Trivières

Entité communale de La Louvière

Le territoire

Superficie: 731 ha

Altitude:  Le noyau originel du village s’est constitué au bord de la Haine, dans un petit vallon (altitude de 55m dans le fond – 75m sur les versants).

Situation géographique : dans la vallée de la Haine

Cours d’eau : la Haine, le ruisseau de la Princesse

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux et boisé

Nature du sol : alluvionnaire, limoneux, sablonneux

Nature du sous-sol : grès, calcaire, houille

Préhistoire

Ages du fer : 

Une urne funéraire, une lance et une hache de fer ont été découvertes (Th. Bernier).

Antiquité gallo-romaine

Quelques découvertes font penser à la possibilité d’un port artificiel sur la Haine. Mais celle-ci n’était, semble-t-il, pas navigable en amont de Mons.

On a retrouvé un four à chaux utilisé à cette époque.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

On a mis à jour une grande nécropole mérovingienne, occupée de 480 à 610 environ. Elle comportait 385 tombes sur une surface d’un hectare.

Les tombes des femmes renfermaient des bijoux somptueux (notamment en or), alors que celles des hommes, plus grandes, contenaient des armes (haches, lances, pointes de flèches, un casque en fer) et des fibules.

Cette nécropole n’est pas très éloignée du domaine fiscal d’Estinnes, possible propriété des Pippinides et notamment de Pépin de Landen au VIIème siècle.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: ?

Toponymie (anciennes orthographes) : ?

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

Certains attribuent le nom du village au fait que sur son territoire aurait eu lieu une bataille épique entre les Trévires et des légions romaines au temps de Tibère et de Drusus (début de notre ère). Les premiers furent massacrés. Ceci est fort peu probable, parce que les Trévires étaient installés dans les Ardennes et à l’est de celles-ci. D’autre part, aucun texte ne relate ce fait.

Par contre, trois rivières (Haine, ruisseau de la Princesse et Rieu des Estinnes) traversent son territoire.

Enfin, on pourrait aussi penser à « trois chemins » du latin trivium. Ceux qui du centre du village conduisent à Saint-Vaast, Strépy et Estinnes.

Epoque de son apparition

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique ou médiévale d’importance

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Martin, dépendante de celle de Péronnes jusqu’en 1803.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye Saint-Feuillien du Roeulx.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

Comme pour les villages voisins, le territoire appartenait aux comtes de Hainaut au début de la féodalité. A des moments mal précisés, il y eut plusieurs seigneuries ou fiefs sur le territoire de Trivières.

  • La seigneurie principale (infra)
  • Le fief du Solis
  • Le fief de la seigneurie de Rebecq
  • Un fief foncier de l’abbaye de Saint-Feuillien du Roeulx

La seigneurie principale

On trouve chez Th. Bernier la mention d’une « famille de Trivières » qui aurait été titulaire de celle-ci dans un premier temps. On n’en trouve aucune trace. Il semble en fait que cette seigneurie ne fut attribuée que tardivement, entre 1430 et 1470, soit du temps de Philippe le Bon. Celui-ci venait d’acheter le comté de Namur à Jean III, ruiné par les dettes. Il venait aussi de forcer la comtesse de Hainaut, Jacqueline de Bavière, à faire de lui son héritier. 

Famille de Namur-Trivières

Il est possible que Philippe le Bon ait donné le village de Trivières à Jean de Namur (v1415-1505), un fils illégitime du comte Jean III. Ce chevalier était d’ailleurs au service du duc de Bourgogne, notamment dans sa guerre contre les Liégeois. Lui succédèrent :

  • Antoine de Namur (v1454- ?), son fils. Il fit un pèlerinage en Terre-Sainte. Il séjourna ensuite à la cour du roi Louis XII de France. Il serait revenu de Palestine avec une « épine de la couronne du Christ » et aurait décidé de la placer dans une chapelle qu’il fit construire dès 1510 et où il se fit enterrer.
  • Philippe I de Namur (v1490-v1558), fils du précédent
  • Philippe II de Namur (1527- ?), fils du précédent, sans descendance
  • Antoine de Namur ( ?- ?), frère du précédent, sans descendance. Leur sœur Marie hérita du domaine.

Maison de la Hamaide

Il s’agit d’une branche cadette de cette famille originaire du Hainaut occidental.

  • Jacques de la Hamaide ( ?-1548), seigneur de Chérenq. Il devint seigneur de Trivières après son mariage avec Marie de Namur-Trivières (1524-1583).
  • Charles de la Hamaide ( ?-1596), fils du précédent, aussi gouverneur-prévôt de Binche
  • Charles de la Hamaide (1580-1649), fils du précédent, prévôt à Mons
  • Jean Charles de la Hamaide (1616-1668), fils du précédent
  • Nicolas de la Hamaide ( ?-1696), fils du précédent, qui fit une carrière militaire et mourut sans enfant

Maison du Chastel de la Howarderie

  • Robert François du Chastel de la Howaderie (1658-1713) est devenu seigneur de Trivières après avoir épousé Anne-Marie de la Hamaide (1683-1713), nièce de Nicolas de la Hamaide.
  • Il est possible (pas sûr) que son fils Charles Léopold Joseph du Chastel de la Howarderie ( ?-1730) ait hérité de ses domaines, comme ce fut le cas pour Boussoit et Strépy. 
  • Il décéda sans postérité, laissant tous ses biens à sa sœur Marie-Catherine du Chastel ( ?-1751). Elle avait épousé Antoine Joseph de Rodoan, seigneur de Fontaine-l’Evêque. Mais on ne trouve pas trace de Trivières dans leurs avoirs.

Maison de la Barre

Il est probable que Trivières soit « passée » chez une fille d’Odile Dorothée Jeanne de la Hamaide (1633-1701), sœur de Nicolas de la Hamaide, qui avait épousé Jean-Paul de la Barre (1617-1690). Ce couple, décédé avant Nicolas de la Hamaide, avait eu une fille, Marie-Odile de la Barre. Celle-ci avait épousé Ferdinand d’Assignies.

Famille de Looz-Corswarem

Louis Félix Emmanuel de Looz-Corswarem avait épousé Marie Françoise Odile d’Assignies, fille des précédents. Ils eurent Charles Louis Auguste de Looz-Corswarem (1716-1784), à coup sûr seigneur de Trivières. Chambellan à la cour de Vienne, puis de Prusse, il resta célibataire.

Famille de Broechem

  • On retrouve Trivières chez André Maximilien Joseph van Broechem (1751- ?) qui l’a probablement acheté.
  • Sa fille, Marie Thérèse Sophie Ghislaine van Broechem (1782- ?) en hérita. Elle épousa en 1806 François Charles Martin Ghislain de Wolff van Moorsel (1783-1839).

En 1794, ils perdirent leurs droits féodaux sur les habitants du village, mais conservèrent le château et leur propriété.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: Le Roeulx
Economie

Elle fut essentiellement agricole.

On y trouva aussi des brasseries.

Un moulin sur la Haine est attesté en 1739 et 1789, propriété des Corswarem. Ses vestiges ont disparu avec la canalisation du lit de la Haine dans les années ‘2000.

Exploitation de la houille

En 1786, une concession fut cédée à la Société de Saint-Denis-Obourg. Elle fut vendue à la Société du Bois-du-Luc qui la conserva jusque 1822.

Patrimoine

Eglise Saint-Martin. L’actuelle remplace, depuis 1877, un édifice (chapelle ?) du XIIème siècle démoli vers 1875. Elle est en style roman.

Chapelle de Notre-Dame-du-Puits. De style gothique, elle fut construite en 1509 par Antoine de Namur pour y faire sa sépulture. L’originale fut détruite au XVIème siècle, mais fut reconstruite par un de ses descendants vers 1664. Elle fut endommagée à la Révolution. On la restaura.

Château de Wolff de Moorsel. Probablement construit au XVIIIème, peut-être à la place d’un château plus ancien. Vendu en 1908 à la Société civile des charbonnages de Bois-du-Luc et Trivières.  Puis cédé en 1914 à la commune de Trivières qui y transféra son administration. On déplora quelques démolitions pendant la Première Guerre. Un incendie en 1949 détruisit le bâtiment. Il fut reconstruit en 1953.

La Louvière

Entité communale de La Louvière

 

La Louvière était à l’origine un lieu-dit (avec une ferme) de Saint-Vaast. Le développement économique et l’augmentation démographique au XIXème siècle en ont fait un hameau qui s’est détaché de Saint-Vaast pour devenir un village autonome en 1859. La Louvière obtint le statut de ville en 1985.

 

Le territoire

Superficie: 868 ha

Altitude: 130 m (centre)

Situation géographique : le territoire se trouve sur le versant nord de la vallée de la Haine en bordure du plateau brabançon.

Cours d’eau : le Thiriau

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, calcaire, houille

Préhistoire – Antiquité gallo-romaine – Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Périodes non documentées.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1157 (pour le lieu-dit)

Toponymie (anciennes orthographes) : 

Les premières mentions écrites de ce territoire faisaient état des noms “Ménaulu” ou “Ménulut” dans des chartes du XIIème siècle. Ce terme était issu du mot Meigne qui signifiait « repaire du loup ». Il était traduit en latin par:

  • Luperia, 1157
  • Lovaria, 1168
  • Le Levière, 1217
  • La Louvière, dès 1284.

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

La Louvière était ainsi le nom d’un domaine qui comportait une ferme appelée « La Grande Louvière ». La chapelle de celle-ci est encore visible sur le territoire de Saint-Vaast. Au début du Moyen-Age, ce territoire faisait partie de la Forêt Charbonnière et les loups y étaient encore nombreux, craints et chassés par les seigneurs.

Epoque de son apparition: le village n’apparait qu’au XIXème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique ou médiévale d’importance

sources d’eau ou cours d’eau: le Thiriau

source de bois: région boisée

Paroisse dédiée à Saint-Vaast (celle de Saint-Vaast)

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: La Louvière
Histoire du village

Il n’y eut pas de village ici avant la fin du XVIIIème siècle. Juste une ou deux fermes à l’écart du village de Saint-Vaast dont elles faisaient partie. On les appelait la Grande-Louvière et la Petite Louvière.

L’abbé d’Aulne possédait sur les deux rives du Thiriaux de grandes possessions. Le domaine de la ferme de La Louvière était l’une d’entre elles. Une auberge exista aussi sur ce territoire. Ce domaine agricole relevait du comté de Hainaut et du baillage du Roeulx, comme le village de Saint-Vaast dont il dépendait, sur le plan administratif (commune) et religieux (paroisse).

Cette situation persista jusqu’à la fin de l’ancien régime et même au-delà. Avec le développement industriel, on constata une forte augmentation démographique du hameau qui dépassa vite celle du village dont il dépendait. Une première église ne fut érigée qu’en 1851-1852 à l’initiative de l’administration communale de Saint-Vaast. Sont venues ensuite s’y joindre des écoles et un cimetière.

L’autonomie communale

Finalement, suite à des demandes réitérées de la population locale, ce hameau, industriel et commercial, hypertrophié, fut érigé en commune indépendante sous le nom de La Louvière en 1869.  Tout cela dans une atmosphère politique dramatisante empreinte de séparatisme.

Le village se développa de façon fulgurante, prenant même des allures urbaines. A la population ouvrière des premiers temps, sont venus se joindre de nombreux commerces. Une autre église fut construite en 1867. L’ancienne fut détruite. De nouvelles écoles apparurent.

