier seigneur connu de Blicquy fut Othon I de Blicquy (avt1092-v1136). Il aurait épousé vers 1105 Helvide de Silly, dame de Silly, et serait devenu le seigneur de ce domaine qui était une pairie du comté de Hainaut depuis peu.

  • Gilles Ier de Blicquy-Silly- Trazegnies (v1134 – 1161/1162) serait leur fils ou plus probablement leur petit fils. Il fut seigneur de Silly et pair de Hainaut, seigneur de Blicquy, Irchonwelz, Ath et Trazegnies. C’est lui qui décida de porter désormais le patronyme de « Trazegnies ». En 1148, le même comte, lors de son conflit avec Rasse de Gavre, seigneur de Chièvres, et le comte de Flandre, plaça des troupes à Blicquy pour dissuader ces personnages d’intervenir dans ses projets, qu’il réussit d’ailleurs.
  • Otton II de Trazegnies (v.1143/1150-1192), fils du précédent
  • Siger de Trazegnies (?-1184/1185), frère du précédent, seigneur de Blicquy
  • Wauthier Ier de Trazegnies (fils du précédent), seigneur de Blicquy
  • Agnès de Trazegnies, dame héritière de Blicquy, épousa Wauthier de Genlain

Nous perdons ensuite la lignée des seigneurs de Blicquy. Ce domaine serait-il retourné dans les possessions des Trazegnies? On le retrouve un peu plus tard chez Rasse de Ligne.

Maisons diverses

Rasse de Ligne (1340-avt1410), fils bâtard de Michel I de Ligne ( ?-1385/1387). Chevalier. Maire héréditaire de Kester en 1403. Il est renseigné comme seigneur de Blicquy, mais nous n’avons aucune date. Il épousa en 1361 Marguerite de Ham ==> Descendance Ligne de Ham. Il n’est pas sûr qu’un de ses descendants ait hérité de Blicquy.

Par la suite, les documents à notre disposition mentionnent que Blicquy est passé soit à la famille des Rubempré. Sans plus de précision. Nous retrouvons (dans des listes généalogiques) la trace de la seigneurie chez :

Jean de Lizac (?-?), seigneur de Blicquy. Ecuyer.  Prévôt héréditaire du Laonnois. Il épousa Antoinette de Moy de Sons, dont il eut Agathe de Lizac, dame héritière de Blicquy.

Elle épousa en 1478  Jehan de Crécy (?-?, XVème). Ecuyer de Philippe le Bon. Prévôt héréditaire du Laonnois.

Henry de Crécy ( ?-1543) devint seigneur de Blicquy De son épouse Yolinne Anne de Proisy, il eut trois enfants, dont François de Crécy ( ?-apr1602), qui hérita de Crécy et de Blicquy. Il prit malheureusement le parti de la France. Charles Quint lui confisqua Blicquy en 1552. Mais on mentionne cependant un de ses fils comme titulaire de la seigneurie. Peut-être avait-il retrouvé les biens familiaux.

Ce fils était Antoine de Crécy ( ?- ?) qui vendit Blicquy en 1594.

Famille de Hénin-Liétard

Louis de Hénin-Liétard (v1550- ?). Il était le descendant d’une branche cadette de Jean I (v1235-1300). Il était baron de Fosseux, seigneur de Cuvillers et donc de Blicquy par achat en 1594

Jean de Hénin-Liétard (v1590-1664), son fils, était aussi baron de Fosseux, seigneur de Cuvillers et de Blicquy. De son épouse Jossine de Dion, il eut plusieurs enfants, dont:

Maximilien de Hénin-Liétard (v1610-1681), baron de Fosseux, seigneur de Cuvillers et de Blicquy. Il épousa Françoise de Wignacourt, dont il eut:

Alexandre de Hénin-Liétard (v1650-1710), baron de Fosseux, seigneur de Cuvillers et de Blicquy. De son épouse Marie-Thérèse Valcque, il eut deux filles

  • Marie-Philippe (1690-1719), dame héritière de Cuvillers
  • Antoinette (1691-1715), dame héritière de Blicquy, qui épousa Jean-Philippe Petit mais n’eut pas de postérité. C’est donc sa soeur aînée Marie-Philippe qui hérita d’elle. Elle avait épousé:

Sylvestre de Prévost de Lapeyrière (1672-1752), seigneur de la Bastide et seigneur de Blicquy par mariage. Capitaine au régiment de Gervesay. Sa fille Marie-Reine hérita.

Carte de Ferraris (XVIIIème)

Famille du Roy

Jacques du Roy (1697-1765, Blicquy), seigneur d’Hauterive, devint seigneur de Blicquy par mariage en 1742 avec  Marie-Reine de Prévost de Lapeyrrière, dame de Cuvillers et de Blicquy. Il était pair du Cambrésis, colonel au régiment de Gondrin, chevalier de l’Ordre de Saint-Louis.

Sylvestre du Roy « de Blicquy » (1745, Mons – 1826, Blicquy), son fils, lui succéda comme seigneur de Blicquy, de Cuvillers et de Mourcourt. Il fut chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, capitaine au régiment de Dauphin. Il fut le dernier titulaire des droits féodaux. Ses descendants, qui continuèrent à résider à Blicquy, devinrent bourgmestres du village.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Chièvres
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Ath
  • Arrondissement judiciaire: Tournai (ou Mons)
  • Canton: Chièvres
  • Entité communale depuis 1977: Beloeil
Economie

Elle est essentiellement agricole.

Patrimoine 

Couvent de Blicquy. C’était un hôpital dédié à St Julien, qui en 1358, était tenu par des religieuses augustines.

Tour de l’ancien château. Celui-ci fut détruit en 1478 par les armées de Louis XI.

Eglise St-Lambert. Construite en 1776 en style semi-classique. Dalles funéraires des seigneurs de Blicquy

 Références

https://fr.wikipedia.org/wiki/Blicquy

http://www.archeosite.be/fr/home/ 

 

1. Mise en place du décor

Raconter la préhistoire et l’histoire de la vallée de la Haine, ce n’est pas seulement s’arrêter aux hommes et aux femmes qui y ont vécu, par intermittence ou en permanence, depuis 400.000 ans. C’est aussi s’intéresser aux conditions (climat), à l’environnement et à ses ressources (eau, couverture végétale, faune), aux possibilités minérales qui leur ont permis de survivre (économie du sol et du sous-sol). Les limons, les sables, les argiles, les pierres et le charbon s’y sont déposés depuis des centaines de millions d’années. C’est donc l’histoire de la mise en place de ce décor que ce premier chapitre rapporte.

Ceci ne peut être compris que dans le cadre plus vaste du monde où le Pays de Haine n’est qu’un microcosme qui vit au gré de tous les microcosmes qui l’entourent et des macrocosmes qui régissent ce monde.