En 1977, la Louvière groupa autour d’elle quelques communes voisines lors des fusions. Ce n’est qu’en 1985 qu’elle obtint le statut de ville.

Economie

Pendant des siècles, la ferme du hameau était la seule entreprise du lieu.

De la craie fut extraite du sol.

Exploitation houillère

On commença à y extraire de la houille à partir de 1390. Ce qui n’était pas du goût des moines d’Aulne.  C’est pourquoi, l’exploitation ne démarra réellement qu’au début du XVIIIème siècle. On vit alors une multiplication des charbonnages, comme dans toute cette région du Centre.

La consommation locale se montrait insuffisante. Il fallut miser sur l’exportation, d’autant plus que la révolution industrielle créait un grand besoin de combustibles. On développa des voies de communication

  • Routes
  • Canaux: le canal du Centre (1880)
  • Chemin de fer (lignes 112 et 118)

De nouvelles industries liées au charbon s’implantèrent.

  • Verreries (Glaverbel)
  • Faïenceries (Boch)
  • Laminoirs
  • Fonderies
  • Constructions métalliques et mécaniques (Boël)
  • Industries alimentaires et vestimentaires

Deux entreprises importantes ont été à l’origine de la création de la ville:

La Manufacture Boch fut crée en 1841 par Jean-François Boch, actionnaire de la Société Villeroy et Boch née en 1836. La faïencerie de La Louvière faisait partie d’un groupe plus large implanté surtout au Luxembourg. Autour des ateliers, apparut une cité ouvrière dotée d’une salle de fêtes, le château du directeur (La Closière) et des maisons bourgeoises pour les cadres. Ce site fut baptisé Keramis en hommage aux potiers athéniens. L’usine a rapidement été modernisée: le premier four tunnel continu au gaz en Europe (1904) remplaçant les fours au charbon. On y développa la création artistique dans des ateliers spécialisés. Après une longue période de prospérité et de renommée mondiale, cette société fut marquée par le déclin économique des bassins houillers wallons. Elle connait une première faillite en 1985. Malgré plusieurs changements de direction, la prospérité ne revint pas et une faillite définitive est prononcée en 2011. La commune créa alors l’atelier Kéramis destiné à la recherche dans le domaine de la céramique.

L’entreprise sidérurgique Boël. Gustave Boël (1837-1912), originaire d’une famille d’agriculteurs à Houdeng-Goegnies, après ses études, entra aux “Forges, fonderies et laminoirs d’Ernest Boucquérau” créés en 1853. Chef d’atelier, puis directeur, il sauva son patron de la faillite en 1865. Par gratitude, ce dernier en fit son héritier en 1880. Gustave Boël modernisa l’outil pour en faire une aciérie qui devint une des principales de Belgique. Il monta un groupe industriel en prenant des participations dans d’autres entreprises de la région du Centre et de Charleroi.  Ses descendants lui succédèrent. L’usine de La Louvière fut démantelée par les Allemands pendant la Première Guerre Mondiale et ne redémarra qu’en  1924. Elle devint “S.A. Usines Gustave Boël” en 1928. Après une longue période de prospérité, l’entreprise fut aussi atteinte par le déclin économique wallon. Elle passa dans des holdings étrangers (la néerlandaise Koninklijke Hoogovens en 1997, puis l’italo-suisse Duferco en 1999).

NLKM (non documenté)

Maurage

Entité communale de La Louvière

Le territoire

Superficie: 608 ha

Altitude: de 75 à 85 m

Situation géographique : Le village de Maurage est apparu dans la vallée de la Haine. Celle-ci le traverse d’est en ouest. Le noyau bâti s’étale de part et d’autre sur les deux versants. Jadis, le fond de la vallée (altitude 75m) était marécageux et sujet aux inondations. Des travaux d’approfondissement de la rivière et plus tard sa canalisation ont résolu ce problème. Les deux versants se prolongent vers des plateaux peu élevés (75m au nord et 85m au sud).

Cours d’eau : la Haine

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux (fond) et boisé (versants). Il persiste le bois de la Garenne (hêtres, chênes, bouleaux, charmes, marronniers) qui s’étend entre Boussoit et le nord-ouest de Maurage.

Nature du sol : alluvionnaire, argileux, sablonneux

Nature du sous-sol : calcaire, grès, houille

Préhistoire

Non documentée.

Antiquité gallo-romaine

Selon Th. Bernier, on aurait trouvé au XIXème siècle des briques et des poteries romaines. Pas de précision quant au type d’habitat.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

On sait qu’au milieu du VIIème siècle, le territoire de Maurage faisait partie (avec celui de Strépy) des possessions de la famille de Madelgaire (Saint-Vincent). Ce dernier en fit don à l’abbaye d’Haumont.

De cette époque, on a trouvé les vestiges d’un cimetière de 80 tombes, contenant du mobilier funéraire (colliers, fibules, garnitures de ceinture). Il aurait été utilisé entre 625 et 700.

Au IXème siècle, le village ou une partie de celui-ci faisait partie des possessions de l’abbaye de Lobbes (polyptyque de 868).

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 868

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Maregium (868, polyptyque de l’abbaye de Lobbes)
  • Marages (1186)
  • Marège (1231)
  • Maraige (1265)
  • Maraiges (1369)
  • Marages (1372)
  • Mairages (1425)
  • Mauraige (1433)
  • Maurage depuis 1787

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : Le nom pourrait provenir du germanique marithja signifiant « marécage, terre aux mares » ou du tudesque (VIIème) marash ou moeras « marécage, sol fangeux ». Ce qui correspond bien à l’aspect qu’avait la vallée de la Haine jadis.

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique ni médiévale importante

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Saint-Jean-Baptiste

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie. 

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): baillage du Roeulx

Seigneuries et fiefs

Le territoire du village était partagé en plusieurs fiefs. Plusieurs d’entre eux appartenaient à des institutions religieuses, suite à des donations dont on ne connait pas la date:

  • Le fief du chapitre Saint-Vincent de Soignies
  • Le fief du chapitre de Sainte Waudru de Mons
  • Le fief de l’abbaye de Saint-Denis en Broqueroie
  • Le fief de l’abbaye d’Haumont

Il existait, à côté, deux seigneuries laïques :

  • La seigneurie principale du village
  • La seigneurie de Malapert, probablement un arrière-fief tardif de la première

La seigneurie principale

Au XIème siècle, Baudouin I et la comtesse Richilde donnèrent un grand territoire composé de plusieurs domaines, dont certains avec des villages, à une famille proche dont descendirent les seigneurs du Roeulx. L’ensemble a constitué une circonscription administrative et judiciaire, le baillage du Roeulx.  Ces seigneurs ont conservé le grand domaine du Roeulx pour eux et leur descendance. Dans les siècles qui suivirent, ils ont distribué les seigneuries villageoises en apanage à plusieurs familles. Ce fut le cas pour le village de Maurage. Sa seigneurie principale fut donnée à une famille qui prit le nom du village.

Famille de Maurage

Sont cités comme chevaliers et seigneurs de Maurage :

  • Herman de Maurage ( ?-apr1144), fils d’Ernout de Maurage, dont on ne sait s’il exerça les droits seigneuriaux.
  • Simon « l’Ancien » de Maurage ( ?-avt 1188), fils du précédent
  • Simon « le Jeune » de Maurage ( ?-avt1229), fils du précédent
  • Jean de Maurage ( ?-avt1240), fils du précédent
  • Jean « el Poireth » de Maurage, fils du précédent
  • Mathieu « le Bègue » de Maurage ( ?-apr1333), une ou deux générations après le précédent
  • Jean « le Sausse » de Maurage ( ?-apr1388), fils du précédent
  • Mathieu de Maurage ( ?-apr1437), fils du précédent
  • Michel de Maurage, fils du précédent
  • Mathieu de Maurage ( ?-v1437), fils du précédent. Il n’eut que deux filles, dont l’une, Jeanne de Maurage (1401- ?), hérita de la seigneurie. Elle se maria trois fois. Eut-elle des enfants ?

Il est possible qu’à sa mort, Maurage rentra dans les domaines des comtes de Hainaut et qu’en 1433, tout comme pour le Roeulx, la seigneurie fut donnée à la famille de Croÿ (voir chapitre « le Roeulx »).

On cite aussi la famille de la Barre au XVII-XVIIIème siècle. Détenait-elle la seigneurie principale ou un fief secondaire ? Ce serait à partir de Philippe de la Barre (1516-1599). Plus de renseignements seraient utiles à ce sujet.

Plan de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: Le Roeulx
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Les paysans du village ont eu à subir des dommages de différents conflits.

A commencer par les ravages faits dans la région en 1072 par Robert le Frison, prétendant au comté de Flandre, après sa victoire sur Richilde et Baudouin II, comtes de Hainaut et de Flandre.

En 1185, les troupes du duc de Brabant et de l’archevêque de Cologne, en conflit avec le comte de Hainaut, vinrent saccager les villages entre Binche et le Roeulx. Maurage était du nombre.

En 1554, le roi de France Henri II, qui s’attaqua aux châteaux de Binche et Mariemont, pilla plusieurs des villages à proximité.

Economie

Le sol et le sous-sol de Maurage furent exploités. Longtemps, l’activité principale des habitants fut l’agriculture et l’élevage.

On a exploité la chaux du sous-sol  calcareux et entretenu des fours à chaux.

Des carrières de sable blanc et jaune, utilisé pour la construction, ont aussi été exploitées. Elles ont disparu. Jadis ce sable était exporté vers les villages voisins à dos d’ânes, d’où la dénomination populaire de « village à baudets » pour Maurage.

Exploitation houillère. Elle apparut tardivement.

La concession de « Bray, Maurage, Boussoit » fut accordée en 1827 par le roi des Pays-Bas au vicomte Desmaret de Biesme. Celui-ci vendit ses droits en 1837 à une société d’exploitation et une avaleresse fut creusée à Bracquegnies. Une inondation mit fin au chantier en 1840. Endettée, la société fut achetée par un groupe d’industriels belges qui en firent une société anonyme.

On a creusé dès 1872 trois puits : Saint-Jean, Marie-José, La Garenne. L’entreprise devint rentable. Un quart de la surface du village fut consacré à cette activité. On y exploitait du charbon gras et semi-gras.

Elle acheta la concession du Levant de Mons. Cette entreprise devint en 1904 la « SA des Charbonnages de Maurage ». Elle exploitait sous les localités voisines de Boussoit, Bray, Strépy, Thieu, Trivières. A cette époque, le village connut une forte expansion démogra-phique, due à l’immigration.

Le charbonnage ferma en 1961.

Patrimoine

Eglise Saint Jean-Baptiste. Gothique 1420. En 1883, fut fondé un couvent de religieuses augustines.

Houdeng-Goegnies

Entité communale de La Louvière

Ce village s’appelait autrefois « Goegnies », puis « Goegnies-lez-Houdeng » (pour le différencier de Goegnies-Chaussée) au XVème siècle et enfin « Houdeng-Goegnies » après 1830.