13, 8 milliards d’années – le Big Bang

Naissance de l’univers observable. Disparition d’un monde antérieur?

L’histoire de la Terre se raconte en cinq ères : précambrienne, primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire. Chacune d’elles comprend des périodes géologiques (ex : cambrien, carbonifère, dévonien, jurassique, etc…) qui elles-mêmes peuvent encore être divisées en étages (namurien, maastrichtien, …).

4,6 milliards d’années – début de l’ère précambrienne

La terre se constitue dans le système solaire par accrétion de matière recueillie dans l’espace environnant. Ses diverses enveloppes profondes se forment, dont les continents visibles en surface, ainsi que les océans. De la surface vers le centre, on trouve :

  • La croûte terrestre
  • Le manteau
  • Le noyau

La lithosphère est l’enveloppe terrestre rigide de la surface de la terre, composée de :

  • La croûte terrestre
  • De la partie supérieure du manteau

L’asthénosphère est la partie inférieure du manteau.

Apparition de l’atmosphère terrestre.

A partir d’ici, les continents vont se déplacer sous forme de plaques, se morceler, s’éloigner, puis se rassembler en se chevauchant sur les bords, ce qui va entraîner des soulèvements à l’origine des chaînes de montagnes (orogenèse), des plissements et des failles.

Les pluies, les vents et le gel érodent les sommets qui dépassent et finissent par araser ces montagnes (érosion) jusqu’à les réduire en plaines et faire apparaître en  surface ou dans le sous-sol des couches jusque-là très profondes.

Ainsi deux chaînes de montagnes européennes, qui furent aussi élevées que l’Himalaya aujourd’hui, ont disparu.

Par moments, la mer va submerger certaines parties des continents, les plaines surtout (transgressions marines), et donc aussi les anciennes montagnes arasées, et y déposer des couches sédimentaires d’origine marine (sable, craie, roches calcaires). Ces sédiments vont s’accumuler. Les conditions dans lesquelles ils vont s’enfoncer dans le sol (pression, température) vont déterminer le type de roches qu’on y trouve. Beaucoup de celles que nous trouvons en Pays de Haine ont une origine marine.

Aux sédiments marins, il faut aussi ajouter les alluvions, drainés par les cours d’eau (sédiments fluviatiles) et les fines particules transportées par le vent (sédiments éoliens, notamment les limons de surface).
Tous ces phénomènes se passent sur des centaines de millions d’années et continuent insensiblement à l’heure actuelle,  ou de façon plus marquée lors des tremblements de terre et des éruptions volcaniques.

Petit à petit, très lentement, vont s’installer le relief visible aujourd’hui et les différentes couches qui se sont déposées sous nos pieds.

Entre 3,8 et 3,5 milliards d’années

Début de la vie sous forme de molécules organiques simples (les experts actuels pensent même que ce phénomène est peut-être plus précoce encore). Puis de molécules plus complexes capables de se répliquer (ADN, ARN).

Apparition des premiers micro-organismes cellulaires : les stromalithes. Puis les premières bactéries capables de photosynthèse : formation de glucose à partir de gaz carbonique (CO2) et d’eau (H20) et rejet d’oxygène (O2) dans l’atmosphère.

Au milieu d’un grand océan, se trouvait un grand continent : la Rodinia.

Tout cela met près de 3 milliards d’années à se mettre en place.

Il y a 750 millions d’années (Ma)

La Rodinia se morcelle en plusieurs continents.

Il y a 650-630 Ma

Une glaciation sévère transforme la terre en une espèce de grosse boule de neige.

Apparaissent les premiers animaux sur les fonds marins : des éponges.

Puis des éruptions volcaniques libèrent de grandes quantités de gaz carbonique qui réchauffent l’atmosphère.

A la surface des océans, apparaissent les phytoplanctons qui libèrent de grandes quantités d’oxygène.

Il y a 600 Ma

Le grand continent se reforme : le Gondwana,  pour une grande part situé dans l’hémisphère sud.

Puis trois grandes îles s’en détachent :

  • la Laurentia (Amérique du Nord, Groenland, Ecosse et nord-ouest de l’Irlande)
  • la Baltica (Europe du Nord et Scandinavie)
  • la Sibéria (Sibérie)

Il y a 575 Ma

Apparaissent, toujours dans l’eau, les premiers invertébrés (animaux à corps mou sans colonne vertébrale) : des édicariens qui se diversifient en cnidaires radiaires (anémones de mer, coraux, étoiles de mer et méduses).

 

L’ère primaire (ou paléozoïque) – 514-252 Ma

514-488 Ma – le Cambrien

Un micro-continent, Avalonia, se détache du Gondwana vers le nord (une partie de l’Amérique du Nord et une partie de l’Europe du Nord, dont le massif anglo-brabançon, dans lequel se trouve le Hainaut,  ainsi que l’Ardenne). La partie méridionale de l’Europe forme la marge nord du Gondwana.

A partir des édicariens, les premières espèces animales se diversifient, toujours en milieu marin, et pour 90% au fond des océans.

Aux espèces radiaires précédentes (qui se développent dans plusieurs directions), s’ajoutent les espèces bilatériennes (qui ont un hémicorps gauche et un droit) : les crustacés, les mollusques, …

488-444 Ma – l’Ordovicien

C’est le début d’une vie hors de l’eau : des algues vertes et des plantes à spores seulement.

444-416 Ma – le Silurien

Avalonia rencontre et se soude à Baltica. Ce nouveau continent entre en collision avec la Laurentia pour former la Laurussia et provoquer la formation d’une chaîne de montagnes, dite calédonienne. Longue de 4000 km et large de 500 km, elle s’étend du nord-est des Etats-Unis jusqu’à l’ouest de la Scandinavie, incorporant le Groenland, l’Irlande et l’Ecosse.

Gondwana remonte vers le nord. L’océan qui le séparait de la Laurussia se réduit.

C’est alors qu’a lieu le plissement des roches du massif calédonien du Brabant, formant les plus anciennes roches de Belgique qui affleurent au milieu des roches plus jeunes. On en trouve encore dans les vallées (Dendre, Senne, Dyle), en Condroz et dans l’est de la Belgique. Ce sont des schistes, des quartzites et des grès en majorité, provenant de la solidification de sédiments issus de l’érosion des sommets montagneux. On exploite ces roches du côté de Stavelot.

Des événements volcaniques ont fait remonter des profondeurs de la Terre des roches magmatiques (lave) qui se sont refroidies. Les carrières de Quenast les exploitent (« porphyres »).

Les premières plantes terrestres apparaissent : les fougères, les prêles, les premiers arbres.

416-359 Ma – le Dévonien

La chaîne calédonienne s’érode. Les massifs ardennais ont été complètement arasés. Celui du Brabant est comme une île submergée.

Ce qui deviendra la Wallonie est bordé au sud par un océan qui va à plusieurs reprises « transgresser » et venir « lécher » le massif brabançon.