Le territoire

Superficie: 887 ha

Altitude: de 60 (La Barette) à 138 m (près de Besonrieux)

Situation géographique : Le territoire se situe sur le versant nord de la vallée de la Haine, en bordure du plateau brabançon 

Cours d’eau : Il est parcouru par le ruisseau du Thiriau-du-Luc (et son affluent le Rieu Baron) qui va se jeter au sud à Strépy dans la Haine. Une des sources de la Sennette se trouve au nord vers Besonrieux.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : boisé (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux, sablonneux

Nature du sous-sol : grès, houille

Préhistoire

Période non documentée. Hormis un tumulus dans le bois de Besonrieux.

Antiquité gallo-romaine

Une villa aurait existé, dont les vestiges furent mis à jour en 1890-1891 (pas de précision).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documentée.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1119

Toponymie (anciennes orthographes) : 

Pour Houdeng, voir le chapitre Houdeng-Aimeries. Ce nom désigne un endroit couvert de houx (houssaie).

Le nom du village s’orthographiait autrefois :

  • En 1119, Golaniis
  • En 1157, Goegniz
  • En 1175, Goinies
  • En 1433, Ghoegnies

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :  On pense qu’il provient d’un nom de personne (goin-).

Le suffixe –ies vient de –iacum, iacas (gallo-roman) et de –acon (gaulois) signifiant « lieu, propriété ».

Pour certains étymologistes, ce village aurait été la  « villa de Goeius  ou de Gaujo ou de Goiens», un chef franc de la période mérovingienne ou carolingienne.

Epoque de son apparition: au XIème ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique d’importance, ni de voie médiévale, hormis le chemin qui reliait Le Roeulx à ses dépendances, dont Houdeng et Morlanwelz.

sources d’eau ou cours d’eau: le Thiriau

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Saint-Géry, dépendante de celle d’Houdeng (Aimeries).

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche, puis Le Roeulx

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné en 1119 à à l’abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie par l’évêque Burchard de Cambrai (plus ancienne mention de Houdeng).

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): baillage du Roeulx

Seigneuries et fiefs

Dans cette région, la plupart des domaines d’époque carolingienne appartenaient aux comtes de Hainaut au moment de la constitution des villages et du début de la féodalisation. Une partie autour du Roeulx (« Terre du Roeulx ») fut donnée à une famille qui porta le nom du lieu. Elle démembra une part de ce grand territoire en accordant des fiefs (villages et biens fonciers) à quelques familles locales. Ce fut le cas pour le village voisin de (Houdeng)-Goegnies. Quant aux comtes, ils firent de même sur les territoires qui relevaient de leur juridiction.

Le village de Goegnies se composait de plusieurs seigneuries, toutes détachées des possessions des seigneurs du Roeulx, à certains moments de la période féodale. Leurs titulaires étaient donc des vassaux de ces derniers, qui  étaient seigneurs haut-justiciers. Eux-mêmes exerçaient les droits seigneuriaux (cens, corvées, rentes diverses, petite et moyenne justice) sur leurs manants.

Certaines seigneuries empiétaient sur l’actuel territoire de Houdeng-Aimeries :

  • Les seigneurs du Roeulx conservèrent la plus grande partie du territoire pour eux. S’y succédèrent comme au Roeulx:
  • Famille du Roeulx jusqu’en 1337
  • Famille d’Avesnes, de Bavière
  • Famille de Croÿ (1432-1796)

La seigneurie de la famille de Goegnies

Elle relevait des seigneurs du Roeulx. Il est difficile d’établir une liste cohérente (avec les liens de parenté et des dates) des membres de cette famille.

  • Le premier semble être Eudes Odon de Goegnies,  un chevalier parti à la première croisade avec le comte Baudouin II et mort en Palestine.
  • Son fils serait Jacquemart de Goegnies ( ?-1121), également signalé comme chevalier et seigneur de Goegnies. On cite ensuite:
  • Hugues de Goegnies
  • Renard de Goegnies, cité en 1157 quand il céda un alleu qu’il possédait dans le village à l’abbaye d’Aulne
  • Guillaume de Goegnies, cité en 1172
  • Otton « de Fanneaux » de Goegnies (v1255- ?), cité comme chevalier et seigneur de Goegnies.
  • Otton II « le Vieux » de Goegnies ( ?-1336), fils du précédent
  • Jean Otton de Goegnies ( ?-1366), fils du précédent.  Ce serait lui qui aurait vendu en 1294 le Bois-du-Luc à son voisin Nicolas de Houdeng.
  • Léon I « Lionel » de Goegnies (1342- ?), fils du précédent
  • Gilles de Goegnies (1381-avt1442), fils du précédent, sans postérité
  • Léon II « Lionel » de Goegnies (1379- ?), frère du précédent
  • Hoste de Goegnies ( ?-1436). Il est le dernier de la famille à être cité comme seigneur de Goegnies.

Il semble que d’autres membres de cette famille aient continué comme titulaires d’autres fiefs et de villages (Sotteville, Fay, Erquennes, Rampemont-Onnezies, …).

Qu’est devenu le village-fief de Goegnies? Je n’ai pas de précision claire à ce sujet. On voit que les domaines répartis entre les deux actuels villages s’entrelaçaient et allaient d’une famille à l’autre avec le temps. Deux possibilités :

  • Le seigneur du Roeulx, à cette époque Antoine de Croÿ a repris ce fief que les premiers seigneurs avaient donné à la famille de Goegnies et l’a conservé pour lui.
  • Antoine de Croÿ l’a ensuite vendu (ce qui parait fort possible) à Nicolas Rolin en 1441, ce chancelier de Philippe le Bon qui venait d’acquérir le domaine voisin de Houdeng.

D’autres fiefs secondaires (arrière-fiefs) existaient sur le territoire actuel d’Houdeng-Goegnies :

  • La seigneurie du Sart (infra)
  • La seigneurie de la Puissance (infra)
  • La seigneurie d’Elers (infra)
  • La seigneurie de Malapert
  • Un fief de l’abbaye de Saint-Denis, assez étendu, tenu par un maire
  • Un fief de l’abbaye d’Aulne. Il est possible qu’il s’agisse de la terre que Clémence de Goegnies vendit en 1189 à Eustache I du Roeulx et dont celui-ci fit don à l’abbaye. Ce qui fut ratifié en 1192 puis en 1221. Un certain Renard de Goegnies fit également don d’un alleu à Aulne.
  • Un fief de l’abbaye de Bonne-Espérance
  • Un fief de l’abbaye Saint-Feuillien du Roeulx, depuis 1234, qui s’appelait « le franc alleu de Walcourt » et avait toute justice – il s’agissait essentiellement de terres. 

Les titulaires des trois derniers domaines étaient nommés « communs seigneurs », car ils percevaient ensemble certaines rentes.

Carte de Ferraris (XVIIIème)

La seigneurie du Sart

Elle se situait entre Houdeng et le Roeulx le long de la chaussée de Soignies. Il y avait là un château-ferme (aujourd’hui démoli). Déjà présente au XIIème siècle, cette seigneurie appartenait aux comtes et ne faisait pas partie des possessions accordées aux seigneurs du Roeulx. Elle leur fut annexée par la suite. On connait quelques-uns de ses titulaires :

  • Gilles du Sart, chevalier qui participa à la bataille de Bouvines en 1214 auprès du comte Ferrand. Comme celui-ci, comme ses voisins Eustache du Roeulx, Guillaume de Houdeng et Jacques de Goegnies, il fut fait prisonnier du roi de France Louis-Philippe. Il est connu pour des dons de terres et de bois faits à diverses institutions religieuses. Il fit élever en son manoir une chapelle castrale, où il entretenait un chapelain qui disait la messe chaque jour. Elle aurait été remplacée au XVIIème siècle par la chapelle Notre-Dame-du-Sart.
  • Son fils Gilles du Sart ( ?-1312) lui succéda et continua à distribuer des largesses comme son père. Il fut témoin, avec Gilles du Roeulx, Nicolle de Houdeng et d’autres, de la charte par laquelle le comte Jean d’Avesnes exonéra la ville de Mons du droit de main-morte en 1295.
  • Leurs descendants ont rempli quelques fonctions importantes par la suite (échevin à Mons, abbé de Bonne-Espérance).
  • A la famille du Sart, succéda celle de Joye, dont Gobert Joye, cité en 1474 comme échevin de Mons.
  • Plus tard on trouve des Dumonceau.
  • Le château-ferme fut détruit durant les guerres de Louis XIV.
  • Le dernier seigneur fut Alphonse François de Wavrin de Villers-sur-Tertre.

L’actuel oratoire Notre-Dame est situé sur Houdeng-Aimeries à la limite de Goegnies, dans le bois. Il fait l’objet de pèlerinages. Il persistait une tour de ce manoir, qui fut démolie en 1949.

Seigneurie de la Puissance

Elle se composait elle-même de tenures (fermes avec dépendances et terres d’élevage et de culture, parfois appelés fiefs) qui avaient pour nom :

  • fief de la “Salle”, le long du chemin de Goegnies à Saint-Vaast, traversé par le rieu Pieron
  • fief du “Sarty” ou “Sartier” ou « Bois Lyon »
  • fief de la “Mairie du Trieu”. Les trieux étaient aussi appelés waressaix. C’étaient des pâturages communs d’un localité. Ce fief était une entité administrative par elle-même.

Il est à noter que les villageois du Sarty ne dépendaient pas des seigneurs du Roeulx, mais de leurs suzerains, soit les comtes eux-mêmes.

Cette seigneurie de la Puissance fut tenue par la famille Buisson au XVème siècle, qui la céda à celle du Mont de Gages au XVIIIème siècle.

Seigneurie d’Elers :

Elle se composait de deux tenures :

  • le fief de Bigneau (sur les rives du Thiriau du Sart) – on y exploita le charbon au XVIIIème siècle
  • le fief du Trieu (uniquement des terres)

Cette seigneurie appartint au XVIIème siècle aux Zombergh, puis ensuite aux Wéry de Rompy.

La commune

On y suivait la coutume de Mons.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: La Louvière
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Toute cette région eut à souffrir des passages de troupes armées au XVIème siècle (guerres de religion) et au XVIIème (guerres de Louis XIV).

Economie

Longtemps elle fut agricole.

Exploitation de la houille

En 1735, on commença une exploitation sur une concession qui appartenait à la « Société Charbonnière de la Barrette ». Une première machine d’exhaure fut aménagée en 1766. Cette société fut rachetée en 1850 par la Société du Bois-du-Luc.

Entreprises récentes

Celles du zoning industriel de Houdeng-Glaverbel.

Voies de communication

Alors que longtemps, il s’agissait de chemins reliant les Houdeng à Mons, à Binche et au Roeulx, à partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle, avec le début de la révolution industrielle, on commença à nettement améliorer les moyens de transport.

Dès 1772, avec l’autorisation de l’impératrice Marie-Thérèse, on traça et pava la chaussée entre Houdeng et Soignies.

Au milieu du XIXème siècle, on construisit le canal du Centre, avec ses ascenseurs hydrauliques, qui furent remplacés au début de ce troisième millénaire par le nouvel ascenseur de Strépy-Bracquegnies.

Patrimoine

Eglise Saint-Géry. Clocher 1561. Le reste reconstruit au XVIIIème en semi-classique. 

Bibliographie

Le site http://chemin-des-loups.skynetblogs.be/ m’a beaucoup aidé pour constituer les chapitres consacrés aux villages de La Louvière.

Haine-Saint-Paul

Entité communale de La Louvière

Le territoire

Superficie: 378 ha

Altitude: 80 m (moyenne)

Situation géographique : dans la vallée de la Haine

Cours d’eau : la Haine

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux et boisé

Nature du sol : alluvionnaire, limoneux

Nature du sous-sol : grès, calcaire, houille

Préhistoire

Vestiges, non précisés.