Des sédiments marins se déposent et forment l’essentiel des roches de Wallonie (plus de 5500km²).

Ce sont du sable, de l’argile et des galets arrachés par l’érosion aux reliefs du continent, notamment du massif du Brabant. Transportés vers le sud par l’eau des torrents et des fleuves, ces matières sédimentent dès qu’elles atteignent la mer et donnent naissance à des grès, des schistes et des poudingues (roches encore siliceuses).

La mer finit même par recouvrir le massif du Brabant érodé.

Cette époque est marquée par le dépôt de calcaires (début des roches calcareuses argileuses) dans un climat de type tropical. Les marbres exploités dans la région de Roisin-Bellignies datent de cette époque.

Puis le climat se refroidit (glaciation), la mer se retire, absorbée en partie par les glaciers polaires. Les dépôts s’arrêtent.

A partir de poissons archaïques se développent les premiers vertébrés : les amphibiens et les reptiles marins.

359-299 Ma – le Carbonifère

Laurussia (dont fait partie la Wallonie, et donc le Hainaut) et Gondwana finissent par entrer en collision. La ligne de suture se fait au sud de la Wallonie, entre la Manche et les Vosges. Cet épisode déclenche la formation d’une nouvelle chaîne de montagnes, dite varisque ou  hercynienne (350-280 Ma) qui va de la péninsule ibérique vers la Bohême, en passant par le milieu de la France.

La mer recule et les reliefs s’érodent.

La région de Mons est alors située en bordure de mer, dans une vaste plaine marécageuse et forestière, à proximité de l’équateur.

D’énormes quantités de débris végétaux (riches en carbone) se sont accumulées, amenées par des cours d’eau dans des deltas ou des lagunes à la végétation luxuriante où la mer s’engouffre par moments, y laissant d’énormes sédiments qui se transformeront en charbon au fur et à mesure de leur enfouissement dans le sol. Le charbon, comme le pétrole, provient de l’accumulation et de la transformation de grandes quantités de matières organiques (végétales et animales) en milieu pauvre en oxygène.

C’est ainsi que s’est formé le bassin houiller dans l’axe Scarpe-Haine-Sambre-Meuse-Rhin, à la bordure nord du massif varisque, dans des fossés d’effondrement.

La Wallonie est à cheval sur une frontière. Au nord, les roches n’ont pas été plissées. Au sud, elles sont plissées et comprimées. Il se forme alors de grandes structures plissées à concavité vers le haut (synclinales) ou vers le bas (anticlinales).

Les roches situées au sud du massif du Brabant se sont désolidarisées de leur soubassement et forment des écailles qui se chevauchent l’une  l’autre en direction du nord le long de failles. Une de ces failles importantes est la Faille du Midi (en Hainaut) où se chevauchent des roches plus anciennes et des roches plus jeunes.

Se répandent alors sur terre les premières grandes forêts de lycophytes et de fougères. Les premiers animaux terrestres , les amphibiens, sortent de l’eau et vivent une vie mi-aquatique, mi-terrestre. Ils sont pourvus de poumons et de choanes (sortes de narines).

Le plissement varisque est responsable de la structure actuelle de notre région. Au-dessus du massif houiller se sont déposées, depuis Namur jusqu’à Quiévrain, des masses charriées depuis la chaîne montagneuse. C’est l’érosion qui, par la suite, permettra aux veines de charbon d’affleurer à certains endroits, notamment sur les versants de la vallée de la Haine.
C’est aussi lors de cette période que se déposent dans le Tournaisis, la région d’Hautrage et dans la région de Soignies-Ecaussines des roches calcaires et calcaro-siliceuses que les carrières d’aujourd’hui exploitent.

299-251 Ma – le Permien

La collision des deux continents est complète. A nouveau, il n’existe plus sur terre qu’un seul continent : la Pangée, entourée d’un seul océan : la Thétys.

Le Hainaut se situe quelque part au milieu de ce continent.

En Wallonie, plus aucun plissement n’adviendra désormais. Seuls quelques soulèvements vont encore modifier le relief .La chaîne hercynienne commence alors à s’éroder.

La faune terrestre s’enrichit essentiellement de reptiles, à la fois herbivores et carnivores, qui cohabitent avec les amphibiens.

A la fin de cette période, vers 251 Ma, une grande crise d’extinction va faire disparaître 50-75% des organismes marins. Les espèces terrestres résistent mieux, notamment les reptiles qui se diversifient, ainsi que la flore.

 

L’ère secondaire (ou mésozoïque) – 251-65 Ma

C’est l’ère du grand développement des reptiles sur les continents, des ammonites, bélemnites et foraminifères dans les mers.

Le climat est plus chaud.

252-201 Ma – le Trias

La chaîne hercynienne est complètement érodée. Il n’en reste, chez nous, que les sommets de l’Ardenne qui émergent, ainsi que le vieux massif du Brabant. Il n’y a pas de dépôt de sédiments en Wallonie pendant cette période.

Développement de forêts de conifères, de fougères et de cycadales.

Apparition des premiers dinosaures vers 225Ma. Ce sont des reptiles dont les membres postérieurs sont repliés sous eux pour leur permettre de se déplacer sur deux pattes.

201-135 Ma – le Jurassique

La Pangée (continent unique) commence de nouveau à se diviser en Laurasie au nord et Gondwana au sud.

C’est à ce moment que débute le troisième cycle de formation de montagnes en Europe : l’orogenèse alpine (constitution des Alpes et des Pyrénées) qui se prolongera à l’ère tertiaire.

Une nouvelle transgression marine a lieu, avec son lot de sédiments calcaires, ne laissant que quelques îlots émergés : le sud du massif de Brabant, le Condroz et l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Le Hainaut, en Laurasie, est sous eau.
Le climat est très humide. Marécages et lagunes couvrent de très grandes surfaces. Les dinosaures représentent 95% des animaux terrestres et continuent à se diversifier.

135-65 Ma – le Crétacé

Les continents s’écartent de plus en plus.

L’océan Atlantique apparaît entre d’une part la future Amérique et d’autre part l’Eurasie et l’Afrique. De même s’ébauchent l’Antarctique, l’Australie et l’Océan Indien.

L’Europe occidentale (donc la Belgique) est toujours sous eau. Ce qui entraîne une nouvelle sédimentation marine et la formation de nouvelles roches.

Les Alpes s’élèvent.
Puis la mer commence à se retirer, laissant à nu des roches qui vont s’éroder.

Le bassin de Mons se forme par effondrement.

Les transgressions et régressions successives de la mer abandonnent des sédiments crétacés et principalement de la craie sur les bombements du Cambrésis, du Tournaisis et du Hainaut. Cette craie est une ancienne boue calcareuse, constituée à 80-90% de détritus de petits organismes marins (plancton, algues unicellulaires, …). 