Antiquité gallo-romaine

Vestiges, non précisés.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

On découvrit au XIXème siècle un cimetière franc mérovingien de 300 tombes contenant du mobilier funéraire (bijoux, objets vestimentaire, poteries et armes). La présence importante d’armes fait penser qu’on y inhumait plus particulièrement des guerriers. Cette nécropole servit de 550 à 700. On y a trouvé de la céramique ancienne de Trivières.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1138

Toponymie (anciennes orthographes) :

Au XIIème siècle, le village s’appelait « Haine-la-Poterie ».

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

Le nom de la commune fait référence à la rivière qui l’arrose et au saint qui patronne sa paroisse.

Epoque de son apparition: XIème ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique majeure (mais la chaussée romaine Bavay-Tongres passe un peu au sud du territoire) ni de chaussée médiévale importante

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Paul.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Bonne-Espérance par Nicolas, évêque de Cambrai en 1138. Cette paroisse desservait les habitants de Haine-Saint-Paul, Bois-d’Haine et Fayt-lez-Seneffe. Elle aurait été transférée à l’abbaye de Saint-Feuillien du Roeulx en 1225.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneuries et fiefs

Les domaines ici étaient des possessions comtales.  Les comtes de Hainaut y possédaient une ferme importante et une maison de chasse. Des seigneuries et des fiefs ont été détachés de leurs possessions à des moments apparemment mal précisés :

  • La seigneurie principale de Haine-Saint-Paul. On sait qu’elle fut tardivement aux mains de la famille de Talma (XVIIème siècle), puis de celle de Bryas (à partir de 1680 jusqu’à la fin de l’Ancien Régime).
  • Un fief d’Aimeries, appartenant aux seigneurs de Houdeng, au moins à partir du XVème siècle (Nicolas Rolin)
  • un fief de la famille de Mortagne
  • un fief de Jolimont, berceau du hameau qui prit plus tard de l’ampleur
  • un fief de La Terne (à cheval sur Haine-St-Paul et Haine-St-Pierre). Un certain Raoul du Terne, écuyer, en fut le seigneur au XVIème siècle
  • en 1733, le fief du Petit-Boussoit fut rattaché à la seigneurie de Haine-Saint-Paul
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: La Louvière
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Les armées françaises au XVIème et XVIIème ont écumé la région.

En 1674, le prince de Condé a établi un camp pour ses troupes sur l territoire de Haine-Saint-Paul.

Economie

Elle fut agricole à travers les siècles.

Exploitation de la houille

On sait qu’elle commença a minima dès 1356 sur les couches supérieures affleurant le sol. C’est au XVIIIème qu’elle commença à prendre de l’ampleur pour répondre à de nouveaux besoins. En 1737, apparut la première société, « Houssu ». Les concessions de Houssu furent reprises par les sociétés de Leval, Péronnes et Mont-Sainte-Aldegonde. Les charbonnages de Sars-Longchamps (Saint-Vaast) avaient ici des concessions. Les activités cessèrent en 1955.

Autres entreprises :

  • Petits ateliers de constructions métalliques
  • Brasseries
  • Une usine chimique

Le site fut favorisé par la construction de la gare de formation.

L’Hôpital de Jolimont fut fondé par les sœurs de Notre-Dame-de-la-Compassion en 1869.

Patrimoine

Eglise Saint-Paul. Semi-classique, XVIIIème.

Château d’Avondance. Octave Alexandre de Bryas, baron d’Avondance,  acheta en 1680 la grosse ferme achetée par Nicolas Rolin au XVème siècle.

Eglise Saint-Hubert (hameau de Jolimont),  1866, romane

Eglise Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. A côté de l’hôpital de Jolimont, elle est l’objet d’un pèlerinage annuel.

La première Maison du Peuple de Belgique fut fondée ici en 1872.

Temple protestant de Jolimont, 1890. Abattu vers 1913, car endommagé par des dégâts miniers. Il fut reconstruit en 1913-1915.

Boussoit

Entité communale de La Louvière

Le territoire

Superficie: 175 ha

Altitude: de 54 m (niveau de la Haine) à une septantaine de mètres au sud

Situation géographique : Le village de Boussoit a été fondé sur le versant sud de la vallée de la Haine. Cette rivière passe au nord du noyau habité. Plus au nord se trouve le bois du Plantis qui se prolonge vers Maurage, où il s’appelle le bois de la Garenne.

Cours d’eau : la Haine et le ruisseau du Thiriau

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux aux abords de la rivière et boisé sur les versants

Nature du sol : alluvionnaire et limoneux

Nature du sous-sol : grès, houille

Préhistoire

Des objets du paléolithique et du néolithique auraient été ramassés. Sans précision.

Antiquité gallo-romaine

Non documentée.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documentée.

Une légende raconte que Waudru prit à Boussoit la résolution de se consacrer à la vie religieuse.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: Xème siècle

Toponymie (anciennes orthographes) :

  • Buxeide, Xème
  • Boussoit  (1171, 1211, 1305, 1400, 1730)
  • Bossetus (1201)
  • Buscerus (1211)
  • Bussoit (1118)
  • Bossoit (1222)
  • Boussoy  (1664).
  • Boussoit, depuis le XIIème

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : Le nom viendrait de:

  • Buxum/Boxum (latin) qui signifie « buis »
  • Le suffixe –etum, passé au français –ois ou oit signifiant « lieu, endroit ».

Boussoit signifierait « endroit aux buis »

Epoque de son apparition: entre le Xème et le XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique ou médiévale d’importance

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine et le Thiriau

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Sainte-Madeleine, dépendante de celle de Thieu. Elle devint autonome en 1305.

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche jusqu’en 1803, puis Le Roeulx.

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneuries et fiefs

Le petit village de Boussoit, qui faisait partie des possessions des comtes de Hainaut, était composé de deux seigneuries importantes :

  • La seigneurie principale
  • Un fief appartenant à l’abbaye de Saint-Ghislain, cité en 1118 (bulles du pape Gélase)
  • Il existait aussi de petits fiefs (Marpineau, la Motte) qui passèrent vite dans la seigneurie principale.

La seigneurie principale

Il s’agissait d’un fief lige relevant directement des comtes de Hainaut, qui l’ont détaché de leurs possessions pour former une seigneurie particulière du temps de la comtesse Richilde. Ce fief consistait en une terre et seigneurie, avec un château, des droits seigneuriaux avec les trois justices. De nombreux seigneurs de Boussoit résidèrent dans leur château et furent inhumés dans l’église du village.

Famille de Boussoit

Robert I de Boussoit ( ?-1101) est connu comme le premier seigneur des lieux. Il alla à la première croisade avec « son » comte Baudouin II. Il mourut  à Jérusalem deux ans après la prise de celle-ci. Lui succédèrent:

  • Robert II de Boussoit ( ?-1123), fils du précédent. Il devint aussi par mariage seigneur de Bois d’Haine.
  • Odon de Boussoit (v1082- ?), fils aîné du précédent
  • Robert III de Boussoit (1112-1145), fils du précédent. Non marié, il légua ses biens à son cousin Wathier I de Boussoit (v1104- ?)
  • Hugues de Boussoit (1133- ?), fils du précédent
  • Wattier II de Boussoit (1156-apr1201), fils du précédent
  • Wattier III de Boussoit (1189- ?), fils aîné du précédent
  • Jean « le Gros » de Boussoit (1213-1294) fils du précédent
  • Jacques de Boussoit (1241-1294), fils du précédent
  • Jean « Saussé » de Boussoit (1279-1344), fils du précédent. Ni lui ni ses frères n’eurent d’héritier mâle. Il décida d’aliéner ses biens et d’en répartir le produit entre tous les héritiers présomptifs. Il céda Boussoit à son cousin Huon de Bois d’Haine en 1333 tout en gardant l’usufruit jusqu’à son décès. Cet héritage fut contesté et donna lieu à plus de dix années de procès.

Finalement la sentence arriva après le décès d’Huon et la seigneurie de Boussoit alla à son fils Wattier de Bois d’Haine ( ?-1343) qui n’en profita pas bien longtemps, car il mourut quelques mois plus tard, sans postérité. Ce fut finalement son neveu Louis de Bois d’Haine, maire de Braine-le-Comte, qui en hérita.

  • A sa mort, le fief lige de Boussoit revint dans les possessions du comte de Hainaut, Guillaume II d’Avesnes.
  • Il fut placé en 1345, à sa mort, dans le riche douaire de son épouse Jeanne de Brabant (1322-1406), fille héritière du duc de Brabant.
  • Au décès de celle-ci en 1406, Boussoit revint à Guillaume IV de Bavière, comte de Hainaut.

Maison de Warelles et d’Auxy

  • En 1412, Guillaume IV céda Boussoit à Lionnet de Warelles ( ?-apr1423). Il s’agit en fait d’un échange dans lequel ce dernier céda le bois de Naast en échange du château et de la seigneurie de Boussoit. Il fut chevalier et prévôt-le-comte à Valenciennes en 1418. De son mariage avec Béatrice de Sars, il eut trois fils qui eurent le malheur de mourir tous la même année en 1414.
  • Leur soeur N. de Warelles devint dame héritière de Boussoit et de Warelles. Elle avait épousé Jean d’Auxy (1425-1478), seigneur d’Auxy et chevalier.
  • Ils eurent un fils aussi nommé Jean d’Auxy (1448-1499). Ce dernier vendit Boussoit en 1473.

Famille le Boulengier (ou Boulenghier)

C’était une famille patricienne de Cambrai venue s’installer en Hainaut à Mons.

  • Jacques le Boulengier ( ?-1510),  après avoir acheté la seigneurie voisine de Strépy, il acquit celle de Boussoit en 1473. Il était un écuyer de Charles le Téméraire.
  • De son épouse Jossine Losschaert, il eut deux enfants dont Adrien le Boulengier ( ?-1528) qui hérita de Strépy et de Boussoit.

Famille Ruffault (ou Ruffaut)

  • Sa fille, Jeanne le Boulengier, dame héritière des deux domaines, épousa Jean Ruffaut vers 1530. Celui-ci fut maître ordinaire de la chambre des comptes de Flandre (1508) et trésorier général des domaines et finances de l’empereur Charles Quint en 1527.
  • Leur fils Charles Ruffault hérita des deux domaines. Sans postérité, il les légua en 1573 à sa sœur Jeanne Ruffault ( ?-1608 ou 1620)

Familles de Lannoy et de la Croix

  • Jeanne Ruffault  ( ?-1608 ?) épousa en 1579 Charles de Lannoy ( ?-1582) d’une branche cadette de cette famille. Il était veuf de Marguerite du Bois. Par son testament en 1608, elle institua pour son héritière universelle sa nièce, Jeanne de la Croix, fille de Jean de la Croix et de sa sœur Louise Ruffault.
  • Jeanne de la Croix (1586- ?) hérita ainsi de nombreux domaines, dont Boussoit et Strépy.

Famille du Chastel « de la Howarderie »

Robert Antoine Joseph du Chastel ( ?-1622), fils cadet de Nicolas du Chastel « de la Howarderie », il était chevalier et avait hérité de son père la seigneurie d’Inglinghem. Par son mariage avec Jeanne de la Croix en 1604, il devint aussi seigneur de Boussoit et de Strépy. Lui succédèrent :

  • François Robert du Chastel (1619- 1678), son fils
  • Robert François du Chastel (1658-1713), fils du précédent. Egalement par son mariage seigneur de Trivières et de Carnières.
  • Charles Léopold du Chastel de la Howarderie ( ?-1730), fils du précédent. Resté célibataire. Sa sœur Marie Catherine hérita de ses biens.

Maison de Rodoan

Antoine Adrien Joseph de Rodoan ( ?-1756), fils de Luc Camille de Rodoan. Baron de Rodoan et de Fontaine-l’Evêque, vicomte de Carnoy, seigneur d’Anderlues. Par mariage en 1726 avec Marie Catherine Louise du Chastel de la Howarderie ( ?-1751), il devint aussi seigneur de Boussoit, de Strépy, …. Député de la noblesse du Hainaut. Ils eurent quatre fils et quatre filles, dont :

  • Adrien François Isidore Joseph de Rodoan, qui hérita des biens de son père
  • Philippe Ferdinand Joseph, qui hérita des biens de sa mère

Les deux frères furent créés comtes en même temps en 1755 par l’impératrice Marie-Thérèse. La terre de Boussoit était donc érigée en comté.

Philippe Ferdinand Joseph de Rodoan. Il était comte de Boussoit depuis 1755 et seigneur de Strépy. Gentilhomme de l’état noble du Hainaut, chambellan, maréchal héréditaire de l’ordre teutonique. Il fut le dernier seigneur féodal de Boussoit. Le domaine avec son château fut vendu à plusieurs familles successives

Carte de Ferraris (XVIIIème)
La commune

On mentionne un échevinage dès le XIIIème siècle, qui suivait la coutume de Mons.

Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: La Louvière
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

En 1185, les troupes du duc de Brabant et de l’évêque de Cologne firent des ravages dans la région et notamment dans le village de Boussoit.

En 1554, Charles Quint rassembla son armée à Boussoit, puis alla camper à Tubize pour protéger Bruxelles des armées françaises qui s’avançaient en Hainaut.

En 1578, le château fut rasé par le duc d’Alençon, partisan des protestants.

En 1746 pendant le siège de Mons, le partisan Wischer envahit Boussoit à la tête de 250 cavaliers français. Il occupa le village pendant 15 jours et s’y livra à des exactions contre les habitants qui se réfugièrent dans l’ancien château. La ferme de la commune fut incendiée, et avec elle les archives.

Economie

L’agriculture et l’élevage furent longtemps les activités principales des villageois.

Un moulin à vent fut érigé en 1765. Il est probable que d’autres l’aient précédé.

Au XIXème et au XXème siècle, le charbonnage de Maurage exploita le sous-sol de Boussoit.

 Patrimoine

Eglise Sainte-Marie-Madeleine. L’actuel édifice date de 1863. Il est de style roman. Pierres tumulaires des anciens seigneurs

Chapelle Saint-Julien. Contigüe à l’ancienne ferme de l’hôpital, devenue école communale

Château de Nédonchel

La Belgique pittoresque. Les chateaux /Emile de Damseau
Bibliographie

Notice historique sur le village de Boussoit-sur-Haine – Th. Lejeune, Annales du Cercle archéologique de Mons, T. VIII, 1868-69

Houdeng-Aimeries

Entité communale de La Louvière

Le village s’est appelé « Houdeng » jusqu’en 1441. Il prit ensuite le nom de Houdeng-Aimeries.

Le territoire

Superficie: 782 ha

Altitude: de 110 à 125 m

Situation géographique : 

Ce village est né sur le versant nord de la vallée de la Haine en bordure du plateau du Brabant.

Cours d’eau : le Thiriau

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : région boisée (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, houille

Préhistoire

Vestiges non précisés

Antiquité gallo-romaine

A Bosquetville, on a découvert quelques vestiges (céramique, tuyaux en terre cuite) insuffisants pour conclure à un type précis d’habitat.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documentée.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: Les premières mentions de Houdeng apparaissent au XIIème siècle, dans le cartulaire de Saint-Denis (1100-1119).

Toponymie (anciennes orthographes) : Le mot Houdeng ne s’écrivit comme tel que dans une charte de 1400. Mais on l’écrivit autrement bien avant.

  • En 1119, Hosden
  • En 1157, Houdenc
  • En 1158 et 1168, Hosdaing
  • En 1190, Hosdenc
  • En 1191, Hosdain
  • En 1203, Hosdaing
  • En 1306, Hosdeing
  • En 1612, Houdez
  • Houdain
  • En 1779, Houdé.

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :  Ce nom est roman, langue officialisée en 813. Il n’a aucune consistance latine ni celtique. Le site villageois n’est donc pas antérieur à cette date, même si le territoire était sans doute habité auparavant. Les significations qu’on lui donne sont :

  • le radical Hos-, hou-, hous rappelle le bas latin hossura qui signifie «  le houx »
  • la lettre « d » intercalée est présente par euphonie ou par abus
  • les suffixes –ein, –ain, –en, -eng, -aing aussi présents dans le bas-latin expriment l’idée d’une réunion d’objets de même espèce (J.Monoyer).

Houdeng aurait été, selon cette hypothèse, un endroit couvert de houx.

Houdeng pourrait aussi provenir de hout et heim signifiant « demeure dans les bois » (Chotin), ce qui correspondait à l’aspect médiéval du paysage.

Certains pensent plutôt qu’Hosdenc vient du vieux bas francique Husiden qui signifie « maison sur une hauteur ». Huis en néerlandais signifie « maison »

« Aimeries » fut ajouté vers 1441 par le seigneur du lieu, Nicolas Rollin, aussi seigneur d’Aymeries-lez-Berlaimont (département du Nord). En fait il s’agissait de distinguer sa seigneurie de celle que les seigneurs du Roeulx possédaient sur Houdeng.

Epoque de son apparition: au XIème ou XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique ni médiévale d’importance, hormis un probable chemin entre Le Roeulx et Morlanwelz

sources d’eau ou cours d’eau: le Thiriau

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Saint-Jean-Baptiste

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à  l’abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie par l’évêque Burchard de Cambrai en 1119.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): baillage du Roeulx

Seigneuries et fiefs

Dans cette région, la plupart des domaines d’époque carolingienne appartenaient aux comtes de Hainaut au moment de la constitution des villages et du début de la féodalisation. Une partie autour du Roeulx (« Terre du Roeulx ») fut donnée à une famille qui porta le nom du lieu. Elle démembra une part de ce grand territoire en accordant des fiefs (villages et biens fonciers) à quelques familles locales. Ce fut le cas pour le village voisin de (Houdeng)-Goegnies. Quant aux comtes, ils firent de même sur les territoires qui relevaient de leur juridiction.

Sur l’actuel territoire d’Houdeng-Aimeries, on comptait plusieurs fiefs et seigneuries :

  • La seigneurie principale (infra)
  • Des biens relevant de la terre du Roeulx, rattachés à la juridiction civile de Goegnies.
  • Des fiefs attribués à diverses périodes à des institutions religieuses
    • Abbaye Saint-Feuillien du Roeulx
    • Abbaye d’Aulnes
    • Abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie
    • Abbaye de Bonne-espérance.

Quant à la seigneurie principale de Houdeng (Aimeries), elle étendait sa juridiction sur les arrières-fiefs qu’étaient les villages de Saint-Vaast, de Mignault et de Haine-Saint-Paul.

Famille de Houdeng

Elle apparait dès la fin du XIème siècle. Plusieurs personnages sont cités dans divers documents d’époque, sans qu’il ne soit nécessairement écrit s’ils étaient seigneurs des lieux ni quels liens de parenté les reliaient. Les généalogies online ne sont pas claires non plus sur ce sujet.

  • Hubert de Houdeng, le premier personnage cité vers 1100, au service du comte Baudouin II ou de son épouse Ida.
  • Allard de Houdeng, cité en 1119, lors de la donation de la paroisse de Houdeng à l’abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie par l’évêque de Cambrai.
  • Guidon de Houdeng, cité aussi la même année, dans une donation de biens à l’abbaye d’Aulne
  • Wauthier de Houdeng et son fils Allard de Houdeng, cités dans une donation à la même abbaye, acte ratifié par le comte Baudouin IV.
  • Raoul de Houdeng fut un  auteur de romans de chevalerie et un trouvère renommé, à l’époque du comte Baudouin V.
  • Simon de Houdeng, chevalier, cité avec sa mère, en 1200 et 1203 dans des actes de donation l’abbaye de Saint-Denis.
  • Un autre Guidon de Houdeng, chevalier, aurait accompagné le comte Baudouin VI à la quatrième croisade. Il en serait revenu.
  • Nicolas de Houdeng, chevalier, ami et conseiller du comte Jean d’Avesnes. Ce dernier aurait accru ses possessions en lui offrant le fief de Saint-Vaast à Houdeng, ainsi qu’un autre à Epinois. Il aurait acheté en 1294 le Bois-de-Luz (futur Bois-du-Luc ») à Jean de Goegnies. Il possédait un hôtel à Mons, qu’il légua en 1309 aux magistrats de la ville pour en faire un hôpital. Le jardin de cet établissement fut converti en un établissement d’instruction publique : le « Collège de Houdain ».
  • Son fils, Nicolas de Houdeng, fut conseiller de la comtesse, Marguerite de Bavière.
  • Cette famille aurait disparu en 1336.

Le domaine d’Houdeng revint dans les possessions du comte de Hainaut. Vers 1340, le comte Guillaume II d’Avesnes l’octroya aux Walcourt, qui détenaient la charge héréditaire de maréchal de Hainaut. Ce titre semble alors passer au propriétaire de la seigneurie d’Houdeng.

Maison de Walcourt

  • Le bénéficiaire en fut Thierry de Walcourt « de Rochefort » ( ?-1345), fils du seigneur de Walcourt et de Rochefort, qui était aussi comte de Montaigu.
  • Ces titres et ces biens passèrent à son fils. Ce dernier était au service du comte Guillaume II, avec qui il alla soumettre une révolte des Frisons en 1345. Leur armée fut écrasée à la bataille de Staveren où ils moururent tous les deux.
  • Son fils Jean de Walcourt ( ?-apr1356) lui succéda.
  • Il n’eut qu’une fille, Marie.

Maison d’Abcoude de Gaesbeeck

  • En épousant Marie de Walcourt ( ?-1402), Guillaume d’Abcoude, seigneur d’Abcoude et de Gaesbeeck, devint, entre autres, seigneur de Houdeng.
  • Ils léguèrent leurs biens à leur fils Sweeder III van Abcoude ( ?-1400).
  • Celui-ci les transmit à son fils Jacob (Jacques) van Abcoude van Gaesbeeck (1391, Bruxelles-1459, Utrecht), baron au  service du duc Jean IV de Brabant, puis de Philippe le Bon. Endetté, il dut vendre quelques biens, dont Houdeng, en 1441.

Maison Rolin

Le chancelier Rolin, par Van Eyck

C’est un autre personnage, très proche du duc Philippe « le Bon » de Bourgogne, puisqu’il en était le conseiller et le chancelier, Nicolas Rolin (1376-1462), qui acheta la seigneurie haute-justicière de Houdeng et ses dépendances (fiefs de Saint-Vaast, de Mignault, d’Erbaut et de Haine-Saint-Paul).