C’est dans ces dépôts, au sud et à l’est de Mons (Baudour, Maisières, Saint-Denis, Obourg, Saint-Symphorien, Spiennes, Harmignies, Ciply, Mesvin, Cuesmes, Saint-Vaast, Trivières), qu’on va trouver divers types de craies calcareuses (par leur nature, leur couleur et leur contenu en phosphates). Ces dépôts datent de la fin du Crétacé (90-65Ma). Les craies blanchies des formations de Trivières, Obourg, Nouvelles et Spiennes appartiennent à l’étage Campanien du Crétacé (83-70 Ma), tandis que la craie phosphatée de Ciply relève du Maastrichtien (70-65 Ma). A Harmignies, la couche est épaisse d’une centaine de mètres et fut déposée en 6 à 7 millions d’années à raison de 1 à 3 mm par siècle.

A l’ouest du bassin de Mons se sont déposés des sédiments alluviaux et lacustres constitués de graviers, de sables, de marnes glauconieuses (qui cimentent des galets de roches, comme dans la région de Bellignies-Bavay), d’argiles divers (Bernissart, Harchies, Pommeroeul, Hautrage, Baudour) et de grès rouges ferrugineux (Wihéries).
Toutes ces couches de roches recouvrent les sédiments houillers du Carbonifère.

Dans ces couches, on a retrouvé de très nombreux fossiles. Parmi eux :

  • le Hainosaurus Bernardi (lézard du Hainaut) découvert dans une carrière de craie à Ciply-Mesvin, dont le squelette atteint 15m de long
  • Les Iguanodons, découverts dans une houillère à Bernissart. Ceux-ci furent en réalité piégés dans des gouffres formés par l’effondrement de grottes, dans les calcaires du Carbonifère inférieur.
  • Les Allopleuron hoffmanni qui sont des tortues géantes,  découvertes elles aussi dans la région.

Le climat est toujours humide et chaud. On est sous les Tropiques. Il n’y a pas de calotte glaciaire.

Les continents connus aujourd’hui commencent à s’individualiser.

Les premières plantes à fleurs apparaissent. Les dinosaures ont atteint leur plus grande diversification.

Les premiers mammifères, de petite taille, apparaissent vers 125 Ma. Ce sont des insectivores arboricoles.

Le crétacé se termine vers 65 Ma par une nouvelle grande crise d’extinction. Disparition de 75% des espèces animales, dont la totalité des dinosaures et des grands reptiles.

Les oiseaux en sont les seuls descendants. Les autres reptiles (serpents, lézards, tortues, crocodiles) ainsi que les mammifères (les placentaires plus que les marsupiaux) échappèrent au désastre.

Quelle fut la cause de cette extinction ?  Il n’y a aujourd’hui que des hypothèses (météorite au Mexique, glaciation, éruptions volcaniques violentes en Inde, …).
L’océan Atlantique s’ouvre complètement pendant cette période.

 

L’ère tertiaire (ou cénozoïque) – 65-4 Ma (millions d’années)
La plaque africaine continue à pousser vers le nord, accentuant l’orogenèse alpine.
C’est l’ère du grand développement des mammifères, qui sont devenus les espèces dominantes sur terre.

Pendant cette période, deux transgressions marines laissèrent encore des dépôts calcaires et sablonneux.

Un anticlinal se forma depuis le Cambraisis jusqu’au Boulonnais en traversant l’Artois. Au sud s’est formé le Bassin Parisien vers lequel il descend en pente douce. Au nord, il forme la plaine flamande avec une pente plus raide, traversée par l’Escaut et ses affluents de la rive gauche (Scarpe, Lys), ainsi que par l’Yser.

A la fin du tertiaire, le sol de la plaine flamande, autrefois couvert par la mer, est fait de sables et d’argiles qui comblent les golfes calcaires. L’érosion des roches par les eaux courantes n’a laissé que les monts flamands entre les  vallées (entre Lys et Escaut, entre Escaut et Dendre).

65-55 Ma – le Paléocène

Les continents continuent à dériver jusqu’à leur position actuelle. La mer se retire de plus en plus. Le massif du Brabant s’individualise à nouveau.

Le climat se refroidit.

La mer s’avance encore, jusqu’à la fine ligne brune dans le dessin qui suit.

Dans le Bassin de Mons, les sédiments continuent à se déposer (calcaires, sables, marnes, argiles). A l’est et au sud de Mons (entre Obourg et Harmignies), dans les dépôts crayeux du crétacé, se forment en grandes quantités des blocs de silex par silification de la craie calcaire, c’est-à-dire par transformation de certaines algues (diatomées) et d’éponges, riches en spicules (aiguilles) de silice, qui se mélangent à la craie déposée au crétacé. Ce sont ces silex qui feront la joie des premiers hommes de passage.

Des quartzites du Paléocène seront utilisés dans la construction (hôtel de ville de Mons, remparts de Binche), pour des mégalithes (Gozée), pour les polissoirs et les meules. C’est un matériau dur et résistant au temps.

Dans la région de Ciply-Mesvin-Cuesmes, c’est la période optimale de formation des galets crayeux phosphatés, exploités dans le complexe minier de la Malogne.

Dans la région de Grandglise-Stambruges se constituent les sablières (période : Thanétien, anciennement appelé Landénien). Mais en certains endroits, comme à Blaton, Quevaucamps et même Grandglise, des grès recouvrent le sable.

55-34 Ma – l’Eocène

Les mammifères continuent à se diversifier pour donner la plupart des ordres actuels de placentaires : rongeurs, carnivores, ongulés, cétacés, proboscidiens, …

Les premiers primates apparaissent. Le plus ancien fossile connu (Altiatlasius) a été découvert au Maroc. Il est vieux de 58Ma.

La mer qui s’avance encore vers l’ouest, jusqu’au ruisseau de Piéton, continue à déposer des argiles et des sables, comme dans le Centre (Morlanwelz, Hyon, Peissant). Les collines sablonneuses de Mons et des alentours (Panisel, Héribus) sont apparues à cette période dans la cuvette montoise.

34-24 Ma – l’Oligocène

Les primates se diversifient.

La mer envahit encore à plusieurs reprises le territoire de la Wallonie, déposant chaque fois des sédiments, mais ceux-ci seront érodés dans les périodes suivantes.

Le climat est tempéré. Les calottes glaciaires qui se forment font baisser le niveau des mers. Il fait sec. La savane remplace le milieu forestier et de nouveaux animaux « modernes » arrivent d’Asie.

A la fin de cette période, sous l’effet de l’orogenèse alpine, l’Ardenne et le Brabant « remontent », repoussant la mer.

23-5 Ma – le Miocène

Les continents et les océans tendent à atteindre leur position actuelle. Sauf l’Amérique du Sud qui est encore séparée de celle du Nord.

Les grandes chaînes de « jeunes montagnes » se constituent (Cordillère des Andes, Himalaya, Alpes, Pyrénées).