Issu de la haute bourgeoisie d’Autun en Bourgogne, grâce à ses hautes fonctions, Nicolas Rolin s’enrichit, acheta de nombreux domaines et se montra un grand mécène. Il fut le fondateur des Hospices de Beaune. Il avait acquis la seigneurie d’Aymeries près de Berlaimont et du Quesnoy. Avec la seigneurie de Houdeng, il devenait maréchal héréditaire de Hainaut. Avec celle de Raismes, aussi achetée, il obtenait le titre héréditaire de grand veneur du Hainaut. Il fut convenu alors que la seigneurie d’Houdeng, avec l’enclave de Goegnies-lez-Houdeng, réunies, se dénommerait désormais « Houdeng-Aimeries » pour distinguer l’étendue de sa juridiction de celle du Roeulx.

  • Son fils Antoine Rolin (1424-1497, Aymeries) lui succéda dans ses domaines du Hainaut. Il fut au service de Charles le Téméraire, puis de Marie de Bourgogne et de l’archiduc Maximilien d’Autriche.
  • Puis ce fut son fils Louis Rolin (v1447-1528, Marly) qui obtint les mêmes biens et titres, lui-même au service des mêmes personnages. Il n’eut pas d’enfant légitime.
  • Son cousin Georges Rolin (v1491-1566, Valenciennes) hérita tous ses biens et titres.
  • Ce dernier n’eut qu’une fille Anne Rolin (v1535-1603), qui, malgré deux mariages, n’eut pas d’enfant. Elle légua ses biens qu’elle partagea entre deux nièces, dont Jeanne Rolin en ce qui concerne Houdeng.

Famille le Danois

  • Charles le Danois ( ?- ?), gentilhomme du duc de Lorraine, il hérita de Houdeng et des titres afférents par son mariage en 1560 avec Jeanne Rolin ( ?-1626).
  • Ils les transmirent à leur deuxième fils Jean le Danois ( ?-1627). Lui succédèrent :
  • Joseph François le Danois « de Neufchâtel »( ?-apr1685), son fils. Seigneur de Houdeng et de Raismes. Vicomte de Hainaut. Grand maréchal héréditaire de Hainaut. En tant que haut justicier, il octroya en 1685 la concession d’exploitation du sous-sol aux « comparchonniers du Grand Conduit » contre un cens (location) et un entre-cens (pourcentage sur les ventes de charbon).
  • François Marie le Danois, fils aîné du précédent, qui ne se maria pas.
  • Jean François le Danois, son frère. Ce dernier vendit en 1740 la seigneurie haute justicière de Houdeng, ainsi qu’une partie de ses droits de charbonnage. Il quitta la région. Il garda le titre de maréchal héréditaire de Hainaut, mais la famille suivante le récupérera.

Famille Biseau

  • Nicolas François Joseph de Biseau de la Motte ( ?-1774), déjà seigneur de Bougnies, acquit Houdeng.
  • Son fils Antoine François de Biseau (1735-1785) lui succéda. N’ayant pas de postérité, il légua ses biens à sa sœur, Marie Françoise.

Famille de Wavrin-Villers

Alphonse François de Wavrin ( ?-1802), fait marquis de Wavrin en 1767 par le roi Louis XV, était aussi baron de Villers-au-Tertre et du Saint-Empire.  Il devint vicomte de Houdeng et grand maréchal de Hainaut en épousant Marie Françoise Eugénie Louise Ursule de Biseau (1746-1817).

La féodalité se termina avec eux. Leurs titres disparurent. Ce sont leurs enfants et leurs successeurs qui hériteront des propriétés mais aussi des quatre dixièmes de part de charbonnage de Bois-du-Luc qui étaient dans la famille, rachetés aux le Danois.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: Le Roeulx
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

Lors des guerres de Louis XIV, les campements et passages des troupes armées entraînèrent de lourds dommages pour Houdeng et les villages avoisinants.

Economie

Elle fut essentiellement consacrée à l’agriculture et l’élevage pendant longtemps.

Exploitation houillère

La chronique de l’abbaye de Bonne Espérance dit qu’en 1299 on y exploitait déjà la houille. Gilles I du Roeulx permit à l’abbaye de Bonne-Espérance d’extraire du charbon pour ses possessions de Houdeng et Goegnies (un des premiers documents prouvant l’exploitation de la houille dans l’actuel bassin du Centre).

En 1685 fut créée la « Société du Grand Conduit et du Charbonnage d’Houdeng ». Les couches superficielles, jusque-là exploitées, s’épuisaient. Il fallait creuser plus en profondeur, mais aussi résoudre le problème des inondations des puits. Dans un premier temps, on aménagea en profondeur (une trentaine de mètres) une canalisation en troncs de chênes évidés pour évacuer l’eau vers le Thiriau qui passait en contrebas. Ce stratagème permit de multiplier les fosses.

En 1779, les concessionnaires firent installer la première machine à feu de la région du Centre. Elle permit de creuser jusqu’à 112m.

En 1807, ils mirent en route une des premières machines à vapeur d’Europe. Cette année-là la société devint la « Société du Bois du Luc ».
A cette époque, on comptait cinq puits. La société continua d’investir dans de nouveaux équipements technologiques. Elle racheta les charbonnages de Trivières, de la Barette (Houdeng-Goegnies), de Saint Denis ainsi que ceux d’Obourg et d’Havré. Par la suite, elle fit creuser quatre nouveaux puits : le Saint Patrice, le Saint Charles, le Saint Emmanuel et le Saint Amand.

La société exploitait alors une concession de 6.000 hectares. Elle devint la « Société Civile des Charbonnages du Bois du Luc, la Barette, Trivières, Saint Denis, Obourg et Havré ». Avec la fosse Saint-Emmanuel sur la rive gauche du Thiriau, ouverte en 1846, elle atteignit de très hauts rendements, en creusant à plus de 500m.

Puits Saint-Emmanuel

De 1838 à 1853, la société fit construire la cité de Bosquetville (corons), un ensemble de 162 maisons ouvrières,  auxquelles on ajouta des magasins, des cafés, une salle des fêtes, un kiosque, une église Sainte-Barbe, une école et un hôpital. On favorisa les mouvements associatifs. Reprenant ainsi l’exemple du Grand Hornu construit vers 1830. Ce site a été restauré et figure au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Cité du Bois-du-Luc vers 1850

En 1846, on construisit un premier four à coke.

Un chemin de fer privé industriel fut aménagé en 1855.

Dans les années 1930, le Bois du Luc fut victime de la crise. Elle perdit la totalité de ses bénéfices avant de finalement redresser la situation quelques années plus tard. Mais par manque de rentabilité, la société dut fermer ses puits en 1959, à l’exception du siège du Quesnoy à Trivières qui fonctionna jusqu’au 15 juin 1973, date de la fin de la société. Ce fut le dernier charbonnage à fermer dans le bassin du Centre.

Autres entreprises :

  • Verreries
  • Fonderies
  • Constructions métalliques, dont l’atelier Eidenschenck, fondé en 1932 par Charles Eidenschenck, fils d’un ouvrier alsacien, du même nom, arrivé ici en 1893. 
Voies de communication

Au milieu du XIXème siècle, on construisit le Canal du Centre qui desservit toutes les entreprises de la région.

Ascenseur n°2

En 1986, on installa « Garocentre », une plateforme multimodale (eau-route-rail) pour les échanges économiques internationaux.

Patrimoine

Eglise St Jean Baptiste. Erigée en 1779, elle est de style semi-classique. 

On pense que la ferme de la Tourre située à proximité de l’église était le manoir de la famille de Houdeng. Cette ferme possédait une tour de guet puis élément d’ornementation.

Bibliographie

Le site http://chemin-des-loups.skynetblogs.be/ m’a beaucoup aidé pour constituer les chapitres consacrés aux villages de La Louvière.

Strépy-Bracquegnies

Entité communale de La Louvière

Le territoire

Superficie: 775 ha

Altitude: On passe d’une altitude d’une soixantaine de mètres au niveau de la rivière jusqu’à une côte de 125/130m à la limite du Roeulx.

Situation géographique : Le village de Strépy, avec son hameau de Bracquegnies, se sont développés sur le versant nord de la vallée de la Haine. 

Cours d’eau : La Haine borde la limite sud du village. A ce niveau s’étendent quelques étangs (37ha) issus d’effondrements miniers dans les années 1930-1940. Ils sont aujourd’hui reconnus zones d’intérêt biologiques.

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux, boisé

Nature du sol : limoneux, sablonneux

Nature du sous-sol : grès, pierre calcaire, houille

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) : 

Des haches de silex ont été ramassées sur le territoire, témoins d’une présence au néolithique.  L’existence de mines de silex a été remise en question.

Antiquité gallo-romaine

Des substructions romaines, des armes de fer et des fragments de céramiques ont été trouvés au XIXème siècle.

Une villa romaine aurait existé au IIème siècle, ainsi qu’une nécropole romaine (pas de précision).

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Un cimetière mérovingien de 150 tombes rangées a également été découvert. La plupart ne contenaient plus de mobilier funéraire. On a cependant dégagé quelques armes (francisque, scramasaxe, fers de lance), des colliers et des vases sans décor. Ce site aurait été occupé dans la deuxième moitié du VIème siècle et au VIIème siècle. Il est situé sur une colline crayeuse dominant la rive droite de la Haine.

Au VIIème siècle, on sait que ce territoire appartenait à la famille de Madelgaire (futur Saint-Vincent de Soignies). Il y serait né vers 610 dans une ferme fortifiée ayant occupé le site de la villa romaine.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1127

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Stirpei, 1127
  • Sterpia, XIIème
  • Stirpeio, 1157
  • Estrepiacum, 1159
  • Stirpi, 1188
  • Siterpies
  • Stierpeia
  • Exterpy
  • Esterpi

La localité s’est longtemps appelée « Strépy » ou « Estrépi/Estrépy ».

Ce n’est qu’à a fin du XVIIIème siècle que la dénomination « Bracquegnies », du nom d’un hameau-dépendance, est venue s’adjoindre au premier nom.

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) :

  • De Stirpus- (latin) signifiant « souche ou défrichement/extirpation » ou lié à un nom de personnes
  • Et de –iacum/iacas (gaulois), prolongé en –ie, puis –y (oïl) voulant dire « lieu, propriété »
  • Strépy-Bracquegnies serait un « endroit plein de souches ou défriché » ou la « propriété de Stirp(us) »

Bracquegnies pourrait venir de brakkiniacas :

  • Brakko- serait un nom de personne ou viendrait du roman brac signifiant « terrain boueux »
  • -iacum/iacas puis –ie(s) signifiant « propriété de »
  • Propriété de Brakko ? ou endroit boueux ou marécageux ?

Epoque de son apparition: XIème ou début du XIIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de chaussée antique, mais un chemin médiéval du Roeulx à Binche

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: château seigneurial

Paroisse dédiée à Saint-Martin

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye Saint-Feuillien du Roeulx selon un acte de 1125 de Burchard, évêque de Cambrai.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Binche

Seigneuries et fiefs

Sur tout le territoire de Strépy et de Bracquegnies, il exista plusieurs seigneuries et fiefs:

  • La seigneurie principale (infra)
  • La Seigneurie de Sotteville, réunie à celle de Strépy en 1635
  • Le fief du Marez
  • Le fief de la Vigne
  • Le fief de l’abbaye d’Aywière (Brabant)
  • Le fief de l’abbaye d’Hautmont
  • Le fief de l’abbaye Saint-Feuillien du Roeulx

La seigneurie principale

D’abord fief lige de Beloeil, Strépy devint une possession du comte de Namur sur le plan féodal (hommage). Ce détail demande à être expliqué.

Famille de Strépy (début XIIème – fin XIIIème)

Les « de Strépy » ou « Estrépy » se signalèrent dès le XIème siècle comme des conseillers à la cour du comte. Ils étaient aussi chevaliers. Il existerait déjà un Allard de Strépy connu en 998. Sont ensuite connus :

  • Jean de Strépy (v1010- ?), peut-être le fils du précédent, conseiller auprès de la comtesse Richilde
  • Allard I « le grand » de Strépy (v1040/1050- ?), fils du précédent. Il est cité comme seigneur de Strépy et de Harchies. Il participa à la première croisade avec le comte Baudouin II, fils de Richilde.
  • (Jean-)Hugues de Strépy (v1090/1100-1121), fils du précédent. Il reçut également la seigneurie de Ville (-Pommeroeul).
  • Allard II de Strépy (v1120/1130- 1204), fils du précédent
  • Allard III de Strépy (v1150-1175), fils du précédent.  Par mariage, il devint aussi seigneur d’Audregnies.
  • Baudouin III de Strépy (v1175-1209), fils du précédent. Au service des comtes Baudouin V et Baudouin VI, il batailla à leur service, ainsi qu’à celui du roi de France Philippe-Auguste contre Richard Cœur-de-Lion, roi d’Angleterre.
  • Allard IV de Harchies (v1170-apr1224/1234), fils aîné du précédent. Il aurait aussi été seigneur de Quévy et, à ce titre, pair du Hainaut. On le vit batailler à la quatrième croisade (auprès de Baudouin VI), en Normandie dans le conflit entre Philippe-Auguste et Jean-sans-Terre, dans la croisade contre les Albigeois hérétiques auprès de Simon de Montfort.
  • Gérard 1er de Strépy (ou Allard dit « Gérard ») (v1220/1230- apr.1265), fils du précédent
  • Arnould I de Strépy (1240, Harchies- ?), fils du précédent.

A partir de celui-ci, la transmission de Strépy devient plus confuse. Arnould procéda à un partage de ses nombreuses possessions entre ses fils. Strépy ne semble pas cité.

Familles de Condé et d’Enghien

On retrouve Strépy dans les possessions de Robert de Condé (1300, Condé-1359). Il n’existe pas, semble-t-il de lien familial, entre les Strépy et les Condé. Il s’agit peut-être d’un achat qui fut d’ailleurs fait avant que Robert de Condé n’hérite de son frère Jean I de Condé les nombreuses seigneuries familiales (Condé, Morialmé, Beloeil, Ghlin, Stambruges, …).

Le fait que Strépy est souvent mentionné comme fief lige de Beloeil pourrait provenir de ce que le seigneur de Beloeil, en l’occurrence Robert de Condé à cette époque, eut un ancêtre qui épousa la dame héritière de Morialmé et de Beloeil.

Le fait que Beloeil fut une possession du comté de Namur (qui nécessitait simplement un hommage à chaque changement de titulaire) est plus difficile à expliquer. 

A Robert de Condé succéda son fils Jean II de Condé (1349-1391). Il n’avait que dix ans. Son beau-frère, Sohier II d’Enghien (1324-1364) exerça la tutelle sur ses nombreuses possessions.

Il semble qu’il parvint à détenir la seigneurie de Strépy à titre de bail de son fils Wauthier d’Enghien (1360-1381). Le fils et le père étaient de turbulents vassaux. Ils entrèrent en conflit avec Aubert de Bavière, régent du comté de Hainaut, et se mirent au service du comte de Flandre. Sohier se rebella carrément contre son suzerain. Ce qui entraîna sa condamnation à mort en 1564. Quant au fils Wauthier, il succomba au siège de Gand en 1381, sans avoir eu ni épouse ni enfant.

Jean II de Condé, qui avait hérité le domaine de Landelies de son neveu Wauthier d’Enghien, a sans doute récupéré aussi la seigneurie de Strépy. Il mourut  sans héritier en 1391. Tous les domaines passèrent aux héritiers de sa tante Jeanne de Condé (v1290-1325), sœur de son père Robert, qui avait épousé Fastré III de Ligne (1280-1337).

Famille de Ligne

  • En l’occurrence, en 1391, il s’agissait de Catherine de Ligne ( ?-1397), fille de Fastré III. Ses frères étaient morts avant elle.
  • A sa mort, son neveu Jean II de Ligne (1361-1442) hérita de tous les domaines. Il se trouvait aussi par mariage à la tête de tous les domaines liés à la pairie de Barbençon.
  • Il les transmit à son fils Michel III de Ligne (1390-1468) et celui-ci à son fils  Jean IV de Ligne (1457-1491), chambellan du duc Charles le Téméraire.

Famille le Boulengier

Jacques le Boulengier ( ?-1510), bourgeois montois, était écuyer de Charles le Téméraire. Il acheta Strépy vers 1470 à Jean IV de Ligne. A ce domaine, il ajouta aussi la seigneurie voisine de Boussoit. Ces deux domaines auront une destinée commune jusqu’à la fin de l’ancien régime. De son épouse Jossine Losschaert, il eut deux enfants dont Adrien le Boulengier ( ?-1528) qui hérita de Strépy et de Boussoit.

Famille Ruffault (ou Ruffaut)

  • Sa fille, Jeanne le Boulengier, dame héritière des deux domaines, épousa Jean Ruffaut vers 1530. Celui-ci était maître ordinaire de la Chambre des Comptes de Flandre (1508) et trésorier général des domaines et finances de l’empereur Charles Quint en 1527.
  • Leur fils Charles Ruffault hérita des deux domaines. Sans postérité, il les légua en 1573 à sa sœur Jeanne Ruffault ( ?-1608 ou 1620)

Familles de Lannoy et de la Croix

  • Jeanne Ruffault  ( ?-1608 ?) épousa en 1579 Charles de Lannoy ( ?-1582) d’une branche cadette de cette famille. Il était veuf de Marguerite du Bois. Par son testament en 1608, elle institua comme héritière universelle sa nièce, Jeanne de la Croix, fille de Jean de la Croix et de sa sœur Louise Ruffault.
  • Jeanne de la Croix (1586- ?) hérita ainsi de nombreux domaines, dont Boussoit et Strépy.

Famille du Chastel « de la Howarderie »

  • Robert Antoine Joseph du Chastel ( ?-1622). Fils cadet de Nicolas du Chastel « de la Howarderie », il était chevalier et avait hérité de son père la seigneurie d’Inglinghem. Par son mariage avec Jeanne de la Croix en 1604, il devint aussi seigneur de Boussoit et de Strépy. Lui succédèrent :
  • François Robert du Chastel (1619- 1678), son fils
  • Robert François du Chastel (1658-1713), fils du précédent. Egalement par son mariage seigneur de Trivières et de Carnières. 
  • Charles Léopold du Chastel de la Howarderie ( ?-1730), fils du précédent. Resté célibataire. Sa sœur Marie Catherine hérita de ses biens.

Maison de Rodoan

Antoine Adrien Joseph de Rodoan ( ?-1756). Fils de Luc Camille de Rodoan. Baron de Rodoan et de Fontaine-l’Evêque, vicomte de Carnoy, seigneur d’Anderlues. Par mariage en 1726 avec Marie Catherine Louise du Chastel de la Howarderie ( ?-1751), il devint aussi seigneur de Boussoit, de Strépy, … Député de la noblesse du Hainaut. Ils eurent quatre fils et quatre filles, dont :

  • Adrien François Isidore Joseph de Rodoan, qui hérita des biens de son père
  • Philippe Ferdinand Joseph, qui hérita des biens de sa mère

Les deux frères furent créés comtes en même temps en 1755 par l’impératrice Marie-Thérèse.

Philippe Ferdinand Joseph de Rodoan. Il était comte de Boussoit depuis 1755 et seigneur de Strépy. Gentilhomme de l’état noble du Hainaut, chambellan, maréchal héréditaire de l’ordre teutonique. Il fut le dernier seigneur féodal de Strépy, devenu « Strépy-Bracquegnies ».

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: La Louvière
Economie

Longtemps l’agriculture et l’élevage furent les activités principales des villageois. 

Exploitation de la houille

Celle-ci aurait déjà été découverte dès 1363 sur des affleurements.

Une exploitation plus intensive commença à partir de 1715 avec la « Société de Bracquegnies » créée par l’association de plusieurs familles de concessionnaires.

Des sondages furent effectués (15 avaleresses entre 1811 et 1846) mais s’avérèrent non rentables, sauf le siège Saint-Alexandre en 1847 et celui de St-Alphonse en 1863.

Les propriétaires absorbèrent la “société de Ville-sur-Haine, Thieu et Gottignies” en 1870. Le tout devient « Société civile des Charbonnages de Strépy-Bracquegnies », puis en 1872 « Société anonyme des Charbonnages de Strépy-Bracquegnies ». Elle exploita deux concessions sur les territoires de Strépy-Braquegnies, de Thieu, de Ville-sur-Haine et de Gottignies. Elle produisit du charbon à coke, ce qui explique la mise en place de fours à coke. Cette entreprise ferma en 1958.

Industries annexes

Une usine métallurgique avec hauts fourneaux fonctionna de 1857 à 1880.

Cette activité engendra un fort développement de Strépy après 1789 qui engloba le hameau de Bracquegnies, lui-même ayant été l’objet d’une forte immigration ouvrière.

Voies de communication

Le canal du Centre fut construit entre 1882 et 1917. La jonction entre le canal du Centre et le canal Bruxelles-Charleroi a lieu à Seneffe.

Un nouvel ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu fut construit dès 1982 et mis en service depuis 2002, en parallèle à l’ancien canal. Il permet le franchissement d’une dénivellation de 73m entre le bassin de l’Escaut et un bief de partage vers le bassin de la Meuse. Cet ascenseur remplace les quatre ascenseurs à bateaux du canal du Centre et deux écluses. Cet ouvrage a permis la mise au gabarit de 1350 tonnes des voies navigables belges.

L’IDEA développa des zonings industriels pour aider à la reconversion industrielle.

Patrimoine

Eglise Saint-Martin (Strépy). Construite en 1767 en style semi-classique.

Eglise Saint-Joseph (Bracquegnies). Edifiée en 1864 pour remplacer l’ancienne chapelle Sainte-Anne.

 

 

Ville-sur-Haine

Entité communale du Roeulx

Le territoire

Superficie: 488 ha

Altitude: de 45 m (niveau de la rivière) à 72 m (nord)

Situation géographique : le territoire s’étale sur la rive droite de la vallée de la Haine

Cours d’eau : la Haine et ses affluents (Wanze, Brûlote)

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux en bord de rivière et boisé sur le versant

Nature du sol : alluvionnaire, limoneux

Nature du sous-sol : grès, craie, houille

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) : 

Un menhir fut découvert en 1893 au lieu-dit « Bonnier de la grosse pierre ». Il était enterré (comme ce fut le cas pour beaucoup d’entre eux au début du Moyen-Age).

On a ramassé aussi de nombreux silex taillés sur les versants du sillon Wanze-Creuse.