La Méditerranée apparaît pour séparer l’Europe de l’Afrique. La Basse Belgique et le Hainaut restent encore sous eau.

A partir de 17 Ma, le climat devient plus chaud et plus sec. Les animaux marins et terrestres sont assez proches des espèces actuelles. Ce sont les primates qui se développent le plus. On situe à 18 Ma en Afrique l’apparition du Proconsul, premier singe anthropoïde sans queue, ancêtre des hominidés.

Vers 8 Ma, survient une grande crise climatique avec sécheresse et désertification de grandes zones.

Le Grand Rift est-africain s’est constitué : à l’ouest une zone forestière tropicale et équatoriale, à l’est une zone sèche de steppes arbustives et de savanes à graminées. C’est probablement à cette période que se sont séparées les branches des grands singes africains actuels et des hominidés. Chez les seconds est apparue la posture redressée et la marche bipède. Les singes continuèrent à se développer dans l’ouest forestier humide. Les hominidés préférèrent les savanes plus sèches.

C’est dans ce contexte qu’est apparu il y a 7 Ma le plus ancien hominidé connu : Toumaï au Tchad, dans un environnement proche de celui qui règne à l’est du Rift.

5,3-2,5 Ma – le Pliocène

Les continents, à quelques dizaines de kilomètres près, ont atteint leur position actuelle. Les deux Amériques sont connectées. Alpes et Pyrénées achèvent leur développement en hauteur sous la pression de la plaque africaine contre la plaque européenne.

L’érosion a achevé son travail pour aboutir aux reliefs actuels. La Mer du Nord se retire de façon définitive de nos régions, mais couvre encore le nord du pays.

Les fleuves et les rivières qui s’y jettent prennent leur source en Artois (Lys, Scarpe, Escaut, Sambre) et dans l’Ardenne. Elles creusent des vallées peu marquées et largement évasées, formant des marécages, et se dirigent toutes vers le nord. La reconstitution qui suit est intéressante et semble indiquer que la Haine (dont on sait qu’elle coule d’est en ouest) n’existe toujours pas.

Il semble que de nouvelles poussées, liées à l’orogenèse alpine, continuent à faire monter le plateau brabançon, qui se continue vers le Hainaut (plateau d’Anderlues, crête qui sépare le bassin de la Haine et celui de la Sambre) et vers le Nord de la France (plateau de Bavay). Les vallées du Hainaut apparaissent alors telles que nous les connaissons aujourd’hui : la Haine sur toute sa longueur, les hauts courts de la Sambre, de la Senne et de la Dendre.

Le décor géologique est planté pour que les hommes de la préhistoire et ceux de l’histoire y vivent et y développent leurs activités : agriculture, élevage, industrie du bois, artisanat de l’argile, exploitation du silex (Obourg, Spiennes), de la pierre (quartzite, grès), de la houille, …Il n’y a malheureusement pas de minerai métallique en quantités importantes (or, argent, cuivre, étain, fer) dans le sous-sol hennuyer.

Quant au paysage (la faune, la flore), il va varier en fonction du climat. A la fin de l’ère tertiaire et au début du quaternaire, le climat est plus froid et sec. Les glaciers ont envahi l’Antarctique, l’Arctique et le Groenland. C’est la première glaciation qui commence.

La toundra et les forêts de conifères dominent en Europe du nord. Aux latitudes moyennes dominent des forêts d’arbres à feuilles caduques. Les faunes sont quasi actuelles, avec des espèces archaïques qui disparaîtront plus tard.

En Afrique, les hominidés se diversifient à l’est (Ethiopie, Kénya, Tanzanie), au sud (Afrique du sud) et au Tchad. Apparaissent, puis disparaîtront, des espèces dont certaines seront à l’origine des hommes. Passent ainsi des Ardipithèques, plusieurs espèces d’Australopithèques, dont la célèbre Lucy, et des Paranthropes.

Ils ont tous en commun de pouvoir se tenir debout, de pouvoir marcher (gauchement), mais d’encore grimper aux arbres. Ils vivent dans les savanes. Ils mangent ce qu’ils cueillent. Ils sont peu carnivores. Ils n’ont pas inventé l’outil. Ils resteront dans leurs régions et surtout ne s’aventureront pas hors d’Afrique.

Parallèlement, les grands singes, habitants des forêts équatoriales et tropicales, vont évoluer vers les formes connues actuellement (chimpanzés, gorilles, orangs-outangs, …), nos cousins en somme.

L’ère quaternaire – de 2,5 millions d’années à nos jours

C’est celle du développement du genre Homo, donc des humains.

Un homme est capable d’une adaptation à l’environnement, supérieure aux autres espèces animales. Avec le temps, plus il accumulera ces capacités de s’adapter, plus la partie antérieure de son cerveau va se développer.

Il invente l’outil. Au départ, c’est une pierre ramassée qu’il va transformer pour la rendre plus tranchante pour diverses tâches : découper les peaux et la viande, creuser le sol pour récolter des racines, casser des branches. Les premiers outils connus actuellement datent d’il y a 2.5 Ma.

Il est capable de transmettre ses connaissances par le langage articulé, grâce à une transformation de son larynx, qui résulte de sa capacité à se tenir debout.
Il nomadise et étend son territoire, génération après génération, pour chercher sa subsistance.

Il y a 2.000.000 d’années, il a conquis toute l’Afrique et en est sorti vers le Moyen Orient. Plus tard, vers 500-400.000, il « inventera » le feu.

L’ère quaternaire se divise aussi en périodes géologiques : le Pléistocène (de 2.588.000 à 11.430 ans avant le présent) et l’Holocène (de 11.430 ans à nos jours). Les trois périodes du Paléolithique (infra) correspondent au Pléistocène. Celui-ci est caractérisé, sur le plan climatique, par des alternances de glaciation et de réchauffement qui vont conditionner le sol (les sédiments fluviatiles et surtout les limons éoliens), le paysage et la faune animale, ainsi que la possibilité ou l’impossibilité pour les humains de vivre dans certaines régions.

Et c’est particulièrement le cas dans nos régions de l’hémisphère nord où l’on a compté, entre 600.000 et aujourd’hui, quatre glaciations majeures, séparées par des périodes interglaciaires.

Lors des glaciations, les glaciers vont s’étendre jusqu’ aux Pays-Bas, au nord de l’Allemagne et à la Grande-Bretagne.Le niveau des mers est bas. On peut passer à pied le Pas-de-Calais et le sud de la Mer du Nord vers la Grande-Bretagne.

Les vents sont puissants, secs et froids, érosifs. Ils drainent sur de grandes distances des poussières (« farines de roches ») qui finissent par se déposer sous forme de loess (limons) sur le sol de toute la Flandre et de la partie nord de la région wallonne.

Le paysage des plaines est fait de grandes steppes ouvertes. Quelques troupeaux d’animaux (rennes, chevaux, mammouths, bisons, …) les parcourent. Ces périodes glaciaires sont peu propices à la vie humaine, sauf en bordure des steppes. Les premiers hommes en Europe occidentale apparurent d’abord dans les zones méridionales, autour de la Méditerranée. C’était il y a environ 1 million d’années.

Lors des périodes interglaciaires, les glaciers se retirent vers le nord et le niveau des mers remonte. Lors du Pléistocène Inférieur (2.588.000 à 780.000), le climat a tendance à être chaud et humide. Le paysage est ouvert et arboré. Il est parcouru par des troupeaux d’équidés (chevaux), de cervidés (cerfs, chevreuils), de bovidés (bisons, aurochs), de canidés (chiens, loups, renards), de proboscidiens (mammouths, mastodontes), de félins (tigres à dents de sabre, lynx), d’ursidés (ours)…

Les premiers groupes humains à s’aventurer plus au nord, notamment dans nos régions, semblent le faire il y a 500.000 ans.

La dernière période glaciaire s’est terminée lentement entre il y a 18.000 ans et 10.000 ans. Commence alors l’Holocène qui correspond à une période interglaciaire qui se continue jusqu’à aujourd’hui.

Le réchauffement climatique et l’humidité qui l’accompagne dans les zones tempérées permettent le reboisement. La Grande Forêt Charbonnière commence à couvrir alors une grande partie de la Belgique du nord au sud et particulièrement la vallée de la Haine.

Aux périodes géologiques, les préhistoriens préfèrent une autre division, basée sur les types d’outils utilisés :

  • Le Paléolithique Inférieur (de 2.588.000 à 130.000), dominé par les Homo Habilis et les Homo Erectus (ainsi que diverses formes qui s’en rapprochent, dont les européennes). C’est à l’occasion d’un réchauffement climatique que les humains vont gagner le Moyen-Orient et le Caucase, et sans doute une partie de l’Asie. C’était il y a 1,8 Ma. On voit ensuite en Europe des Homo Erectus, qui évoluent vers Homo Heidelbergensis, à partir d’1Ma dans les régions méditerranéennes et vers 500-400.00 dans nos régions. Ce sont les premiers hommes à fouler le sol de l’actuelle Belgique.
  • Le Paléolithique Moyen (de 130.00 à 45.000). En Afrique, l’Homo Erectus évolue lentement vers notre ancêtre Homo Sapiens (homme moderne) qui commence à migrer vers 100.000 au Moyen Orient, puis en Asie et en Australie. Il fait alors trop froid en Europe pour qu’il s’y risque. En Asie, Homo Erectus évolue vers des formes qui disparaîtront. En Europe, Homo Erectus, devenu Homo Heidelbergensis, a évolué vers l’Homme de Neandertal qui domine cette période.
  • Le Paléolithique Supérieur (de 45.000 à 11.430 ans BP, « before present », soit avant le temps présent). Les derniers néandertaliens disparaissent lentement en Europe jusqu’à 30.000. Toutes les formes archaïques disparaissent en Afrique et en Asie. L’homme moderne, Homo Sapiens, celui qui nous ressemble comme deux gouttes d’eau (sur le plan génétique et intellectuel, et non pas morphologique), les a supplantées sur tous les continents, dont l’Europe, à partir de 45.000, et l’Amérique (entre 30 et 15.000).

C’est pendant cette période qu’a lieu la dernière période glaciaire. Les hommes restent des nomades qui se déplacent au fil des saisons, comme les troupeaux qu’ils chassent, à la recherche de nourriture (animale et végétale) et de « logements » (les entrées de grottes et les abris sous roches).

  • En Europe, on décrit une période intermédiaire, le mésolithique (entre 9000 et 6000/5000 avant JC.). L’homme, toujours nomade, s’adapte aux nouvelles conditions climatiques moins rigoureuses. Ses déplacements sont moins importants. Il vit au bord des cours d’eau et en lisière de forêts. Celles-ci dominent dans nos régions. Il a diversifié ses méthodes de chasses.
  • Le néolithique signe la sédentarisation des humains qui inventèrent l’agriculture, l’élevage, l’habitation fermière, la poterie, le tissage. Cette «invention » commença au Moyen Orient très progressivement entre 10.000 et 6000 avant J.C., dans ce qu’on appelle le « Croissant fertile » (Palestine, Syrie, Mésopotamie), là où l’homme a pu trouver des espèces animales et végétales qu’il a pu domestiquer par sélection. Cette première grande révolution culturelle s’est alors répandue dans toutes les directions, et notamment vers l’Europe. Il a atteint nos contrées vers 5200.

Jemappes

Entité communale de  Mons

Le territoire

Superficie: 672 ha – Altitude: 30 m (centre)

Situation géographique: Jemappes est situé essentiellement dans la plaine de la vallée de la Haine. La Trouille y trouve son confluent à l’extrême nord-est du territoire.

Cours d’eau : La Haine au nord et la Trouille qui y trouve son confluent au nord-est.

Paysage antique: Autrefois, toute cette zone était marécageuse. Il en reste des prairies humides. Au sud, le village monte en pente. Les hauteurs jadis étaient boisées, comme toute la crête qui s’étend de Cuesmes et Frameries jusqu’au-delà de Bavay (bois d’Eugies, de Colfontaine, de Dour, …).

Nature du sol: alluvionnaire, sablonneux

Nature du sous-sol: craie – houille

Préhistoire

A notre connaissance, on n’aurait pas trouvé beaucoup d’indices de passages ou d’habitat humain pendant cette période, peut-être à cause de la nature marécageuse des lieux.

Néolithique (Homo Sapiens)

Des silex, attestant un possible atelier, furent retrouvés entre Flénu et Quaregnon (grattoirs, pointes de javelot et de flèches) par Mr Isaac. Il est difficile de préciser la période (mésolithique, néolithique ?). Ce serait le cas aussi aux lieux-dits « Campiau », « Mont Genestroit » et « la Morette » (sans précision).

Age du bronze

Des vestiges de l’âge du bronze ancien ont été découverts: une hache plate en cuivre, une hache polie en jadéite et une perle en bronze.