Antiquité gallo-romaine

Non documentée.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

On aurait découvert des vestiges francs (non précisés). Ils pourraient correspondre à cette villa évoquée plus haut, qui pourrait avoir appartenu à l’abbaye Sainte-Waudru. En effet, un grand domaine s’étendant sur Ville-sur-Haine fut donné à cette abbaye, probablement au moment de sa fondation au VIIème siècle.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1071

Toponymie (anciennes orthographes) : Villam super Hainam, 1071

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : Le nom fait référence à une ancienne villa carolingienne (grand domaine agricole).

Epoque de son apparition: XIème siècle

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de chaussée antique, mais un chemin médiéval joignant Mons au Roeulx

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine et les affluents cités ci-dessus

source de bois: versant boisé

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Lambert, dépendant de celle de Gottignies. 

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Mons

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye de Saint-Denis-en-Borqueroie

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): prévôté de Mons

Seigneuries et fiefs

L’actuel territoire du village comprenait sans doute au début de la féodalité plusieurs domaines ou fiefs, peut-être attribués par les comtes de Hainaut :

  • Le chapitre de Sainte Waudru en conserva un, avec la cense de la Porte
  • La pairie de Barbençon avait peut-être en charge le village lui-même
  • L’abbaye de Saint-Denis y avait des biens et une ferme (courte de Widemanche)
  • C’était le cas aussi de la Commanderie de Piéton, qui possédait aussi une chapelle
  • Des terres appartenaient aussi aux seigneurs du Roeulx et notamment des moulins
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: Le Roeulx
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

En 1072, la bataille qui opposa la comtesse Richilde à Robert le Frison, si elle débuta sur le territoire de Saint-Denis, s’étendit à Gottignies et Ville-sur-Haine.

Le 11 novembre 1918, des troupes canadiennes venant d’Havré surprirent des soldats allemands en retraite vers le Roeulx. Un affrontement débuta, mais fut vite interrompu par l’annonce de l’armistice.

Economie

Les prairies humides à proximité de la rivière, se prêtèrent à l’élevage. Les champs au nord du village sur la pente permirent de l’agriculture.

On mentionne un moulin à eau qui appartenait aux seigneurs du Roeulx, sur leur fief. Un moulin à vent existait également.

Au milieu du XIXème siècle, de nouvelles infrastructures de communication apparurent :

  • Le pavage de la chaussée entre Mons et le Roeulx (1842)
  • Le chemin de fer Mons-La Louvière (ligne 108 en 1849)
  • Le canal du Centre (1883)

Elles favorisèrent l’implantation de manufactures.

En 1870, à proximité de la gare Havré-Ville, une sucrerie fonctionna jusqu’en 1883. Elle fut remplacée par une cimenterie, une des premières cimenteries de Belgique. Elle s’arrêta en 1908 et fut remplacée par les « Verreries Jean-Baptiste Doyen ». Celles-ci subirent une fermeture temporaire avec la guerre 14-18. En 1924, une nouvelle société la remplaça : « Verreries-Gobeleteries Doyen S.A. » qui ferma ses portes en 1975.

Usine UCB Usine chimique qui connut un essor dans les années ‘1920. Traitement du benzol, des goudrons et reconstitution des goudrons.

Centrale électrique (ancienne)

Patrimoine

Eglise St Lambert. Restaurée en 1657.  Reconstruction du chœur et de l’autel en 1672.  Rebâtie en 1767. Cloche roman, restauré en 2003.  Vitraux des Huit Béatitudes (2008)

Chapelle Notre-Dame de Creuse. Dans un vallon du val de Creuse, à côté de la source du ruisseau.  Premier édifice au XVIème. Plusieurs. L’actuelle date de 1991. Important pèlerinage le jour de l’Ascension. On y invoque Notre-Dame contre les fièvres malignes.

Chapelle à tombeaux. Elle domine un tumulus.  Elevé par la comtesse Richilde après la bataille de 1072, là où on enterra les victimes. Une fosse commune comptant plusieurs centaines de squelettes fut découverte dans les années ‘1830.

Saint-Vaast

Entité communale de La Louvière

Le territoire

Superficie: 450 ha. 

Saint-Vaast  est nettement moins étendu aujourd’hui que jadis, puisque son hameau de La Louvière s’en est détaché en 1869.

Altitude: 54 m (au niveau de la rivière)

Situation géographique : Le territoire se trouve dans la vallée de la Haine et s’étend sur son versant nord.

Cours d’eau :  la Haine

Paysage préhistorique (après la dernière période glaciaire) : marécageux dans la vallée et boisé sur ses versants (Forêt Charbonnière)

Nature du sol : limoneux

Nature du sous-sol : grès, houille

Préhistoire

Néolithique (Homo Sapiens) : 

Des haches en silex de la période néolithique ont été retrouvées au XIXème siècle.

Antiquité gallo-romaine

Des morceaux de meules de moulins, des fragments de grands vases en verre (XIXème siècle) témoignent d’anciennes installations gallo-romaines non précisées.

Premier Moyen-Age (période franque mérovingienne et carolingienne)

Non documentée.

Deuxième Moyen-Age – le village

Première mention: 1186

Toponymie (anciennes orthographes) : 

  • Saint Vaast (1186)
  • Sanctus-Vastas (1189)
  • Senvast (1208)
  • Sanctus Vedastus (1289)
  • Saint Vaul (1410).

Etymologie (hypothèses d’origine du nom) : 

Le village porte le nom d’un des premiers évêques d’Arras et de Cambrai (VIème siècle), dont on pense qu’il aurait évangélisé la région.

Epoque de son apparition:

Le nom du village fit écrire à certains qu’il fut créé vers 540 par Vaast, évêque d’Arras et de Cambrai, qui évangélisait la région. En fait de nombreuses paroisses lui ont été dédiées. Ici elle donna son nom au village, peut-être par manque de spécificité géographique pour nommer le lieu. Ce ne sont bien sûr que des hypothèses. Le village a probablement été fondé entre le Xème et le XIIème siècle.

Facteurs ayant favorisé son émergence :

voies de communication: pas de voie antique connue, mais un chemin médiéval allant de Binche au Roeulx.

sources d’eau ou cours d’eau: la Haine

source de bois: région boisée

proximité d’un lieu de pouvoir: ?

Paroisse dédiée à Saint-Vaast

Evêché: de Cambrai (jusqu’en 1804), puis de Tournai ensuite

Décanat/doyenné: Binche

Autel (dîmes, entretien de l’église, nomination des officiants) donné à l’abbaye d’Aulnes en 1153 par Nicolas, évêque de Cambrai.

Répartition des pouvoirs pendant la période féodale

Autorité supérieure: comté de Hainaut

Autorité sous-jacente (administrative et judiciaire): baillage du Roeulx

Seigneuries et fiefs

Plusieurs seigneuries ont existé sur le territoire de Saint-Vaast. Celui-ci faisait partie de cette grande « Terre du Roeulx » donnée par un comte au XIème siècle à un membre fondateur de la famille du Roeulx.

Par la suite, ces seigneurs du Roeulx en distribuèrent des parts, comportant des villages, à d’autres familles, en apanage. Ce qui signifie que lorsque celles-ci s’éteignaient sans postérité, le domaine revenait au comte.

Les seigneurs du Roeulx exerçaient la haute justice. Les seigneurs locaux exerçaient leurs droits féodaux (corvées, cens, rentes, basse et moyenne justice).

On ne sait pas très bien quand ont été installés les seigneurs de Saint-Vaast. Probablement au XIIème siècle, comme dans les villages voisins. Ils auraient tenu la seigneurie jusqu’au XIVème siècle et habitaient la « Ferme du Coq ».

Ensuite, le domaine continua à être géré par les seigneurs du Roeulx successifs jusqu’à la Révolution. 

Simultanément, il existait à côté de cette seigneurie principale d’autres plus petites, qui octroyèrent, pour certaines, des droits d’exploitation de la houille.

  • L’abbaye d’Aulne garda un fief foncier, sur l’actuel territoire de La Louvière
  • La seigneurie d’Houdeng (Aymeries), qui dépendait des comtes
  • Le fief de Sars-Longchamps qui relevait des seigneurs du Roeulx
  • Le fief de Fanuelz, qui appartint aux Trazegnies, puis aux Dumonceau
  • deux fiefs relevant de la seigneurie de Carnières
Commune

On sait qu’en 1186, il existait un maire et des échevins.

Carte de Ferraris (XVIIIème)
Période française (1794-1814)

Fin de l’Ancien Régime féodal en 1794

  • Département: Jemappes
  • Canton: Le Roeulx
Répartition des pouvoirs pendant la période contemporaine (à partir de 1814)
  • Etat: Royaume des Pays-Bas (1814-1830), puis Royaume de Belgique
  • Province: Hainaut
  • Arrondissement administratif: Soignies
  • Arrondissement judiciaire: Mons
  • Canton: Le Roeulx
  • Entité communale depuis 1977: Le Roeulx
Evènements et faits marquants sur le sol de la commune

La région eut à souffrir des guerres de Louis XIV. Le village de Saint-Vaast fut souvent dévasté, les récoltes perdues avec son lot de famines, obligeant les habitants à fuir.

En 1643, on déplora même l’incendie de l’église.

Cette même l’église fut fermer ses portes sous la contrainte des révolutionnaires en 1794, parce que le curé refusait de prêter serment à leur République laïque. Elle n’aurait été réouverte qu’en 1840.

Economie

Elle fut longtemps agricole. Un Moulin à eau exista sur la Haine.

Exploitation houillère

Elle commença dès 1390-1410, quand un seigneur haut-justicier du Roeulx accorda des concessions à des charbonniers.

Ce n’est cependant qu’au XVIIIème et surtout au XIXème que l’exploitation devint intense. La « Société de Sars-Longchamps » couvrait les territoires de St-Vaast et Haine-St-Paul. Elle succéda à une petite société en faillite. En 1835, elle acheta la “Société du Charbonnage de Bouvy”. Elle fusionna avec la “Société des Charbonnages de La Louvière, La Paix et Saint Vaast”. Puis elle devint la « SA des Charbonnages de La Louvière et Sars Longchamps »

De 1912 à 1924 de nombreux sièges d’extraction furent arrêtés. On exploita quasi exclusivement qu’au puits Albert 1er de Saint-Vaast. Les activités cessèrent en 1960.

Au XXème siècle, on eut à déplorer dans le village de nombreux affaissements de terrain et des inondations dans les zones dont le niveau se situait sous la Haine. 

On développa des fours à chaux à « La Buissière » au XIXème siècle.

Faëncerie (XIXème)

Tout ceci s’accompagna d’un fort développement démographique, accentué par une forte immigration. Ce fut surtout le cas dans le hameau de La Louvière, raison pour laquelle celui-ci se constitua en commune autonome en 1869.

Patrimoine

Eglise Saint-Vaast. L’église serait le résultat d’un agrandissement vers 1100 d’un ancien oratoire que la légende attribue à l’évêque Saint-Vaast lui-même.  Elle fut brûlée en 1643 par les armées françaises et reconstruite dès 1646. Elle est de style roman. Bas-reliefs sculptés sur les murs (XVII-XVIII). 

Ferme du Coq

Celle des premiers seigneurs de St-Vaast.Elle fut restaurée en 1704 par les de Croÿ, seigneurs du Roeulx. Elle abrite actuellement un restaurant.