Antiquité gallo-romaine

Des vestiges gallo-romains furent trouvés : débris d’amphores, de poteries, dont certaines sigillées, une médaille en bronze à l’effigie de Commode, … (Selon Th. Bernier). Il est difficile de préciser quel type d’habitat il y ait pu avoir et où.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documenté

Le village

Première mention: 1065

Toponymie (anciennes orthographes)

  • Gamappium (1065)
  • Gamapium (1122)
  • Gamapia (1150)
  • Gemapia
  • Jummappes
  • Gemappes (1295)
  • Jemmapes (1792)

Etymologie (hypothèses d’origine du nom)

  • Eppe, en germanique = pomme (endroit où l’on trouve les pommes en abondance)
  • Geminius, un éventuel légionnaire romain
  • Gem/Jem = jumeaux (rencontre de deux rivières)
  • Gemapia = confluent (gam = marier ; apia = eau) en « vieil européen » – cette hypothèse parait la plus probable au vu de la situation géographique

Epoque de son apparition: probablement au Xème ou XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence

voies de communication: un chemin qui, au sud de la Haine, joignait l’abbaye de Mons à celle de Saint-Ghislain

sources d’eau ou cours d’eau: Haine et Trouille (d’autres ruisseaux?)

source de bois: sur la pente vers Flénu (actuellement défriché)

proximité d’un lieu de pouvoir: Mons (abbaye et le château comtal)

Structuration du village

Le noyau village s’est constitué au centre du territoire sous forme de petites fermes agglomérées. D’autres plus grandes se sont éparpillées aux alentours.

Plus tard les ouvriers miniers s’installèrent dans les quartiers proches de Cuesmes et de Flénu, qui était à l’origine un hameau de Jemappes.

Paroisse dédiée à: Saint Martin

Evêché: Cambrai jusqu’en 1803, puis Tournai

Décanat/doyenné: Mons

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Ghislain en 1122.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Le territoire de Jemappes faisait partie dès le VIIème siècle de possessions de l’abbaye Sainte-Waudru, soit par un don royal, soit comme domaine appartenant à Waudru elle-même. Le chapitre Sainte-Waudru (en fait le comte lui-même en tant qu’abbé laïc) y exerça les droits seigneuriaux.

A côté de la seigneurie de Sainte-Waudru, d’autres domaines (fiefs) existaient sur le territoire de Jemappes :

  • la seigneurie de Jéricho: fief “ample” (il ne devait que certaines taxes, mais pas l’ost ni la chevauchée), vassale directe du comte. Le comte y était représenté par des maires héréditaires, dont certaines familles sont mentionnées (les Masnuy dès 1314, les Fourneau dès 1617, et enfin les Le Louchier d’Ath jusqu’à la fin de l’Ancien régime. Le dernier d’entre eux, Rodolphe-François le Louchier, qui a sa pierre tombale dans l’église de Baudour, fit carrière dans l’armée wallonne (régiment d’Arberg) attachée à celles des Autrichiens, dont il finit général-major en 1789.
  • la seigneurie de la Motte (ou de l’Avouerie). C’était une ancienne cense (ou courte), tenu de Ste Waudru, sous forme de fief lige d’abord (XVème), puis de fief ample (XVIème). Le premier feudataire aurait été le seigneur d’Havré et de Ghlin, qui l’avait acquis en 1374 d’Henri de Jemappes. Un fils bâtard, Jacques de la Motte, le reçut en 1410. D’autres familles sont mentionnées ensuite :
    • de la Croix
    • de Hellefaut
    • de Dessus le Moustier

Un pont traversait la Trouille sur le chemin de Ghlin.

  • Le fief Pouillart. Il s’agissait d’une enclave à l’intérieur du fief de Jéricho (probablement par cession de père à fils). En fait, elle n’était composée que de terres labourables. Ce fief fut acquis par Piérart Cloquette en 1385 de Guillaume de Masnuy.
  • En furent ensuite propriétaires : les Pouillart, et en 1780, Alexis de Sales de Vinchant, seigneur d’Orpignies.

D’autres fiefs existaient au sein du fief de Jéricho :

  • le fief de Le Cout
  • le fief de Le Leup
  • le fief de Dormon
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Mons
La commune

Jemappes eut son mayeur héréditaire et ses échevins dès le XIIème siècle. Les habitants obtinrent du comte des franchises communales en 1328.

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Pays-Bas (de 1814 à 1830), puis Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Mons
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Mons
  • Entité communale depuis 1977: Mons
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

On raconte que le comte Régnier IV (998-1013), seigneur cruel, eut à réprimer durement une révolte des Jemappiens, emmenés par leur seigneur (mayeur?) Masnuy, ainsi que des villages attenants (Cuesmes, Flénu, Ghlin).

En 1379, le comte Aubert de Bavière, en cherchant à améliorer la navigation sur la Haine, fit aménager les berges et la zone de confluence avec la Trouille pour pouvoir amener les marchandises au « Rivage » de la ville de Mons, ce qui alla de pair avec un assèchement de la zone marécageuse et inondable entre Jemappes et Ghlin.

Lors du siège de Mons en 1572, ville occupée par les Calvinistes de Louis de Nassau, le duc d’Albe, gouverneur des Pays-Bas Espagnols, plaça ses troupes à Jemappes, à Cuesmes et dans les autres villages autour de Mons.

D’après Adrien de Montigny (fin XVIème)

Lors du siège de Mons en 1691 par les armées françaises de Louis XIV, celles-ci furent disséminées dans les villages autour de la ville, et notamment à Jemappes. Ils détournèrent le cours de la Trouille pour éviter que les assiégés n’inondent l’accès à la ville.

Carte de Ferraris (XVIIIème)

La Bataille de « Jemmappes »

Célèbre, elle eut lieu le 6 novembre 1792.

L’armée du général Dumouriez, dont le quartier général se trouvait à Onnaing, envoya ses troupes par Quarouble, Quiévrain, Thulin, Hainin et Boussu. L’avant garde, emmenée par de Beurnonville, comprenait de nombreux Belges, dont des Borains et des Jemappiens, déjà acquis aux idées de la Révolution. Une partie fut repoussée par les Autrichiens sur les hauteurs de Boussu-Bois. Mais les Français tinrent bon et s’avancèrent vers les Autrichiens dont le gros de la troupe se trouvait à Mons, dirigé par le gouverneur lui-même, le duc de Saxe-Teschen, alors que Cuesmes et Jemappes étaient tenus par Clerfayt, Baulieu et Berthaimont, sur des positions hautes et boisées, apparemment imprenables.

C’est pourtant grâce aux conseils de Jemappiens que les Francais purent prendre les Autrichiens par revers et décimèrent leurs armées. Ils les avaient aidés à franchir la Haine pour surprendre les Autrichiens par le Nord. Ces derniers abandonnèrent Mons où Dumouriez pénétra en libérateur. On lui fit remit les clés de la ville et on lui fit la fête.

Lors du retour des Français en 1795, ils partagèrent la Belgique en neuf départements, dont celui de « Jemmappes », qui correspondait plus ou moins à l’ancien comté de Hainaut (on y ajouta le Tournaisis).

En 1830, on trouva à Jemappes de nombreux partisans du rattachement à la France. Cependant, la cité légua au Congrès National quelques-uns de ses habitants: Goffin, Sigart, Lecrep.

La cité connut des révoltes sociales au XIXème siècle.

  • le 25 octobre 1836 (à propos d’un règlement contesté des houillères),
  • en avril 1848 : grève des mineurs pendant deux semaines (contre une réduction des salaires et la suppression des cabarets)
  • en 1857 : émeute très violente contre la « loi des couvents »
  • en décembre 1868 et en juin 1872.

Après avoir été un bastion du rattachement à la France, Jemappes devint un bastion de l’Internationale socialiste.

Première guerre mondiale

En août 1914, lors de la bataille de Mons, le quartier Jéricho eut à subir des bombardements. Les Ecossais y avaient pris position le 22 août. Deux corps d’armée anglais attendaient les Allemands, l’un sur une ligne Mons-Condé et l’autre entre Binche et Mons. En face se présentèrent trois corps d’armée allemands et un quatrième tenta de les contourner vers Tournai. Les Anglais firent retraite.

L’occupation fut pénible à Jemappes, car les Allemands y avaient placé une zone d’étape. De nombreuses réquisitions eurent lieu.

Deuxième guerre mondiale

Lors de la libération, les 2 et 3 septembre 1944, on eut à déplorer de nombreuses victimes parmi les Jemappiens par le fait de soldats allemands en retraite et effrayés. Ils passaient sur la route de Valenciennes à Mons en un flot ininterrompu. Les Américains débouchèrent de Flénu vers 18h00 et firent feu, relayant des mitraillades aériennes et provoquant une débandade chez les fuyards. Les résistants jemappiens passèrent aussi à l’action. La Gestapo était présente et des exactions (exécutions sommaires, pillages) furent très nombreuses (une soixantaine de personnes) dans la population, avant qu’ils ne prennent définitivement la direction de Ghlin.

Lors de la libération en septembre 1944
Economie

Agriculture et élevage furent les activités essentielles des Jemappiens, dans les fermes seigneuriales et dans les petites exploitations.

Entreprises annexes:

Moulin (s): il existait un moulin sur la Trouille (avec une ferme du « Moulin » ou de la « Marmite »), situé à cheval sur Cuesmes et Jemappes. Un écluse sur la Haine se trouvait à proximité. Cette ferme et son moulin disparurent lors du détournement du lit de la Trouille au début du XXème siècle.

Ferme du Moulin (sur la Trouille)

Brasserie (s): plusieurs sont répertoriées au XIXème siècle d’après le site web: http://jemappespasse-present.skynetblogs.be/archive/2015/11/13/les-brasseries-8554115.html#more

Exploitation du sous-sol

Extraction de la houille

Elle est mentionnée à Jemappes dès la fin du XIIème siècle. Les houillères étaient des concessions accordées à des exploitants par le chapitre de Ste Waudru et les comtes de Hainaut, qui en percevaient de belles redevances (le cinquième de la production). Avec le temps, elles devinrent très nombreuses, ce qui aboutit à de nombreux conflits entre les exploitants.

Les puits relevés au XIXème siècle (certains à Flénu):

  • Ostennes, 1820
  • Auflette, 1812
  • Produits, 1813
  • Horiau, 1811
  • Bonnet Roi, 1812
  • Grand Buisson, 1811

Au XXème :

  • Puits 27
  • Puits 28 (La Nouvelle Fosse), 1906 des Produits de Levant de Flénu

Avec le développement des charbonnages de Cuesmes et Flénu, une grande partie des villageois, au XIXème et au XXème, travaillaient dans ces entreprises (extraction au fond des mines, transport vers la Haine, puis vers le canal). Jemappes connut aussi ses drames au fonds des puits (1793, 1860, 1865, 1872, 1908).

Extraction de craie

On note deux carrières de calcaire crayeux et un four à chaux.

Autres types d’entreprises

  • des forges
  • les ateliers mécaniques du Borinage
  • une verrerie (quartier Jéricho)
  • une faïencerie (idem)
  • le Tissage des Flandres
  • raffinerie de sel
  • savonnerie
  • tannerie

En 1869, Victor Demerbe, maître des forges, fonda les “Laminoirs, forges et fonderies de Jemappes”. Les progrès furent rapides, grâce à l’utilisation des nouvelles technologies en matière de laminage du fer et d’aciers divers. Six ans plus tard, six cent personnes y travaillaient.

En 1873, eut lieu une explosion qui fit quatorze morts. Entre 1950 et 1960, on abandonna certains produits concurrencés pour fabriquer de l’acier de qualité. Il fallut la crise sidérurgique des années soixante et septante pour que les Laminoirs ferment leurs portes (1977). De plus, beaucoup de produits étaient liés à l’exploitation du charbon. Laissé à l’abandon, le site fut rasé, hormis quelques bâtiments, dont l’infirmerie et la demeure directoriale.

Voies de communication

Le village est né au sud de la Haine, qui était navigable, probablement dès l’Antiquité avec des barques à fond plat.

Les routes

Un chemin médiéval  reliant Mons à Saint-Ghislain devait passer dès la période mérovingienne par l’actuel centre du village.

Un autre, situé un peu plus au sud, à Flénu, allait de Valenciennes vers Estinnes (puis Binche), sans doute apparu vers le VIIIème siècle.

La route actuelle de Mons à Quiévrain date de 1752.

Le canal de Mons-Condé, achevé en 1818, permit un développement maximal des activités, grâce à une exportation importante, notamment vers la France, vers la Flandre, Anvers et les Pays-Bas.

Il laissa la place au début des années ‘1970 à l’autoroute E19/E42.

La ligne de chemin de fer Mons-Saint-Ghislain-Quiévrain fut inaugurée en 1842. La gare actuelle date de 1898. Elle servit beaucoup au transport de la houille. Elle fut bombardée en 1914 et en 1944.

Une ligne de tramway (ligne 7) fonctionna entre Mons et Quiévrain, via Dour et Wihéries) passant par Jemappes (je n’ai pas de précision sur les dates de mise en fonction et d’arrêt. Y avait-il aussi des trams vers d’autres directions: Ghlin, Flénu?)

Patrimoine

Eglise St Martin

Elle fut reconstruite en 1863, mais subit des destructions au début de la première guerre mondiale. Les réparations eurent lieu en 1920.

Château de la Motte

Sur le fief du même nom, au sud de la Haine, il fut rebâti vers 1785 par un banquier montois, Mr Guillochin. Son grand parc (20ha) est actuellement celui de la commune, comprenant un arboretum, des étangs et des aménagements sportifs.

Le Coq

Monument sur la butte du Campiau, érigé à l’initiative de Jules Destrée. Il commémore la victoire française de 1792 et fut inauguré en 1911. C’est un obélisque en pierre bleue, avec à son sommet un coq gaulois métallique, dû au sculpteur Jean Gaspar. Il fut détruit lors de l’arrivée des Allemands en août 1914 et fut reconstruit en 1922. Au pied, se trouve un canon, vestige de la bataille de 1792, retrouvé en 1934 à Wasmes.

Pavillon Tabuteau. Dans le quartier du Marais, il vit passer Victor Hugo.